• Critique Curse T.1 par

    Mais pourquoi ?
    Pourquoi une couverture si laide pour un comic book aux dessins et à la mise en couleurs aussi stylisés ? Pourquoi opter pour un machin aussi kitsch quand le dossier de fin nous en propose toute une série autrement plus classes ?

    Comme la couverture nous le suggère avec subtilité, Curse est un récit de loup-garou, un « livre de genre », quoi. Et tous les codes s’y retrouvent, ou presque.
    On y suit un père de famille prêt à tout pour sauver son fils malade, y compris à se lancer dans une traque dont le résultat est, pour le moins, assez peu garanti.
    Je n’en dis pas plus, vu le gâchis des couvertures (première et quatrième dévoilent à elles-deux un bon 60% du bouquin) et la minceur du scénario, le spoil est vite arrivé…

    Ce n’est clairement pas la BD de l’année, ni même l’un des meilleurs titres du Label 619 (collection du groupe Ankama), regroupant par exemple Puta Madre, Tank Girl, Mutafukaz, Doggybags, Sons of Anarchy… ou l’excellent Shangri-La, côté franco-belge.

    La lecture de Curse est rapide, agréable, et malgré le scénario assez téléphoné, on a quand même envie d’arriver à la fin.
    C’est une œuvre maîtrisée et distrayante, certes, mais Tim Daniel et Michael Moreci (les scénaristes), n’ont vraiment pas réinventé le fil en argent à couper le beurre-garou. Il est vrai qu’ils ne disent nulle part en avoir eu l’intention, mais quand même ! Quand on s’attaque à un thème aussi vu et revu, on peut s’attendre aujourd’hui à de l’innovation… Mais ça ne semblait pas au centre des préoccupations des auteurs.

    Côté dessins, là c’est autre chose ! Ce fut ma première bonne surprise après avoir vomi sur la couverture : tourner les pages et apprécier l’éclectisme des planches, du traitement des scènes, des plans très cinématographiques… Pour le coup, les deux dessinateurs (Colin Lorimer et Riley Rossmo) font un boulot d’enfer, et semblent s’entendre à merveille, dans des styles très différents d’une page à l’autre.

    En définitive, Curse est un comic de genre manquant de coffre : le rythme y est, les ingrédients d’un one-shot réussi aussi, mais… il manque ce je-ne-sais-quoi qui fait les BD horrifiques cultes, ou du moins mémorables : une montée progressive en pression, une intrigue pudique qui se dévoile progressivement et non pas dès les dix premières pages…
    Entendons-nous bien, les scénaristes maîtrisent leur sujet et leur métier, mais le tout manque d’ambition…

    Heureusement que les très beaux dessins sont là pour rattraper le coup. D’ailleurs c’est tout ce que j’en retiendrai malgré une couverture digne d’une série Z mal assumée (ya pas d’autres lettres après Z ?)

    6

    bulgroz - 15 septembre 2017

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