TUMATXA : ÉPISODE 9 - L'HISTOIRE SECRÈTE DES FEUX DANS LA PLAINE

J'en profite pour souhaiter les meilleurs vœux possibles à tous et toutes pour 2017 !!
Le programme cette semaine (chargé, mais moins que prévu, donc) :

- Pour le cinéma, c'est encore double portion de frites, puisque l'on évoque la sortie d'un Blu-Ray comprenant deux des derniers travaux en date de Shinya Tsukamoto, à savoir "Tetsuo III : The Bullet Man" et "Fires On The Plain", sur lequel on s'attardera un peu plus longuement.

- Au rayon littérature, on évoque "L'Histoire secrète de Twin Peaks", signé par l'un des co-auteurs de la série, Mark Frost, qui nous propose ici un apéritif idéal avant la diffusion de la très attendue saison 3 de la meilleure série de tous les temps (avec deux ou trois autres...).

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Love You To Death", reprise par les doomsters de Pallbearer d'un titre génial de feu Type O Negative, "Definition of Being Alive", morceau ambient martial signé In Slaughter Natives, "Raise The Sun", morceau introductif du premier album des métalleux canadiens de Anciients, et on termine avec un morceau monumental du collectif Geinoh Yamashirogumi, extrait de la bande originale du mythique "Akira"...!

"I beg to serve, your wish is my law,
Now close those eyes and let me love you to death.
Shall I prove I mean what I'm saying ?
I say the beast inside of me's gonna get ya..."

Tumatxa est l'émission de radio qu'anime le chroniqueur Photonik chaque semaine depuis une dizaine d'années sur la radio bascophone Xiberoko Botza (la voix de la Soule). Il y cause musique, cinéma (beaucoup), littérature, BD ou philo, parfois en solo, souvent avec son acolyte ; l'excellent Thomas.

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par Photonik

Cinéma, musique (rock), B.D. et littérature (S.F., philo, classiques...)

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233 commentaires

Avatar de soyouz

Bah quoi, c'est bien Les Agents du SHIELD ! Y a pas de honte à avoir (t'aurais cité Grey's Anatomy, cela aurait été autre chose !)

Avatar de Photonik

FrEaK a écrit:Pour info, Bouygues Telecom a diffusé de vendredi 21/04 à hier dimanche 23/04 le 1er épisode de Legion, en VF à 19h, en VOSTF à 22h (lien).
Moi qui ne suis pas du tout calé en comics, je ne saurais dire si c'était bien ou pas, j'ai pas bien tout compris, l'épisode a duré 1h, et au final, c'était carrément moins accessible que Marvel les agents du Shield (me tapez pas, on a tous des séries honteuses qu'on regarde en cachette !)
Disons que ça plaira aux puristes, et on sent la volonté d'une série pour les fans, et pas vraiment mainstream pour le coup.


Détrompe-toi : cette impression de désorientation que tu as éprouvée n'est pas du tout liée à ta méconnaissance des aventures papier du perso ; ce n'est pas du tout une adaptation fidèle, les auteurs prennent en fait beaucoup de liberté. C'est tout à fait abordable pour tous les spectateurs, pas aux seuls "puristes"...
Maintenant, ce côté un peu hermétique du premier épisode (que je trouve le plus impressionnant du lot), il est bel et bien présent, mais c'est narrativement et thématiquement très cohérent. Et tout s'éclaire au final, quand les pièces du puzzle sont en place.

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Marko a écrit:
À propos de l'utilisation rare du personnage de Légion, cela s'explique peut-être aussi parce que la place du fils était déjà occupée en quelque sorte par Scott Summers (même si lui aussi a fini par retrouver son véritable père).
C'est même lui qui va au bout de son "oedipe" à la fin d'Avengers vs X-Men, lorsqu'il affronte son ancien mentor, déchu depuis l'accumulation de diverses casseroles.
C'est assez malin de la part de Spurrier de mettre en place la confrontation de David Haller (le fils légitime) et Cyke (le fils spirituel) dans les pages d'X-Men: Legacy.


C'est tout à fait possible, en effet, et je suis d'accord avec ton appréciation de l'idée de Spurrier d'opposer les deux persos.
Ceci dit, au moment où Legion apparaît dans l'univers des mutants (en 1985, dans "New Mutants 25"), Claremont a relativement mis de côté Cyclope, qui coule des jours heureux avec Madelyne Pryor (même si l'éditorial va imposer son retour dans "X-Factor" vite après). Il y avait de la place pour un héritier plus "direct" à Xavier. J'ai l'impression que c'est surtout la quasi-omnipotence du perso qui a un peu bloqué son utilisation.

Avatar de Photonik

Le Doc a écrit:Je ne connaissais pas du tout Panda's Fen avant que Ektah le mentionne ici et je ne connais pas du tout l'oeuvre de Jean Ray (enfin, je connais le nom, mais je ne l'ai jamais lu), donc j'ai appris plein de choses très intéressantes dans cette émission.



Merci !!! :wink:

Le Doc a écrit:Pour Legion, j'avais déjà lu avec intérêt les avis sur le forum dans le sujet dédié et j'ai très hâte de voir ça (ça commence très bientôt sur une chaîne du cable, OCS, il ne faut surtout pas que je loupe ça).
Et pour les prochaines séries qui ont du potentiel, il y a aussi American Gods... :wink:



Oui, j'attends ça de pied ferme, sans compter que c'est de loin ce que je préfère dans le travail de Gaiman romancier...
Pour "Legion", j'y reviens un peu plus bas.

Avatar de FrEaK

Pour info, Bouygues Telecom a diffusé de vendredi 21/04 à hier dimanche 23/04 le 1er épisode de Legion, en VF à 19h, en VOSTF à 22h (lien).
Moi qui ne suis pas du tout calé en comics, je ne saurais dire si c'était bien ou pas, j'ai pas bien tout compris, l'épisode a duré 1h, et au final, c'était carrément moins accessible que Marvel les agents du Shield (me tapez pas, on a tous des séries honteuses qu'on regarde en cachette !)
Disons que ça plaira aux puristes, et on sent la volonté d'une série pour les fans, et pas vraiment mainstream pour le coup.

Avatar de FrEaK

Pour info, Bouygues Telecom a diffusé de vendredi 21/04 à hier dimanche 23/04 le 1er épisode de Legion, en VF à 19h, en VOSTF à 22h.
Moi qui ne suis pas du tout calé en comics, je ne saurais dire si c'était bien ou pas, j'ai pas bien tout compris, l'épisode a duré 1h, et au final, c'était carrément moins accessible que Marvel les agents du Shield (me tapez pas, on a tous des séries honteuses qu'on regarde en cachette !)
Disons que ça plaira aux puristes, et on sent la volonté d'une série pour les fans, et pas vraiment mainstream pour le coup.

Avatar de Marko

Photonik a écrit:- On termine avec la première saison de "Legion", grande réussite télévisuelle en matière d'adaptation de comic-books Marvel.


À propos de l'utilisation rare du personnage de Légion, cela s'explique peut-être aussi parce que la place du fils était déjà occupée en quelque sorte par Scott Summers (même si lui aussi a fini par retrouver son véritable père).
C'est même lui qui va au bout de son "oedipe" à la fin d'Avengers vs X-Men, lorsqu'il affronte son ancien mentor, déchu depuis l'accumulation de diverses casseroles.
C'est assez malin de la part de Spurrier de mettre en place la confrontation de David Haller (le fils légitime) et Cyke (le fils spirituel) dans les pages d'X-Men: Legacy.

Avatar de Le Doc

Photonik a écrit:Épisode 19 : La Légion des ombres du Roi Penda

Dernière émission avant la pause rituelle pour les vacances de Pâques, puis on foncera dans la dernière ligne droite avant l'été...
Le programme cette semaine :

- Au rayon cinoche, on exhume un chef-d'oeuvre méconnu du cinéma britannique avec le "Penda's Fen" d'Alan Clarke et David Rudkin.

- On poursuit avec l'évocation de "La Croisière des Ombres" de Jean Ray, recueil de nouvelles fantastiques, dans tous les sens du terme, du Edgar Alan Poe belge.

- On termine avec la première saison de "Legion", grande réussite télévisuelle en matière d'adaptation de comic-books Marvel.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Howling Wave", extrait de l'album "Atom From Heart, signé par les normands de Christine, "Movie 1", issu de "Null And Void", des japonais de Ground Zero, "Silver Cloud", signé par les shoegazers anglais de The Venus Beads, et on termine avec une étonnante relecture du "Boléro" de Ravel issue de la première saison de "Legion"..!


"For long you live and high you fly
But only if you ride the tide
And balanced on the biggest wave
You race towards an early grave...."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3


Je ne connaissais pas du tout Panda's Fen avant que Ektah le mentionne ici et je ne connais pas du tout l'oeuvre de Jean Ray (enfin, je connais le nom, mais je ne l'ai jamais lu), donc j'ai appris plein de choses très intéressantes dans cette émission. Pour Legion, j'avais déjà lu avec intérêt les avis sur le forum dans le sujet dédié et j'ai très hâte de voir ça (ça commence très bientôt sur une chaîne du cable, OCS, il ne faut surtout pas que je loupe ça).
Et pour les prochaines séries qui ont du potentiel, il y a aussi American Gods... :wink:
Et à propos de Legion, cette version du Bolero de Ravel est assez étonnante. Je n'ai pas du tout accroché au titre des japonais de Ground Zero, ce n'est vraiment pas le genre de son, le genre d'atmosphère qui me fait tripper en musique; pour le reste de la playlist, c'était du tout bon.

Avatar de Verbal Kint

:mrgreen:



À moins que ça se passe dans le futur alternatif avec Biff maître du monde, et le pauvre George qui n'est plus de ce monde.



:mrgreen:

Avatar de Ektah

Oh, bon sang, Crispin Glover est la dernière personne à mettre en colère.

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Avatar de Marko

George McFly ne va pas être jouasse quand il va l'apprendre... :mrgreen:

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Avatar de Verbal Kint

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:shock:

Oh mon dieu, on dirait bien la maman de Marty...

Avatar de Le Doc

Ektah a écrit:Mais c'est vrai que ça fait plaisir de le voir revenir sur le grand écran, après des années de vaches maigres (il est allé jusqu'à faire de la nazisploitation pour Jess Franco, quand même).


Photonik a écrit:Ah oui, il a fait ça ? :shock:


Je n'ai pas vu La Chute des Aigles, le film dont il est question ici...et je n'ai d'ailleurs pas vraiment envie de le voir....mais je ne pense pas qu'il fasse partie de ce nauséeux sous-genre (et qui était heureusement passé de mode en 1989, date de production du long métrage de Franco). D'après les quelques articles que j'ai lu, ce serait plutôt un mélodrame de guerre cheap, et même assez "sage" pour du Franco (entendez par là pas de nu, pas de gore, pas de trash).
Il y a peut-être eu confusion parce que La Chute des Aigles est l'une des dernières productions Eurociné, studio français spécialisé dans le Z et qui a souvent oeuvré dans la nazisploitation avec des titres comme Train Spécial pour Hitler et Elsa Fraulein SS.

Avatar de Marko

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Petit détail. La carrière de Mark Hamill n'a, au final, pas tant été tant démolie que ça: il s'est surtout reconverti dans le doublage de dessins animés et jeux vidéos, avec un certain succès, il me semble. Il est notamment reconnu pour être, pour beaucoup, le Joker absolu... je connais beaucoup de monde qui préfèrent son interprétation à celle de Heath Ledger ou Jack Nicholson.


Il a travaillé, bien sûr, mais il n'a pas eu la carrière de son confrère Harrison Ford par exemple, alors que je le trouve excellent. C'est un excellent doubleur effectivement, mais je dois dire que je ne connais pas son interprétation du Joker (dont j'avais effectivement entendu chanter les louanges, et je ne doute pas que ce soit fondé) : je suis très fan du fameux "Batman The Animated Series", mais je connais ça en VF ; il était avantageusement remplacé par cet excellent doubleur français qui est aussi celui du Doc de "Retour vers le Futur" ; lui aussi est un sacré Joker, sans rien enlever à Hamill.


Après avoir revu l'ensemble de la série en VO (alors que pendant longtemps je m'étais contenté de la VF), je ne peut que me joindre au concert de louanges à propos du doublage de Hamill, qui restitue à merveille le côté flippant/imprévisible du personnage. Sur ce plan-là, une des scènes les plus mémorables reste selon moi cet éloge funèbre, issu d'un de mes épisodes favoris (The Man Who Killed Batman).

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Ld0uIhst3TA[/youtube]

Et comme si cela ne suffisait pas, la série a bénéficié de la Batmobile la plus classe qui soit (par contre elle ne doit pas être pratique à manoeuvrer dans les ronds-points :mrgreen: ).
Ce qui dommage avec la version française, malgré son excellent doublage, c'est que le générique introductif ne reprend pas les somptueux "title cards", qui donnent un cachet supplémentaire à la série, complètement raccord pour le coup avec l'esthétique "Dark Déco" qui a fait la renommée du show.

http://www.worldsfinestonline.com/WF/ba ... /cards.php

Cela me rappelle un oubli assez symptomatique dans un épisode récent de "Big Bang Theory". L'apparition d'Adam West en guise de guest-star (également présent dans l'épisode "Mr. Plow" de la saison 4 des Simpson) était l'occasion de lister les différents acteurs ayant interprété le chevalier noir, et Kevin Conroy n'était même pas mentionné. :x
Pour la version française, Richard Darbois a également fait du bon boulot en doublant le détective masqué de Gotham.

Avatar de Marko

Le Doc a écrit:Voici une page de Howard the Duck écrite et dessinée par Dave Sim (Cerebus). Elle a été publiée à l'origine en 1980 dans le magazine en N&B Howard the Duck.

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Si je ne m'abuse les magazines N&B de Marvel avaient plus de marge de manoeuvre par rapport à la censure, mais certaines séquences ont quand même été altérées, à l'instar de cette planche de Gene Colan, qui rendait plus explicite la nature de la relation entre Howard et Beverly (dans la version publiée, la case "problématique" a été éjectée pour mieux privilégier l'ellipse).

https://dirtyriver.tumblr.com/post/6655 ... rsion-of-a

http://marvelmasterworksfansite.yuku.co ... O93dRjpORs

Même le navet produit par George Lucas n'a étonnamment pas fait l'impasse sur le sujet, quand bien même cela se limitait à une seule scène.

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Avatar de Photonik

Le Doc a écrit:Voici une page de Howard the Duck écrite et dessinée par Dave Sim (Cerebus). Elle a été publiée à l'origine en 1980 dans le magazine en N&B Howard the Duck.

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J'étais tombé sur cette page extrêmement prometteuse, et il existe d'ailleurs quelques blogueurs américains pour prétendre que Dave Sim a bel et bien été à deux doigts de reprendre "Howard The Duck", et que cette page était un test pour Marvel en bonne et due forme.
Si cette perspective est très alléchante sur le papier, Dave Sim l'a vigoureusement balayé en précisant qu'il n'a jamais été question pour lui de lâcher "Cerebus" pour ça, même si l'idée de payer son tribut à une influence capitale pour son propre titre ne lui aurait pas déplu...

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:Oh, ne t'en fais pas. C'est certain que nos discussions prennent pas mal de temps mais il n'y a pas d'obligation, à mon avis.


Bien sûr, mais comme c'est effectivement un plaisir de mon côté aussi et c'est pourquoi j'essaie d'être le plus réactif possible.

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Ektah a écrit:Je croyais que son pseudo principal était Techno Animal mais cet alias fait surtout référence au groupe formé avec Broadrick. Du coup, j'étais passé à coté d'un pan important de sa carrière. Je vais aller voir ça.


Et je dois dire que je ne connais pas bien du tout cet aspect de son travail, à l'exclusion de cette collaboration avec Earth, donc. Je connais mieux son côté plus cagneux aux côtés de Broadrick, notamment God et Ice, même si je n'en ai pas écouté tant que ça (et pourtant j'aime beaucoup).

Ektah a écrit:Petit détail. La carrière de Mark Hamill n'a, au final, pas tant été tant démolie que ça: il s'est surtout reconverti dans le doublage de dessins animés et jeux vidéos, avec un certain succès, il me semble. Il est notamment reconnu pour être, pour beaucoup, le Joker absolu... je connais beaucoup de monde qui préfèrent son interprétation à celle de Heath Ledger ou Jack Nicholson.


Il a travaillé, bien sûr, mais il n'a pas eu la carrière de son confrère Harrison Ford par exemple, alors que je le trouve excellent. C'est un excellent doubleur effectivement, mais je dois dire que je ne connais pas son interprétation du Joker (dont j'avais effectivement entendu chanter les louanges, et je ne doute pas que ce soit fondé) : je suis très fan du fameux "Batman The Animated Series", mais je connais ça en VF ; il était avantageusement remplacé par cet excellent doubleur français qui est aussi celui du Doc de "Retour vers le Futur" ; lui aussi est un sacré Joker, sans rien enlever à Hamill.

Ektah a écrit:Mais c'est vrai que ça fait plaisir de le voir revenir sur le grand écran, après des années de vaches maigres (il est allé jusqu'à faire de la nazisploitation pour Jess Franco, quand même).


Ah oui, il a fait ça ? :shock:
J'ignorais totalement. Je l'ai un peu vu dans les années 90 dans des téléfilms fauchés, et dans la série "Flash" première mouture, en simili-Joker (le Trickster).

Ektah a écrit:Il a effectivement plus de talents que la seule interprétation de Luke (ceci étant dit sans dépréciation pour la trilogie originelle, bien sûr).


Au début de sa carrière, il a joué un jeune junkie paumé dans un épisode des "Rues de San Francisco" et il était fabuleux dans le rôle (son père était incarné par un Leslie Nielsen pré-ZAZ, également excellent).

Ektah a écrit:Et je ne peux pas parler de Hammill sans évoquer "Britannia Hospital", le dernier volet de la trilogie (informelle) de Mick Travis par Lindsay Anderson, après "If...." et "Ô Lucky Man". C'est un film bourré de défauts, et clairement le moins bon du cycle mais pour lequel j'ai une grande affection. Et, du coup, Hamill l'a fait entre Star Wars épisodes 5 et 6, alors qu'il était encore le roi du monde, sans se faire payer, par goût pour le "Free Cinema" anglais dont Anderson est l'un des porte-étendards. J'ai conçu une certaine tendresse envers Hamill pour cette action.


C'est une de mes grandes lacunes, cette trilogie, alors que j'ai beaucoup lu dessus ; je ne manquerai pas de mettre ça au menu de l'émission quand j'aurais remédié à ça.
J'ignorais aussi que Hamill jouait là-dedans ; voilà décidément une carrière fort estimable, tu as eu raison de me reprendre sur mon avis un brin expéditif sur son parcours, même s'il faut bien reconnaître que Hollywood l'a bien boudé quand même.

Ektah a écrit:Concernant la carrière d'écrivain de Samuel Fuller, l'adaptation dont tu parles est probablement "Scandal Sheet", tiré de "The Dark Page", un film noir se passant dans le milieu de la presse new-yorkaise. Pour ce que j'en sais, je ne crois pas que ce soit très bon.


Oui, c'est bien ça. Rien d'inoubliable à ce que j'en lis, effectivement...

Ektah a écrit:Et, sinon, si tu n'es pas familier avec ce film, je te conseille de jeter un coup d’œil à "The naked kiss" qui est, déjà , à mon avis, son chef d’œuvre (à coté de "Shock Corridor") mais, surtout, est l'expression parfaite (un peu à la manière de "Kiss Me Deadly", je trouve) de cette transition dont tu parlais entre Hollywood classique et Nouvel Hollywood.


Oui, je vais regarder ça, et aussi "Underworld USA", qui m'intéresse également grandement.


Ektah a écrit:Oui, malheureusement, j'ai un ami (noir, donc) qui, étant enfant, s'est fait déchirer le visage par l'un d'entre eux et qui, aujourd'hui, milite pour qu'une enquête soit faite à l'échelle nationale pour localiser et fermer les dresseurs spécialisés dans cette pratique. Il semblerait que ce soit un business (souterrain, évidemment) qui existe.


Incroyable.
C'est donc beaucoup plus courant, hélas, que je n'aurais pu le croire même après avoir été informé par la vision du film.

Ektah a écrit:
Aah, ce bon gros facho de Douglas Pearce. Ou pas... je suis assez d'accord avec toi pour dire que je ne le considère pas comme un négationniste ou un néo-nazi. Par contre, après être allé à un concert de "The moon lay hidden beneath a cloud", je ne peux pas en dire autant à propos de son public, j'en ai peur. La musique est toujours aussi belle, en tous cas. Émission politique, cette semaine, dis donc.


Oui, mais de manière très "sereine" d'une certaine façon. Sans vouloir jouer la carte du détachement faussement cool (je ne le suis pas vraiment sur le plan politique, il me faut donc assumer), je suis de l'école "je trouverais bien con de me priver d'écouter du Wagner sous prétexte que c'était un déglingo sur le plan politique et éthique, à peu près le miroir inversé de tout ce que je pense", je détache à peu près correctement ces choses-là, sans aller jusqu'à séparer totalement esthétique et politique (ce serait un appauvrissement je crois) ; il n'y pas besoin d'aller jusque-là en ce qui concerne Pearce, dont le cas est à nuancer effectivement. Il n'a pas volé son aura de soufre, à force de jouer sur des thèmes extrêmement sensibles, mais j'irais jusqu'à lui trouver un certain courage.
J'avais cru comprendre qu'une partie de son public ressemblait à ta description, mais n'ayant jamais pu me rendre moi-même à un de ces concerts, je ne pouvais me prononcer. Je suis pas sûr que je me sentirais tout à fait à l'aise, pour être franc.

Ektah a écrit:
Pour ce qui est de ses racines folk, tu as raison pour Léonard Cohen, bien sûr, mais je pense qu'elles sont aussi à chercher du côté de la scène britannique des années 60-70, ce qu'on a appelé l'Acid Folk (glissant même vers le Prog, parfois), avec des artistes comme Caedmon, Dorothy Carter, Shirley Collins (dont l'album du retour, "Lodestar", sorti l'an dernier, est très beau, d'ailleurs), Forest, Magna Carta, Trees, Comus, Owl et ainsi de suite...


Oui, j'imagine, mais là je suis vraiment un ignare complet, à l'exclusion de certaines vidéos Youtube glanées par-ci par-là concernant certains noms de ta liste. Faudrait que je creuse cette scène acid-folk...

Ektah a écrit:Je n'y avais pas pensé à la lecture mais l'extrait que tu as choisi, plus le personnage de Ulrich Von Bek lui-même et le contexte historique, me poussent à me demander s'il n'y a pas la volonté de faire de ce roman une réécriture de Solomon Kane, le personnage de Robert Howard. Ça ne serait pas la première fois que Moorcock nous fait le coup.


C'est possible en effet, même si le background de Von Bek me semble plus étoffé que celui volontairement sibyllin de Kane.

Ektah a écrit:Et j'associe aussi ce livre, en terme d'ambiances, au bel album du groupe de Zeuhl/RIO "Univers Zéro" nommé "Hérésie".


J'aime beaucoup cet album, faudrait que j'y rejette une oreille d'ailleurs.

Ektah a écrit:On est d'accord. Tout son projet du multivers est construit comme une immense énigme, dont ce comics constitue probablement un des cœurs et se révèle, en conséquence, l'un des aspects les plus touffus. C'est un appel assez direct à la curiosité du lecteur.

Tiens, c'est marrant: on peut dire exactement la même chose des œuvres d'Alan Moore. :wink:


Bien sûr. Les points communs sont nombreux et évidents. Moore a très directement payé son tribut à Moorcock à quelques reprises, comme avec sa longue nouvelle "L'hypothèse du lézard", très moorcockienne.



Ektah a écrit:Ça me semble très vrai, effectivement. Quel dommage que Morrison soit brouillé avec Moore et Moorcock. Il me semble certain que les trois ont énormément en commun (même si les deux derniers sont clairement plus radicaux dans leur anarchie que Morrison... ce qui peut peut-être expliquer en partie leur animosité). J'aurais aimé voir des collaborations.


Leur inimitié n'est pas très grave dans l'absolu, mais elle ne cesse de m'étonner, vu les nombreuses thématiques communes abordées par ces trois-là.
Je trouve que Moore et Moorcock (mais ils ont sûrement leurs raisons) ont la dent vraiment dure avec Morrison ; il y a tellement plus que du simple plagiat sans substance dans son travail (et je dirais même que la notion de plagiat pur ne me semble pas si problématique et illégitime que ça, de toute façon), il est vraiment difficile de soutenir le contraire après avoir lu le bonhomme.

Ektah a écrit:Tiens, je ne connais pas cette facette du travail de l'écossais. Intéressant.


Je ne la connais pas non plus : je n'ai pas vraiment fouillé mais il ne doit pas y avoir moyen d'en trouver la trace facilement, j'imagine ; j'en ai vu la mention dans le livre de Yann Graf sur Morrison et quelques articles sur le net, c'est tout. Et ça m'a pourtant l'air vraiment intéressant, avec ce recours à la figure du Roi Rouge déjà convoquée dans le final de son "Doom Patrol".


Ektah a écrit:Si, le British Film Institute (la cinémathèque britannique, donc) l'a sorti en DVD et Blu-Ray. Je ne l'ai pas mais si j'en juge à partir d'autres de leurs productions, c'est probablement une très belle édition. Curieux de voir ce que tu en diras, en tous cas. Ça sera probablement l'occasion pour moi de combler cette lacune, au passage.


Oui, j'ai vu ça en préparant ma chronique. Le film le vaut bien, en effet.

Ektah a écrit:Clairement un thème porteur de l'imaginaire de la fin du XXème siècle et du début du XXIème, et une obsession personnelle, que je suis heureux de partager.


Je ne l'aurais pas mieux formulé, mais on est bien d'accord.

Avatar de Photonik

Le Doc a écrit:Ah, le film de Samuel Fuller est repassé il y a quelques mois sur Arte et ta chronique m'a fait regretté d'avoir loupé cette rediffusion. Je ne l'avais vu qu'une fois il y a longtemps et il m'avait fait une forte impression plus jeune...



C'est un film incontestablement impactant, pas de doute. J'aurais bien aimé l'avoir vu plus jeune, il m'aurait probablement retourné la tête...


Le Doc a écrit:Super chronique sur un comic-book et un personnage fascinants sur bien des points.



Merci.
Je poursuis également en VO pour ma part, j'ai vraiment été emballé. Sans compter que je me régale depuis des mois à découvrir le passionnant corpus de Gerber, décidément un sacré auteur. Je ne comprends que Panini sous-exploite ainsi le patrimoine à sa disposition ; ils sont assis sur un trésor du côté des productions Marvel des seventies, et il faut attendre un film comme "Doctor Strange" par exemple pour accéder à cette mine. C'est dommage.

Le Doc a écrit:Faut vraiment que je dépoussière un jour mes Moorcock...parce que je suis sûr d'avoir lu ce roman, mais je ne m'en rappelle plus du tout.... :mrgreen:



On devrait reparler de Moorcock ces prochaines semaines : je me suis dégoté un petit paquet de ses ouvrages qui me faisaient envie depuis longtemps, comme son recueil de nouvelles "Déjeuners d'affaires avec l'Antéchrist", par exemple.

Avatar de Photonik

Tori a écrit:Jusque dans la musique : en plus du canard et des deux chiens, on a des serpents et des rats (signé The Bug vs. Earth, en plus) ! ~___^



Ah oui en effet !! C'était pas du tout fait exprès pour le coup... :wink:

Tori a écrit:Malheureusement, les "white dogs", ça existe encore (je ene savais pas qu'il y avait un nom pour ces chiens dressés à attaquer un type de population...) J'en ai déjà vu qui était dressés à attaquer toute personne qui n'avait pas la peau claire... En l'occurrence, ça visait principalement les manouches (beaucoup plus nombreux, là où j'ai vu ces chiens, que les noirs). Pauvres chiens, dont on lave le cerveau à cause de la connerie humaine... Et que l'on condamne à la peine de mort s'ils s'attaquent à quelqu'un : chien dangereux (alors que le maître s'en sort en général avec une amende, et éventuellement une courte peine de prison).


Je dois dire, peut-être suis-je très naïf, que je découvre la chose un peu effaré à l'occasion de ma découverte du film. Je n'avais jamais entendu parler de mon côté de faits divers aussi atroces, mais j'imagine qu'on n'est jamais au bout de nos surprises en matière d'abjection de la part de certains de nos congénères.

Tori a écrit:Tu cites Cerebus en parlant d'un ornictérope : c'est un oryctérope : un animal qui vit en Afrique subsaharienne... Et ce n'est pas exactement un fourmilier : il se nourrit d'ailleurs essentiellement de termites


J'étais à peu près sûr de dire une connerie en le disant. :wink:
Je savais néanmoins que ce n'était pas tout à fait un fourmilier, je crois que Dave Sim insiste lui-même là-dessus...

Avatar de Tori

Ektah a écrit:Petit détail. La carrière de Mark Hamill n'a, au final, pas tant été tant démolie que ça: il s'est surtout reconverti dans le doublage de dessins animés et jeux vidéos, avec un certain succès, il me semble.

Et pas que sa voix, en ce qui concerne les jeux vidéo : je crois que la première fois que je l'ai vu hors Star Wars, c'était dans Wing Commander III (sur PlayStation)...

Photonik a écrit:- On poursuit avec l'évocation de "La Croisière des Ombres" de Jean Ray, recueil de nouvelles fantastiques, dans tous les sens du terme, du Edgar Alan Poe belge.

De Jean Ray, je ne connaissais que le travail sur Harry Dickson (dont je pensais d'ailleurs qu'il était le créateur)...

- On termine avec la première saison de "Legion", grande réussite télévisuelle en matière d'adaptation de comic-books Marvel.

Il faudrait vraiment que je m'y intéresse : l'ami Nikolavitch m'en a déjà fait la promo !

"Howling Wave", extrait de l'album "Atom From Heart, signé par les normands de Christine

Ah, je n'avais pas raté l'allusion à Atom Heart Mother... qui est le premier album des Pink Floyd que j'ai eu (et écouté)... Et pendant longtemps le seul, d'ailleurs.

"Movie 1", issu de "Null And Void", des japonais de Ground Zero

Ça, ça m'a rappelé plein de trucs que j'écoutais vers le milieu des années 90...

on termine avec une étonnante relecture du "Boléro" de Ravel issue de la première saison de "Legion"..!

En écoutant cette version du boléro, je m'aperçois que le générique de Doctor Who (au moins dans sa première mouture) a des motifs en commun avec l'œuvre de Ravel :
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=cHE6ZE9n4qg[/youtube]
https://www.youtube.com/watch?v=cHE6ZE9n4qg

Bonnes vacances !

Tori.

Avatar de Le Doc

Voici une page de Howard the Duck écrite et dessinée par Dave Sim (Cerebus). Elle a été publiée à l'origine en 1980 dans le magazine en N&B Howard the Duck.

Image

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:Un peu pris par le temps aujourd'hui, j'ai à peine le temps de mettre en ligne le programme du dernier épisode. Je prendrai le temps demain ou vendredi de répondre à vos remarques, sans faute...


Oh, ne t'en fais pas. C'est certain que nos discussions prennent pas mal de temps mais il n'y a pas d'obligation, à mon avis.

D'ailleurs, j'ai moi aussi parfois du mal à suivre le rythme. Mais ça reste un plaisir de discuter.

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:"Snakes Vs Rats", extrait de l'album "Concrete Desert, signé The Bug Vs Earth


Ah ok. Je croyais que son pseudo principal était Techno Animal mais cet alias fait surtout référence au groupe formé avec Broadrick. Du coup, j'étais passé à coté d'un pan important de sa carrière. Je vais aller voir ça.

Photonik a écrit:- Au rayon cinoche, on aborde le cas de l'excellent "Dressé pour tuer", ou "White Dog" en VO, du grand Samuel Fuller.


Petit détail. La carrière de Mark Hamill n'a, au final, pas tant été tant démolie que ça: il s'est surtout reconverti dans le doublage de dessins animés et jeux vidéos, avec un certain succès, il me semble. Il est notamment reconnu pour être, pour beaucoup, le Joker absolu... je connais beaucoup de monde qui préfèrent son interprétation à celle de Heath Ledger ou Jack Nicholson. Mais c'est vrai que ça fait plaisir de le voir revenir sur le grand écran, après des années de vaches maigres (il est allé jusqu'à faire de la nazisploitation pour Jess Franco, quand même). Il a effectivement plus de talents que la seule interprétation de Luke (ceci étant dit sans dépréciation pour la trilogie originelle, bien sûr).

Et je ne peux pas parler de Hammill sans évoquer "Britannia Hospital", le dernier volet de la trilogie (informelle) de Mick Travis par Lindsay Anderson, après "If...." et "Ô Lucky Man". C'est un film bourré de défauts, et clairement le moins bon du cycle mais pour lequel j'ai une grande affection. Et, du coup, Hamill l'a fait entre Star Wars épisodes 5 et 6, alors qu'il était encore le roi du monde, sans se faire payer, par goût pour le "Free Cinema" anglais dont Anderson est l'un des porte-étendards. J'ai conçu une certaine tendresse envers Hamill pour cette action.

Concernant la carrière d'écrivain de Samuel Fuller, l'adaptation dont tu parles est probablement "Scandal Sheet", tiré de "The Dark Page", un film noir se passant dans le milieu de la presse new-yorkaise. Pour ce que j'en sais, je ne crois pas que ce soit très bon.

Par contre, en livre, son autobiographie, "Le troisième visage" est formidable. C'est beau de voir à quel point sont poreuses les frontières entre ses vies de journaliste, de soldat et de cinéaste.

Et, sinon, si tu n'es pas familier avec ce film, je te conseille de jeter un coup d’œil à "The naked kiss" qui est, déjà , à mon avis, son chef d’œuvre (à coté de "Shock Corridor") mais, surtout, est l'expression parfaite (un peu à la manière de "Kiss Me Deadly", je trouve) de cette transition dont tu parlais entre Hollywood classique et Nouvel Hollywood.

Tori a écrit:Malheureusement, les "white dogs", ça existe encore (je ene savais pas qu'il y avait un nom pour ces chiens dressés à attaquer un type de population...) J'en ai déjà vu qui était dressés à attaquer toute personne qui n'avait pas la peau claire... En l'occurrence, ça visait principalement les manouches (beaucoup plus nombreux, là où j'ai vu ces chiens, que les noirs). Pauvres chiens, dont on lave le cerveau à cause de la connerie humaine... Et que l'on condamne à la peine de mort s'ils s'attaquent à quelqu'un : chien dangereux (alors que le maître s'en sort en général avec une amende, et éventuellement une courte peine de prison).


Oui, malheureusement, j'ai un ami (noir, donc) qui, étant enfant, s'est fait déchirer le visage par l'un d'entre eux et qui, aujourd'hui, milite pour qu'une enquête soit faite à l'échelle nationale pour localiser et fermer les dresseurs spécialisés dans cette pratique. Il semblerait que ce soit un business (souterrain, évidemment) qui existe.

D'ailleurs, la rumeur dit que la Paramount ait charcuté le film et lui ait donné une distribution minimale par peur des représailles par le KKK. Enfin, c'est ce que disait Fuller, en tous cas.

Photonik a écrit:"Accidental Protégé", issu de "Rose Clouds of Holocaust", un des grands chefs-d'oeuvre de la discographie de Death In June


Aah, ce bon gros facho de Douglas Pearce. Ou pas... je suis assez d'accord avec toi pour dire que je ne le considère pas comme un négationniste ou un néo-nazi. Par contre, après être allé à un concert de "The moon lay hidden beneath a cloud", je ne peux pas en dire autant à propos de son public, j'en ai peur. La musique est toujours aussi belle, en tous cas. Émission politique, cette semaine, dis donc.

Pour ce qui est de ses racines folk, tu as raison pour Léonard Cohen, bien sûr, mais je pense qu'elles sont aussi à chercher du côté de la scène britannique des années 60-70, ce qu'on a appelé l'Acid Folk (glissant même vers le Prog, parfois), avec des artistes comme Caedmon, Dorothy Carter, Shirley Collins (dont l'album du retour, "Lodestar", sorti l'an dernier, est très beau, d'ailleurs), Forest, Magna Carta, Trees, Comus, Owl et ainsi de suite...

Photonik a écrit:- On termine avec "Le Chien de guerre", excellent roman signé Michael Moorcock, qui revisite Milton et sa propre mythologie (le fameux concept du Champion Eternel) avec ce titre.


Je n'y avais pas pensé à la lecture mais l'extrait que tu as choisi, plus le personnage de Ulrich Von Bek lui-même et le contexte historique, me poussent à me demander s'il n'y a pas la volonté de faire de ce roman une réécriture de Solomon Kane, le personnage de Robert Howard. Ça ne serait pas la première fois que Moorcock nous fait le coup.

Et j'associe aussi ce livre, en terme d'ambiances, au bel album du groupe de Zeuhl/RIO "Univers Zéro" nommé "Hérésie".

Photonik a écrit:Oui, c'est ce que j'ai lu à son sujet en faisant deux trois recherches dessus ; même des lecteurs pourtant rompus à l'art moorcockien (c'est-à-dire avec une douzaine ou une quinzaine de ses romans dans la besace, ce qui commence à faire quand même) considèrent que c'est imbitable... ce qui paradoxalement m'intrigue encore plus. :wink:


On est d'accord. Tout son projet du multivers est construit comme une immense énigme, dont ce comics constitue probablement un des cœurs et se révèle, en conséquence, l'un des aspects les plus touffus. C'est un appel assez direct à la curiosité du lecteur.

Tiens, c'est marrant: on peut dire exactement la même chose des œuvres d'Alan Moore. :wink:

Photonik a écrit:Alors à ce que j'ai compris, c'est encore plus subtil que ça, mais je me trompe peut-être : il y a dans cette BD la version made in Moorcock de Sexton Blake, sorte de Sherlock Holmes du pauvre dont Moorcock était fan (et dont Monsieur Zenith, un des modèles d'Elric, était le pire ennemi), à savoir Seaton Begg, le "détective métatemporel". Le pseudo-Zenith qui apparaît là est en fait le pire ennemi de Begg, si j'ai bien compris ; en faire un double d'Elric n'est pas illogique.


Oui, en me renseignant, il me semble que tu as raison. C'est une des beautés de sa production pléthorique: même après passé la majeure partie de ma vie à traquer et étudier ses œuvres, il y a encore des choses à explorer.

Photonik a écrit:C'est fou comme les délires de Grant Morrison dans son grand cycle sur Batman m'apparaissent rétrospectivement comme complètement issus de la démarche de Moorcock, avec ces multiples versions d'un même perso...


Ça me semble très vrai, effectivement. Quel dommage que Morrison soit brouillé avec Moore et Moorcock. Il me semble certain que les trois ont énormément en commun (même si les deux derniers sont clairement plus radicaux dans leur anarchie que Morrison... ce qui peut peut-être expliquer en partie leur animosité). J'aurais aimé voir des collaborations.

Photonik a écrit:Toujours au sujet de Grant Morrison qui a toujours clamé son admiration pour cette œuvre, il semble que son travail pour le théâtre (dont l'exemple le plus connu est la pièce "Red King Rising") soit sous très forte influence du travail de Rudkin, du propre aveu de l'écossais.


Tiens, je ne connais pas cette facette du travail de l'écossais. Intéressant.

Photonik a écrit:Je pense que je vais aborder le cas de "Penda's Fen" dans le cadre de l'émission très bientôt ; il n'existe pas à ma connaissance de version DVD ou Blu-Ray du film (peut-être en import, et encore..?), mais j'en ai trouvé une version correcte sur le net.


Si, le British Film Institute (la cinémathèque britannique, donc) l'a sorti en DVD et Blu-Ray. Je ne l'ai pas mais si j'en juge à partir d'autres de leurs productions, c'est probablement une très belle édition. Curieux de voir ce que tu en diras, en tous cas. Ça sera probablement l'occasion pour moi de combler cette lacune, au passage.

Photonik a écrit:Evidemment, ça nous permettra d'échanger sur ces thèmes autour desquels nous tournons ces dernières semaines et mois (la fameuse articulation primal/urbain...).


Tout à fait. Clairement un thème porteur de l'imaginaire de la fin du XXème siècle et du début du XXIème, et une obsession personnelle, que je suis heureux de partager.

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Épisode 19 : La Légion des ombres du Roi Penda

Dernière émission avant la pause rituelle pour les vacances de Pâques, puis on foncera dans la dernière ligne droite avant l'été...
Le programme cette semaine :

- Au rayon cinoche, on exhume un chef-d'oeuvre méconnu du cinéma britannique avec le "Penda's Fen" d'Alan Clarke et David Rudkin.

- On poursuit avec l'évocation de "La Croisière des Ombres" de Jean Ray, recueil de nouvelles fantastiques, dans tous les sens du terme, du Edgar Alan Poe belge.

- On termine avec la première saison de "Legion", grande réussite télévisuelle en matière d'adaptation de comic-books Marvel.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Howling Wave", extrait de l'album "Atom From Heart, signé par les normands de Christine, "Movie 1", issu de "Null And Void", des japonais de Ground Zero, "Silver Cloud", signé par les shoegazers anglais de The Venus Beads, et on termine avec une étonnante relecture du "Boléro" de Ravel issue de la première saison de "Legion"..!


"For long you live and high you fly
But only if you ride the tide
And balanced on the biggest wave
You race towards an early grave...."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Un peu pris par le temps aujourd'hui, j'ai à peine le temps de mettre en ligne le programme du dernier épisode. Je prendrai le temps demain ou vendredi de répondre à vos remarques, sans faute...

Avatar de Le Doc

Photonik a écrit:
- Au rayon cinoche, on aborde le cas de l'excellent "Dressé pour tuer", ou
"White Dog" en VO, du grand Samuel Fuller.


Ah, le film de Samuel Fuller est repassé il y a quelques mois sur Arte et ta chronique m'a fait regretté d'avoir loupé cette rediffusion. Je ne l'avais vu qu'une fois il y a longtemps et il m'avait fait une forte impression plus jeune...

- On poursuit avec la sortie en version française d'un titre (pour une poignée d'épisodes, malheureusement) absolument légendaire pour tant fan de BD anglo-saxonne qui se respecte, à savoir "Howard The Duck" du grand Steve Gerber.


Super chronique sur un comic-book et un personnage fascinants sur bien des points. J'ai lu les 16 premiers épisodes en V.O. (jusqu'au fameux épisode en prose) et c'était l'une des mes lectures préférées de l'année dernière. Il va d'ailleurs falloir que je m'achète les deux autres volumes de la dernière réédition U.S. en date (parce que j'ai l'impression qu'il ne faut pas compter sur Panini pour ça...surtout si Howard n'a pas de film ou de série... :wink: )...

- On termine avec "Le Chien de guerre", excellent roman signé Michael Moorcock, qui revisite Milton et sa propre mythologie (le fameux concept du
Champion Eternel) avec ce titre.


Faut vraiment que je dépoussière un jour mes Moorcock...parce que je suis sûr d'avoir lu ce roman, mais je ne m'en rappelle plus du tout.... :mrgreen:

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Snakes Vs Rats", extrait de l'album "Concrete Desert, signé The Bug Vs Earth, "Accidental Protégé", issu de "Rose Clouds of Holocaust", un des grands chefs-d'oeuvre de la discographie de Death In June, "Heaven Denies", signé par le heavy-metal all-star band Demons & Wizards, et on termine avec le beau "Hem", de King Woman..!


Pas mal du tout cette sélection. Je suis un peu plus réservé sur le premier morceau, que j'ai trouvé un peu long; mais j'ai beaucoup aimé cette chanson de Death in June; les ruptures de rythme du titre de Demons & Wizards (ça fonctionne bien sur moi généralement, ces cavalcades qui se terminent de manière plus calme) et la voix de la chanteuse de King Woman est envoûtante.

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Photonik a écrit:Épisode 18 : Un canard et deux chiens !!(?)!

Comme annoncé, la thématique "animalière" s'invite dans l'émission cette semaine ;

Jusque dans la musique : en plus du canard et des deux chiens, on a des serpents et des rats (signé The Bug vs. Earth, en plus) ! ~___^

Au rayon cinoche, on aborde le cas de l'excellent "Dressé pour tuer", ou "White Dog" en VO, du grand Samuel Fuller.

Malheureusement, les "white dogs", ça existe encore (je ene savais pas qu'il y avait un nom pour ces chiens dressés à attaquer un type de population...) J'en ai déjà vu qui était dressés à attaquer toute personne qui n'avait pas la peau claire... En l'occurrence, ça visait principalement les manouches (beaucoup plus nombreux, là où j'ai vu ces chiens, que les noirs). Pauvres chiens, dont on lave le cerveau à cause de la connerie humaine... Et que l'on condamne à la peine de mort s'ils s'attaquent à quelqu'un : chien dangereux (alors que le maître s'en sort en général avec une amende, et éventuellement une courte peine de prison).

On poursuit avec la sortie en version française d'un titre (pour une poignée d'épisodes, malheureusement) absolument légendaire pour tant fan de BD anglo-saxonne qui se respecte, à savoir "Howard The Duck" du grand Steve Gerber.

Tu cites Cerebus en parlant d'un ornictérope : c'est un oryctérope : un animal qui vit en Afrique subsaharienne... Et ce n'est pas exactement un fourmilier : il se nourrit d'ailleurs essentiellement de termites :
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Tori.

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Ektah a écrit:Oui, "Multiverse" est intéressant. Sois prévenu, par contre: Moorcock n'a pas fait preuve du moindre didactisme en écrivant cela. C'est, de toute évidence, un comics fait pour les gens qui, d'une, sont familiers avec le principe de multiverse et, surtout, connaissent les différents avatars du Champion Éternel, y compris dans ses nuances


Oui, c'est ce que j'ai lu à son sujet en faisant deux trois recherches dessus ; même des lecteurs pourtant rompus à l'art moorcockien (c'est-à-dire avec une douzaine ou une quinzaine de ses romans dans la besace, ce qui commence à faire quand même) considèrent que c'est imbitable... ce qui paradoxalement m'intrigue encore plus. :wink:

Ektah a écrit:(il me semble qu'il y a plusieurs versions de Elric, notamment... je me demande même si ce n'est pas dans cette bd que Moorcock fait de Monsieur Zenith, le personnage de pulp novels, un de ces avatars).



Alors à ce que j'ai compris, c'est encore plus subtil que ça, mais je me trompe peut-être : il y a dans cette BD la version made in Moorcock de Sexton Blake, sorte de Sherlock Holmes du pauvre dont Moorcock était fan (et dont Monsieur Zenith, un des modèles d'Elric, était le pire ennemi), à savoir Seaton Begg, le "détective métatemporel". Le pseudo-Zenith qui apparaît là est en fait le pire ennemi de Begg, si j'ai bien compris ; en faire un double d'Elric n'est pas illogique.
C'est fou comme les délires de Grant Morrison dans son grand cycle sur Batman m'apparaissent rétrospectivement comme complètement issus de la démarche de Moorcock, avec ces multiples versions d'un même perso...

Ektah a écrit:En somme, c'est probablement l’œuvre la plus psychédélique de son auteur, ce qui n'est pas peu dire. Et il ne soucie pas le moins du monde d'éviter le trop-plein et je suis certain que ça peut paraître incroyablement abscons à beaucoup de monde. Mais c'est un peu le cœur de son art que d'aller jusqu'au bout de ses idées les plus débridées, à mon sens.


Décrit comme ça, ça fait sacrément envie en tout cas.

Ektah a écrit:Alors, "Penda's Fen", c'est un des manques les plus flagrants à ma culture Folk Horror. Je suis persuadé que c'est un des chefs d’œuvres du genre.
Le plus souvent, on considère que c'est une alliance entre la noirceur sociale des films suivants de Clarke (...) et de propos mythologiques et païens plus proche du FH habituel, cet aspect venant surtout du scénario de David Rudkin



Oui, à ce que j'ai lu l'implication de David Rudkin (que je ne connaissais pas) était cruciale, et totale, sur ce projet. Toujours au sujet de Grant Morrison qui a toujours clamé son admiration pour cette œuvre, il semble que son travail pour le théâtre (dont l'exemple le plus connu est la pièce "Red King Rising") soit sous très forte influence du travail de Rudkin, du propre aveu de l'écossais.

Je pense que je vais aborder le cas de "Penda's Fen" dans le cadre de l'émission très bientôt ; il n'existe pas à ma connaissance de version DVD ou Blu-Ray du film (peut-être en import, et encore..?), mais j'en ai trouvé une version correcte sur le net.
Evidemment, ça nous permettra d'échanger sur ces thèmes autour desquels nous tournons ces dernières semaines et mois (la fameuse articulation primal/urbain...).

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:Tu m'as l'air de connaître bien mieux que moi le canon moorcockien, donc j'aurais tendance à te faire confiance là-dessus (je ne connais pas "Second Aether" ni "Multiverse", mais je vais creuser du côté de ce dernier titre, je crois). Globalement, je suis de toutes façons beaucoup plus Jerry Cornélius que Elric, y'a pas photo.


Oui, "Multiverse" est intéressant. Sois prévenu, par contre: Moorcock n'a pas fait preuve du moindre didactisme en écrivant cela. C'est, de toute évidence, un comics fait pour les gens qui, d'une, sont familiers avec le principe de multiverse et, surtout, connaissent les différents avatars du Champion Éternel, y compris dans ses nuances (il me semble qu'il y a plusieurs versions de Elric, notamment... je me demande même si ce n'est pas dans cette bd que Moorcock fait de Monsieur Zenith, le personnage de pulp novels, un de ces avatars). Bon, ceci dit, si tu ne comprends pas certaines références, les wikis qui lui sont consacrés sont sans doute suffisants pour combler les trous.

http://www.multiverse.org//index.php?title=Michael_Moorcock%E2%80%99s_Multiverse

http://stormbringer.wikia.com/wiki/Multiverse

Accessoirement, c'est aussi l’œuvre où Moorcock s'amuse à casser le quatrième mur: il est représenté dans un casino de Biloxi, sur les bords du Mississipi, cet endroit étant justement le point de départ du cycle du Second Aether (avant de partir dans des aventures maritimes dans le chaos qui se trouve entre les mondes).

En somme, c'est probablement l’œuvre la plus psychédélique de son auteur, ce qui n'est pas peu dire. Et il ne soucie pas le moins du monde d'éviter le trop-plein et je suis certain que ça peut paraître incroyablement abscons à beaucoup de monde. Mais c'est un peu le cœur de son art que d'aller jusqu'au bout de ses idées les plus débridées, à mon sens.

Photonik a écrit:Tiens, une question pour toi, Manu ; je viens de tomber sur une référence dont je me dis qu'elle a tout pour te parler. En fait je suis persuadé que tu connais ça, ça n'est pas possible autrement : connais-tu le film "Penda's Fen" d'Alan Clarke ? Sur le papier, ça m'a l'air fabuleux, et quand je lis en plus que Grant Morrison en a repris des passages entiers pour certains dialogues de son "Doom Patrol"...


Alors, "Penda's Fen", c'est un des manques les plus flagrants à ma culture Folk Horror. Je suis persuadé que c'est un des chefs d’œuvres du genre. Le plus souvent, on considère que c'est une alliance entre la noirceur sociale des films suivants de Clarke (enfin, si c'est aussi hardcore que "Scum", je pense qu'on peut parler d'horreur sociale) et de propos mythologiques et païens plus proche du FH habituel, cet aspect venant surtout du scénario de David Rudkin (Clarke ayant reconnu n'avoir pas compris certains aspects de cette histoire). Et on en revient donc à cette histoire de contraste entre primal et urbain dont nous parlions tantôt. Je suis sûr que c'est un film passionnant.

Photonik a écrit:J'en avais jamais entendu parler avant la semaine dernière, via une référence dans le dernier numéro de New Noise (dans une chronique consacrée à un disque d'hantologie justement ; là par contre la référence m'échappe sur le moment, mais je remettrai la main dessus).


J'ai déjà quelques numéros mais il faut que je pense à m'abonner à New Noise.

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Marko a écrit:D'ailleurs le premier épisode de Miller sur DD en tant que dessinateur marque un tournant à plus d'un titre, puisque le héros perd sa némésis, laissant ainsi le champ libre à Fisk. (...) Le "Death Stalker" n'a pas été oublié, comme en témoigne l'épisode avec la maison piégée


Oui, je le vois comme ça aussi, ce premier épisode dessiné par Miller ; c'est le passage symbolique à une autre ère du perso. DD n'avait pas vraiment d'archi-ennemi à la Fatalis ou Joker à ce moment-là : celui de ses adversaires qui s'en rapprochait le plus était à la rigueur le "Death-Stalker". En s'en débarrassant, les auteurs laissaient effectivement le champ libre au duo Kingpin / Bullseye, qui à eux deux remplissaient ce rôle parfaitement.
Quant à l'épisode fameux de la maison piégée, un fan-favorite (à juste titre), il vient renforcer à posteriori l'aura de cet adversaire plutôt flippant.

Marko a écrit:Cela doit correspondre au run de Wolfman il me semble (le "Jester" qui manipule les médias).


Tu as raison, je me suis mélangé les pinceaux ; cette saga "médiatique" était bien signée Wolfman et non Gerber.

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D'ailleurs le premier épisode de Miller sur DD en tant que dessinateur marque un tournant à plus d'un titre, puisque le héros perd sa némésis, laissant ainsi le champ libre à Fisk. Même si Bullseye était dans les parages depuis l'ère Wolfman, il a acquis un degré de dangerosité supplémentaire avec Miller.
Le "Death Stalker" n'a pas été oublié, comme en témoigne l'épisode avec la maison piégée, et je crois me souvenir qu'il y a eu une histoire par une équipe créative européenne qu'il l'a brièvement fait revenir par le truchement du voyage temporel.

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Photonik a écrit:et d'une saga assez mémorable avec le Pitre, si je ne m'égare pas...


Cela doit correspondre au run de Wolfman il me semble (le "Jester" qui manipule les médias).

Et puisque le grand Bernie Wrightson nous a quitté il n'y a pas si longtemps, c'est l'occasion de ressortir ce poster, correspondant au moment où Howard avait pour ambition de devenir président (rien que ça).

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Marko a écrit: il évoque son run sur DD (pas ce qu'il a fait de mieux objectivement, mais certaines des premières histoires de tête à cornes que j'ai pu lire correspondent à ce run et à celui de Marv Wolfman, ce qui fait que je garde une affection pour cette période, et en particulier pour le personnage du "Death Stalker")


Ce n'est effectivement pas vraiment le haut du panier de sa production, mais faut dire que la concurrence est rude.
J'en garde moi aussi un très bon souvenir en bon lecteur de Strange (et j'aime aussi beaucoup le Death-Stalker, "Le Chasseur" en VF d'époque si je ne m'abuse), je me souviens des incursions de l'Homme-Chose également, et d'une saga assez mémorable avec le Pitre, si je ne m'égare pas...

Marko a écrit:Pourtant ses incursions chez Vertigo n'ont pas été très nombreuses


C'est vrai, mais en amont de cette ère-là du "grand" Vertigo, il a vraiment fait beaucoup pour en forger l'esprit "à l'avance", ironiquement chez Marvel avec des titres comme le "Foolkiller" ou "Void Indigo" avant ça (chez Epic). C'est du pur Vertigo avant l'heure.
Pas étonnant qu'il trouve son compte chez chez ceux qui sont finalement ses propres héritiers artistiques.

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Marko a écrit:Effectivement Gene Colan, qui avait déjà pris la suite de Brunner sur Doctor Strange, était très inspiré sur cette série,


C'est pour moi une des très bonnes surprises de ces premiers épisodes (pas encore lu la suite, mais je ne vais pas manquer de le faire). Je suis fan de Gene Colan mais je le trouve inégal, même au sein d'un même run ou titre (tous ses épisodes de "Daredevil" ou de "Doctor Strange" ne se valent pas, à mes yeux. Ici c'est sa très bonne veine.

Marko a écrit:Je ne suis pas un grand aficionado de Steve Leialoha, mais je trouve qu'il l'a très bien secondé à l'encrage.


Tiens, je n'ai pas dit un mot sur l'encrage durant ma chronique, mais j'aurais pu préciser une autre des raisons du départ très prématuré de Frank Brunner : le travail des encreurs, tous des incompétents chez Marvel à l'époque selon Brunner, a-t-il précisé dans une interview a posteriori. Pas sympa !!

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Dans cette interview, où il évoque son run sur DD (pas ce qu'il a fait de mieux objectivement, mais certaines des premières histoires de tête à cornes que j'ai pu lire correspondent à ce run et à celui de Marv Wolfman, ce qui fait que je garde une affection pour cette période, et en particulier pour le personnage du "Death Stalker"), il est intéressant de noter, que lui même en retour appréciait les oeuvres des auteurs anglais.

http://www.manwithoutfear.com/daredevil ... ews/Gerber

Pourtant ses incursions chez Vertigo n'ont pas été très nombreuses, avec notamment la mini-série "Nevada", dont le personnage de la danseuse est si j'ai bien compris plus ou moins inspirée par celle qui apparaît dans la double page de Howard the Duck#16. Et il a également retrouvé son personnage fétiche dans le cadre du label "Max".

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Photonik a écrit:- On poursuit avec la sortie en version française d'un titre (pour une poignée d'épisodes, malheureusement) absolument légendaire pour tant fan de BD anglo-saxonne qui se respecte, à savoir "Howard The Duck" du grand Steve Gerber.


Effectivement Gene Colan, qui avait déjà pris la suite de Brunner sur Doctor Strange, était très inspiré sur cette série, et particulièrement pour l'arc dans l'asile avec Daimon Hellstrom (Gerber s'étant justement occupé de ses aventures solos), qui n'est toutefois pas présent dans ce volume.
Je ne suis pas un grand aficionado de Steve Leialoha, mais je trouve qu'il l'a très bien secondé à l'encrage. Et que dire des adversaires de Howard, tous plus excentriques les uns que les autres, à l'instar du Beaver et de la vieille femme obsédée par les reins.

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Épisode 18 : Un canard et deux chiens !!(?)!

Comme annoncé, la thématique "animalière" s'invite dans l'émission cette semaine ; pur hasard du calendrier, les amis...
Le programme :

- Au rayon cinoche, on aborde le cas de l'excellent "Dressé pour tuer", ou "White Dog" en VO, du grand Samuel Fuller.

- On poursuit avec la sortie en version française d'un titre (pour une poignée d'épisodes, malheureusement) absolument légendaire pour tant fan de BD anglo-saxonne qui se respecte, à savoir "Howard The Duck" du grand Steve Gerber.

- On termine avec "Le Chien de guerre", excellent roman signé Michael Moorcock, qui revisite Milton et sa propre mythologie (le fameux concept du Champion Eternel) avec ce titre.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Snakes Vs Rats", extrait de l'album "Concrete Desert, signé The Bug Vs Earth, "Accidental Protégé", issu de "Rose Clouds of Holocaust", un des grands chefs-d'oeuvre de la discographie de Death In June, "Heaven Denies", signé par le heavy-metal all-star band Demons & Wizards, et on termine avec le beau "Hem", de King Woman..!


"I've stained the land
Millenniums I've prayed
Now I know there's no release
Since Paradise is lost I hold a Crown
I know Your Name but I am just your
Fallen Angel of Doom..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Ektah a écrit: Mais, de toute façon, je pense que tu devrais écouter. Les albums sont sur Youtube, si tu veux. Bon, c'est certain qu'il y a un aspect 90's un peu vieillot aujourd'hui mais, si tu dépasses ça, je trouve que c'est de la très bonne came.


Oui, à ce compte-là, ça ne coûte rien d'y jeter une oreille par curiosité ; je le ferai.
Je ne suis absolument pas bloqué par l'aspect "vintage 90's", ça ne me dérange pas du tout et je dépasse ça sans problème. Ayant été adolescent dans les années 90, je suis attaché à cette esthétique en fait. On entend souvent dire que c'est une décennie de morosité pré-"millenium tension" où il ne s'est rien passé d'excitant, mais c'est un constat on ne peut plus faux à mon sens. C'est peut-être vrai de la culture "mainstream", je ne sais pas, mais rien de plus faux pour ce qui se passait dans les marges...

