• Critique The Mighty Thor - Ragnarok T.1 par

    Lorsque Roy Thomas reprend le scénario de la série "The Mighty Thor" au numéro 272 de juin 1978, le Dieu du Tonnerre venait de combattre l'ordinateur F.A.U.S.T. aux côtés de Nick Fury et des Avengers. Auparavant, Thor avait notamment affronté Blastaar et même l'Homme aux Echasses au cours de la fin de la prestation du duo Len Wein et Walter Simonson. Pour débuter son run (à noter qu'il avait déjà écrit deux épisodes quelques années plus tôt), Roy Thomas a décidé de renouer avec l'héritage mythologique du personnage et d'invoquer ni plus ni moins que Ragnarök, le Crépuscule des Dieux.

    L'album publié par Panini dans la collection "Marvel Vintage" compile les numéros 272 à 278 de "Thor", des épisodes déjà publiés en France il y a un peu plus de 30 ans dans l'un des dernièrs titres "Thor" de Aredit (pour le #272) et dans la revue "Ombrax-Saga" de Lug pour les #273 à 278 (mais dans une version tronquée).
    Il s'agit donc de la première publication en intégralité de cette saga épique, superbement servie aux dessins par le trait puissant de "Big" John Buscema, accompagné pour la majorité des pages par l'un de ses meilleurs encreurs, Tom Palmer. J'ai précisé "la majorité des pages", car Tom Palmer a cédé sa place à Chic Stone pour l'épilogue et l'impact visuel s'en ressent, ce qui est bien dommage pour un dernier chapitre entièrement tourné vers l'action.

    Quelques épisodes plus tôt, l'aventure débute sur Terre, par un récit raconté par le Dieu du Tonnerre à un jeune garçon victime d'une brute. Un conte merveilleux et malicieux qui permet de retrouver un Thor aussi vaillant qu'arrogant et un Loki dont la vantardise cache à peine la lâcheté. Un conte dont la morale a bien été transmise à la jeune génération midgardienne...et c'est là que le journaliste Harris Hobbs, une création de Stan Lee et Jack Kirby, choisit d'entrer à nouveau dans la vie de Thor avec la plus étonnante des propositions : tourner un reportage sur la vie des Dieux Nordiques...en Asgard !

    On peut déplorer l'absence d'un véritable appareil éditorial dans ces albums "Marvel Vintage", pour remettre dans le contexte et donner des détails sur les nombreux personnages. Mais au moins dans le cas qui nous intéresse ici, la narration de Roy Thomas permet aux lecteurs qui n'ont pas suivi ces vieux épisodes de ne pas être perdu, par le biais de plusieurs flashbacks. Le scénariste a ses détracteurs, qui n'apprécient (entre autres choses) guère cet exercice récapitulatif et ses scènes d'exposition qui, je le reconnais, peuvent être un peu trop chargées (il y en a quelques unes dans ces 7 épisodes). Dans le cas de "Ragnarök", cette manière de raconter renforce le caractère solennel de cette prophétie, dans le tragique comme dans l'absurde.

    Face au trio de reporters humains qui a réussi à s'infiltrer sur Asgard (dont un certain Roger "Red/Le Rouquin" Norvell, dont le rôle sera très important dans le drame à venir), les Asgardiens jouent en effet un rôle déterminé à l'avance et ce dès que Loki prononce l'avènement de Ragnarök. Entre trahisons et double-jeu des uns et morceaux de bravoure des autres, il y a un côté presque inéluctable à ce qui déroule page après page. Oui, presque...

    Dans "Thor : Ragnarok", les Dieux sont les instruments d'une partition écrite à l'avance...mais l'orchestration marvellienne propose une intéressante variation de cette épopée pleine de bruit et de fureur...

    8

    Le Doc - 02 novembre 2017

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