• Critique Punisher T.2 par

    Ce deuxième Deluxe du Punisher de Greg Rucka et Marco Checchetto contient un crossover (L’effet Oméga) entre les séries Avenging Spider-Man (2011), Punisher (2011) et Daredevil (2011). Il y a ensuite les derniers épisodes de la série Punisher débutée dans le précédent tome. Et en dernier vient une mini série (Punisher : War zone) dessinée cette fois par Carmine Di Giandomenico qui clôture le run de Greg Rucka. Ces trois publications sont étroitement liées et font partie intégrante de l’histoire développée par Greg Rucka depuis le précédent volume.

    Comme le laissait supposer la fin du précédent tome, Frank Castle fait désormais équipe avec le sergent Rachel Cole-Alves. Celle-ci, devenue veuve à la suite d’une fusillade entre gangs lors de son mariage n’est motivée que par l’idée de vengeance (cf tome 1). Le Punisher voit en elle une apprentie idéale et décide donc de la prendre sous son aile pour former un duo de justicier. Ils vont s’associer pour un temps à Spider-Man et Daredevil, en ayant pour objectif de détruire un disque de données contenant une multitude d’informations sur des organisations criminelles, telles que l’AIM, l’Hydra ou encore la Bourse. C’est cette dernière qui est dans le collimateur de notre duo car à l’origine de la tuerie qui a rendu veuve l’associée du Punisher. Le duo voit là une bonne occasion de récupérer des informations qui pourraient leurs permettre d’assouvir leurs besoins de vengeance pour Cole, et de justice pour le Punisher. Mais tout ceci aura un prix à payer.
    Le crossover regroupe trois personnages (Spider-Man, Daredevil et le Punisher) charismatiques de l’univers Marvel pour notre plus grand plaisir. Le scénario qui n’a rien d’exceptionnel ne sert en fait qu’à mettre en valeur la psychologie de la « Punisherette » comme aime à l’appeler Spider-Man. Celui-ci vient d’ailleurs ajouter une bonne dose d’humour, comme à son habitude, ce qui relâche un peu la pression instaurée depuis le début du run.
    Plus on avance dans l’histoire, plus on se rend compte que le personnage principal n’est pas le Punisher mais sa nouvelle acolyte. Le développement de sa relation avec Castle nous montre une autre facette du justicier. Ayant vécu la même injustice qu’elle en perdant sa famille, il est logiquement le mieux placé pour l’aider. Non pas en refoulant sa vengeance comme toute personne équilibrée le ferait, mais en lui donnant au contraire, la force et le courage d’aller jusqu’au bout de son dessein.

    Rucka nous propose un duo crédible en total accord avec la psychologie du Punisher. Castle qui prend un apprenti : Pourquoi ? Il en a marre d’être seul à porter ce fardeau ? Il souhaite aider une victime autrement qu’en la vengeant ? Non, loin de là. Il a un tout autre objectif qui sera dévoilé dans la dernière partie. Cette relation est vraiment bien développée sur un fond de mission suicide. La mise en scène est comme pour le premier tome aux petits oignons. On se croirait dans un film d’espionnage à la James Bond. Celle-ci est toujours portée par Marco Checchetto aux dessins qui monte en gamme sur ce deuxième volume. On sent qu’il maîtrise de mieux en mieux son art et qu’il a pris beaucoup de plaisir à dessiner le crossover. Les traits sont plus fins et le décors plus consistants. Les scènes sous la pluie sont poignantes, et dignes des plus gros blockbusters d’actions. Il s’y dégage une ambiance froide très particulière. Malheureusement, comme pour le précédent tome, il n’a pas pu tenir le rythme et nous avons pas mal de pages dessinées par un artiste de substitution.

    La mini-série qui clôture le tome est la suite directe de l'histoire. Le Punisher a trop attiré l’attention sur lui et va se retrouver dans le collimateur des Avengers. Ils vont tenter de le raisonner, mais sans succès évidemment. Va s’en suivre une chasse à l’homme qui aboutira sur un finish très classe.
    Cette histoire est indispensable car l’aboutissement de tout le reste. Depuis le début du run de Rucka le Punisher a une idée en tête et elle se concrétise à la fin de cette mini-série. Le dessin de Carmine Di Giandomenico est assez grossier mais est rattrapé par un découpage dynamique des planches. Tout s'enchaîne parfaitement. Les scènes d’actions sont parfaitement compréhensibles et lisibles ce qui est toujours plaisant.

    J’ai apprécié ce deuxième tome. ll raconte une histoire cohérente, riche, tout en ayant peu de dialogues. Ceci est possible grâce à une narration graphique bien mise en scène par le dessinateur italien. Marco Checchetto sait dégager des émotions et des ambiances grâce à son découpage cinématographique. Dommage que le comic-book soit d’un niveau inégal à cause des dessinateurs de substitutions. Ce duo proposé entre Castle et Cole est bien développé. C’est le sujet principal de cette oeuvre et il parait crédible. Le tout, dans une ambiance froide à la Seven avec de l’action justement dosée, m’a fait passer un excellent moment.

    Quant à l’édition Deluxe, elle est fidèle à elle-même. L’impression est de qualité et on y retrouve une rapide biographie des auteurs ainsi que les covers des différentes issues.

    8

    Meudah - 24 avril 2017

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