Ektah a écrit:
Et, pour ce qui est de la période ambient de Aphex Twin, le premier "Selected Ambient Works" m'a franchement laissé sur ma faim. Par contre, le second est un chef d’œuvre, et reste encore très haut dans ma liste des productions de Richard D. James.


Complètement d'accord sur ce double constat.

Ektah a écrit:
Je suis très loin d'être un spécialiste de l’œuvre de Gerber mais je crois que j'avais pu y penser, par moments, à la lecture d'"Animal Man". Enfin, j'attends de voir ce que tu en diras.


Il y a de ça, c'est évident. Plus largement, je pensais au canevas type des titres Vertigo des années 90, qui vient tout droit de "Howard The Duck".

Ektah a écrit:
Bon, je reste très attaché à Elric aussi: entre les livres, les bds et le jeu de rôles, il a été une des présences les plus constantes de mon adolescence mais, aujourd'hui, je trouve quand même qu'il a été moins aventureux et psychédélique sur ce personnage que sur d'autres cycles plus barrés comme les "Danseurs de la fin des temps", Jerry Cornelius, "Second Aether" ou le cycle de comics paru chez Helix, "Michael Moorcock's Multiverse" (qui peut être vu comme une tentative d'unification de tous les aspects de son hypercycle). (...) À coté de tout ça, Elric me parait un peu fade, j'en ai peur


Tu m'as l'air de connaître bien mieux que moi le canon moorcockien, donc j'aurais tendance à te faire confiance là-dessus (je ne connais pas "Second Aether" ni "Multiverse", mais je vais creuser du côté de ce dernier titre, je crois). Globalement, je suis de toutes façons beaucoup plus Jerry Cornélius que Elric, y'a pas photo.

Ektah a écrit:
Bon, ceci étant dit, je chipote: tout dans Moorcock est recommandable, à mon sens (en fait, c'est même la conjonction de tout ça qui le rend si passionnant) mais ces quelques exemples, à mon sens, se hissent encore plus haut dans mon opinion.


Exactement, je dirais de même ; c'est la somme des différentes facettes de son travail (auquel il faut rajouter quelques perles isolées comme "Mother London" ou "Voici l'Homme") qui rend son œuvre si impressionnante.

Ektah a écrit:
Ben, Erekosë, je le mets un peu dans la même catégorie que Hawkmoon ou Corum: ce sont des créations du temps où il ne maîtrisait pas encore tout à fait son art, à mon sens, et où, en conséquence, l'idée originelle (celle que tu évoques, justement) est plus intéressante que son exécution.


Oui, là encore je suis d'accord avec toi ; j'ai avancé dans le premier tome ("Le Champion Eternel") et c'est un peu le constat que je fais aussi : passé les sensationnelles 20 ou 25 premières pages, c'est assez convenu, quoique plaisant.

Tiens, une question pour toi, Manu ; je viens de tomber sur une référence dont je me dis qu'elle a tout pour te parler. En fait je suis persuadé que tu connais ça, ça n'est pas possible autrement : connais-tu le film "Penda's Fen" d'Alan Clarke ? Sur le papier, ça m'a l'air fabuleux, et quand je lis en plus que Grant Morrison en a repris des passages entiers pour certains dialogues de son "Doom Patrol"...
J'en avais jamais entendu parler avant la semaine dernière, via une référence dans le dernier numéro de New Noise (dans une chronique consacrée à un disque d'hantologie justement ; là par contre la référence m'échappe sur le moment, mais je remettrai la main dessus).

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Photonik a écrit:Eh bien je vais jeter une oreille à ça. Je suis très très fan de la période purement ambient d'Aphex Twin ; si ça y ressemble ça a tout pour me plaire.


Non, ce n'est pas vraiment le même style. Il y a des aspects assez dub et house, par moments, en plus de l'ambient. Il y a aussi des chansons sous influences indiennes (je me demande bien comment McCartney a eu cette idée ?) Disons que Aphex Twin était juste une supposition envisageable. Mais, de toute façon, je pense que tu devrais écouter. Les albums sont sur Youtube, si tu veux. Bon, c'est certain qu'il y a un aspect 90's un peu vieillot aujourd'hui mais, si tu dépasses ça, je trouve que c'est de la très bonne came. Au passage, je trouve le deuxième album, "Rushes", meilleur que le premier.

Et, pour ce qui est de la période ambient de Aphex Twin, le premier "Selected Ambient Works" m'a franchement laissé sur ma faim. Par contre, le second est un chef d’œuvre, et reste encore très haut dans ma liste des productions de Richard D. James.

Photonik a écrit:Je n'ai pas vu le film de Lucas, et ça m'aurait emmerdé de le voir avant de lire le titre de Steve Gerber. Le perso a évidemment plus de valeur que la piètre réputation du film ne le laisse penser. En fait (et sans grande surprise) je vais être particulièrement élogieux avec "Howard The Duck", car plus ça avance et plus je vois l'influence incroyable de Gerber sur ce que la BD anglo-saxonne a produit de mieux les 20 années qui ont suivi... je pense à Morrison et Moore, bien sûr, mais aussi aux grandes heures de Vertigo en règle générale.


Je suis très loin d'être un spécialiste de l’œuvre de Gerber mais je crois que j'avais pu y penser, par moments, à la lecture d'"Animal Man". Enfin, j'attends de voir ce que tu en diras.

Photonik a écrit:Je reste attaché à ce bon vieux Elric, mais je dois dire que j'ai été particulièrement emballé par ce "Chien de Guerre". Peut-être plus d'ailleurs pour le portrait de Lucifer qui est fait au début du roman que pour Von Bek lui-même.


Bon, je reste très attaché à Elric aussi: entre les livres, les bds et le jeu de rôles, il a été une des présences les plus constantes de mon adolescence mais, aujourd'hui, je trouve quand même qu'il a été moins aventureux et psychédélique sur ce personnage que sur d'autres cycles plus barrés comme les "Danseurs de la fin des temps", Jerry Cornelius, "Second Aether" ou le cycle de comics paru chez Helix, "Michael Moorcock's Multiverse" (qui peut être vu comme une tentative d'unification de tous les aspects de son hypercycle). D'ailleurs, ces deux derniers exemples ("Second Aether" et "Multiverse") sont ceux où Lucifer réapparaît. À coté de tout ça, Elric me parait un peu fade, j'en ai peur, même si les histoires tardives, "La forteresse de la parle" et "La revanche de la rose" (entre autres) se permettent plus de libertés.

Bon, ceci étant dit, je chipote: tout dans Moorcock est recommandable, à mon sens (en fait, c'est même la conjonction de tout ça qui le rend si passionnant) mais ces quelques exemples, à mon sens, se hissent encore plus haut dans mon opinion.

Photonik a écrit:J'attaque en ce moment le premier tome de la trilogie Erekosë ; l'approche de Moorcock sur ce perso m'intéresse, puisqu'elle diffère de celle des autres incarnations du Champion Eternel : celui-là a conscience de son statut.


Ben, Erekosë, je le mets un peu dans la même catégorie que Hawkmoon ou Corum: ce sont des créations du temps où il ne maîtrisait pas encore tout à fait son art, à mon sens, et où, en conséquence, l'idée originelle (celle que tu évoques, justement) est plus intéressante que son exécution. Mais, bon, ça reste bien sympathique aussi. Et ça m'amuse de considérer qu'il est censé ressembler à Burt Lancaster.

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Ektah a écrit:Je ne pense pas que ce soit une question de cadre fermé. C'est juste une histoire de qualité d'écriture, à mon avis (Futurama s'est arrêté avant d'avoir eu le temps de mal tourner, alors que les Simpsons...).



C'est vrai, "Futurama" n'a pas eu le temps de mal tourner, quand "Les Simpsons" n'y ont pas coupé au fil du temps. Mais cette histoire de cadre fermé, c'est Groening lui-même qui l'évoquait. Selon lui, c'était l'impulsion première de "Futurama" : un univers satirique à la "Simpson" mais plus libre du fait du contexte.
Au début, les correspondances entre certains persos des deux séries étaient d'ailleurs saillantes : Groening s'est rendu compte que Bender était trop proche d'un Homer dans un premier temps. Il a progressivement plus clairement distingué les deux personnages.


Ektah a écrit:Tout à fait. D'autant plus qu'à ses débuts, les membres du groupe, "The Fireman", étaient anonymes, à la manière du Killing Joke originel. Et le web archaïque des années 90 se passionnait pour la recherche de l'identité de ses membres. Un des suspects principaux, en fait, était Aphex Twin: l'IDM n'existait pas encore vraiment et il en était encore à sa phase ambient, qui pouvait faire penser au style du "Fireman" des débuts. Bons souvenirs...



Eh bien je vais jeter une oreille à ça. Je suis très très fan de la période purement ambient d'Aphex Twin ; si ça y ressemble ça a tout pour me plaire.

Ektah a écrit:Ouais, je suis assez d'accord. Une sorte de vision déformée de l'esprit profond de l'Amérique. La méthode de Lynch (et "Wild Palms"), en somme.



Exactement ; ça apparaît d'ailleurs déjà dans "Faith No More" sur "Angel Dust", surtout, et dans une moindre mesure sur "King For A Day, Fool For A Lifetime", ce côté autopsie de l'authentique "americana".

Ektah a écrit:Après, je me demande quel est l'apport de Patton à cette ambiance, et celui de Spruance, sur "California". (...) Enfin, j'imagine que c'était une préoccupation commune aux deux artistes (et John Zorn n'est probablement pas loin).


Je crois aussi que c'est une préoccupation commune. Néanmoins, si j'ai bien compris, "California" est beaucoup plus le fruit de la pensée de Spruance que de celle de Patton (même si je trouve son travail au chant purement extraordinaire sur ce coup).

Ektah a écrit:Et, sinon, je viens de me rendre compte que j'étais également familier avec Tsuitsui pour son interprétation du père dans "Gemini", l'hommage de Shinya Tsukomoto à Edogawa Ranpo. Le film a quelques problèmes mais il n'est pas inintéressant et, en particulier, la performance de Tsuistui est certainement un des points qui apporte de la substance.


Ah bon ?? J'avais pas relevé ça. Faut dire que je n'ai pas revu "Gemini" depuis une bonne quinzaine d'années. Je suis d'accord sur ton appréciation du film, nonobstant.

Ektah a écrit:Oui, je crois que je vois ce que tu veux dire. Ça n'est plus très frais dans ma tête non plus mais c'est un des principes de "Mais qu'avez-vous fait à Solange ?", par exemple, non ?


Absolument, je pensais à ce film-là en particulier, en effet. Je pense que cette problématique de révolution sexuelle dans un pays comme l'Italie, aussi marqué (au fer rouge) par le catholicisme, est particulièrement saillante... si j'ose dire. :wink:

Ektah a écrit:Et, tiens, tu parlais, il y a quelques semaines des liens souterrains entre le metal et la synthwave à la Carpenter Brut et Electric Dragon. Je crois que j'ai trouvé un groupe qui le fait plus ouvertement encore: Master Boot Record. Ça peut être intéressant de jeter une oreille, je crois.

https://masterbootrecord.bandcamp.com/

https://soundcloud.com/masterbootrecordmusic/albums




Je le note !!! Merci encore pou toutes ces pistes.

Ektah a écrit:Très bonne nouvelle, dans les trois cas: il me semble qu'Howard a effectivement besoin de retrouver une place plus proche de son mérite, à la manière de ce que tu as fait pour "Man-Thing". Tout le monde a tendance à s'arrêter à la purge de George Lucas alors que le personnage a certainement beaucoup plus de valeur que ça.


Je n'ai pas vu le film de Lucas, et ça m'aurait emmerdé de le voir avant de lire le titre de Steve Gerber. Le perso a évidemment plus de valeur que la piètre réputation du film ne le laisse penser. En fait (et sans grande surprise) je vais être particulièrement élogieux avec "Howard The Duck", car plus ça avance et plus je vois l'influence incroyable de Gerber sur ce que la BD anglo-saxonne a produit de mieux les 20 années qui ont suivi... je pense à Morrison et Moore, bien sûr, mais aussi aux grandes heures de Vertigo en règle générale.

Ektah a écrit:"White Dog" est un chef d’œuvre absolu, un des sommets de la carrière de son auteur, qui pourtant comporte son lot de films parfaits. Bon, je ne sais pas si tu as prévu d'en parler, mais j'imagine que tu sais que le film récent "White God" comporte son lot de références à la péloche de Fuller.


J'avais prévu d'en parler, en effet ; j'ai vu "White God" en salles ; là aussi le film a quelques problèmes, mais c'est une œuvre assez saisissante.

Ektah a écrit:Et Von Bek, le héros du "Chien de Guerre", est probablement mon second avatar préféré du Champion Éternel de Moorcock (après Jerry Cornelius, quand même). Curieux de voir ce que tu en feras.


Je reste attaché à ce bon vieux Elric, mais je dois dire que j'ai été particulièrement emballé par ce "Chien de Guerre". Peut-être plus d'ailleurs pour le portrait de Lucifer qui est fait au début du roman que pour Von Bek lui-même.
J'attaque en ce moment le premier tome de la trilogie Erekosë ; l'approche de Moorcock sur ce perso m'intéresse, puisqu'elle diffère de celle des autres incarnations du Champion Eternel : celui-là a conscience de son statut.

Ektah a écrit:Je suis assez d'accord mais je me demande si l'animation numérique n'est pas problématique à cause justement de la pauvreté de l'écriture récente. Après tout, "Futurama" a opté pour un mélange d'animation traditionnelle et informatique depuis le début (il me semble) sans que ça ne me cause de gêne. Il me semble que, dans le cas des "Simpsons", l'animation est le révélateur du problème, pas la cause.



C'est probablement une conjonction des deux. Mais il est vrai que le côté plus "rudimentaire" de l'animation à l'ancienne me semblait mieux coller à la fois à l'esprit mais aussi au "tempo comique" de la série, jusque dans le rendu des maladresses et des imperfections.

Ektah a écrit:Bon, ceci étant dit, il n'est pas impossible aussi que le cadre sf de "Futurama" se prête plus à l'aspect synthétique de la 3D.


C'est très vrai, il me semble.

Avatar de Ektah

Le Doc a écrit:
Ektah a écrit:Personnellement, mon film d'horreur préféré est sans aucun doute "L'au-delà" de Fulci (malgré les araignées en mousse et les zombies rajoutés sans logique dans l'histoire, juste parce que c'était la mode) et la musique de Fabio Frizzi y est pour énormément.


Ah moi, elles m'ont bien fait frissonner, ces araignées...c'est un passage qui a toujours son petit effet sur moi... :wink:

http://www.comics-sanctuary.com/forum/l-au-dela-lucio-fulci-t75779.html

Et Von Bek, le héros du "Chien de Guerre", est probablement mon second avatar préféré du Champion Éternel de Moorcock (après Jerry Cornelius, quand même).


Et à propos de Jerry Cornelius :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/les-decimales-du-futur-robert-fuest-t90601.html



Ouais, j'ai fait une petite liste d'articles que je veux commenter dans le ciné-club, avec ces deux-là inclus, mais le temps est une denrée si rare. Bientôt...

Mais, en guise d'avant-goût, je suis d'accord: Moorcock a eu la dent dure avec "Les décimales du futur". Le film n'est pas inintéressant et Robert Fuest est un cinéaste passionnant.

Bon, par contre, probablement parce que je ne suis pas arachnophobe, la scène des araignées ne fonctionne pas vraiment sur moi. Mais le film se rattrape tellement sur le reste...

Avatar de Le Doc

Ektah a écrit:Personnellement, mon film d'horreur préféré est sans aucun doute "L'au-delà" de Fulci (malgré les araignées en mousse et les zombies rajoutés sans logique dans l'histoire, juste parce que c'était la mode) et la musique de Fabio Frizzi y est pour énormément.


Ah moi, elles m'ont bien fait frissonner, ces araignées...c'est un passage qui a toujours son petit effet sur moi... :wink:

http://www.comics-sanctuary.com/forum/l-au-dela-lucio-fulci-t75779.html

Et Von Bek, le héros du "Chien de Guerre", est probablement mon second avatar préféré du Champion Éternel de Moorcock (après Jerry Cornelius, quand même).


Et à propos de Jerry Cornelius :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/les-decimales-du-futur-robert-fuest-t90601.html

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Disons que c’est de la bd pour étudiant en architecture (ou histoire de l’art, ne soyons pas sectaires).


Ha ha !! ça me fait marrer car ma compagne a effectivement été étudiante en histoire de l'art, justement..!
Faudrait que je me décide à lire ça, vu que ça traîne à la maison. Mais, comme tu dis, tellement à lire et si peu de temps...


Moi de même. Mais que ça ne t'empêche pas d'aller jeter un coup d’œil: une bonne œuvre reste une bonne œuvre, quelque soit le public visé.

Photonik a écrit:Je dirais aussi que le contexte science-fictionnel de "Futurama" décuple les possibilités de vannes (et les possibilités narratives tout court, d'ailleurs), un peu comme c'est le cas des épisode spéciaux pour Halloween dans la série-mère.


Bon, en même temps, il ne se sont jamais gêné pour incorporer des éléments fantastiques ou sf quand ils le voulaient, dans les épisodes d'Halloween (qui restent les sommets de la série, d'ailleurs) ou ailleurs. Je ne pense pas que ce soit une question de cadre fermé. C'est juste une histoire de qualité d'écriture, à mon avis (Futurama s'est arrêté avant d'avoir eu le temps de mal tourner, alors que les Simpsons...).

Il y aussi simplement le fait que Matt Groening et David X. Cohen avaient l'expérience des Simpsons lorsqu'ils ont créé Futurama, amenant une véritable compréhension de ce qui rend un personnage attachant. Pendant les premières saisons des Simpsons, par contre, ils étaient juste en train de défricher le terrain.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Tiens, marrant, je pensais que tu allais parler du projet de Youth avec Paul McCartney.


Non, tu m'apprends l'existence de ce projet, en fait. Etonnant !!!


Tout à fait. D'autant plus qu'à ses débuts, les membres du groupe, "The Fireman", étaient anonymes, à la manière du Killing Joke originel. Et le web archaïque des années 90 se passionnait pour la recherche de l'identité de ses membres. Un des suspects principaux, en fait, était Aphex Twin: l'IDM n'existait pas encore vraiment et il en était encore à sa phase ambient, qui pouvait faire penser au style du "Fireman" des débuts. Bons souvenirs...

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Joli, les chœurs à la Beach Boys dès le début du morceau. J'ai eu un peu des réminiscences de l'album " California " de Mr. Bungle, par moments.


Ce disque de Mr. Bungle, c'est pour moi la toute meilleure veine de Patton. Avec les deux premiers Fantômas, je ne suis pas loin de penser que c'est ce qu'il a fait de mieux, même si j'adore aussi "Disco Volante" (mais je me l'enfile pas tous les jours, hein). Et Faith No More, bien sûr.


Ouais, je suis assez d'accord. Une sorte de vision déformée de l'esprit profond de l'Amérique. La méthode de Lynch (et "Wild Palms"), en somme.

Après, je me demande quel est l'apport de Patton à cette ambiance, et celui de Spruance, sur "California". Après tout, il y a des traces de cette thématique dans Secret Chiefs 3, sans Patton donc. Il suffit d'écouter et de regarder le clip de leur reprise d'"Exodus" de Morricone. On est clairement dans le même esprit. En fait, je ne suis pas loin de voir dans cette chanson la suite de "Pink Cigarette". Enfin, j'imagine que c'était une préoccupation commune aux deux artistes (et John Zorn n'est probablement pas loin).

Photonik a écrit:Oui, l'adaptation de "Paprika" par Kon est pour moi un des plus grands films du 21ème siècle naissant, rien de moins.


Oui, je suis probablement d'accord.

Photonik a écrit:De Tsutsui, je recommande son très noir (et pourtant drôle) "Hell", dont les transitions d'un "niveau de réalité" à un autre donnent le tournis, tout simplement.


Intéressant. C'est noté.

Et, sinon, je viens de me rendre compte que j'étais également familier avec Tsuitsui pour son interprétation du père dans "Gemini", l'hommage de Shinya Tsukomoto à Edogawa Ranpo. Le film a quelques problèmes mais il n'est pas inintéressant et, en particulier, la performance de Tsuistui est certainement un des points qui apporte de la substance.

Photonik a écrit:Pour la vision sarcastique mais pas totalement négative de la révolution sexuelle, c'est une thématique qui me semble passionnante et qui était loin d'être aussi rare que ça dans les années 70. Certains gialli, par exemple, s'en font le relais.


Oui, je crois que je vois ce que tu veux dire. Ça n'est plus très frais dans ma tête non plus mais c'est un des principes de "Mais qu'avez-vous fait à Solange ?", par exemple, non ?

Et, tiens, tu parlais, il y a quelques semaines des liens souterrains entre le metal et la synthwave à la Carpenter Brut et Electric Dragon. Je crois que j'ai trouvé un groupe qui le fait plus ouvertement encore: Master Boot Record. Ça peut être intéressant de jeter une oreille, je crois.

https://masterbootrecord.bandcamp.com/

https://soundcloud.com/masterbootrecordmusic/albums


Photonik a écrit:J'élargirais bien aussi aux BO des films d'horreur italiens en règle générale : je suis très fan de la BO du "Frayeurs" de Fulci par exemple.


Personnellement, mon film d'horreur préféré est sans aucun doute "L'au-delà" de Fulci (malgré les araignées en mousse et les zombies rajoutés sans logique dans l'histoire, juste parce que c'était la mode) et la musique de Fabio Frizzi y est pour énormément.

Photonik a écrit:Tant que j'y suis, je tease complètement : il sera donc question de "Howard The Duck" de Steve Gerber, tout récemment paru (trop discrètement) en VF, mais aussi d'un film de Samuel Fuller intitulé "White Dog", et d'un roman de Michael Moorcock, "Le Chien de guerre", ces différents titres justifiant mon calembour animalier...


Très bonne nouvelle, dans les trois cas: il me semble qu'Howard a effectivement besoin de retrouver une place plus proche de son mérite, à la manière de ce que tu as fait pour "Man-Thing". Tout le monde a tendance à s'arrêter à la purge de George Lucas alors que le personnage a certainement beaucoup plus de valeur que ça.

"White Dog" est un chef d’œuvre absolu, un des sommets de la carrière de son auteur, qui pourtant comporte son lot de films parfaits. Bon, je ne sais pas si tu as prévu d'en parler, mais j'imagine que tu sais que le film récent "White God" comporte son lot de références à la péloche de Fuller.

Et Von Bek, le héros du "Chien de Guerre", est probablement mon second avatar préféré du Champion Éternel de Moorcock (après Jerry Cornelius, quand même). Curieux de voir ce que tu en feras.

Marko a écrit:À propos des Simpsons, une des raisons qui font que je me suis lassé de la série est sans doute lié à au changement progressif d'animation (en plus des scénarios moins inspirés).


Je suis assez d'accord mais je me demande si l'animation numérique n'est pas problématique à cause justement de la pauvreté de l'écriture récente. Après tout, "Futurama" a opté pour un mélange d'animation traditionnelle et informatique depuis le début (il me semble) sans que ça ne me cause de gêne. Il me semble que, dans le cas des "Simpsons", l'animation est le révélateur du problème, pas la cause.

Bon, ceci étant dit, il n'est pas impossible aussi que le cadre sf de "Futurama" se prête plus à l'aspect synthétique de la 3D.

Chouettes gifs, au passage.

calvinball a écrit:Je crois surtout que le consensus des historiens autour de l'existence de Jesus est en partie constitué par des historiens "croyants", ce qui permet souvent aux historiens ou commentateurs "athées" d'attaquer ce consensus.


Alors, mes informations datent carrément mais, quand j'étais étudiant en archéologie (il y a quasiment 15 ans... ouf), on considérait que la première source crédible (c'est à dire provenant d'une source extérieure aux croyants chrétiens) se situe dans des archives romaines faisant état de groupes séditieux se réclamant de la figure de Jésus vers 60 après J.-C.. Ceci étant dit, des mouvements qui se réfèrent à des figures imaginaires, ça existe, mais le fait que cela se passe une trentaine d'années après sa mort supposée aurait tendance à indiquer une source réelle. Un mythe prend généralement plus de temps que ça pour se développer. Donc, pas moyen d'être catégorique sur la question mais quand même une forte supposition.

Après, il est possible que de nouveaux développements soient apparus ces dernières années.

calvinball a écrit:Si ce n'est que son Apocalypto ajoute une réflexion sur la technologie vs croyance et sur la civilisation qui m'avait parue lui donner une épaisseur supérieure encore par rapport ces autres films (je n'ai pas encore vu son dernier).


Exactement. Je pense que c'est pour ça que c'est mon film préféré dans sa filmographie.

calvinball a écrit:Ah ! je comprend tout à fait le rapprochement entre ces deux artistes, il fût un temps où l'on parlait de Gibson sur la réalisation du Genghis Khan écrit par Milius.


Ah, je l'ignorais. J'aurais adoré voir ça: ça m'aurait fait oublier celui avec John Wayne (une personne qui n'est d'ailleurs pas sans ressemblances avec Mad Mel et John Milius).

Avatar de Marko

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Je suis aussi très fan des Simpsons (même si je préfère Futurama)

Entre les deux mon coeur balance, mais effectivement peut-être "Futurama" l'emporte-t-il d'une courte tête.


À propos des Simpsons, une des raisons qui font que je me suis lassé de la série est sans doute lié à au changement progressif d'animation (en plus des scénarios moins inspirés).
Si la période qui va de la saison 2 à la saison 6 a ma préférence (j'ai tendance à mettre à part l'animation plus rudimentaire de la première saison), au-delà des gags et de la caractérisation, c'est sans doute également lié au rendu du style d'animation, plus fluide et plus brut de décoffrage, moins lisse que celui des saisons suivantes, trop froid à mon goût, accentuant ce côté propret, limite aseptisé, bien loin du charme (lié aussi au granuleux de l'image), des imperfections et de la crudité visuelle des premières années du show.

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Le fait que la série ait délaissé l'animation traditionnelle (qui nécessite l'usage des celluloïds) à partir des saisons 13-14 pour la version digitale est un élément clé de cette évolution, et forcément à l'écran le feeling n'est plus du tout le même (avec en plus la haute définition qui s'ajoute à cela à partir de la saison 20 environ).

Avatar de Marko

Photonik a écrit:Inégal, c'est bien le mot.


Comme Milligan en somme (le gouffre entre ses "X-Men" et ses "X-Statix" et presque aussi important que celui qui sépare "Journey into Mystery" et "Uncanny X-Men").

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C'est vrai, tu as raison ; même si je n'ai pas suivi sur la longueur, j'ai beaucoup aimé ses premiers épisodes sur "Dark Vador".
Inégal, c'est bien le mot.

Avatar de Le Doc

je me demande comment on peut être aussi brillant par moments et aussi peu inspiré à d'autres...


C'est clair...et je ne mettrais même pas ça sur le compte des "contraintes" liées aux grosses séries des univers partagés puisqu'il fait du très bon boulot sur les comics Star Wars...

Avatar de Photonik

Le Doc a écrit:Excellente analyse du cinéma de Mel Gibson.


Merci !!! :D

Le Doc a écrit:Je n'ai pas encore vu Tu ne tueras point...et je le ferai même si j'ai été échaudé par le dernier film de guerre de Mel Gibson en tant qu'acteur, le très mauvais Nous étions soldats (par son collaborateur habituel, Randall Wallace).


Pas vu pour ma part, mais à ce que j'ai lu (toujours ce fameux papier dans Mad Movies), ça n'a rien à voir ; ils prennent même ce film qu'ils n'ont pas du tout aimé, comme toi, comme le contre-exemple de ce qu'est "Tu ne tueras point". A cette occasion; j'ai d'ailleurs appris que c'était Gibson qui était initialement chargé de réaliser "Nous étions soldats", avant de le confier à Wallace.

Le Doc a écrit:J'ai vu les 4 premiers longs métrage de Mel le fou en tant que réalisateurs et j'avoue ma préférence pour les 2 premiers, L'Homme sans Visage et Braveheart (j'ai aussi aimé Apocalypto hein, un film plein de qualités).
Les qualités cinématographiques de La Passion du Christ, je les reconnais aussi mais j'ai détesté le film. Je n'ai pas su aller au-delà de mon rejet du sujet (la religion et moi, ça fait deux) et ce long chemin de croix gore qui m'a fatigué plus qu'autre chose...


Hmmm, tu m'intrigues avec ton appréciation de "L'Homme sans visage" ; j'étais pas forcément tenté par le film à la base, mais tu n'es pas le premier à en dire du bien. J'étais déjà décidé à mater "Apocalypto", mais je crois que je donnerai finalement sa chance à ce film-là aussi.

Pour "La Passion du Christ", même si j'aime le film, même si je lui trouve des qualités et même de la profondeur, il faut bien dire que c'est fondamentalement un film désagréable. J'imagine que c'est en partie le but, bien sûr. Pas le genre de film qui se revoit tous les mois, quoi (même si depuis le temps je le reverrais bien, là).

Le Doc a écrit:Très bonne chronique sur Young Avengers, une série qui m'avait bien enthousiasmé à l'époque. Je n'ai pas tout lu de Gillen (pas encore lu ses titres publiés par Glenat par exemple), mais pour les autres séries dont tu parles, nos avis se rejoignent sur bien des points...


Oui, et notamment j'imagine sur mon appréciation négative de ses titres les plus en vue chez Marvel, non ? Ses "Iron Man" et ses "X-Men", mon dieu... je me demande comment on peut être aussi brillant par moments et aussi peu inspiré à d'autres...
Heureusement, ses titres chez Glénat sont clairement à ranger du côté des "Journey Into Mystery" et autres "Young Avengers", soit le haut du panier de sa production.

Le Doc a écrit:Pas vraiment le genre de roman que j'aime lire, mais ça m'a l'air bien barré, en tout cas...


Oh oui, ça l'est assurément !!!

Le Doc a écrit:J'adore écouter des B.O. de giallo (et de films d'horreur italiens en général) et ce thème est excellent et met bien dans l'ambiance...


Oui, on en réécoutera à l'occasion, des BO de gialli ; sur les bons conseils d'Ektah, je suis en train de creuser ça. J'élargirais bien aussi aux BO des films d'horreur italiens en règle générale : je suis très fan de la BO du "Frayeurs" de Fulci par exemple.


Tori a écrit:Et là, ça devient "Tumatxakur" ! ~___^

Tori.


Hey, pas mal !!!! :D
(pour les non-bascophones, et je vous sais nombreux, "txakur" signifie "chien" en basque...)

Avatar de Photonik

Le Doc a écrit:Excellente analyse du cinéma de Mel Gibson.


Merci !!! :D

Le Doc a écrit:Je n'ai pas encore vu Tu ne tueras point...et je le ferai même si j'ai été échaudé par le dernier film de guerre de Mel Gibson en tant qu'acteur, le très mauvais Nous étions soldats (par son collaborateur habituel, Randall Wallace).


Pas vu pour ma part, mais à ce que j'ai lu (toujours ce fameux papier dans Mad Movies), ça n'a rien à voir ; ils prennent même ce film qu'ils n'ont pas du tout aimé, comme toi, comme le contre-exemple de ce qu'est "Tu ne tueras point". A cette occasion; j'ai d'ailleurs appris que c'était Gibson qui était initialement chargé de réaliser "Nous étions soldats", avant de le confier à Wallace.

Le Doc a écrit:J'ai vu les 4 premiers longs métrage de Mel le fou en tant que réalisateurs et j'avoue ma préférence pour les 2 premiers, L'Homme sans Visage et Braveheart (j'ai aussi aimé Apocalypto hein, un film plein de qualités).
Les qualités cinématographiques de La Passion du Christ, je les reconnais aussi mais j'ai détesté le film. Je n'ai pas su aller au-delà de mon rejet du sujet (la religion et moi, ça fait deux) et ce long chemin de croix gore qui m'a fatigué plus qu'autre chose...


Hmmm, tu m'intrigues avec ton appréciation de "L'Homme sans visage" ; j'étais pas forcément tenté par le film à la base, mais tu n'es pas le premier à en dire du bien. J'étais déjà décidé à mater "Apocalypto", mais je crois que je donnerai finalement sa chance à ce film-là aussi.

Pour "La Passion du Christ", même si j'aime le film, même si je lui trouve des qualités et même de la profondeur, il faut bien dire que c'est fondamentalement un film désagréable. J'imagine que c'est en partie le but, bien sûr. Pas le genre de film qui se revoit tous les mois, quoi (même si depuis le temps je le reverrais bien, là).

Le Doc a écrit:Très bonne chronique sur Young Avengers, une série qui m'avait bien enthousiasmé à l'époque. Je n'ai pas tout lu de Gillen (pas encore lu ses titres publiés par Glenat par exemple), mais pour les autres séries dont tu parles, nos avis se rejoignent sur bien des points...


Oui, et notamment j'imagine sur mon appréciation négative de ses titres les plus en vue chez Marvel, non ? Ses "Iron Man" et ses "X-Men", mon dieu... je me demande comment on peut être aussi brillant par moments et aussi peu inspiré à d'autres...
Heureusement, ses titres chez Glénat sont clairement à ranger du côté des "Journey Into Mystery" et autres "Young Avengers", soit le haut du panier de sa production.

Le Doc a écrit:Pas vraiment le genre de roman que j'aime lire, mais ça m'a l'air bien barré, en tout cas...


Oh oui, ça l'est assurément !!!

Le Doc a écrit:J'adore écouter des B.O. de giallo (et de films d'horreur italiens en général) et ce thème est excellent et met bien dans l'ambiance...


Oui, on en réécoutera à l'occasion, des BO de gialli ; sur les bons conseils d'Ektah, je suis en train de creuser ça. J'élargirais bien aussi aux BO des films d'horreur italiens en règle générale : je suis très fan de la BO du "Frayeurs" de Fulci par exemple.


Tori a écrit:Et là, ça devient "Tumatxakur" ! ~___^

Tori.


Hey, pas mal !!!!

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Et là, ça devient "Tumatxakur" ! ~___^

Tori.

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Effectivement. :wink:

Tant que j'y suis, je tease complètement : il sera donc question de "Howard The Duck" de Steve Gerber, tout récemment paru (trop discrètement) en VF, mais aussi d'un film de Samuel Fuller intitulé "White Dog", et d'un roman de Michael Moorcock, "Le Chien de guerre", ces différents titres justifiant mon calembour animalier...

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Marko a écrit:
Photonik a écrit:on y causera d'un canard et de deux chiens. Whaaaaaaat ?!?!? :wink:


Je parie sur le canard de Gerber.

Oui, parce que je ne pense pas qu'il s'agisse de Picsou et de deux Rapetou...
Ni de lire un journal en mangeant deux hot-dogs ! ~___^

Tori.

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Photonik a écrit:- Au rayon cinoche, on parle d'un film récent, en l'occurrence "Hacksaw Ridge/Tu ne tueras point", dernier film en date de Mel "Le Zinzin" Gibson.


Excellente analyse du cinéma de Mel Gibson. Je n'ai pas encore vu Tu ne tueras point...et je le ferai même si j'ai été échaudé par le dernier film de guerre de Mel Gibson en tant qu'acteur, le très mauvais Nous étions soldats (par son collaborateur habituel, Randall Wallace).
J'ai vu les 4 premiers longs métrage de Mel le fou en tant que réalisateurs et j'avoue ma préférence pour les 2 premiers, L'Homme sans Visage et Braveheart (j'ai aussi aimé Apocalypto hein, un film plein de qualités).
Les qualités cinématographiques de La Passion du Christ, je les reconnais aussi mais j'ai détesté le film. Je n'ai pas su aller au-delà de mon rejet du sujet (la religion et moi, ça fait deux) et ce long chemin de croix gore qui m'a fatigué plus qu'autre chose...

- On poursuit avec une excellentissime sortie BD, à savoir le tome Marvel Deluxe qui regroupe tous les épisodes du titre "Young Avengers", avec Kieron Gillen et Jamie McKelvie aux commandes.


Très bonne chronique sur Young Avengers, une série qui m'avait bien enthousiasmé à l'époque. Je n'ai pas tout lu de Gillen (pas encore lu ses titres publiés par Glenat par exemple), mais pour les autres séries dont tu parles, nos avis se rejoignent sur bien des points...

- On termine avec un étrange et drolatique petit roman, "Les hommes salmonelle sur la Planète Porno", signé par celui-ci qui fut qualifié de "Philip K. Dick nippon", autrement dit Yasutaka Tsutsui.


Pas vraiment le genre de roman que j'aime lire, mais ça m'a l'air bien barré, en tout cas...

"Euphoria", extrait du dernier album en date, "Pylon", de Killing Joke, "All The Colors Of The Dark", reprise d'un des thèmes les plus fameux du giallo par Grails, "Hate On" signé par le trio Nevermen, et on termine avec le fabuleux "Desvelh" des occitans d'Artus..!


Pas accroché à Nevermen, mais pour le reste, c'est du tout bon. J'adore écouter des B.O. de giallo (et de films d'horreur italiens en général) et ce thème est excellent et met bien dans l'ambiance...

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Et tu tapes dans le mille !!!

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Photonik a écrit:on y causera d'un canard et de deux chiens. Whaaaaaaat ?!?!? :wink:


Je parie sur le canard de Gerber.

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La critique très élogieuse de "Tu ne tueras point" dans le dernier Mad Movies insistait d'ailleurs sur la parenté entre les travaux de Gibson et ceux de Milius. Mel Gibson est un fan du "Conan" de Milius, et ça se voit pas mal dans "Braveheart" par exemple.
Je crois même que la série télé "Rome", conçue par Milius, doit pas mal à un projet avorté qui aurait dû être signé Mel Gibson. Beaucoup de passerelles entre ces deux cinéastes, on le voit...

Tu me donnes furieusement envie, en tout cas, de combler mes lacunes et de mater au moins "Apocalypto", qui semble décidément avoir pas mal d'atouts à faire valoir.


Bon, et sinon la mauvaise nouvelle de la semaine (tout est relatif, hein :wink: ), c'est qu'il n'y aura pas d'émission, pour des raisons totalement indépendantes de ma volonté (urgence professionnelle en plein enregistrement, foiré du coup). Grrrrrrr.
On se retrouve sans faute la semaine prochaine, sans compter que le programme est déjà bien établi. Un peu de teasing, les amis : on y causera d'un canard et de deux chiens. Whaaaaaaat ?!?!? :wink:

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Photonik a écrit:Alors dans mon esprit, pendant l'émission, quand je dis "Jésus n'existe pas" ou un truc comme ça, je pensais bien au Christ ou au Messie, à l'incarnation de Dieu quoi. Pas forcément au personnage historique, effectivement. Votre précision à Tori et à toi a donc du sens.
Ceci dit, je crois bien qu'il existe une frange d'historiens assez "militants" dans leur athéisme peut-être (relayés par un Michel Onfray, par exemple) qui mettent en doute son existence tout court.


Je crois surtout que le consensus des historiens autour de l'existence de Jesus est en partie constitué par des historiens "croyants", ce qui permet souvent aux historiens ou commentateurs "athées" d'attaquer ce consensus.
ça rend, à mon sens, la discussion historiographique assez intéressante.
De toute façon existe ou existe pas, ça a peu d'importance, le personnage, lui, a pleinement vécu quelques 2017 ans, ce qui n'est pas si mal...


Par ailleurs je souscris assez à ton analyse du cinéma du Mad Mel, et notamment ce traitement autour du corps. Si ce n'est que son Apocalypto ajoute une réflexion sur la technologie vs croyance et sur la civilisation qui m'avait parue lui donner une épaisseur supérieure encore par rapport ces autres films (je n'ai pas encore vu son dernier).

Ektah a écrit:De la même manière, j'adore le Conan de John Milius alors que, bon, si on s'interroge deux secondes sur son contenu théorique….


Ah ! je comprend tout à fait le rapprochement entre ces deux artistes, il fût un temps où l'on parlait de Gibson sur la réalisation du Genghis Khan écrit par Milius. J'imagine qu'entre la traversée du désert du premier et les problèmes de santé du second, le projet à dû tomber à l'eau, mais ça aurait pu faire des étincelles !

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Ektah a écrit:Eh oui, ça fait maintenant quelques années que les Cahiers ont fait le travail que Telerama persiste à refuser. Désolé, c’était ma minute de méchanceté gratuite (bien que méritée)....


Amplement méritée, même.
Dans "Les Cahiers..." actuels, il y a des tas de plumes nouvelles qui ont apporté un vent de fraîcheur à la ligne de la revue. Je pense à Stéphane du Mesnildot, par exemple, que je vois intervenir dans des tas de bonus DVD de films fort intéressants (récemment "R100" de Matsumoto par exemple), et qui auraient été conspués par les "Cahiers..." il y a encore peu.

Ektah a écrit:Et je n’ai rien vu du réalisateur, Franco Zefirrelli.


Il y a une éternité de ça, j'avais vu son "Jésus de Nazareth", mais c'est trop vieux dans mon esprit pour en dire quoi que ce soit de pertinent...

Ektah a écrit:Mais, de ses films eux-même, j’ai un peu l’image que quelque chose d’assez ampoulé et convenu. Bon, le fait qu’il ait été colistier de Silvio Berlusconi dans son parti politique a peut-être un peu modifié mon impression sur son cinéma.


Berlusconi ? Diable.
Même en mettant de côté ces accointances politiques, je crois que tu ne te trompes pas sur son cinéma ; ce n'est pas tant mon souvenir de son "Jésus" qui me fait dire ça que des papiers que j'ai pu lire à droite à gauche.

Ektah a écrit:Disons que c’est de la bd pour étudiant en architecture (ou histoire de l’art, ne soyons pas sectaires).


Ha ha !! ça me fait marrer car ma compagne a effectivement été étudiante en histoire de l'art, justement..!
Faudrait que je me décide à lire ça, vu que ça traîne à la maison. Mais, comme tu dis, tellement à lire et si peu de temps...

Ektah a écrit:Disons que, en plus des blagues (souvent irrésistibles, en ce qui me concerne), “Futurama” se paie le luxe de créer une véritable empathie pour ses personnages, ce que je ressens juste un peu moins pour la famille Simpson.


Je dirais aussi que le contexte science-fictionnel de "Futurama" décuple les possibilités de vannes (et les possibilités narratives tout court, d'ailleurs), un peu comme c'est le cas des épisode spéciaux pour Halloween dans la série-mère.

Ektah a écrit:Tiens, marrant, je pensais que tu allais parler du projet de Youth avec Paul McCartney.


Non, tu m'apprends l'existence de ce projet, en fait. Etonnant !!!

Ektah a écrit:Alors, juste un petit détail en passant. Le fait qu'il y ait eu un indépendantiste religieux nommé Jésus en Galilée à cette époque est encore discuté de nos jours mais le consensus serait plutôt sur le fait qu'il a bel et bien existé. Après, qu'il soit la personnification du verbe divin…


Alors dans mon esprit, pendant l'émission, quand je dis "Jésus n'existe pas" ou un truc comme ça, je pensais bien au Christ ou au Messie, à l'incarnation de Dieu quoi. Pas forcément au personnage historique, effectivement. Votre précision à Tori et à toi a donc du sens.
Ceci dit, je crois bien qu'il existe une frange d'historiens assez "militants" dans leur athéisme peut-être (relayés par un Michel Onfray, par exemple) qui mettent en doute son existence tout court.

Ektah a écrit:Basiquement, c'est un exercice de pensée : étudier, comprendre et voir à sa juste valeur les créations artistiques des idéologies fondamentalement contraires aux miennes (sans forcément chercher des excuses, d'ailleurs). Je pense que c'est une gymnastique mentale de grande valeur.


Tout à fait, c'est ainsi que je le vois. Et sans ce genre de confrontations à des pensées "autres", je vois mal comment on peut faire évoluer la sienne propre, à moins de chercher en permanence à être confortés dans ses certitudes.

Ektah a écrit:D'ailleurs, ton laïus sur la vision hollywoodienne du film de guerre m'a rappelé une série d'articles sur l’histoire des liens entre Hollywood et le Pentagone dans le fanzine marseillais " Aaarg ! " (qui est une sorte de successeur spirituel à Hara-Kiri). Je recommande également.


Intéressant...


Ektah a écrit:Hey, merci pour la référence.


Tu l'as pas volé. :wink:

Ektah a écrit:Joli, les chœurs à la Beach Boys dès le début du morceau. J'ai eu un peu des réminiscences de l'album " California " de Mr. Bungle, par moments.


Ce disque de Mr. Bungle, c'est pour moi la toute meilleure veine de Patton. Avec les deux premiers Fantômas, je ne suis pas loin de penser que c'est ce qu'il a fait de mieux, même si j'adore aussi "Disco Volante" (mais je me l'enfile pas tous les jours, hein). Et Faith No More, bien sûr.

Ektah a écrit:Oh, un nouveau projet de Mike Patton. Quelle surprise…


Alors si j'ai bien compris, Dead Cross, c'est surtout un projet de Dave Lombardo que Patton a rejoint sur le tard, alors que le boulot était déjà bien avancé.

Ektah a écrit:Wow. Ça a l'air passionnant. Très curieux de lire ça, aussi. Je n'ai vu que l'adaptation de "Paprika" qui est un chef d’œuvre absolu, bien sûr.


Oui, l'adaptation de "Paprika" par Kon est pour moi un des plus grands films du 21ème siècle naissant, rien de moins.
De Tsutsui, je recommande son très noir (et pourtant drôle) "Hell", dont les transitions d'un "niveau de réalité" à un autre donnent le tournis, tout simplement.

Ektah a écrit:A ta description, j'ai aussi un peu pensé à un point en particulier de " Transmetropolitan ", l'église transhumaniste de Fred Christ qui passe d'une sorte de lupanar tantrique à une secte corrompue au dernier degré, notamment à un niveau politique. Il me semble y avoir retrouvé une vision sarcastique, mais pas totalement condamnatoire, de la révolution sexuelle.


Ah c'est bien possible, ce n'est plus très frais dans ma tête ; ça fait longtemps que je me dis qu'il faut que je relise ça.
Pour la vision sarcastique mais pas totalement négative de la révolution sexuelle, c'est une thématique qui me semble passionnante et qui était loin d'être aussi rare que ça dans les années 70. Certains gialli, par exemple, s'en font le relais.

Ektah a écrit:Fichtre, c'est extraordinaire aussi (Artus). Tu m'étonnes que l'influence de King Crimson est sensible. Et on en revient à cette thématique du Folk Horror.
Et toute référence à Michel Pastoureau rend le disque indispensable.


C'est un groupe fabuleux, ouais. Et ce sont des tueurs sur scène. Je les ai vus 5 ou 6 fois (je connais un peu Romain Baudoin, qui tient la vielle à roue dans le groupe), et notamment l'été dernier en première partie de Gojira (ils sont potes, ils viennent du même coin). Leur set était axé sur ce dernier disque, qui est sublimé sur scène, vraiment.

Ektah a écrit:Au final, encore un épisode très solide, cette semaine.


Eh bien laisse-moi te dire que ton appréciation me fait toujours autant plaisir. :D

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Ektah a écrit:Alors, juste un petit détail en passant. Le fait qu'il y ait eu un indépendantiste religieux nommé Jésus en Galilée à cette époque est encore discuté de nos jours mais le consensus serait plutôt sur le fait qu'il a bel et bien existé. Après, qu'il soit la personnification du verbe divin…

Ah, oui, je voulais en parler aussi : Le fait que Jésus ait existé n'est pratiquement pas discuté... Le fait que le Christ ait existé, en revanche l'est (ou que ce Jésus soit le messie)...

Tori a écrit:Ah, tiens, aucun rapport, mais ce lien pourrait t'intéresser : il s'agit d'archives des films d'animations japonais... Il y a des films de l'entre deux guerres, mais aussi le premier film d'animation du Japon (dans une version restaurée) : Namakuragatana, qui date de 1917...


Fort intéressant. Merci. Je te pique ça.

De rien. Quand je suis tombé sur le site, je me suis dit que ça en intéresserait probablement d'autres que moi.

Tori.

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Le Doc a écrit:Je ne connaissais pas du tout. Ca m'a l'air très intrigant, merci pour le tuyau.
Tiens, je vois que c'est l'un des quelques films de la courte carrière de Luigi Bazzoni. J'en profite donc pour rappeler que Photonik a écrit un billet sur son Journée noire pour un bélier dans les colonnes du Ciné-Club.


Oh oui. C’est clairement un film qui mérite d’être plus reconnu. Content que ma recommandation rencontre un écho en ces pages. A découvrir, vraiment.

Pour “Journée noire pour un bélier”, ça fait longtemps que je me suis promis de le visionner. Tant de films à voir et si peu d’heures dans la journée...

Photonik a écrit:(...)dans l'excellent récent dossier consacré au giallo dans... "Les Cahiers du Cinéma" (eh oui, qui l'aurait cru il y a quelques années seulement...).


Eh oui, ç fait maintenant quelques années que les Cahiers ont fait le travail que Telerama persiste à refuser. Désolé, c’était ma minute de méchanceté gratuite (bien que méritée)....

Photonik a écrit:Tiens, je le connais pas, ce "Brother Sun, Sister Moon", mais a priori ça peut m'intéresser...


Je n’ai pas vu le film, donc je ne sais pas s’il est à recommander ou pas, mais la musique de Ortolani me plaît bien. Et je n’ai rien vu du réalisateur, Franco Zefirrelli. En fait, le principal écho que j’ai de ce dernier vient du personnage d’Uncle Monty dans “Withnail and I” est censé être basé sur lui, donc quelque chose entre le vieux sage et la caricature d’homosexuel.

Mais, de ses films eux-même, j’ai un peu l’image que quelque chose d’assez ampoulé et convenu. Bon, le fait qu’il ait été colistier de Silvio Berlusconi dans son parti politique a peut-être un peu modifié mon impression sur son cinéma. Il est tout à fait possible que je me trompe. À voir.

Photonik a écrit:Ah oui ? Tiens, je demanderai à ma compagne si elle est tombée sur ça ; elle adore Schuiten, dont perso je ne connais pas du tout le travail...


C’est le dernier tome paru dans la série. Il doit avoir 3-4 ans, maintenant. Pour les bds de Schuiten et Peeters, je les trouve merveilleuses mais c’est certainement une œuvre polarisatrice. Disons que c’est de la bd pour étudiant en architecture (ou histoire de l’art, ne soyons pas sectaires). Enfin, lis-en une pour te faire une idée, je pense.

Photonik a écrit:Entre les deux mon coeur balance, mais effectivement peut-être "Futurama" l'emporte-t-il d'une courte tête.


Disons que, en plus des blagues (souvent irrésistibles, en ce qui me concerne), “Futurama” se paie le luxe de créer une véritable empathie pour ses personnages, ce que je ressens juste un peu moins pour la famille Simpson.

Photonik a écrit:Pour Bart, c'est moi qui m'enflamme un peu peut-être, mais la coïncidence me semblerait énorme.


Oh oui, je suis sûr que c’est vrai: la coïncidence est trop grande. Mais, en fait, je crois bien avoir également entendu une interview de Groening expliquant le lien avec le mot “brat”. Enfin, c’est tout à fait possible qu’il y ait plusieurs jeux de mots dans ce nom.

Photonik a écrit:"Euphoria", extrait du dernier album en date, "Pylon", de Killing Joke


Tiens, marrant, je pensais que tu allais parler du projet de Youth avec Paul McCartney.

Photonik a écrit:- Au rayon cinoche, on parle d'un film récent, en l'occurrence "Hacksaw Ridge/Tu ne tueras point", dernier film en date de Mel "Le Zinzin" Gibson.


Alors, juste un petit détail en passant. Le fait qu'il y ait eu un indépendantiste religieux nommé Jésus en Galilée à cette époque est encore discuté de nos jours mais le consensus serait plutôt sur le fait qu'il a bel et bien existé. Après, qu'il soit la personnification du verbe divin….

Par ailleurs, ta critique est tout à fait intéressante et me conforte dans l'idée que l'ami Mel, si on arrive à accepter le sous-texte idéologique (pas le nier, par contre : ça reste le cœur de son cinéma), est probablement un des artistes les plus passionnants de l'industrie hollywoodienne actuelle. Basiquement, c'est un exercice de pensée : étudier, comprendre et voir à sa juste valeur les créations artistiques des idéologies fondamentalement contraires aux miennes (sans forcément chercher des excuses, d'ailleurs). Je pense que c'est une gymnastique mentale de grande valeur. Et je rejoins donc l'avis de Tori : ce genre de distance devient chaque jour plus rare, ce qui me semble être un problème. Bien content que tu t'y adonnes.

De la même manière, j'adore le Conan de John Milius alors que, bon, si on s'interroge deux secondes sur son contenu théorique….

D'ailleurs, ton laïus sur la vision hollywoodienne du film de guerre m'a rappelé une série d'articles sur l’histoire des liens entre Hollywood et le Pentagone dans le fanzine marseillais " Aaarg ! " (qui est une sorte de successeur spirituel à Hara-Kiri). Je recommande également.

Photonik a écrit:"All The Colors Of The Dark", reprise d'un des thèmes les plus fameux du giallo par Grails


Hey, merci pour la référence.

Et très chouette reprise également. Ça faisait des années que je ne l'avais pas écoutée. Ça fait toujours plaisir de revenir aux classiques.

Photonik a écrit:"Hate On" signé par le trio Nevermen


Joli, les chœurs à la Beach Boys dès le début du morceau. J'ai eu un peu des réminiscences de l'album " California " de Mr. Bungle, par moments.

Oh, un nouveau projet de Mike Patton. Quel surprise…

Photonik a écrit:- On termine avec un étrange et drolatique petit roman, "Les hommes salmonelle sur la Planète Porno", signé par celui-ci qui fut qualifié de "Philip K. Dick nippon", autrement dit Yasutaka Tsutsui.


Wow. Ça a l'air passionnant. Très curieux de lire ça, aussi. Je n'ai vu que l'adaptation de "Paprika" qui est un chef d’œuvre absolu, bien sûr.

A ta description, j'ai aussi un peu pensé à un point en particulier de " Transmetropolitan ", l'église transhumaniste de Fred Christ qui passe d'une sorte de lupanar tantrique à une secte corrompue au dernier degré, notamment à un niveau politique. Il me semble y avoir retrouvé une vision sarcastique, mais pas totalement condamnatoire, de la révolution sexuelle.

Photonik a écrit:et on termine avec le fabuleux "Desvelh" des occitans d'Artus..!


Fichtre, c'est extraordinaire aussi. Tu m'étonnes que l'influence de King Crimson est sensible. Et on en revient à cette thématique du Folk Horror.
Et toute référence à Michel Pastoureau rend le disque indispensable.

D'ailleurs, je suis passé voir le bandcamp de leur label. J'ai l'impression qu'il y a des choses à explorer là-dedans.

Au final, encore un épisode très solide, cette semaine.

Tori a écrit:Ah, tiens, aucun rapport, mais ce lien pourrait t'intéresser : il s'agit d'archives des films d'animations japonais... Il y a des films de l'entre deux guerres, mais aussi le premier film d'animation du Japon (dans une version restaurée) : Namakuragatana, qui date de 1917...


Fort intéressant. Merci. Je te pique ça.

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Ah oui, merci pour le lien ; potentiellement très intéressant, ça.

C'est souvent le cas en ce qui concerne des noms d'animaux, mais il y en a d'autres : un exemple classique, c'est le "ma" qui se retrouve dans beaucoup de langues pour désigner la mère (ou le sein maternel, la mamelle), et qui est juste un des premiers sons que les enfants arrivent à produire...

Tori.


On parle bien de la même chose.

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Photonik a écrit:
Tori a écrit:De Tsutsui, je n'ai lu que La traversée du temps (dont le film de Hosoda n'est, d'ailleurs, pas une adaptation, mais une "pseudo-suite")...


Ah oui ? Je n'avais pas percuté là-dessus, n'ayant pas lu le roman.

Le roman, c'est l'histoire de la tante de l'héroïne du film d'animation.

une explication possible, c'est l'idée que les termes très anciens (comme "hartza" effectivement) correspondent certainement, phonétiquement, à l'objet qu'ils décrivent ; j'ai déjà lu des choses à ce sujet. "Hartz" est peut-être une façon de désigner l'ours en "mimant" son grognement par exemple. Il est donc possible que des peuples géographiquement éloignés choisissent des termes voisins pour désigner une même chose.
Je ne sais pas si je suis très clair...

Si, tu es clair (et j'y avais pensé). C'est souvent le cas en ce qui concerne des noms d'animaux, mais il y en a d'autres : un exemple classique, c'est le "ma" qui se retrouve dans beaucoup de langues pour désigner la mère (ou le sein maternel, la mamelle), et qui est juste un des premiers sons que les enfants arrivent à produire...

Ah, tiens, aucun rapport, mais ce lien pourrait t'intéresser : il s'agit d'archives des films d'animations japonais... Il y a des films de l'entre deux guerres, mais aussi le premier film d'animation du Japon (dans une version restaurée) : Namakuragatana, qui date de 1917...

Tori.

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Tori a écrit:
Ce que j'aime, chez toi, c'est que même si tu n'es pas d'accord avec le cinéaste ou son message, tu défends ses films (tout en expliquant bien ce que tu n'aimes pas).


Ah ça me fait plaisir ce que tu dis là ; c'est très précisément ça en effet, au moins dans le cas de ce film de Mel Gibson...

Tori a écrit:À t'entendre, dans cette histoire, Tsutsui applique simplement le slogan "faites l'amour, pas la guerre"... ~___^


Ha ha !! C'est plutôt bien résumé en effet, même si comme je le dis dans l'émission, avec le très sarcastique Yasutaka Tsutsui il est toujours difficile de connaître ses intentions avec certitude...

Tori a écrit:De Tsutsui, je n'ai lu que La traversée du temps (dont le film de Hosoda n'est, d'ailleurs, pas une adaptation, mais une "pseudo-suite")...


Ah oui ? Je n'avais pas percuté là-dessus, n'ayant pas lu le roman.

Tori a écrit:C'est d'ailleurs étonnant que le mot en langue basque ressemble au mot dans les autres langues : les Basques ont dû rencontrer des ours (et donc les nommer) bien avant l'arrivée (l'invasion) des locuteurs de langues indo-européennes...

Tori.


Oui, c'est étonnant en effet. Il est clair que les Basques ont eu à faire à des ours de très longue date ; une explication possible, c'est l'idée que les termes très anciens (comme "hartza" effectivement) correspondent certainement, phonétiquement, à l'objet qu'ils décrivent ; j'ai déjà lu des choses à ce sujet. "Hartz" est peut-être une façon de désigner l'ours en "mimant" son grognement par exemple. Il est donc possible que des peuples géographiquement éloignés choisissent des termes voisins pour désigner une même chose.
Je ne sais pas si je suis très clair...

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Photonik a écrit:Retour à la formule classique, les amis...

Formule qui a fait ses preuves !

- Au rayon cinoche, on parle d'un film récent, en l'occurrence "Hacksaw Ridge/Tu ne tueras point", dernier film en date de Mel "Le Zinzin" Gibson.

Ce que j'aime, chez toi, c'est que même si tu n'es pas d'accord avec le cinéaste ou son message, tu défends ses films (tout en expliquant bien ce que tu n'aimes pas).

- On termine avec un étrange et drolatique petit roman, "Les hommes salmonelle sur la Planète Porno", signé par celui-ci qui fut qualifié de "Philip K. Dick nippon", autrement dit Yasutaka Tsutsui.

À t'entendre, dans cette histoire, Tsutsui applique simplement le slogan "faites l'amour, pas la guerre"... ~___^
De Tsutsui, je n'ai lu que La traversée du temps (dont le film de Hosoda n'est, d'ailleurs, pas une adaptation, mais une "pseudo-suite")... J'ai d'ailleurs deux éditions différentes, mais je crois que seule la couverture diffère (l'édition la plus récente reprend l'affiche du film).

on termine avec le fabuleux "Desvelh" des occitans d'Artus..!

