• Critique Russian Olive to Red King T.1 par

    Un couple se réveille dans un appartement baigné de lumière. Les couleurs sont chaudes, les grandes cases sont dépouillées...il n'y a que Olive, une jeune femme déterminée...Red, grand gaillard et amoureux transi...et Pacha, le fidèle toutou. Olive se prépare à s'envoler pour un voyage de recherches pour son travail. Red n'a pas envie qu'elle parte. Mais la séparation est inévitable. Quelques jours plus tard, Olive est dans un petit avion au-dessus des étendues sauvages du Grand Nord Canadien. Son pilote a une crise cardiaque. Et c'est le crash...

    Dès cet instant, le couple Kathryn et Stuart Immonen emploie une narration alternée. Parfois d'une page à l'autre, parfois d'une séquence de pages à une autre...un découpage qui joue également sur les couleurs, dont les tons sont différents pour les deux protagonistes; sur des cases aérées pour retranscrire la majesté de la nature dangereuse et sauvage dans laquelle Olive, qui est ressortie vivante de l'accident, tente retrouver la civilisation; sur des cases un peu plus claustrophobiques, Red ne quittant que rarement son petit appartement, à part pour sortir le chien.

    "Russian Olive to Red King" parle de cet amour qui va au-delà des mots, de cette sensation de vide que l'on ressent quand l'être aimé n'est plus là. Sans Olive, Red se sent perdu et se renferme de plus en plus, délaissant son travail, son quotidien se réduisant à quatre murs. Sa solitude renvoie à celle d'Olive, qui lutte contre la faim, la folie...et la mort...en récitant à haute voix de la littérature russe et en chantant des chansons folk.

    Plus le récit avance, plus les couleurs associées au périple d'Olive perdent de leur chaleur...plus elle avance dans le froid, plus elle sème les morceaux de sa vie. Le caractère inéluctable de ce qui se déroule est renforcé dans les dernières pages par une économie de dialogues, des visuels forts, une expressivité poignante et une dernière page (enfin, pas tout à fait, je parle de la dernière page du chapitre 6) à la fois immensément triste et poétique.

    "Russian Olive to Red King" est une oeuvre lente, contemplative et graphiquement somptueuse. Les auteurs arrivent à faire passer beaucoup d'émotions...même si la lecture peut aussi se révéler parfois déroutante, comme cet essai métaphorique sur les souvenirs, la mort et l'absence qui conclue l'album.

    "- Avant moi, il y avait toi.
    - Tu es déjà partie."

    8

    Le Doc - 10 juillet 2017

    1 membre aime | Vous avez aimé cette critique Annuler
Vous avez lu Russian Olive to Red King T.1 ?
Ecrire une critique