TUMATXA : ÉPISODE 9 - L'HISTOIRE SECRÈTE DES FEUX DANS LA PLAINE

J'en profite pour souhaiter les meilleurs vœux possibles à tous et toutes pour 2017 !!
Le programme cette semaine (chargé, mais moins que prévu, donc) :

- Pour le cinéma, c'est encore double portion de frites, puisque l'on évoque la sortie d'un Blu-Ray comprenant deux des derniers travaux en date de Shinya Tsukamoto, à savoir "Tetsuo III : The Bullet Man" et "Fires On The Plain", sur lequel on s'attardera un peu plus longuement.

- Au rayon littérature, on évoque "L'Histoire secrète de Twin Peaks", signé par l'un des co-auteurs de la série, Mark Frost, qui nous propose ici un apéritif idéal avant la diffusion de la très attendue saison 3 de la meilleure série de tous les temps (avec deux ou trois autres...).

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Love You To Death", reprise par les doomsters de Pallbearer d'un titre génial de feu Type O Negative, "Definition of Being Alive", morceau ambient martial signé In Slaughter Natives, "Raise The Sun", morceau introductif du premier album des métalleux canadiens de Anciients, et on termine avec un morceau monumental du collectif Geinoh Yamashirogumi, extrait de la bande originale du mythique "Akira"...!

"I beg to serve, your wish is my law,
Now close those eyes and let me love you to death.
Shall I prove I mean what I'm saying ?
I say the beast inside of me's gonna get ya..."

Tumatxa est l'émission de radio qu'anime le chroniqueur Photonik chaque semaine depuis une dizaine d'années sur la radio bascophone Xiberoko Botza (la voix de la Soule). Il y cause musique, cinéma (beaucoup), littérature, BD ou philo, parfois en solo, souvent avec son acolyte ; l'excellent Thomas.

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par Photonik

Cinéma, musique (rock), B.D. et littérature (S.F., philo, classiques...)

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44 commentaires

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Ektah a écrit:Darren les archive ici: https://www.mixcloud.com/darrencharles16/


Ah cool, ça, merci !!

Ektah a écrit:Pour le coup, j'étais un peu familier avec ces légendes (dans les années 90, j'ai beaucoup joué à un jeu de rôles sur table espagnol nommé Aquelarre, consacré, en partie, à ces thématiques)


Ah bon, ça existe, ça ???? Etonnant !
Je suis totalement profane en la matière...

Ektah a écrit:De toute façon, il me semble que tu disais dans ton émission que cette question de l'identité basque traverse un peu toute sa carrière. Ça me semble assez vrai.


Oui, et il le dit lui-même d'ailleurs. Il explique avoir choisi de se présenter non pas comme cinéaste basque mais comme faisant un cinéma basque (nuance), après s'être dit que cela lui convenait mieux que cinéaste espagnol, que cela lui semblait paradoxalement plus universel.


Ektah a écrit:De plus, j'ai grandi dans l'arrière-pays provençal. On a des traditions remarquablement similaires là-bas. Il suffit de lire "Le serpent d'étoiles" de Jean Giono pour voir les liens entre les traditions des bergers de la montagne de Lure et les joaldun (entre autres). Même chez Pagnol, ça transparaît par moment. De toute façon, les traditions antiques et pré-chrétiennes ont facilement tendance à avoir des traits communs.


Bien sûr.
Tout ça n'est peut-être pas exactement issu d'un fond commun, mais on peut se dire que des environnements semblables engendrent le même genre de réflexes "fabulateurs", et de rites correspondants. On se concentre souvent sur la parenté entre les peuples issus de latitude et de longitude communes, et moins sur les peuples vivant à des altitudes similaires.
Or j'imagine qu'il faut avoir vécu un violent orage en montagne pour imaginer des Chasses Fantastiques et des Dieux de la Foudre (par exemple)...


Ektah a écrit:Et, au passage, ça te permettrait d'embrayer, si tu veux, sur la question du surréalisme tchèque, qui est incroyablement riche (Jaromil Jires et Jan Svankmajer bien sûr, mais également Jiri Barta, Wojciech Has, Vera Chytilova, Frantisek Vlacil et bien d'autres...). Ça fait partie de ces pans du cinéma un peu trop méconnus, à mon avis.


Je connais un peu les cinémas respectifs de Jaromil Jires et Jan Svankmajer, mais pas tant que ça ; je n'ai jamais parlé de Svankmajer dans l'émission, d'ailleurs. Mais c'est une idée.
J'ai bien peur de ne pas connaître les autres auteurs que tu cites... à l'exclusion de Wojciech Has, dont je suis très fan. J'ai d'ailleurs abordé sur les ondes son "Manuscrit trouvé à Saragosse" (une ville que je connais bien, en plus), un très grand film. La légende veut que Luis Bunuel l'ait vu trois ou quatre fois tant il l'aimait, lui qui ne supportait pas de revoir les films...

Ektah a écrit:Tout à fait. Avec son clip au second degré assumé... enfin, je crois.


Oh oui, pas l'ombre d'un doute là-dessus. :wink:

Player Sanctuary

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:Une fois de plus, merci pour le tuyau. Je ne pense pas pouvoir l'écouter ce soir mais je jetterai un œil aux retours potentiels, pour un premier contact.


Il n'y a rien eu pour l'épisode d'aujourd'hui, comme c'est le plus souvent le cas. Par contre, ce que tu peux faire, c'est écouter un épisode précédent. Darren les archive ici: https://www.mixcloud.com/darrencharles16/

Photonik a écrit:J'ai le même ressenti, ce n'est pas l'un de ses meilleurs films (même s'il a ses fans). Ceci dit, malgré l'approche rigolardo-paillarde, je trouve les apports folkloriques (au premier sens du terme, donc) plutôt cohérents avec ce que le film raconte.
Voilà ce que j'en disais sur le thread concerné :

"Pour terminer, puisque je suis du coin, quelques précisions sur des éléments "exotiques" du film liés au Pays Basque :

- la grotte de Zugarramurdi était réputée pour accueillir des réunions de "sorcières" (Akelarre en basque, littéralement "la lande du bouc", tout près de la grotte, mais par extension le lieu désigne aussi le sabbat des sorcières à proprement parler) et en 1610, 12 personnes furent condamnées au bûcher par l'Inquisition espagnole. Plutôt que de sorcellerie, il faudrait évidemment parler à leur sujet de rites et de croyances pré-chrétiens.

- le monstre féminin gigantesque est sûrement en partie inspiré par Mari, principale divinité, féminine, du panthéon basque (dans lequel "Dieu est en fait une femme", donc, comme le dit la prêtresse) et incarnation vivante de la nature.

- la chanson "Baga, Biga, Higa" du chanteur basque Mikel Laboa est l'adaptation d'une ancienne comptine enfantine, décrivant une sorcière préparant une potion. Plutôt que sorgin (qui se traduit par "sorcière") on parlera plutôt de belagile (ce qui signifie exactement "faiseuse d'herbes", c'est-à-dire guérisseuse), et on comprend un peu mieux ce que l'Inquisition leur voulait... Dans le film, on l'entend pendant la scène de la grotte, dans son époustouflante version orchestrale avec l'orchestre symphonique de San Sebastian (8 mn, que le réalisateur, respect pour ça, a choisi de ne pas couper).

