• Critique Nighthawk T.1 par

    Depuis Secret Wars, l’univers Marvel connait le retour de l’escadron suprême (la « justice league » version Marvel) mais différente de celle connue jusque-là car composée de versions alternatives des héros, issues de différents univers parallèles. L’équipe est ainsi dirigée par un nouveau Nighthawk, qui est toujours un ersatz de Bruce Wayne mais se révèle être afro-américain et une sorte de ninja ultime qui n’hésite pas à tuer. Vu le potentiel du personnage, Marvel a voulu tenter le coup et lui consacrer une série.

    C’est donc à David Walker qu’incombe la tache de scénariser le personnage et ce dernier va réussir le pari à faire un récit prenant sur bien des aspects.
    Son parti pris est de l’inclure dans un contexte ultra violent qui mettra le héros à rude épreuve. Nous sommes à Chicago (ville réputée pour ses quartiers chauds majoritairement afro-américains) en pleine ébullition suite à une énième bavure policière, c’est dans cette situation que Nighthawk va devoir enquêter sur un mystérieux trafic d’armes. Mais il devra aussi trouver un tueur en série qui vient massacrer des personnes en laissant sur les murs le message « REVEAL ». Pourquoi ? Comment ? Et qui est-il ? Ca sera tout le souci de notre cher « héros ».

    Les guillemets ne sont pas là au hasard, car David Walker va nous montrer un Nighthawk qui n’y va pas par quatre chemins, s’il faut tuer, il tue : et ça change tout. D’ailleurs, j’ai même l’impression que l’auteur veut nous montrer cette alternative à Bruce Wayne : une voie de la justice expéditive qui règle les problèmes définitivement. Pour justifier une telle violence, l’œuvre se révèle assez gore que ça soit à travers les meurtres mais aussi dans les exécutions (même le « sidekick » de Nighthawk est assez malsain). Au final, toute cette violence donne un ton unique à cette série à mi chemin entre du Wolverine et du Batman.
    L’œuvre est aussi très critique envers la société donnant un cachet particulier car elle va aborder les problèmes actuels de la discrimination policière. Nighthawk a une posture, que j’ai trouvée très juste, rendant la critique plus acerbe et plus intéressante surtout au vu de l’intrigue qui aborde d’autres points de cette dérive.
    Globalement j’ai apprécié l’histoire qui se révèle fluide et portée par un personnage et un contexte qui valent le coup d’œil mais c’est loin d’être parfait.
    Il est aisé de voir que la série était prévue pour être plus longue car David Walker essaie de construire un background au justicier pour nous justifier une telle violence mais Marvel a décidé d’arrêter la série après ce premier arc laissant une impression de non achevée. La fin est sur cette lignée bien qu’elle clôt tout de même toutes les intrigues.

    Mais le gros point dur est la partie graphique gérée par Ramon Villalobos. Son style s’approche de Juan Jose Ryp à travers des contours gras, tout en arrondi mais moins précis et aux expressions de visages vagues qui ne conviennent pas vraiment aux scènes. J’aurais préféré voir un artiste avec un style plus froid comme Szymon Kudranski qui collait plus à une ambiance type Batman. Conséquence, c’est disgracieux et il m’a fallu un temps d’adaptation pour vraiment plonger dans l’œuvre. C’est dommage car elle méritait vraiment mieux. Je ne serais pas étonné d’apprendre que le titre n’ait pas rencontré de succès en grande partie à cause des dessins.

    Ainsi, cette œuvre réussit à présenter un héros au potentiel énorme qui pourrait permettre à Marvel d’aborder des histoires bien plus violentes dans l’avenir dans un style qui n’existe pas aujourd’hui dans leur catalogue. Je reste déçu que David Walker n’ait pas bénéficié d’un meilleur dessinateur et de plus de temps car il a fait un joli travail. Si vous souhaitez découvrir ce que pourrait être un Batman afro-américain doté d’une violence sanguinaire, n’hésitez pas à jeter un œil c’est de qualité… si vous arrivez à passer outre le dessin !

    6

    Blackiruah - 27 mai 2017

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