• Critique Phonogram T.1 par

    La musique est un élément fondamental dans ma vie, d’une part, parce que ma mère est chanteuse mais aussi par le fait que je vis avec un casque vissé sur la tête. D’ailleurs, bien que je sois assez éclectique, je suis un vrai mordu de rap/hiphop des années 90-2000 au point de renier une grande partie des productions modernes (à part quelques uns bien sur). Ecoutez « Jul » : vous comprendrez vite pourquoi...

    C’est dans ce contexte que j’ai découvert « Phonogram » qui nous fait découvrir David Kohl, un homme drogué de la britpop au point de la vénérer. En effet, ici, la musique est déifiée et les « vrais passionnés » sont des sorciers ou des « phonomanciens ». Ainsi, alors que Britannia (la déesse de la britpop) a disparu depuis des années, David va avoir pour mission de la retrouver nous plongeant dans cette aventure pour le moins étrange… et quelque peu antipathique.

    Franchement, j’ai eu beaucoup de mal avec le personnage principal, qui semble être une caricature (très) exagérée de Kieron Gillen. Il est trop odieux et trop sectaire à mon goût. Sa manière de rejeter tout autre style de musique le rend détestable d’autant plus que que son attitude hautaine et égoïste ne va pas rendre la tache plus aisée. Pourtant, c’est typiquement le genre de personnage qui pourrait être sympathique s’il était traité avec plus d’ironie, mais ça ne fonctionne pas entraînant tout simplement un certain rejet.

    Reste que le message de fond invite évidemment à l’ouverture. Les auteurs montrent ainsi la dérive et les conséquences que peuvent avoir l’isolation dans une communauté amenant souvent des situations incongrues comme la scène de la boîte de nuit avec un casque et surtout le manque de discernement vis-à-vis des autres. La fin amène un changement profond chez David qui le rend pour ainsi dire plus nuancé (et intelligent du coup).

    Notons que « Phonogram » est aussi l’un des premiers travaux de Jamie Mc Kelvie qui est bien loin de son niveau actuel. Ses planches manquent de folie, même si nous pouvons percevoir le potentiel sur 2/3 scènes. les illustrations sont mêmes assez vides dans l’ensemble. Son travail prend, en réalité, de l’ampleur lorsqu’il travaille de pair avec un coloriste : ce qui n’est point le cas sur cette série. Même si cette édition est particulière car colorisée par Matthew Wilson (l’œuvre est à l’origine en noir et blanc) qui apporte un peu de matière et de profondeur, c’est très loin de leurs travaux sur « Young Avengers » et « The Wicked + The Divine ».

    Au final, j’ai été déçu par ce premier volume. J’ai eu du mal à accrocher au récit, la faute à un personnage trop antipathique et détestable et d’un graphisme décevant au vu de l’équipe créative. Cela dit, la fin reste encourageante en rendant le personnage plus agréable et surtout plus ouvert. De même, le thème de la musique permet d’apporter un peu de culture, notamment avec la britpop dont les multiples références sont expliquées en fin de volume : suffisant pour me faire jeter un œil curieux sur la suite. Par contre, ce n’est pas ce récit qui va m’inviter à écouter du Jul… Ce n’est pas demain la veille.

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    Blackiruah - 11 mai 2017

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