- toujours dans la grotte, les personnages vêtus d'épaisses fourrures et portant de grosses cloches dans le dos sont des joaldun ("joueurs de sonnailles") ; l'origine de cette tradition est perdue mais il est probable qu'elle corresponde à un rite marquant la fin de l'hiver, où l'on "réveille" la nature et les êtres vivants à l'approche du printemps. Logique de faire appel à eux pour réveiller la Mère primordiale...

- les cris suraigües des sorcières ("ayayayayayayayaya..."), c'est l'irrintzina, le cri traditionnel des bergers en montagne pour se repérer ou guider les troupeaux à distance. C'est devenu un cri festif.

Une grande cohérence, donc, entre ces emprunts et les thématiques du film."


Pour le coup, j'étais un peu familier avec ces légendes (dans les années 90, j'ai beaucoup joué à un jeu de rôles sur table espagnol nommé Aquelarre, consacré, en partie, à ces thématiques) mais certainement pas avec autant de détails. Intéressant. De toute façon, il me semble que tu disais dans ton émission que cette question de l'identité basque traverse un peu toute sa carrière. Ça me semble assez vrai.

De plus, j'ai grandi dans l'arrière-pays provençal. On a des traditions remarquablement similaires là-bas. Il suffit de lire "Le serpent d'étoiles" de Jean Giono pour voir les liens entre les traditions des bergers de la montagne de Lure et les joaldun (entre autres). Même chez Pagnol, ça transparaît par moment. De toute façon, les traditions antiques et pré-chrétiennes ont facilement tendance à avoir des traits communs.

Photonik a écrit:Ouaip, je me dis que le film serait décidément un apport de choix au programme de l'émission ; ça me fera un prétexte pour le revoir, tiens.


Et, au passage, ça te permettrait d'embrayer, si tu veux, sur la question du surréalisme tchèque, qui est incroyablement riche (Jaromil Jires et Jan Svankmajer bien sûr, mais également Jiri Barta, Wojciech Has, Vera Chytilova, Frantisek Vlacil et bien d'autres...). Ça fait partie de ces pans du cinéma un peu trop méconnus, à mon avis.

Photonik a écrit:Ah oui, bien sûr, Candlemass... Eux aussi ont joué sur la reprise de la marche funèbre, sur l'intro de "Bewitched" si je ne m'abuse (que j'avais diffusée il y a quelques mois, d'ailleurs).


Tout à fait. Avec son clip au second degré assumé... enfin, je crois.

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:Si tu veux, l'émission de radio hebdomadaire est ce soir sur a1 radio, à 20h heure française (http://a1radio.co.uk/). Ce n'est que de la musique entrecoupée par Darren qui dit quelle chanson il vient de passer mais la programmation elle-même est formidable (à mon goût, mais je pense que tu t'y retrouveras aussi). Les discussions sur l'épisode (en général, il n'y en a pas des masses) sont centralisées ici: https://www.facebook.com/events/1071599849636389/



Une fois de plus, merci pour le tuyau. Je ne pense pas pouvoir l'écouter ce soir mais je jetterai un œil aux retours potentiels, pour un premier contact.


Ektah a écrit:Oui, évidemment, j'avais pensé au film de De La Iglesia que j'aime bien mais qui me fait quand même un peu penser à une belle occasion ratée: on est quand même dans un film mineur de sa filmographie. On n'a effectivement pas le grand film qu'il faudrait sur cet imaginaire.



J'ai le même ressenti, ce n'est pas l'un de ses meilleurs films (même s'il a ses fans). Ceci dit, malgré l'approche rigolardo-paillarde, je trouve les apports folkloriques (au premier sens du terme, donc) plutôt cohérents avec ce que le film raconte.
Voilà ce que j'en disais sur le thread concerné :

"Pour terminer, puisque je suis du coin, quelques précisions sur des éléments "exotiques" du film liés au Pays Basque :

- la grotte de Zugarramurdi était réputée pour accueillir des réunions de "sorcières" (Akelarre en basque, littéralement "la lande du bouc", tout près de la grotte, mais par extension le lieu désigne aussi le sabbat des sorcières à proprement parler) et en 1610, 12 personnes furent condamnées au bûcher par l'Inquisition espagnole. Plutôt que de sorcellerie, il faudrait évidemment parler à leur sujet de rites et de croyances pré-chrétiens.

- le monstre féminin gigantesque est sûrement en partie inspiré par Mari, principale divinité, féminine, du panthéon basque (dans lequel "Dieu est en fait une femme", donc, comme le dit la prêtresse) et incarnation vivante de la nature.

- la chanson "Baga, Biga, Higa" du chanteur basque Mikel Laboa est l'adaptation d'une ancienne comptine enfantine, décrivant une sorcière préparant une potion. Plutôt que sorgin (qui se traduit par "sorcière") on parlera plutôt de belagile (ce qui signifie exactement "faiseuse d'herbes", c'est-à-dire guérisseuse), et on comprend un peu mieux ce que l'Inquisition leur voulait... Dans le film, on l'entend pendant la scène de la grotte, dans son époustouflante version orchestrale avec l'orchestre symphonique de San Sebastian (8 mn, que le réalisateur, respect pour ça, a choisi de ne pas couper).

- toujours dans la grotte, les personnages vêtus d'épaisses fourrures et portant de grosses cloches dans le dos sont des joaldun ("joueurs de sonnailles") ; l'origine de cette tradition est perdue mais il est probable qu'elle corresponde à un rite marquant la fin de l'hiver, où l'on "réveille" la nature et les êtres vivants à l'approche du printemps. Logique de faire appel à eux pour réveiller la Mère primordiale...

- les cris suraigües des sorcières ("ayayayayayayayaya..."), c'est l'irrintzina, le cri traditionnel des bergers en montagne pour se repérer ou guider les troupeaux à distance. C'est devenu un cri festif.

Une grande cohérence, donc, entre ces emprunts et les thématiques du film."


Ektah a écrit:"Valérie", malgré toutes les analyses qu'il y a pu y avoir, conserve son mystère quasiment intact. Et cette musique...


Ouaip, je me dis que le film serait décidément un apport de choix au programme de l'émission ; ça me fera un prétexte pour le revoir, tiens.

Ektah a écrit:Je suis en train d'écouter ça. C'est le même ressenti que "Psalm 9", ce mélange de sons 70's et 80's, avec des passages assez proches de Alice Cooper ou Candlemass (pas uniquement dans la reprise de la marche funèbre), le tout enrobé par une obsession pour Black Sabbath. Les mélodies sont probablement un cran au-dessus de son prédécesseur, effectivement. Assez imparable, je dois bien avouer. Et le final de l'album est... intéressant.


Ah oui, bien sûr, Candlemass... Eux aussi ont joué sur la reprise de la marche funèbre, sur l'intro de "Bewitched" si je ne m'abuse (que j'avais diffusée il y a quelques mois, d'ailleurs).

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:Merci pour ces précisions.
Je n'ai pas trop eu le temps ce week-end, mais je vais prendre le temps de commencer à explorer tout ça sous peu. Et pourquoi pas contribuer, à terme (si je peux apporter quelque chose bien sûr).


