• Critique Black Hammer T.1 par

    J’ai la chance d’avoir un cagibi dans mon domicile. Mais cette pièce se révèle être un vrai mystère pour mes 3 chats. Du coup, dès que la porte est entrouverte, il n’est pas rare qu’un des trois se faufile dedans sans qu’on y fasse attention, au point de les enfermer dedans. Et c’est là où ça devient intéressant : leur réaction face à l'enfermement est complètement différente. Si le mâle va hurler jusqu’à ce qu’on vienne le chercher, les autres sont beaucoup plus calmes où une va s’endormir dans un coin et l’autre explorer les merveilles d’une pièce inconnue…

    Jeff Lemire explore une situation semblable dans son oeuvre “Black Hammer”. Ce dernier va dépeindre différents héros face à cette situation d’enfermement non pas dans un cagibi mais dans un univers parallèle (à l’image de notre monde d’ailleurs), loin de leur foyer.
    L’auteur excelle toujours quand il aborde les sentiments humains, ce qu’il fait à merveille sur “Black Hammer”. Les différentes réactions de ces super-héros sont abordées à travers cette nouvelle vie, qui passe par une isolation de ce petit groupe qui se révèle très compliquée à vivre. J’ai été hypnotisé par la souffrance perceptible des personnages rendant la lecture passionnante grâce à cette sincérité que degagent les personnages.
    “Black Hammer” est aussi une déclaration d’amour de Jeff Lemire envers les comics de super héros de l’âge d’or et d’argent. Ses héros sont des pastiches des icônes connues (Shazam, captain america, ou une sorcière ténébreuse tout droit issue d’un épisode d’EC Comics, etc.) qui montrent ces derniers à l’apogée de leur art : des petits moments magiques qui tranchent avec leur situation moderne qu’on pourrait en quelque sorte comparer au ton actuel des comics de super héros.

    Graphiquement, Dean Ormston a un réel talent à dessiner des personnages torturés. Il est loin des artistes mainstreams au style iconique, mais il se défend dans les flashbacks des différents héros tout en s’adaptant aux styles du récit en question grâce à sa science du découpage. C’est une très belle découverte pour ma part envers un artiste qui sort des sentiers battus avec un talent certain.

    Avec des bonus non négligeages et très agréables à découvrir, ce premier volume de “Black Hammer” est une très belle surprise. J’ai retrouvé le Jeff Lemire que j’aime à travers un récit touchant où ses super héros sont avant tout des humains avec des défauts qui se révèleront à travers cette isolation. Je me suis laissé porté par ce comic-book passionnant à lire et le recommande chaudement aux amateurs du scénariste. Et surtout ne vous inquiétez pas, tous mes chats ont été sauvés à temps du cagibi, espérons que nos chers héros le seront aussi. Affaire à suivre.

    8

    Blackiruah - 03 novembre 2017

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