J'ai bien aimé ta petite digression linguistique dans ta présentation du morceau (Artús, Arzh, Hartz, Ors, Ours)...
C'est d'ailleurs étonnant que le mot en langue basque ressemble au mot dans les autres langues : les Basques ont dû rencontrer des ours (et donc les nommer) bien avant l'arrivée (l'invasion) des locuteurs de langues indo-européennes...

Tori.

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Ektah a écrit:Ah non, je n'étais pas au courant. C'est effectivement fort intéressant. Je vais également explorer tout ça (et probablement commander quelques numéros de la revue, au passage). Chouette découverte.


Comme tu as pu le voir, les textes de tous les anciens numéros sont également disponibles sur le site.
J'y ai écrit un texte sur Grant Morrison, un autre sur le giallo, un texte un peu plus court sur la psychogéographie (qui est une sorte de compte-rendu de lecture du livre de Coverley qu'on a déjà cité ici) ; j'y ai également rédigé une retranscription de l'entretien radio avec Pacôme Thiellement, et j'ai également signé deux nouvelles, une histoire de fantômes et un récit SF (celui-là sera dispo sur le site un peu plus tard, au moment de la sortie du prochain numéro).

Ektah a écrit:Bon, après, "Persona" fait partie de ces œuvres fondamentales du cinéma "expérimental". À partir du moment où tu officie dans ce genre, comme Grandrieux, la référence est quasi-inévitable, qu'elle soit marquée et/ou revendiquée (comme Lynch, justement).


Tout à fait. Aux côtés de quelques autres comme "8 1/2" de Fellini et "Hiroshima mon amour", c'est vraiment une oeuvre fondatrice de ce type de cinéma ; difficile de passer à côté...

Ektah a écrit:En fait, j'ai l'impression que les compositeurs de musiques de films de genre italiens fonctionnent comme les réalisateurs qu'ils accompagnent: il est très rare qu'ils se cantonnent à un genre, préférant en général varier les projets. Et, du coup, c'est souvent intéressant de chercher les ressemblances dans des œuvres à priori dissemblables: par exemple, quand il fait des westerns (Les 4 de l'Apocalypse), des drames (Beatrice Cenci) ou de l'heroïc-fantasy (Conquest), Lucio Fulci reste Lucio Fulci.


Tout à fait exact, encore une fois. Peut-être les uns et les autres n'ont-ils pas toujours eu le choix (soumis aux desiderata des producteurs, qui fonctionnaient sur le principe des "filons" du moment), mais il n'empêche que ça donne des filmos passionnantes dans leur éclectisme, Fulci en étant effectivement un excellent exemple.

Ektah a écrit:Et je trouve que c'est également vrai avec des compositeurs comme Riz Ortolani, effectivement. J'écoutais l'autre jour sa musique pour "Brother Sun, Sister Moon", un biopic sur St. François d'Assise. Sa composition n'est pas sans liens avec celle pour "Cannibal Holocaust".


Tiens, je le connais pas, ce "Brother Sun, Sister Moon", mais a priori ça peut m'intéresser...

Ektah a écrit:Alors, le truc avec "Taxandria", c'est que le film a eu une histoire troublée


Oui, j'ai vu ça ; je me suis un peu renseigné dessus depuis que tu l'as cité et il semble effectivement que le réalisateur a été très empêché sur ce coup.

Ektah a écrit:Mais le grand François Schuiten, un des principaux collaborateurs pour l'aspect graphique du film, a ressorti, plus tard, sous forme de nouvelle illustrée, une version plus proche du projet original, sous le nom "Souvenirs de l’Éternel présent", l'incluant au passage dans son cycle des Cités Obscures. C'est mieux mais la différence de format rend l'expérience très différente.


Ah oui ? Tiens, je demanderai à ma compagne si elle est tombée sur ça ; elle adore Schuiten, dont perso je ne connais pas du tout le travail...

Ektah a écrit:Je suis aussi très fan des Simpsons (même si je préfère Futurama)


Entre les deux mon coeur balance, mais effectivement peut-être "Futurama" l'emporte-t-il d'une courte tête.
Et à propos de séries animées comiques, je me suis mis à "BoJack Horseman", et c'est de la très très bonne came, même si je n'ai vu que trois épisodes à ce stade (et j'ai lu que ça devenait encore mieux par la suite).

Ektah a écrit:les arguments que tu avances sont assez indéniables (surtout par rapport à Tahiti Bob) mais j'avais toujours entendu dire que Bart portait son prénom juste parce qu'il ressemble au mot "brat". J'imagine que c'est une double référence.


Pour Tahiti Bob, c'est sûr, je me demande d'ailleurs si Matt Groening ne l'a pas explicitement confirmé lorsqu'il confiait son amour pour les "5000 doigts...". Pour Bart, c'est moi qui m'enflamme un peu peut-être, mais la coïncidence me semblerait énorme.

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Marko a écrit:En plus de Noh-Varr et Loki, Gillen a également intégré dans ses "Young Avengers" le personnage très charismatique qu'est Miss America (et également Prodigy dans un rôle un peu moins conséquent).


Exact. Pour être franc, ce n'est pas tout à fait un oubli de ma part, je voulais surtout me concentrer sur Marvel Boy et Kid Loki (surtout ce dernier, vraiment central dans le travail de Gillen). Je n'ai en plus pas lu la mini ("Vengeance", je crois ?) où elle fait sa première apparition.
Mais moi aussi j'aime bien ce perso, tant sous la plume de Gillen que celle d'Ewing plus récemment...


Marko a écrit:Avec les séries respectives de Gillen et Ewing, on peut dire que le plus fameux "trickster" de Marvel a été plutôt bien servi ces dernières années (il y a aussi le graphic novel moins récent d'Esad Ribic, mais celui-là je ne l'ai pas encore lu).


Oui, Loki a été très bien servi, c'est le moins que l'on puisse dire.
Pour l'album avec Ribic, que j'avais lu à sa sortie (et me rappelle avoir bien aimé), je dois dire que je ne me rappelle plus vraiment le traitement qui était réservé au perso.

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En plus de Noh-Varr et Loki, Gillen a également intégré dans ses "Young Avengers" le personnage très charismatique qu'est Miss America (et également Prodigy dans un rôle un peu moins conséquent).
Avec les séries respectives de Gillen et Ewing, on peut dire que le plus fameux "trickster" de Marvel a été plutôt bien servi ces dernières années (il y a aussi le graphic novel moins récent d'Esad Ribic, mais celui-là je ne l'ai pas encore lu).

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Épisode 17 : Les Jeunes Vengeurs ne tueront point sur la Planète Porno !!

Retour à la formule classique, les amis...
Le programme cette semaine :

- Au rayon cinoche, on parle d'un film récent, en l'occurrence "Hacksaw Ridge/Tu ne tueras point", dernier film en date de Mel "Le Zinzin" Gibson.

- On poursuit avec une excellentissime sortie BD, à savoir le tome Marvel Deluxe qui regroupe tous les épisodes du titre "Young Avengers", avec Kieron Gillen et Jamie McKelvie aux commandes.

- On termine avec un étrange et drolatique petit roman, "Les hommes salmonelle sur la Planète Porno", signé par celui-ci qui fut qualifié de "Philip K. Dick nippon", autrement dit Yasutaka Tsutsui.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Euphoria", extrait du dernier album en date, "Pylon", de Killing Joke, "All The Colors Of The Dark", reprise d'un des thèmes les plus fameux du giallo par Grails, "Hate On" signé par le trio Nevermen, et on termine avec le fabuleux "Desvelh" des occitans d'Artus..!


"Dark phantoms of the past
Some things are best forgotten
Like Orpheus, don't look back
The best years are waiting for you..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Oui, "Le Orme", c'est justement le prochain giallo sur ma pile de films à voir. Déjà parce que j'avais beaucoup aimé le titre cité par le Doc, "Journée noire pour un bélier", mais aussi à cause d'un avis dithyrambique dessus dans l'excellent récent dossier consacré au giallo dans... "Les Cahiers du Cinéma" (eh oui, qui l'aurait cru il y a quelques années seulement...).

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Ektah a écrit:D'ailleurs, au passage, si vous ne l'avez pas vu, je ne saurais trop vous conseiller de regarder "Le Orme" (titre international: "Footsteps on the moon"), qui est parfois considéré un un giallo, et parfois pas. Enfin, on dira que c'est la réponse italienne à "L'année dernière à Marienbad". C'est un film que je trouve assez passionnant.


Je ne connaissais pas du tout. Ca m'a l'air très intrigant, merci pour le tuyau.
Tiens, je vois que c'est l'un des quelques films de la courte carrière de Luigi Bazzoni. J'en profite donc pour rappeler que Photonik a écrit un billet sur son Journée noire pour un bélier dans les colonnes du Ciné-Club.

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Le Doc a écrit:Chouette chronique (et c'est toujours très intéressant de t'entendre parler du giallo, tu fais bien partager ta passion du genre). C'est l'une des choses que j'aime dans le cinéma d'exploitation italien : il est tellement foisonnant qu'en fouillant bien, on tombe souvent sur des raretés qui méritent qu'on s'y attarde, même dans les périodes les moins réputées.


D'ailleurs, au passage, si vous ne l'avez pas vu, je ne saurais trop vous conseiller de regarder "Le Orme" (titre international: "Footsteps on the moon"), qui est parfois considéré comme un giallo, et parfois pas. Enfin, on dira que c'est la réponse italienne à "L'année dernière à Marienbad". C'est un film que je trouve assez passionnant.

Et, en giallo pur, j'ai revu récemment "Mais... qu'avez vous fait à Solange ?". Je suis, à chaque revisionnage, à chaque fois un peu plus fasciné par ce film. Je crois qu'il est passe de se hisser au niveau des Argento, pour moi.

Le Doc a écrit:Bien entendu, on peut aussi tomber sur des hénaurmes nanars pour le plaisir du bisseux acharné... :wink:


Ouf, j'ai eu peur. J'ai cru un moment que c'était le grand Sergio Corbucci qui avait réalisé ce sous-Caligula. Mais, non, c'est le frangin... Ouf.

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Photonik a écrit:Absolument, on enregistre et on met en ligne chacune des interventions que l'on organise. Je ne sais plus si je l'ai signalé, mais c'est dans le cadre de la revue souletine "Hau", à laquelle je contribue activement, que l'on organise tout ça. Voilà le lien vers le site de la revue, plus spécifiquement l'onglet rassemblant justement tous les enregistrements (un grand merci à Vivi qui se charge de tout ça !) :
http://hau.eklablog.com/complements-internet-p1114650


Ah non, je n'étais pas au courant. C'est effectivement fort intéressant. Je vais également explorer tout ça (et probablement commander quelques numéros de la revue, au passage). Chouette découverte.

Photonik a écrit:A la réflexion, tu as peut-être raison. J'ai par exemple oublié de signaler que chacun des personnages féminins semble être une déclinaison des autres (ce qui est appuyé par l'onomastique ; les prénoms sont des variantes les uns des autres), donc il y aurait sûrement des parallèles à établir.


Bon, après, "Persona" fait partie de ces œuvres fondamentales du cinéma "expérimental". À partir du moment où tu officie dans ce genre, comme Grandrieux, la référence est quasi-inévitable, qu'elle soit marquée et/ou revendiquée (comme Lynch, justement).

Photonik a écrit:On pourrait aussi citer Riz Ortolani, qui s'il n'était pas spécialisé dans le seul giallo a par exemple signé le score de "La Longue Nuit de l'Exorcisme" de Fulci que j'évoque durant ma chronique.


En fait, j'ai l'impression que les compositeurs de musiques de films de genre italiens fonctionnent comme les réalisateurs qu'ils accompagnent: il est très rare qu'ils se cantonnent à un genre, préférant en général varier les projets. Et, du coup, c'est souvent intéressant de chercher les ressemblances dans des œuvres à priori dissemblables: par exemple, quand il fait des westerns (Les 4 de l'Apocalypse), des drames (Beatrice Cenci) ou de l'heroïc-fantasy (Conquest), Lucio Fulci reste Lucio Fulci. Bon, pas dans ses sexy-comédies, par contre...

Et je trouve que c'est également vrai avec des compositeurs comme Riz Ortolani, effectivement. J'écoutais l'autre jour sa musique pour "Brother Sun, Sister Moon", un biopic sur St. François d'Assise. Sa composition n'est pas sans liens avec celle pour "Cannibal Holocaust".

Photonik a écrit:J'ai vu "Mirromask" une fois, et je suis un peu passé à côté (et pourtant je suis raide dingue des travaux communs de Gaiman et McKean versant papier). J'ai été je crois un peu refroidi par la forme, limitée dans ses ambitions par des moyens que l'on imagine contraints. Il faut que je laisse une deuxième chance au film.


J'aime le film mais, dans une certaine mesure, je suis d'accord avec toi: le film souffre du même mal que les autres créations du Dave McKean réalisateur. Son projet est probablement une transcription directe de son style pictural dans le media cinématographique. Mais il le fait sans trop tenir compte des spécificités du cinéma. Du coup, ça crée en général une imagerie qui aurait été très évocatrice en comics mais qui tombe un peu à plat. Bon, ceci étant dit, j'aime bien ses films quand même.

Photonik a écrit:Quant à "Taxandria", je ne connaissais même pas le nom. En me renseignant un peu, je vois que ça a l'air effectivement d'être un autre joli OVNI filmique. Le pitch fait effectivement beaucoup penser aux "5000 doigts du Dr. T"...


Alors, le truc avec "Taxandria", c'est que le film a eu une histoire troublée avec, si je me souviens bien, un changement de producteur vers la fin de la pré-production, le nouveau ne comprenant absolument rien au projet dans lequel il a été débarqué. Du coup, la distribution en salles a été réduite à son strict minimum (ce qui explique que tu n'en aies pas entendu parler). Et, visiblement, le tournage lui-même a été un peu saboté. Je fais partie des gens qui aime bien le film, mais les problèmes restent quand même visibles. Enfin, dans l'absolu, je te conseille quand même le film, malgré ses problèmes. Sur moi, il a marché.

Mais le grand François Schuiten, un des principaux collaborateurs pour l'aspect graphique du film, a ressorti, plus tard, sous forme de nouvelle illustrée, une version plus proche du projet original, sous le nom "Souvenirs de l’Éternel présent", l'incluant au passage dans son cycle des Cités Obscures. C'est mieux mais la différence de format rend l'expérience très différente.

Photonik a écrit:Pour l'influence de ce dernier titre, je crois que l'héritier le plus visible, même si c'est un peu contre-intuitif, c'est effectivement certains épisodes des "Simpson" centrés autour de Bart...


Je suis aussi très fan des Simpsons (même si je préfère Futurama) mais c'est marrant: les arguments que tu avances sont assez indéniables (surtout par rapport à Tahiti Bob) mais j'avais toujours entendu dire que Bart portait son prénom juste parce qu'il ressemble au mot "brat". J'imagine que c'est une double référence.

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Photonik a écrit:- On termine avec une bizarrerie qui nous renvoie direct à l'âge d'or des studios hollywoodiens, avec l'azimuté "Les 5000 Doigts du Dr. T" de Roy Rowland, épaulé par Stanley Kramer et le fameux Dr. Seuss.


Tiens, celui-là je l'ai vu...une fois, il y a bien longtemps, dans le cinéma de quartier de Dionnet. Autant dire qu'il faudrait que je me rafraîchisse la mémoire...et justement ta chronique m'a donné envie de le revoir !

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Drugs On The Bus", extrait du premier album de Crystal Fairy (avec des bouts des Melvins dedans), "Melody In High Feedback Tones", extrait du "Void Beats/Invocation Trex" de Cavern Of Anti-Matter, "Invisible Hate", titre introductif du "Death Penalty" des heavy-metalleux de Witchfinder General, et on termine avec le paisible "Carondelet", issu de la collaboration entre Jesu et Sun Kil Moon..!


Encore du tout bon ! Ca fait plusieurs émissions d'affilée où tu fais carton plein avec la playlist, dis donc... :wink:

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Photonik a écrit:- On poursuit avec un giallo tout droit issu des seventies, "Terreur sur la lagune" d'Antonio Bido, un film méconnu mais qui a récemment connu les honneurs d'une sortie de luxe en Blu-Ray/DVD chez Le Chat Qui Fume.


Chouette chronique (et c'est toujours très intéressant de t'entendre parler du giallo, tu fais bien partager ta passion du genre). C'est l'une des choses que j'aime dans le cinéma d'exploitation italien : il est tellement foisonnant qu'en fouillant bien, on tombe souvent sur des raretés qui méritent qu'on s'y attarde, même dans les périodes les moins réputées. Bien entendu, on peut aussi tomber sur des hénaurmes nanars pour le plaisir du bisseux acharné... :wink:

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Photonik a écrit:Je vais jouer la franchise : j'aurais voulu le dire, mais son nom ne m'est pas revenu du tout sur le coup. :wink:
Je ne connais pas son oeuvre, en plus.

C'est l'inconvénient du direct : si un nom t'échappe, tu ne peux pas le rechercher...
Mais comme tu insistais sur certains éléments du film (les singes volants et la sorcière qui fond), alors que ces éléments étaient déjà présents dans le roman, je me suis dit qu'il valait mieux le préciser.
Le fait que tu ne connaisse pas son œuvre l'explique, du coup (ça fait partie des toutes premières œuvres que j'ai lues en anglais, avec Alice in Wonderland, Peter Pan et tout Sherlock Holmes).

Tori.

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Ektah a écrit:Dans l'absolu, oui, je serais intéressé pour venir mais mes disponibilités sont totalement dépendantes des concours de fonctionnaire que je suis en train de passer. Selon les résultats, j'aurai ou non le temps. En tous cas, je suis certainement intéressé pour venir et je te remercie pour la proposition. Je te préviendrai le cas échéant.


OK, tu me tiendras au jus. La proposition perdure !


Ektah a écrit:De toute façon, même si je ne viens pas, j'imagine que l’événement sera enregistré.


Absolument, on enregistre et on met en ligne chacune des interventions que l'on organise. Je ne sais plus si je l'ai signalé, mais c'est dans le cadre de la revue souletine "Hau", à laquelle je contribue activement, que l'on organise tout ça. Voilà le lien vers le site de la revue, plus spécifiquement l'onglet rassemblant justement tous les enregistrements (un grand merci à Vivi qui se charge de tout ça !) :
http://hau.eklablog.com/complements-internet-p1114650

Ektah a écrit:Alors, pour ce qui est du lien avec "Persona", j'ai pu me faire une idée fausse à partir de ta description mais il me semblait qu'une des thématiques concernait la recherche d'une vision fantasmée (de soi-même ou d'un autre), ce qui est, à mes yeux, un des thèmes principal du film de Bergman. J'aurai un avis plus sûr après avoir vu "Malgré la nuit".


A la réflexion, tu as peut-être raison. J'ai par exemple oublié de signaler que chacun des personnages féminins semble être une déclinaison des autres (ce qui est appuyé par l'onomastique ; les prénoms sont des variantes les uns des autres), donc il y aurait sûrement des parallèles à établir.

Ektah a écrit:Il n'y aura pas d'interro surprise sur l'influence de l'hantologie dans la pop culture moderne.


Ha ha !! Ce serait un bon sujet de devoir, ceci dit.

Ektah a écrit:Pour ce qui est de Ghost Box (dont je parlais tantôt comme une des influences reconnues de l'esthétique de "Berberian Sound Studio"), disons que c'est le monolithe au centre de la scène hantologique musicale. C'est par eux, comme beaucoup de monde, que j'ai découvert l'existence de ce mouvement et certains des groupes sont excellents. Personnellement, je nommerais Eric Zann (du nom de ce personnage de Lovecraft ayant touché une autre dimension par la musique qu'il compose), Mount Vernon Arts Lab, The Focus Group, Belbury Poly et The Advisory Circle et, s'il ne devait rester qu'un seul disque, ce serait la collaboration entre Broadcast et Focus Group, "Broadcast and The Focus Group Investigate Witch Cults of the Radio Age".
Mais, du coup, ce label souffre du mal qui touche les titans de n'importe quel mouvement artistique: ce sont eux qui fournissent la base mais je continue à trouver les périphéries plus intéressantes, celles-ci étant, en l'occurrence, pour moi, les deux projets "Folklore Tapes" et "Audiological Transmissions", plus les groupes Concretism, Demdike Stare et The Caretaker. Mais, encore une fois, subjectif...


Tout ça est dûment noté...

Ektah a écrit:Du coup, je suis bien content d'évoquer cette BO parce que j'ai le sentiment qu'en terme de musique de films de genre italiens, tout le monde se souvient, à raison, de Ennio Morricone, Goblin et, dans une moindre mesure, Bruno Nicolai. Mais je trouve que c'est un peu injuste envers certains compositeurs comme Stelvio Cipriani (et quelques autres) que je mets, dans un genre un peu différent, plus funky, quasiment au même niveau que ceux-là.


On pourrait aussi citer Riz Ortolani, qui s'il n'était pas spécialisé dans le seul giallo a par exemple signé le score de "La Longue Nuit de l'Exorcisme" de Fulci que j'évoque durant ma chronique.

Ektah a écrit:Non non, je ne confonds pas. Mais, même si je n'ai pas vu "La marque du diable", l'idée que je m'en fais est considérablement plus gore que "Witchfinder General", à deux doigts des video nasties italiennes 80's à la "Anthropophagous" et autres "Blue Holocaust".

"Witchfinder General" n'est pas à ce niveau-là, quand même. Mais il est suffisamment dérangeant et cruel pour avoir décontenancé les spectateurs de l'époque qui, s'attendant à un film gothique à la "Masque de la Mort Rouge" avec Vincent Price, se sont retrouvés devant quelque chose de plus proche du "Masque du Démon", notamment dans son dernier tiers.


Au temps pour moi. Idéalement, il faudrait que je vois les deux, ils sont susceptibles de m'intéresser au même titre...

Ektah a écrit:D'ailleurs, à ce sujet, je suis sûr que beaucoup d'entre vous connaissent "Mirrormask", le long métrange (tiens, la typo était involontaire de ma part mais je vais la laisser, elle me plaît bien) de Neil Gaiman et Dave MacKean qui était prévu à la base comme une sorte de suite à "Labyrinth", ce qui est déjà une idée absolument merveilleuse, mais qui, au final, se rapproche beaucoup plus (à mon sens) du "Magicien d'Oz" (aussi bien ses avatars cinématographiques que littéraires, d'ailleurs) et (peut-être un peu de sur-interprétation de ma part, là) de "Taxandria" et "Les 5000 doigts du Dr. T". D'ailleurs, après avoir écrit cette phrase, j'en suis à me demander s'il n'y a pas un lien également entre ces deux derniers films.


J'ai vu "Mirromask" une fois, et je suis un peu passé à côté (et pourtant je suis raide dingue des travaux communs de Gaiman et McKean versant papier). J'ai été je crois un peu refroidi par la forme, limitée dans ses ambitions par des moyens que l'on imagine contraints. Il faut que je laisse une deuxième chance au film.
Quant à "Taxandria", je ne connaissais même pas le nom. En me renseignant un peu, je vois que ça a l'air effectivement d'être un autre joli OVNI filmique. Le pitch fait effectivement beaucoup penser aux "5000 doigts du Dr. T"...
Pour l'influence de ce dernier titre, je crois que l'héritier le plus visible, même si c'est un peu contre-intuitif, c'est effectivement certains épisodes des "Simpson" centrés autour de Bart...

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Tori a écrit:Cela dit, je suis étonné : tu parles à plusieurs reprises du film Le magicien d'Oz sans préciser (même si beaucoup le savent) qu'il s'agit de l'adaptation du roman de L. Frank Baum.

Tori.


Je vais jouer la franchise : j'aurais voulu le dire, mais son nom ne m'est pas revenu du tout sur le coup. :wink:
Je ne connais pas son oeuvre, en plus.

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Ha ha !! :D
T'inquiète, la suite devrait nettement plus te parler...

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Photonik a écrit:- On commence avec une sortie récente, à savoir le dernier film en date du très "exigeant" Philippe Grandrieux, "Malgré la Nuit".


J'ai pour le moment écouté cette première partie...et ta chronique a bien confirmé ce que je pensais, à savoir que c'est un cinéma qui ne m'intéresse absolument pas... :wink:

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Photonik a écrit:(...) mais pour King Crimson, je dirais que le sens de la mélodie chelou propre à Robert Fripp fait aussi beaucoup pour l'intérêt du groupe, outre cette maëstria rythmique invraisemblable.


Certes. Ce n'est pas pour rien que King Crimson a l'influence qu'il a. Disons que la polyrythmie est un des intérêts parmi d'autres au sein d'un groupe suffisamment riche pour être étudié pendant des décennies.

Photonik a écrit:Hey, je ne sais pas si je te comprends bien sur ce coup, mais ça veut dire que tu serais prêt à venir ? Si tel est le cas, contacte-moi (si tu n'as plus mon adresse mail, consulte mon profil sur le forum ou envoie-moi un MP) : on va s'arranger pour que ça te coûte rien en matière d'hébergement par exemple...


J'ai sans doute parlé un peu vite, en fait. Dans l'absolu, oui, je serais intéressé pour venir mais mes disponibilités sont totalement dépendantes des concours de fonctionnaire que je suis en train de passer. Selon les résultats, j'aurai ou non le temps. En tous cas, je suis certainement intéressé pour venir et je te remercie pour la proposition. Je te préviendrai le cas échéant. Et oui, en tant que bon archiviste, tous mes mails sont classés dans un logiciel. Je n'aurai pas de mal à retrouver ton adresse.

Photonik a écrit:A priori, on va parler Carnaval, Fin des Temps et étatisation de la fête. Alléchant, non ?


Tout à fait. De toutes ses thématiques récurrentes, c'est une des plus intéressantes. Vive Rabelais ! De toute façon, même si je ne viens pas, j'imagine que l’événement sera enregistré.

Photonik a écrit:Oh ça serait une sacrée interview potentielle, ça !!! Faudra que je tente le coup...
Tu sais s'il est francophone ?


Il connaît quelques mots mais probablement pas assez pour tenir une discussion, je le crains. Enfin, pour ce que j'en ai vu à l'Étrange Festival, en tous cas...

Photonik a écrit:Je n'y ai pas pensé, perso, devant "Malgré la Nuit". Je ne suis même pas sûr que Bergman soit un cinéaste si important que ça pour Grandrieux, qui me fait plus directement penser à Bresson ou Dreyer, par exemple.


Alors, je ne connais pas suffisamment le cinéma de Bresson pour pouvoir me prononcer mais Dreyer, oui, clairement, on navigue dans les mêmes eaux.

Alors, pour ce qui est du lien avec "Persona", j'ai pu me faire une idée fausse à partir de ta description mais il me semblait qu'une des thématiques concernait la recherche d'une vision fantasmée (de soi-même ou d'un autre), ce qui est, à mes yeux, un des thèmes principal du film de Bergman. J'aurai un avis plus sûr après avoir vu "Malgré la nuit".

Photonik a écrit:Oui, là c'est certain, même si je ne connais pas le texte original de Dante (ressorti et traduit il y a quelques années par Medhi Belhaj Kacem). Tu me donnes en tout cas envie de découvrir ça en tout cas.


Tout à fait. C'est bien à cette traduction que je fais référence. Pour ce que j'en sais, la précédente n'était pas à la hauteur de l’œuvre originale.

Photonik a écrit:Va falloir que je me penche sur ce label (Ghost Box), moi. Mais bon, j'ai pris du retard sur le suivi de tous les excellents liens que tu balances ici, faut que je creuse un peu le tout.


Oh, tu sais, je lance des pistes parce que je pense que ce sont des œuvres qui méritent qu'on s'y intéresse mais ce sont des choix personnels. Que toi ou le reste de l'assistance vous arrêtiez sur une ou des dizaines des créations que je cite n'est pas si important. Les composantes de la culture de chacun sont des choses éminemment subjectives et c'est très bien comme ça. Il n'y aura pas d'interro surprise sur l'influence de l'hantologie dans la pop culture moderne.

Pour ce qui est de Ghost Box (dont je parlais tantôt comme une des influences reconnues de l'esthétique de "Berberian Sound Studio"), disons que c'est le monolithe au centre de la scène hantologique musicale. C'est par eux, comme beaucoup de monde, que j'ai découvert l'existence de ce mouvement et certains des groupes sont excellents. Personnellement, je nommerais Eric Zann (du nom de ce personnage de Lovecraft ayant touché une autre dimension par la musique qu'il compose), Mount Vernon Arts Lab, The Focus Group, Belbury Poly et The Advisory Circle et, s'il ne devait rester qu'un seul disque, ce serait la collaboration entre Broadcast et Focus Group, "Broadcast and The Focus Group Investigate Witch Cults of the Radio Age".
Mais, du coup, ce label souffre du mal qui touche les titans de n'importe quel mouvement artistique: ce sont eux qui fournissent la base mais je continue à trouver les périphéries plus intéressantes, celles-ci étant, en l'occurrence, pour moi, les deux projets "Folklore Tapes" et "Audiological Transmissions", plus les groupes Concretism, Demdike Stare et The Caretaker. Mais, encore une fois, subjectif...

Photonik a écrit:C'est vraiment la preuve que je suis décidément un âne : j'avais mentalement noté (je fais trop confiance à ma mémoire) de dire sans faute un mot sur la BO, fabuleuse en effet. J'ai oublié, évidemment.


Ne te jette pas trop la pierre, quand même. Tu tiens, presque toutes les semaines, une chronique radiophonique de deux heures seul (le plus souvent). Pour quiconque a une idée de la façon dont se passe les émissions de radio, c'est quand même une performance pas négligeable. Alors, que tu oublies un truc ou deux au passage, c'est parfaitement normal.

Du coup, je suis bien content d'évoquer cette BO parce que j'ai le sentiment qu'en terme de musique de films de genre italiens, tout le monde se souvient, à raison, de Ennio Morricone, Goblin et, dans une moindre mesure, Bruno Nicolai. Mais je trouve que c'est un peu injuste envers certains compositeurs comme Stelvio Cipriani (et quelques autres) que je mets, dans un genre un peu différent, plus funky, quasiment au même niveau que ceux-là.

Photonik a écrit:A tout hasard, tu ne confondrais pas avec "La Marque du Diable", à peu près contemporain du "Grand Inquisiteur" ? Il me semble que c'est celui-là qui a une réputation de jusqu'au-boutisme assez scotchant.
Je n'ai vu ni l'un ni l'autre, donc je débloque peut-être, hein.


Non non, je ne confonds pas. Mais, même si je n'ai pas vu "La marque du diable", l'idée que je m'en fais est considérablement plus gore que "Witchfinder General", à deux doigts des video nasties italiennes 80's à la "Anthropophagous" et autres "Blue Holocaust".

"Witchfinder General" n'est pas à ce niveau-là, quand même. Mais il est suffisamment dérangeant et cruel pour avoir décontenancé les spectateurs de l'époque qui, s'attendant à un film gothique à la "Masque de la Mort Rouge" avec Vincent Price, se sont retrouvés devant quelque chose de plus proche du "Masque du Démon", notamment dans son dernier tiers.

Tori a écrit:Oh, tiens, je m'aperçois que j'ai oublié de laisser un commentaire sur ta dernière émission. il faut dire que mes connaissances en cinéma sont assez faibles (et en musique, c'est pire). Cela dit, je suis étonné : tu parles à plusieurs reprises du film Le magicien d'Oz sans préciser (même si beaucoup le savent) qu'il s'agit de l'adaptation du roman de L. Frank Baum. Il y a beaucoup de différences entre les deux (par exemple, les souliers d'argent deviennent de rubis, probablement pour profiter du technicolor), mais les singes volants et la sorcière qui fond étaient déjà dans le roman. Les numéros musicaux n'y étaient pas, en revanche (ni l'idée géniale d'opposer le monde en couleurs d'Oz au noir et blanc du Kansas).


D'ailleurs, à ce sujet, je suis sûr que beaucoup d'entre vous connaissent "Mirrormask", le long métrange (tiens, la typo était involontaire de ma part mais je vais la laisser, elle me plaît bien) de Neil Gaiman et Dave MacKean qui était prévu à la base comme une sorte de suite à "Labyrinth", ce qui est déjà une idée absolument merveilleuse, mais qui, au final, se rapproche beaucoup plus (à mon sens) du "Magicien d'Oz" (aussi bien ses avatars cinématographiques que littéraires, d'ailleurs) et (peut-être un peu de sur-interprétation de ma part, là) de "Taxandria" et "Les 5000 doigts du Dr. T". D'ailleurs, après avoir écrit cette phrase, j'en suis à me demander s'il n'y a pas un lien également entre ces deux derniers films.

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Oh, tiens, je m'aperçois que j'ai oublié de laisser un commentaire sur ta dernière émission. il faut dire que mes connaissances en cinéma sont assez faibles (et en musique, c'est pire). Cela dit, je suis étonné : tu parles à plusieurs reprises du film Le magicien d'Oz sans préciser (même si beaucoup le savent) qu'il s'agit de l'adaptation du roman de L. Frank Baum. Il y a beaucoup de différences entre les deux (par exemple, les souliers d'argent deviennent de rubis, probablement pour profiter du technicolor), mais les singes volants et la sorcière qui fond étaient déjà dans le roman. Les numéros musicaux n'y étaient pas, en revanche (ni l'idée géniale d'opposer le monde en couleurs d'Oz au noir et blanc du Kansas).

Tori.

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Ektah a écrit:Alors, évidemment, je ne me base que sur ta critique mais, en dehors des références tout à fait pertinentes que tu nommais, "Vertigo" en tête, je me demande s'il n'y a pas également une référence forte également au "Persona" de Bergman (film matriciel pour Lynch aussi, évidemment).


Je n'y ai pas pensé, perso, devant "Malgré la Nuit". Je ne suis même pas sûr que Bergman soit un cinéaste si important que ça pour Grandrieux, qui me fait plus directement penser à Bresson ou Dreyer, par exemple.
Mais je peux évidemment me tromper. J'adore "Persona", mais je ne suis pas un fin connaisseur du cinéma de Bergman.

Ektah a écrit:Un autre référence revendiquée (par Nicole Brenez, en tous cas) était Dante Alighieri ("La vie nouvelle" = "Vita nuova", son texte consacré à la mémoire transfigurée d'un amour mort... beau à pleurer, au passage).


Oui, là c'est certain, même si je ne connais pas le texte original de Dante (ressorti et traduit il y a quelques années par Medhi Belhaj Kacem). Tu me donnes en tout cas envie de découvrir ça en tout cas.

Ektah a écrit:Tiens, encore un groupe affilié (de loin, à mon avis) à la forme musicale de l'hantologie: ils ont sorti un single sur le label Ghost Box, qui est un des piliers de cette scène. Bien sympathique, aussi.


Va falloir que je me penche sur ce label, moi. Mais bon, j'ai pris du retard sur le suivi de tous les excellents liens que tu balances ici, faut que je creuse un peu le tout.

Ektah a écrit:Je n'ai pas vu le film donc je ne me prononcerai pas sur la question mais je tiens juste à préciser que je suis assez friand de sa BO par le grand Stelvio Cipriani, quelque part entre funk et pop mélancolique, assez caractéristique de son auteur et de son époque.


C'est vraiment la preuve que je suis décidément un âne : j'avais mentalement noté (je fais trop confiance à ma mémoire) de dire sans faute un mot sur la BO, fabuleuse en effet. J'ai oublié, évidemment.

Ektah a écrit:Tiens, en guise d'aparté, tout en restant (peut-être) dans le domaine du giallo, le teaser du prochain film du couple Cattet/Forzani, auteurs des néo-gialli "L'étrange couleur des larmes de ton corps" et "Amer", a été posté aujourd'hui.


Oui, l'indispensable Doc a posté ça sur le forum aujourd'hui même. On dirait bien que c'est le polar hardcore à l'italienne qui va passer à la moulinette cette fois-ci, ouais...

Ektah a écrit:Ah oui, "Witchfinder General", le film, c'est à voir. Sois prévenu, par contre, que le film est étonnamment cruel et dérangeant pour une œuvre dans la lignée des productions Hammer ou Roger Corman. On est plus proche des tortures façon Mario Bava que des jeunes filles en fleur à la Terrence Fisher.


A tout hasard, tu ne confondrais pas avec "La Marque du Diable", à peu près contemporain du "Grand Inquisiteur" ? Il me semble que c'est celui-là qui a une réputation de jusqu'au-boutisme assez scotchant.
Je n'ai vu ni l'un ni l'autre, donc je débloque peut-être, hein.

Ektah a écrit:Pour ce qui est du groupe, bah, la voix pourrait être plus maîtrisée mais ils compensent, à mon sens, par leur enthousiasme. Et c'est assez intéressant de voir une version un peu plus enjouée du doom à la Black Sab' (en fait, je ne suis pas loin de les voir comme un mix entre les périodes Ozzy et Dio du groupe). Bien sympathique, en tous cas, même si pas franchement incontournable.


Oui, on est d'accord, rien de transcendant, mais un document intéressant pour les amateurs de musique "sombre" (Lee Dorrian les a assez loués pour ça). Le chant est effectivement assez faible, et la parenté avec le Sab' est à chercher autant du côté du canal historique que de la période Dio.

Ektah a écrit:Alors, ce film, je l'ai vu, apprécié et quasiment immédiatement oublié.


Je comprends tout à fait.
C'est une authentique curiosité, à voir au moins une fois pour les amateurs de cinoche barré et "autre", mais un peu plus superficiel que son aura de culte et sa réputation flatteuse ne le laisse penser. Je note en tout cas avec intérêt les autres titres que tu cites...

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Ektah a écrit:Et la polyrythmie, c'est, à mon sens, tout ce qui fait le sel de King Crimson, Soft Machine ou Meshuggah, pour n'en nommer que quelques-uns.


Je dirais que c'est tout à fait le cas pour Meshuggah, et je ne connais pas assez la musique de Soft Machine pour me prononcer, mais pour King Crimson, je dirais que le sens de la mélodie chelou propre à Robert Fripp fait aussi beaucoup pour l'intérêt du groupe, outre cette maëstria rythmique invraisemblable.

Ektah a écrit:Pacôme a tendance à rajouter du gnosticisme un peu partout au petit bonheur la chance, ce qui n'est pas un problème: on a tous des clés de lecture récurrentes (comme moi avec la psychogéographie, quoi).


Oui, j'en avais d'ailleurs fait la remarque au sujet de "Pop Yoga" : comme le livre est une compilation de textes consacrés à des sujets très variés, c'est plus flagrant encore, comme "travers". Mais comme toi, je ne trouve pas que ce soit un problème.

Ektah a écrit:Que ce sens ait été voulu par l'auteur ou pas est secondaire.


Totalement d'accord avec ça.

Ektah a écrit:Mais, dans le cas d'Eraserhead, la lecture gnostique vient effectivement assez facilement. J'imagine qu'il a dû te parler de cette figure mystérieuse qui tire un levier comme une représentation du Démiurge.


Tu tapes dans le mille. :wink:

Ektah a écrit:Oh, bon sang... Ça va encore faire un trou dans mes finances, cette affaire. Mais, du coup, je suis impatient de voir ça.
Et ça fait toujours plaisir de savoir son travail apprécié.


Hey, je ne sais pas si je te comprends bien sur ce oup, mais ça veut dire que tu serais prêt à venir ? Si tel est le cas, contacte-moi (si tu n'as plus mon adresse mail, consulte mon profil sur le forum ou envoie-moi un MP) : on va s'arranger pour que ça te coûte rien en matière d'hébergement par exemple...
On s'est mis d'accord sur le samedi 1er juillet, ça laisse du temps. A priori, on va parler Carnaval, Fin des Temps et étatisation de la fête. Alléchant, non ?

Ektah a écrit:Mais, honnêtement, il (Richard Stanley) est gentil comme une crème. Si tu veux le contacter, pour l'émission ou d'une manière générale, tu peux le faire directement. À priori, il ne va pas t'envoyer te faire voir.


Oh ça serait une sacrée interview potentielle, ça !!! Faudra que je tente le coup...
Tu sais s'il est francophone ?

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Photonik a écrit:- On commence avec une sortie récente, à savoir le dernier film en date du très "exigeant" Philippe Grandrieux, "Malgré la Nuit".


Effectivement, tu as parfaitement raison: même moi qui ait un certain intérêt pour le cinéma de Grandrieux (enfin, je n'ai vu que "Sombre", "La vie nouvelle" et le clip qu'il a fait pour Marilyn Manson), je découvre l'existence de ce film par ton biais.

Alors, évidemment, je ne me base que sur ta critique mais, en dehors des références tout à fait pertinentes que tu nommais, "Vertigo" en tête, je me demande s'il n'y a pas également une référence forte également au "Persona" de Bergman (film matriciel pour Lynch aussi, évidemment). En tous cas, c'est la réflexion que je m'étais faite au visionnage de "La Vie Nouvelle", film qui, comme tu le faisais remarquer, semble effectivement être lié à "Malgré la nuit". Un autre référence revendiquée (par Nicole Brenez, en tous cas) était Dante Alighieri ("La vie nouvelle" = "Vita nuova", son texte consacré à la mémoire transfigurée d'un amour mort... beau à pleurer, au passage). Je me demande si cette référence n'est pas là, également, dans son nouveau film.

Tiens, dans un film traitant de la mémoire dévorante, je me demande, en dehors de la référence claire à "Vertigo" effectivement, s'il n'y a pas un lien avec la madeleine de Proust, également. Enfin, va savoir... Là, c'est peut-être moi qui plane un peu.

Bon, il faut que je trouve quelques heures pour regarder "Un lac" et "La vie nouvelle", moi.

Photonik a écrit:(...) "Melody In High Feedback Tones", extrait du "Void Beats/Invocation Trex" de Cavern Of Anti-Matter (...)


Tiens, encore un groupe affilié (de loin, à mon avis) à la forme musicale de l'hantologie: ils ont sorti un single sur le label Ghost Box, qui est un des piliers de cette scène. Bien sympathique, aussi.

Photonik a écrit:- On poursuit avec un giallo tout droit issu des seventies, "Terreur sur la lagune" d'Antonio Bido, un film méconnu mais qui a récemment connu les honneurs d'une sortie de luxe en Blu-Ray/DVD chez Le Chat Qui Fume.


Je n'ai pas vu le film donc je ne me prononcerai pas sur la question mais je tiens juste à préciser que je suis assez friand de sa BO par le grand Stelvio Cipriani, quelque part entre funk et pop mélancolique, assez caractéristique de son auteur et de son époque. Ce n'est pas le seul giallo à adopter ce genre d'accompagnement (on peut nommer "Femina Ridens", par exemple) mais je suis assez friand de l'effet produit.

Tiens, en guise d'aparté, tout en restant (peut-être) dans le domaine du giallo, le teaser du prochain film du couple Cattet/Forzani, auteurs des néo-gialli "L'étrange couleur des larmes de ton corps" et "Amer", a été posté aujourd'hui:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=_0rQQMkqdoo&feature=youtu.be[/youtube]

À voir. Pas impossible qu'ils se dirigent plus vers le domaine du poliziottesco avec celui-là, un autre des filone du cinéma de genre italien 60's/70's.

Photonik a écrit:(...) "Invisible Hate", titre introductif du "Death Penalty" des heavy-metalleux de Witchfinder General (...)


Ah oui, "Witchfinder General", le film, c'est à voir. Sois prévenu, par contre, que le film est étonnamment cruel et dérangeant pour une œuvre dans la lignée des productions Hammer ou Roger Corman. On est plus proche des tortures façon Mario Bava que des jeunes filles en fleur à la Terrence Fisher. Honnêtement, dans les classiques du Folk Horror, je ne pense pas qu'il se hisse aux sommets de "Blood on Satan's Claw" ou "Wicker Man" mais il reste parfaitement intéressant.

Pour ce qui est du groupe, bah, la voix pourrait être plus maîtrisée mais ils compensent, à mon sens, par leur enthousiasme. Et c'est assez intéressant de voir une version un peu plus enjouée du doom à la Black Sab' (en fait, je ne suis pas loin de les voir comme un mix entre les périodes Ozzy et Dio du groupe). Bien sympathique, en tous cas, même si pas franchement incontournable.

Photonik a écrit:- On termine avec une bizarrerie qui nous renvoie direct à l'âge d'or des studios hollywoodiens, avec l'azimuté "Les 5000 Doigts du Dr. T" de Roy Rowland, épaulé par Stanley Kramer et le fameux Dr. Seuss.


Alors, ce film, je l'ai vu, apprécié et quasiment immédiatement oublié. Au fond, je le considère un peu comme une version un peu moins bien du "Willy Wonka" de 1971, que je trouve parfaitement extraordinaire. C'est un peu injuste, bien sûr, vu que ce dernier n'existerait certainement pas sans l'apport de son aïeul mais j'ai peur que "Les 5000 Doigts du Dr. T" me laisse quand même un peu froid. Enfin, ça reste mieux que la plupart des Tim Burton récents et que toutes les autres adaptations du Dr. Seuss (enfin, celles que je connais, en tous cas). Par contre, de Stanley Kramer, je trouve "Un monde fou, fou, fou, fou" bien plus réussi (en considérablement plus burlesque et moins profond, par contre). J'imagine que mon indifférence pourrait venir d'une mise en scène trop impersonnelle, effectivement.

Bon, du coup, le sous-texte que tu évoques ne m'était pas totalement passé inaperçu mais, à cause des réserves que j'évoquais plus haut, je ne m'y étais pas tant arrêté que ça. C'est probablement une œuvre qui mérite un nouveau visionnage à l'aune de ton analyse, du coup.

Et puis, bon, Jello Biafra qui présente le film comme étant le plus punk de l'histoire du cinéma, c'est vendeur...

Tori a écrit:C'est assez classique, mais nettement mieux que ce à quoi on pourrait s'attendre pour un film au budget aussi petit (une bonne partie du budget a d'ailleurs sans doute été consacrée aux effets spéciaux du finale). Il y a juste une scène qui fait tache, à cause de son décor qui sonne faux (et quelques ellipses dues au montage qui paraissent étranges). Ah, et c'est la même actrice qui joue les deux rôles féminins principaux... Je ne m'en suis rendu compte qu'en voyant le générique de fin... Une sacrée performance de sa part (alors que le rôle principal masculin n'a pas un très bon jeu d'acteur : il est assez inexpressif). Le rythme est assez lent au début, mais ça va crescendo.


Ok. À voir alors, je pense (mais plus par curiosité qu'autre chose, à priori). Peut-être dans un double programme avec "Street Trash".

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Ektah a écrit:
Tori a écrit:Bon, voici, donc, le texte écrit par Greg Lamberson, réalisateur de Slime City, à l'occasion de la sortie du film chez Shock-o-rama en 2005


C'est passionnant, tout ça. Merci.

Et “Slime City”, le film lui-même, c’est bien ?

C'est assez classique, mais nettement mieux que ce à quoi on pourrait s'attendre pour un film au budget aussi petit (une bonne partie du budget a d'ailleurs sans doute été consacrée aux effets spéciaux du finale). Il y a juste une scène qui fait tache, à cause de son décor qui sonne faux (et quelques ellipses dues au montage qui paraissent étranges). Ah, et c'est la même actrice qui joue les deux rôles féminins principaux... Je ne m'en suis rendu compte qu'en voyant le générique de fin... Une sacrée performance de sa part (alors que le rôle principal masculin n'a pas un très bon jeu d'acteur : il est assez inexpressif). Le rythme est assez lent au début, mais ça va crescendo.

Tori.

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Photonik a écrit:Épisode 16 : Le cinéma dans tous ses états !!


Oh, le beau programme que voilà.

Photonik a écrit:Les mecs de Cheveu s'en expliquent en interview : leurs confrères ne voyaient pas par exemple pourquoi il faudrait arrêter un morceau au bout de 3 ou 4 minutes (c'est le formatage pop/rock qui veut ça), ni pourquoi il faudrait se contenter de rythmes binaires quand leur musique leur permet d'aller tellement plus loin que ça. Du coup, sur le plan polyrythmique, il s'en passe de belles sur le disque...


Marrant. Je m'étais fait la même réflexion récemment en suivant un MOOC (cours universitaire gratuit en ligne) consacré à la musique classique. Mais, bon, ça fait un moment que ce format pop-rock est mis à mal: en fait, si on le réduit à ses principes premiers, je pense qu'on peut dire que c'est la raison d'être du rock progressif. Et bim, la chanson unique de 2 heures répartie sur 2 disques ("Tales from the Topographic Ocean" de Yes). Et la polyrythmie, c'est, à mon sens, tout ce qui fait le sel de King Crimson, Soft Machine ou Meshuggah, pour n'en nommer que quelques-uns.

Curieux d'entendre ton interview, en tous cas. Il faudra que je jette une oreille à ce disque, aussi.

Photonik a écrit:Son livre sur les gnostiques sortira au mois de septembre de cette année ; il a en effet tourné autour de la question, piochant aussi dans des idées développées dans certains textes de "Pop Yoga", portant sur Dick et les Beatles notamment. Et il a pas pu s'empêcher de parler de Lynch, bien sûr (évoquant le caractère éminemment gnostique de "Eraserhead", par exemple).


Pacôme a tendance à rajouter du gnosticisme un peu partout au petit bonheur la chance, ce qui n'est pas un problème: on a tous des clés de lecture récurrentes (comme moi avec la psychogéographie, quoi). Que ce sens ait été voulu par l'auteur ou pas est secondaire. Mais, dans le cas d'Eraserhead, la lecture gnostique vient effectivement assez facilement. J'imagine qu'il a dû te parler de cette figure mystérieuse qui tire un levier comme une représentation du Démiurge.
Et, dans le cas de Dick et des Beatles, c'est même une référence assumée par les artistes.

Photonik a écrit:Ma compagne et moi avons pu passer un long moment avec lui après la conférence, et c'était génial ; vraiment un mec en or. J'en reparlerai plus tard quand ce sera plus ficelé mais on va organiser un truc avec lui (une autre conférence) cet été, au Pays Basque ; il est très emballé et moi aussi.
Et on a parlé de toi et de tes archives !!!!


Oh, bon sang... Ça va encore faire un trou dans mes finances, cette affaire. Mais, du coup, je suis impatient de voir ça.
Et ça fait toujours plaisir de savoir son travail apprécié.

Photonik a écrit:Oui, ils se détestaient mais ils avaient plus de points communs qu'ils n'auraient bien voulu l'admettre, les bougres.


Évidemment, c'est difficile de savoir comment ils étaient personnellement mais, dans l'image mentale que je m'en fais, les deux sont des clones, jusque dans leur tendance à la mégalomanie.

Photonik a écrit:D'ailleurs, la seule application à peu près concrète du concept par Debord et les siens, c'était au moment des mouvements de Mai 68 (durant lesquels la pratique psychogéographique, largement délaissée pendant 10 ans par Debord au profit d'une revitalisation des thèses marxistes, est un peu ressortie du placard).


Et, du coup, leur volonté à coller à 68 sera aussi la cause de leur mise au placard: le semi-échec du mouvement étudiant signera la fin du projet de Debord.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:En fait, j'irai même jusqu'à dire que l'école britannique a réussi là où Debord a échoué.



Oui et non, je dirais. Je nuancerai en disant qu'ils ont réussi là où Debord n'en en fait pas tout à fait essayé. :wink:


Allons, tu es mauvaise langue: 2 pages dans un numéro de Potlatch... :wink:

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Tiens, sur la recommandation de Richard Stanley


Tu le connais ??? Ou tu corresponds avec lui, peut-être ?
Je sais qu'il est installé dans le Sud, là où tu as tes attaches, c'est bien ça ?


Je n'irai pas jusqu'à dire que je le connais. On se dit bonjour quand on se croise dans la rue, quoi. À la base, je l'ai croisé 2-3 fois à l’Étrange Festival.

On est amis sur Facebook. C'est là qu'il a conseillé Nightsatan.

Mais, honnêtement, il est gentil comme une crème. Si tu veux le contacter, pour l'émission ou d'une manière générale, tu peux le faire directement. À priori, il ne va pas t'envoyer te faire voir.

Aux dernières nouvelles, il est installé à Montségur. D'ailleurs, il me semble qu'il parle de son rapport à l'Occitanie dans cet épisode récent de Tracks.

http://tracks.arte.tv/fr/richard-stanley-hardware-dust-devil

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Ektah a écrit:Marrant. Moi, c'est "Les treize", sa tentative de faire des aventures d'espionnage. (...) C’est franchement mal foutu mais, pourtant, aujourd’hui, c’est celui dont je me souviens. Je crois que j’ai quelque chose pour les monstres de Frankenstein littéraires.



Et tu me donnes franchement envie de le lire, là. :wink:

Ektah a écrit:Et on en revient à cette question de l'alliance entre musique urbaine et rurale (si on considère le Sahara comme "rural").


Je pense qu'on peut, oui. :wink:
Comme je le disais plus haut, ce qui se passe sur le disque est très intéressant : il y a comme un frottement ou une tension entre les habitudes des uns et des autres. Les mecs de Cheveu s'en expliquent en interview : leurs confrères ne voyaient pas par exemple pourquoi il faudrait arrêter un morceau au bout de 3 ou 4 minutes (c'est le formatage pop/rock qui veut ça), ni pourquoi il faudrait se contenter de rythmes binaires quand leur musique leur permet d'aller tellement plus loin que ça. Du coup, sur le plan polyrythmique, il s'en passe de belles sur le disque...
Je les vois au mois de juin, j'en dirais un mot. Et il faut que j'organise cette interview !! Ce sera vraisemblablement pour le mois prochain.

Ektah a écrit:Oui, je m'étais dit, puis avais oublié, que je devais te parler de son passage à Bayonne. Tant mieux si tu l'as noté toi-même. Ça semble être une des prémisses du bouquin sur la gnose qu'il est en train d'écrire. Depuis le temps qu'il (Pacôme Thiellement) tourne autour...



Son livre sur les gnostiques sortira au mois de septembre de cette année ; il a en effet tourné autour de la question, piochant aussi dans des idées développées dans certains textes de "Pop Yoga", portant sur Dick et les Beatles notamment. Et il a pas pu s'empêcher de parler de Lynch, bien sûr (évoquant le caractère éminemment gnostique de "Eraserhead", par exemple).
Ma compagne et moi avons pu passer un long moment avec lui après la conférence, et c'était génial ; vraiment un mec en or. J'en reparlerai plus tard quand ce sera plus ficelé mais on va organiser un truc avec lui (une autre conférence) cet été, au Pays Basque ; il est très emballé et moi aussi.
Et on a parlé de toi et de tes archives !!!!

Ektah a écrit:Pour être honnête, Debord a cela de commun avec Breton qu'on ne peut jamais prendre ses déclarations pour argent comptant.



Oui, ils se détestaient mais ils avaient plus de points communs qu'ils n'auraient bien voulu l'admettre, les bougres.

Ektah a écrit:je suis arrivé à deux conclusions. La première est que ce livre va faire des ravages dans mon compte bancaire.



Ah ça c'est clair, on a envie de tout lire...

Ektah a écrit:La seconde est que ma vision de la psychogéographie comme débutant après les guerres mondiales était probablement incomplète. Comme vous le précisiez, les prémisses sont là chez Machen, Defoe, Blake, De Quincey et les autres.



Oui, et Coverley insiste notamment sur l'importance des écrits de Defoe. Mais d'une certaine manière, dans sa façon d'importer les thématiques liées à la ruralité (ce dont on parlait plus haut), Machen me semble plus important.

Ektah a écrit:Par contre, je persiste à penser que la discipline a muté lors des guerres par le biais des surréalistes et des situs et que ce que nous nommons aujourd'hui psychogéographie (y compris dans sa forme britannique) est née des travaux de la bande à Debord. En fait, cet art du hasard que vous décriviez me semble plus correspondre aux errances surréalistes (dont le principe peut se résumer par un abandon à l’inconscient) qu’à la dérive situationniste. La comparaison que fait Coverley de cette dernière est celle d’une opération de reconnaissance militaire. Ça me semble très vrai. Pas de surprise que ce soit cette version que Grant Morrison a choisi pour les "Invisibles". Il y a pour moi définitivement un objectif dans cette version de la discipline (réapprentissage de la ville par les “forces populaires”) et une méthode (de type scientifique).



Oui, je ne suis pas en désaccord du tout avec ta façon de le présenter là. Debaord insiste bien sur la veine "stratégique" de sa démarche. D'ailleurs, la seule application à peu près concrète du concept par Debord et les siens, c'était au moment des mouvements de Mai 68 (durant lesquels la pratique psychogéographique, largement délaissée pendant 10 ans par Debord au profit d'une revitalisation des thèses marxistes, est un peu ressortie du placard).

Ektah a écrit:D’ailleurs, c’est probablement la cause de l'échec de cet aspect du projet situationniste: il s’agissait d’appliquer une grille très normative à une activité profondément intuitive et “artistique”.


Tu tapes dans le mille, c'est très précisément ça à mon sens aussi.

Ektah a écrit:En fait, j'irai même jusqu'à dire que l'école britannique a réussi là où Debord a échoué.



Oui et non, je dirais. Je nuancerai en disant qu'ils ont réussi là où Debord n'en en fait pas tout à fait essayé. :wink:


Ektah a écrit:C’est un détail mais, si Dino De Laurentiis a accepté de produire “Blue Velvet”, cela vient du fait que c’était un des points centraux du contrat qu’il avait conclu avec Lynch autour de “Dune”. En fait, c’était probablement la raison principale ayant poussé Lynch à accepter cette commande.



Tout à fait, tu as raison de préciser ce point (je le savais en plus, grrrr). Lynch précise ça dans un docu (de la série "The Directors") qui lui était consacré.

Ektah a écrit:Depuis le temps que j’en entends parler, de celle-là, il va vraiment falloir que je m’y mette. Pareil pour “Archer” et “Community”. J’ai entendu du bien de “Bojack Horseman”, aussi. Vous avez un avis ?



Je ne connais pas ce dernier titre, mais je vais checker ça.
Je te conseille vivement les trois autres, masi peut-être "Rick and Morty" en priorité. Je ne saurais dire si c'est le plus drôle, mais c'est en tout cas le plus virtuose.

Ektah a écrit:Tiens, sur la recommandation de Richard Stanley



Tu le connais ??? Ou tu corresponds avec lui, peut-être ?
Je sais qu'il est installé dans le Sud, là où tu as tes attaches, c'est bien ça ?

Ektah a écrit:C’est marrant: je n’avais jamais fait le rapprochement jusqu’ici mais l’écoute de ce morceau m’a immédiatement renvoyé aux morceaux “calmes” de Einstürzende Neubauten, comme "Blume".



Coïncidence : moi aussi, j'y pense. Mais c'est plutôt parce que j'ai découvert l'existence de ces deux groupes au même moment (quand je lisais Elegy ou D-Side, ce genre de trucs...).

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Tori a écrit:Bon, voici, donc, le texte écrit par Greg Lamberson, réalisateur de Slime City, à l'occasion de la sortie du film chez Shock-o-rama en 2005 : (...)


Un texte très intéressant en effet, et même touchant.
Sa teneur me rappelle certains propos d'Abel Ferrara, autre figure importante du New-York "sleazy" des années 70 et 80, qui ne cesse de déplorer l'ultra-gentrification du Manhattan post-Giuliani. Il y avait certainement beaucoup à faire en matière de sécurité, je ne le nie pas, mais on a un peu l'impression que le bébé "contre-culturel" a été jeté avec l'eau du bain "sécuritaire".
En tout cas, j'ai été frappé en me rendant à Times Square il y a quelques années par la différence avec le Times Square (et ses environs) tel qu'on peut le voir dans un "Taxi Driver" par exemple : c'est devenu un panneau publicitaire géant...


Tori a écrit:(truc bizarre, au passage : le DVD n'arbore pas le logo "DVD", et n'indique pas sa zone...) :

Tori.


C'est en fait assez courant chez les tout petits éditeurs, qui se passent parfois de ce genre de précisions.

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Cool, je suis ravi que les playlists des dernières semaines plaisent autant !! Y'a de très chouettes trucs en effet, j'essaie d'élargir un peu le spectre...

Avatar de calvinball

Outch la playlist classe de chez classe.

(et pour le programme aussi hein, triple rasade de cinoche c'est glop)

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Épisode 16 : Le cinéma dans tous ses états !!