Tu feras bien. Je n'aime pas l'idée de traîner quelqu'un vers Facebook mais le fait est que le groupe lui-même est passionnant. Et je suis sûr que tu peux apporter quelque chose: la grosse majorité des membres actifs est britannique (ce qui est assez normal: ça reste la terre d'adoption du folk horror) mais il y a une véritable volonté de présenter les autres aspects du folklore sombre mondial. On a eu relativement peu d'exemples basques. Ça serait certainement un apport bienvenu.

Si tu veux, l'émission de radio hebdomadaire est ce soir sur a1 radio, à 20h heure française (http://a1radio.co.uk/). Ce n'est que de la musique entrecoupée par Darren qui dit quelle chanson il vient de passer mais la programmation elle-même est formidable (à mon goût, mais je pense que tu t'y retrouveras aussi). Les discussions sur l'épisode (en général, il n'y en a pas des masses) sont centralisées ici: https://www.facebook.com/events/1071599849636389/

Photonik a écrit:C'est encore une fois pas assez concret à ce stade pour y venir maintenant, mais j'en dirai un mot ici ou là, c'est sûr.
En tout cas c'est bel et bien connecté aux thématiques que tu évoques, sous l'angle de certains éléments de la mythologie basque, en effet. Ils ont été peu utilisés comme matière fictionnelle (à quelques exceptions près comme "Les Sorcières de Zugarramurdi" d'Alex de la Iglesia, mais dans une veine farcesque), alors qu'il y a là des choses potentiellement passionnantes à explorer. Juste un petit élément : l'idée de départ, c'est de reprendre le fameux "Roi des Aulnes" de Goethe et de le mêler à des éléments issus de l'imaginaire basque...


Oui, évidemment, j'avais pensé au film de De La Iglesia que j'aime bien mais qui me fait quand même un peu penser à une belle occasion ratée: on est quand même dans un film mineur de sa filmographie. On n'a effectivement pas le grand film qu'il faudrait sur cet imaginaire. Et le "Roi des Aulnes" est un très beau texte. Très intéressé par ton projet.

Photonik a écrit:Idem, il faut que je creuse un peu tout ça. "L'Etreinte du Serpent", j'ai prévu de voir ça assez vite et je vais probablement le mettre au menu de l'émission d'ailleurs. Même chose pour "Jordskott" au rayon séries télé.
Je ne connais pas "Lord Of Tears" par contre...


Pour être honnête, je n'ai pas encore vu "Lord of Tears". Le trailer me faisait penser un slasher surnaturel assez classique avec une esthétique folk horror. Ce n'est pas quelque chose que je recherche particulièrement, même si le film est probablement bien sympathique. Potentiellement plus intéressant, on a "The unkindness of ravens" mais il n'est pas encore sorti, à ma connaissance.

Photonik a écrit:"Valérie And Her Week of Wonders" !!! J'adore ce film. Rien que son évocation me donne envie de le revoir direct. Celui-là aussi ferait bonne mesure dans l'émission, je ne l'y ai jamais abordé.


Oh oui. C'est une de mes films cultes aussi. Il y a de quoi en discuter pendant des années et c'est d'ailleurs ce qui se passe: j'adore "The Wicker Man" mais, finalement, ça fait maintenant longtemps qu'on a dit tout ce qu'il y avait à dire sur son sujet. "Valérie", malgré toutes les analyses qu'il y a pu y avoir, conserve son mystère quasiment intact. Et cette musique....

Photonik a écrit:On est bien d'accord là-dessus aussi.
Son "Seven Soldiers" s'il n'est pas des plus connus, me paraît un de ses travaux les plus importants, prototype du plus "gros" et récent "Multiversity".
J'ai écrit une modeste (mais assez longue quand même) bafouille sur le sujet. C'est là :
http://www.comics-sanctuary.com/forum/seven-soldiers-grant-morrison-collectif-t66482.html


Ouch. Ça a l'air massif, comme histoire. Je me pencherai sur la question en détail (ta chronique comme les comics eux-même). Merci.

Photonik a écrit:Pour Trouble, je conseille toujours l'album "Run To The Light". Ce n'est ni le plus connu, ni le plus "mythique" (ça c'est plutôt "Psalm 9"), mais c'est le meilleur pour moi. Mélodique, puissant, lugubre et lyrique à la fois : du très bon heavy-doom à l'ancienne.


Je suis en train d'écouter ça. C'est le même ressenti que "Psalm 9", ce mélange de sons 70's et 80's, avec des passages assez proches de Alice Cooper ou Candlemass (pas uniquement dans la reprise de la marche funèbre), le tout enrobé par une obsession pour Black Sabbath. Les mélodies sont probablement un cran au-dessus de son prédécesseur, effectivement. Assez imparable, je dois bien avouer. Et le final de l'album est... intéressant.

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Ah ben je me rappelais pas mais j'avais vu le trailer, alors.
Merci pour la piqûre de rappel, du coup !!

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Ektah a écrit:Alors, le groupe s'appelle "Folk Horror Revival" (https://www.facebook.com/groups/folkhorror/?fref=ts). Il a eu un succès absolument phénoménal (17200 membres à l'heure actuelle). Donc, je n'ai pas compté mais il doit y avoir des dizaines de posts par jour avec (de mon point de vue, en tous cas) une très grande qualité dans chacun d'entre eux. Du coup, vu l'ampleur que cela a pris, il y a de nombreuses branches comme plusieurs livres (http://www.lulu.com/spotlight/andypaciorek), un label musical, Reverb Worship, quelques conférences, une émission de radio hebdomadaire (animée par un gars absolument adorable, d'ailleurs), "Unearthing Forgotten Horrors" (https://www.facebook.com/groups/211956115669980/?fref=ts) et un groupe satellite, "The Belled Buzzard" (https://www.facebook.com/groups/1300668379958590/?fref=ts) consacré à sa forme américaine avec, en particulier, un intérêt pour le "southern gothic" à la Flannery O'Connor, "True Detective" et ce genre de choses. Il y a aussi un site internet classique pour centraliser tout ça (https://folkhorrorrevival.com/) mais le cœur du truc reste le groupe.

(...)
Tu l'auras compris, je suis très fan de cet endroit, malgré mon hostilité naturelle envers son support.


Merci pour ces précisions.
Je n'ai pas trop eu le temps ce week-end, mais je vais prendre le temps de commencer à explorer tout ça sous peu. Et pourquoi pas contribuer, à terme (si je peux apporter quelque chose bien sûr).

Ektah a écrit:En tous cas, tu m'interpelles avec ton projet. Curieux de voir ça. D'autant que cette thématique est souvent liée à la région qui la voit naître et que l'imaginaire basque a clairement ce qu'il faut en terme de capacité d'évocation.


C'est encore une fois pas assez concret à ce stade pour y venir maintenant, mais j'en dirai un mot ici ou là, c'est sûr.
En tout cas c'est bel et bien connecté aux thématiques que tu évoques, sous l'angle de certains éléments de la mythologie basque, en effet. Ils ont été peu utilisés comme matière fictionnelle (à quelques exceptions près comme "Les Sorcières de Zugarramurdi" d'Alex de la Iglesia, mais dans une veine farcesque), alors qu'il y a là des choses potentiellement passionnantes à explorer. Juste un petit élément : l'idée de départ, c'est de reprendre le fameux "Roi des Aulnes" de Goethe et de le mêler à des éléments issus de l'imaginaire basque...


