• Critique Les Classiques du cinéma T.5 par

    Après Alien, Shining, Brazil et Le Parrain, Akileos poursuit sa publication de livres sur le cinéma avec cette édition française des ouvrages du British Film Institute. L’éditeur se détourne cette fois du cinéma occidental pour se pencher vers un grand classique des années 50, réalisé par celui qui reste encore aujourd’hui le réalisateur japonais le plus célèbre de la période dite classique aux côtés de ses talentueux confrères de l’époque (Ozu, Mizoguchi, Naruse).
    Ce cinquième volume de la collection est l’oeuvre de Joan Mellen, une spécialiste du cinéma japonais qui a déjà consacrée plusieurs ouvrages à ce sujet, publiés pour la plupart dans les années 70, et elle a d’ailleurs eu l’occasion de rencontrer Kurosawa de son vivant.
    Après un premier chapitre où elle aborde la carrière du réalisateur dans l’avant-guerre, ainsi que le contexte historique du film, Mellen passe en revue les différentes personnages principaux et leurs spécificités, qui permettent de mettre en avant les différentes facettes de la représentation du samouraï, qui fait figure d’espèce en voie de disparition dans l'intrigue, au grand regret du réalisateur, qui situe son histoire durant une période plus prospère pour les paysans.

    Une bonne partie de l’ouvrage est consacrée à l’analyse de la mise en scène du réalisateur et de sa maestria dans ce domaine, dans la gestion de l’espace et des transitions entre les plans, avec ses mouvements d’appareils sophistiqués, qui sont l’occasion d’évoquer les préceptes d’Eisenstein sur le plan du montage.
    Le dernier tiers est focalisé sur la réception critique de l’époque, et les différentes interprétations qui ont pu être faites au fil des années en fonction des grilles de lecture, et notamment le rapport conflictuel qu’ont entretenu les jeunes cinéastes de la nouvelle vague japonaise (notamment Masahiro Shinoda et Nagisa Oshima) avec le cinéma de Kurosawa, certains ayant rejeté violemment les oeuvres de leurs prédécesseurs pour mieux s’en distancier.
    Mellen n’oublie pas d’évoquer les rapports qu’entretiennent le film avec son remake américain (lui même remaké récemment), en considérant que ce choix de transposer cette histoire dans le cadre du western n’est pas forcément d’une grande pertinence par rapport au genre de départ (le jidai-geki).

    Il n’y a guère que la direction d’acteur qui est un peu mise de côté, mais à part cela l’ouvrage se montre très complet sur l’analyse de la mise en scène et pour ce qui est de la richesse thématique du film, qui n’a rien perdu de son efficacité.

    8

    Marko - 16 février 2017

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