Emission un peu spéciale puisqu'intégralement consacrée au cinéma, un peu dans tous ses états puisqu'on va aborder trois films très différents les uns des autres...
Le programme cette semaine :

- On commence avec une sortie récente, à savoir le dernier film en date du très "exigeant" Philippe Grandrieux, "Malgré la Nuit".

- On poursuit avec un giallo tout droit issu des seventies, "Terreur sur la lagune" d'Antonio Bido, un film méconnu mais qui a récemment connu les honneurs d'une sortie de luxe en Blu-Ray/DVD chez Le Chat Qui Fume.

- On termine avec une bizarrerie qui nous renvoie direct à l'âge d'or des studios hollywoodiens, avec l'azimuté "Les 5000 Doigts du Dr. T" de Roy Rowland, épaulé par Stanley Kramer et le fameux Dr. Seuss.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Drugs On The Bus", extrait du premier album de Crystal Fairy (avec des bouts des Melvins dedans), "Melody In High Feedback Tones", extrait du "Void Beats/Invocation Trex" de Cavern Of Anti-Matter, "Invisible Hate", titre introductif du "Death Penalty" des heavy-metalleux de Witchfinder General, et on termine avec le paisible "Carondelet", issu de la collaboration entre Jesu et Sun Kil Moon..!


"There's a water fountain that runs all night,
And sometimes the sound of it drives me fucking crazy I swear.
And there's a mountain of tour dates piling up that I'm really supposed to be paying mind,
But sometimes I don't feel like it so I pick up my guitar and put if off to another time..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Serions-nous hantés par le souvenir d'Agatha Christie ?


Moi oui ; j'ai été traumatisé gamin par la lecture des "Dix Petits Nègres". D'une certaine manière, ça m'accompagne toujours.


Marrant. Moi, c'est "Les treize", sa tentative de faire des aventures d'espionnage. C’est une collection de nouvelles reliées entre elles de manière bancale par l’adjonction d’une société secrète de méchants n’étant pas sans rappeler la bande de Moriarty pour Sherlock Holmes ou le SPECTRE de James Bond. C’est franchement mal foutu mais, pourtant, aujourd’hui, c’est celui dont je me souviens. Je crois que j’ai quelque chose pour les monstres de Frankenstein littéraires.

Photonik a écrit:Le dernier disque, en collaboration avec les Africains du Groupe Doueh, me semble très intéressant sur la base de quelques titres, et il renouvelle considérablement le répertoire du groupe, à la base très électro-pop mâtiné de punk. Là, rythmiquement par exemple, ils ont l'air de tenter des choses qui les sortent de leur zone de confort...


Ah, ça, ça me parle beaucoup... Et on en revient à cette question de l'alliance entre musique urbaine et rurale (si on considère le Sahara comme "rural").

Photonik a écrit:Au sujet de Thiellement, je suis normalement jeudi soir à Bayonne pour suivre une conférence donnée par ses soins sur un sujet bien de son cru : "De la Pop à la gnose" !!


Oui, je m'étais dit, puis avais oublié, que je devais te parler de son passage à Bayonne. Tant mieux si tu l'as noté toi-même. Ça semble être une des prémisses du bouquin sur la gnose qu'il est en train d'écrire. Depuis le temps qu'il tourne autour...

Photonik a écrit:Pour Debord, le fait est qu'il était très soucieux de bien "brûler les ponts", et de ne surtout pas (ou si peu) se placer dans le sillage de qui que ce soit. Il se serait étranglé plutôt que de reconnaître une quelconque dette à l'égard des surréalistes par exemple (alors qu'au fond...). Difficile donc de s'appuyer sur ses propres dires pour remonter le fil.


Pour être honnête, Debord a cela de commun avec Breton qu'on ne peut jamais prendre ses déclarations pour argent comptant.

artemus dada a écrit:
les situationnistes (inventeurs du concept de psychogéographie)


Je sais qu'on trouve souvent cette idée, mais il y a une branche de la psychogéographie plutôt britannique d'ailleurs, qui est d'ailleurs celle qu'utilisent Moore, et Ellis et qui n'a rien à voir avec la "dérive" des Situationnistes, mais plutôt avec ce que fait par exemple Peter Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.


Photonik a écrit:
Et je vais perdre mes galons de psychogéographe mais le bouquin de Coverley est toujours dans ma pile des livres à lire.


Il n'est pas exempt de défauts (il est trop bref pour un sujet aussi considérable, et il adopte une approche strictement chronologique pas forcément adaptée au sujet à mon sens), mais il a le gros avantage de donner des tas de pistes de lecture passionnantes. Par exemple, j'ai découvert le formidable "Paris Insolite" de Jean-Paul Clébert après avoir lu Coverley.


Alors, pour la longueur, j'ai constaté que les Moutons Électriques ont sorti deux autres volumes, "Paris: une physionomie" et "Londres: une physionomie", tous deux des pavés, écrits par Ruaud, qui, même si je peux me faire une fausse idée, me semblent être la continuation du travail effectué dans le livre de Coverley.

D'ailleurs, je suis en train de lire ce dernier, à la suite de nos conversations. À cette lecture, je suis arrivé à deux conclusions. La première est que ce livre va faire des ravages dans mon compte bancaire. La seconde est que ma vision de la psychogéographie comme débutant après les guerres mondiales était probablement incomplète. Comme vous le précisiez, les prémisses sont là chez Machen, Defoe, Blake, De Quincey et les autres. Par contre, je persiste à penser que la discipline a muté lors des guerres par le biais des surréalistes et des situs et que ce que nous nommons aujourd'hui psychogéographie (y compris dans sa forme britannique) est née des travaux de la bande à Debord. En fait, cet art du hasard que vous décriviez me semble plus correspondre aux errances surréalistes (dont le principe peut se résumer par un abandon à l’inconscient) qu’à la dérive situationniste. La comparaison que fait Coverley de cette dernière est celle d’une opération de reconnaissance militaire. Ça me semble très vrai. Pas de surprise que ce soit cette version que Grant Morrison a choisi pour les "Invisibles". Il y a pour moi définitivement un objectif dans cette version de la discipline (réapprentissage de la ville par les “forces populaires”) et une méthode (de type scientifique). D’ailleurs, c’est probablement la cause de l'échec de cet aspect du projet situationniste: il s’agissait d’appliquer une grille très normative à une activité profondément intuitive et “artistique”.

Bon, du coup, je suis tout à fait prêt à reconnaître ma subjectivité mais il me semble que l'aspect méthodique et dirigé de l'étude à la Sinclair, Moore ou Ackroyd se rapproche de celle de Debord. Après, il est tout à fait possible que ce ne soit pas une volonté de leur part. Ça ne serait pas la première fois que des processus séparés arrivent à un résultat similaire. En fait, j'irai même jusqu'à dire que l'école britannique a réussi là où Debord a échoué.

Tori a écrit:Bon, voici, donc, le texte écrit par Greg Lamberson, réalisateur de Slime City, à l'occasion de la sortie du film chez Shock-o-rama en 2005


C'est passionnant, tout ça. Merci.

Et “Slime City”, le film lui-même, c’est bien ?

Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque non pas un mais deux films, avec le documentaire "David Lynch : The Art Life", et le mythique "Eraserhead", premier film de Lynch, la vision du second après celle du premier se révélant riche d'enseignements sur le travail du plus chelou des cinéastes contemporains.


C’est un détail mais, si Dino De Laurentiis a accepté de produire “Blue Velvet”, cela vient du fait que c’était un des points centraux du contrat qu’il avait conclu avec Lynch autour de “Dune”. En fait, c’était probablement la raison principale ayant poussé Lynch à accepter cette commande.

Photonik a écrit:Pour les séries, on s'attaque à "Rick and Morty", série animée signée Dan Harmon et Justin Roiland, à la fois hilarante et virtuose sur le plan narratif.


Depuis le temps que j’en entends parler, de celle-là, il va vraiment falloir que je m’y mette. Pareil pour “Archer” et “Community”. J’ai entendu du bien de “Bojack Horseman”, aussi. Vous avez un avis ?

Photonik a écrit:(...)morceau de GosT issu de l'album "Non Paradisi" (...)


Tiens, sur la recommandation de Richard Stanley, j’ai découvert cet hommage aux films post-apo italiens des années 80, “Nightsatan and the loops of doom” (ce titre....) mené par un artiste synthwave finlandais. Je ne sais pas si je dois présenter ça comme une recommandation ou juste comme quelque chose qui existe. Disons que ce n’est pas ce qu’il y a de plus subtil mais j’ai une certaine sympathie pour le projet, comme une alternative un peu plus perchée et authentique à Kung Fury.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=VqgUWYvT55I[/youtube]

Sinon, je suis aussi en train de regarder les vidéos de Gunship. Dans le coté régressif assumé, c’est bien sympathique aussi (avec des collaborateurs de talent, comme John Carpenter ou Lee Hardcastle).

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=-nC5TBv3sfU[/youtube]

Photonik a écrit:(...)"Zero Zero", titre introductif du "Shadow Weaver" des néerlandais de The Legendary Pink Dots(...)


C’est marrant: je n’avais jamais fait le rapprochement jusqu’ici mais l’écoute de ce morceau m’a immédiatement renvoyé aux morceaux “calmes” de Einstürzende Neubauten, comme "Blume".

Photonik a écrit:(...) et on termine avec l'hallucinatoire "Psychonaut", concocté par les rockers gothiques de Fields Of The Nephilim..!


Ouais, je te rejoins: je pense aussi que ce morceau est le meilleur des Fields. Toujours un plaisir de le réécouter.

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Vu ton pseudo et ton avatar, tu n'as clairement pas le droit de faire l'impasse, là !! :wink:

Il aurait pu si ç'avait été raté...
Bon, voici, donc, le texte écrit par Greg Lamberson, réalisateur de Slime City, à l'occasion de la sortie du film chez Shock-o-rama en 2005 (truc bizarre, au passage : le DVD n'arbore pas le logo "DVD", et n'indique pas sa zone...) :
Greg Lamberson a écrit:  When I moved to New York City in 1982, to study filmmaking at the School of Visual Arts, I was exposed to a cornutopia of exhilarating sleaze. I was raised in Fredonia, an upstate village with no murder rate whatsoever, an NYC was in the grip of crack cocaine and angel dust epidemic. SVA's dormitory consisted of two floors in a YMCA called Sloan House, located on 34th Street and 9th Avenue, across the street from the New Yorker, headquarters of Reverend Sung Yung Moon and his persistent, if clueless followers.
  I let my future collaborator, Peter Clark, at Sloan House. Peter enjoyed shooting pool in the recreation room with decrepit sharks who regaled him with tales of their years spent as pimps, and it wasn't unusual for us to eat breakfast in a diner packed with hookers just coming off the night shift. It was a brief walk from Sloan House to SVA's main building on West 23rd Street, but mor importantly, it was a hop, a skip, and a jump to 42nd Street and Times Square.
  In the 1980's, when the home video market was in its infancy, Manhattan cineastes had access to countless midnight venues like the Bleecker Street Cinemas, the 8th Street Playhouse, St. Mark's Cinemas, and the Waverly Twin. Our instructors necouraged us to see every movie we could, and for many of us living in Sloan House, including Peter and our classmate, Jimmy Muro, that included seeing triple features in the grindhouses on Forty-Deuce: women-in-prison films, Russ Meyer epics, creatively re-titled slasher flicks, and martial arts mayhem, all presented in the urine-soaked ambiance of auditoriums haunted by winos, drug addicts, and other denizens living on the fringe.
  Jimmy had interned as a production assistant on Frank Henenlotter's BASKET CASE, which played at the Waverly on weekends as a midnight show. I'd seen THE ROCKY HORROR PICTURE show, of course, but had no idea that a low budget film like BASKET CASE could inspire such fanatatical loyalty; one character even attended screenings with a large wicker basket, just like the one that housed twisted little Belial in the film. I later worked as a doorman at the RKO National Twin on Broadway and 43rd Street, where THE EVIL DEAD and THE DEADLY SPAWN enjoyed successful runs
  When Peter and I left SVA after one year to concentrate on features, we wanted to follow in the footsteps of Sam Raimi, Ted Bohus, and Frank Henenlotter. We shared a love for horror flicks and science fiction pictures, but horror lent itself more readily to the constraints of low budget filmmaking. With our friend Robert Sabin, who'd starred in our first narrative short film, we sought to make SLIME CITY. But where to begin ?

  Around 1984, we hooked up with John Michaels, the Assistant Director on SPLATTER UNIVERSITY, a 16mm slasher flick released by Troma. Michaels was prepping the horror spoof I WAS A TEENAGE ZOMBIE, and Peter, Robert, and I quit our jobs to work on the film for free and learn the nuts and bolts of microbudget filmmaking. It was one hell of an education, and we vowed to avoid mistakes we witnessed during production.
  When we shot SLIME CITY in 1986, we managed to avoid most of those mistakes, but we made plenty of our own. I won't go into detail here, you have a director/actor commentary track for that, and a featurette, MAKING SLIME. I will say that during SLIME CITY's protracted post-production phase, my crew and I worked on PLUTONIUM BABY –possibly the worst film ever made– and Frank Henenlotter's sublime BRAIN DAMAGE, which also united the crews of BASKET CASE and STREET TRASH. Jimmy Muro and Roy Frumkes, our SVA film production teacher, had shot STREET TRASH only months before Peter and I shot SLIME CITY. We didn't realize it then, but BRAIN DAMAGE was the culmination of everything else we did during that outrageous decade.
  I WAS A TEENAGE ZOMBIE played as a midnight movie in 1987; BRAIN DAMAGE enjoyed a small, national release that same year; and SLIME CITY had its moment on medium-sized screens in 1988. Don't hold me to those dates. SLIME CITY premiered at the Waverly, then settled into a five-week midnight run at the Bleecker Street Cinemas, now home to Kim's Underground (where niche entertainment is still treated with respect, even if the customers aren't). By the time SLIME came out on video in 1989 –following several overseas sales– the decade of celebrated sleaze was already in its death throes. Home video, which had popularized theatrical films like RE-ANIMATOR and EVIL DEAD II, killed the midnight movie; 42nd Street started showing mainstream films; and Sloan House mutated into a pricey condominium.
  When Robert and I filmed (videotaped, actually) NAKED FEAR in 1995, with my long-time Assistant Director, Ed Walloga, 42nd Street had been killed by the likes of Rudy Giuliani and greedy developers. For at least two years, the shuttered grindhouses stood empty, like wartime relics, with bizarre messages posted on their marquees. NAKED FEAR features the Times Square footage that SLIME CITY lacked, with Robert's character spending the length of an entire song passing those dead palaces. The film is affectionately "Dedicated to the Deuce", and the death of the misunderstood killer played by Tommy Sweeney (star of my 1991 film, UNDYING LOVE) symbolizes the end of that era. Really!
  If home video killed the midnight movie, DVD has resurrected its fare with a new mission statement to boldly restore obscure films and present them as they've never been seen before, with pristine images and intriguing bonus features. This new medium has generated strong interest in the gross-out productions of the 80s, which are now enjoying an unlikely renaissance.
  I'm extremely pleased with the efforts of Mike Raso and his Shock-O-Rama gang to bring SLIME CITY to a wider audience. When they re-released it on VHS in 1999, I cut some footage and scenes to make the film shorter. Some of the changes worked, some didn't. I've retained the ones that did, and have gone back to the original cut for those that didn't. If the previous incarnation was the Special Edition, then this is the Ultimate Edition –at least until High Definition takes over.

  In addition, when Peter and I shot the film, we framed many of the shots with extra headspace and legroom, anticipating a 35mm blowup that never came to fruition. For years, that framing has embarrassed me. Now that the film has been letterboxed, it looks the way we'd originally intended. Peter died in 2000, which is why MAKING SLIME is dedicated to him; I think he'd be pleased with this presentation of the film we shot 19 years ago.

I hope you like it, too.

Greg Lamberson,
www.slimeguy.com


J'en ai respecté la casse : les noms de films sont donc écrits en capitales.

Tori.

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Vu ton pseudo et ton avatar, tu n'as clairement pas le droit de faire l'impasse, là !! :wink:


C'est clair ! :wink:

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Le Doc a écrit:Tu connais bien maintenant mes réserves sur le cinéma de David Lynch, qui se partage pour moi en 2 parties bien distinctives


Oui, nous avions déjà échangé sur le sujet ; la césure que tu évoques est non seulement admise par tous (y compris ses fans un peu gaga, comme moi...) mais elle a en plus sa pertinence "objective".
Le docu livre en tout cas des clés pour comprendre certains pans de sa filmo, surtout "Eraserhead" comme je le dis durant l'émission, mais aussi certaines scènes de films plus tardifs et majeurs de sa filmo, comme "Blue Velvet".

Le Doc a écrit:Et le dessinateur de la série de Chuck Dixon, dont on a eu quelques épisodes dans la collection V.I. de Semic, était Sal Velluto.


Sal Velluto !! Ah ça ne me serait jamais revenu...

Le Doc a écrit:Je n'en ai entendu que du bien de ce dessin animé ("Rick and Morty"). Faudrait que je me chope au moins un épisode un de des quatre...mais comme je suis déjà en retard sur pas mal de séries intéressantes... :wink:


Vu ton pseudo et ton avatar, tu n'as clairement pas le droit de faire l'impasse, là !! :wink:

Le Doc a écrit:Yeah...super playlist


Merci beaucoup !!!

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OK, je poste ça demain, du coup.

Tori.

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En anglais, ça me va très bien..!

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Photonik a écrit:
Tori a écrit:[il s'agit de Slime City, par Greg Lamberson (et le DVD est un "double feature", avec en bonus Naked fear, un autre de ses films), qui comporte un livret dans lequel le réalisateur revient sur le déclin des "midnight movies" (dû à l'explosion du marché de la vidéo), et sur le regain d'intérêt pour ceux-ci (grâce à l'apparition des DVD...). J'essaierai de poster son texte, c'est assez intéressant (même s'il y parle surtout de son expérience personnelle).


Ah ça m'intéresserait que tu postes le texte, ouais.

J'ai commencé à le recopier... Je le laisse en anglais, ou tu préfèrerais que je le traduise ?

Tori.

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Photonik a écrit:
- Pour le cinéma, on évoque non pas un mais deux films, avec le documentaire "David Lynch : The Art Life", et le mythique "Eraserhead", premier film de Lynch, la vision du second après celle du premier se révélant riche d'enseignements sur le travail du plus chelou des cinéastes contemporains.


Tu connais bien maintenant mes réserves sur le cinéma de David Lynch, qui se partage pour moi en 2 parties bien distinctives : je n'ai pas tout vu, mais comme je l'ai déjà écrit, ma préférence va plus à des films comme Elephant Man, Sailor et Lula et Une Histoire Vraie qu'à Mulholland Drive, Lost Highway et Inland Empire (je ne l'ai d'ailleurs pas terminé celui-là, ce qui ne m'arrive pas souvent).
Si je me rappelle bien, le premier Lynch que j'ai vu était Dune. Je l'avais beaucoup aimé plus jeune, mon appréciation a baissé en grandissant, mais comme toi je ne le trouve pas si catastrophique que ça. Il ne manque pas de scènes marquantes et son casting est impressionnant...

Donc même si son cinoche m'a perdu en cours de route, je suis toujours intéressé par une partie de la filmo de David Lynch et je regarderai ce documentaire quand j'en aurai l'occasion...

- Pour la BD, retour sur le parcours de l'un des seconds couteaux les plus attachants des comics, en l'occurrence Moon Knight, le Chevalier de la Lune, repris en main récemment par Jeff Lemire (épaulé aux dessins par Greg Smallwood).


Chouette rétrospective du personnage. Je n'ai pas lu beaucoup de revues Arédit/Artima (j'en ai dans ma collec' mais plus jeune je préférais les revues Lug et leurs sommaires plus stables) mais parmi ceux que j'ai, il y a les premiers Moon Knight de Moench et Sienkiewicz (et j'ai depuis récupéré les débuts du perso en Intégrales V.O.). C'est vraiment une série qui m'a impressionné quand je l'ai lue à la fin des années 80, notamment par son atmosphère beaucoup plus sombre.
Et le dessinateur de la série de Chuck Dixon, dont on a eu quelques épisodes dans la collection V.I. de Semic, était Sal Velluto.

- Pour les séries, on s'attaque à "Rick and Morty", série animée signée Dan Harmon et Justin Roiland, à la fois hilarante et virtuose sur le plan narratif.


Je n'en ai entendu que du bien de ce dessin animé. Faudrait que je me chope au moins un épisode un de des quatre...mais comme je suis déjà en retard sur pas mal de séries intéressantes... :wink:

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Octopus", extrait de "The Madcap Laughs" du regretté Syd Barrett, "Nascency", morceau de GosT issu de l'album "Non Paradisi", "Zero Zero", titre introductif du "Shadow Weaver" des néerlandais de The Legendary Pink Dots, et on termine avec l'hallucinatoire "Psychonaut", concocté par les rockers gothiques de Fields Of The Nephilim..!


Yeah...super playlist, des ambiances très différentes à chaque fois, un éclectisme qui fait du bien aux oreilles (j'aime bien aussi la grandiloquence du début de Nascency...et tu as bien raison : à chaque fois que tu proposes un morceau de ce genre, je me crois dans un film d'horreur des années 80^^)...

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Oui, j'ai appris ça ici-même après avoir enregistré l'émission, le lendemain en fait ; j'imagine effectivement que ça mettrait de fait un petit coup d'arrêt à sa "surproduction" actuelle...

Avatar de Le Doc

Je suis en train d'écouter l'émission (j'en parlerai en détail un peu plus tard), mais là je suis arrivé au moment où tu parles de la production pléthorique de Jeff Lemire. Je ne sais pas quand tu as enregistré l'émission, mais on a appris cette semaine que Jeff Lemire quitte Marvel après la fin de ses nombreuses séries en cours pour se consacrer à ses projets personnels. On devrait peut-être moins le voir un peu partout, je pense... :wink:

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Tori a écrit:[il s'agit de Slime City, par Greg Lamberson (et le DVD est un "double feature", avec en bonus Naked fear, un autre de ses films), qui comporte un livret dans lequel le réalisateur revient sur le déclin des "midnight movies" (dû à l'explosion du marché de la vidéo), et sur le regain d'intérêt pour ceux-ci (grâce à l'apparition des DVD...). J'essaierai de poster son texte, c'est assez intéressant (même s'il y parle surtout de son expérience personnelle).


Ah ça m'intéresserait que tu postes le texte, ouais.

Tori a écrit:Encore une très bonne émission, et une programmation musicale de qualité.

Tori.


Merci pour ton appréciation, et ton assiduité.

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque non pas un mais deux films, avec le documentaire "David Lynch : The Art Life", et le mythique "Eraserhead", premier film de Lynch, la vision du second après celle du premier se révélant riche d'enseignements sur le travail du plus chelou des cinéastes contemporains.

Ah, tiens, ce "double feature" (ou "double programme") et le fait que tu évoques, à propos d'Eraserhead du phénomène des "midnight movies" me fait penser à un DVD que j'ai trouvé la semaine dernière : il s'agit de Slime City, par Greg Lamberson (et le DVD est un "double feature", avec en bonus Naked fear, un autre de ses films), qui comporte un livret dans lequel le réalisateur revient sur le déclin des "midnight movies" (dû à l'explosion du marché de la vidéo), et sur le regain d'intérêt pour ceux-ci (grâce à l'apparition des DVD...). J'essaierai de poster son texte, c'est assez intéressant (même s'il y parle surtout de son expérience personnelle).
Au passage, ce film est un tout petit budget (quinze mille dollars, en 1987)... Et pourtant, à une scène près, il ne s'en sort pas trop mal (bon, le deuxième film, en revanche, le budget devait être encore plus petit : on dirait un truc filmé entre potes au caméscope et sans montage...).

En ce qui concerne Rick et Morty, ça passe sur France 4 et sur Netflix.
Ça devait être sur France 4 que j'avais vu le début.

Encore une très bonne émission, et une programmation musicale de qualité.

Tori.

Avatar de Photonik

Tori a écrit:il y a bien plus de finesse que l'habillage ne pourrait le laisser penser.


Oh que oui. Beaucoup plus.

Avatar de Tori

C'était pour voir si on suit... ~___^
Bon, Lynch, je ne suis pas très amateur (ni très connaisseur, du coup), Moon Knight m'intéresse déjà plus... Quant à Rick & Morty, j'avais vu le début, quand c'était passé il y a déjà quelque temps... Et c'était plutôt une agréable surprise : il y a bien plus de finesse que l'habillage ne pourrait le laisser penser.


Tori.

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C'est bon, c'est réglé !!

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Ah oui, exact, y'a eu un bug, là. Je vais aux nouvelles.

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Ah, visiblement, le nouvel épisode n'a toujours pas été mis en ligne. C'est encore celui d'avant les vacances.

Avatar de Photonik

Épisode 15 : The Rick and Moon Knight Life !!

On est de retour après la petite pause rituelle pour les vacances...
Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque non pas un mais deux films, avec le documentaire "David Lynch : The Art Life", et le mythique "Eraserhead", premier film de Lynch, la vision du second après celle du premier se révélant riche d'enseignements sur le travail du plus chelou des cinéastes contemporains.

- Pour la BD, retour sur le parcours de l'un des seconds couteaux les plus attachants des comics, en l'occurrence Moon Knight, le Chevalier de la Lune, repris en main récemment par Jeff Lemire (épaulé aux dessins par Greg Smallwood).

- Pour les séries, on s'attaque à "Rick and Morty", série animée signée Dan Harmon et Justin Roiland, à la fois hilarante et virtuose sur le plan narratif.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Octopus", extrait de "The Madcap Laughs" du regretté Syd Barrett, "Nascency", morceau de GosT issu de l'album "Non Paradisi", "Zero Zero", titre introductif du "Shadow Weaver" des néerlandais de The Legendary Pink Dots, et on termine avec l'hallucinatoire "Psychonaut", concocté par les rockers gothiques de Fields Of The Nephilim..!


"Let us gather hallucinations from our private minds
Let us witness the reincarnation of the Sun
Leviathan
May the mountains shake you to the core..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Ektah a écrit:Serions-nous hantés par le souvenir d'Agatha Christie ?


Moi oui ; j'ai été traumatisé gamin par la lecture des "Dix Petits Nègres". D'une certaine manière, ça m'accompagne toujours.

je trouve que le RIO et le style de Canterbury sont des mouvements liés à une certaine scène à un moment donné mais qui, stylistiquement, ne sont pas si dissemblables que ça du prog "classique" à la King Crimson.


Oui, sans être spécialiste, je suis assez d'accord.

Ça fait un moment que j'ai une bonne opinion de Cheveu, en ne connaissant presque rien de leur musique.


Le dernier disque, en collaboration avec les Africains du Groupe Doueh, me semble très intéressant sur la base de quelques titres, et il renouvelle considérablement le répertoire du groupe, à la base très électro-pop mâtiné de punk. Là, rythmiquement par exemple, ils ont l'air de tenter des choses qui les sortent de leur zone de confort...

je crois que ce que j'aime bien chez Palahniuk est l'adéquation entre style et contenu. Il a ce ton un peu artificiel, un peu vulgaire, consumériste, qui correspond à ce qui est raconté. J'aime cette approche. Ryu Murakami a pu faire la même chose sur certains de ses livres aussi, d'ailleurs. C'est moins marqué chez Ellis, à mon avis.


Oh, je dirais qu'Ellis y parvient très bien sur "Glamorama", par exemple, et dans une moindre mesure dans "American Psycho" mais peut-être par d'autres biais.

Mon bon, Don De Lillo les enterre tous. Je pense qu'on peut convenir de cela.


Nous sommes d'accord. C'est pas tout à fait du même ordre, De Lillo. J'ai encore un de ses romans de jeunesse, "Great Jones Street", sur le feu ; va falloir que je m'y colle, tiens.

Photonik a écrit:tout n'est qu'un clou pour qui n'a qu'un marteau à sa disposition.


Très vrai. Sauf erreur de ma part, la citation vient de Paul Watzlawick, un jungien qui fait partie des fondateurs de l'école de Palo Alto (oui, le groupe de musique industrielle du même nom est une référence), qui reconnaissait comme antécédent à leur pensée Edward Sapir, d'où le fait que la citation se retrouve dans "Premier Contact".


Intéressant ça, j'en ignorais la source.

j'irai même jusqu'à considérer que toute l'histoire de la pensée (artistique ou pas) en occident est, depuis la seconde guerre mondiale (au moins), celle d'une quête de sens.



Oui, un sens perdu je dirais.

D'ailleurs (et je suis tout à fait prêt à reconnaître que c'est l'influence de Pacôme qui s'exprime là par mon biais), c'est le même état d'esprit qui pousse Jacques Rivette à explorer le Paris secret (dans "Out 1" et "Céline et Julie vont en bateau", surtout) à la recherche du souvenir du Paris occultiste de "L'histoire des treize" de Balzac. Je ne suis pas loin de considérer ces films comme une forme de psychogéographie.


J'abonde dans ce sens concernant le trop peu cité Jacques Rivette. Pacôme Thiellement proposait d'ailleurs, lors de l'entretien qu'il m'avait accordé l'an dernier, un rapprochement très intéressant à mon sens entre son travail et celui de Thomas Pynchon, "conspirationnel" disait-il ; je crois que c'est très juste.
Au sujet de Thiellement, je suis normalement jeudi soir à Bayonne pour suivre une conférence donnée par ses soins sur un sujet bien de son cru : "De la Pop à la gnose" !!

il y a des artistes qui explorent ce principe des "edgelands" (aussi connus sous le nom de "liminal spaces", chez les plus mystiques), ces zones mal définies aux bordures des villes n'appartenant ni au domaine urbain ni au rural, souvent en autour des autoroutes et périphériques, comme par exemple le fameux "London Orbital" cher à Iain Sinclair ou le cadre de "Paris est un leurre" de Xavier Boissel. Ça me semble aussi être le lieu de la trilogie de béton de Ballard.


C'est très vrai pour Ballard, oui, et au-delà de la trilogie de béton, je dirais. Il le formulait pratiquement en ces termes d'ailleurs ; il considérait les grandes métropoles comme Londres, Paris ou New-York (en tout cas leurs centres) comme des formes obsolètes et peu propices à l'extrapolation dans le cadre de son travail. Par contre, ces zones péri-urbaines que tu décris l'intéressaient au plus haut point ; c'était pour lui le tombeau de tous les affects.

Oh, je suis d'accord pour l'influence de Machen, bien sûr. (...) Et, ce qui est pour moi le sommet de la carrière de Current 93, la trilogie "The inmost light" tire son nom d'une de ses histoires.


Eh bien je l'ignorais mais ça me semble parfaitement cohérent, en effet.

je pense qu'il est très possible que, lors de la création de la psychogéographie situationniste, Debord ait été familier avec les textes de Machen (ou alors les surréalistes l'auront connu puis transmis à leurs descendants... je ne sais pas). Sinon, il aura cru que son idée était originale. Au fond, peu importe. (...) Tout ça pour dire que, certes, les deux branches de la discipline sont dissemblables mais que ça ne change rien au fait qu'elles sont liées.



Pour Debord, le fait est qu'il était très soucieux de bien "brûler les ponts", et de ne surtout pas (ou si peu) se placer dans le sillage de qui que ce soit. Il se serait étranglé plutôt que de reconnaître une quelconque dette à l'égard des surréalistes par exemple (alors qu'au fond...). Difficile donc de s'appuyer sur ses propres dires pour remonter le fil.

Et je vais perdre mes galons de psychogéographe mais le bouquin de Coverley est toujours dans ma pile des livres à lire.


Il n'est pas exempt de défauts (il est trop bref pour un sujet aussi considérable, et il adopte une approche strictement chronologique pas forcément adaptée au sujet à mon sens), mais il a le gros avantage de donner des tas de pistes de lecture passionnantes. Par exemple, j'ai découvert le formidable "Paris Insolite" de Jean-Paul Clébert après avoir lu Coverley.

Pareil pour le “Mother London” de Michael Moorcock, car voilà ce que Iain Sinclair a à dire sur ce texte: https://www.theguardian.com/books/2000/nov/23/londonreviewofbooks


Ah, "Mother London"..! J'ai eu un "faux départ" avec ce livre ; j'en ai lu un bon tiers lors d'un looooong voyage en avion, puis oublié le bouquin dans le dit-avion (couillon de moi). Faudrait que je reprenne tout ça, j'ai racheté le bouquin mais pas repris le fil de ma lecture.
Ce que j'en ai lu m'avait sacrément emballé en tout cas ; Moorcock "prend son temps" comme rarement avec ce roman mais on sent que c'est parce qu'il sait qu'il tient un truc.

Eh bien encore merci pour tous ces échanges passionnants !!! Voilà qui est revigorant. On se retrouve dès demain pour un nouvel épisode...

Avatar de Ektah

artemus dada a écrit:
Ektah a écrit:[..]
Damn! J'aurais bien aimé le faire, celui-là, de lapsus.

[..]


Un lapsus ? Plutôt une manifestation de notre sujet de discussion : l'hantologie.



Serions-nous hantés par le souvenir d'Agatha Christie ? Bah, ça me va. Je suis sûr qu'elle restera très cordiale. Et ça fait plaisir de retrouver les écrivaines de mon enfance.

Photonik a écrit:Il semble d'ailleurs que les rock-critics ou les musiciens eux-mêmes aient cherché à dissocier les deux, au moins à un moment, avec des appellations qui ne recouvrent pas exactement le genre "prog" mais qui gravitent quand même autour, comme le "zeuhl" ou le "rock in opposition".


Bon, par contre, autant je vois pourquoi la classification de la Zeuhl dans le prog pourrait poser problème, autant je trouve que le RIO et le style de Canterbury sont des mouvements liés à une certaine scène à un moment donné mais qui, stylistiquement, ne sont pas si dissemblables que ça du prog "classique" à la King Crimson.

Photonik a écrit:on a causé d'une interview de Cheveu avec un pote qui organise justement des concerts...


Intéressant, ça. Ça fait un moment que j'ai une bonne opinion de Cheveu, en ne connaissant presque rien de leur musique. Content que ton émission serve de passeur.

Photonik a écrit:Si cette hypothèse t'intéresse, la vision de "Premier Contact" (qui la cite explicitement) s'impose presque automatiquement.
Néanmoins, je serais curieux de connaître ton avis sur "Enemy", autre réussite signée Villeneuve, fût-elle mineure.


Bon, ok, je fais remonter ces deux films de quelques crans dans ma liste des films à voir. Je devrais les regarder dans les semaines qui viennent et je reviendrai en parler.

Photonik a écrit:De Lillo, que j'aime beaucoup aussi, me semble un auteur supérieur sur à peu près tous les plans, mais je n'en dirais pas autant d'un Palahniuk, quant à moi ; il est d'ailleurs presque tributaire si j'ose dire du travail d'Ellis, de la façon dont je le vois... L'antériorité n'est pas forcément synonyme de "supériorité" (si tant est que ça veuille dire quelque chose en matière d'expression artistique, hein), mais dans ce cas précis, je dirais que oui.


Oh oui, la qualité et l'antériorité sont deux choses séparées. Mais elles peuvent parfois coïncider. Mais, en fait, je crois que ce que j'aime bien chez Palahniuk est l'adéquation entre style et contenu. Il a ce ton un peu artificiel, un peu vulgaire, consumériste, qui correspond à ce qui est raconté. J'aime cette approche. Ryu Murakami a pu faire la même chose sur certains de ses livres aussi, d'ailleurs. C'est moins marqué chez Ellis, à mon avis.

Mon bon, Don De Lillo les enterre tous. Je pense qu'on peut convenir de cela.

Photonik a écrit:Ha ha !! Alors ça, ça me rappelle une autre citation (dont l'auteur m'échappe, là) qui est elle aussi explicitement nommée dans le "Premier Contact" de Villeneuve, d'ailleurs : tout n'est qu'un clou pour qui n'a qu'un marteau à sa disposition.


Très vrai. Sauf erreur de ma part, la citation vient de Paul Watzlawick, un jungien qui fait partie des fondateurs de l'école de Palo Alto (oui, le groupe de musique industrielle du même nom est une référence), qui reconnaissait comme antécédent à leur pensée Edward Sapir, d'où le fait que la citation se retrouve dans "Premier Contact".

Photonik a écrit:Je pense que cet espèce de faisceau d'indices qui ne cessent de revenir vers ces thématiques s'explique de plusieurs manières, la première étant peut-être l'urgence absolue de reconsidérer ces questions à l'heure d'un urbanisme devenu complètement fou et surtout absurde, totalement dépourvu de sens (depuis disons 70 ans). La question des "genius loci", dans un tel contexte, prend un tournant presque impérieux, qui réinvestit la question de sens justement... C'est très général / générique, ce que je dis là, mais je suis persuadé que tu vois ce que je veux dire.


Oh oui, évidemment. Et j'irai même jusqu'à considérer que toute l'histoire de la pensée (artistique ou pas) en occident est, depuis la seconde guerre mondiale (au moins), celle d'une quête de sens. Et, justement, le fait que le lettrisme puis le situationnisme soient nés au lendemain de la guerre (et du Plan Marshall) est tout à fait significatif, à mes yeux. En particulier, le fait que leur version de la psychogéographie passe par la dérive (sans but préétabli, donc) me semble une belle illustration du fait qu'il s'agit de se réapproprier une ville redevenue inconnue par une sorte de réapprentissage de son identité cachée. D'ailleurs (et je suis tout à fait prêt à reconnaître que c'est l'influence de Pacôme qui s'exprime là par mon biais), c'est le même état d'esprit qui pousse Jacques Rivette à explorer le Paris secret (dans "Out 1" et "Céline et Julie vont en bateau", surtout) à la recherche du souvenir du Paris occultiste de "L'histoire des treize" de Balzac. Je ne suis pas loin de considérer ces films comme une forme de psychogéographie.

Photonik a écrit:Une autre explication serait la chaîne des influences ; et pour tous ces artistes, les marges de la scène anglaise des années 70 a énormément compté. Il faut dire un mot par exemple du rôle immense qu'un Genesis P. Orridge a pu jouer là-dedans, avec cette espèce "d'update de l'occultisme" qu'il se charge de réaliser à l'époque avec quelques autres. Là aussi, la question du rapport ruralité/urbanisme se pose dans toute sa splendeur, avec l'idée que la plupart de ces pionniers de la scène industrielle (LA musique urbaine par excellence) s'en sont mystérieusement allés réinvestir la musique folk.


Current 93 comme évolution naturelle de Psychic TV. Je suis d'accord. On en revient encore une fois à cette idée de transfert urbanité-ruralité. D'ailleurs, il y a des artistes qui explorent ce principe des "edgelands" (aussi connus sous le nom de "liminal spaces", chez les plus mystiques), ces zones mal définies aux bordures des villes n'appartenant ni au domaine urbain ni au rural, souvent en autour des autoroutes et périphériques, comme par exemple le fameux "London Orbital" cher à Iain Sinclair ou le cadre de "Paris est un leurre" de Xavier Boissel. Ça me semble aussi être le lieu de la trilogie de béton de Ballard. Genesis P. Orridge est également chez lui dans ces endroits, tu as raison.

Photonik a écrit:Pour la question de la psychogéographie, et pour rebondir sur ce point précis, je pense comme Artemus que l'oeuvre d'Arthur Machen est un point nodal. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que Machen est un pur rural (gallois, je crois) qui s'est installé en ville, comme s'il avait "importé" en milieu urbain toute une tradition orale qu'il transforme en littérature...


Photonik a écrit:Si je me rappelle bien de ce qu'en dit Merlin Coverley dans son ouvrage introductif/rétrospectif sur la question, Sinclair ne se réclame pas tant que ça de la tradition française, en fait.
Il connaît bien les productions situationnistes bien sûr, il leur emprunte d'ailleurs en premier lieu l'idée de la production de cartes (en plus des "rapports"), mais il en diverge sur un point majeur : les déambulations de Sinclair, même guidées par le hasard, ont un "but" assumé, quand les dérives situationnistes s'en passaient de manière très volontariste...


Oh, je suis d'accord pour l'influence de Machen, bien sûr. Fondamentalement, l'idée de sa littérature est de présenter une zone, souvent une petite ville, en apparence idyllique, dissimulant une menace souterraine (au propre et/ou au figuré). Tiens, c'est marrant: c'est remarquablement similaire à "Twin Peaks".

Et, ce qui est pour moi le sommet de la carrière de Current 93, la trilogie "The inmost light" tire son nom d'une de ses histoires.

De plus, deux des deux groupes phares du label Ghost Box (crédité comme étant la naissance de l'hantologie musicale et la référence majeure de "Berberian Sound Studio"), Belbury Poly et Focus Group se sont tous deux présentés comme des hommages à Machen.

Et la liste continue... La psychogéographie/hantologie doit effectivement beaucoup à cet auteur.

Mais, pour préciser ma pensée à propos de la différence entre les versions britannique et française de cette discipline, je pense qu'il est très possible que, lors de la création de la psychogéographie situationniste, Debord ait été familier avec les textes de Machen (ou alors les surréalistes l'auront connu puis transmis à leurs descendants... je ne sais pas). Sinon, il aura cru que son idée était originale. Au fond, peu importe. Toujours est-il que, après la traversée de la Manche de cette idée, la discipline s'est mise à muter, la principale différence étant effectivement l'intention, présente ou non, derrière l'acte d'exploration/dérive. Et cette mutation est effectivement le fait du souvenir, du spectre en fait, de Machen. Tout ça pour dire que, certes, les deux branches de la discipline sont dissemblables mais que ça ne change rien au fait qu'elles sont liées. Et c'est assez normal que Sinclair déclare son indépendance d'avec les situationnistes, vu que son acte a justement été de s'éloigner de la version française. Mais, du coup, les deux disciplines restent liées à mes yeux.

Pour ce qui est de l’appartenance de Machen à la discipline, on est à nouveau dans un domaine totalement subjectif: c’est la question de l’appartenance ou pas des prédécesseurs à tel ou tel mouvement (Beethoven a posé les bases de la musique romantique mais doit aussi beaucoup à Mozart et Haydn... Est-ce que ça fait de lui un romantique ou un classique ?). Aucune réponse n’est meilleure qu’une autre. Mais, de mon point de vue, comme je le disais tantôt, cette discipline est pour moi une conséquence de la 2nde GM. Du coup, j’aurais plutôt tendance à le voir comme un des prédécesseurs. Mais ma vision n’est certainement pas gravée dans le marbre. Peut-être même que je n’ai pas lu les bons textes, en fait.

Et je vais perdre mes galons de psychogéographe mais le bouquin de Coverley est toujours dans ma pile des livres à lire.

Photonik a écrit:(pour le lien Machen/Alan Moore, il faut lire la formidable adaptation graphique signée Eddie Campbell d'une performance "psychogéographique" d'Alan Moore, "Serpents et Echelles", qui se penche assez copieusement sur la biographie de l'auteur des "Trois Imposteurs" et du "Grand Dieu Pan")


Oui, j’avais lu, écouté et apprécié ce texte mais c’était avant que je sois familier avec la question que nous discutons. Il serait sans doute temps que je m’y replonge. Pareil pour le “Mother London” de Michael Moorcock, car voilà ce que Iain Sinclair a à dire sur ce texte: https://www.theguardian.com/books/2000/nov/23/londonreviewofbooks

Photonik a écrit:Quant à Iain Sinclair, il est évidemment une figure contemporaine majeure, au centre de tous ces enjeux. Je suis en train de lire son "London Overground" (un des rares ouvrages de sa plume traduits en français), et il y relate justement une série de virées londoniennes réalisées en compagnie du cinéaste Andrew Kötting, qui a effectivement l'air d'être un sacré personnage...


Ah, c’est un des Sinclair que je n’ai pas lu. C’est qu’il est prolifique, le sagouin. Pareil, je vais me pencher sur la question.

Photonik a écrit:Intéressant ça, comme ta façon d'insister sur les liens entre ces thématiques et un "Berberian Sound Studio" par exemple ; tout ça me donne envie de revoir le film à l'aune de ces échanges, d'ailleurs.


Bon, après, comme d’habitude, on parle d’interprétations, là. Deux visions de la même œuvre peuvent être radicalement différentes. Mais c’est le biais que j'ai adopté de mon coté.

De toute façon, “Berberian Sound Studio” est typiquement le genre de film qu’il faut voir à de nombreuses reprises. C’est toujours bon de s’y replonger.

Photonik a écrit:Un exemple qui viendrait illustrer cette idée, ce serait "Ministry of Space", publiée en VF en son temps par Delcourt (un titre dessiné par l'excellent Chris Weston).


artemus dada a écrit:Je profite du creux des vacances (et de l'absence d'émission) pour revenir sur l'un des points qu'on a abordé ici, l'hantologie.

À la sortie des premiers numéros de Doktor Sleepless je n'avais pas été du tout enthousiaste au point d'arrêter de la lire assez rapidement.

Mais comme souvent avec Ellis j''y suis revenu ; et à la relecture du premier numéro j'ai l'impression (rétrospective) que le scénariste britannique y explorait déjà le concept derridien.
Mais plutôt que d'être hanté par le passé comme dans Injection, la série publiée par l'éditeur Avatar pose une "hantise" du futur (ou plutôt la perception de son absence) :
(...)
Et vu que le futur est aussi le sujet d'Injection, je me demande s'il n'y aurait pas un lien - peut-être ténu - entre les deux séries ?


Tiens, c’est marrant, j’ai eu exactement le même parcours de lecture que toi, Artemus Dada, mais “Doktor Sleepless” est clairement en train de grandir dans mon esprit (même si je crois qu’elle n’atteindra jamais les sommets de l’œuvre ellisienne).

Et j’en étais arrivé à la même conclusion que toi, une sorte d’inversement du rétrofuturisme populaire à cette époque-là: le passé du futur à la place du futur du passé, avec, comme personnage central, une sorte de réactualisation du savant fou pulp (en fait, je me disais à la lecture que c’était probablement l’arrière petit-fils du Dr. X des films des années 30, mis en scène par Michael Curtiz).

Je n’ai pas encore lu “Injection” ou “Ministry of Space”. Oui, je sais, c’est probablement mieux que “Doktor Sleepless”.

Pour ce qui est des liens entre les deux, ce n’est qu’une théorie mais Ellis s’est exprimé sur le fait qu’il a perdu (dans un accident informatique, je crois) une grande partie de ce qu’il avait écrit pour la suite de “Doktor Sleepless” et, qu’en conséquence, il y avait peu de chances que la série ait jamais une fin. Du coup, je ne serais pas plus surpris que ça qu’il ait réinjecté (hé hé, jeu de mots...) certaines de ses idées inexploitées dans “Injection”. “Ministry of Space” étant plus ancien que tout ça. Bah, de toutes façon, Ellis est un auteur: il a ses marottes. On pourrait même retrouver cette question du futur ne tenant ses promesses dans “Transmetropolitan” (de manière plus marginale, toutefois).

Photonik a écrit:De manière plus anecdotique, les tags présents sur les cases que tu postes ci-dessus me rappellent un sketch vieux de presque 20 ans de l'équipe du Groland (Moustic, Délépine et compagnie) : à la veille de l'an 2000, la population d'un bled paumé, manifestement mal rencardée, protestait contre les changements que le nouveau millénaire n'allait pas manquer d'apporter, à savoir des combinaisons argentées pour se vêtir, des voitures volantes pour se déplacer ou des gélules lyophilisées pour se nourrir. :wink:


Hé hé. Quand je te disais que, à partir du moment où tu t’intéresses à cette question de l’hantologie, tu voir ses occurrences partout. Mais, oui, tu as raison, c’est un exemple parfaitement pertinent. En plus, cette question ne date pas d’hier: “La journée d'un journaliste américain en 2889“, une des nouvelles posthumes de Jules Verne, prenait déjà, de manière sarcastique et désabusée, le contre-pied de cette idée du progrès (et du reste de l’œuvre de son auteur, au passage). Et on peut parler de “Métropolis” aussi, bien sûr. Le futur n’était pas encore arrivé qu’il nous avait déjà déçu.

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Je ne connais (encore tout du moins) ni l'un ni l'autre des deux titres que tu cites ; néanmoins l'idée de l'absence du futur promis qui vient hanter les consciences me semble effectivement une notion qui a travaillé Warren Ellis.
Un exemple qui viendrait illustrer cette idée, ce serait "Ministry of Space", publiée en VF en son temps par Delcourt (un titre dessiné par l'excellent Chris Weston).
Plus directement encore peut-être que dans le récit à proprement parler, Ellis aborde la question telle que tu la présentes dans la préface de cet album : il se demande en substance ce que sont devenus les promesses implicites des programmes de conquête spatiale (tout en relevant les problèmes de contrôle démocratique sur les sommes investies dans de tels programmes de pointe, surtout en temps de crise).

De manière plus anecdotique, les tags présents sur les cases que tu postes ci-dessus me rappellent un sketch vieux de presque 20 ans de l'équipe du Groland (Moustic, Délépine et compagnie) : à la veille de l'an 2000, la population d'un bled paumé, manifestement mal rencardée, protestait contre les changements que le nouveau millénaire n'allait pas manquer d'apporter, à savoir des combinaisons argentées pour se vêtir, des voitures volantes pour se déplacer ou des gélules lyophilisées pour se nourrir. :wink:

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Je profite du creux des vacances (et de l'absence d'émission) pour revenir sur l'un des points qu'on a abordé ici, l'hantologie.

À la sortie des premiers numéros de Doktor Sleepless je n'avais pas été du tout enthousiaste au point d'arrêter de la lire assez rapidement.

Mais comme souvent avec Ellis j''y suis revenu ; et à la relecture du premier numéro j'ai l'impression (rétrospective) que le scénariste britannique y explorait déjà le concept derridien.
Mais plutôt que d'être hanté par le passé comme dans Injection, la série publiée par l'éditeur Avatar pose une "hantise" du futur (ou plutôt la perception de son absence) :
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Et vu que le futur est aussi le sujet d'Injection, je me demande s'il n'y aurait pas un lien - peut-être ténu - entre les deux séries ?

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Ektah a écrit:Honnêtement, si tu regardes les cartes du Paris psychogéographique de l'Internationale Situationniste, je trouve la différence d'avec la vision de Londres par Sinclair assez subtile.



Si je me rappelle bien de ce qu'en dit Merlin Coverley dans son ouvrage introductif/rétrospectif sur la question, Sinclair ne se réclame pas tant que ça de la tradition française, en fait.
Il connaît bien les productions situationnistes bien sûr, il leur emprunte d'ailleurs en premier lieu l'idée de la production de cartes (en plus des "rapports"), mais il en diverge sur un point majeur : les déambulations de Sinclair, même guidées par le hasard, ont un "but" assumé, quand les dérives situationnistes s'en passaient de manière très volontariste...

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Ektah a écrit:Personnellement, j'ai un peu tendance à me rallier à la thèse d'Aymeric Leroy dans son livre "Rock Progressif", à savoir qu'il existerait deux courants dans ce genre musical, dialoguant parfois entre eux, mais dissemblables dans la forme, avec d'un côté une musique grandiose, parfois boursouflée, volontiers sous l'influence de la musique classique (Yes, ELP, Mike Oldfield, Genesis…), et de l'autre quelque chose de plus sombre, schizophrène, avec une référence jazz (King Crimson, Van Der Graaf Generator, Magma si on considère que c'est du prog…).


Oui, je suis moi aussi sur cette ligne ; cette distinction me paraît faire sens. Il semble d'ailleurs que les rock-critics ou les musiciens eux-mêmes aient cherché à dissocier les deux, au moins à un moment, avec des appellations qui ne recouvrent pas exactement le genre "prog" mais qui gravitent quand même autour, comme le "zeuhl" ou le "rock in opposition". Ce n'est pas la même chose tout à fait encore une fois, mais ça ressemble rétrospectivement à une manière de se détacher du mouvement prog et de ses supposées dérives.

Ektah a écrit:
Personnellement, j'apprécie les deux.


Moi aussi, mais j'avoue avoir du mal à rentrer dans certains délires des formations les plus exubérantes de la branche Genesis, ELP, etc... Un groupe comme Yes par exemple, que j'aime bien, me "perd" quand même régulièrement.


Ektah a écrit:
Et bon, pour le reste de la programmation musicale, c'est nickel, comme d'habitude.


Merci beaucoup !! Je découvre pas mal de trucs en ce moment, et j'essaie d'en faire profiter...
A ce sujet, je pense qu'il y aura au menu de l'émission dans les mois qui viennent quelques interviews de groupes susceptibles de passer chez moi dans pas longtemps (on a causé d'une interview de Cheveu avec un pote qui organise justement des concerts...).


Ektah a écrit:
Mais, du coup, tu m'as bien donné envie d'y jeter un œil, notamment parce que j'ai eu l'occasion d'écrire un peu de matériel pour un jeu de rôles autour de l'hypothèse Sapir-Whorf (...). Depuis, cette théorie linguistique fait partie de mes obsessions mineures.


Si cette hypothèse t'intéresse, la vision de "Premier Contact" (qui la cite explicitement) s'impose presque automatiquement.
Néanmoins, je serais curieux de connaître ton avis sur "Enemy", autre réussite signée Villeneuve, fût-elle mineure.


Ektah a écrit:Comme souvent avec Brett Easton Ellis, je suis un peu dans l'entre-deux.


Comme beaucoup de monde, je crois. Et moi aussi d'une certaine manière.
J'adore ce qu'il fait mais force est de reconnaître qu'il est très irrégulier, au sein de son corpus comme au sein-même de chacune de ses oeuvres...
Mais quand il est très en forme, comme sur "Glamorama" ou le formidable "Lunar Park", il touche à quelque chose d'unique et de très puissant. De Lillo, que j'aime beaucoup aussi, me semble un auteur supérieur sur à peu près tous les plans, mais je n'en dirais pas autant d'un Palahniuk, quant à moi ; il est d'ailleurs presque tributaire si j'ose dire du travail d'Ellis, de la façon dont je le vois... L'antériorité n'est pas forcément synonyme de "supériorité" (si tant est que ça veuille dire quelque chose en matière d'expression artistique, hein), mais dans ce cas précis, je dirais que oui.


Ektah a écrit:Pour être honnête, même si je suis assez intéressé par son art, à l'image de son mentor, Fellini, il se révèle être un des plus grands menteurs de notre époque (ce qui n'est pas peu dire).


Impossible de le nier, ça. D'une certaine manière, c'est un défaut que je lui passe assez facilement ; pour le dire gentiment, c'est comme si Jodo avait tendance à transformer la moindre anecdote supposément réelle en fable, quitte à distordre copieusement les faits... On va dire que ça fait partie du charme du bonhomme.

Ektah a écrit:En fait, je me demande même si ce goût pour l'affabulation ne se trouve pas au cœur de son art.


Voilà, tu mets le doigt dessus ; j'en suis convaincu pour ma part.


Ektah a écrit:Alors, je sais bien que, à partir du moment où on a une idée à l'esprit, on a tendance à en voir des confirmations partout, mais, depuis que je m'intéresse à cette notion, je ne peux pas faire deux pas sans tomber sur une référence à cette idée (ou à son frère siamois, la psychogéographie).


Ha ha !! Alors ça, ça me rappelle une autre citation (dont l'auteur m'échappe, là) qui est elle aussi explicitement nommée dans le "Premier Contact" de Villeneuve, d'ailleurs : tout n'est qu'un clou pour qui n'a qu'un marteau à sa disposition.
Cette boutade mise à part, je me retrouve fréquemment avec le même "problème" (qui n'en est pas vraiment un) que toi, sans avoir autant creusé la question de mon côté.
Je pense que cet espèce de faisceau d'indices qui ne cessent de revenir vers ces thématiques s'explique de plusieurs manières, la première étant peut-être l'urgence absolue de reconsidérer ces questions à l'heure d'un urbanisme devenu complètement fou et surtout absurde, totalement dépourvu de sens (depuis disons 70 ans). La question des "genius loci", dans un tel contexte, prend un tournant presque impérieux, qui réinvestit la question de sens justement... C'est très général / générique, ce que je dis là, mais je suis persuadé que tu vois ce que je veux dire.
Une autre explication serait la chaîne des influences ; et pour tous ces artistes, les marges de la scène anglaise des années 70 a énormément compté. Il faut dire un mot par exemple du rôle immense qu'un Genesis P. Orridge a pu jouer là-dedans, avec cette espèce "d'update de l'occultisme" qu'il se charge de réaliser à l'époque avec quelques autres. Là aussi, la question du rapport ruralité/urbanisme se pose dans toute sa splendeur, avec l'idée que la plupart de ces pionniers de la scène industrielle (LA musique urbaine par excellence) s'en sont mystérieusement allés réinvestir la musique folk.

Pour la question de la psychogéographie, et pour rebondir sur ce point précis, je pense comme Artemus que l'oeuvre d'Arthur Machen est un point nodal. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que Machen est un pur rural (gallois, je crois) qui s'est installé en ville, comme s'il avait "importé" en milieu urbain toute une tradition orale qu'il transforme en littérature...
(pour le lien Machen/Alan Moore, il faut lire la formidable adaptation graphique signée Eddie Campbell d'une performance "psychogéographique" d'Alan Moore, "Serpents et Echelles", qui se penche assez copieusement sur la biographie de l'auteur des "Trois Imposteurs" et du "Grand Dieu Pan")

Quant à Iain Sinclair, il est évidemment une figure contemporaine majeure, au centre de tous ces enjeux. Je suis en train de lire son "London Overground" (un des rares ouvrages de sa plume traduits en français), et il y relate justement une série de virées londoniennes réalisées en compagnie du cinéaste Andrew Kötting, qui a effectivement l'air d'être un sacré personnage...



Ektah a écrit:(j'ai déjà vu Oneohtrix Point Never classé dans ce mouvement, d'ailleurs).



Ah oui ? Intéressant ça, comme ta façon d'insister sur les liens entre ces thématiques et un "Berberian Sound Studio" par exemple ; tout ça me donne envie de revoir le film à l'aune de ces échanges, d'ailleurs.

Avatar de artemus dada

Ektah a écrit:[..]
Damn! J'aurais bien aimé le faire, celui-là, de lapsus.

[..]


Un lapsus ? Plutôt une manifestation de notre sujet de discussion : l'hantologie.

Avatar de Ektah

artemus dada a écrit:
les situationnistes (inventeurs du concept de psychogéographie)


Je sais qu'on trouve souvent cette idée, mais il y a une branche de la psychogéographie plutôt britannique d'ailleurs, qui est d'ailleurs celle qu'utilisent Moore, et Ellis et qui n'a rien à voir avec la "dérive" des Situationnistes, mais plutôt avec ce que fait par exemple Peter Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.

Dans le cas d'Injection, je pense même qu'il faut aller voir du côté d'Arthur Machen, un précurseur de la discipline qui a - de mon point de vue - plus influencé Sinclair, Ackroyd, Moore et Ellis que les Situationnistes avec leur "dérive".


Oui, tu as raison. En fait, je trouvais déjà mon texte un peu dur à suivre, donc j'avais décidé de sacrifier cette nuance-là. Par contre, je ne suis pas d'accord pour dire que ces deux courants de la psychogéographie n'ont rien à voir. Ils sont, à mon sens, intimement liés. Effectivement, Sinclair et Ackroyd ont réadapté la discipline à leur sensibilité britannique, en y rajoutant la référence à Machen, mais, ce faisant, ils se sont placés dans une évolution de la définition française du mot, pas dans une réinvention. Honnêtement, si tu regardes les cartes du Paris psychogéographique de l'Internationale Situationniste, je trouve la différence d'avec la vision de Londres par Sinclair assez subtile.

Et, d'ailleurs, si, effectivement, Moore et Ellis se placent plutôt dans la définition donnée par Sinclair, je trouve que la vision de Grant Morrison se rapproche beaucoup plus de la vision de Debord (enfin, ce n'est pas dur à voir: il est nommé explicitement dans les "Invisibles").

Et pour ce qui est du lien avec Machen, il est tout à fait pertinent mais je serais surpris que les situs ne le citent pas comme une des influences.