Ektah a écrit:j'ai aussi tendance à voir ça partout aussi, en ce moment. Ça vient évidemment de mes goûts personnels mais aussi du fait que cette thématique a le vent en poupe. Il suffit de voir les sorties des films comme "The witch", "L'étreinte du serpent", "Lord of Tears", "Kill List" et d'autres, ces dernières années. Et je ne parle là que du cinéma: il y a aussi un mouvement équivalent dans la musique, à mon avis, bien que d'ampleur moindre: tu peux écouter ça dans l'émission de radio dont je parlais, Unearthing Forgotten Horrors, ou sur la collection Spotify du groupe (http://open.spotify.com/user/jimofleon/playlist/4bTgHJWcWQDl9ELHY9btL1). Et, en série tv, on peut, bien sûr, parler de "True Detective" mais également de quelques autres comme "Jordskott", ou "Flowers" (même si ce dernier pratique le mélange des genres).


Idem, il faut que je creuse un peu tout ça. "L'Etreinte du Serpent", j'ai prévu de voir ça assez vite et je vais probablement le mettre au menu de l'émission d'ailleurs. Même chose pour "Jordskott" au rayon séries télé.
Je ne connais pas "Lord Of Tears" par contre...


Ektah a écrit:Oui, effectivement, on a des discussions sans fin pour savoir si "Flowers", "Detectorists", "Berberian Sound Studio", "The League of Gentlemen" ou même "Twin Peaks" appartiennent à ce genre ou pas. Mon avis (personnel... certains ne seraient pas d'accord) est qu'il y a des œuvres emblématiques que personne ne remettra en cause (on va dire "Wicker Man", "Blood on Satan's Claw" et "Valérie and Her Week of Wonder", plus "The Witch", récemment) et qu'il y a des œuvres satellites qui empruntent certains aspects au genre.


"Valérie And Her Week of Wonders" !!! J'adore ce film. Rien que son évocation me donne envie de le revoir direct. Celui-là aussi ferait bonne mesure dans l'émission, je ne l'y ai jamais abordé.

Ektah a écrit:Est-ce qu'on peut considérer ces derniers comme faisant vraiment partie du mouvement est une question secondaire à mes yeux. Simplement, les inclure permet d'amener une certaine diversité dans un genre qui reste sinon assez codifié. (...)
Donc, pour moi, le fait d'inclure ces œuvres périphériques apporte de la richesse au genre. Je suis pour, même si je suis tout à fait prêt à reconnaître que les liens sont parfois assez lointains.


Encore une fois, cela me semble la bonne approche.

Ektah a écrit:je pense que Morrison reste, quand il le veut bien, l'un des plus grands.


On est bien d'accord là-dessus aussi.
Son "Seven Soldiers" s'il n'est pas des plus connus, me paraît un de ses travaux les plus importants, prototype du plus "gros" et récent "Multiversity".
J'ai écrit une modeste (mais assez longue quand même) bafouille sur le sujet. C'est là :
http://www.comics-sanctuary.com/forum/seven-soldiers-grant-morrison-collectif-t66482.html

Ektah a écrit:Pour être honnête, je ne connais pas si bien que ça Trouble. Il me semble n'avoir écouté qu'un seul album ("Psalm 9", je crois). Je vais me pencher sur la question aussi.


Pour Trouble, je conseille toujours l'album "Run To The Light". Ce n'est ni le plus connu, ni le plus "mythique" (ça c'est plutôt "Psalm 9"), mais c'est le meilleur pour moi. Mélodique, puissant, lugubre et lyrique à la fois : du très bon heavy-doom à l'ancienne.

Avatar de Tori

Photonik a écrit:Idem pour Tetsuo, dont j'ignorais la traduction. Joli clin d'oeil de la part d'Otomo au moment de nommer le "héros" de son "Akira", du coup : il annonce ainsi son devenir semi-métallique.

Attention : en japonais, il y a beaucoup d'homophones : Le Tetsuo d'Ôtomo ne s'écrit pas de la même façon : 鉄雄 contre 鉄男 pour celui de Tsukamoto... Mais le métal est effectivement toujours présent ! Le deuxième kanji a plutôt le sens de héros (et de mâle pour les animaux)... Le sens est donc, relativement proche.

Tori.
PS : Je fais souvent attention aux kanji utilisés dans les noms des personnages : les auteurs les choisissent rarement au hasard. C'est d'ailleurs une des (nombreuses) richesses de la langue japonais, de pouvoir donner plusieurs sens à un nom : sa sonorité ou son sens étymologique, là où, en voyant le nom d'une personne dans une langue occidentale, il n'y a qu'une possibilité qui s'offre à nous (la graphie et la prononciation sont intimement liées), on peut plus difficilement y cacher un autre sens et l'étymologie est soit évidente soit cachée, selon comment le mot a évolué.

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:Ho ho ho ; alors ça, ça m'intéresse énormément.
La thématique me parle et pas q'un peu (pour être franc, j'ai un projet dans ce domaine, dont il est beaucoup trop tôt pour parler plus avant mais je le ferai en temps utile).
Je n'ai pas de page Facebook mais ma compagne en a une ; j'en profiterai pour regarder ça...


Alors, le groupe s'appelle "Folk Horror Revival" (https://www.facebook.com/groups/folkhorror/?fref=ts). Il a eu un succès absolument phénoménal (17200 membres à l'heure actuelle). Donc, je n'ai pas compté mais il doit y avoir des dizaines de posts par jour avec (de mon point de vue, en tous cas) une très grande qualité dans chacun d'entre eux. Du coup, vu l'ampleur que cela a pris, il y a de nombreuses branches comme plusieurs livres (http://www.lulu.com/spotlight/andypaciorek), un label musical, Reverb Worship, quelques conférences, une émission de radio hebdomadaire (animée par un gars absolument adorable, d'ailleurs), "Unearthing Forgotten Horrors" (https://www.facebook.com/groups/211956115669980/?fref=ts) et un groupe satellite, "The Belled Buzzard" (https://www.facebook.com/groups/1300668379958590/?fref=ts) consacré à sa forme américaine avec, en particulier, un intérêt pour le "southern gothic" à la Flannery O'Connor, "True Detective" et ce genre de choses. Il y a aussi un site internet classique pour centraliser tout ça (https://folkhorrorrevival.com/) mais le cœur du truc reste le groupe.

Évidemment, vu la thématique, il y a une grosse communauté de paganistes pratiquants mais les discussions religieuses se passent en général très bien, ce qui est très étonnant sur les réseaux "sociaux", d'autant plus que le créateur du lieu ne cache pas ses opinions écologistes et de gauche. En fait, la seule grosse bataille du groupe s'est déroulée lorsqu'il a annoncé qu'il supprimerait sans préavis les messages trop fachos à son goût (il me semble qu'une bande de trolls venait de se pointer). J'imagine qu'il doit y avoir une équipe de modérateurs très réactive mais ça fait un changement bienvenu par rapport au reste de Facebook.
Tu l'auras compris, je suis très fan de cet endroit, malgré mon hostilité naturelle envers son support.

