• Critique Wonder Woman - Terre Un T.1 par

    Lorsqu’un éditeur crée une nouvelle gamme pour un univers parallèle, il se doit de présenter des héros différents par rapport aux versions classiques, sinon quel intérêt ?
    Avec la gamme « Terre 1 », nous avons pu découvert un Batman imparfait rongé par la colère capable de se jeter dans la gueule du loup sans réelle réflexion, ou un Superman imbu de soi-même qui a fini par devenir un grand héros, il ne nous manquait plus que Wonder Woman pour compléter la trinité. C’est chose faite et de belle manière car DC Comics n’a pas confié ce personnage au dernier des manchots avec Grant Morrison.

    Le scénariste est connu pour être un grand amateur des comics mainstreams et, en ce sens, il connait évidemment tous les rudiments de l’amazone : puissante guerrière au grand cœur, symbole d’égalité, du féminisme, de la communauté LGBTQ, etc. J’étais curieux de voir ce qu’il nous réservait pour cette version « Terre 1 »… J’ai été servi !

    Diana est en procès sur Themyscira car cette dernière est partie en escapade dans le monde extérieur. Nous allons donc découvrir pourquoi, comment à travers les différents plaids qui dénonceront un peu plus que l’attitude de Wonder Woman.

    Pour une revisite, Grant Morrison n’y est pas allé de mains mortes. Du moins, l’essence même du personnage est globalement identique. Diana reste cette femme aux pouvoirs divins à la recherche d’égalité, d’ouverture et son côté LGBTQ est d’autant plus renforcé en étant impliquée directement dans une relation homosexuelle (ce qui parait logique lorsque l’on vit sur une ile avec uniquement des femmes). Mais ici, l’héroïne est une femme avide de connaissance qui va se rebeller contre un système pro féministe pour découvrir d’autres cultures. L’occasion se présentera via l’arrivée d’un Steve Trevor (légèrement différent et donnant lieu à une scène très « Dragon Ball ») blessé qui aura besoin d’aide pour retourner rapidement dans sa civilisation : périple qui amènera Diana à découvrir de nouvelles vies mais connaîtra de nombreux problèmes humains comme amazones.

    J’ai eu beaucoup de plaisir à lire cette histoire et je trouve la direction osée car mine de rien l’auteur va quand même dénoncer un point important de cette franchise à travers le féminisme excessif de cette version et les inviter à s’ouvrir à d’autres cultures. Grant Morrison invite les amazones à métisser leur culture : ce n’est pas beau tout ça ?
    Mais bon, il reste tout de même certaines directions ratées ou très périlleuses, comme cette nouvelle version d’Elisabeth Candy, bien trop stéréotypée à mon goût, et cette révélation finale qui ne plaira pas à tout le monde (surtout au vu des critiques sur le run de Brian Azzarello).

    Sinon j’ai été bien heureux de retrouver du très grand Yanick Paquette. Il a été très inspiré pour cette série et revient avec des planches fantastiques bourrées d’idées dans le découpage. C’est au niveau de son travail réalisé sur Swamp Thing dans un ton greco-romain qui donne beaucoup de cachets à cet album. Il faut aussi saluer les designs surprenants, tout de même… faire un vaisseau invisible ressemblant à un sexe féminin. Faut le voir pour y croire !

    Cette nouvelle série « Wonder Woman- Terre un » risque de faire parler mais j’aime le parti pris de la saga écrite par Grant Morrison qui allie mythologie, modernité et symboles pour un personnage qui invite typiquement à cette fusion de genre. Ce premier tome nous présente surtout une Wonder Woman qui invite son univers à l’ouverture et à la découverte et franchement ça me plait… surtout quand c’est aussi bien illustré. Cette « Wonder Woman » est une vraie curiosité dont j’invite tout le monde à découvrir mais c’est clair… qu’elle ne fera pas que des heureux.

    8

    Blackiruah - 30 mai 2017

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