Ceci étant dit, c'est vrai, qu'à l'heure actuelle, il y a une tradition française (Xavier Boissel et Antoine d'Agata, par exemple) et une britannique (tous les gens déjà nommés) et qu'il y a une bonne dose d'animosité entre les deux (pour une raison qui m'échappe). Mais je considère quand même les deux disciplines comme étant très proches.

Photonik a écrit:Peter Ackroyd, non ? Roger s'est quant à lui fait zigouiller dans un des premiers romans d'Agatha Christie. :wink:


Damn! J'aurais bien aimé le faire, celui-là, de lapsus.

artemus dada a écrit:Edit : Et après réflexion je me demande si on ne retrouve pas déjà cette idée d'hantologie du côté de Warren Ellis dans Supreme Blue Rose (Pour en savoir +) mini-série dans laquelle il introduit aussi le « versioning ».


Ah, je ne connaissais pas celui-là. Je vais explorer ça aussi.

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:
artemus dada a écrit: plutôt avec ce que fait par exemple Roger Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.



Peter Ackroyd, non ? Roger s'est quant à lui fait zigouiller dans un des premiers romans d'Agatha Christie. :wink:


Oups !!
(Paix à son âme).

Comme on le voit l'hantologie n'est pas à prendre à la légère. :)

Avatar de Photonik

artemus dada a écrit: plutôt avec ce que fait par exemple Roger Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.



Peter Ackroyd, non ? Roger s'est quant à lui fait zigouiller dans un des premiers romans d'Agatha Christie. :wink:

Avatar de artemus dada

les situationnistes (inventeurs du concept de psychogéographie)


Je sais qu'on trouve souvent cette idée, mais il y a une branche de la psychogéographie plutôt britannique d'ailleurs, qui est d'ailleurs celle qu'utilisent Moore, et Ellis et qui n'a rien à voir avec la "dérive" des Situationnistes, mais plutôt avec ce que fait par exemple Peter Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.

Dans le cas d'Injection, je pense même qu'il faut aller voir du côté d'Arthur Machen, un précurseur de la discipline qui a - de mon point de vue - plus influencé Sinclair, Ackroyd, Moore et Ellis que les Situationnistes avec leur "dérive".
__________
Edit : Et après réflexion je me demande si on ne retrouve pas déjà cette idée d'hantologie du côté de Warren Ellis dans Supreme Blue Rose (Pour en savoir +) mini-série dans laquelle il introduit aussi le « versioning ».

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:- Et en musique cette semaine, ce sera :
"In The Cage", extrait de "The Lamb Lies Down On Broadway" de Genesis, "Witching Hour", morceau trippant d'Electric Dragon issu de l'album "Covenant", "La Muerte es un Nacimiento", extrait de la BO de "El Topo" signée Jodorowsky et John Barham, et on termine avec le surpuissant "Champions Of Disturbance part I and II", nouvel extrait du dernier disque en date de Crippled Black Phoenix..


Alors, concernant ce rejet par les punks du rock progressif, c'est une discussion que j'ai eu mille fois avec un pote à moi musicien de coldwave (c'est le bassiste actuel de Babel 17, pour faire le lien avec ta chronique des origines de "Premier Contact"), sa vision du prog se résumant un peu aux concerts de Emerson, Lake & Palmer à base de capes en velours rouge et de reprise de Moussourgsky au mini-moog. Personnellement, j'aime bien ELP mais il est certain qu'ils ont pu sombrer à de nombreuses reprises dans le côté "synthé à paillettes" qui me semble être au cœur des moqueries punk. Personnellement, j'ai un peu tendance à me rallier à la thèse d'Aymeric Leroy dans son livre "Rock Progressif", à savoir qu'il existerait deux courants dans ce genre musical, dialoguant parfois entre eux, mais dissemblables dans la forme, avec d'un côté une musique grandiose, parfois boursouflée, volontiers sous l'influence de la musique classique (Yes, ELP, Mike Oldfield, Genesis…), et de l'autre quelque chose de plus sombre, schizophrène, avec une référence jazz (King Crimson, Van Der Graaf Generator, Magma si on considère que c'est du prog…). Et, comme tu le disais, John Lydon a reconnu son goût pour les groupes de cette dernière catégorie. Mais, bien sûr, le prog qui, à l'époque, remplissait les stades appartiendrait plutôt à la première. Personnellement, j'apprécie les deux.
Bon, pour en revenir à Genesis, je pense effectivement que "The Lamb Lies Down On Broadway" est, de loin, leur meilleur album.
Pour ce qui est de Raël, le disque est sorti un an après la fondation de la secte. Du coup, ça m'amuserait beaucoup que le personnage ait été nommé ainsi en référence au gourou, mais je n'ai aucune preuve. Remarque, connaissant l'humour de Gabriel, ça me semble tout à fait possible.

Et bon, pour le reste de la programmation musicale, c'est nickel, comme d'habitude.


Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.


Bon, Denis Villeneuve, je n'ai vu aucun de ses films à l'heure actuelle (mais, vu les échos que j'ai de son cinéma, il n'est pas impossible que je m'en envoie quelques-uns à un moment), donc je ne me permettrais pas de former un avis pour l'instant. Mais, du coup, tu m'as bien donné envie d'y jeter un œil, notamment parce que j'ai eu l'occasion d'écrire un peu de matériel pour un jeu de rôles autour de l'hypothèse Sapir-Whorf (c'est terrible: à chaque fois, j'ai l'impression que cette théorie a été écrite par le klingon de "Star Trek: the next generation"). Depuis, cette théorie linguistique fait partie de mes obsessions mineures. Je suis bien curieux de voir le traitement qu'Hollywood peut en faire, surtout entre les mains d'un réal qui n'est, à priori, pas incompétent.

Photonik a écrit:- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.


Comme souvent avec Brett Easton Ellis, je suis un peu dans l'entre-deux. J'ai également adoré "Glamorama" et moins le reste. En terme d'adaptations, je suis d'accord que "Les lois de l'attraction" est excellent (même si je me demande si cela ne provient pas plus de Roger Avary, et de ses acteurs, que de Ellis lui-même) et que le reste est plus oubliable. Et d'une manière générale, sans le détester, Ellis est probablement l'écrivain qui m'intéresse le moins dans sa lignée d'auteurs. A chaque fois, je me dis que c'est bien mais que Don De Lillo ou Chuck Palahniuk sont mieux. En fait, le plus souvent ("Glamorama" étant l'exception), je trouve que les idées sont là mais n'atteignent jamais leur plein potentiel. D'après ta description, il me semble que "The Deleted" reste dans ce travers. Je passerai peut-être jeter un coup d'œil mais ça sera plus par acquis de conscience qu'autre chose.

Le Doc a écrit:Les films de Jodo, je ne les connais que de réputation (tant de choses à voir... :wink: ). Et en BD, je n'ai lu que L'Incal quand j'étais ado. Récemment, j'ai vu le documentaire sur sa version avortée de Dune et c'est tout de même un sacré raconteur...


Pour être honnête, même si je suis assez intéressé par son art, à l'image de son mentor, Fellini, il se révèle être un des plus grands menteurs de notre époque (ce qui n'est pas peu dire). J'aurais un peu tendance à croire naturellement le contraire de chacune de ses affirmations. Je ne suis pas loin de considérer que ce reportage sur son Dune, passionnant au demeurant, est avant tout une fiction. D'ailleurs, sa déclaration comme quoi Sergio Leone ne serait pas une de ses influences sur "El Topo" me conforte un peu dans mon opinion. En fait, je me demande même si ce goût pour l'affabulation ne se trouve pas au cœur de son art.
Et "L'incal" reste, à mon sens, son chef d'œuvre.

Photonik a écrit:Tiens, coïncidence amusante : très récemment sur ce forum, l'excellent Artemus Dada faisait un point sur cette discipline ("hauntology", donc) en parlant de l'approche qu'en avait le scénariste Warren Ellis, sur son titre "Injection" en l'occurrence. Je vais me pencher là-dessus (connais pas le travail de Derrida, par exemple).


Alors, je sais bien que, à partir du moment où on a une idée à l'esprit, on a tendance à en voir des confirmations partout, mais, depuis que je m'intéresse à cette notion, je ne peux pas faire deux pas sans tomber sur une référence à cette idée (ou à son frère siamois, la psychogéographie). Mais, toute subjectivité mise à part, je pense qu'il est assez clair que cette théorie est populaire dans bien des cercles, y compris dans celui de ce groupe informel des scénaristes des îles britanniques à la Ellis, Moore, Morrison… Par exemple, "La ligue des gentlemen extraordinaires" est une œuvre suffisamment riche pour supporter plusieurs grilles de lecture mais cette notion me semble être un des thèmes majeur du story arc "Century". En particulier, je crois que cela se fait par l'influence de l'auteur anglais Iain Sinclair, un des théoriciens principaux de cette discipline, dont le double fictionnel, Norton, semble être un personnage très particulier dans l'univers de la Ligue (basiquement, c'est un perso metatextuel dans un univers qui est déjà metatextuel par lui-même)
De la même manière, je suis à peu près sûr que Warren Ellis a déjà fait référence nommément à Sinclair (dans "Transmetropolitan", peut-être… je ne suis plus tout à fait sûr). Et, effectivement, "Injection" poursuit l'exploration de cette idée.
Et, pour clore la boucle, Sinclair est le sujet d'un documentaire, répondant aux codes du folk horror, nommé "By our selves", par un cinéaste anglais (probablement passionnant, dont je me suis promis d'explorer l’œuvre), Andrew Kötting, dans lequel apparaissent Alan Moore lui-même ainsi que le merveilleux Toby Jones, interprète principal de "Berberian Sound Studio", film que je considère comme étant la première émanation de l'hantologie au cinéma (de l'aveu du réalisateur, dans le commentaire audio, le visuel du film est vu comme un hommage au label "Ghost Box", qui officie justement dans la forme musicale du genre).

Bon, j'ai fait toutes ces explications un peu dures à suivre parce que je crois que ce réseau de références, de liens entre des œuvres et des genres encore très disparates (psychogéographie, hantologie, folk horror…) et trans-médias (musique, cinéma, philo, comics, romans…) représente la naissance d'une scène artistique et/ou philosophique, qui est en gestation depuis les situationnistes (inventeurs du concept de psychogéographie) et Derrida, mais qui, depuis peu (une dizaine d'années, on va dire), commence à se réunir avec comme figure centrale, Iain Sinclair. C'est lui qui fait la liaison entre les prédécesseurs (les situs, donc, mais également JG Ballard, avec lequel il a collaboré sur "London Orbital") et sa descendance (Alan Moore et Warren Ellis, donc, ainsi que "Berberian Sound Studio", pour ne nommer que quelques exemples).

Et je n'ai nommé que quelques artistes parmi des centaines d'autres (j'ai déjà vu Oneohtrix Point Never classé dans ce mouvement, d'ailleurs). C'est dur à suivre, cette affaire.
Par exemple, il y a une série BBC, avec Toby Jones justement, nommée "Detectorists", extrêmement touchante, qui est, à mes yeux, la première sitcom hantologique. Notion très étrange…

Et, pour ce qui est de la philosophie sous-jacente à tout ça, c'est finalement assez simple: Derrida avait nommé l'hantologie en référence à la fameuse phrase de Marx, " Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme". Cette discipline s'occupe, en fait, de la façon dont le passé hante un territoire donné. Je résume, hein: la pensée de Derrida est plus complexe que ça. Mais c'est l'idée de base.
Donc, ce mouvement s'occupe essentiellement de l'attachement à un territoire: un terroir, dans le cas du folk horror, ou quelque chose de plus urbain pour la psychogéographie à la Ballard. Et, dans ce lieu donné, une chose, la plupart du temps ancienne, surgit pour hanter le présent. Cela peut prendre la forme d'un spectre défini (comme une histoire de fantôme classique, basiquement…) ou quelque chose de plus diffus, une idée, un sentiment. Par exemple, cette présence ressentie dans "Berberian Sound Studio" n'est jamais vraiment définie, ni même nommée, mais c'est elle qui fournit son identité au film.

Du coup, avec cette définition, on est quand même très proche du principe de l'horreur de manière générale, mais la différence se situe surtout dans le point de vue qui se focalise beaucoup sur les rapports entre le personnage et son lieu: le studio d'enregistrement de "Berberian", l'immeuble de "High Rise", la forêt de "The Witch"…

Photonik a écrit:
Ektah a écrit: Concernant "I sell the dead", il faut quand même le prendre pour ce qu'il est: une série B assumée (avec un casting intéressant: j'ai une tendresse pour Angus Scrimm et Ron Perlman), faite par des gens qui savent dans quel genre de film ils sont. J'ai la plus grande affection pour ce genre de projet mais c'est certainement un film comportant son lot de défauts. En fait, de toutes les adaptations de l'affaire Burke/Hare que je connaisse ("Cadavres à la pelle" de John Landis, "Le récupérateur de cadavres" de Robert Wise et celui-là), c'est probablement la plus faible. Mais ça vient surtout du fait que cette histoire a été très bien servie par le cinéma.


Etant donné que je n'ai vu aucun de ces films (y compris le Wise, sûrement le plus fameux du lot), j'ai là encore matière à creuser !!


Oui, le Wise est probablement le plus connu et le meilleur mais celui de Landis n'est franchement pas loin derrière, aussi bien en termes de qualité que de reconnaissance. Très recommandable, vraiment.

Avatar de Photonik

Le Doc a écrit:
Les films de Jodo, je ne les connais que de réputation (tant de choses à voir... :wink: ).


Rhooooh, tu n'as jamais vu "El Topo" ?
En bon fan de western italien (tes nombreux posts en la matière en attestent), tu devrais adorer : Jodo a beau récuser cette influence, il est évident que cette veine s'exprime dans ce film, surtout dans sa première moitié (qui constitue un fantasme de fan de westerns, avec cette succession de duels avec des pistoleros plus redoutables les uns que les autres...).

Avatar de Le Doc

Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.


Je connais encore moins que toi le cinéma de Denis Villeneuve puisque je n'ai, pour le moment, toujours pas vu un seul de ses films (faut dire aussi que je regarde de moins en moins de films récents ces derniers temps ^^).
Mais j'y viendrai très certainement un jour, ne serait-ce que pour ce tournant S.F. de sa filmographie...

- Pour la BD, c'est un monument de la contre-culture que nous abordons, puisqu'à l'évocation du premier tome des "Fils d'El Topo" signé Jodorowsky et Ladrönn, nous parlerons du parcours du plus mystique des pistoleros.


Les films de Jodo, je ne les connais que de réputation (tant de choses à voir... :wink: ). Et en BD, je n'ai lu que L'Incal quand j'étais ado. Récemment, j'ai vu le documentaire sur sa version avortée de Dune et c'est tout de même un sacré raconteur...

- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.


Je suis comme Tori, les oeuvres de Bret Easton Ellis ne sont vraiment pas faites pour moi.

-
Et en musique cette semaine, ce sera :
"In The Cage", extrait de "The Lamb Lies Down On Broadway" de Genesis, "Witching Hour", morceau trippant d'Electric Dragon issu de l'album "Covenant", "La Muerte es un Nacimiento", extrait de la BO de "El Topo" signée Jodorowsky et John Barham, et on termine avec le surpuissant "Champions Of Disturbance part I and II", nouvel extrait du dernier disque en date de Crippled Black Phoenix..!


Ca faisait très longtemps que je n'avais pas écouté un titre de cette période de Genesis. Je suis bien d'accord, l'ambiance de ce morceau d'Electric Dragon est très évocatrice. Et Cripple Black Phoenix conclue avec force cette excellente et éclectique playlist.

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:[...]
Pour être tout à fait franc, j'aurais adoré y penser tout seul. :wink:

:) :wink:

Merci.

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artemus dada a écrit:Pourtant Villeneuve fait preuve de déjà pas mal de "folie" en grossissant les enjeux et transformant la nouvelle de Ted Chiang (Pour en savoir +), via le travail d'Eric Heissere et la "contrainte" du marché chinois.



Possible, je ne saurais le dire étant donné que je n'ai pas encore lu la nouvelle de Chiang (mais je le ferai), je n'ai pas de point de comparaison.

J'en profite pour te dire que tu m'as bluffé avec ton post où tu rapproches fort judicieusement ce que font Chiang et Villeneuve du travail de William Burroughs, et de sa conception du mot comme entité virale. Sans compter l'évocation du jump-cut et des techniques dérivées, qui résonnent effectivement avec le travail narratif accompli dans "Premier Contact".
Pour être tout à fait franc, j'aurais adoré y penser tout seul. :wink:

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:
Tori a écrit:tu as titillé ma curiosité !


Malgré les réserves que j'évoque, "Premier Contact" reste un film à voir, et même un incontournable pour les fans de SF. J'aurais aimé voir cette histoire entre les mains d'un auteur un peu plus "fou" que Villeneuve... Il est quand même un metteur en scène très compétent, hein.[..]


Pourtant Villeneuve fait preuve de déjà pas mal de "folie" en grossissant les enjeux et transformant la nouvelle de Ted Chiang (Pour en savoir +), via le travail d'Eric Heissere et la "contrainte" du marché chinois.

S'il était allé plus loin, pas la peine à ce moment là de choisir cette histoire en particulier, dont l'originalité tient - essentiellement - au vertige (la sidération cognitive) qui se dessine en creux, grâce à la sobriété de sa narration.

Avatar de Photonik

Tori a écrit:tu as titillé ma curiosité !


Malgré les réserves que j'évoque, "Premier Contact" reste un film à voir, et même un incontournable pour les fans de SF. J'aurais aimé voir cette histoire entre les mains d'un auteur un peu plus "fou" que Villeneuve... Il est quand même un metteur en scène très compétent, hein.

Tori a écrit:Là aussi, je vais me pencher dessus... Mais je vais peut-être m'intéresser au film, avant (je ne connais quasi pas le boulot cinématographique de Jodo, alors que j'ai lu pas mal de ses BD (j'ai d'ailleurs découvert assez tard qu'il faisait du cinéma)).


D'abord le film, c'est indispensable, sinon la BD est imbitable ; je n'ai peut-être pas assez insisté sur ce point. De toute façon, "El Topo" devrait constituer pour toi une sacrée expérience, que tu embrayes sur la BD ou pas : c'est vraiment un film passionnant, unique en son genre et complètement allumé.

Tori a écrit:Bon, là, en revanche, je vais faire l'impasse... Décidément, ce n'est pas un auteur pour moi.


Vu les gros défauts dont la série est affublée, je ne conseillerais franchement "The Deleted" qu'aux seuls fans déjà convaincus de Bret Easton Ellis.
C'est vraiment le genre d'auteur à prendre ou à laisser, comme je rabâche souvent. Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de gens qui "aiment bien" son travail ; on adore ou on déteste.

Tori a écrit:Ça fait bizarre de découvrir un titre de Genesis que je ne connaissais pas, au passage...

Tori.


Je l'ai moi aussi découvert il y a peu, donc, et je dois dire que je suis bien bluffé par cet album, un peu trop "chargé" pour son propre bien (difficile de se l'enquiller d'une traite tant c'est touffu) mais sacrément impressionnant dans son genre.

Et encore merci pour ton assiduité sans faille !! :wink:

Avatar de Tori

Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.

Bon, il faut que je regarde s'il passe à côté de chez moi (j'ai un petit cinéma avec une programmation en retard... Avec un peu de chance, je pourrai le voir sur grand écran) : tu as titillé ma curiosité !

- Pour la BD, c'est un monument de la contre-culture que nous abordons, puisqu'à l'évocation du premier tome des "Fils d'El Topo" signé Jodorowsky et Ladrönn, nous parlerons du parcours du plus mystique des pistoleros.

Là aussi, je vais me pencher dessus... Mais je vais peut-être m'intéresser au film, avant (je ne connais quasi pas le boulot cinématographique de Jodo, alors que j'ai lu pas mal de ses BD (j'ai d'ailleurs découvert assez tard qu'il faisait du cinéma)).

- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.

Bon, là, en revanche, je vais faire l'impasse... Décidément, ce n'est pas un auteur pour moi.

- Et en musique cette semaine, ce sera :

Ce sera du tout bon !
Ça fait bizarre de découvrir un titre de Genesis que je ne connaissais pas, au passage...

Tori.

Avatar de Photonik

Épisode 14 : Effacement du contact avec les fils de la Taupe

Dernière émission avant la petite pause rituelle pour les vacances de février...
Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.

- Pour la BD, c'est un monument de la contre-culture que nous abordons, puisqu'à l'évocation du premier tome des "Fils d'El Topo" signé Jodorowsky et Ladrönn, nous parlerons du parcours du plus mystique des pistoleros.

- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"In The Cage", extrait de "The Lamb Lies Down On Broadway" de Genesis, "Witching Hour", morceau trippant d'Electric Dragon issu de l'album "Covenant", "La Muerte es un Nacimiento", extrait de la BO de "El Topo" signée Jodorowsky et John Barham, et on termine avec le surpuissant "Champions Of Disturbance part I and II", nouvel extrait du dernier disque en date de Crippled Black Phoenix..!


"I'm drowning in a liquid fear
Bottled in a strong compression,
My distortion shows obsession
In the cave
Get me out of this cave !"


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Ektah a écrit:Toujours pas vu "Dharma Guns". Il faudra que je me penche sur son cas également.



Très intéressant (quoique confus mais ça fait partie du charme de la chose), et graphiquement somptueux avec son noir et blanc 100 % pellicule ; Ossang est resté un puriste de l'argentique, il s'en explique très bien en entretien.

Ektah a écrit:
En fait, le blog dont cet article provient s'occupe des aspects les plus théoriques de la question, notamment concernant les liens avec la culture industrielle, la psychogéographie et ce genre musical récent nommé hauntology (d'après Derrida).



Tiens, coïncidence amusante : très récemment sur ce forum, l'excellent Artemus Dada faisait un point sur cette discipline ("hauntology", donc) en parlant de l'approche qu'en avait le scénariste Warren Ellis, sur son titre "Injection" en l'occurrence. Je vais me pencher là-dessus (connais pas le travail de Derrida, par exemple).

Ektah a écrit:
C'est toujours cette vieille question des rôles respectifs des artistes et de leurs exégètes. Personnellement, je pense que ce sont deux rôles complémentaires mais, bien sûr, je plaide pour ma propre chapelle.



Tu plaides aussi pour la mienne, par ricochet. :wink:
Je vois les choses comme toi, il y a bien complémentarité entre "créateurs" et "diffuseurs culturels".

Ektah a écrit:
La critique du doc a dit tout ce qui est nécessaire sur "Deathline": je suis d'accord à 100%, y compris sur les aspects les plus faibles du film.

Pour ce qui est de la récusation de Smith, à mon avis, il a juste dû en avoir marre d'en entendre parler, parce que je trouve les influences relativement indéniables. Toutefois, l'ombre du "Loup-garou de Londres" est clairement présente aussi, c'est vrai.


Faut que je vois "Deathline", vous me donnez envie, là.
Tu as très certainement raison concernant la récusation de Smith ; c'est un réflexe assez courant chez les cinéastes (ou autres artistes) que de récuser l'influence la plus évidente et d'en citer une moins en vue, et moins directement repérable...

Ektah a écrit:
Concernant "I sell the dead", il faut quand même le prendre pour ce qu'il est: une série B assumée (avec un casting intéressant: j'ai une tendresse pour Angus Scrimm et Ron Perlman), faite par des gens qui savent dans quel genre de film ils sont. J'ai la plus grande affection pour ce genre de projet mais c'est certainement un film comportant son lot de défauts. En fait, de toutes les adaptations de l'affaire Burke/Hare que je connaisse ("Cadavres à la pelle" de John Landis, "Le récupérateur de cadavres" de Robert Wise et celui-là), c'est probablement la plus faible. Mais ça vient surtout du fait que cette histoire a été très bien servie par le cinéma.


Etant donné que je n'ai vu aucun de ces films (y compris le Wise, sûrement le plus fameux du lot), j'ai là encore matière à creuser !!

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:Je l'ai croisé à Biarritz (où il a des attaches) pour la présentation de son "Dharma Guns", et c'était un chouette moment.


Toujours pas vu "Dharma Guns". Il faudra que je me penche sur son cas également.

Photonik a écrit:


Encore un lien qu'il faut que je creuse, merci...


En fait, le blog dont cet article provient s'occupe des aspects les plus théoriques de la question, notamment concernant les liens avec la culture industrielle, la psychogéographie et ce genre musical récent nommé hauntology (d'après Derrida). Je ne conseillerai pas forcément cette lecture à tout le monde. Il faut avoir un intérêt pour ces questions-là, mais je pense que, dans le cadre de notre petite communauté, on doit être plusieurs à pouvoir s'y retrouver. En tous cas, moi, ça me passionne.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Je suis d'accord avec Le Doc. Une programmation musicale très solide, cette semaine (pas que ce soit inhabituel de ta part, hein ;) ).


Merci beaucoup, mais j'ai moins de mérite que les musiciens convoqués. :wink:


C'est toujours cette vieille question des rôles respectifs des artistes et de leurs exégètes. Personnellement, je pense que ce sont deux rôles complémentaires mais, bien sûr, je plaide pour ma propre chapelle. En tous cas, le fait de propager la parole de ces groupes (qu'ils soient obscurs ou pas) est quelque chose de très positif.

Photonik a écrit:Le plan-séquence hallucinant de "Triangle" dont je parle dans l'émission, il a du sens, par exemple.


Oh oui, sur cette séquence, je n'ai rien à redire, évidemment, mais certains de ses effets de manche sont un peu plus gratuits, y compris dans "Triangle", d'ailleurs. Mais bon, c'est moi qui pinaille: j'aime quand même beaucoup son cinéma.

Photonik a écrit:Contrairement au Doc, je l'ai pas vu celui-là, mais ton appréciation fort élogieuse me donne envie de combler cette lacune. Je connaissais le film de réputation, mais je ne l'ai pas évoqué dans la chronique d'une part car je l'ai pas vu mais aussi parce que Smith a récusé cette influence ; il a plutôt évoqué l'influence de la séquence du métro du "Loup-Garou de Londres" de Landis, si mes souvenirs sont bons.


La critique du doc a dit tout ce qui est nécessaire sur "Deathline": je suis d'accord à 100%, y compris sur les aspects les plus faibles du film.

Pour ce qui est de la récusation de Smith, à mon avis, il a juste dû en avoir marre d'en entendre parler, parce que je trouve les influences relativement indéniables. Toutefois, l'ombre du "Loup-garou de Londres" est clairement présente aussi, c'est vrai.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Dans un esprit similaire, on peut aussi nommer "I sell the dead", une comédie bien sympathique à propos de l'affaire Burke et Hare, que je vois un peu comme une variation plus ouvertement série B du film de John Landis sur la même histoire (même si la résonance entre ces deux films est potentiellement un hasard).


Encore un truc que je connais pas, je le note.


Concernant "I sell the dead", il faut quand même le prendre pour ce qu'il est: une série B assumée (avec un casting intéressant: j'ai une tendresse pour Angus Scrimm et Ron Perlman), faite par des gens qui savent dans quel genre de film ils sont. J'ai la plus grande affection pour ce genre de projet mais c'est certainement un film comportant son lot de défauts. En fait, de toutes les adaptations de l'affaire Burke/Hare que je connaisse ("Cadavres à la pelle" de John Landis, "Le récupérateur de cadavres" de Robert Wise et celui-là), c'est probablement la plus faible. Mais ça vient surtout du fait que cette histoire a été très bien servie par le cinéma.

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:Max Brooks (fils de Mel Brooks et Anne Bancroft, pour la petite histoire)


Ah bon ? Je ne savais pas. Ni même que Anne Bancroft avait été avec Mel Brooks, d'ailleurs...

Ektah a écrit:J'ai eu la chance de le croiser dans le vidéo-club en bas de chez moi (Hors Circuits, le meilleur de Paris, en passant). Et, effectivement, en discutant de son travail pour le groupe punk "Lucrate Milk", cette comparaison faisait partie de son discours. Ça me semble très vrai aussi.


FJ Ossang est vraiment un mec sympa et abordable, ouais. Je l'ai croisé à Biarritz (où il a des attaches) pour la présentation de son "Dharma Guns", et c'était un chouette moment.

Ektah a écrit:Il y a aussi le fait que, dans toutes les formes d'art "extrêmes" (à plus ou moins haut niveau, cela va de la série B d'horreur diffusée sur M6 à 3h du matin à la musique power electronics la plus abrasive), il y a quasiment toujours une histoire de retour du refoulé. Et cette notion a été, pendant très longtemps, liée, d'une, à la figure de l'étrange(r) et, de deux, à la nature sauvage, notamment forestière.

Mais j'ai le sentiment que toutes ces notions tournent un peu les unes autour des autres.


Oui, exactement ce que je ressens aussi, comme tu t'en doutes.

Ektah a écrit:Au passage, on se demandait tantôt comment définir la notion de "Folk Horror". On s'est posé la même question sur le groupe fb, dans un soucis d'ouverture la plus large possible, et voici la conclusion à laquelle on est arrivé (au passage, il y a plein de très bonnes œuvres à découvrir dans cet article):

https://celluloidwickerman.com/2014/09/25/the-folk-horror-chain/


Encore un lien qu'il faut que je creuse, merci...

Ektah a écrit:C'est comme ça que, pendant des années, Ingmar Bergman s'est retrouvé scénariste de "La dernière maison sur la gauche".


Ha !! Pas mal celle-là... :wink:

Ektah a écrit:Wovenhand, je connaissais de nom. Je l'avais placé dans la même case que 16 Horsepower, que je trouvais correct mais assez oubliable. Toutefois, ce morceau que tu as diffusé me semble considérablement plus solide (c'est marrant, il m'a penser... de loin, quand même... à une version plus americana de Fields of the Nephilim). Je vais sans doute explorer ça. Bonne surprise.


Je connais de très très loin 16 Horsepower, mais a priori j'en suis pas fou. Wovenhand me semble à moi aussi bien plus intéressant. La connexion avec Fields of the Nephilim fait sens, David Eugene Edwards ayant été initialement influencé par tout cette veine rock gothique/post-punk/cold-wave, etc...

Ektah a écrit:Orphx, ça m'a fait revenir 10 ans en arrière, dans les salles douteuses de la capitale, même si, comme tu le dis, ce morceau n'est pas vraiment représentatif du reste de leur discographie. Tout à fait réjouissant, aussi.


Je découvre ça ces jours-ci. Je suis assez fan de la veine EBM, et leurs morceaux plus rentre-dedans me parlent pas mal.

Ektah a écrit:Je suis d'accord avec Le Doc. Une programmation musicale très solide, cette semaine (pas que ce soit inhabituel de ta part, hein ;) ).


Merci beaucoup, mais j'ai moins de mérite que les musiciens convoqués. :wink:

Ektah a écrit:Je dois bien avouer, à ma grande honte, que le film de Ulmer est dans ma pile de dvds à voir depuis des années.


Fonce, tu vas pas être déçu. Il est très court, en plus, ça se regarde très vite (1 h 05, de mémoire).

Ektah a écrit:En tous cas, j'ai une grande tendresse pour Christopher Smith malgré quelques tics de mise en scène que je trouve agaçants. Je trouve que la virtuosité dont tu parles, et qui est bien réelle, est un peu trop visible.


Pour moi, il frôle effectivement la "démonstration" mais sans jamais basculer du mauvais côté, si je puis dire. Je ne vois pas la gratuité dans ses effets, ou rarement.
Le plan-séquence hallucinant de "Triangle" dont je parle dans l'émission, il a du sens, par exemple.

Ektah a écrit:"Creep" aussi est bon, mais il se trouve que le film cite très fortement une autre histoire du métro londonien, nommée "Death Line" (ou "Raw Meat" aux US) que je trouve tout à fait exceptionnelle.


Contrairement au Doc, je l'ai pas vu celui-là, mais ton appréciation fort élogieuse me donne envie de combler cette lacune. Je connaissais le film de réputation, mais je ne l'ai pas évoqué dans la chronique d'une part car je l'ai pas vu mais aussi parce que Smith a récusé cette influence ; il a plutôt évoqué l'influence de la séquence du métro du "Loup-Garou de Londres" de Landis, si mes souvenirs sont bons.

Ektah a écrit:Ah oui, aussi, tu évoquais au passage "Spaced" du trio Nick Frost/Simon Pegg/Edgar Wright. Pour moi, ça reste, encore à ce jour, leur chef d’œuvre.


Tu n'es pas le premier à en dire le plus grand bien ici (Lord en avait fait autant) ; là aussi, il va me falloir rattraper le coup...

Ektah a écrit:Wow. Ça fait très envie. Je trouve, qu'une fois de plus, ça fait un peu le lien avec nos discussions sur les à-cotés du folk horror (pareil pour "Essex County", d'ailleurs). En plus, il se trouve que ma famille, au 19ème siècle, était d'Ambialet (non loin de Mazamet). Du coup, je suis plus qu'intéressé par la découverte de l'esprit de ce lieu. Je vais me procurer ça au plus vite. Merci pour la découverte.


Oh si tu as des racines par là, ça devrait te parler, je le crois. Et tout le dernier tiers du livre est une pure merveille, plus connectée encore aux thématiques que nous évoquons là.


Ektah a écrit:En ce qui me concerne, je suis un peu coincé entre ces deux mondes (ce qui me va très bien). (...) Pendant toute mon enfance, j'ai eu cette dualité et je suis sûr que cela a grandement influé sur mon intérêt sur ces questions du rapport à la nature.


Je l'ai vécu de même, un peu à cheval entre deux "cultures". Environnement rural et culture "urbaine", c'est un cocktail intéressant au final.

Ektah a écrit:La grande réussite de "Bienvenue au Cottage" est le fait d'avoir compris que, si tu veux faire une comédie d'horreur, il ne faut pas faire des compromis entre l'humour et la terreur, mais, au contraire, pousser chaque aspect le plus loin possible. La méthode "Evil Dead", quoi.


Tout à fait, c'est le secret du travail de Raimi sur cette trilogie séminale.

Ektah a écrit:Dans un esprit similaire, on peut aussi nommer "I sell the dead", une comédie bien sympathique à propos de l'affaire Burke et Hare, que je vois un peu comme une variation plus ouvertement série B du film de John Landis sur la même histoire (même si la résonance entre ces deux films est potentiellement un hasard).


Encore un truc que je connais pas, je le note.
Et encore merci pour ces débriefs passionnants !!!

Avatar de Photonik

Marko a écrit:
Le moment où les origines respectives de Superman et Wundarr divergent est assez bien vu par rapport au contexte 50's est surtout assez drôle, lorsque l'équivalent de la mère Kent s'exclame en voyant le vaisseau "c'est peut-être des martiens ou pire des communistes !" :mrgreen: .



Il y a une autre divergence notable entre les origines de Superman et celles de Wundarr, qui appuie un peu plus sur l'ironie parfois cruelle dont Gerber était capable : les parents de Wundarr l'expédient dans l'espace pour le sauver de la destruction de sa planète, mais dans son cas sa planète n'explose pas ; son père s'était trompé dans ses calculs, en faisant une sort de Jor-El "raté"...

Avatar de Ektah

Le Doc a écrit:
Ektah a écrit:"Creep" aussi est bon, mais il se trouve que le film cite très fortement une autre histoire du métro londonien, nommée "Death Line" (ou "Raw Meat" aux US) que je trouve tout à fait exceptionnelle. Du coup, la comparaison ne se fait pas vraiment en la faveur de film de Smith (à mes yeux, en tous cas).


http://www.comics-sanctuary.com/forum/le-metro-de-la-mort-gary-sherman-t87826.html

:wink:


Décidément. Bon, oui, il va falloir que je libère un peu de temps pour aller explorer ce ciné-club. Bientôt... :)

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Le Doc a écrit:Quant à World War Z...disons que je préfère le livre...


Je n'ai pas vu le film mais le livre est effectivement recommandable. Du même auteur, Max Brooks (fils de Mel Brooks et Anne Bancroft, pour la petite histoire), je ne suis pas loin de préférer son "Guide de survie en territoire zombie".

Photonik a écrit:Et à propos de ça, il n'y a pas à ma connaissance de sujets interdits ici. Moi en tout cas j'aborde ce que je veux et j'ai l'impression que c'est le cas pour un peu tout le monde. J'accueille les débats philosophico-politiques comme les autres, pour peu que j'ai quelque chose à dire (Nemo, où diable es-tu donc passé, d'ailleurs ? :wink: ).
J'ai simplement l'impression que les intervenants n'ont pas forcément envie d'aller par là pour les échanges. Ce qui me vas très bien aussi.


Tout à fait, ma phrase n'était pas un appel à une forme de censure. C'était simplement un appel du pied pour dire que je suis conscient que ce genre de sujet peut très rapidement déraper sur le web et que, malgré le fait que je sois pour le fait d'en discuter, on peut envisager d'enterrer le sujet. Bon, il y aussi le fait que je ne suis là que depuis quelques semaines et que je prends quelques précautions lorsque je sais que je suis de m'approcher d'un terrain glissant.

Le fait que, ici, la discussion à propos de Romero se soit passé dans la cordialité la plus totale ne fait que prouver un peu plus que nous sommes entre gens de bonne compagnie. On dira juste que, si un tel sujet avait été lancé sur Fessebouc, dire que cela ne se serait pas passé de la sorte est l'euphémisme de l'année (ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas en discuter, juste penser à se préparer au shitstorm).

Et, si on n'en discute pas, ça me va très bien aussi.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Mais ce n'est pas inédit: si on considère le blues comme une forme particulière de musique folk (ce qui est mon cas), ce n'est pas différent de la transition vers l'électrique de Dylan, ou même de l'apparition du rock, dans une certaine mesure. Et, pour avoir passé beaucoup de temps dans cette communauté autour du "folk horror", on est nombreux à considérer des gens comme Donovan ou Crosby, Stills and Nash (surtout le premier album) comme des précurseurs du genre. Cette question du folk électrique et urbain est là depuis longtemps. Et l'indus-folk (ou indus tribal comme j'ai pu le voir parfois nommé) n'est que le dernier avatar de cette tradition, à mon avis.

Une autre de ses formes pourrait être, par exemple, ces groupes de métal ajoutant un aspect traditionnel à leur répertoire (Empyrium, Wolves in the Throne Room, Agalloch et tant d'autres...). Pour moi, c'est un peu le même état d'esprit qui préside à tous ces projets.



C'est marrant, cet échange me rappelle une citation du cinéaste et musicien F.J. Ossang, qui disait que les musiciens rock (ou de musiques amplifiées en général, pourrait-on dire) étaient en fait souvent des ruraux fraîchement débarqués en milieu urbain. D'après lui, la musique en question était le vecteur idéal pour esthétiser ou représenter ce qui frappe de sidération en premier un rural en ville : le vacarme. J'adhère assez à cette thèse.


Marrant. Ça a l'air d'être une thématique qui lui tient à cœur. J'ai eu la chance de le croiser dans le vidéo-club en bas de chez moi (Hors Circuits, le meilleur de Paris, en passant). Et, effectivement, en discutant de son travail pour le groupe punk "Lucrate Milk", cette comparaison faisait partie de son discours. Ça me semble très vrai aussi.

Il y a aussi le fait que, dans toutes les formes d'art "extrêmes" (à plus ou moins haut niveau, cela va de la série B d'horreur diffusée sur M6 à 3h du matin à la musique power electronics la plus abrasive), il y a quasiment toujours une histoire de retour du refoulé. Et cette notion a été, pendant très longtemps, liée, d'une, à la figure de l'étrange(r) et, de deux, à la nature sauvage, notamment forestière.

Mais j'ai le sentiment que toutes ces notions tournent un peu les unes autour des autres.

Au passage, on se demandait tantôt comment définir la notion de "Folk Horror". On s'est posé la même question sur le groupe fb, dans un soucis d'ouverture la plus large possible, et voici la conclusion à laquelle on est arrivé (au passage, il y a plein de très bonnes œuvres à découvrir dans cet article):

https://celluloidwickerman.com/2014/09/25/the-folk-horror-chain/

Photonik a écrit:Il suffit de voir que McKean a parfois pu faire par ailleurs avec Neil Gaiman : "Mr Punch", un travail un peu particulier du dessinateur avec le scénariste de "Sandman", atteste aussi clairement de la filiation (et certaines couvertures de "Sandman" aussi d'ailleurs).


Mr. Punch restant à ce jour le meilleur travail aussi bien de McKean que de Gaiman, à mon avis (parfaitement nuancé ;) )...

Photonik a écrit:
Le Doc a écrit:Le scénariste de Man-Thing est Hans Rodionoff. Steve Gerber n'a rien à voir avec le scénario du film.


Je te fais confiance ; ça m'apprendra à faire confiance à Wikipedia. :wink:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Man-Thing_(film)


Tiens, ça va être ma minute archiviste: très souvent, pour les crédits des films, les rédacteurs wikipedia se contentent de recopier les informations imdb en enlevant toutes les précisions de chaque rubrique. Ainsi, si un film est une adaptation d'une œuvre préexistante, l'auteur originel sera souvent indiqué comme scénariste sans aucune autre nuance. C'est comme ça que, pendant des années, Ingmar Bergman s'est retrouvé scénariste de "La dernière maison sur la gauche". Wikipedia est un outil formidable mais très souvent faillible.

Photonik a écrit:- Et en musique cette semaine, ce sera :
"All Your Waves", extrait de "Star Treatment" de Wovenhand, "Stranger", beau morceau de Goldfrapp issu de la BO du "Detour" sus-nommé, "Haunted Forever" des métalleux américains de Sumerlands, et on termine avec le planant "Walk Into The Broken Night", morceau envoûtant du duo canadien Orphx...!


Wovenhand, je connaissais de nom. Je l'avais placé dans la même case que 16 Horsepower, que je trouvais correct mais assez oubliable. Toutefois, ce morceau que tu as diffusé me semble considérablement plus solide (c'est marrant, il m'a penser... de loin, quand même... à une version plus americana de Fields of the Nephilim). Je vais sans doute explorer ça. Bonne surprise.

Goldfrapp, ça me fait un peu penser à une citation de Philippe Druillet: il expliquait, dans je ne sais plus quelle interview, qu'il aimait bien relire un album de Tintin parce que c'était la base, ne demandant pas trop d'implication du lecteur, mais avec un rapport direct aux émotions, parlant directement à nos aspects fondamentaux, enfantins, laissant un sentiment semblable à un retour à la maison après un long voyage (Joachim Du Bellay-style). C'est une sensation dont je suis assez friand et c'est un peu ce je ressent avec des gens comme Goldfrapp, Tori Amos ou les Beatles. Ça fait du bien.

Tiens, Sumerlands, on en revient à Fields of the Nephilim. Bien sympathique, aussi.

Orphx, ça m'a fait revenir 10 ans en arrière, dans les salles douteuses de la capitale, même si, comme tu le dis, ce morceau n'est pas vraiment représentatif du reste de leur discographie. Tout à fait réjouissant, aussi.

Je suis d'accord avec Le Doc. Une programmation musicale très solide, cette semaine (pas que ce soit inhabituel de ta part, hein ;) ).

Photonik a écrit:Pour le cinéma, on évoque le dernier film en date d'un réalisateur britannique, l'excellent Christopher Smith, à savoir "Detour", un polar tordu et surprenant.


Intéressant tout ça. Je dois bien avouer, à ma grande honte, que le film de Ulmer est dans ma pile de dvds à voir depuis des années.

En tous cas, j'ai une grande tendresse pour Christopher Smith malgré quelques tics de mise en scène que je trouve agaçants. Je trouve que la virtuosité dont tu parles, et qui est bien réelle, est un peu trop visible. La mise en scène, pour moi, est au service de la narration. Ce n'est pas forcément le cas chez lui, je trouve. Ce genre d'approche ne me dérange pas chez des gens comme De Palma, Greenaway ou Argento, car ils annoncent d'entrée de jeu le maniérisme de leur cinéma. C'est, pour moi, plus génant, dans l'approche plus "gritty", pseudo-réaliste de Smith. Toutefois, ce défaut n'est pas assez marqué pour être rédhibitoire, juste agaçant.
J'avais adoré "Black Death" et "Triangle". Je ne dirais pas que ce sont des plaisirs coupables mais il me semble que ce sont quand même des films qui ne sont pas aussi bons que l'idée que je m'en fais.
"Creep" aussi est bon, mais il se trouve que le film cite très fortement une autre histoire du métro londonien, nommée "Death Line" (ou "Raw Meat" aux US) que je trouve tout à fait exceptionnelle. Du coup, la comparaison ne se fait pas vraiment en la faveur de film de Smith (à mes yeux, en tous cas). Mais, bon, en soi, ça reste un simili-slasher très correct.
Sa mini-série "Labyrinth" à propos du Graal et des Cathares, et sa comédie de Noël (malgré mon attachement pour la carrière récente de Warwick Davis) me font très peur mais, bon, va savoir...

Ah oui, aussi, tu évoquais au passage "Spaced" du trio Nick Frost/Simon Pegg/Edgar Wright. Pour moi, ça reste, encore à ce jour, leur chef d’œuvre. C'est bien sûr hilarant mais l'aspect sentimental qui existe en sous-texte dans ses films a toute la place de s'exprimer dans le format série, et ça fait toute la différence. Pour tout te dire, j'ai versé ma larmichette lors du dernier épisode (mais je suis, dans le fond, une midinette).

Merci pour le salut, mec. Ça fait très plaisir. Tu peux utiliser mon vrai nom, Manu, si tu veux. Ça m'est égal.

Photonik a écrit:- Pour la littérature, on aborde le cas d'un primo-romancier, Simon Johannin, et de son roman "L'été des charognes", chronique rurale assez soufflante.


Wow. Ça fait très envie. Je trouve, qu'une fois de plus, ça fait un peu le lien avec nos discussions sur les à-cotés du folk horror (pareil pour "Essex County", d'ailleurs). En plus, il se trouve que ma famille, au 19ème siècle, était d'Ambialet (non loin de Mazamet). Du coup, je suis plus qu'intéressé par la découverte de l'esprit de ce lieu. Je vais me procurer ça au plus vite. Merci pour la découverte.

Tori a écrit:Très intéressant, comme d'habitude... Je note L'été des charognes dans un coin de ma tête : je sens que c'est un bouquin qui va me parler.
J'ai beau ne pas faire partie de tes auditeurs souletins, j'ai passé les vingt premières années de ma vie à la campagne, et à la montagne, quand j'allais chez mes grands-parents. Il y a forcément dans ce livre des situations qui m'en rappelleront d'autres que j'ai pu vivre.


En ce qui me concerne, je suis un peu coincé entre ces deux mondes (ce qui me va très bien). Aussi bien du coté de mon père que de ma mère, ils sont la première génération à sortir du milieu agricole: mon père est un généticien avec le caractère d'un berger de montagne et ma mère était une prof de français venant d'une lignée de vignerons. Et, même au niveau du lieu de vie, nous habitions dans les collines provençales, au milieu des chèvres et des sangliers, mais toujours à moins d'une heure de route de Marseille. Pendant toute mon enfance, j'ai eu cette dualité et je suis sûr que cela a grandement influé sur mon intérêt sur ces questions du rapport à la nature. Et, oui, cette idée de la cruauté envers les animaux a une certaine résonance avec mon enfance.

Le Doc a écrit:Et le chef-op' du film est Christopher Ross, qui a notamment travaillé sur la très chouette comédie horrifique Bienvenue au Cottage avec Andy Serkis et le suspense Eden Lake de James Watkins avec Michael Fassbender.


Deux très bonnes références. On peut noter également dans "Bienvenue au cottage" la présence de Reece Shearsmith qui est tranquillement en train de devenir un de mes acteurs de comédie anglaise préféré pour son travail dans "Inside n°9", "Psychoville" et surtout "La ligue des gentlemen". La grande réussite de "Bienvenue au Cottage" est le fait d'avoir compris que, si tu veux faire une comédie d'horreur, il ne faut pas faire des compromis entre l'humour et la terreur, mais, au contraire, pousser chaque aspect le plus loin possible. La méthode "Evil Dead", quoi.

Dans un esprit similaire, on peut aussi nommer "I sell the dead", une comédie bien sympathique à propos de l'affaire Burke et Hare, que je vois un peu comme une variation plus ouvertement série B du film de John Landis sur la même histoire (même si la résonance entre ces deux films est potentiellement un hasard).

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Photonik a écrit:Mon premier contact avec son travail, très jeune, m'a beaucoup marqué. C'était dans un vieux Strange Special Origines (chez Lug, donc), qui reprenait l'épisode de "Adventures Into Fear" où Man-Thing rencontre Wundarr, le futur Aquarian, en un pastiche éminemment Gerberien des origines de Superman (ce que je n'avais pas compris à ma première lecture..!).


Le moment où les origines respectives de Superman et Wundarr divergent est assez bien vu par rapport au contexte 50's est surtout assez drôle, lorsque l'équivalent de la mère Kent s'exclame en voyant le vaisseau "c'est peut-être des martiens ou pire des communistes !" :mrgreen: .
Dans une veine un peu plus sociale, j'aime beaucoup l'épisode où les rescapés d'un accident de la route doivent collaborer malgré leurs opinions radicalement opposées.

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Tori a écrit:Très intéressant, comme d'habitude...


Merci beaucoup !!! :wink:

Tori a écrit:Je note L'été des charognes dans un coin de ma tête : je sens que c'est un bouquin qui va me parler.
J'ai beau ne pas faire partie de tes auditeurs souletins, j'ai passé les vingt premières années de ma vie à la campagne, et à la montagne, quand j'allais chez mes grands-parents. Il y a forcément dans ce livre des situations qui m'en rappelleront d'autres que j'ai pu vivre.



J'en suis persuadé.
J'ai moi aussi grandi à la campagne (mon frère est d'ailleurs exploitant agricole en zone montagne), et je me suis complètement retrouvé moi aussi dans ce rapport si particulier qu'entretiennent les enfants à un environnement rural ; c'est à la fois âpre et totalement merveilleux... comme le roman de Johannin, qui exprime ce sentiment à merveille.

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Très intéressant, comme d'habitude... Je note L'été des charognes dans un coin de ma tête : je sens que c'est un bouquin qui va me parler.
J'ai beau ne pas faire partie de tes auditeurs souletins, j'ai passé les vingt premières années de ma vie à la campagne, et à la montagne, quand j'allais chez mes grands-parents. Il y a forcément dans ce livre des situations qui m'en rappelleront d'autres que j'ai pu vivre.

Tori.

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Le Doc a écrit: Creep est un très bon film d'horreur, très efficace. Severance est un peu moins maîtrisé, mais il est tout de même pas mal du tout.


Oui, c'est tout à fait ça pour le côté "maîtrise", à tel point que le spectateur mal informé pourrait penser que "Severance" est son premier film et "Creep" le second, de ce point de vue-là.
"Triangle" non seulement supporte mais même appelle plusieurs visions, en effet. Il claque quand même le beignet à la première vision comme tu l'as remarqué, mais certaines subtilités (tant sur le plan scénaristique que sur celui de la mise en scène) sont un peu plus longues à débusquer que d'autres. C'est pour moi son meilleur film.

Le Doc a écrit:Au fait, c'est bien vu : Detour ne sortira pas sur grand écran en France, il passera directement par la case DVD le mois prochain.


J'en étais sûr, merde !! Pourtant le film aurait claqué sur grand écran, pas de doutes...

Le Doc a écrit:Et le chef-op' du film est Christopher Ross, qui a notamment travaillé sur la très chouette comédie horrifique Bienvenue au Cottage avec Andy Serkis et le suspense Eden Lake de James Watkins avec Michael Fassbender.


Christopher Ross, je le note. Un travail très impressionnant ici ; ça ne m'avait pas autant frappé sur les autres titres que tu cites.

Le Doc a écrit:Que du très, très bon dans cette playlist ! Et comme souvent dans ces cas-là, je recherche des titres ensuite sur YouTube pour en écouter plus... :wink:


Ah, ravi que ça t'ait plu ; oui, je suis très content de la sélection musicale de la semaine, je trouve qu'elle claque bien. Il y a beaucoup de choses ici que j'ai découvert assez récemment (surtout Sumerlands et Orphx) mais que je sens que je vais creuser...

Et encore merci pour ton assiduité !!!! :wink:

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque le dernier film en date d'un réalisateur britannique, l'excellent Christopher Smith, à savoir "Detour", un polar tordu et surprenant.


Comme toi, j'apprécie le cinéma de Christopher Smith. Je n'ai pour l'instant vu chaque film qu'une seule fois (sauf sa comédie de Noël, je déteste ça) et je les ai tous bien en mémoire. Creep est un très bon film d'horreur, très efficace. Severance est un peu moins maîtrisé, mais il est tout de même pas mal du tout.
Triangle est sacrément bluffant...je ne suis pas sûr d'avoir tout saisi et il demande très certainement, comme tu le soulignes, une seconde vision, mais il est sacrément vertigineux. Et j'ai bien aimé son rugueux Black Death.
Du coup, je ne manquerai pas de regarder ce Detour (je suis aussi très fan du film noir de Edgar G. Ullmer). Ce que tu en dis est très intéressant et intrigant...
Au fait, c'est bien vu : Detour ne sortira pas sur grand écran en France, il passera directement par la case DVD le mois prochain.
Et le chef-op' du film est Christopher Ross, qui a notamment travaillé sur la très chouette comédie horrifique Bienvenue au Cottage avec Andy Serkis et le suspense Eden Lake de James Watkins avec Michael Fassbender.

- Pour la littérature, on aborde le cas d'un primo-romancier, Simon Johannin, et de son roman "L'été des charognes", chronique rurale assez soufflante.


Bon là j'avoue que ce genre de récit n'est vraiment pas ma came...

- Pour la rubrique BD, c'est l'un des derniers travaux du scénariste Jeff Lemire, associé au dessinateur Dustin Nguyen, dont on cause, avec le space-opera robotique "Descender".


Ca, c'est nettement plus ma came, mais je ne l'ai pas encore lu...


- Et en musique cette semaine, ce sera :
"All Your Waves", extrait de "Star Treatment" de Wovenhand, "Stranger", beau morceau de Goldfrapp issu de la BO du "Detour" sus-nommé, "Haunted Forever" des métalleux américains de Sumerlands, et on termine avec le planant "Walk Into The Broken Night", morceau envoûtant du duo canadien Orphx...!


Que du très, très bon dans cette playlist ! Et comme souvent dans ces cas-là, je recherche des titres ensuite sur YouTube pour en écouter plus... :wink:

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Rien que je connaisse... Tant mieux : ça me fera découvrir des trucs !

Tori.

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Épisode 13 : Détour chez les charognes en pleine descente

Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque le dernier film en date d'un réalisateur britannique, l'excellent Christopher Smith, à savoir "Detour", un polar tordu et surprenant.

- Pour la littérature, on aborde le cas d'un primo-romancier, Simon Johannin, et de son roman "L'été des charognes", chronique rurale assez soufflante.

- Pour la rubrique BD, c'est l'un des derniers travaux du scénariste Jeff Lemire, associé au dessinateur Dustin Nguyen, dont on cause, avec le space-opera robotique "Descender".

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"All Your Waves", extrait de "Star Treatment" de Wovenhand, "Stranger", beau morceau de Goldfrapp issu de la BO du "Detour" sus-nommé, "Haunted Forever" des métalleux américains de Sumerlands, et on termine avec le planant "Walk Into The Broken Night", morceau envoûtant du duo canadien Orphx...!


"Taken by the crowd a tide
It's there then gone do or die
Stranger, I dream of you and
Stranger, I will never know..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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calvinball a écrit:ah ! oui je me souviens de cette intervention.


Là pour le coup, je crois que c'était dans les bonus de l'édition DVD de "New York 1997"...

calvinball a écrit:peut-être est-ce dû à cette fracture dont parle Jean Baptiste Thoret suite à la production difficile de Los Angeles 2013. Selon lui c'est à ce moment là que Carpenter aurait "abandonné", comme si auparavant il avait été porteur de quelque chose, d'une contestation ou autre...


La production a été très difficile en effet, notamment parce que Carpenter était très malade à l'époque. Selon Thoret (qui s'est rendu sur le tournage pour rencontrer Carpenter, à moins que ce ne soit à l'étape du montage), il était même persuadé que ce serait son dernier film.
Ses film suivants (il y en aura peu) marquent quand même une césure dans sa production, d'un point de vue qualitatif... même si perso j'aime encore beaucoup "Ghosts of Mars" ou "The Ward", malgré leurs défauts évidents.

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Photonik a écrit: Kurt Russell, qui se situe "à la droite d'Attila le Hun"

ah ! oui je me souviens de cette intervention.

Le discours de Carpenter est étrangement cynique quant à l'industrie, l'art et la politique mais surtout quand à ses propres films (et notamment à ses adaptions : "faites ce que vous voulez, laissez-moi juste un gros chèque"). Je ne crois pas avoir lu d'interviews de lui datant d'avant les années 90, mais peut-être est-ce dû à cette fracture dont parle Jean Baptiste Thoret suite à la production difficile de Los Angeles 2013. Selon lui c'est à ce moment là que Carpenter aurait "abandonné", comme si auparavant il avait été porteur de quelque chose, d'une contestation ou autre...

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Oui, vivement. :wink:

Concernant John Carpenter, je me souviens d'un entretien filmé de lui (peut-être en bonus du DVD de "Assaut", mais je n'en jurerais pas) où il dit à peu près la même chose que ce que tu cites ici : en substance, il comprend qu'on voit dans ses films une coloration politique plutôt contestataire et/ou "de gauche" et à quoi cela est dû, mais il ne se voit pas comme ça lui-même ; il se définit comme un capitaliste, par exemple, sans états d'âme.
Il explique aussi avoir travaillé sans problèmes avec un Kurt Russell, qui se situe "à la droite d'Attila le Hun" sur l'échiquier politique selon lui ; les deux hommes se sont pourtant toujours chaleureusement entendus.

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artemus dada a écrit:Et que sa position d'outsider lui a permis de ne pas tenir compte de la doxa politique du moment, pas parce qu'il avait des revendications à faire valoir, mais plus simplement, mais à mes yeux c'est encore plus fort, parce qu'il n'entretenait en tant qu'individu, aucune espèce de rapport de hiérarchie sur le plan racial, et que seul comptait la personne qu'il avait en face de lui.

ah oui là dessus on est d'accord, et la sincérité et la liberté de la démarche de Roméro donne finalement encore plus de corps à une "contestation" que l'on peut y voir a postériori. On pourrait presque dire que le film de Roméro incarne une forme liberté radicale (à défaut de dire contestation) et c'est toute la différence avec ces films qui veulent démontrer leur contestation. C'est une spécialité de certain films comme le Capital de Costa-Gavras...
C'est pas peu dire que ton intervention m'a fait un peu cogiter.

Et c'est par un drôle de hasard que je suis tombé hier soir sur un texte de Carpenter, autre grand réalisateur étiqueté "contestataire", "de gauche" (moi j'ai souvent considéré certain de ses films comme libertaires) qui conforte ton argumentation tout en maintenant sa part d’ambiguïté:
Je me suis toujours considéré comme quelqu’un d’assez apolitique, ce qui ne signifie pas que mes films le sont forcément. C’est difficile à expliquer. […] Pour moi, défendre une cause implique de pouvoir proposer une solution au problème, or je n’ai pas tellement de solutions. Par exemple, je ne sais absolument pas comment palier la pauvreté, et je pense que c’est impossible. Je ne vais donc pas me permettre de vous sermonner en vous demandant si vous savez combien de gens sont pauvres de nos jours, car cela n’aurait pour moi aucune utilité. Peut-être qu’un jour je ferai un film dans lequel il y a des gens pauvres, mais je n’ai pas de cause à défendre. Ma première femme [Adrienne Barbeau] était une militante féministe, mais ça n’a jamais été mon cas. Je ne suis pas comme ça. »
– John Carpenter: The Prince of Darkness


Photonik a écrit:Tiens, j'en profite pour signaler qu'il n'y aura pas d'émission cette semaine (emploi du temps bousculé, comme d'hab'). Partie remise à la semaine prochaine !!

Diantre, vivement la semaine prochaine alors !

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C'est plutôt pas pour me reposer effectivement, mais merci. :wink:

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Photonik a écrit:Tiens, j'en profite pour signaler qu'il n'y aura pas d'émission cette semaine (emploi du temps bousculé, comme d'hab'). Partie remise à la semaine prochaine !!