En tous cas, tu m'interpelles avec ton projet. Curieux de voir ça. D'autant que cette thématique est souvent liée à la région qui la voit naître et que l'imaginaire basque a clairement ce qu'il faut en terme de capacité d'évocation.

Photonik a écrit:Un débat passionnant, j'imagine.
En y réfléchissant un peu, j'aurais tendance à m'aligner sur ta position. Cette idée de résurgence d'éléments mythologiques et/ou légendaires dans un contexte urbain (et j'ai tendance en ce moment à voir ça partout... :wink: ) me semble pouvoir s'inscrire dans ce créneau.


Oui, j'ai aussi tendance à voir ça partout aussi, en ce moment. Ça vient évidemment de mes goûts personnels mais aussi du fait que cette thématique a le vent en poupe. Il suffit de voir les sorties des films comme "The witch", "L'étreinte du serpent", "Lord of Tears", "Kill List" et d'autres, ces dernières années. Et je ne parle là que du cinéma: il y a aussi un mouvement équivalent dans la musique, à mon avis, bien que d'ampleur moindre: tu peux écouter ça dans l'émission de radio dont je parlais, Unearthing Forgotten Horrors, ou sur la collection Spotify du groupe (http://open.spotify.com/user/jimofleon/playlist/4bTgHJWcWQDl9ELHY9btL1). Et, en série tv, on peut, bien sûr, parler de "True Detective" mais également de quelques autres comme "Jordskott", ou "Flowers" (même si ce dernier pratique le mélange des genres).

Photonik a écrit:D'accord : du coup, je vois que tu (ou vous) englobes énormément de choses dans cette notion.
Brasser un peu large me semble une approche intéressante pour circonscrire un genre ou ses thématiques clefs ; c'est effectivement souvent dans les franges d'un genre, à l'extrême limite de sa définition stricte, que se jouent les choses les plus intéressantes, je crois.


Oui, effectivement, on a des discussions sans fin pour savoir si "Flowers", "Detectorists", "Berberian Sound Studio", "The League of Gentlemen" ou même "Twin Peaks" appartiennent à ce genre ou pas. Mon avis (personnel... certains ne seraient pas d'accord) est qu'il y a des œuvres emblématiques que personne ne remettra en cause (on va dire "Wicker Man", "Blood on Satan's Claw" et "Valérie and Her Week of Wonder", plus "The Witch", récemment) et qu'il y a des œuvres satellites qui empruntent certains aspects au genre.

Est-ce qu'on peut considérer ces derniers comme faisant vraiment partie du mouvement est une question secondaire à mes yeux. Simplement, les inclure permet d'amener une certaine diversité dans un genre qui reste sinon assez codifié. On va avoir des chroniques rurales douces-amères ("Flowers", "Detectorists"... deux séries que je recommande très chaudement, d'ailleurs, avec un casting parfait), des comédies ("The mighty boosh" "Inside n°9" et "The league of gentlemen"), de la tv pour enfants ("Worzel Gummidge"), du western ("The beguiled"), du documentaire psychogéographique ("Wisconsin Death Trip", "Strange Factory", "By our selves")... En fait, cette question de la psychogéographie semble revenir assez régulièrement dans nos discussions sur la folk horror, notamment dans sa forme musicale (en fait, je pense que le label "Folklore Tapes", qui participe aussi au groupe, est centré autour de cette idée). J'aurais tendance à dire que c'est une thématique voisine.
Donc, pour moi, le fait d'inclure ces œuvres périphériques apporte de la richesse au genre. Je suis pour, même si je suis tout à fait prêt à reconnaître que les liens sont parfois assez lointains.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Sinon, j'ai aussi entendu de très bonnes choses de sa péloche de bikers, "Crazy Thunder Road" (le film préféré de Takeshi Kitano, selon la légende).


Le film préféré de Kitano ? Intrigant, alors !!


Attention. J'ai formulé ma phrase de cette manière car c'est juste quelque chose que j'ai lu une fois ou deux (je ne sais plus où, pour être honnête). C'est tout au plus une rumeur. Mais ça ne change rien au fait que ça vaut sans doute le coup de regarder le film.

Photonik a écrit:Pour ceux qui ont aimé cette prestation de Williams, je recommande vivement de jeter un oeil sur son travail époustouflant sur les prologues et épilogues du formidable "Seven Soldiers" de Grant Morrison, qui annoncent à mon avis son boulot sur "Sandman Overture".


Oui. J'avais noté cette référence que tu faisais. Je vais probablement me pencher sur la question, d'autant que, même si j'ai parfois des rapports conflictuels avec lui, je pense que Morrison reste, quand il le veut bien, l'un des plus grands.

Photonik a écrit:Tu n'as pas tort. L'explosion de la scène doom ces dernières années a probablement généré beaucoup trop de groupes sonnant un peu tous de la même manière. Y'a un paquet d'albums qui ont pu m'impressionner à leur sortie dont je sais que je ne les écouterais probablement plus beaucoup.
Néanmoins, j'ai l'impression que l'axe très "traditionnel" dont Pallbearer peut se réclamer n'est pas le plus représenté ; avec ce début de morceau très Trouble dans l'esprit (et je suis depuis mes années lycée un gros fan de Trouble...), le groupe s'inscrit indéniablement dans cette ligne-là.


C'est vrai que c'est proche. Pour être honnête, je ne connais pas si bien que ça Trouble. Il me semble n'avoir écouté qu'un seul album ("Psalm 9", je crois). Je vais me pencher sur la question aussi.

Photonik a écrit:Vraiment ravi de pouvoir échanger avec toi, décidément !!!


Moi de même, bien sûr.

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:
Ouch. Je suis d'accord. Un jour, je comprendrai "Nova Express". Au passage, le projet du même nom par John Zorn est tout aussi abscons.


Tiens, je ne connais pas ce projet-là de Zorn, pour ma part (en même temps, difficile de s'y retrouver dans une discographie aussi tentaculaire...). J'y jetterai une oreille à l'occasion.

Ektah a écrit:Alors, il se trouve qu'une des dernières raisons pour lesquelles je suis sur Facebook est la présence d'un groupe consacré à l'étude du "folk horror" dans l'art et le folklore mondial, très fréquenté et absolument passionnant.


Ho ho ho ; alors ça, ça m'intéresse énormément.
La thématique me parle et pas q'un peu (pour être franc, j'ai un projet dans ce domaine, dont il est beaucoup trop tôt pour parler plus avant mais je le ferai en temps utile).
Je n'ai pas de page Facebook mais ma compagne en a une ; j'en profiterai pour regarder ça...

Ektah a écrit:On a eu, il y a quelques années, une longue discussion pour savoir si ce type d'imaginaire était compatible avec un environnement urbain/industriel. Je fais partie du camp qui disait "absolument".


Un débat passionnant, j'imagine.
En y réfléchissant un peu, j'aurais tendance à m'aligner sur ta position. Cette idée de résurgence d'éléments mythologiques et/ou légendaires dans un contexte urbain (et j'ai tendance en ce moment à voir ça partout... :wink: ) me semble pouvoir s'inscrire dans ce créneau.