Ah, zut : juste quand je suis à jour dans mes écoutes ! ~___^
Repose-toi bien (ah, zut encore : ce n'est pas pour te reposer, mais parce que tu es trop occupé, au contraire !) !

Tori.

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Tiens, j'en profite pour signaler qu'il n'y aura pas d'émission cette semaine (emploi du temps bousculé, comme d'hab'). Partie remise à la semaine prochaine !!

Avatar de Photonik

Tiens, voilà ce qu'en dit le wiki anglo-saxon du film "Dawn Of The Dead/Zombie" :

How the creatures in contemporary zombie films came to be called "zombies" is not fully clear. The film Night of the Living Dead made no spoken reference to its undead antagonists as "zombies", describing them instead as "ghouls" (though ghouls, which derive from Arabic folklore, are demons, not undead). Although George Romero used the term "ghoul" in his original scripts, in later interviews he used the term "zombie". The word "zombie" is used exclusively by Romero in his 1978 script for his sequel Dawn of the Dead, including once in dialog. According to George Romero, film critics were influential in associating the term "zombie" to his creatures, and especially the French magazine "Cahiers du Cinéma". He eventually accepted this linkage even though he remained convinced at the time that "zombies" corresponded to the undead slaves of Haitian voodoo as depicted in Bela Lugosi's White Zombie.


Manifestement, Romero est d'accord avec toi mais il s'est fait une raison. :wink:

Avatar de Tori

Photonik a écrit:Peut-on vraiment parler d'erreur après l'assimilation par l'imaginaire collectif de la figure du zombie à la Romero ? Pour ma part je ne le crois pas. Il n'est pas rare, dans le domaine pop-culturel comme ailleurs, qu'un terme en recouvre un autre, voisin, mais pourtant bien distinct à la base. Beaucoup de qualificatifs dans des domaines variés proviennent "d'erreurs" de la sorte... C'est une forme d'invention ou de mutation du langage.

Une erreur collective reste une erreur... Ce n'est pas parce que presque tout le monde parle de la tranche d'un livre en pensant à son dos que c'est correct...

Et le "zombie à la Romero", c'est un "living dead", il me semble (dans ses titres, en VO, le mot "zombie" n'apparaît pas).

Mais tu c'est vrai que c'est un détail.

Tori.

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Le choix du terme "concéder" était, je m'en rends compte, probablement malheureux de ma part. On échange en donnant nos avis et en échangeant sur des faits, on ne joue pas à un jeu de gagne-terrain ou à un débat d'arguments à l'américaine... J'en prends acte, donc. :wink:

Pour le reste, je trouve ton exemple de Jack Kirby et Stan Lee créant les X-Men très intéressant ; en effet, je crois comme toi que le prêt "rétroactif" aux auteurs d'une volonté d'allégorie socio-politique joue ici à fond. Je le vois pour le coup exactement de la même manière.
Mais il ne faudrait pas pour autant, en tenant compte de ça et des conditions de production précaires de telle ou telle œuvre de fiction (les comics ou les films de Romero, par exemple), à ne surtout pas négliger en effet, totalement oublier que certains auteurs ont pu faire preuve parfois d'une ambition particulière dans la confection de leurs récits et du sous-texte éventuel.

L'exemple qui me vient, c'est celui de Kirby et Lee, justement, qui évoquent à travers une saga de Thor (mettant en scène les Archéopiens, des victimes de Galactus le Dévoreur de mondes) l'exode des juifs, leur massacre organisé en Europe et la fondation d'Israël après le second conflit mondial. Ce sous-texte est attesté par Kirby lui-même, si j'en crois un vieux numéro de Comic Box.
Tu m'objecteras qu'il n'est pas question ici de pré-science ou de "sentir" une évolution politique (voire d'y contribuer) et tu n'auras pas tort. :wink:

De manière plus générale, je partage complètement ton idée du "trop-plein d'analyse" qui saisit ceux comme nous ici qui se penche sur telle ou telle œuvre pour chercher à y voir à toute force un sous-texte, des allusions, etc... quitte à faire un enfant dans le dos aux faits, rien que les faits. Je me reconnais dans cette tendance en tout cas.
Pour me consoler, je me dis qu'il vaut mieux un excès d'analyse qu'un défaut d'analyse. Mais cette sentence un peu trop catégorique serait sûrement à tempérer...

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:[..]
Je concède néanmoins à Artemus que comme il le dit, en l'occurrence la réception a très largement débordé l'ambition, sans aucun doute.


Merci de me concéder :wink: que "la réception a très largement débordé l'ambition".

Mais ce que je dis est d'un tout autre ordre, ou disons que ça va bien plus loin.

Comme par exemple (manière de dire que Romero n'est pas ma "bête noire" du moment) les X-Men dont il est courant de lire qu'ils représentaient la ségrégation et le racisme.

Je doute beaucoup que Stan Lee et Jack Kirby se soient mis autour d'une table en disant, voilà : le monde par en sucette, la situation des droits civiques n'est plus tolérable, faisons une série de super-héros qui dépeindrait cette situation (pour les ambitions basses).
Notre employeur Marvel tente alors de sortir la tête de l'eau, DC Comics nous tient à la gorge (notamment en étant notre distributeur via une de ses filiales), mais les générations futures se souviendront de nous pour ça.

Non, pour ma part je crois qu'ils ont inventé une histoire qui prenait le contre-pied de ce qui se faisait dans ce domaine à savoir pour le dire vite une équipe de super-héros différentes (comme ce qu'ils ont fait avec les FF, démarquage de la JLA), en butte à la société, etc.

Ainsi ce qui pour moi est une création qui utilise avant tout des ressorts dramatiques avec ingéniosité, et dont la préoccupation majeure est de passer sous le radar de DC (on ne fait pas de super-héros mais des histoires de mutants) en évitant d'être accusé de plagiat, remember le Captain Marvel de Fawcett, au sein d'une industrie dont c'est pourtant le sport favoris, se trouve ensuite reçu - à tort - comme la lutte non pas seulement de la ségrégation et du racisme mais tenez-vous bien : de la lutte entre les partisans de Martin Luther King et de ceux de Malcolm X.
Car oui Xavier et Magnéto partagent d'être des "mutants", qui s'ils luttent contre homo sapiens (ou l'idée qu'ils se font des mutants) ne partagent pas la même manière de le faire.
Comme Martin Luther King qui partage avec Malcolm X d'être Noir, lutte pour les droits civiques comme ce dernier, mais pas de la même manière.

J'aime beaucoup les analyses de fond, j'en fais énormément c'est un peu mon fond de commerce (sic), mais je sais que tout aussi séduisante que soit une interprétation, elle est surtout une construction intellectuelle et culturelle (pour les meilleurs des cas) après coup.

Prêter à tel ou tel "artiste" (terme à prendre dans le sens le plus large possible) un don d'analyse, et de prédiction (c'est d'ailleurs un lieu commun), ou une volonté militante - surtout lorsque l'artiste en question s'en défend - est un travers que nous avons tous plus ou moins. Ne serait-ce que pour qu'il y ait analyse, il faut du "grain" à moudre. Ou dans notre cas de figure à analyser.

Je crois qu'on aime en tant qu'humain, tellement les histoires que tout ce qu'on fait doit être d'une manière ou d'une autre narratif, et s'inscrire dans un dessein. Si possible "grandiose".
Un travers qui se trouve amplifié lorsqu'on parle d'un artefact culturel que l’intelligentsia regarde avec un peu de mépris.

Mais tout aussi pertinent que soit le film de Romero (par exemple), après coup, il est d'abord le travail de quelqu'un qui veut faire un film et dont les acteurs font d'abord partie de son entourage, et à qui il donne des rôles en fonction de leurs aptitudes (c'est lui qui le dit).
Et celui du héros échoit à celui dont il dit justement qu'il était le meilleur.

Ce qui n'est pas rien non plus, puisque celui-ci est un Africain-Américain, et qu'à l'époque les acteurs Noirs interprétant des héros (surtout avec cette dimension tragique), ça ne courre pas les rues.
Surtout celles d'Hollywood.
Au moins n'avait-il pas le calcul de plaire, mais je doute aussi que George Romero avait dans l'idée de faire un carton avec son long-métrage.

En conclusion si vous êtes encore là, je dirais que Romero (comme Marvel) essayait de faire ce qu'il avait envie de faire mais aussi de gagner sa croûte.
Et que sa position d'outsider lui a permis de ne pas tenir compte de la doxa politique du moment, pas parce qu'il avait des revendications à faire valoir, mais plus simplement, mais à mes yeux c'est encore plus fort, parce qu'il n'entretenait en tant qu'individu, aucune espèce de rapport de hiérarchie sur le plan racial, et que seul comptait la personne qu'il avait en face de lui.
Il avait aussi une contrainte, faire un film avec peu de moyens.
Et sûrement avec la volonté d'utiliser le meilleur de ce qu'il pouvait obtenir. CQFD.

Oui, sa décision est politique (comme beaucoup des décisions que nous prenons au jour le jour, aussi triviales que de mettre ses papiers à la poubelle, ou d'utiliser les transports en commun), mais en aucun cas militante et contestataire, de mon point de vue, en regard de ma propre analyse. Et des propres propos de Romero.
Qu'il ait ensuite enfoncé le clou, est tout à son honneur d’ailleurs.

Cela dit, comme je le répète à tire-larigot, je peux vivre avec l'idée que d'autres ne partagent pas mes idées ; il y a assez de place dans l'imaginaire collectif pour que des univers de pensées différentes se côtoient sans heurts.
L'idée de l'altérité est au cœur de notre discussion, la refuser au domaine des idées serait peu pertinent de ma part (et de tout façon ce n'est pas mon genre).

À partir du moment où n'y a pas de prosélytisme, mais des échangent amicaux d'amateurs à amateurs, ça me va.

Du reste, ce n'est pas parce que les idées qu'on a ne sont pas partagées par la majorité des intervenants qui se manifestent qu'elles ne peuvent pas avoir de pertinence. L'analyse de l'aspect contestataire - a posteriori - du film de George Romero en est la preuve : la présence d'un héros Africain-Américain n'était pas alors l'idée la mieux partagée du moment.

C'est pour ça que me "concéder" quelque chose, est pour le coup bien peu fair-play. :wink:

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Photonik a écrit:Faute de temps (et je cause déjà beaucoup), je n'ai pas trop évoqué les titres de Steve Gerber traduits en leur temps par Lug, comme ses "Daredevil" pas inintéressants (même si lui confesse s'être vite ennuyé sur le personnage), ou ses excellents "Marvel Two-in-One" (avec la Chose), entre autres.
Mon premier contact avec son travail, très jeune, m'a beaucoup marqué. C'était dans un vieux Strange Special Origines (chez Lug, donc), qui reprenait l'épisode de "Adventures Into Fear" où Man-Thing rencontre Wundarr, le futur Aquarian, en un pastiche éminemment Gerberien des origines de Superman (ce que je n'avais pas compris à ma première lecture..!).


Oui...quand je dis que je n'ai pas commencé par ses "travaux les plus remarqués", je voulais dire qu'ils n'ont pas l'aura et la réputation de ce qu'il a fait sur Defenders, Howard the Duck et Man-Thing par exemple. Ce qui n'empêche pas qu'il y a en effet des choses très intéressantes dans le lot...c'est marrant, dans mon premier comic-book de Steve Gerber, il y avait aussi Wundarr en personnage secondaire. C'était dans Marvel Two-In-One 2, publié par Lug dans le tout premier Spécial Strange.

Image


Comme je le suggérais fortement dans ma réponse à Tori, j'ai trouvé le film totalement catastrophique. Il faut dire qu'il est torché par Brett Leonard, l'immortel auteur d'un "Highlander 5" de sinistre mémoire (un cinéaste très fainéant, il était tout de même un peu plus exigeant quand il signait le film de SF "Le Cobaye", au début des années 90).


Ouais, c'est raté. J'ai préféré les Swamp Thing...qui ne sont franchement pas des bons films, mais au moins tout n'est pas à jeter.

D'ailleurs, pour en savoir plus... :wink:

http://www.comics-sanctuary.com/forum/la-creature-du-marais-wes-craven-t86101.html

http://www.comics-sanctuary.com/forum/the-return-of-swamp-thing-jim-wynorski-t76375.html

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Le Doc a écrit:
Lis plutôt le wiki U.S. :wink:

https://en.wikipedia.org/wiki/Man-Thing_(film)


Oui, sans compter qu'il est nettement plus étoffé, en l'occurrence.

C'est une forme de soulagement pour moi de voir ainsi écartée l'idée de la participation de Gerber à cette purge sans nom qu'est le film "Man-Thing"...

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Le Doc a écrit:Super chronique d'un scénariste que j'ai découvert progressivement au fil des années. Je lisais très peu d'Arédit/Artima en grandissant, je préférais les publications LUG donc je n'ai pas commencé par les travaux les plus "remarqués" de Steve Gerber (à par quelques épisodes piochés par-ci par-là). Et beaucoup de choses sont restées inédites chez nous. Ce n'est d'ailleurs que l'année dernière que j'ai pu lire les premiers épisodes de Howard the Duck dans la réédition V.O....et quelle savoureuse lecture ! J'ai hâte de faire pareil avec Man-Thing.


Faute de temps (et je cause déjà beaucoup), je n'ai pas trop évoqué les titres de Steve Gerber traduits en leur temps par Lug, comme ses "Daredevil" pas inintéressants (même si lui confesse s'être vite ennuyé sur le personnage), ou ses excellents "Marvel Two-in-One" (avec la Chose), entre autres.
Mon premier contact avec son travail, très jeune, m'a beaucoup marqué. C'était dans un vieux Strange Special Origines (chez Lug, donc), qui reprenait l'épisode de "Adventures Into Fear" où Man-Thing rencontre Wundarr, le futur Aquarian, en un pastiche éminemment Gerberien des origines de Superman (ce que je n'avais pas compris à ma première lecture..!).

Le Doc a écrit:
- Pour la littérature, c'est du lourd, vu qu'on aborde le travail de Thomas Ligotti, maître méconnu mais incontournable de la littérature horrifique, via le recueil (le seul paru en français) "Chants du Cauchemar et de la Nuit". Tremblez, carcasses.


Je ne connaissais pas du tout. Je lis peu de romans en ce moment, mais j'en prends bonne note...


Tu devrais adorer ; je pense que Ligotti a tout pour plaire aux lecteurs de Stephen King.

Le Doc a écrit:J'avais déjà entendu cette très belle reprise de Black Sabbath (j'étais tombé sur une vidéo YouTube il y a un an ou deux, un montage approprié de scènes des 3 Visages de la Peur de Bava).


Oui, c'est également par le biais de cette vidéo très réussie que j'ai découvert le titre, un peu par hasard.


Le Doc a écrit:Et c'est le seul titre que j'ai apprécié cette semaine... :wink:


Ouais, j'admets volontiers que c'était bien zarbi dans l'ensemble, cette semaine. :mrgreen:

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Le Doc a écrit:Le scénariste de Man-Thing est Hans Rodionoff. Steve Gerber n'a rien à voir avec le scénario du film.


Je te fais confiance ; ça m'apprendra à faire confiance à Wikipedia. :wink:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Man-Thing_(film)

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Benoît a écrit:Si le budget de Dernier train pour Busan paraît "dérisoire" en comparaison de celui de World war Z, il convient néanmoins de relativiser au vu du contexte de production. Le film de Marc Foster est une production américaine alors que celui de Yeon Sang-ho a été produit en Corée du Sud, où ce genre de budget est conséquent à l'échelle de l'économie du pays (soit plus de 10 milliards de wons) et fait partie de la fourchette haute dans la production locale. De par son budget, Dernier train pour Busan est bien un blockbuster au même titre que les grosses productions historiques en costumes qui peuvent se développer là-bas, à l'instar de Roaring currents avec Choi Min-sik dont le budget s'élevait à 9,5 millions de dollars. A titre d'exemple, The host de Bong Joon-ho était la production la plus chère financée en Corée du Sud au moment de sa sortie et le réalisateur avait cette phrase éclairante en disant que la vedette du film, c'était la créature amphibie dont la part allouée du budget pour la développer aurait permis de s'offrir les deux trois plus grosses stars locales du moment.



Je ne souhaitais pas donner l'impression que "Dernier Train pour Busan" avait été réalisé avec trois bouts de ficelle et deux planches, hein. C'est une production importante à l'échelle de l'économie du cinéma sud-coréen, sans aucun doute.
D'une certaine manière, en le présentant de cette manière, je souhaitais appuyer sur le fait que le film était très astucieux, émulant sans problème le souffle du blockbuster à l'américaine, tout en en reprenant intelligemment les ficelles. C'est un tour de force d'une certaine manière.

Benoît a écrit:De même, Snowpiercer n'est pas issu du sérail d'Hollywood, c'était un projet initié par le réalisateur en Corée du Sud et que les producteurs locaux ont financé à hauteur de 20 millions de dollars, soit à peu près la moitié du budget du film et la plus grosse somme débloquée localement pour un film à ce moment, avant d'aller démarcher des fonds à l'étranger pour boucler le financement.


Oui, tu as tout à fait raison, j'ai commis une erreur assez grossière, là. D'autant plus regrettable que j'ai lu l'entretien que le réalisateur accorde aux "Cahiers du Cinéma" ces jours-ci, où il parle du financement de ses projets.

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Photonik a écrit:Je l'imagine mal ayant critiqué le film, tout du moins à sa sortie : il est crédité au générique en tant que co-scénariste. J'ignore néanmoins quelle a été sa contribution exacte ; est-il crédité pour son travail antérieur sur le comic ou a-t-il vraiment bossé sur le script à proprement parler ? Faudrait que je me renseigne.


Le scénariste de Man-Thing est Hans Rodionoff. Steve Gerber n'a rien à voir avec le scénario du film.

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calvinball a écrit:Tiens au sujet de ce retour de George Roméro sur le choix de Duane Jones, j'ai toujours eu la sensation qu'en insistant sur le fait qu'il n'avait pas casté l'acteur "parce que noir", Roméro en faisait un acte socialement contestataire encore plus fort, surtout remis dans le contexte de 1968.



Je suis complètement d'accord avec ça. On pourrait dire que feindre l'indifférence à la couleur de peau de l'acteur ou ne pas la feindre, finalement cela revient exactement au même : le coup de force, c'était de caster un acteur noir, peu importe la raison. A l'époque, peu d'acteurs noirs (on peut quand même penser à Sydney Poitier, une exception) avaient droit aux premiers rôles.
Je concède néanmoins à Artemus que comme il le dit, en l'occurrence la réception a très largement débordé l'ambition, sans aucun doute.

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Ektah a écrit:
Tori a écrit:Je n'ai pas grand chose à dire sur cet épisode... Sinon que j'ai encore plus envie de voir Dernier train pour Busan, et que je comprends un peu mieux pourquoi j'ai longtemps confondu Man-Thing et Swamp Thing... Est-ce qu'on sait ce que Steve Gerber a pensé du film Man-Thing (est-ce une bonne adaptation, d'ailleurs ? J'ai le DVD, mais je ne l'ai pas encore regardé) ?


J'en ai entendu du bien mais je ne l'ai pas vu non plus. C'est sûrement meilleur que les adaptations de "Swamp Thing".


Comme je le suggérais fortement dans ma réponse à Tori, j'ai trouvé le film totalement catastrophique. Il faut dire qu'il est torché par Brett Leonard, l'immortel auteur d'un "Highlander 5" de sinistre mémoire (un cinéaste très fainéant, il était tout de même un peu plus exigeant quand il signait le film de SF "Le Cobaye", au début des années 90).
Je préfère de loin à ce film extrêmement faible le premier "Swamp Thing", celui signé Wes Craven. Il est bardé de défauts mais il comprend tout de même nettement plus de matière que le film très indigent de Leonard, dont j'ai du mal à croire que Steve Gerber ait pu co-signer ni même valider le scénario ; c'est une trahison totale de l'ambiance et de la patte de la BD, qui se cache derrière une "fidélité" et une déférence de façade à l'oeuvre originelle (avec cette manie stupide de nommer des persos d'après des auteurs du comics ; il y a ici un Steve Gerber et un Mike Ploog dans le cast'...).

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Ektah a écrit:
Je te conseillerai plutôt Muslimgauze.



J'en prends bonne note. Et merci pour tes précisions ultérieures, je ne connaissais absolument pas le parcours atypique de cette formation.

Et à propos de ça, il n'y a pas à ma connaissance de sujets interdits ici. Moi en tout cas j'aborde ce que je veux et j'ai l'impression que c'est le cas pour un peu tout le monde. J'accueille les débats philosophico-politiques comme les autres, pour peu que j'ai quelque chose à dire (Nemo, où diable es-tu donc passé, d'ailleurs ? :wink: ).
J'ai simplement l'impression que les intervenants n'ont pas forcément envie d'aller par là pour les échanges. Ce qui me vas très bien aussi.
D'ailleurs, on a déjà parlé ici de Varg Vikerness, que ce soit dans l'émission ou sur ce thread (il n'était pas question dans ce cas de valider ou d'invalider son discours (parfaitement indéfendable à mes yeux, pour ce que ça vaut), simplement de rappeler son parcours).

Ektah a écrit:Mais ce n'est pas inédit: si on considère le blues comme une forme particulière de musique folk (ce qui est mon cas), ce n'est pas différent de la transition vers l'électrique de Dylan, ou même de l'apparition du rock, dans une certaine mesure. Et, pour avoir passé beaucoup de temps dans cette communauté autour du "folk horror", on est nombreux à considérer des gens comme Donovan ou Crosby, Stills and Nash (surtout le premier album) comme des précurseurs du genre. Cette question du folk électrique et urbain est là depuis longtemps. Et l'indus-folk (ou indus tribal comme j'ai pu le voir parfois nommé) n'est que le dernier avatar de cette tradition, à mon avis.

Une autre de ses formes pourrait être, par exemple, ces groupes de métal ajoutant un aspect traditionnel à leur répertoire (Empyrium, Wolves in the Throne Room, Agalloch et tant d'autres...). Pour moi, c'est un peu le même état d'esprit qui préside à tous ces projets.



C'est marrant, cet échange me rappelle une citation du cinéaste et musicien F.J. Ossang, qui disait que les musiciens rock (ou de musiques amplifiées en général, pourrait-on dire) étaient en fait souvent des ruraux fraîchement débarqués en milieu urbain. D'après lui, la musique en question était le vecteur idéal pour esthétiser ou représenter ce qui frappe de sidération en premier un rural en ville : le vacarme. J'adhère assez à cette thèse.


Ektah a écrit:Tiens, avec des sous-titres anglais (à activer dans le player youtube).

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=8dgosa7wkfY[/youtube]



Génial !! Merci beaucoup pour ça...


Ektah a écrit:Ça se voit peut-être un peu dans "Arkham Asylum", en y réfléchissant.




Oui, tout à fait.
Et je me risquerais même à dire que c'est surtout le dessinateur Dave McKean qui est marqué par l'influence de Svankmajer (même si l'intérêt de Morrison pour ce cinéaste est également manifeste).
Il suffit de voir que McKean a parfois pu faire par ailleurs avec Neil Gaiman : "Mr Punch", un travail un peu particulier du dessinateur avec le scénariste de "Sandman", atteste aussi clairement de la filiation (et certaines couvertures de "Sandman" aussi d'ailleurs).

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Tori a écrit:Est-ce qu'on sait ce que Steve Gerber a pensé du film Man-Thing (est-ce une bonne adaptation, d'ailleurs ? J'ai le DVD, mais je ne l'ai pas encore regardé) ?


Je l'imagine mal ayant critiqué le film, tout du moins à sa sortie : il est crédité au générique en tant que co-scénariste. J'ignore néanmoins quelle a été sa contribution exacte ; est-il crédité pour son travail antérieur sur le comic ou a-t-il vraiment bossé sur le script à proprement parler ? Faudrait que je me renseigne.
Peut-être a-t-il été critique après coup, ce ne serait pas inédit après tout. Mais là encore je n'ai pas les détails.

Et bon courage dans la perspective de ton visionnage du film ; j'y reviens plus bas (spoiler alert : c'est complètement naze).


Tori a écrit:Ah, si, une petite remarque : tu parles de films de zombis, mais il faudrait, dans la plupart des cas, parler de films de morts-vivants... Le zombi, c'est vraiment la tradition vaudoue : la "marionnette humaine". Le mort-vivant, c'est plus général.
Mais beaucoup de gens font l'erreur.



Peut-on vraiment parler d'erreur après l'assimilation par l'imaginaire collectif de la figure du zombie à la Romero ? Pour ma part je ne le crois pas. Il n'est pas rare, dans le domaine pop-culturel comme ailleurs, qu'un terme en recouvre un autre, voisin, mais pourtant bien distinct à la base. Beaucoup de qualificatifs dans des domaines variés proviennent "d'erreurs" de la sorte... C'est une forme d'invention ou de mutation du langage.

Tu n'as pas tort dans l'absolu pour autant, hein. :wink:

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque le premier film en prises de vue réelles de l'excellent Yeon Sang-Ho, "Dernier Train pour Busan", sorte de blockbuster avec des zombies...


Bon, encore un film asiatique que je n'ai pas vu. Il me tente bien en tout cas et je le regarderai quand il sera diffusé à la TV.
Très intéressante rétrospective des films de zombie. Et à ce propos :

Ektah a écrit:Pour moi, c'est un acte politique mais quasiment par défaut.


Pareil. Même si George Romero s'en est défendu en disant que Duane Jones était surtout le meilleur acteur de leur bande, j'ai également toujours vu le fait de donner le premier rôle à un acteur noir, et surtout à cette époque, comme un acte politique fort. Et cela a en effet rejailli sur la scène finale...

Quant à World War Z...disons que je préfère le livre...

- Au rayon BD, je suis très heureux d'aborder le cas du regretté Steve Gerber, scénariste phare des années 70 chez Marvel ; on cause de son travail posthume "The Infernal Man-Thing" (avec Kevin Nowlan), coda à son travail sur le titre dans les seventies.


Super chronique d'un scénariste que j'ai découvert progressivement au fil des années. Je lisais très peu d'Arédit/Artima en grandissant, je préférais les publications LUG donc je n'ai pas commencé par les travaux les plus "remarqués" de Steve Gerber (à par quelques épisodes piochés par-ci par-là). Et beaucoup de choses sont restées inédites chez nous. Ce n'est d'ailleurs que l'année dernière que j'ai pu lire les premiers épisodes de Howard the Duck dans la réédition V.O....et quelle savoureuse lecture ! J'ai hâte de faire pareil avec Man-Thing.

- Pour la littérature, c'est du lourd, vu qu'on aborde le travail de Thomas Ligotti, maître méconnu mais incontournable de la littérature horrifique, via le recueil (le seul paru en français) "Chants du Cauchemar et de la Nuit". Tremblez, carcasses.


Je ne connaissais pas du tout. Je lis peu de romans en ce moment, mais j'en prends bonne note...

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Bite The Bolster", extrait de "Hole In The Heart" de Ramleh, "It's All Gone Weird", issu de l'album "Carheart" par le groupe Virus, "Sentients" des anglais de Fuck Buttons sur l'album "Slow Focus", et on termine cette exploration horrifique par le titre séminal du genre en matière de rock, à savoir le "Black Sabbeth" de Gonga et Beth Gibbons au chant, reprise de qui vous savez..


J'avais déjà entendu cette très belle reprise de Black Sabbath (j'étais tombé sur une vidéo YouTube il y a un an ou deux, un montage approprié de scènes des 3 Visages de la Peur de Bava). Et c'est le seul titre que j'ai apprécié cette semaine... :wink:

Avatar de Ektah

calvinball a écrit:Tiens au sujet de ce retour de George Roméro sur le choix de Duane Jones, j'ai toujours eu la sensation qu'en insistant sur le fait qu'il n'avait pas casté l'acteur "parce que noir", Roméro en faisait un acte socialement contestataire encore plus fort, surtout remis dans le contexte de 1968.

Ceci dit c'est vrai que le regard qu'on porte sur ce film est probablement biaisé par la vision de zombie et Dawn of the dead dont la veine revendicative est bien plus affirmée. Et dans mon cas le fait d'avoir vu cette trilogie en commençant par zombie a accentué ce biais.


Tout à fait.

Pour moi, c'est un acte politique mais quasiment par défaut. Le fait d'engager Duane Jones parce que c'est le bon acteur pour le rôle (ce qui est vrai, il est juste parfait dans ce film) sans tenir compte de sa couleur de peau, à cette époque-là, n'est pas un acte anodin. De même, ces dernières images du film n'auraient pas eu le même impact avec un acteur blanc. Et je ne pense pas que Romero soit naïf: il devait être conscient de tout ça.

Mais la façon dont je lis sa déclaration, c'est que sa prise de position consiste simplement à ne pas tenir compte de certaines règles tacites de l'industrie du cinéma. Une attitude passive-agressive comme forme de "lutte". Finalement, c'est assez raccord avec les principes du Nouvel Hollywood dans lequel on peut le placer.

Ce n'était sans doute pas un acte revendicatif, il voulait juste faire son film, mais il se plaçait délibérément dans un courant contestataire de son temps, simplement par cette action.

Et effectivement, il a un peu plus forcé le trait par la suite.

Avatar de artemus dada

Beau rappel amigo, très intéressant et qui me rappelle by the way - puisque je n'avais pas pensé à m'intéresser à ce côté-là du financement - de ne jamais oublier de regarder les chose du "point de vue de Sirius", si j'ose dire. :wink:

Avatar de Benoît

Si le budget de Dernier train pour Busan paraît "dérisoire" en comparaison de celui de World war Z, il convient néanmoins de relativiser au vu du contexte de production. Le film de Marc Foster est une production américaine alors que celui de Yeon Sang-ho a été produit en Corée du Sud, où ce genre de budget est conséquent à l'échelle de l'économie du pays (soit plus de 10 milliards de wons) et fait partie de la fourchette haute dans la production locale. De par son budget, Dernier train pour Busan est bien un blockbuster au même titre que les grosses productions historiques en costumes qui peuvent se développer là-bas, à l'instar de Roaring currents avec Choi Min-sik dont le budget s'élevait à 9,5 millions de dollars. A titre d'exemple, The host de Bong Joon-ho était la production la plus chère financée en Corée du Sud au moment de sa sortie et le réalisateur avait cette phrase éclairante en disant que la vedette du film, c'était la créature amphibie dont la part allouée du budget pour la développer aurait permis de s'offrir les deux trois plus grosses stars locales du moment.

De même, Snowpiercer n'est pas issu du sérail d'Hollywood, c'était un projet initié par le réalisateur en Corée du Sud et que les producteurs locaux ont financé à hauteur de 20 millions de dollars, soit à peu près la moitié du budget du film et la plus grosse somme débloquée localement pour un film à ce moment, avant d'aller démarcher des fonds à l'étranger pour boucler le financement. Ce qui a permis au réalisateur d'avoir une équipe technique coréenne intégrée aux différentes étapes de la production du film pendant le tournage en République Tchèque, et de conserver le contrôle sur le film pour son exploitation à l'internationale.

Avatar de artemus dada

calvinball a écrit:[..]
Ceci dit c'est vrai que le regard qu'on porte sur ce film est probablement biaisé par la vision de zombie et Dawn of the dead dont la veine revendicative est bien plus affirmée. Et dans mon cas le fait d'avoir vu cette trilogie en commençant par zombie a accentué ce biais.


Veine revendicative, dont on peut se demander si elle n'a pas été prise par rapport à l'accueil du premier film, où justement ce "militantisme" a été perçu, en dépit de la volonté de Romero ?

Ce qui ne fait pas du cinéaste un faux-cul non plus, mais peut-être quelqu'un qui a su saisir la chance qui se présentait d'orienter son cinéma vers une politique dans laquelle il croyait pas ailleurs, mais qui était surtout le fruit du hasard. Et d'une réception qui dépassait ses ambitions.

Avatar de calvinball

artemus dada a écrit: Au sujet de La Nuit des Morts-vivants dont tu parles, le choix d'un acteur Noir est un hasard.
Romero le dit lui-même dans de nombreux entretiens.
Par exemple :

George Romero a écrit:
"On a choisi un acteur afro-américain parce qu'il était le meilleur comédien parmi nos amis. Et Martin Luther King s'est fait assassiner alors qu'on venait juste de terminer notre film. Par ricochet, La Nuit des morts-vivants est devenu un miroir de notre époque." (Apocalypse Zombie, hors-série Mad Movies)



Donc, l'allégorie sur les droits civiques dont tu parles, est surtout l'effet conjugué du hasard et d'une tragédie.
À moins de confondre George Romero avec madame Irma


Tiens au sujet de ce retour de George Roméro sur le choix de Duane Jones, j'ai toujours eu la sensation qu'en insistant sur le fait qu'il n'avait pas casté l'acteur "parce que noir", Roméro en faisait un acte socialement contestataire encore plus fort, surtout remis dans le contexte de 1968.

Ceci dit c'est vrai que le regard qu'on porte sur ce film est probablement biaisé par la vision de zombie et Dawn of the dead dont la veine revendicative est bien plus affirmée. Et dans mon cas le fait d'avoir vu cette trilogie en commençant par zombie a accentué ce biais.

Avatar de artemus dada

Ektah a écrit:
artemus dada a écrit:.... Je me permets de proposer quelques liens vers le travail de Gerber en rapport avec ce que tu en dis dans ton émission: (...)


Wow. C'est passionnant, tout ça. Merci pour tout ce travail. Ça fait vraiment plaisir d'explorer un pan de l'histoire des comics à ce point méconnu (et de réévaluer totalement la figure de Man-Thing, en ce qui me concerne).[..]


Merci, tant mieux, si ça intéresse quelqu'un. :wink:

Avatar de Ektah

Tori a écrit:Je n'ai pas grand chose à dire sur cet épisode... Sinon que j'ai encore plus envie de voir Dernier train pour Busan, et que je comprends un peu mieux pourquoi j'ai longtemps confondu Man-Thing et Swamp Thing... Est-ce qu'on sait ce que Steve Gerber a pensé du film Man-Thing (est-ce une bonne adaptation, d'ailleurs ? J'ai le DVD, mais je ne l'ai pas encore regardé) ?


J'en ai entendu du bien mais je ne l'ai pas vu non plus. C'est sûrement meilleur que les adaptations de "Swamp Thing".

Avatar de Ektah

artemus dada a écrit:.... Je me permets de proposer quelques liens vers le travail de Gerber en rapport avec ce que tu en dis dans ton émission: (...)


Wow. C'est passionnant, tout ça. Merci pour tout ce travail. Ça fait vraiment plaisir d'explorer un pan de l'histoire des comics à ce point méconnu (et de réévaluer totalement la figure de Man-Thing, en ce qui me concerne).

Photonik a écrit:Je ne connais pas les deux projets que tu cites, faut que je jette une oreille là-dessus (surtout Thrasher Qawwal).


Je te conseillerai plutôt Muslimgauze. Thrasher Qawwal est le projet de Larry Thrasher et n'a sorti qu'un seul album, que je trouve intéressant, mais reste juste une note de bas de page dans l'histoire de Psychic TV (et Genesis P. Orridge ne participe pas au disque).

Muslimgauze, par contre, est un projet musical ayant sorti des centaines de disques (pour la plupart réussis) avec trois pôles artistiques: musique industrielle, musique électronique et musique trad du proche et du moyen orient, le dosage de ces trois styles variant radicalement d'une production à l'autre. Bon, je pense que, dans un forum comme celui-ci, il faut éviter les discussions politiques comme de la kryptonite, mais il faut quand même que je précise quelque chose: Bryn Jones, le gars derrière ce projet, était quelqu'un de très politisé en faveur de la Palestine et du métissage des cultures. Cela apparaît dans sa musique. Il faut juste en être conscient avant de se lancer dans cette exploration. Mais le point important reste la musique, quelles que soient nos opinions. S'il le faut, on peut aussi parler de Peste Noire et Varg Vikernes, histoire d'équilibrer un peu tout ça. :wink: (Hop, fin du terrain glissant).

Photonik a écrit:Moi aussi je suis fasciné par le parcours de cette scène : ça revient un peu à ce qu'on disait au sujet de la veine urbaine de la "folk-horror" ; ces musiciens ont œuvré dans le genre le plus urbain imaginable, et les voir se diriger vers un renouveau de la musique folk pour les uns et du rock pour les autres m'a toujours épaté et interpellé.


Oui, c'est exactement mon ressenti également.

Mais ce n'est pas inédit: si on considère le blues comme une forme particulière de musique folk (ce qui est mon cas), ce n'est pas différent de la transition vers l'électrique de Dylan, ou même de l'apparition du rock, dans une certaine mesure. Et, pour avoir passé beaucoup de temps dans cette communauté autour du "folk horror", on est nombreux à considérer des gens comme Donovan ou Crosby, Stills and Nash (surtout le premier album) comme des précurseurs du genre. Cette question du folk électrique et urbain est là depuis longtemps. Et l'indus-folk (ou indus tribal comme j'ai pu le voir parfois nommé) n'est que le dernier avatar de cette tradition, à mon avis.

Une autre de ses formes pourrait être, par exemple, ces groupes de métal ajoutant un aspect traditionnel à leur répertoire (Empyrium, Wolves in the Throne Room, Agalloch et tant d'autres...). Pour moi, c'est un peu le même état d'esprit qui préside à tous ces projets.

Photonik a écrit:Alors ça, c'est la très très grosse révélation de ces derniers mois pour moi. J'attendrais probablement d'avoir terminé l'arc "High Society" avant d'en parler (aux abords du numéro 50, donc, sur 300 épisodes). Mais je me suis pas mal renseigné sur le titre et son auteur, et il y aura de quoi dire ; c'est une des plus monumentales aventures de toute l'histoire de la BD.


Damn ! Oui, vraiment impatient.

Photonik a écrit:Je ne connais pas le film de Peter Medak, donc merci pour le tuyau, ça donne envie, là.


Tiens, avec des sous-titres anglais (à activer dans le player youtube).

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=8dgosa7wkfY[/youtube]

Bon, tu vas aussi remarquer que le film est classé x. Ce n'est pas pour des raisons de violence ou de sexe mais de critique de la haute société anglaise: la chambre des lords en prend pour son grade (surtout dans une scène finale assez impressionnante). Comme d'habitude avec la comédie anglaise, la critique sociale ne donne pas exactement dans la demi-mesure, mais l'inventivité du film et l'interprétation des acteurs (O'Toole en tête, évidemment) est absolument réjouissante.

À ma connaissance, il n'y a pas de dvd ou blu-ray avec des sous-titres français (l'édition la plus récente dans notre pays est un laserdisc...). Bon, sinon, le dvd zone 1 par Criterion comporte son lot de bonus intéressants aussi.

Photonik a écrit:Pour les conseils de Morrison, il a aussi beaucoup parlé des travaux de Svankmajer à la croisée des années 80 et 90 comme exemple de son "bain esthétique" de l'époque, et ça me semble faire sens...


Tiens, je ne l'aurai pas devinée, celle-là. Intéressant. Il faut que je relise "The Invisibles" et "Doom Patrol", du coup. Ça se voit peut-être un peu dans "Arkham Asylum", en y réfléchissant.

Photonik a écrit:C'est vrai que Gonga, qui fait ici office de backing-band, ne s'est pas trop foulé et reprend la titre rigoureusement à l'identique... Pour être franc j'ai rien à dire : je joue dans un cover-band de Black Sabbath à mes heures perdues, et on reprend nous aussi les morceaux en respectant scrupuleusement les versions originales, donc...


Bah, je ne serais pas à ma place à vous critiquer pour ça, moi qui ne fait pas du tout de musique.

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Je n'ai pas grand chose à dire sur cet épisode... Sinon que j'ai encore plus envie de voir Dernier train pour Busan, et que je comprends un peu mieux pourquoi j'ai longtemps confondu Man-Thing et Swamp Thing... Est-ce qu'on sait ce que Steve Gerber a pensé du film Man-Thing (est-ce une bonne adaptation, d'ailleurs ? J'ai le DVD, mais je ne l'ai pas encore regardé) ?

Ah, si, une petite remarque : tu parles de films de zombis, mais il faudrait, dans la plupart des cas, parler de films de morts-vivants... Le zombi, c'est vraiment la tradition vaudoue : la "marionnette humaine". Le mort-vivant, c'est plus général.
Mais beaucoup de gens font l'erreur.

Tori.

Avatar de Photonik

artemus dada a écrit:Très très belle parenthèse sur Steve Gerber, qui comme d’habitude donne envie de lire ou (dans mon cas de relire) ce dont tu parles.


Merci pour cette appréciation. :wink:

artemus dada a écrit:Dommage par contre, que tu ne parles pas beaucoup de l'édition Panini (et que je ne connais pas ayant les floppy U.S de cette mini-série), dont tu sembles pourtant regretter le résultat.


Tu as raison : je n'ai pas assez développé ce point ; j'en profite pour combler cette lacune ici.
Je pense avoir dit un mot du format, "artificiellement" gonflé vers un format à l'européenne (pour accentuer un effet de "prestige" ? je ne sais pas), alors que les pages à l'intérieur conservent le format comics originel. Résultat : il y a beaucoup "d'air" en haut et en bas des pages, je ne trouve pas le résultat très probant sur le plan esthétique...
D'autre part, ce n'est pas idiot d'y mettre le "Man-Thing 12", véritable prologue à "Infernal Man-Thing" 1 à 3, mais pourquoi le mettre après, dans l'ordre de lecture ? Quand à "Savage Tales 1", c'est sympa aussi de l'y inclure dans l'absolu, mais ça se justifie moins. A la rigueur, un ou autre épisode de la période Gerber aurait été plus approprié.
Je déplore également le manque d'accompagnement éditorial, il y aurait pourtant eu de quoi dire, notamment sur les brouilles entre Gerber et Marvel, par exemple.
Quant à la traduction, puisque j'ai lu "Man-Thing 12" dans les deux versions, je la trouve fonctionnelle mais pas forcément très inspirée... Rien de déshonorant tout de même.

Excellent idée que d'adjoindre à ton post les liens vers tes articles sur le sujet : Gerber est suffisamment méconnu en France pour que l'on insiste sur ton travail de défrichage/déchiffrage.

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:Épisode 12 : It's All Gone Weird..!!![..]
- Au rayon BD, je suis très heureux d'aborder le cas du regretté Steve Gerber, scénariste phare des années 70 chez Marvel ; on cause de son travail posthume "The Infernal Man-Thing" (avec Kevin Nowlan), coda à son travail sur le titre dans les seventies.[...]


Très très belle parenthèse sur Steve Gerber, qui comme d’habitude donne envie de lire ou (dans mon cas de relire) ce dont tu parles.

Merci.

Dommage par contre, que tu ne parles pas beaucoup de l'édition Panini (et que je ne connais pas ayant les floppy U.S de cette mini-série), dont tu sembles pourtant regretter le résultat.
________

.... Je me permets de proposer quelques liens vers le travail de Gerber en rapport avec ce que tu en dis dans ton émission:

•L'épisode où il se met en scène dans les pages de Man-Thing, a paru en V.F donc accessible (Pour en savoir +) chez Arédit/Artima, j'en propose les pages sur mon blog.

Howard the Duck (Pour en savoir +) a connu une édition francophone et pour le coup québécoise (Pour en savoir +). Je propose le premier épisode d'Howard le Canard des éditions Héritage sur mon blog.

Omega the Unknown a paru dans l'Hexagone aussi, et je propose de voir le découpage français et l'original (Pour en savoir +), sachant que l'éditeur Arédit/Artima produisait des "petits formats" et qu'il retouchait les pages.

Gerber s'est aussi occupé d'un titre devenu depuis très très célèbre, Les Gardiens de la Galaxie (Pour en savoir +), dans lequel il met en scéne une relation très torride autant que cosmique. Je propose de voir à ce propos les retouche de l'atelier LUG, qui publiait alors ce titre.
Il y invente aussi un personnage étonnant : Icarus.
Un personnage homme/femme, et en même temps frère & sœur, qui aura - tenez-vous bien - des enfants !!!!
C'est à découvrir sur mon blog, toujours (Pour en savoir +).

Merci de votre attention.

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:[..]
On a effectivement la latitude[..]


Non, je ne crois pas.

On n'a pas justement la latitude de voir ou de ne pas voir.
On ne peut voir que ce qu'on connait déjà, au travers de notre culture personnelle, mais aussi du discours (dominant et/ou sous-culturel et/ou contre-culturel auquel on adhère plus ou moins) de notre époque, au travers des gens que l'on côtoie, etc.

On peut certes, passer à côté de quelque chose que l'on pourrait déchiffrer, mais on n'a pas la possibilité de l'éviter consciemment.

À moins de se mentir à soi-même. Ou d'être étourdi. Ou de ne pas avoir le bagage culturel nécessaire.

:wink:

Avatar de Photonik

Ah oui, à ce compte-là nous sommes bien d'accord.
On a effectivement la latitude de ne pas voir le premier film de Romero sous l'angle de l'allégorie sociale, et la non-intentionnalité manifeste de l'auteur y invite d'ailleurs peut-être en effet.
Et pourtant pour moi (pour moi, donc) elle y est : c'est un peu ce que John Lennon explique quand il dit que toutes les interprétations, même les plus farfelues, de ses morceaux y sont contenues, qu'il les ai vues lui-même ou pas.

Maintenant, j'ai peut-être été trop catégorique dans mon propos (du genre : "La Nuit des Morts-Vivant", c'est ça et pas autre chose) quand il m'aurait fallu modérer cette lecture possible comme étant la mienne (et celle d'autres aussi).

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:[..]
Ceci dit, je note que tu livres toi-même un avis relativement définitif sur "Dernier Train pour Busan" sur la foi de sa première demi-heure. :wink:


Oui, mais une 1/2 heure que j'ai vue. :)

- je connaissais les propos de Romero que tu rapportes sur la genèse de "La Nuit des Morts-vivant". Ceci dit, pour moi, ça ne change rien : qu'elle soit le fruit du hasard ou des circonstances, cette veine "socialement consciente" est bel et bien présente dans le film


En fait non, elle ne l'est pas, présente.

Voilà ce que j'en pense.

C'est la lecture que chacun en fait - à l'aune de sa propre culture (qui peut aussi évoluer) et, influencé par le discours qui existe au préalable (s'il existe), voire par le "politiquement correct" ou la doxa (etc.) - qui donne ou pas un "contenu" à ce qu'on "regarde".

Même en dépit de ce qu'a voulu dire l'auteur, si jamais il a voulu "dire quelque chose".

On peut tout aussi bien voir ce film sans voir l'allégorie dont tu parles.

Tout comme on peut ne pas voir le mannequin du début, et le garrot.
Du moins le sens que tu donnes à ces deux moments du film et leur répercussion en tant que la mise en scène précède le scénario.

Je ne t'apprends rien, voir c'est culturel, pas naturel. :wink:

Avatar de Photonik

Je réponds un peu en vrac :

- j'appuie peut-être un peu trop sur la réputation de "World War Z", c'est vrai, et j'aurais peut-être dû "faire mes devoirs" et le voir avant d'engager ce parallèle (mais faute de temps...).
Ceci dit, je note que tu livres toi-même un avis relativement définitif sur "Dernier Train pour Busan" sur la foi de sa première demi-heure. :wink:
Mais sur ce point, j'ai remarqué que nos pratiques différaient : je ne descends jamais d'un film en marche une fois entamé (ou alors faut vraiment que le film me fasse vraiment de la peine, comme le premier "Transformers" dont je n'ai vu que 20 ou 30 mn), quand je crois qu'il t'arrive à toi de ne pas insister si l'affaire te semble mal engagée.

- je connaissais les propos de Romero que tu rapportes sur la genèse de "La Nuit des Morts-vivant". Ceci dit, pour moi, ça ne change rien : qu'elle soit le fruit du hasard ou des circonstances, cette veine "socialement consciente" est bel et bien présente dans le film, qui demeure à mes yeux cette allégorie des droits civiques que j'évoque dans l'émission. C'est évidemment plus frappant rétrospectivement (j'ai découvert le film 30 ou 35 ans après sa confection).
L'intentionnalité, si elle a son importance, n'est pas un ingrédient indispensable pour ça ; c'est ce que je crois pour toute forme d'expression artistique, d'ailleurs...

J'ai d'ailleurs toujours pensé que Romero, en mettant au point sa métaphore de la société de consommation que sont les zombies dans les rayons d'un supermarché dans "Dawn of the dead", n'avait pas pleinement conscience de la puissance de sa proposition (sur la foi de quelques entretiens ou "making-of" d'époque) ; ça n'enlève rien à sa pertinence, à mon avis.

Le point que j'ai oublié de préciser dans ma chronique et qui me semble important, c'est surtout l'aspect "mouvant" de la figure du zombie sur le plan du sous-texte ; on peut lui faire "dire" des choses extrêmement diverses, c'est cette idée que j'aurais voulu illustrer.

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:Épisode 12 : It's All Gone Weird..!!!

[..]

- Pour le cinéma, on évoque le premier film en prises de vue réelles de l'excellent Yeon Sang-Ho, "Dernier Train pour Busan", sorte de blockbuster avec des zombies...


- World War Z, je l'ai trouvé très sympa.
Quant au "placement de produits" ça m'est complètement passé à côté. Je n'en ai rien vu.

Ce film, je l'ai vu à la télé - par hasard - lors d'une des rares périodes où j'en regardais, en commençant par la scène du tarmac sur un aéroport, et je n'ai eu qu'une hâte : le voir en entier. En commençant par le début.
Et lorsque j'ai pu le voir, ben je l'ai apprécié pour ce qu'il est, un divertissement, qui pour le coup, m'a diverti.

Comme tu le sais sûrement, la réputation se réduit toujours à la somme des malentendus accumulés sur le compte de ce dont on parle.
Et, ce qui est un peu dommage je trouve, c'est que tu appuis pas mal - dans l'émission - sur la mauvaise réputation de World War Z mais sans l'avoir vu toi-même.

- Au sujet de La Nuit des Morts-vivants dont tu parles, le choix d'un acteur Noir est un hasard.
Romero le dit lui-même dans de nombreux entretiens.
Par exemple :
George Romero a écrit:"On a choisi un acteur afro-américain parce qu'il était le meilleur comédien parmi nos amis. Et Martin Luther King s'est fait assassiner alors qu'on venait juste de terminer notre film. Par ricochet, La Nuit des morts-vivants est devenu un miroir de notre époque." (Apocalypse Zombie, hors-série Mad Movies)


Donc, l'allégorie sur les droits civiques dont tu parles, est surtout l'effet conjugué du hasard et d'une tragédie.
À moins de confondre George Romero avec madame Irma. :)

- Sur Last Train to Busan que j'ai vu aussi, je n'ai pas trouvé qu'il enterre World War Z.
Je ne savais d'ailleurs pas qu'il y avait une compétition entre les deux :wink: .

Bref, je ne partage pas ton avis sur ce film, du moins sur la première 1/2 heure, dont la contrainte (un train en marche) m'a rapidement fatigué au point de ne pas être allé jusqu'au terminus.

Cela dit, c'est toujours intéressant de t'entendre décortiquer la mise en scène d'un film.

(J'écoute le reste, et je viens en parler le cas échéant) :wink:

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Ektah a écrit:Ouch. J'ai pris peur lorsque j'ai vu le nom de Ramleh dans ta description de l'épisode. Bon, finalement, ça va.



Oui, on est loin des excès soniques des débuts à la Whitehouse (même si j'aime bien le groupe de William Bennett, mais peut-être plus pour la démarche que pour la musique en elle-même pour elle-même). Le titre que j'ai diffusé est très beau, je trouve.

Ektah a écrit:Je suis intéressé par les errements vers les musiques traditionnelles de la scène indus. Je pense, par exemple, au side-project de Psychic TV nommé Thrasher Qawwal. Muslimgauze aussi peut être vu comme étant dans le même esprit.


Je ne connais pas les deux projets que tu cites, faut que je jette une oreille là-dessus (surtout Thrasher Qawwal).
Moi aussi je suis fasciné par le parcours de cette scène : ça revient un peu à ce qu'on disait au sujet de la veine urbaine de la "folk-horror" ; ces musiciens ont œuvré dans le genre le plus urbain imaginable, et les voir se diriger vers un renouveau de la musique folk pour les uns et du rock pour les autres m'a toujours épaté et interpelé.

Ektah a écrit:Donc, Ramleh, bonne surprise. Je vais me pencher sur la question.



Et il faut aussi je crois se pencher sur la période 90's, proche de ce que Mundy fait par ailleurs avec Skullflower à peu près au même moment. Et leur dernière (je crois) production "Circular Time", un peu dans le même créneau, a également excellente réputation.

Ektah a écrit:"Last Train to Busan", je ne l'ai toujours pas vu mais ton résumé de l'histoire des films de zombies est nickel et explique notamment pourquoi j'en ai parfaitement marre de ce genre en particulier (pareil pour les vampires, d'ailleurs). Bon, vu tes éloges (cohérents avec tous les échos que j'ai pu avoir à ce sujet), je vais sans doute me faire violence et le regarder quand même.



C'est franchement dix mille coudées au-dessus de ce que le genre a produit ces dix ou douze dernières années, sans l'ombre d'un doute. Y'a un côté presque "grand public" mais totalement assumé et intégré au projet ; perso, ce cinéaste m'impressionne pas mal et j'ai hâte de découvrir "The Fake", son deuxième long d'animation, à la très grosse réputation...

Ektah a écrit:Virus, pour être honnête, je ne suis pas loin de le préférer à Ved Buens Ende.
Le chant excessivement théâtral, m'a fait un peu penser à celui du side-project de Ulver, Arcturus. Ça n'a rien de très étonnant, tous ces groupes gravitant dans la même (petite) scène.



Oui, je crois moi aussi avoir une petite préférence pour Virus, plus "fou" à sa façon finalement.
Avec Arcturus, il y a effectivement des ponts, des musiciens ayant participé aux deux projets je crois. Tout ça est effectivement un petit microcosme : Carl-Michael Einde a aussi joué avec Ulver au tout début, groupe dont l'excellent chanteur Kristoffer Rygg a aussi tenu le micro d'Arcturus, un temps...

Ektah a écrit:Merci pour cette présentation de Steve Gerber. (...) "Man-Thing", comme pas mal de monde, je pense, je m'en étais arrêté au fait que c'était une copie de "Swamp Thing". Heureusement que tu es là pour replacer les choses dans leur contexte.



Concernant Steve Gerber, même s'il a ses fans, je trouve que la relative absence de reconnaissance de son talent est une des grandes injustices de l'industrie des comics. Dans les années 70, il était en état de grâce, tout simplement. Je conseille aussi son "Omega The Unknown", un titre bizarre et envoûtant (les deux premiers épisodes sont exceptionnels dans le genre) : c'est un titre dont je reparlerai bientôt par le biais du "remake" écrit par le romancier Jonathan Lethem.
Concernant l'influence (immense et mal mesurée) du bonhomme sur des auteurs plus en vue, il y a bien sûr Morrison et Dave Sim, mais on pourrait aussi ajouter le nom d'Alan Moore ; je suis persuadé qu'il s'est inspiré de l'approche de Gerber pour sa propre reprise de "Swamp Thing" (titre dont je suis un inconditionnel obtus).

Ektah a écrit:Très impatient aussi d'entendre ton avis sur "Cerebus". Je n'ai jamais osé me lancer dans cette lecture à cause de la taille du corpus, mais c'est certainement une œuvre intrigante.



Alors ça, c'est la très très grosse révélation de ces derniers mois pour moi. J'attendrais probablement d'avoir terminé l'arc "High Society" avant d'en parler (aux abords du numéro 50, donc, sur 300 épisodes). Mais je me suis pas mal renseigné sur le titre et son auteur, et il y aura de quoi dire ; c'est une des plus monumentales aventures de toute l'histoire de la BD.

Ektah a écrit:Tiens, en parlant des conseils artistiques de Grant Morrison, mon édition de "Arkham Asylum" comportait les conseils qu'ils envoyait à Dave McKean sur ce travail commun. C'est par ce biais que j'ai découvert un des films qui est rentré dans mon panthéon depuis: "The ruling class" ("Dieu et mon droit" en vf), de Peter Medak, avec l'extraordinaire Peter O'Toole. Je ne saurais conseiller suffisamment, à tout le monde, ce visionnage. Ce n'est pas loin d'être, pour moi, le sommet de la comédie noire anglaise (genre qui comporte déjà son lot de chef d’œuvres).



Je ne connais pas le film de Peter Medak, donc merci pour le tuyau, ça donne envie, là.
Pour les conseils de Morrison, il a aussi beaucoup parlé des travaux de Svankmajer à la croisée des années 80 et 90 comme exemple de son "bain esthétique" de l'époque, et ça me semble faire sens...

Ektah a écrit:Thomas Ligotti, j'en avais également entendu parler pendant cette controverse (un peu idiote, à mon avis). Depuis, j'ai lu "The conspiracy against the human race" et vu "True Detective". Alors, certes, le perso de Rusty Cohle peut être vu comme une représentation des la pensée de Ligotti (et Cioran... et Lovecraft... et Nietzsche....) mais le résultat reste inédit, à mon sens.
Concernant Ligotti lui-même, du coup, je n'ai lu que cet essai. Le texte que tu as lu (bien qu'un peu trop chargé, à mon goût) me donne envie d'aller jeter un coup d'œil à ses fictions.



La "controverse", comme souvent, était largement exagérée, je le crois aussi. Je n'ai pas lu l'intégralité de "The Conspiracy against Human Race", et je ne me suis certainement pas amusé à cocher les phrases "empruntées" par Pizzolatto, mais les contextes sont si différents que ça me semble anecdotique. Je dirais que ça me semble un bon exemple de la façon dont des notions issues d'essais peuvent venir nourrir la fiction, de façon cohérente.

Ektah a écrit:Aussi, je sais qu'il a enregistré un disque avec David Tibet (de Current 93). Je suis curieux d'aller voir ce que ça donne.



Oui, j'ai entendu François Angelier parler de ça quand il a abordé le cas Ligotti à l'époque de la sortie du recueil. Très curieux aussi.

Ektah a écrit:Pour la reprise de Sabbath, je trouve si la voix de Beth Gibbons est parfaite pour la chanson et merveilleuse d'une manière générale, les accompagnements auraient pu se permettre d'être plus aventureux et de s'éloigner un peu de l'original. Mais je chipote. Ça reste un bon morceau.



C'est vrai que Gonga, qui fait ici office de backing-band, ne s'est pas trop foulé et reprend la titre rigoureusement à l'identique... Pour être franc j'ai rien à dire : je joue dans un cover-band de Black Sabbath à mes heures perdues, et on reprend nous aussi les morceaux en respectant scrupuleusement les versions originales, donc...

Ektah a écrit:Ce n'est pas impossible que j'ai tiré ma citation de là. Honnêtement, je ne me souviens plus. En tous cas, tu as raison: ce documentaire est parfaitement incroyable, que l'on soit intéressé par ce genre musical ou pas.


On est bien d'accord, c'est une bombe.

Ektah a écrit:Concernant "Sileni", c'est un hommage simultané à Poe et au Marquis de Sade. Je trouve effectivement qu'il emprunte plus au second. Pas vraiment à ses aspects sexuels, plus à la thématique de la révolution: en fait, je me dis que ça ferait un bon double-programme avec "Marquis", le film de Roland Topor et Henri Xhonneux. Pour le coup, j'aime bien le film mais ce n'est certainement pas le meilleur de ses longs-métrages: je conseillerai plutôt "Alice", effectivement, ou "Otesanek" (aka. "Little Otik"). Mais, bon, si tu as vu les courts, ça reste l'essentiel.


Il faudra que je parle un jour du "Marquis" de Topor, mais faudrait que je le revoie pour ça. Et que je voie aussi "Alice", donc, qui m'intéresse énormément à la base...

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Ouch. J'ai pris peur lorsque j'ai vu le nom de Ramleh dans ta description de l'épisode. Bon, finalement, ça va. Je dois bien avouer que je ne connais pas si bien que ça ce projet: c'était essentiellement pour moi un nom sur lequel je tombais de temps en temps en lisant des choses sur cette scène industrielle anglaise, comme tu disais. Cette chanson est effectivement assez belle et peu abrasive (pour moi). Je suis intéressé par les errements vers les musiques traditionnelles de la scène indus. Je pense, par exemple, au side-project de Psychic TV nommé Thrasher Qawwal. Muslimgauze aussi peut être vu comme étant dans le même esprit. Donc, Ramleh, bonne surprise. Je vais me pencher sur la question.

"Last Train to Busan", je ne l'ai toujours pas vu mais ton résumé de l'histoire des films de zombies est nickel et explique notamment pourquoi j'en ai parfaitement marre de ce genre en particulier (pareil pour les vampires, d'ailleurs). Bon, vu tes éloges (cohérents avec tous les échos que j'ai pu avoir à ce sujet), je vais sans doute me faire violence et le regarder quand même.

Virus, pour être honnête, je ne suis pas loin de le préférer à Ved Buens Ende. Tu nommais King Crimson dans ta description et cette influence me semble flagrante dans le morceau choisi (notamment dans le jeu de guitare). Cette inspiration existait déjà dans le premier groupe mais me semble beaucoup plus visible dans Virus, ce qui explique mon attachement à ce nouveau projet. Le chant excessivement théâtral, m'a fait un peu penser à celui du side-project de Ulver, Arcturus. Ça n'a rien de très étonnant, tous ces groupes gravitant dans la même (petite) scène.

Merci pour cette présentation de Steve Gerber. Je dois bien avouer ma méconnaissance totale à son sujet. Je crois que sa seule œuvre que j'ai lu était son épisode spécial consacré au groupe Kiss chez Marvel. Pas exactement le sommet de sa carrière... "Man-Thing", comme pas mal de monde, je pense, je m'en étais arrêté au fait que c'était une copie de "Swamp Thing". Heureusement que tu es là pour replacer les choses dans leur contexte.

Très impatient aussi d'entendre ton avis sur "Cerebus". Je n'ai jamais osé me lancer dans cette lecture à cause de la taille du corpus, mais c'est certainement une œuvre intrigante.

Fuck Buttons, bonne surprise. Ça m'a donné envie de ressortir ma vieille console Nintendo (un peu à cause des sons, mais surtout au niveau de l'ambiance).

Tiens, en parlant des conseils artistiques de Grant Morrison, mon édition de "Arkham Asylum" comportait les conseils qu'ils envoyait à Dave McKean sur ce travail commun. C'est par ce biais que j'ai découvert un des films qui est rentré dans mon panthéon depuis: "The ruling class" ("Dieu et mon droit" en vf), de Peter Medak, avec l'extraordinaire Peter O'Toole. Je ne saurais conseiller suffisamment, à tout le monde, ce visionnage. Ce n'est pas loin d'être, pour moi, le sommet de la comédie noire anglaise (genre qui comporte déjà son lot de chef d’œuvres).

Thomas Ligotti, j'en avais également entendu parler pendant cette controverse (un peu idiote, à mon avis). Depuis, j'ai lu "The conspiracy against the human race" et vu "True Detective". Alors, certes, le perso de Rusty Cohle peut être vu comme une représentation des la pensée de Ligotti (et Cioran... et Lovecraft... et Nietzsche....) mais le résultat reste inédit, à mon sens.
Concernant Ligotti lui-même, du coup, je n'ai lu que cet essai. Le texte que tu as lu (bien qu'un peu trop chargé, à mon goût) me donne envie d'aller jeter un coup d'œil à ses fictions. Aussi, je sais qu'il a enregistré un disque avec David Tibet (de Current 93). Je suis curieux d'aller voir ce que ça donne.

Pour la reprise de Sabbath, je trouve si la voix de Beth Gibbons est parfaite pour la chanson et merveilleuse d'une manière générale, les accompagnements auraient pu se permettre d'être plus aventureux et de s'éloigner un peu de l'original. Mais je chipote. Ça reste un bon morceau.

Photonik a écrit:Moi non plus je n'en vois pas l'aspect universel. :wink:
Ce n'est pas dans ce sens-là qu'il faut prendre l'explication de De la Iglesia, me semble-t-il ; la culture basque n'est pas plus (ou moins) universelle qu'une autre, effectivement.
Mais le Pays Basque, s'il abrite un peuple (et une langue), n'est pas une nation au sens "formel" (juste une communauté (plutôt très) autonome en Espagne, et pas grande chose en France). Je pense que c'est cette absence d'officialité qui intéresse Alex de la Iglesia, pas pressé j'imagine de se revendiquer de la très formelle couronne espagnole...


Effectivement, je situe mieux, là.

Photonik a écrit:Oh j'ai du tomber sur la même citation dans l'excellent docu sur la scène black scandinave "Until The Light Takes Us", que je recommande à tout le monde. Je l'ai fait découvrir récemment à un pote qui n'y connaît que pouic en la matière, et il a trouvé le film fascinant...


Ce n'est pas impossible que j'ai tiré ma citation de là. Honnêtement, je ne me souviens plus. En tous cas, tu as raison: ce documentaire est parfaitement incroyable, que l'on soit intéressé par ce genre musical ou pas.

Photonik a écrit:Oui, je suis d'accord ; je connais en fait surtout ses courts, pour être franc. J'ai vu "Sileni" à la sortie (et en bon fan de Poe j'en attendais plus, en fait, mais faudrait que je le revoie) mais je n'ai pas encore vu son "Alice", par exemple.


Concernant "Sileni", c'est un hommage simultané à Poe et au Marquis de Sade. Je trouve effectivement qu'il emprunte plus au second. Pas vraiment à ses aspects sexuels, plus à la thématique de la révolution: en fait, je me dis que ça ferait un bon double-programme avec "Marquis", le film de Roland Topor et Henri Xhonneux. Pour le coup, j'aime bien le film mais ce n'est certainement pas le meilleur de ses longs-métrages: je conseillerai plutôt "Alice", effectivement, ou "Otesanek" (aka. "Little Otik"). Mais, bon, si tu as vu les courts, ça reste l'essentiel.

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Épisode 12 : It's All Gone Weird..!!!

"The Horror, the Horror..." ; un menu intégralement consacré à l'horreur sous toutes ses formes, ça vous met en appétit ?
Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque le premier film en prises de vue réelles de l'excellent Yeon Sang-Ho, "Dernier Train pour Busan", sorte de blockbuster avec des zombies...

- Au rayon BD, je suis très heureux d'aborder le cas du regretté Steve Gerber, scénariste phare des années 70 chez Marvel ; on cause de son travail posthume "The Infernal Man-Thing" (avec Kevin Nowlan), coda à son travail sur le titre dans les seventies.

- Pour la littérature, c'est du lourd, vu qu'on aborde le travail de Thomas Ligotti, maître méconnu mais incontournable de la littérature horrifique, via le recueil (le seul paru en français) "Chants du Cauchemar et de la Nuit". Tremblez, carcasses.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Bite The Bolster", extrait de "Hole In The Heart" de Ramleh, "It's All Gone Weird", issu de l'album "Carheart" par le groupe Virus, "Sentients" des anglais de Fuck Buttons sur l'album "Slow Focus", et on termine cette exploration horrifique par le titre séminal du genre en matière de rock, à savoir le "Black Sabbeth" de Gonga et Beth Gibbons au chant, reprise de qui vous savez...!


"Whatever knows fear...
...burns at the Man-Thing's touch !!!"


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Ektah a écrit:Pour être honnête, je vois mal l'aspect universel de la culture basque (peut-être par méconnaissance).


Moi non plus je n'en vois pas l'aspect universel. :wink:
Ce n'est pas dans ce sens-là qu'il faut prendre l'explication de De la Iglesia, me semble-t-il ; la culture basque n'est pas plus (ou moins) universelle qu'une autre, effectivement.
Mais le Pays Basque, s'il abrite un peuple (et une langue), n'est pas une nation au sens "formel" (juste une communauté (plutôt très) autonome en Espagne, et pas grande chose en France). Je pense que c'est cette absence d'officialité qui intéresse Alex de la Iglesia, pas pressé j'imagine de se revendiquer de la très formelle couronne espagnole...


Ektah a écrit:On est proche de cette citation de je ne sais plus quel black metalleux disant qu'on ne peut pas comprendre sa musique sans s'être retrouvé de nuit, en plein hiver, dans une forêt norvégienne.



Oh j'ai du tomber sur la même citation dans l'excellent docu sur la scène black scandinave "Until The Light Takes Us", que je recommande à tout le monde. Je l'ai fait découvrir récemment à un pote qui n'y connaît que pouic en la matière, et il a trouvé le film fascinant...


Ektah a écrit:Mais l'idée est la même.


Absolument.

Ektah a écrit:Je ne sais pas si tu les as vu mais, pour Svankmajer, je pense que le cœur de son art se trouve dans ses courts-métrages.


Oui, je suis d'accord ; je connais en fait surtout ses courts, pour être franc. J'ai vu "Sileni" à la sortie (et en bon fan de Poe j'en attendais plus, en fait, mais faudrait que je le revoie) mais je n'ai pas encore vu son "Alice", par exemple.

Ektah a écrit:De Wojciech Has, j'ai aussi entendu grand bien de son adaptation de "La clepsydre" de Bruno Schulz. Toujours pas vu.


Je te le recommande chaudement, c'est une splendeur.


Ektah a écrit:Jiri Barta, je l'ai une fois décrit à un pote comme "le gars qui a filmé les rêves fiévreux de Tony Wakeford (le musicien de Sol Invictus)", à propos de son court-métrage "La ballade du bois vert". Mais, son œuvre la plus connue est probablement son long-métrage "Krysar", une adaptation du joueur de flûte de Hamelin avec des marionnettes en bois. Je recommande aussi.


Je le note, sans compter que tu convoques la figure de Tony Wakeford et que ça a tout pour me plaire, ça.

Ektah a écrit:Vera Chytilova est probablement la plus ouvertement politisée du lot (...). C'est aussi la plus abrasive du lot: son film le plus connu, "Les petites marguerites" met en scène des personnages volontairement antipathiques. Je le conseille aussi mais c'est probablement le visionnage le plus difficile du lot.



Ah OK, "Les Petites Marguerites", je la remets alors ; pas encore vu, mais ça fait partie des films que je me suis promis de voir sous peu (sur la foi de retours très élogieux).

Ektah a écrit:Frantisek Vlacil est, dans la forme, probablement le plus classique.


Je le note aussi, mais pour plus tard a priori.
Merci pour ces excellents tuyaux, en tout cas...

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Photonik a écrit:Ah bon, ça existe, ça ???? Etonnant !
Je suis totalement profane en la matière...


Oh, d'une manière générale, même chez les joueurs français, ce jeu est assez méconnu. Je ne le connais que parce que j'ai tendance à vouloir archiver et documenter la plupart des formes de la pop culture. La traduction française est sortie au pire moment possible (quand la communauté était au centre d'une controverse politico-médiatique) et, du coup, n'a été que très peu suivie. Il me semble qu'il a toujours une certaine renommée en Espagne, par contre.

Photonik a écrit:Oui, et il le dit lui-même d'ailleurs. Il explique avoir choisi de se présenter non pas comme cinéaste basque mais comme faisant un cinéma basque (nuance), après s'être dit que cela lui convenait mieux que cinéaste espagnol, que cela lui semblait paradoxalement plus universel.


Pour être honnête, je vois mal l'aspect universel de la culture basque (peut-être par méconnaissance). Mais c'est certain que l'aspect grotesque (dans le bon sens du terme), animal et païen des "Sorcières de Zugarramurdi" trouve des échos dans beaucoup de ses films et peut refléter des questionnements mondiaux: "Le jour de la bête" bien sûr, mais également "Balada Triste" (mon film préféré de sa filmographie avec "Morts de rire"), avec sa séquence de retour primal. Même la dernière partie de "Accion Mutante", dans ses paysages post-apo (à deux doigts des nanars post-nuke italiens de la même époque, pour être honnête), m'a fait penser à une version galactique des arrière-pays basques (ou méditerranéens).

Photonik a écrit:Bien sûr.
Tout ça n'est peut-être pas exactement issu d'un fond commun, mais on peut se dire que des environnements semblables engendrent le même genre de réflexes "fabulateurs", et de rites correspondants. On se concentre souvent sur la parenté entre les peuples issus de latitude et de longitude communes, et moins sur les peuples vivant à des altitudes similaires.
Or j'imagine qu'il faut avoir vécu un violent orage en montagne pour imaginer des Chasses Fantastiques et des Dieux de la Foudre (par exemple)...


On est proche de cette citation de je ne sais plus quel black metalleux disant qu'on ne peut pas comprendre sa musique sans s'être retrouvé de nuit, en plein hiver, dans une forêt norvégienne.
Bon, en ce qui me concerne, ça serait plutôt un paysage de pierre et de terre, sous un soleil suffocant, avec pour seul végétation un occasionnel arbuste épineux et pour seule compagnie les scorpions et les moucherons.
Mais l'idée est la même.

Photonik a écrit:Je connais un peu les cinémas respectifs de Jaromil Jires et Jan Svankmajer, mais pas tant que ça ; je n'ai jamais parlé de Svankmajer dans l'émission, d'ailleurs. Mais c'est une idée.


Je ne sais pas si tu les as vu mais, pour Svankmajer, je pense que le cœur de son art se trouve dans ses courts-métrages. Tous ses longs sont recommandables mais aucun, à mon sens, ne se hisse au niveau de "Dans la cave" ou "Histoire naturelle (suite)" (entre autres...).

Photonik a écrit:J'ai bien peur de ne pas connaître les autres auteurs que tu cites... à l'exclusion de Wojciech Has, dont je suis très fan. J'ai d'ailleurs abordé sur les ondes son "Manuscrit trouvé à Saragosse" (une ville que je connais bien, en plus), un très grand film. La légende veut que Luis Bunuel l'ait vu trois ou quatre fois tant il l'aimait, lui qui ne supportait pas de revoir les films...


De Wojciech Has, j'ai aussi entendu grand bien de son adaptation de "La clepsydre" de Bruno Schulz. Toujours pas vu. Et oui, le "Manuscrit trouvé à Saragosse" est un grand film.

Jiri Barta, je l'ai une fois décrit à un pote comme "le gars qui a filmé les rêves fiévreux de Tony Wakeford (le musicien de Sol Invictus)", à propos de son court-métrage "La ballade du bois vert". Mais, son œuvre la plus connue est probablement son long-métrage "Krysar", une adaptation du joueur de flûte de Hamelin avec des marionnettes en bois. Je recommande aussi.

Vera Chytilova est probablement la plus ouvertement politisée du lot (enfin, cette idée est également présente chez Svankmajer, mais de manière plus souterraine). C'est probablement elle aussi qui a le ton le plus grotesque (encore une fois, dans le bon sens du terme). Et, du coup, c'est elle qui s'est fait interdire par le gouvernement tchèque peu de temps avant le printemps de Prague. C'est aussi la plus abrasive du lot: son film le plus connu, "Les petites marguerites" met en scène des personnages volontairement antipathiques. Je le conseille aussi mais c'est probablement le visionnage le plus difficile du lot.

Frantisek Vlacil est, dans la forme, probablement le plus classique. Pour ce que j'ai vu, il se spécialise dans les drames historiques (moyen-âge, 2nde guerre mondiale) mais, au niveau du propos, il rejoint les autres membres de la nouvelle vague tchèque (anti-autoritarisme, condamnation de la religion et, indirectement, du communisme). J'ai déjà vu son film "Marketa Lazarova" être considéré comme le plus grand film tchèque qui soit. Ça me semble un peu exagéré mais il reste quand même tout à fait extraordinaire. J'aime beaucoup "La Vallée des abeilles" et ses templiers aussi.

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Ektah a écrit:Darren les archive ici: https://www.mixcloud.com/darrencharles16/


Ah cool, ça, merci !!

Ektah a écrit:Pour le coup, j'étais un peu familier avec ces légendes (dans les années 90, j'ai beaucoup joué à un jeu de rôles sur table espagnol nommé Aquelarre, consacré, en partie, à ces thématiques)


Ah bon, ça existe, ça ???? Etonnant !
Je suis totalement profane en la matière...

Ektah a écrit:De toute façon, il me semble que tu disais dans ton émission que cette question de l'identité basque traverse un peu toute sa carrière. Ça me semble assez vrai.


Oui, et il le dit lui-même d'ailleurs. Il explique avoir choisi de se présenter non pas comme cinéaste basque mais comme faisant un cinéma basque (nuance), après s'être dit que cela lui convenait mieux que cinéaste espagnol, que cela lui semblait paradoxalement plus universel.


Ektah a écrit:De plus, j'ai grandi dans l'arrière-pays provençal. On a des traditions remarquablement similaires là-bas. Il suffit de lire "Le serpent d'étoiles" de Jean Giono pour voir les liens entre les traditions des bergers de la montagne de Lure et les joaldun (entre autres). Même chez Pagnol, ça transparaît par moment. De toute façon, les traditions antiques et pré-chrétiennes ont facilement tendance à avoir des traits communs.


Bien sûr.
Tout ça n'est peut-être pas exactement issu d'un fond commun, mais on peut se dire que des environnements semblables engendrent le même genre de réflexes "fabulateurs", et de rites correspondants. On se concentre souvent sur la parenté entre les peuples issus de latitude et de longitude communes, et moins sur les peuples vivant à des altitudes similaires.
Or j'imagine qu'il faut avoir vécu un violent orage en montagne pour imaginer des Chasses Fantastiques et des Dieux de la Foudre (par exemple)...


Ektah a écrit:Et, au passage, ça te permettrait d'embrayer, si tu veux, sur la question du surréalisme tchèque, qui est incroyablement riche (Jaromil Jires et Jan Svankmajer bien sûr, mais également Jiri Barta, Wojciech Has, Vera Chytilova, Frantisek Vlacil et bien d'autres...). Ça fait partie de ces pans du cinéma un peu trop méconnus, à mon avis.


Je connais un peu les cinémas respectifs de Jaromil Jires et Jan Svankmajer, mais pas tant que ça ; je n'ai jamais parlé de Svankmajer dans l'émission, d'ailleurs. Mais c'est une idée.
J'ai bien peur de ne pas connaître les autres auteurs que tu cites... à l'exclusion de Wojciech Has, dont je suis très fan. J'ai d'ailleurs abordé sur les ondes son "Manuscrit trouvé à Saragosse" (une ville que je connais bien, en plus), un très grand film. La légende veut que Luis Bunuel l'ait vu trois ou quatre fois tant il l'aimait, lui qui ne supportait pas de revoir les films...

Ektah a écrit:Tout à fait. Avec son clip au second degré assumé... enfin, je crois.


Oh oui, pas l'ombre d'un doute là-dessus. :wink:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=-3uvf0cn0jo[/youtube]

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Photonik a écrit:Une fois de plus, merci pour le tuyau. Je ne pense pas pouvoir l'écouter ce soir mais je jetterai un œil aux retours potentiels, pour un premier contact.


Il n'y a rien eu pour l'épisode d'aujourd'hui, comme c'est le plus souvent le cas. Par contre, ce que tu peux faire, c'est écouter un épisode précédent. Darren les archive ici: https://www.mixcloud.com/darrencharles16/

Photonik a écrit:J'ai le même ressenti, ce n'est pas l'un de ses meilleurs films (même s'il a ses fans). Ceci dit, malgré l'approche rigolardo-paillarde, je trouve les apports folkloriques (au premier sens du terme, donc) plutôt cohérents avec ce que le film raconte.
Voilà ce que j'en disais sur le thread concerné :

"Pour terminer, puisque je suis du coin, quelques précisions sur des éléments "exotiques" du film liés au Pays Basque :

- la grotte de Zugarramurdi était réputée pour accueillir des réunions de "sorcières" (Akelarre en basque, littéralement "la lande du bouc", tout près de la grotte, mais par extension le lieu désigne aussi le sabbat des sorcières à proprement parler) et en 1610, 12 personnes furent condamnées au bûcher par l'Inquisition espagnole. Plutôt que de sorcellerie, il faudrait évidemment parler à leur sujet de rites et de croyances pré-chrétiens.

- le monstre féminin gigantesque est sûrement en partie inspiré par Mari, principale divinité, féminine, du panthéon basque (dans lequel "Dieu est en fait une femme", donc, comme le dit la prêtresse) et incarnation vivante de la nature.

- la chanson "Baga, Biga, Higa" du chanteur basque Mikel Laboa est l'adaptation d'une ancienne comptine enfantine, décrivant une sorcière préparant une potion. Plutôt que sorgin (qui se traduit par "sorcière") on parlera plutôt de belagile (ce qui signifie exactement "faiseuse d'herbes", c'est-à-dire guérisseuse), et on comprend un peu mieux ce que l'Inquisition leur voulait... Dans le film, on l'entend pendant la scène de la grotte, dans son époustouflante version orchestrale avec l'orchestre symphonique de San Sebastian (8 mn, que le réalisateur, respect pour ça, a choisi de ne pas couper).

- toujours dans la grotte, les personnages vêtus d'épaisses fourrures et portant de grosses cloches dans le dos sont des joaldun ("joueurs de sonnailles") ; l'origine de cette tradition est perdue mais il est probable qu'elle corresponde à un rite marquant la fin de l'hiver, où l'on "réveille" la nature et les êtres vivants à l'approche du printemps. Logique de faire appel à eux pour réveiller la Mère primordiale...

- les cris suraigües des sorcières ("ayayayayayayayaya..."), c'est l'irrintzina, le cri traditionnel des bergers en montagne pour se repérer ou guider les troupeaux à distance. C'est devenu un cri festif.

Une grande cohérence, donc, entre ces emprunts et les thématiques du film."


Pour le coup, j'étais un peu familier avec ces légendes (dans les années 90, j'ai beaucoup joué à un jeu de rôles sur table espagnol nommé Aquelarre, consacré, en partie, à ces thématiques) mais certainement pas avec autant de détails. Intéressant. De toute façon, il me semble que tu disais dans ton émission que cette question de l'identité basque traverse un peu toute sa carrière. Ça me semble assez vrai.

De plus, j'ai grandi dans l'arrière-pays provençal. On a des traditions remarquablement similaires là-bas. Il suffit de lire "Le serpent d'étoiles" de Jean Giono pour voir les liens entre les traditions des bergers de la montagne de Lure et les joaldun (entre autres). Même chez Pagnol, ça transparaît par moment. De toute façon, les traditions antiques et pré-chrétiennes ont facilement tendance à avoir des traits communs.

Photonik a écrit:Ouaip, je me dis que le film serait décidément un apport de choix au programme de l'émission ; ça me fera un prétexte pour le revoir, tiens.


Et, au passage, ça te permettrait d'embrayer, si tu veux, sur la question du surréalisme tchèque, qui est incroyablement riche (Jaromil Jires et Jan Svankmajer bien sûr, mais également Jiri Barta, Wojciech Has, Vera Chytilova, Frantisek Vlacil et bien d'autres...). Ça fait partie de ces pans du cinéma un peu trop méconnus, à mon avis.

Photonik a écrit:Ah oui, bien sûr, Candlemass... Eux aussi ont joué sur la reprise de la marche funèbre, sur l'intro de "Bewitched" si je ne m'abuse (que j'avais diffusée il y a quelques mois, d'ailleurs).


Tout à fait. Avec son clip au second degré assumé... enfin, je crois.

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Ektah a écrit:Si tu veux, l'émission de radio hebdomadaire est ce soir sur a1 radio, à 20h heure française (http://a1radio.co.uk/). Ce n'est que de la musique entrecoupée par Darren qui dit quelle chanson il vient de passer mais la programmation elle-même est formidable (à mon goût, mais je pense que tu t'y retrouveras aussi). Les discussions sur l'épisode (en général, il n'y en a pas des masses) sont centralisées ici: https://www.facebook.com/events/1071599849636389/



Une fois de plus, merci pour le tuyau. Je ne pense pas pouvoir l'écouter ce soir mais je jetterai un œil aux retours potentiels, pour un premier contact.


Ektah a écrit:Oui, évidemment, j'avais pensé au film de De La Iglesia que j'aime bien mais qui me fait quand même un peu penser à une belle occasion ratée: on est quand même dans un film mineur de sa filmographie. On n'a effectivement pas le grand film qu'il faudrait sur cet imaginaire.



J'ai le même ressenti, ce n'est pas l'un de ses meilleurs films (même s'il a ses fans). Ceci dit, malgré l'approche rigolardo-paillarde, je trouve les apports folkloriques (au premier sens du terme, donc) plutôt cohérents avec ce que le film raconte.
Voilà ce que j'en disais sur le thread concerné :

"Pour terminer, puisque je suis du coin, quelques précisions sur des éléments "exotiques" du film liés au Pays Basque :

- la grotte de Zugarramurdi était réputée pour accueillir des réunions de "sorcières" (Akelarre en basque, littéralement "la lande du bouc", tout près de la grotte, mais par extension le lieu désigne aussi le sabbat des sorcières à proprement parler) et en 1610, 12 personnes furent condamnées au bûcher par l'Inquisition espagnole. Plutôt que de sorcellerie, il faudrait évidemment parler à leur sujet de rites et de croyances pré-chrétiens.

- le monstre féminin gigantesque est sûrement en partie inspiré par Mari, principale divinité, féminine, du panthéon basque (dans lequel "Dieu est en fait une femme", donc, comme le dit la prêtresse) et incarnation vivante de la nature.

- la chanson "Baga, Biga, Higa" du chanteur basque Mikel Laboa est l'adaptation d'une ancienne comptine enfantine, décrivant une sorcière préparant une potion. Plutôt que sorgin (qui se traduit par "sorcière") on parlera plutôt de belagile (ce qui signifie exactement "faiseuse d'herbes", c'est-à-dire guérisseuse), et on comprend un peu mieux ce que l'Inquisition leur voulait... Dans le film, on l'entend pendant la scène de la grotte, dans son époustouflante version orchestrale avec l'orchestre symphonique de San Sebastian (8 mn, que le réalisateur, respect pour ça, a choisi de ne pas couper).

- toujours dans la grotte, les personnages vêtus d'épaisses fourrures et portant de grosses cloches dans le dos sont des joaldun ("joueurs de sonnailles") ; l'origine de cette tradition est perdue mais il est probable qu'elle corresponde à un rite marquant la fin de l'hiver, où l'on "réveille" la nature et les êtres vivants à l'approche du printemps. Logique de faire appel à eux pour réveiller la Mère primordiale...

- les cris suraigües des sorcières ("ayayayayayayayaya..."), c'est l'irrintzina, le cri traditionnel des bergers en montagne pour se repérer ou guider les troupeaux à distance. C'est devenu un cri festif.

Une grande cohérence, donc, entre ces emprunts et les thématiques du film."


Ektah a écrit:"Valérie", malgré toutes les analyses qu'il y a pu y avoir, conserve son mystère quasiment intact. Et cette musique...


Ouaip, je me dis que le film serait décidément un apport de choix au programme de l'émission ; ça me fera un prétexte pour le revoir, tiens.

Ektah a écrit:Je suis en train d'écouter ça. C'est le même ressenti que "Psalm 9", ce mélange de sons 70's et 80's, avec des passages assez proches de Alice Cooper ou Candlemass (pas uniquement dans la reprise de la marche funèbre), le tout enrobé par une obsession pour Black Sabbath. Les mélodies sont probablement un cran au-dessus de son prédécesseur, effectivement. Assez imparable, je dois bien avouer. Et le final de l'album est... intéressant.


Ah oui, bien sûr, Candlemass... Eux aussi ont joué sur la reprise de la marche funèbre, sur l'intro de "Bewitched" si je ne m'abuse (que j'avais diffusée il y a quelques mois, d'ailleurs).

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Photonik a écrit:Merci pour ces précisions.
Je n'ai pas trop eu le temps ce week-end, mais je vais prendre le temps de commencer à explorer tout ça sous peu. Et pourquoi pas contribuer, à terme (si je peux apporter quelque chose bien sûr).


Tu feras bien. Je n'aime pas l'idée de traîner quelqu'un vers Facebook mais le fait est que le groupe lui-même est passionnant. Et je suis sûr que tu peux apporter quelque chose: la grosse majorité des membres actifs est britannique (ce qui est assez normal: ça reste la terre d'adoption du folk horror) mais il y a une véritable volonté de présenter les autres aspects du folklore sombre mondial. On a eu relativement peu d'exemples basques. Ça serait certainement un apport bienvenu.

Si tu veux, l'émission de radio hebdomadaire est ce soir sur a1 radio, à 20h heure française (http://a1radio.co.uk/). Ce n'est que de la musique entrecoupée par Darren qui dit quelle chanson il vient de passer mais la programmation elle-même est formidable (à mon goût, mais je pense que tu t'y retrouveras aussi). Les discussions sur l'épisode (en général, il n'y en a pas des masses) sont centralisées ici: https://www.facebook.com/events/1071599849636389/

Photonik a écrit:C'est encore une fois pas assez concret à ce stade pour y venir maintenant, mais j'en dirai un mot ici ou là, c'est sûr.
En tout cas c'est bel et bien connecté aux thématiques que tu évoques, sous l'angle de certains éléments de la mythologie basque, en effet. Ils ont été peu utilisés comme matière fictionnelle (à quelques exceptions près comme "Les Sorcières de Zugarramurdi" d'Alex de la Iglesia, mais dans une veine farcesque), alors qu'il y a là des choses potentiellement passionnantes à explorer. Juste un petit élément : l'idée de départ, c'est de reprendre le fameux "Roi des Aulnes" de Goethe et de le mêler à des éléments issus de l'imaginaire basque...


Oui, évidemment, j'avais pensé au film de De La Iglesia que j'aime bien mais qui me fait quand même un peu penser à une belle occasion ratée: on est quand même dans un film mineur de sa filmographie. On n'a effectivement pas le grand film qu'il faudrait sur cet imaginaire. Et le "Roi des Aulnes" est un très beau texte. Très intéressé par ton projet.

Photonik a écrit:Idem, il faut que je creuse un peu tout ça. "L'Etreinte du Serpent", j'ai prévu de voir ça assez vite et je vais probablement le mettre au menu de l'émission d'ailleurs. Même chose pour "Jordskott" au rayon séries télé.
Je ne connais pas "Lord Of Tears" par contre...


Pour être honnête, je n'ai pas encore vu "Lord of Tears". Le trailer me faisait penser un slasher surnaturel assez classique avec une esthétique folk horror. Ce n'est pas quelque chose que je recherche particulièrement, même si le film est probablement bien sympathique. Potentiellement plus intéressant, on a "The unkindness of ravens" mais il n'est pas encore sorti, à ma connaissance.

Photonik a écrit:"Valérie And Her Week of Wonders" !!! J'adore ce film. Rien que son évocation me donne envie de le revoir direct. Celui-là aussi ferait bonne mesure dans l'émission, je ne l'y ai jamais abordé.


Oh oui. C'est une de mes films cultes aussi. Il y a de quoi en discuter pendant des années et c'est d'ailleurs ce qui se passe: j'adore "The Wicker Man" mais, finalement, ça fait maintenant longtemps qu'on a dit tout ce qu'il y avait à dire sur son sujet. "Valérie", malgré toutes les analyses qu'il y a pu y avoir, conserve son mystère quasiment intact. Et cette musique....

Photonik a écrit:On est bien d'accord là-dessus aussi.
Son "Seven Soldiers" s'il n'est pas des plus connus, me paraît un de ses travaux les plus importants, prototype du plus "gros" et récent "Multiversity".
J'ai écrit une modeste (mais assez longue quand même) bafouille sur le sujet. C'est là :
http://www.comics-sanctuary.com/forum/seven-soldiers-grant-morrison-collectif-t66482.html


Ouch. Ça a l'air massif, comme histoire. Je me pencherai sur la question en détail (ta chronique comme les comics eux-même). Merci.

Photonik a écrit:Pour Trouble, je conseille toujours l'album "Run To The Light". Ce n'est ni le plus connu, ni le plus "mythique" (ça c'est plutôt "Psalm 9"), mais c'est le meilleur pour moi. Mélodique, puissant, lugubre et lyrique à la fois : du très bon heavy-doom à l'ancienne.


Je suis en train d'écouter ça. C'est le même ressenti que "Psalm 9", ce mélange de sons 70's et 80's, avec des passages assez proches de Alice Cooper ou Candlemass (pas uniquement dans la reprise de la marche funèbre), le tout enrobé par une obsession pour Black Sabbath. Les mélodies sont probablement un cran au-dessus de son prédécesseur, effectivement. Assez imparable, je dois bien avouer. Et le final de l'album est... intéressant.

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Ah ben je me rappelais pas mais j'avais vu le trailer, alors.
Merci pour la piqûre de rappel, du coup !!

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Ektah a écrit:Alors, le groupe s'appelle "Folk Horror Revival" (https://www.facebook.com/groups/folkhorror/?fref=ts). Il a eu un succès absolument phénoménal (17200 membres à l'heure actuelle). Donc, je n'ai pas compté mais il doit y avoir des dizaines de posts par jour avec (de mon point de vue, en tous cas) une très grande qualité dans chacun d'entre eux. Du coup, vu l'ampleur que cela a pris, il y a de nombreuses branches comme plusieurs livres (http://www.lulu.com/spotlight/andypaciorek), un label musical, Reverb Worship, quelques conférences, une émission de radio hebdomadaire (animée par un gars absolument adorable, d'ailleurs), "Unearthing Forgotten Horrors" (https://www.facebook.com/groups/211956115669980/?fref=ts) et un groupe satellite, "The Belled Buzzard" (https://www.facebook.com/groups/1300668379958590/?fref=ts) consacré à sa forme américaine avec, en particulier, un intérêt pour le "southern gothic" à la Flannery O'Connor, "True Detective" et ce genre de choses. Il y a aussi un site internet classique pour centraliser tout ça (https://folkhorrorrevival.com/) mais le cœur du truc reste le groupe.

(...)
Tu l'auras compris, je suis très fan de cet endroit, malgré mon hostilité naturelle envers son support.


Merci pour ces précisions.
Je n'ai pas trop eu le temps ce week-end, mais je vais prendre le temps de commencer à explorer tout ça sous peu. Et pourquoi pas contribuer, à terme (si je peux apporter quelque chose bien sûr).

Ektah a écrit:En tous cas, tu m'interpelles avec ton projet. Curieux de voir ça. D'autant que cette thématique est souvent liée à la région qui la voit naître et que l'imaginaire basque a clairement ce qu'il faut en terme de capacité d'évocation.


C'est encore une fois pas assez concret à ce stade pour y venir maintenant, mais j'en dirai un mot ici ou là, c'est sûr.
En tout cas c'est bel et bien connecté aux thématiques que tu évoques, sous l'angle de certains éléments de la mythologie basque, en effet. Ils ont été peu utilisés comme matière fictionnelle (à quelques exceptions près comme "Les Sorcières de Zugarramurdi" d'Alex de la Iglesia, mais dans une veine farcesque), alors qu'il y a là des choses potentiellement passionnantes à explorer. Juste un petit élément : l'idée de départ, c'est de reprendre le fameux "Roi des Aulnes" de Goethe et de le mêler à des éléments issus de l'imaginaire basque...


Ektah a écrit:j'ai aussi tendance à voir ça partout aussi, en ce moment. Ça vient évidemment de mes goûts personnels mais aussi du fait que cette thématique a le vent en poupe. Il suffit de voir les sorties des films comme "The witch", "L'étreinte du serpent", "Lord of Tears", "Kill List" et d'autres, ces dernières années. Et je ne parle là que du cinéma: il y a aussi un mouvement équivalent dans la musique, à mon avis, bien que d'ampleur moindre: tu peux écouter ça dans l'émission de radio dont je parlais, Unearthing Forgotten Horrors, ou sur la collection Spotify du groupe (http://open.spotify.com/user/jimofleon/playlist/4bTgHJWcWQDl9ELHY9btL1). Et, en série tv, on peut, bien sûr, parler de "True Detective" mais également de quelques autres comme "Jordskott", ou "Flowers" (même si ce dernier pratique le mélange des genres).


Idem, il faut que je creuse un peu tout ça. "L'Etreinte du Serpent", j'ai prévu de voir ça assez vite et je vais probablement le mettre au menu de l'émission d'ailleurs. Même chose pour "Jordskott" au rayon séries télé.
Je ne connais pas "Lord Of Tears" par contre...


Ektah a écrit:Oui, effectivement, on a des discussions sans fin pour savoir si "Flowers", "Detectorists", "Berberian Sound Studio", "The League of Gentlemen" ou même "Twin Peaks" appartiennent à ce genre ou pas. Mon avis (personnel... certains ne seraient pas d'accord) est qu'il y a des œuvres emblématiques que personne ne remettra en cause (on va dire "Wicker Man", "Blood on Satan's Claw" et "Valérie and Her Week of Wonder", plus "The Witch", récemment) et qu'il y a des œuvres satellites qui empruntent certains aspects au genre.


"Valérie And Her Week of Wonders" !!! J'adore ce film. Rien que son évocation me donne envie de le revoir direct. Celui-là aussi ferait bonne mesure dans l'émission, je ne l'y ai jamais abordé.

Ektah a écrit:Est-ce qu'on peut considérer ces derniers comme faisant vraiment partie du mouvement est une question secondaire à mes yeux. Simplement, les inclure permet d'amener une certaine diversité dans un genre qui reste sinon assez codifié. (...)
Donc, pour moi, le fait d'inclure ces œuvres périphériques apporte de la richesse au genre. Je suis pour, même si je suis tout à fait prêt à reconnaître que les liens sont parfois assez lointains.


Encore une fois, cela me semble la bonne approche.

Ektah a écrit:je pense que Morrison reste, quand il le veut bien, l'un des plus grands.


On est bien d'accord là-dessus aussi.
Son "Seven Soldiers" s'il n'est pas des plus connus, me paraît un de ses travaux les plus importants, prototype du plus "gros" et récent "Multiversity".
J'ai écrit une modeste (mais assez longue quand même) bafouille sur le sujet. C'est là :
http://www.comics-sanctuary.com/forum/seven-soldiers-grant-morrison-collectif-t66482.html

Ektah a écrit:Pour être honnête, je ne connais pas si bien que ça Trouble. Il me semble n'avoir écouté qu'un seul album ("Psalm 9", je crois). Je vais me pencher sur la question aussi.


Pour Trouble, je conseille toujours l'album "Run To The Light". Ce n'est ni le plus connu, ni le plus "mythique" (ça c'est plutôt "Psalm 9"), mais c'est le meilleur pour moi. Mélodique, puissant, lugubre et lyrique à la fois : du très bon heavy-doom à l'ancienne.

Avatar de Tori

Photonik a écrit:Idem pour Tetsuo, dont j'ignorais la traduction. Joli clin d'oeil de la part d'Otomo au moment de nommer le "héros" de son "Akira", du coup : il annonce ainsi son devenir semi-métallique.

Attention : en japonais, il y a beaucoup d'homophones : Le Tetsuo d'Ôtomo ne s'écrit pas de la même façon : 鉄雄 contre 鉄男 pour celui de Tsukamoto... Mais le métal est effectivement toujours présent ! Le deuxième kanji a plutôt le sens de héros (et de mâle pour les animaux)... Le sens est donc, relativement proche.

Tori.
PS : Je fais souvent attention aux kanji utilisés dans les noms des personnages : les auteurs les choisissent rarement au hasard. C'est d'ailleurs une des (nombreuses) richesses de la langue japonais, de pouvoir donner plusieurs sens à un nom : sa sonorité ou son sens étymologique, là où, en voyant le nom d'une personne dans une langue occidentale, il n'y a qu'une possibilité qui s'offre à nous (la graphie et la prononciation sont intimement liées), on peut plus difficilement y cacher un autre sens et l'étymologie est soit évidente soit cachée, selon comment le mot a évolué.

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:Ho ho ho ; alors ça, ça m'intéresse énormément.
La thématique me parle et pas q'un peu (pour être franc, j'ai un projet dans ce domaine, dont il est beaucoup trop tôt pour parler plus avant mais je le ferai en temps utile).
Je n'ai pas de page Facebook mais ma compagne en a une ; j'en profiterai pour regarder ça...


Alors, le groupe s'appelle "Folk Horror Revival" (https://www.facebook.com/groups/folkhorror/?fref=ts). Il a eu un succès absolument phénoménal (17200 membres à l'heure actuelle). Donc, je n'ai pas compté mais il doit y avoir des dizaines de posts par jour avec (de mon point de vue, en tous cas) une très grande qualité dans chacun d'entre eux. Du coup, vu l'ampleur que cela a pris, il y a de nombreuses branches comme plusieurs livres (http://www.lulu.com/spotlight/andypaciorek), un label musical, Reverb Worship, quelques conférences, une émission de radio hebdomadaire (animée par un gars absolument adorable, d'ailleurs), "Unearthing Forgotten Horrors" (https://www.facebook.com/groups/211956115669980/?fref=ts) et un groupe satellite, "The Belled Buzzard" (https://www.facebook.com/groups/1300668379958590/?fref=ts) consacré à sa forme américaine avec, en particulier, un intérêt pour le "southern gothic" à la Flannery O'Connor, "True Detective" et ce genre de choses. Il y a aussi un site internet classique pour centraliser tout ça (https://folkhorrorrevival.com/) mais le cœur du truc reste le groupe.

Évidemment, vu la thématique, il y a une grosse communauté de paganistes pratiquants mais les discussions religieuses se passent en général très bien, ce qui est très étonnant sur les réseaux "sociaux", d'autant plus que le créateur du lieu ne cache pas ses opinions écologistes et de gauche. En fait, la seule grosse bataille du groupe s'est déroulée lorsqu'il a annoncé qu'il supprimerait sans préavis les messages trop fachos à son goût (il me semble qu'une bande de trolls venait de se pointer). J'imagine qu'il doit y avoir une équipe de modérateurs très réactive mais ça fait un changement bienvenu par rapport au reste de Facebook.
Tu l'auras compris, je suis très fan de cet endroit, malgré mon hostilité naturelle envers son support.

En tous cas, tu m'interpelles avec ton projet. Curieux de voir ça. D'autant que cette thématique est souvent liée à la région qui la voit naître et que l'imaginaire basque a clairement ce qu'il faut en terme de capacité d'évocation.

Photonik a écrit:Un débat passionnant, j'imagine.
En y réfléchissant un peu, j'aurais tendance à m'aligner sur ta position. Cette idée de résurgence d'éléments mythologiques et/ou légendaires dans un contexte urbain (et j'ai tendance en ce moment à voir ça partout... :wink: ) me semble pouvoir s'inscrire dans ce créneau.


Oui, j'ai aussi tendance à voir ça partout aussi, en ce moment. Ça vient évidemment de mes goûts personnels mais aussi du fait que cette thématique a le vent en poupe. Il suffit de voir les sorties des films comme "The witch", "L'étreinte du serpent", "Lord of Tears", "Kill List" et d'autres, ces dernières années. Et je ne parle là que du cinéma: il y a aussi un mouvement équivalent dans la musique, à mon avis, bien que d'ampleur moindre: tu peux écouter ça dans l'émission de radio dont je parlais, Unearthing Forgotten Horrors, ou sur la collection Spotify du groupe (http://open.spotify.com/user/jimofleon/playlist/4bTgHJWcWQDl9ELHY9btL1). Et, en série tv, on peut, bien sûr, parler de "True Detective" mais également de quelques autres comme "Jordskott", ou "Flowers" (même si ce dernier pratique le mélange des genres).

Photonik a écrit:D'accord : du coup, je vois que tu (ou vous) englobes énormément de choses dans cette notion.
Brasser un peu large me semble une approche intéressante pour circonscrire un genre ou ses thématiques clefs ; c'est effectivement souvent dans les franges d'un genre, à l'extrême limite de sa définition stricte, que se jouent les choses les plus intéressantes, je crois.


Oui, effectivement, on a des discussions sans fin pour savoir si "Flowers", "Detectorists", "Berberian Sound Studio", "The League of Gentlemen" ou même "Twin Peaks" appartiennent à ce genre ou pas. Mon avis (personnel... certains ne seraient pas d'accord) est qu'il y a des œuvres emblématiques que personne ne remettra en cause (on va dire "Wicker Man", "Blood on Satan's Claw" et "Valérie and Her Week of Wonder", plus "The Witch", récemment) et qu'il y a des œuvres satellites qui empruntent certains aspects au genre.

Est-ce qu'on peut considérer ces derniers comme faisant vraiment partie du mouvement est une question secondaire à mes yeux. Simplement, les inclure permet d'amener une certaine diversité dans un genre qui reste sinon assez codifié. On va avoir des chroniques rurales douces-amères ("Flowers", "Detectorists"... deux séries que je recommande très chaudement, d'ailleurs, avec un casting parfait), des comédies ("The mighty boosh" "Inside n°9" et "The league of gentlemen"), de la tv pour enfants ("Worzel Gummidge"), du western ("The beguiled"), du documentaire psychogéographique ("Wisconsin Death Trip", "Strange Factory", "By our selves")... En fait, cette question de la psychogéographie semble revenir assez régulièrement dans nos discussions sur la folk horror, notamment dans sa forme musicale (en fait, je pense que le label "Folklore Tapes", qui participe aussi au groupe, est centré autour de cette idée). J'aurais tendance à dire que c'est une thématique voisine.
Donc, pour moi, le fait d'inclure ces œuvres périphériques apporte de la richesse au genre. Je suis pour, même si je suis tout à fait prêt à reconnaître que les liens sont parfois assez lointains.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Sinon, j'ai aussi entendu de très bonnes choses de sa péloche de bikers, "Crazy Thunder Road" (le film préféré de Takeshi Kitano, selon la légende).


Le film préféré de Kitano ? Intrigant, alors !!


Attention. J'ai formulé ma phrase de cette manière car c'est juste quelque chose que j'ai lu une fois ou deux (je ne sais plus où, pour être honnête). C'est tout au plus une rumeur. Mais ça ne change rien au fait que ça vaut sans doute le coup de regarder le film.

Photonik a écrit:Pour ceux qui ont aimé cette prestation de Williams, je recommande vivement de jeter un oeil sur son travail époustouflant sur les prologues et épilogues du formidable "Seven Soldiers" de Grant Morrison, qui annoncent à mon avis son boulot sur "Sandman Overture".


Oui. J'avais noté cette référence que tu faisais. Je vais probablement me pencher sur la question, d'autant que, même si j'ai parfois des rapports conflictuels avec lui, je pense que Morrison reste, quand il le veut bien, l'un des plus grands.

Photonik a écrit:Tu n'as pas tort. L'explosion de la scène doom ces dernières années a probablement généré beaucoup trop de groupes sonnant un peu tous de la même manière. Y'a un paquet d'albums qui ont pu m'impressionner à leur sortie dont je sais que je ne les écouterais probablement plus beaucoup.
Néanmoins, j'ai l'impression que l'axe très "traditionnel" dont Pallbearer peut se réclamer n'est pas le plus représenté ; avec ce début de morceau très Trouble dans l'esprit (et je suis depuis mes années lycée un gros fan de Trouble...), le groupe s'inscrit indéniablement dans cette ligne-là.


C'est vrai que c'est proche. Pour être honnête, je ne connais pas si bien que ça Trouble. Il me semble n'avoir écouté qu'un seul album ("Psalm 9", je crois). Je vais me pencher sur la question aussi.

Photonik a écrit:Vraiment ravi de pouvoir échanger avec toi, décidément !!!


Moi de même, bien sûr.

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:
Ouch. Je suis d'accord. Un jour, je comprendrai "Nova Express". Au passage, le projet du même nom par John Zorn est tout aussi abscons.


Tiens, je ne connais pas ce projet-là de Zorn, pour ma part (en même temps, difficile de s'y retrouver dans une discographie aussi tentaculaire...). J'y jetterai une oreille à l'occasion.

Ektah a écrit:Alors, il se trouve qu'une des dernières raisons pour lesquelles je suis sur Facebook est la présence d'un groupe consacré à l'étude du "folk horror" dans l'art et le folklore mondial, très fréquenté et absolument passionnant.


Ho ho ho ; alors ça, ça m'intéresse énormément.
La thématique me parle et pas q'un peu (pour être franc, j'ai un projet dans ce domaine, dont il est beaucoup trop tôt pour parler plus avant mais je le ferai en temps utile).
Je n'ai pas de page Facebook mais ma compagne en a une ; j'en profiterai pour regarder ça...

Ektah a écrit:On a eu, il y a quelques années, une longue discussion pour savoir si ce type d'imaginaire était compatible avec un environnement urbain/industriel. Je fais partie du camp qui disait "absolument".


Un débat passionnant, j'imagine.
En y réfléchissant un peu, j'aurais tendance à m'aligner sur ta position. Cette idée de résurgence d'éléments mythologiques et/ou légendaires dans un contexte urbain (et j'ai tendance en ce moment à voir ça partout... :wink: ) me semble pouvoir s'inscrire dans ce créneau.

Ektah a écrit:On a quelques exemples, minoritaires bien sûr, de films qui s'inscrivent dans cette idée: "Quatermass and the pit" (écrit par Nigel Kneale... un génie méconnu, à mon avis... une des influences majeures de John Carpenter, au passage), "Absentia", "Strange Factories", même "Berberian Sound Studio", d'une certaine manière...


D'accord : du coup, je vois que tu (ou vous) englobes énormément de choses dans cette notion.
Brasser un peu large me semble une approche intéressante pour circonscrire un genre ou ses thématiques clefs ; c'est effectivement souvent dans les franges d'un genre, à l'extrême limite de sa définition stricte, que se jouent les choses les plus intéressantes, je crois.

Ektah a écrit:Au passage, dans ce groupe, nous sommes en train de mettre en place une liste de films estampillés "folk horror" sur imdb. Il y a plein de choses très recommandables à découvrir là-dedans, à mon avis (si on est intéressé par cet imaginaire, bien sûr): http://www.imdb.com/list/ls062558913/


Même chose, je vais jeter un oeil là-dessus, de ce pas.


Ektah a écrit:Oui, je le regrette aussi. "Mauvais Genres" reste ma grand messe radiophonique (avec "Tumataxa", bien sûr :wink: ) mais il y a eu une baisse de qualité depuis son départ, certes. Il reste quand même François Angelier (plus Pacôme et Philippe Rouyer, occasionnellement) mais je perçois quand même une certaine lassitude. Je n'ai rien contre Fausto Fasulo (d'autant qu'il apporte une orientation vers la culture japonaise que j'apprécie) mais cela fait quelques années que l'émission me fait penser à une fin de règne.



J'ai bien peur là aussi d'être en accord avec toi.

Ektah a écrit:Tu parlais de l'influence de Sogo Ishii sur "Tetsuo". C'est indéniable mais, en plus de "Burst City", j'aurais tendance à faire également le lien avec "Halber Mensch", son documentaire/concert filmé/essai cinématographique à propos de Einstürzende Neubauten: https://vimeo.com/9258405


Merci à nouveau pour le lien.
Je connaissais ce travail-là de réputation (sans compter que j'aime le groupe de Blixa Bargeld), mais ne l'ayant pas vu je ne l'ai pas évoqué.


Ektah a écrit:Sinon, j'ai aussi entendu de très bonnes choses de sa péloche de bikers, "Crazy Thunder Road" (le film préféré de Takeshi Kitano, selon la légende).


Le film préféré de Kitano ? Intrigant, alors !!

Ektah a écrit:Par ailleurs, dans la filmographie de Tadanobu Asano, je crois qu'il faut aussi nommer "Vital" qui est, en toute subjectivité, le meilleur film de Shinya Tsukamoto.


Je ne l'ai pas évoqué ? J'étais persuadé que oui.
Je suis moi aussi très fan de "Vital", incontestablement un très grand Tsukamoto. Je n'ai pas pensé à faire le lien mais il aurait effectivement été judicieux d'évoquer cet exemple de traitement de la Nature par Tsukamoto pour parler de celui de "Fires On The Plain".


Ektah a écrit:Enfin, pour parler de "Electric Dragon 80000 V", c'est la définition même du cinéma frappadingue: très fun à regarder et rapidement oublié. (...) Cette évocation animale/mythologique dont tu parles m'interpelle.


Ce que tu dis du film n'est pas faux, en effet. Il y a un côté un peu "inconséquent" au film qui est indéniable. Mais rien que pour la connexion "totémique", si tu choisis de le revoir, tu vas être frappé par les premières images.

Ektah a écrit:Pour moi, cette bd est très dure d'accès. (...)
Ce n'est pas une critique, toutefois, mais il va me falloir plus de relectures.


C'est indéniablement un titre qui appelle et supporte de nombreuses relectures. Assez hermétique, et plus encore pour les non-initiés j'imagine. J'ai quand même été conquis par l'effort de Neil Gaiman et J.H. Williams, notamment pour les efforts de ce dernier en matière d'invention formelle pour illustrer les éléments pourtant très abstraits du scénario.
Pour ceux qui ont aimé cette prestation de Williams, je recommande vivement de jeter un oeil sur son travail époustouflant sur les prologues et épilogues du formidable "Seven Soldiers" de Grant Morrison, qui annoncent à mon avis son boulot sur "Sandman Overture".


Ektah a écrit:Crippled Black Phoenix, je te rejoins: tous les groupes de Justin Greaves sont passionnants. Celui-là ne fait pas exception. Même si Iron Monkey reste son sommet, à mon sens (mais j'ai tendance à être partial envers tout ce qui est estampillé sludge, crust...).


Moi aussi, je reste un inconditionnel de Iron Monkey, dont les deux disques tournent encore régulièrement chez moi ou dans ma caisse.

Ektah a écrit:JK Flesh, pas de surprises de la part de Broadrick: c'est très bon. (...) Sinon, je peux imaginer certains clubs diffusant ce genre de musique mais les services proposés par ces lieux seraient sans doute d'une nature assez originale.


Ha Ha !! Ouais, probablement.

Ektah a écrit:Pallbearer, j'ai un peu la même impression que pour le reprise de Type O Negative: c'est bon mais il y a eu une telle explosion du doom metal ces dix dernières années que je me suis franchement lassé du genre. Ceci étant dit, il n'y a aucun doute sur le fait qu'ils font partie du haut du panier. Et la fin du morceau, effectivement plus sludge, passe mieux.


Tu n'as pas tort. L'explosion de la scène doom ces dernières années a probablement généré beaucoup trop de groupes sonnant un peu tous de la même manière. Y'a un paquet d'albums qui ont pu m'impressionner à leur sortie dont je sais que je ne les écouterais probablement plus beaucoup.
Néanmoins, j'ai l'impression que l'axe très "traditionnel" dont Pallbearer peut se réclamer n'est pas le plus représenté ; avec ce début de morceau très Trouble dans l'esprit (et je suis depuis mes années lycée un gros fan de Trouble...), le groupe s'inscrit indéniablement dans cette ligne-là.

Vraiment ravi de pouvoir échanger avec toi, décidément !!!

Avatar de Photonik

Comme d'habitude, merci pour ces précisions "linguistiques", Tori.

J'étais à peu près sûr de dire une connerie au moment de convoquer le terme "jidai-geki". Bon, maintenant, je suis à peu près certain de ne plus pouvoir me tromper : j'ignorais totalement que c'était l'origine du mot "jedi" cher à George Lucas, et c'est effectivement un bon moyen mnémotechnique...

Idem pour Tetsuo, dont j'ignorais la traduction. Joli clin d'oeil de la part d'Otomo au moment de nommer le "héros" de son "Akira", du coup : il annonce ainsi son devenir semi-métallique.

Avatar de Tori

Ah, un petit ajout, tiens...

Tori a écrit:Concernant Mushishi (je te conseille de jeter un oeil sur le manga, si tu en as l'occasio), tu parles de "gidai geki"... Il s'agit, en fait de jidai geki ("jidai" est à l'origine du mot "jedi", ça aide à se souvenir de la prononciation)... et signifie juste "drame d'époque" ("jidai" pour "époque", "geki" pour "drame"), et est, effectivement, l'équivalent du film en costumes, sauf que ça peut concerner aussi le théatre.

Le même "geki" est utilisé dans le terme "gekiga", que certains auteurs de mangas ne se reconnaissant plus dans le terme "manga" ("ga" veut dire "image", mais "man" signifie "divertissant"/"exagéré"/"involontaire") ont voulu imposer pour décrire leurs BD, plus sombres et souvent ancrées dans un monde plus réaliste.

Tori.

Avatar de Ektah

Le Doc a écrit:
Oui, il y a des choses très intéressantes. J'ai d'ailleurs écrit des billets sur 5 de ces films dans les colonnes du Ciné-club (et pour les longs métrages plus récents, on a des sujets dans le forum ciné) :

The Wicker Man :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/the-wicker-man-robin-hardy-t86281.html

La Nuit des Maléfices :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/la-nuit-des-malefices-piers-haggard-t87859.html

Vij :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/vij-konstantin-ershov-georgiy-kropachyov-t88544.html

Le Renne Blanc :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/le-renne-blanc-erik-blomberg-t82637.html

La Nuit du Chasseur :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/la-nuit-du-chasseur-charles-laughton-t87213.html


:)

5 films merveilleux. J'irai lire ça. Je suis bien content de voir "Vij" et le "Renne Blanc": ces films me semblent recevoir moins d'attention qu'ils ne le méritent.

Avatar de Le Doc

Ektah a écrit:Au passage, dans ce groupe, nous sommes en train de mettre en place une liste de films estampillés "folk horror" sur imdb. Il y a plein de choses très recommandables à découvrir là-dedans, à mon avis (si on est intéressé par cet imaginaire, bien sûr): http://www.imdb.com/list/ls062558913/


Oui, il y a des choses très intéressantes. J'ai d'ailleurs écrit des billets sur 5 de ces films dans les colonnes du Ciné-club (et pour les longs métrages plus récents, on a des sujets dans le forum ciné) :

The Wicker Man :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/the-wicker-man-robin-hardy-t86281.html

La Nuit des Maléfices :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/la-nuit-des-malefices-piers-haggard-t87859.html

Vij :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/vij-konstantin-ershov-georgiy-kropachyov-t88544.html

Le Renne Blanc :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/le-renne-blanc-erik-blomberg-t82637.html

La Nuit du Chasseur :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/la-nuit-du-chasseur-charles-laughton-t87213.html

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:Je pense de même. Une des réussites du livre, c'est d'enrichir la "mythologie" du lieu et des persos (notamment ceux qui sont plutôt à l'arrière-plan dans la série, comme les frères Milford par exemple) sans rien déflorer du mystère. Frost dit en interview que c'est le point qui l'intéressait à travers ce travail : distinguer le secret du mystère. En gros, le mystère nous enveloppe, enrichit ou "magifie" nos vies, et le secret est instrumentalisé par des forces occultes, potentiellement néfastes.
J'avais trouvé cette distinction sous la plume de Guy Astic déjà (qui a eu du nez pour le coup, même s'il évoque "le mystère et l'énigme" quant à lui), et ça me semble assez lumineux.


Effectivement, cette distinction entre secret et mystère est annoncée d'entrée de jeu dans le livre de Frost et a un effet rétro-actif: je suis en train de lire, en préparation à la nouvelle saison, un fascicule, nommé "Welcome to Twin Peaks" que j'avais acheté il y a des années, rédigé (en théorie) par Frost, Lynch et un troisième gars et qui se présente comme un petit livret de présentation de la ville, comme on peut en trouver dans les offices de tourisme. Même dans un produit dérivé aussi mineur que celui-là, on retrouve un historique de la ville (qui me semble être le prototype des premiers chapitres du livre de Frost) où se révèle déjà cette distinction entre les deux types de secrets. On y voit également les premières références explicites (à ma connaissance) à la théosophie. Il y a aussi la recette de la tarte à la cerise.
Sinon, je peux me tromper, mais il me semble me souvenir que Frost avait parlé également de cette nuance dans une interview pour le fanzine "Wrapped in plastic".
Enfin, tout ça pour dire que cette distinction est dans l'air depuis longtemps et que l'approche de cette nouvelle saison semble être le moment choisi pour expliciter certaines idées sous-jacentes (pour en lancer de nouvelles ensuite, j'imagine... ou pour clôturer le tout).

Photonik a écrit:Le produit de leur collaboration, beaucoup moins : avec la trilogie Nova et les textes rassemblés dans le recueil "Le Métro Blanc", c'est ce que Burroughs a produit de plus ardu, à mon sens.