Ektah a écrit:On a quelques exemples, minoritaires bien sûr, de films qui s'inscrivent dans cette idée: "Quatermass and the pit" (écrit par Nigel Kneale... un génie méconnu, à mon avis... une des influences majeures de John Carpenter, au passage), "Absentia", "Strange Factories", même "Berberian Sound Studio", d'une certaine manière...


D'accord : du coup, je vois que tu (ou vous) englobes énormément de choses dans cette notion.
Brasser un peu large me semble une approche intéressante pour circonscrire un genre ou ses thématiques clefs ; c'est effectivement souvent dans les franges d'un genre, à l'extrême limite de sa définition stricte, que se jouent les choses les plus intéressantes, je crois.

Ektah a écrit:Au passage, dans ce groupe, nous sommes en train de mettre en place une liste de films estampillés "folk horror" sur imdb. Il y a plein de choses très recommandables à découvrir là-dedans, à mon avis (si on est intéressé par cet imaginaire, bien sûr): http://www.imdb.com/list/ls062558913/


Même chose, je vais jeter un oeil là-dessus, de ce pas.


Ektah a écrit:Oui, je le regrette aussi. "Mauvais Genres" reste ma grand messe radiophonique (avec "Tumataxa", bien sûr :wink: ) mais il y a eu une baisse de qualité depuis son départ, certes. Il reste quand même François Angelier (plus Pacôme et Philippe Rouyer, occasionnellement) mais je perçois quand même une certaine lassitude. Je n'ai rien contre Fausto Fasulo (d'autant qu'il apporte une orientation vers la culture japonaise que j'apprécie) mais cela fait quelques années que l'émission me fait penser à une fin de règne.



J'ai bien peur là aussi d'être en accord avec toi.

Ektah a écrit:Tu parlais de l'influence de Sogo Ishii sur "Tetsuo". C'est indéniable mais, en plus de "Burst City", j'aurais tendance à faire également le lien avec "Halber Mensch", son documentaire/concert filmé/essai cinématographique à propos de Einstürzende Neubauten: https://vimeo.com/9258405


Merci à nouveau pour le lien.
Je connaissais ce travail-là de réputation (sans compter que j'aime le groupe de Blixa Bargeld), mais ne l'ayant pas vu je ne l'ai pas évoqué.


Ektah a écrit:Sinon, j'ai aussi entendu de très bonnes choses de sa péloche de bikers, "Crazy Thunder Road" (le film préféré de Takeshi Kitano, selon la légende).


Le film préféré de Kitano ? Intrigant, alors !!

Ektah a écrit:Par ailleurs, dans la filmographie de Tadanobu Asano, je crois qu'il faut aussi nommer "Vital" qui est, en toute subjectivité, le meilleur film de Shinya Tsukamoto.


Je ne l'ai pas évoqué ? J'étais persuadé que oui.
Je suis moi aussi très fan de "Vital", incontestablement un très grand Tsukamoto. Je n'ai pas pensé à faire le lien mais il aurait effectivement été judicieux d'évoquer cet exemple de traitement de la Nature par Tsukamoto pour parler de celui de "Fires On The Plain".


Ektah a écrit:Enfin, pour parler de "Electric Dragon 80000 V", c'est la définition même du cinéma frappadingue: très fun à regarder et rapidement oublié. (...) Cette évocation animale/mythologique dont tu parles m'interpelle.


Ce que tu dis du film n'est pas faux, en effet. Il y a un côté un peu "inconséquent" au film qui est indéniable. Mais rien que pour la connexion "totémique", si tu choisis de le revoir, tu vas être frappé par les premières images.

Ektah a écrit:Pour moi, cette bd est très dure d'accès. (...)
Ce n'est pas une critique, toutefois, mais il va me falloir plus de relectures.


C'est indéniablement un titre qui appelle et supporte de nombreuses relectures. Assez hermétique, et plus encore pour les non-initiés j'imagine. J'ai quand même été conquis par l'effort de Neil Gaiman et J.H. Williams, notamment pour les efforts de ce dernier en matière d'invention formelle pour illustrer les éléments pourtant très abstraits du scénario.
Pour ceux qui ont aimé cette prestation de Williams, je recommande vivement de jeter un oeil sur son travail époustouflant sur les prologues et épilogues du formidable "Seven Soldiers" de Grant Morrison, qui annoncent à mon avis son boulot sur "Sandman Overture".


Ektah a écrit:Crippled Black Phoenix, je te rejoins: tous les groupes de Justin Greaves sont passionnants. Celui-là ne fait pas exception. Même si Iron Monkey reste son sommet, à mon sens (mais j'ai tendance à être partial envers tout ce qui est estampillé sludge, crust...).


Moi aussi, je reste un inconditionnel de Iron Monkey, dont les deux disques tournent encore régulièrement chez moi ou dans ma caisse.

Ektah a écrit:JK Flesh, pas de surprises de la part de Broadrick: c'est très bon. (...) Sinon, je peux imaginer certains clubs diffusant ce genre de musique mais les services proposés par ces lieux seraient sans doute d'une nature assez originale.


Ha Ha !! Ouais, probablement.

Ektah a écrit:Pallbearer, j'ai un peu la même impression que pour le reprise de Type O Negative: c'est bon mais il y a eu une telle explosion du doom metal ces dix dernières années que je me suis franchement lassé du genre. Ceci étant dit, il n'y a aucun doute sur le fait qu'ils font partie du haut du panier. Et la fin du morceau, effectivement plus sludge, passe mieux.


Tu n'as pas tort. L'explosion de la scène doom ces dernières années a probablement généré beaucoup trop de groupes sonnant un peu tous de la même manière. Y'a un paquet d'albums qui ont pu m'impressionner à leur sortie dont je sais que je ne les écouterais probablement plus beaucoup.
Néanmoins, j'ai l'impression que l'axe très "traditionnel" dont Pallbearer peut se réclamer n'est pas le plus représenté ; avec ce début de morceau très Trouble dans l'esprit (et je suis depuis mes années lycée un gros fan de Trouble...), le groupe s'inscrit indéniablement dans cette ligne-là.

Vraiment ravi de pouvoir échanger avec toi, décidément !!!

Avatar de Photonik

Comme d'habitude, merci pour ces précisions "linguistiques", Tori.

J'étais à peu près sûr de dire une connerie au moment de convoquer le terme "jidai-geki". Bon, maintenant, je suis à peu près certain de ne plus pouvoir me tromper : j'ignorais totalement que c'était l'origine du mot "jedi" cher à George Lucas, et c'est effectivement un bon moyen mnémotechnique...

Idem pour Tetsuo, dont j'ignorais la traduction. Joli clin d'oeil de la part d'Otomo au moment de nommer le "héros" de son "Akira", du coup : il annonce ainsi son devenir semi-métallique.

Avatar de Tori

Ah, un petit ajout, tiens...