Ouch. Je suis d'accord. Un jour, je comprendrai "Nova Express". Au passage, le projet du même nom par John Zorn est tout aussi abscons.

Photonik a écrit:Ah oui, tu m'as vraiment l'air rigoureux et organisé, dis-moi. :wink:


Ben, en fait, je suis un peu obligé, sinon toutes les idées me passent au-dessus de la tête. Je connais des gens qui arrivent à intégrer des concepts ardus de manière orale. Ce n'est pas mon cas.

Photonik a écrit:Il y a de ça (même si je n'ai pas vu tous les films que tu évoques), mais dans un contexte plus urbain quand même, quand les autres films que tu cites sont plutôt "folk-horror" dans l'esprit, il me semble, et donc au moins en partie ruraux.


Alors, il se trouve qu'une des dernières raisons pour lesquelles je suis sur Facebook est la présence d'un groupe consacré à l'étude du "folk horror" dans l'art et le folklore mondial, très fréquenté et absolument passionnant. On a eu, il y a quelques années, une longue discussion pour savoir si ce type d'imaginaire était compatible avec un environnement urbain/industriel. Je fais partie du camp qui disait "absolument". On a quelques exemples, minoritaires bien sûr, de films qui s'inscrivent dans cette idée: "Quatermass and the pit" (écrit par Nigel Kneale... un génie méconnu, à mon avis... une des influences majeures de John Carpenter, au passage), "Absentia", "Strange Factories", même "Berberian Sound Studio", d'une certaine manière...
Au passage, dans ce groupe, nous sommes en train de mettre en place une liste de films estampillés "folk horror" sur imdb. Il y a plein de choses très recommandables à découvrir là-dedans, à mon avis (si on est intéressé par cet imaginaire, bien sûr): http://www.imdb.com/list/ls062558913/

Photonik a écrit:Je pense avoir vu, à une ou deux exceptions près, toutes ses conférences dans ce cadre (ou au Forum des Images). Si je trouve Thoret inégal quand il écrit, je le trouve extrêmement convaincant à l'oral ; je déplore son départ de "Mauvais Genres", d'ailleurs.


Oui, je le regrette aussi. "Mauvais Genres" reste ma grand messe radiophonique (avec "Tumataxa", bien sûr :wink: ) mais il y a eu une baisse de qualité depuis son départ, certes. Il reste quand même François Angelier (plus Pacôme et Philippe Rouyer, occasionnellement) mais je perçois quand même une certaine lassitude. Je n'ai rien contre Fausto Fasulo (d'autant qu'il apporte une orientation vers la culture japonaise que j'apprécie) mais cela fait quelques années que l'émission me fait penser à une fin de règne.

Photonik a écrit:Pour le cinéma, on évoque un moyen-métrage du cinéaste punk et nippon Sogo Ishii, à savoir le frappadingue "Electric Dragon 80 000 V". Baston survoltée et grosses guitares au programme...


Tu parlais de l'influence de Sogo Ishii sur "Tetsuo". C'est indéniable mais, en plus de "Burst City", j'aurais tendance à faire également le lien avec "Halber Mensch", son documentaire/concert filmé/essai cinématographique à propos de Einstürzende Neubauten: https://vimeo.com/9258405

Sinon, j'ai aussi entendu de très bonnes choses de sa péloche de bikers, "Crazy Thunder Road" (le film préféré de Takeshi Kitano, selon la légende).

Par ailleurs, dans la filmographie de Tadanobu Asano, je crois qu'il faut aussi nommer "Vital" qui est, en toute subjectivité, le meilleur film de Shinya Tsukamoto. En fait, je crois que ce que j'aime avec ce film fait un lien avec ton émission précédente: tu as ces visions colorées d'une sorte de paradis naturel (l'île d'Hokkaidō, si je me souviens bien). J'aime cette tendance chez les cinéastes ultra-urbains à l'évocation de la nature. Comme tu disais, on retrouve ça, chez lui, dans "Fires on the Plain" mais également dans "Hiruko the goblin" (le film en lui-même, tourné entre "Tetsuo" et "Tetsuo 2", est moyen mais la façon dont il filme la verdure est tout à fait magnifique et très réminiscent de sa carrière future).

Enfin, pour parler de "Electric Dragon 80000 V", c'est la définition même du cinéma frappadingue: très fun à regarder et rapidement oublié. Mais, dans ce style-là, le film de Ishii est probablement un des plus riches et intrigants. Il faudrait sans doute que je refasse un visionnage. Cette évocation animale/mythologique dont tu parles m'interpelle.

Photonik a écrit:Au rayon BD, on s'attaque (enfin) à une sortie incontournable de ces dernières semaines, le "Sandman : Ouverture" de la dream-team Neil Gaiman/J.H. Williams III.


Pour moi, cette bd est très dure d'accès. Bien sûr, elle est visuellement à tomber par terre (bon, chez les dessinateurs habituels de la série, je préfère le style de Michael Zulli, mais c'est extrêmement subjectif). Mais, scénaristiquement, la série originelle avait une certaine immédiateté: on appréciait tout de suite l'histoire et ressentait de l'empathie pour les personnages (ce qui n’empêchait pas, bien sûr, des relectures ultérieures pour découvrir les subtilités du scénario).
"Overture", pour le coup, est plus aride d'accès, comme tu le disais. La première série, finalement, si elle parlait essentiellement de Morphée, focalisait sa narration sur les autres personnages, humains le plus souvent, et reflétait leurs doutes et leurs errements, créant une empathie (y compris pour des ordures, d'ailleurs). Du coup, quand le point de vue adopté est celui de Dream, l'identification est plus difficile. Et cela n'est pas aidé par la narration non-linéaire, bien sûr.
Ce n'est pas une critique, toutefois, mais il va me falloir plus de relectures.

Tori a écrit:Concernant Mushishi (je te conseille de jeter un oeil sur le manga, si tu en as l'occasio), tu parles de "gidai geki"... Il s'agit, en fait de jidai geki ("jidai" est à l'origine du mot "jedi", ça aide à se souvenir de la prononciation)... et signifie juste "drame d'époque" ("jidai" pour "époque", "geki" pour "drame"), et est, effectivement, l'équivalent du film en costumes, sauf que ça peut concerner aussi le théatre.

Concernant le sous-titre de Tetsuo : The iron man, tu indiques que c'est probablement un clin d'oeil à un certain super-héros de chez Marvel... Or, c'est juste la traduction de "Tetsuo" ! Plus exactement, "Tetsuo" est constitué des kanji pour "fer"/"métal" et pour "être humain de sexe masculin" (donc "garçon" ou "homme").
De plus, je ne sais plus à quel propos, tu parles d'une revue de manga appelée "Action comics", en disant que c'est probablement en hommage au célèbre Action comics américain... En fait, "Action comics" n'est pas le nom d'un magazine, mais celui d'une collection de mangas (de Futabasha), prépubliés dans le magazine "Manga Action"... tout comme les mangas issus du Shônen jump sont dans la collection "Jump comics" (et ceux issus de Margaret dans la collection "Margaret comics") chez Shûeisha...


Merci pour ces précisions. C'est très intéressant.

Photonik a écrit:- Et en musique cette semaine, ce sera :
"We Are The Darkeners", extrait de "Bronze", dernier album en date de Crippled Black Phoenix, "Electric Bunch", issu de la BO de "Electric Dragon 80 000 V" par le groupe MACH-1.67, "Tunnel", de JK Flesh alias Justin Broadrick sur l'album "Rise Above", et on termine en retrouvant les doomsters américains de Pallbearer pour le morceau "Worlds Apart"...!


Crippled Black Phoenix, je te rejoins: tous les groupes de Justin Greaves sont passionnants. Celui-là ne fait pas exception. Même si Iron Monkey reste son sommet, à mon sens (mais j'ai tendance à être partial envers tout ce qui est estampillé sludge, crust...).

JK Flesh, pas de surprises de la part de Broadrick: c'est très bon. Pas le genre de truc que j'écouterai en boucle mais ça fonctionne parfaitement quand je suis dans le bon état d'esprit. Sinon, je peux imaginer certains clubs diffusant ce genre de musique mais les services proposés par ces lieux seraient sans doute d'une nature assez originale.

Pallbearer, j'ai un peu la même impression que pour le reprise de Type O Negative: c'est bon mais il y a eu une telle explosion du doom metal ces dix dernières années que je me suis franchement lassé du genre. Ceci étant dit, il n'y a aucun doute sur le fait qu'ils font partie du haut du panier. Et la fin du morceau, effectivement plus sludge, passe mieux.

Avatar de Tori

Bon, ça y est, je suis à jour... Je vais faire quelques commentaires rapides :

Concernant Mushishi (je te conseille de jeter un oeil sur le manga, si tu en as l'occasio), tu parles de "gidai geki"... Il s'agit, en fait de jidai geki ("jidai" est à l'origine du mot "jedi", ça aide à se souvenir de la prononciation)... et signifie juste "drame d'époque" ("jidai" pour "époque", "geki" pour "drame"), et est, effectivement, l'équivalent du film en costumes, sauf que ça peut concerner aussi le théatre.

Concernant le sous-titre de Tetsuo : The iron man, tu indiques que c'est probablement un clin d'oeil à un certain super-héros de chez Marvel... Or, c'est juste la traduction de "Tetsuo" ! Plus exactement, "Tetsuo" est constitué des kanji pour "fer"/"métal" et pour "être humain de sexe masculin" (donc "garçon" ou "homme").
De plus, je ne sais plus à quel propos, tu parles d'une revue de manga appelée "Action comics", en disant que c'est probablement en hommage au célèbre Action comics américain... En fait, "Action comics" n'est pas le nom d'un magazine, mais celui d'une collection de mangas (de Futabasha), prépubliés dans le magazine "Manga Action"... tout comme les mangas issus du Shônen jump sont dans la collection "Jump comics" (et ceux issus de Margaret dans la collection "Margaret comics") chez Shûeisha...

Ah, et le groupe Jesus Lizard, il tire son nom du basilic, le lézard qui court sur l'eau ?

Le Doc a écrit:C'est vrai, tu causes pas mal de cinéma asiatique ces dernières semaines comme tu le mentionnes au début de l'émission...et c'est cool, pour ma part ça me permet d'apprendre pas mal de choses sur un cinoche et des réalisateurs que je connais très mal (voire pas du tout comme ici Sogo Ishii).

Et, régulièrement, tu parles de cinéastes que je connais peu (alors que je connais les références que tu cites)... Et c'est un cinéma qui me parle.

Je suis très en retard en ce qui concerne Sandman. En fait, je crois même que j'ai lu plus de romans de Gaiman que de bandes dessinées (et pourtant, je l'apprécie sur les deux supports, contrairement à pas mal d'avis exprimés ici)...

Je suis en retard également sur Sandman et, comme Le Doc, j'apprécie autant les deux versants de l'oeuvre de Gaiman.

Concernant la programmation musicale, comme d'habitude, je découvre plein de trucs ! ~___^

Tori.

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Merci pour ton retour, Doc, comme à l'accoutumée.

Rassure-toi, si je me tiens à mon programme (qui peut changer), la semaine prochaine tu devrais être en terrain un peu plus familier (en BD par exemple, on risque de causer de Steve Gerber... ça fait un moment que je voulais aborder son cas).

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque un moyen-métrage du cinéaste punk et nippon Sogo Ishii, à savoir le frappadingue "Electric Dragon 80 000 V". Baston survoltée et grosses guitares au programme...


C'est vrai, tu causes pas mal de cinéma asiatique ces dernières semaines comme tu le mentionnes au début de l'émission...et c'est cool, pour ma part ça me permet d'apprendre pas mal de choses sur un cinoche et des réalisateurs que je connais très mal (voire pas du tout comme ici Sogo Ishii).

- Au rayon BD, on s'attaque (enfin) à une sortie incontournable de ces dernières semaines, le "Sandman : Ouverture" de la dream-team Neil Gaiman/J.H. Williams III.


Je suis très en retard en ce qui concerne Sandman. En fait, je crois même que j'ai lu plus de romans de Gaiman que de bandes dessinées (et pourtant, je l'apprécie sur les deux supports, contrairement à pas mal d'avis exprimés ici)...

- Pour les séries télé, on cause vite fait de la saison 2 de "Ash Vs Evil Dead", la déclinaison télévisuelle des aventures de Ash Williams, le tueur de deadites.


Grrr...là aussi, je n'ai toujours pas vu la saison 1 (comme tu t'en doutes, je regarde plus de films que de séries depuis quelque temps). Il va vraiment falloir que je m'y mette un jour...

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"We Are The Darkeners", extrait de "Bronze", dernier album en date de Crippled Black Phoenix, "Electric Bunch", issu de la BO de "Electric Dragon 80 000 V" par le groupe MACH-1.67, "Tunnel", de JK Flesh alias Justin Broadrick sur l'album "Rise Above", et on termine en retrouvant les doomsters américains de Pallbearer pour le morceau "Worlds Apart"...!


Crippled Black Phoenix et Pallbearer, c'est juste excellent, du très bon son comme je l'aime.
Par contre, le morceau "Tunnel"...j'ai laissé tomber l'oreillette le temps qu'il soit terminé. Abrasif, c'est bien le mot... :mrgreen:

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Épisode 11 : Ash contre le Dragon Electrique et le Marchand de Sable

Où l'on cause enfin du "Sandman" tome zéro, après maints et maints reports...
Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque un moyen-métrage du cinéaste punk et nippon Sogo Ishii, à savoir le frappadingue "Electric Dragon 80 000 V". Baston survoltée et grosses guitares au programme...

- Au rayon BD, on s'attaque (enfin) à une sortie incontournable de ces dernières semaines, le "Sandman : Ouverture" de la dream-team Neil Gaiman/J.H. Williams III.

- Pour les séries télé, on cause vite fait de la saison 2 de "Ash Vs Evil Dead", la déclinaison télévisuelle des aventures de Ash Williams, le tueur de deadites.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"We Are The Darkeners", extrait de "Bronze", dernier album en date de Crippled Black Phoenix, "Electric Bunch", issu de la BO de "Electric Dragon 80 000 V" par le groupe MACH-1.67, "Tunnel", de JK Flesh alias Justin Broadrick sur l'album "Rise Above", et on termine en retrouvant les doomsters américains de Pallbearer pour le morceau "Worlds Apart"...!


"Darkened heart
Enlightened mind
Whole world apart
Remain entwined..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Ektah a écrit:Hé bé. Merci pour l'accueil. (...) Enfin, je suis bien content de vous rejoindre maintenant, en tous cas.



Un plaisir partagé, encore une fois.

Ektah a écrit:Pas franchement une grosse charge de travail.



Tant mieux, tant mieux. :wink:

Ektah a écrit:Bon, de mon point de vue, ça reste un détail. Le cœur serait plutôt la ville de Twin Peaks elle-même.



Je pense de même. Une des réussites du livre, c'est d'enrichir la "mythologie" du lieu et des persos (notamment ceux qui sont plutôt à l'arrière-plan dans la série, comme les frères Milford par exemple) sans rien déflorer du mystère. Frost dit en interview que c'est le point qui l'intéressait à travers ce travail : distinguer le secret du mystère. En gros, le mystère nous enveloppe, enrichit ou "magifie" nos vies, et le secret est instrumentalisé par des forces occultes, potentiellement néfastes.
J'avais trouvé cette distinction sous la plume de Guy Astic déjà (qui a eu du nez pour le coup, même s'il évoque "le mystère et l'énigme" quant à lui), et ça me semble assez lumineux.

Ektah a écrit:D'ailleurs, la série est très didactique pour comprendre comment une collaboration peut (ou pas) fonctionner: on a le moment où Lynch est aux manettes ("Fire Walk With Me"), le moment où c'est Frost (fin de la deuxième saison et "The secret history"), le moment où les deux ont plus ou moins laissé tomber (le ventre mou au milieu de la seconde saison) et le moment où le "Third Mind" a pu opérer (première saison et début de la seconde).



Oui, j'adhère assez à ce découpage (avec la petite exception du tout dernier épisode, où Lynch reprend le dessus manifestement).

Ektah a écrit:Il ne reste plus qu'à espérer que cette nouvelle saison qui arrive corresponde au dernier cas.



La façon dont les auteurs expliquent leur collaboration (co-écriture de tous les épisodes comme s'il s'agissait d'un grand film de 15 ou 16 heures ; ils ont rédigé un seul script, mastoc du coup, pour toute la saison) le laisse penser en tout cas.

Ektah a écrit:Bon, sinon, j'apprécie beaucoup Burroughs et Gysin mais "The third mind" est un des textes que je n'ai pas lu. Enfin, je crois que je vois ce qu'ils veulent dire.



Je pense que tu as très bien saisi, la notion en elle-même est simple à concevoir (l'idée que deux esprits collaborant produisent un troisième terme, qui n'est ni l'un ni l'autre ni l'addition des deux, mais encore autre chose).
Le produit de leur collaboration, beaucoup moins : avec la trilogie Nova et les textes rassemblés dans le recueil "Le Métro Blanc", c'est ce que Burroughs a produit de plus ardu, à mon sens.
Mais l'idée reste magnifique et porteuse.

Ektah a écrit:Il est certain que ce n'est pas du tout la même approche que pour le reste de tes chroniques: on est dans un cas où il faut que je sois assis à mon bureau, avec une écoute attentive, de préférence au casque, à prendre des notes et à souvent faire pause pour faire des recherches complémentaires sur le web.



Ah oui, tu m'as vraiment l'air rigoureux et organisé, dis-moi. :wink:

Ektah a écrit:En fait, je ne suis plus totalement sûr de mes souvenirs mais je crois que le manga et la série animée se placent volontairement dans un contexte intemporel. Il y a effectivement l'habillement de Ginko mais il me semble également me rappeler d'une séquence où on voit deux lumières rouges dans la forêt. On les identifie d'abord comme des yeux animaux mais elles se révèlent être des fusils à visée laser. Et tout ça dans un contexte qui, comme tu disais, se rapproche de la campagne à l'ère Meiji. Donc, oui, ça fait bizarre de dire ça mais la série est effectivement plus audacieuse que le film d'Otomo.

(...)

Par contre, il y a une deuxième saison, nommée "Mushishi, Next Passage" inédite en Europe, semble-t-il, mais qu'on peut trouver avec des sous-titres anglais. Elle est sortie des années après la première. Je ne l'ai pas encore vue.



Je ne connaissais pas l'existence de cette deuxième saison, mais il faut vraiment que je regarde la première, déjà ; ce que tu dis là est vraiment alléchant, de mon point de vue.

Ektah a écrit:Je connais et apprécie la quasi-totalité des musiques diffusées dans Tumatxa.



C'est suffisamment rare pour être relevé. :wink:

Ektah a écrit:En tous cas, ton appréciation de ses films des 70's m'interpelle (d'autant que j'ai des dvds de "3 Women" et "McCabe & Mrs Miller" qui accumulent la poussière depuis des années). Je vais probablement m'envoyer tout ça dans les semaines qui viennent.



Je te conseille vraiment chaudement "3 Women", le meilleur Altman que j'ai vu et un des grands films sous-estimés des seventies à mon humble avis.

Ektah a écrit:Du même Richard Loncraine, j'ai entendu de bonnes choses de "Pierre qui brûle". Vous l'avez vu ?



Non plus, et je crois bien (faudrait que je vérifie) que "Le Cercle Infernal" est le seul film de Loncraine que j'ai vu...


Ektah a écrit:Pareil, "Satan, mon amour" est dans ma liste des films à voir depuis des années. En fait, le film a beau être américain, j'ai un peu tendance à le classer dans cette ligne de films britanniques à thématique satanique/paganiste de la même époque



Il y a de ça (même si je n'ai pas vu tous les films que tu évoques), mais dans un contexte plus urbain quand même, quand les autres films que tu cites sont plutôt "folk-horror" dans l'esprit, il me semble, et donc au moins en partie ruraux.

Ektah a écrit:Au passage, il n'est pas impossible que vous connaissiez déjà, mais toute la série des conférences de Thoret au Centre des arts d'Enghien est hautement recommandable.


Je pense avoir vu, à une ou deux exceptions près, toutes ses conférences dans ce cadre (ou au Forum des Images). Si je trouve Thoret inégal quand il écrit, je le trouve extrêmement convaincant à l'oral ; je déplore son départ de "Mauvais Genres", d'ailleurs.

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Le Doc a écrit:
Ektah a écrit:Du même Richard Loncraine, j'ai entendu de bonnes choses de "Pierre qui brûle". Vous l'avez vu ?


Son film avec Sting ? Non...

J'ai juste vu Le Cercle Infernal, sa version de Richard III (pas vu depuis sa sortie, mais je me rappelle d'une transposition très intéressante dans une Angleterre "alternative" des années 30) et des films plus récents (et moins mémorables ceux-là) comme la comédie romantico-sportive La Plus belle victoire avec Kirsten Dunst et le thriller Firewall avec Harrison Ford.

Et pas de vouvoiement ici...tu es le bienvenu, on se tutoie, Nom de Zeus ! :wink:


Oh oui, je suis parti du principe que je tutoyais tout le monde. Mais le "vous" venait du fait que je m’adressais aussi bien à toi qu'à Photonik ou à tout le monde dans l'assemblée. C'est vrai que, vu que c'était dans le cadre d'une réponse à ton message, il y avait une ambiguïté (assez typique des discussions sur le net).

Ah oui, j'avais oublié qu'il avait aussi fait cette adaptation de Richard III. Pas beaucoup de souvenirs de celle-là, pour être honnête. Mais je l'avais aussi vu à sa sortie. Ça commence à dater.

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Ektah a écrit:Du même Richard Loncraine, j'ai entendu de bonnes choses de "Pierre qui brûle". Vous l'avez vu ?


Son film avec Sting ? Non...

J'ai juste vu Le Cercle Infernal, sa version de Richard III (pas vu depuis sa sortie, mais je me rappelle d'une transposition très intéressante dans une Angleterre "alternative" des années 30) et des films plus récents (et moins mémorables ceux-là) comme la comédie romantico-sportive La Plus belle victoire avec Kirsten Dunst et le thriller Firewall avec Harrison Ford.

Et pas de vouvoiement ici...tu es le bienvenu, on se tutoie, Nom de Zeus ! :wink:

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Photonik a écrit:Putain, Ektah, je peux pas te dire à quel point je suis ravi de te retrouver sur ce fil de discussion. Je suis un peu nul pour les mails et les réseaux sociaux.
Je me doutais bien que c'était par ce biais que tu te tenais au courant (vu que c'est le seul moyen, en fait :wink: ) mais je ne t'avais pas vraiment posé la question...
Vraiment heureux, en tout cas.


Hé bé. Merci pour l'accueil. Ça fait toujours plaisir de se savoir le bienvenu.

En fait, dans les premières semaines où je me suis mis à archiver Tumatxa, je n'étais pas au courant de l'existence de ce thread. Donc, je me contentais de passer 1 ou 2 fois par semaine sur le site de Xiberoko Botza pour vérifier s'il y avait un nouvel épisode. Et, concernant les tags des sujets abordés, je les inscrivais au fur et à mesure de mon écoute. C'était un peu lourd, pour être honnête. Donc, la découverte de ce forum a été une bonne surprise.

Et la seule raison pour laquelle je ne me suis pas manifesté plus tôt est également le fait que je suis assez peu porté sur le web social (malgré ma présence sur Facebook). Enfin, je suis bien content de vous rejoindre maintenant, en tous cas.

Photonik a écrit:Et je te renouvelle ici mes remerciements pour ça !! Je n'ai malheureusement pas eu la patience et la rigueur nécessaire pour le faire, et tu as pallié à ce manque.


Oh, il n'y a pas de problèmes. Vu que c'est mon travail (je suis archiviste également dans la vie, comme j'ai dû te le dire), ça me prend grand maximum 15 minutes par épisode, en plus de l'écoute que j'aurais de toute façon faite par plaisir. Pas franchement une grosse charge de travail.

Photonik a écrit:J'ai dû le deviner (ou tout du moins le suspecter fortement) à peu près à mi-parcours pour ma part, principalement du fait de la thématique dominante du bouquin, à l'importance inversement proportionnelle à sa place dans la série (très discrète) mais connectée à ce personnage en particulier.
Donc oui, je peux comprendre que tu le considères comme un écueil (surtout si tu l'as vu venir de si loin), mais pour ma part j'avoue que ça ne m'a pas gêné.


Bon, de mon point de vue, ça reste un détail. Ça ne m'a pas empêché d'apprécier cette lecture. De toute façon, comme tu disais, des personnages dans le casting de la série susceptibles de tenir le rôle de l'Archiviste, il n'y en a pas cinquante. Comme ça, j'en vois quatre grand max. Finalement, je pense que le principal mystère du livre ne se situe pas là. Le cœur serait plutôt la ville de Twin Peaks elle-même.

Photonik a écrit:Je mettrais un bémol à ta remarque sur le sérieux papal du livre ; il me semble à moi que se glissent ici ou là quelques éléments d'un humour pince-sans-rire auquel la série n'est pas étrangère, elle non plus (mais je n'ai évidemment pas, con de moi, d'exemples à te fournir sur le coup)...
Mais c'est peut-être moi qui y vois ces touches quand elles n'y sont peut-être pas.


Non non. C'est juste que, lorsque j'ai écrit ces lignes, j'en était encore aux histoires entre Chief Joseph et l'expédition Lewis and Clarke, le sujet se prêtant assez peu à la gaudriole. J'ai bien vu que, par la suite, lorsqu'on rejoint les personnages emblématiques de la série, l'humour qui les caractérise revient aussi. Je n'en suis pas encore là mais j'ai cru remarquer, en feuilletant le livre, une ballade romantique écrite par Hawk à propos de Big Ed, Norma et Nadine. Je vois mal comment un tel texte pourrait être traité sérieusement.

Photonik a écrit:Ah merci pour ça aussi, je vais me jeter là-dessus.
Je considère moi aussi que "Twin Peaks" est une entité bicéphale à part entière, il ne faut évidemment surtout pas minimiser les apports de Frost ici. On pourrait même presque dire, en reprenant le concept du "Third Mind" cher à William Burroughs et Brion Gysin, que la série est en fait le fruit d'un troisième esprit, produit de la collaboration entre Lynch et Frost.
D'ailleurs, quand l'un ou l'autre manque à l'appel (Lynch n'a même pas lu "L'Histoire secrète de Twin Peaks" et Frost n'a pas souhaité travailler sur "Fire Walk With Me", le film-prologue), "Twin Peaks" change sensiblement de saveur, même si le résultat est toujours passionnant.


Effectivement, la relation entre Frost et Lynch (et ABC en arrière-plan) a parfois été fusionnelle, parfois opposée, et constitue une belle illustration du "Third Mind".
D'ailleurs, la série est très didactique pour comprendre comment une collaboration peut (ou pas) fonctionner: on a le moment où Lynch est aux manettes ("Fire Walk With Me"), le moment où c'est Frost (fin de la deuxième saison et "The secret history"), le moment où les deux ont plus ou moins laissé tomber (le ventre mou au milieu de la seconde saison) et le moment où le "Third Mind" a pu opérer (première saison et début de la seconde). Il ne reste plus qu'à espérer que cette nouvelle saison qui arrive corresponde au dernier cas.

Bon, sinon, j'apprécie beaucoup Burroughs et Gysin mais "The third mind" est un des textes que je n'ai pas lu. Enfin, je crois que je vois ce qu'ils veulent dire.

Photonik a écrit:Tu peux pas savoir à quel point ton retour sur ce point me fait plaisir ; je remarque, et je le comprends car l'exercice est ardu pour l'auditeur, que les chroniques portant sur la philo (le plus souvent signées par mon camarade Thomas, fraîchement agrégé de philo le bougre) sont assez "difficiles" à digérer et donc à apprécier. Si de ton côté tu as pu y trouver ton compte à toi, j'en suis vraiment ravi.


Il est certain que ce n'est pas du tout la même approche que pour le reste de tes chroniques: on est dans un cas où il faut que je sois assis à mon bureau, avec une écoute attentive, de préférence au casque, à prendre des notes et à souvent faire pause pour faire des recherches complémentaires sur le web. En fait, c'est le genre d'études qu'il faut faire pour tout document de nature scientifique (que ce soit de sciences humaines, sociales ou abstraites). Une simple écoute, en général, ne suffit pas (pour moi, en tous cas). Après, avoir envie de se taper tout ce processus ou pas, c'est personnel...

Photonik a écrit:Oui, j'ai lu des retours vraiment élogieux sur la série animée (qui ne comprend qu'une seule saison, faudrait que je me laisse tenter).
C'est une œuvre qui a l'air vraiment singulière, plus que le film d'Otomo il me semble. Par exemple, le perso principal y est vêtu de manière contemporaine "à l'occidentale", quand le récit se déroule il y a plus d'un siècle au Japon. Il paraît que l'auteur a tout simplement décidé de conserver le design original du perso, lorsqu'il pensait que le récit serait ancré dans l'époque contemporaine. J'aime beaucoup ce genre de petites audaces bizarres.


En fait, je ne suis plus totalement sûr de mes souvenirs mais je crois que le manga et la série animée se placent volontairement dans un contexte intemporel. Il y a effectivement l'habillement de Ginko mais il me semble également me rappeler d'une séquence où on voit deux lumières rouges dans la forêt. On les identifie d'abord comme des yeux animaux mais elles se révèlent être des fusils à visée laser. Et tout ça dans un contexte qui, comme tu disais, se rapproche de la campagne à l'ère Meiji. Donc, oui, ça fait bizarre de dire ça mais la série est effectivement plus audacieuse que le film d'Otomo. Par contre, ce dernier est sans doute un peu plus maîtrisé. La lenteur de la série est quelque chose qui est annoncé d'entrée de jeu et participe à l'onirisme de l’œuvre mais il y a quelques épisodes où l'ambiance finit par en souffrir, à mon avis. Enfin, c'est très subjectif comme impression.

Par contre, il y a une deuxième saison, nommée "Mushishi, Next Passage" inédite en Europe, semble-t-il, mais qu'on peut trouver avec des sous-titres anglais. Elle est sortie des années après la première. Je ne l'ai pas encore vue.

Photonik a écrit:Décidément, on est sur la même longueur d'ondes. :wink:


Oh, ce n'est qu'un début. Il me semble que nous avons à peu près le même âge et nous devons avoir un trajet musical assez similaire. Je connais et apprécie la quasi-totalité des musiques diffusées dans Tumatxa. Même lorsque tu te lâches avec des trucs noisy comme Naked City ou Prurient (pour prendre deux exemples au hasard), ce sont déjà des choses avec lesquelles je suis familier et que je peux apprécier (à petites doses...).

Pour ce qui est des Jesus Lizard, je reste un inconditionnel de l'album "Goat", et un peu moins du reste. Mais cette chanson en particulier reste très accrocheuse. Et, comme disait Thomas, c'est probablement le sommet de ce disque que je trouve, sinon, plutôt oubliable.

Concernant Meshuggah, on dira juste que je suis suffisamment fan pour considérer que même un disque secondaire (et assez redondant, c'est vrai) reste à des années-lumières de la production discographique habituelle.

Photonik a écrit:Encore merci pour ton travail, tu es l'authentiques Archiviste pour le coup. :wink:


Ben oui, c'est quasiment mon sacerdoce. Je suis juste content de le faire pour une création que j'apprécie. :wink:

Le Doc a écrit:Je n'ai pas vu beaucoup de films de Robert Altman. J'ai vu M.A.S.H., j'ai vu Popeye (chroniqué dans les colonnes du ciné-club), j'ai vu The Player (son film choral sur le monde du cinéma, intéressant mais inégal) et un ou deux autres plus oubliables (comme Dr T. et les femmes).
Ton évocation de ses premières œuvres flirtant avec le fantastique m'a intrigué...


Pareil. Sur Altman, je dois bien avouer ma méconnaissance. J'avais vu et apprécié "Short Cuts" à sa sortie mais c'est trop lointain. Je ne m'en souviens presque plus. Plus récemment, j'ai beaucoup aimé "The Last Show" et "MASH" mais tout le reste m'est parfaitement inconnu. En tous cas, ton appréciation de ses films des 70's m'interpelle (d'autant que j'ai des dvds de "3 Women" et "McCabe & Mrs Miller" qui accumulent la poussière depuis des années). Je vais probablement m'envoyer tout ça dans les semaines qui viennent.

Le Doc a écrit:Oui, j'aime beaucoup Le Cercle Infernal de Richard Loncraine (d'après le roman Julia de Peter Straub)...très beau film, très marquant (j'ai encore des scènes en mémoire, comme celle de la mort à l'origine du trauma du personnage joué par Mia Farrow, alors que ma dernière vision du film remonte à une dizaine d'années).


Du même Richard Loncraine, j'ai entendu de bonnes choses de "Pierre qui brûle". Vous l'avez vu ?

Le Doc a écrit:Par contre, je connais Satan, mon amour mais je ne l'ai pas encore vu...


Pareil, "Satan, mon amour" est dans ma liste des films à voir depuis des années. En fait, le film a beau être américain, j'ai un peu tendance à le classer dans cette ligne de films britanniques à thématique satanique/paganiste de la même époque, à la manière de "The Devil Rides Out", "Une fille pour le diable" (En considérant que la fille en question est interprétée par Nastassja Kinski, ce titre a une certaine résonance) ou "Requiem for a Village", dans un style qui est en train de faire de retour en ce moment, il me semble, avec des films comme "The witch", "Kill List" et consorts. Après, n'ayant pas vu le film, peut-être que je me fais une idée fausse de son ton.

calvinball a écrit:
Photonik a écrit:Aussitôt dit, aussitôt fait !!
(c'est pas un lien Youtube mais Dailymotion)

http://www.dailymotion.com/video/xaxwl7 ... shortfilms


miam !

merci ;)


Au passage, il n'est pas impossible que vous connaissiez déjà, mais toute la série des conférences de Thoret au Centre des arts d'Enghien est hautement recommandable. C'est un soulagement qu'il n'ait pas été tué le jour du massacre à Charlie Hebdo.

https://www.youtube.com/user/Cine70s/videos

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Photonik a écrit:Il faudrait que je remette la main sur une vidéo de Jean-Baptiste Thoret, qui traîne sur Youtube, où il expose de manière très abordable et didactique les thèses de Deleuze sur le cinéma, en liant ça via de nombreux exemples à l'histoire du cinéma, justement.

Et bien si tu retrouves ça je serai curieux de mettre une oreille dessus !
J'ai quelques émissions de retard aussi mais j'ai écouté cette dernière avec bonheur. Notamment la partie de Thomas qui, malgré sa densité, était tout a fait intéressante. J'ai toujours un peu de mal à franchir le pas dans les textes d'analyses, un peu comme le Doc je préfère les histoires sur les films. Ceci-dit, mis en lumière de cette manière et placé dans le contexte de l'histoire de la philosophie et de celle du cinéma c'est très intéressant ! Et assez fascinant aussi de savoir que Bergson s'est penché sur la question quelques années à peine après la naissance du cinéma, pour en avoir élaborer des réflexions qui trouvent encore écho aujourd'hui !
Bon je pense qu'une seconde écoute sera pas de trop pour digérer tout ça...

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Tori a écrit:Plus anciennement, il y a eu adaptation de James Bond en comics, au Royaume-Uni (logique, en même temps)

Tori.


Effectivement ça semble assez logique ; je n'en avais jamais entendu parler de mon côté, merci pour cette précision, comme d'hab'.

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Marko a écrit:Dans la vaste filmo d'Altman, celui qui a ma préférence doit sans doute être "The Long Goodbye", une des meilleures adaptations de Chandler, et que l'on peut aisément considérer comme le précurseur de films tels que "The Big Lebowski" et "Inherent Vice".


J'ai justement prévu de le voir (car je ne le connais pas pour l'instant) ces jours-ci ; il faudra bien que je fasse un sort similaire de "John McCabe", un des ces quatre...

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J'ai trois (ou quatre ?) émissions de retard, mais j'ai lu un article récemment qui m'a remémoré un bout de sujet abordé ici...

Photonik a écrit:
n.nemo a écrit: j'ai cru t entendre dire qu'il n'y avait pas eu de comics james bond avant la série actuelle. Si c'est bien ce que tu as dit, ce qui m'étonnerait quand même, j'ai souvenir d'une très bonne mini que je conseille, chez dark horse je crois bien (qui d'autre ?), façon film et pas livre, avec un gulacy au top, .



J'ai peut-être bien dit ça mais je crois avoir rectifié de suite en précisant que je ne connaissais aucun antécédent. Car à la réflexion, il est hautement improbable, même si on est mal rencardé comme moi sur le coup, qu'il n'y ait pas eu de comics James Bond avant ce titre chez Dynamite...
Je le note pour le titre Dark Horse, même si je connais pas bien Gulacy.


Plus anciennement, il y a eu adaptation de James Bond en comics, au Royaume-Uni (logique, en même temps) :
Il s'agissait d'adaptation des romans de Fleming en strips dans le Daily Express.
D'abord dessinés par John McLusky (avec différents auteurs au scénario, mais principalement Henrry Gammidge) dès 1958.
À partir de 1966, la relève fut assurée par Jim Lawrence au scénario et Larry Horak au dessin.
Image

Tori.

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Photonik a écrit:Je pense que tu connais et apprécie certains fleurons américains du fantastique "intimiste" des années 70, à la fibre féministe pour le dire très vite (comme "Le Cercle Infernal" par exemple, ou "Satan, mon amour" pour prendre un exemple moins connu)


Oui, j'aime beaucoup Le Cercle Infernal de Richard Loncraine (d'après le roman Julia de Peter Straub)...très beau film, très marquant (j'ai encore des scènes en mémoire, comme celle de la mort à l'origine du trauma du personnage joué par Mia Farrow, alors que ma dernière vision du film remonte à une dizaine d'années).

Par contre, je connais Satan, mon amour mais je ne l'ai pas encore vu...

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Dans la vaste filmo d'Altman, celui qui a ma préférence doit sans doute être "The Long Goodbye", une des meilleures adaptations de Chandler, et que l'on peut aisément considérer comme le précurseur de films tels que "The Big Lebowski" et "Inherent Vice".
Et il y a aussi son fameux western :

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Fsf-ClMX5ms[/youtube]

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Comme d'habitude, merci pour ton assiduité sans failles...

Le Doc a écrit:Je n'ai pas vu beaucoup de films de Robert Altman.
Ton évocation de ses premières oeuvres flirtant avec le fantastique m'a intrigué...


Je pense que tu connais et apprécie certains fleurons américains du fantastique "intimiste" des années 70, à la fibre féministe pour le dire très vite (comme "Le Cercle Infernal" par exemple, ou "Satan, mon amour" pour prendre un exemple moins connu) ; la trilogie informelle de Robert Altman que je signale avec "That Cold Day In The Park", "Images" et "Three Wowen" devrait être en mesure de t'intéresser par ses thématiques, même si elle ne fait que flirter, très intelligemment, avec le fantastique.

Le Doc a écrit:Disons que je suis toujours plus passionné par l'Histoire des films que par cette façon d'appréhender et d'analyser le cinéma...


Il faudrait que je remette la main sur une vidéo de Jean-Baptiste Thoret, qui traîne sur Youtube, où il expose de manière très abordable et didactique les thèses de Deleuze sur le cinéma, en liant ça via de nombreux exemples à l'histoire du cinéma, justement.

Le Doc a écrit:Pas mal du tout, The Jesus Lizard.


Oui, c'est très chouette. Je connais mal pour ma part, mais je suis par contre très fan de Tomahawk, l'autre groupe du guitariste Duane Denison (avec l'hyperactif Mike Patton au chant).

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, j'évoque un titre peu connu de la filmo du prolifique et versatile Robert Altman, avec "Images" (1972), deuxième volet d'une trilogie informelle passionnante et étrange cachée au coeur de son oeuvre.


Je n'ai pas vu beaucoup de films de Robert Altman. J'ai vu M.A.S.H., j'ai vu Popeye (chroniqué dans les colonnes du ciné-club), j'ai vu The Player (son film choral sur le monde du cinéma, intéressant mais inégal) et un ou deux autres plus oubliables (comme Dr T. et les femmes).
Ton évocation de ses premières oeuvres flirtant avec le fantastique m'a intrigué...

Tu peux pas savoir à quel point ton retour sur ce point me fait plaisir ; je remarque, et je le comprends car l'exercice est ardu pour l'auditeur, que les chroniques portant sur la philo (le plus souvent signées par mon camarade Thomas, fraîchement agrégé de philo le bougre) sont assez "difficiles" à digérer et donc à apprécier.


Je l'avoue, je suis allé jusqu'au bout mais j'ai du l'écouter en deux fois...et j'ai vite été perdu. Disons que je suis toujours plus passionné par l'Histoire des films que par cette façon d'appréhender et d'analyser le cinéma...

"Nostrum", extrait de "The Violent Sleep of Reason", dernier album en date des suédois tarés de Meshuggah, "Good Riddance", issu de l'album "Shot" des noise-rockers de The Jesus Lizard, "Freeze", de LFO sur leur album "Frequencies", et on termine en retrouvant pour la deuxième semaine d'affilée Type O Negative, qui reprend à sa manière inimitable l'hymne de Black Sabbath "Paranoid"...!


Pas mal du tout, The Jesus Lizard. Je ne connaissais pas et j'ai trouvé le morceau très réussi, très prenant. Pour Type O Negative, tu connais déjà mon avis, c'est une super reprise.

Les deux autres titres...ne sont pas pour moi... :wink:

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Ektah a écrit:Salut, tout le monde. Je sors un peu de l'ombre pour faire coucou.


Putain, Ektah, je peux pas te dire à quel point je suis ravi de te retrouver sur ce fil de discussion. Je suis un peu nul pour les mails et les réseaux sociaux.
Je me doutais bien que c'était par ce biais que tu te tenais au courant (vu que c'est le seul moyen, en fait :wink: ) mais je ne t'avais pas vraiment posé la question...
Vraiment heureux, en tout cas.

Ektah a écrit:Et, du coup, me rendant compte qu'il n'y avais pas de service d'archives, j'avais commencé à les sauvegarder puis à les mettre en ligne, avec la permission de Photonik.


Et je te renouvelle ici mes remerciements pour ça !! Je n'ai malheureusement pas eu la patience et la rigueur nécessaire pour le faire, et tu as pallié à ce manque.

Ektah a écrit:Donc, si jamais quelqu'un cherche les vieux épisodes (enfin, ceux que j'ai sauvegardé depuis ma découverte de ces chroniques... il y en a un paquet qui sont perdus avant ça, j'en ai peur), ils sont là:
https://drive.google.com/drive/folders/0BzIvDJWF_DWaNUxPNHFoZTZJN0k


J'avais mis un lien vers tes archives en page 51, mais il ne me semble pas inutile de le faire remonter...
Je ferai remonter régulièrement le lien dorénavant, tiens.

Ektah a écrit:La comparaison que tu fais avec "House of Leaves" est tout à fait pertinente mais le livre m'a plus encore fait penser à "The Wild Palms Reader", qui a une approche assez similaire à celle de Frost mais concernant "Wild Palms", soit une compilation d'articles de provenances variées destinée à préciser le monde présenté dans la série et, surtout, son histoire.


Très intéressant, ça.
Comme tu le sais, j'ai abordé le cas de "Wild Palms" (la série) il y a quelques mois ; en me renseignant, j'ai eu vent de ce livre et l'approche choisie que tu résumes ici m'avait interpellé. Ce que tu en dis là renouvelle en tout cas mon intérêt pour cet ouvrage, ça m'a l'air très original et alléchant, tout ça, sans même prendre en compte le casting convoqué, impressionnant.



Ektah a écrit:Pour en revenir à Mark Frost, un mini-reproche que je pourrais faire à son "Histoire secrète" est le fait que j'avais deviné quasiment tout de suite qui était l'archiviste: ce personnage a des maniérismes très reconnaissables dans sa façon de s'exprimer. Et j'ai vérifié en allant à la fin du livre: je ne m'étais pas trompé. Je pense que les fans hardcore de "Twin Peaks" n'auront aucune difficulté pour percer ce mystère-là. Ceci étant dit, le projet central du livre, soit la volonté d'enrichir le monde fonctionne bien et rend la lecture très addictive. Pour l'instant, j'apprécie bien.


J'ai dû le deviner (ou tout du moins le suspecter fortement) à peu près à mi-parcours pour ma part, principalement du fait de la thématique dominante du bouquin, à l'importance inversement proportionnelle à sa place dans la série (très discrète) mais connectée à ce personnage en particulier.
Donc oui, je peux comprendre que tu le considères comme un écueil (surtout si tu l'as vu venir de si loin), mais pour ma part j'avoue que ça ne m'a pas gêné.

Je mettrais un bémol à ta remarque sur le sérieux papal du livre ; il me semble à moi que se glissent ici ou là quelques éléments d'un humour pince-sans-rire auquel la série n'est pas étrangère, elle non plus (mais je n'ai évidemment pas, con de moi, d'exemples à te fournir sur le coup)...
Mais c'est peut-être moi qui y vois ces touches quand elles n'y sont peut-être pas. Le livre demeure en tout cas, comme tu le dis, très addictif une fois entamé.

Ektah a écrit:Et, en complément à tout cela, un pote m'a envoyé les liens de cette série d'analyses vidéos de la série:
http://welcometotwinpeaks.com/video/journey-through-twin-peaks-essay/


Ah merci pour ça aussi, je vais me jeter là-dessus.
Je considère moi aussi que "Twin Peaks" est une entité bicéphale à part entière, il ne faut évidemment surtout pas minimiser les apports de Frost ici. On pourrait même presque dire, en reprenant le concept du "Third Mind" cher à William Burroughs et Brion Gysin, que la série est en fait le fruit d'un troisième esprit, produit de la collaboration entre Lynch et Frost.
D'ailleurs, quand l'un ou l'autre manque à l'appel (Lynch n'a même pas lu "L'Histoire secrète de Twin Peaks" et Frost n'a pas souhaité travailler sur "Fire Walk With Me", le film-prologue), "Twin Peaks" change sensiblement de saveur, même si le résultat est toujours passionnant.

Ektah a écrit:Merci pour ça. J'ai toujours eu les plus grandes difficultés à appréhender Deleuze. Je pense que votre discussion, et notamment la rétrospective au début, va probablement beaucoup m'aider. Notamment la place centrale que vous donnez à "Mille Plateaux" est sans doute un bon indice.


Tu peux pas savoir à quel point ton retour sur ce point me fait plaisir ; je remarque, et je le comprends car l'exercice est ardu pour l'auditeur, que les chroniques portant sur la philo (le plus souvent signées par mon camarade Thomas, fraîchement agrégé de philo le bougre) sont assez "difficiles" à digérer et donc à apprécier. Si de ton côté tu as pu y trouver ton compte à toi, j'en suis vraiment ravi.


Ektah a écrit:J'ai bien aimé sa version de "Mushishi" mais, pour moi, la version définitive serait plutôt la série animée. J'ai aussi lu les mangas qui, étonnamment, malgré leur grande similitude d'avec les dessins animés, fonctionnent beaucoup moins bien.


Oui, j'ai lu des retours vraiment élogieux sur la série animée (qui ne comprend qu'une seule saison, faudrait que je me laisse tenter).
C'est une oeuvre qui a l'air vraiment singulière, plus que le film d'Otomo il me semble. Par exemple, le perso principal y est vêtu de manière contemporaine "à l'occidentale", quand le récit se déroule il y a plus d'un siècle au Japon. Il paraît que l'auteur a tout simplement décidé de conserver le design original du perso, lorsqu'il pensait que le récit serait ancré dans l'époque contemporaine. J'aime beaucoup ce genre de petites audaces bizarres.

Ektah a écrit:Et, musicalement, ça fait plaisir de réentendre parler de Type O Negative.


Décidément, on est sur la même longueur d'ondes. :wink:

Encore merci pour ton travail, tu es l'authentiques Archiviste pour le coup. :wink:
Au plaisir de te retrouver ici pour des échanges que j'imagine déjà très fructueux. Tu verras que l'on croise ici des gens de bien.

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Merci, Jack!. Au plaisir de causer de tout ça avec vous !

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Mazette ! Bienvenida Ektah !

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Salut, tout le monde. Je sors un peu de l'ombre pour faire coucou. J'utilise ce fil de discussion depuis quelques années pour me tenir au courant de la sortie des nouveaux épisodes de Tumatxa car c'est moi qui m'occupe de la mise en ligne des archives de l'émission. A la base, j'en avais entendu parler par Pacôme Thiellement lors de la critique de son livre "Pop Yoga". Et, du coup, me rendant compte qu'il n'y avais pas de service d'archives, j'avais commencé à les sauvegarder puis à les mettre en ligne, avec la permission de Photonik.

Donc, si jamais quelqu'un cherche les vieux épisodes (enfin, ceux que j'ai sauvegardé depuis ma découverte de ces chroniques... il y en a un paquet qui sont perdus avant ça, j'en ai peur), ils sont là:
https://drive.google.com/drive/folders/0BzIvDJWF_DWaNUxPNHFoZTZJN0k

Photonik a écrit:Au rayon littérature, on évoque "L'Histoire secrète de Twin Peaks", signé par l'un des co-auteurs de la série, Mark Frost, qui nous propose ici un apéritif idéal avant la diffusion de la très attendue saison 3 de la meilleure série de tous les temps (avec deux ou trois autres...).


Je vais en profiter pour faire le lien entre deux de tes chroniques. La comparaison que tu fais avec "House of Leaves" est tout à fait pertinente mais le livre m'a plus encore fait penser à "The Wild Palms Reader", qui a une approche assez similaire à celle de Frost mais concernant "Wild Palms", soit une compilation d'articles de provenances variées destinée à préciser le monde présenté dans la série et, surtout, son histoire. La différence, par contre, réside dans le fait que chaque article est écrit par un auteur différent et pas par n'importe qui: Lemmy, Laibach, Genesis P. Orridge, Norman Spinrad (que tu évoquais aussi, il y a quelques semaines), William Gibson bien sûr, et bien d'autres, le tout sous la direction de Bruce Wagner.

Une autre différence est le ton employé: le livre de Twin Peaks est désespérément sérieux (enfin, pour ce que j'en ai vu pour l'instant: j'en ai lu une cinquantaine de pages), alors que celui de Wild Palms a un coté un peu plus sarcastique qui m'amuse beaucoup. J'ai beaucoup ri, par exemple, devant la page présentant les programmes tv fictionnels de ce monde. Ils s'amusent même à casser le quatrième mur de bien étrange manière: par exemple, il semblerait que le personnage fictif Tony Kreutzer ait eu une affaire avec Kim Cattrall, c'est à dire l'actrice réelle qui, dans la série, interprète Paige Katz, qui est également la maîtresse de Kreutzer. C'est ce genre de jeux qui me fait adorer ce bouquin. Aussi, il y a les paroles d'une chanson fictionnelle de Motörhead écrites par Lemmy.

Si vous avez l'occasion de mettre la main dessus, que vous lisez l'anglais et que vous appréciez "Wild Palms" (par contre, c'est important de se souvenir de la série pour apprécier le livre), je pense que vous devriez jeter un coup d’œil dessus. En fait, plus le temps passe, plus je préfère le livre à l’œuvre dont il est issu.

Pour en revenir à Mark Frost, un mini-reproche que je pourrais faire à son "Histoire secrète" est le fait que j'avais deviné quasiment tout de suite qui était l'archiviste: ce personnage a des maniérismes très reconnaissables dans sa façon de s'exprimer. Et j'ai vérifié en allant à la fin du livre: je ne m'étais pas trompé. Je pense que les fans hardcore de "Twin Peaks" n'auront aucune difficulté pour percer ce mystère-là. Ceci étant dit, le projet central du livre, soit la volonté d'enrichir le monde fonctionne bien et rend la lecture très addictive. Pour l'instant, j'apprécie bien.

Et, en complément à tout cela, un pote m'a envoyé les liens de cette série d'analyses vidéos de la série:
http://welcometotwinpeaks.com/video/journey-through-twin-peaks-essay/
Il y a une bonne dose de subjectivité dans ce qu'il raconte, notamment dans les liens qu'il tisse avec d'autres films et dans les préoccupations spirituelles des deux créateurs de la série, mais certaines idées font parfaitement sens. Je n'avais pas fait le rapprochement avec la théosophie jusqu'ici mais il me semble maintenant indéniable, cela étant encore confirmé par le livre de Frost. Et le fait que la série est une entité bicéphale me semble vrai aussi (ce qu'on a tendance à oublier à cause de la célébrité de Lynch).
Donc, on peut penser ce qu'on veut de ces analyses mais elles restent intéressantes, à mon avis.

Photonik a écrit:- Au rayon littérature/philo (et aussi ciné, pour le coup), Thomas s'attaque à un gros morceau, incontournable dans le cadre des études cinématographiques de ces trente dernières années, avec le "Cinéma 1 : l'image-mouvement" de Gilles Deleuze.


Merci pour ça. J'ai toujours eu les plus grandes difficultés à appréhender Deleuze. Je pense que votre discussion, et notamment la rétrospective au début, va probablement beaucoup m'aider. Notamment la place centrale que vous donnez à "Mille Plateaux" est sans doute un bon indice.

Photonik a écrit:- Pour le cinéma, c'est double portion de frites, avec non pas un mais deux films, "World Apartment Horror" et "Mushishi", signés par le génie de la BD et de l'animation nipponnes, le grand Katsuhiro Otomo, qui réalise là ses deux seuls films "live".


J'ai bien aimé sa version de "Mushishi" mais, pour moi, la version définitive serait plutôt la série animée. J'ai aussi lu les mangas qui, étonnamment, malgré leur grande similitude d'avec les dessins animés, fonctionnent beaucoup moins bien.

Et, musicalement, ça fait plaisir de réentendre parler de Type O Negative.

Avatar de Photonik

Aaaah, "Wolf Moon" : autre grand moment de leur répertoire, comme l'ensemble de leur album "October Rust" d'ailleurs...

Au sujet des reprises, il faut signaler que le groupe a toujours excellé dans cet exercice, signant des "covers" à la fois identifiables mais totalement réappropriées aussi.
A ce titre j'adore leur "Summer Breeze" emprunté au groupe de soft-rock Seals and Crofts (la version de Type O servait de générique au premier "Souviens-toi l'été dernier", un néo-slasher post-"Scream"), et l'excellent "Cinnamon Girl" initialement signé par Neil Young. Ils ont même inclus dans leur cinquième album "World Coming Down" un medley des Beatles, un des groupes favoris de leur leader Peter Steele.

Avatar de Le Doc

Photonik a écrit:Je bouillonne littéralement d'impatience ; j'ai d'ailleurs entamé un revisionnage des deux premières saisons, pour la peine, comme je dois le signaler durant l'émission.
Faut que tu regardes ça, Doc !!!


Peut-être...Lynch n'est plus un réalisateur vers lequel je me tourne facilement...je verrais si je me laisse tenter si la série est dispo par mes moyens habituels à l'approche de la saison 3...

Photonik a écrit:Tu connais l'original par Type O Negative ? Cool.


Un pote m'avait fait découvrir le groupe dans les années 90. Et c'est cool que tu proposes leur reprise de Paranoid cette semaine. Tu m'as donné aussi envie de réécouter Black Number One et d'autres titres comme Wolf Moon et c'est ce que j'ai dans les oreilles en ce moment en écrivant...

Avatar de Photonik

Épisode 10 : Les Images en mouvement

Emission un peu particulière cette semaine puisque je retrouve mon compère Thomas pour une émission en tandem comme on en faisai plus depuis quelques temps..!
Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, j'évoque un titre peu connu de la filmo du prolifique et versatile Robert Altman, avec "Images" (1972), deuxième volet d'une trilogie informelle passionnante et étrange cachée au coeur de son oeuvre.

- Au rayon littérature/philo (et aussi ciné, pour le coup), Thomas s'attaque à un gros morceau, incontournable dans le cadre des études cinématographiques de ces trente dernières années, avec le "Cinéma 1 : l'image-mouvement" de Gilles Deleuze.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Nostrum", extrait de "The Violent Sleep of Reason", dernier album en date des suédois tarés de Meshuggah, "Good Riddance", issu de l'album "Shot" des noise-rockers de The Jesus Lizard, "Freeze", de LFO sur leur album "Frequencies", et on termine en retrouvant pour la deuxième semaine d'affilée Type O Negative, qui reprend à sa manière inimitable l'hymne de Black Sabbath "Paranoid"...!


"All day long I think of things but nothing seems to satisfy
Think I'll lose my mind if I don't find something to pacify
Can you help me, occupy my brain..?"


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

Avatar de Photonik

Le Doc a écrit:Encore une émission très intéressante, très instructive.


Merci beaucoup, ça fait plaisir !! :wink:

Le Doc a écrit:disons que je suis plus Elephant Man, Sailor et Lula et Une Histoire Vraie que Mulholland Drive, Lost Highway et Inland Empire...je trouve une part de sa filmo très intéressante...et l'autre partie m'a complètement perdu).


La scission dans sa filmo que tu évoques là est flagrante, ouais. Perso, j'aime autant l'une comme l'autre de ces périodes, mais pour des raisons différentes. Peut-être au final que je suis quand même un peu plus intéressé par le Lynch le plus obscur (dernière période, donc)...

Le Doc a écrit:Au fait, l'info est tombée (voir aussi le sujet sur la série) : la diffusion de la saison 3 de Twin Peaks débutera le 21 mai.


Je bouillonne littéralement d'impatience ; j'ai d'ailleurs entamé un revisionnage des deux premières saisons, pour la peine, comme je dois le signaler durant l'émission.
Faut que tu regardes ça, Doc !!!

Le Doc a écrit:Pour la playlist, ma préférence va à Pallbearer (excellente reprise...je ne connaissais que l'original)


Tu connais l'original par Type O Negative ? Cool. C'est un groupe dont je suis très fan et que je trouve complètement sous-estimé. J'en réécoute pas mal en ce moment (surtout leur "Bloody Kisses", avec "Black Number One", morceau génial).

Avatar de Le Doc

Encore une émission très intéressante, très instructive. En effet, comme j'ai déjà du le signaler quelque part, je ne connais pas vraiment le cinoche de Tsukamoto (j'ai juste vu le premier Tetsuo il y a bien longtemps) et je n'ai jamais regardé Twin Peaks. Je ne suis pas non plus un fan absolu de David Lynch (mais je ne déteste pas, hein...disons que je suis plus Elephant Man, Sailor et Lula et Une Histoire Vraie que Mulholland Drive, Lost Highway et Inland Empire...je trouve une part de sa filmo très intéressante...et l'autre partie m'a complètement perdu).
Au fait, l'info est tombée (voir aussi le sujet sur la série) : la diffusion de la saison 3 de Twin Peaks débutera le 21 mai.

Pour la playlist, ma préférence va à Pallbearer (excellente reprise...je ne connaissais que l'original) et à Anciients (super son, un titre très accrocheur...même si le chanteur beugle parfois un peu trop pour mon goût :wink: )...

Avatar de Photonik

Merci pour ton appréciation, Benoît !!

Pour ta question en mode spoiler, la réponse est non (j'avoue que c'était ma première idée aussi). Si tu ne penses pas lire le livre, je te mets la réponse sur le même mode :

l'Archiviste n'est autre que le Major Briggs, le père de Bobby le bad boy ; pas incohérent quand on sait que le livre tourne beaucoup autour de l'ufologie, et que c'est ce perso qui en fait l'expérience concrète la plus directe dans la série. A la fin du livre de Frost, on apprend que c'est Douglas Milford, le perso fil rouge du bouquin (perso très mineur dans la série, donc), qui l'a formé à prendre sa relève en tant que "gardien" de Twin Peaks.
Autre élément important du livre, qui est d'ailleurs le seul qui se passe APRES la fin de la saison 2 : on apprend en conclusion que Briggs a reçu la visite du Dale Cooper possédé par Bob, et on perd sa trace après ça...

Avatar de Benoît

Je pose la question parce que je ne lirai sans doute pas le livre de Mark Frost:

l'archiviste, ce ne serait pas la femme à la bûche?

Chouette évocation des films, ça m'a remis des éléments de Fires on the plain en mémoire avant d'attaquer la version de Kon Ichikawa.