Tori a écrit:Concernant Mushishi (je te conseille de jeter un oeil sur le manga, si tu en as l'occasio), tu parles de "gidai geki"... Il s'agit, en fait de jidai geki ("jidai" est à l'origine du mot "jedi", ça aide à se souvenir de la prononciation)... et signifie juste "drame d'époque" ("jidai" pour "époque", "geki" pour "drame"), et est, effectivement, l'équivalent du film en costumes, sauf que ça peut concerner aussi le théatre.

Le même "geki" est utilisé dans le terme "gekiga", que certains auteurs de mangas ne se reconnaissant plus dans le terme "manga" ("ga" veut dire "image", mais "man" signifie "divertissant"/"exagéré"/"involontaire") ont voulu imposer pour décrire leurs BD, plus sombres et souvent ancrées dans un monde plus réaliste.

Tori.

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Le Doc a écrit:
Oui, il y a des choses très intéressantes. J'ai d'ailleurs écrit des billets sur 5 de ces films dans les colonnes du Ciné-club (et pour les longs métrages plus récents, on a des sujets dans le forum ciné) :

The Wicker Man :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/the-wicker-man-robin-hardy-t86281.html

La Nuit des Maléfices :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/la-nuit-des-malefices-piers-haggard-t87859.html

Vij :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/vij-konstantin-ershov-georgiy-kropachyov-t88544.html

Le Renne Blanc :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/le-renne-blanc-erik-blomberg-t82637.html

La Nuit du Chasseur :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/la-nuit-du-chasseur-charles-laughton-t87213.html


:)

5 films merveilleux. J'irai lire ça. Je suis bien content de voir "Vij" et le "Renne Blanc": ces films me semblent recevoir moins d'attention qu'ils ne le méritent.

Avatar de Le Doc

Ektah a écrit:Au passage, dans ce groupe, nous sommes en train de mettre en place une liste de films estampillés "folk horror" sur imdb. Il y a plein de choses très recommandables à découvrir là-dedans, à mon avis (si on est intéressé par cet imaginaire, bien sûr): http://www.imdb.com/list/ls062558913/


Oui, il y a des choses très intéressantes. J'ai d'ailleurs écrit des billets sur 5 de ces films dans les colonnes du Ciné-club (et pour les longs métrages plus récents, on a des sujets dans le forum ciné) :

The Wicker Man :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/the-wicker-man-robin-hardy-t86281.html

La Nuit des Maléfices :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/la-nuit-des-malefices-piers-haggard-t87859.html

Vij :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/vij-konstantin-ershov-georgiy-kropachyov-t88544.html

Le Renne Blanc :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/le-renne-blanc-erik-blomberg-t82637.html

La Nuit du Chasseur :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/la-nuit-du-chasseur-charles-laughton-t87213.html

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:Je pense de même. Une des réussites du livre, c'est d'enrichir la "mythologie" du lieu et des persos (notamment ceux qui sont plutôt à l'arrière-plan dans la série, comme les frères Milford par exemple) sans rien déflorer du mystère. Frost dit en interview que c'est le point qui l'intéressait à travers ce travail : distinguer le secret du mystère. En gros, le mystère nous enveloppe, enrichit ou "magifie" nos vies, et le secret est instrumentalisé par des forces occultes, potentiellement néfastes.
J'avais trouvé cette distinction sous la plume de Guy Astic déjà (qui a eu du nez pour le coup, même s'il évoque "le mystère et l'énigme" quant à lui), et ça me semble assez lumineux.


Effectivement, cette distinction entre secret et mystère est annoncée d'entrée de jeu dans le livre de Frost et a un effet rétro-actif: je suis en train de lire, en préparation à la nouvelle saison, un fascicule, nommé "Welcome to Twin Peaks" que j'avais acheté il y a des années, rédigé (en théorie) par Frost, Lynch et un troisième gars et qui se présente comme un petit livret de présentation de la ville, comme on peut en trouver dans les offices de tourisme. Même dans un produit dérivé aussi mineur que celui-là, on retrouve un historique de la ville (qui me semble être le prototype des premiers chapitres du livre de Frost) où se révèle déjà cette distinction entre les deux types de secrets. On y voit également les premières références explicites (à ma connaissance) à la théosophie. Il y a aussi la recette de la tarte à la cerise.
Sinon, je peux me tromper, mais il me semble me souvenir que Frost avait parlé également de cette nuance dans une interview pour le fanzine "Wrapped in plastic".
Enfin, tout ça pour dire que cette distinction est dans l'air depuis longtemps et que l'approche de cette nouvelle saison semble être le moment choisi pour expliciter certaines idées sous-jacentes (pour en lancer de nouvelles ensuite, j'imagine... ou pour clôturer le tout).

Photonik a écrit:Le produit de leur collaboration, beaucoup moins : avec la trilogie Nova et les textes rassemblés dans le recueil "Le Métro Blanc", c'est ce que Burroughs a produit de plus ardu, à mon sens.


Ouch. Je suis d'accord. Un jour, je comprendrai "Nova Express". Au passage, le projet du même nom par John Zorn est tout aussi abscons.

Photonik a écrit:Ah oui, tu m'as vraiment l'air rigoureux et organisé, dis-moi. :wink:


Ben, en fait, je suis un peu obligé, sinon toutes les idées me passent au-dessus de la tête. Je connais des gens qui arrivent à intégrer des concepts ardus de manière orale. Ce n'est pas mon cas.

Photonik a écrit:Il y a de ça (même si je n'ai pas vu tous les films que tu évoques), mais dans un contexte plus urbain quand même, quand les autres films que tu cites sont plutôt "folk-horror" dans l'esprit, il me semble, et donc au moins en partie ruraux.


Alors, il se trouve qu'une des dernières raisons pour lesquelles je suis sur Facebook est la présence d'un groupe consacré à l'étude du "folk horror" dans l'art et le folklore mondial, très fréquenté et absolument passionnant. On a eu, il y a quelques années, une longue discussion pour savoir si ce type d'imaginaire était compatible avec un environnement urbain/industriel. Je fais partie du camp qui disait "absolument". On a quelques exemples, minoritaires bien sûr, de films qui s'inscrivent dans cette idée: "Quatermass and the pit" (écrit par Nigel Kneale... un génie méconnu, à mon avis... une des influences majeures de John Carpenter, au passage), "Absentia", "Strange Factories", même "Berberian Sound Studio", d'une certaine manière...
Au passage, dans ce groupe, nous sommes en train de mettre en place une liste de films estampillés "folk horror" sur imdb. Il y a plein de choses très recommandables à découvrir là-dedans, à mon avis (si on est intéressé par cet imaginaire, bien sûr): http://www.imdb.com/list/ls062558913/

Photonik a écrit:Je pense avoir vu, à une ou deux exceptions près, toutes ses conférences dans ce cadre (ou au Forum des Images). Si je trouve Thoret inégal quand il écrit, je le trouve extrêmement convaincant à l'oral ; je déplore son départ de "Mauvais Genres", d'ailleurs.


Oui, je le regrette aussi. "Mauvais Genres" reste ma grand messe radiophonique (avec "Tumataxa", bien sûr :wink: ) mais il y a eu une baisse de qualité depuis son départ, certes. Il reste quand même François Angelier (plus Pacôme et Philippe Rouyer, occasionnellement) mais je perçois quand même une certaine lassitude. Je n'ai rien contre Fausto Fasulo (d'autant qu'il apporte une orientation vers la culture japonaise que j'apprécie) mais cela fait quelques années que l'émission me fait penser à une fin de règne.

Photonik a écrit:Pour le cinéma, on évoque un moyen-métrage du cinéaste punk et nippon Sogo Ishii, à savoir le frappadingue "Electric Dragon 80 000 V". Baston survoltée et grosses guitares au programme...


Tu parlais de l'influence de Sogo Ishii sur "Tetsuo". C'est indéniable mais, en plus de "Burst City", j'aurais tendance à faire également le lien avec "Halber Mensch", son documentaire/concert filmé/essai cinématographique à propos de Einstürzende Neubauten: https://vimeo.com/9258405

Sinon, j'ai aussi entendu de très bonnes choses de sa péloche de bikers, "Crazy Thunder Road" (le film préféré de Takeshi Kitano, selon la légende).

Par ailleurs, dans la filmographie de Tadanobu Asano, je crois qu'il faut aussi nommer "Vital" qui est, en toute subjectivité, le meilleur film de Shinya Tsukamoto. En fait, je crois que ce que j'aime avec ce film fait un lien avec ton émission précédente: tu as ces visions colorées d'une sorte de paradis naturel (l'île d'Hokkaidō, si je me souviens bien). J'aime cette tendance chez les cinéastes ultra-urbains à l'évocation de la nature. Comme tu disais, on retrouve ça, chez lui, dans "Fires on the Plain" mais également dans "Hiruko the goblin" (le film en lui-même, tourné entre "Tetsuo" et "Tetsuo 2", est moyen mais la façon dont il filme la verdure est tout à fait magnifique et très réminiscent de sa carrière future).

Enfin, pour parler de "Electric Dragon 80000 V", c'est la définition même du cinéma frappadingue: très fun à regarder et rapidement oublié. Mais, dans ce style-là, le film de Ishii est probablement un des plus riches et intrigants. Il faudrait sans doute que je refasse un visionnage. Cette évocation animale/mythologique dont tu parles m'interpelle.

Photonik a écrit:Au rayon BD, on s'attaque (enfin) à une sortie incontournable de ces dernières semaines, le "Sandman : Ouverture" de la dream-team Neil Gaiman/J.H. Williams III.


Pour moi, cette bd est très dure d'accès. Bien sûr, elle est visuellement à tomber par terre (bon, chez les dessinateurs habituels de la série, je préfère le style de Michael Zulli, mais c'est extrêmement subjectif). Mais, scénaristiquement, la série originelle avait une certaine immédiateté: on appréciait tout de suite l'histoire et ressentait de l'empathie pour les personnages (ce qui n’empêchait pas, bien sûr, des relectures ultérieures pour découvrir les subtilités du scénario).
"Overture", pour le coup, est plus aride d'accès, comme tu le disais. La première série, finalement, si elle parlait essentiellement de Morphée, focalisait sa narration sur les autres personnages, humains le plus souvent, et reflétait leurs doutes et leurs errements, créant une empathie (y compris pour des ordures, d'ailleurs). Du coup, quand le point de vue adopté est celui de Dream, l'identification est plus difficile. Et cela n'est pas aidé par la narration non-linéaire, bien sûr.
Ce n'est pas une critique, toutefois, mais il va me falloir plus de relectures.

Tori a écrit:Concernant Mushishi (je te conseille de jeter un oeil sur le manga, si tu en as l'occasio), tu parles de "gidai geki"... Il s'agit, en fait de jidai geki ("jidai" est à l'origine du mot "jedi", ça aide à se souvenir de la prononciation)... et signifie juste "drame d'époque" ("jidai" pour "époque", "geki" pour "drame"), et est, effectivement, l'équivalent du film en costumes, sauf que ça peut concerner aussi le théatre.

Concernant le sous-titre de Tetsuo : The iron man, tu indiques que c'est probablement un clin d'oeil à un certain super-héros de chez Marvel... Or, c'est juste la traduction de "Tetsuo" ! Plus exactement, "Tetsuo" est constitué des kanji pour "fer"/"métal" et pour "être humain de sexe masculin" (donc "garçon" ou "homme").
De plus, je ne sais plus à quel propos, tu parles d'une revue de manga appelée "Action comics", en disant que c'est probablement en hommage au célèbre Action comics américain... En fait, "Action comics" n'est pas le nom d'un magazine, mais celui d'une collection de mangas (de Futabasha), prépubliés dans le magazine "Manga Action"... tout comme les mangas issus du Shônen jump sont dans la collection "Jump comics" (et ceux issus de Margaret dans la collection "Margaret comics") chez Shûeisha...


Merci pour ces précisions. C'est très intéressant.

Photonik a écrit:- Et en musique cette semaine, ce sera :
"We Are The Darkeners", extrait de "Bronze", dernier album en date de Crippled Black Phoenix, "Electric Bunch", issu de la BO de "Electric Dragon 80 000 V" par le groupe MACH-1.67, "Tunnel", de JK Flesh alias Justin Broadrick sur l'album "Rise Above", et on termine en retrouvant les doomsters américains de Pallbearer pour le morceau "Worlds Apart"...!


Crippled Black Phoenix, je te rejoins: tous les groupes de Justin Greaves sont passionnants. Celui-là ne fait pas exception. Même si Iron Monkey reste son sommet, à mon sens (mais j'ai tendance à être partial envers tout ce qui est estampillé sludge, crust...).

JK Flesh, pas de surprises de la part de Broadrick: c'est très bon. Pas le genre de truc que j'écouterai en boucle mais ça fonctionne parfaitement quand je suis dans le bon état d'esprit. Sinon, je peux imaginer certains clubs diffusant ce genre de musique mais les services proposés par ces lieux seraient sans doute d'une nature assez originale.

Pallbearer, j'ai un peu la même impression que pour le reprise de Type O Negative: c'est bon mais il y a eu une telle explosion du doom metal ces dix dernières années que je me suis franchement lassé du genre. Ceci étant dit, il n'y a aucun doute sur le fait qu'ils font partie du haut du panier. Et la fin du morceau, effectivement plus sludge, passe mieux.

Avatar de Tori

Bon, ça y est, je suis à jour... Je vais faire quelques commentaires rapides :

Concernant Mushishi (je te conseille de jeter un oeil sur le manga, si tu en as l'occasio), tu parles de "gidai geki"... Il s'agit, en fait de jidai geki ("jidai" est à l'origine du mot "jedi", ça aide à se souvenir de la prononciation)... et signifie juste "drame d'époque" ("jidai" pour "époque", "geki" pour "drame"), et est, effectivement, l'équivalent du film en costumes, sauf que ça peut concerner aussi le théatre.

Concernant le sous-titre de Tetsuo : The iron man, tu indiques que c'est probablement un clin d'oeil à un certain super-héros de chez Marvel... Or, c'est juste la traduction de "Tetsuo" ! Plus exactement, "Tetsuo" est constitué des kanji pour "fer"/"métal" et pour "être humain de sexe masculin" (donc "garçon" ou "homme").
De plus, je ne sais plus à quel propos, tu parles d'une revue de manga appelée "Action comics", en disant que c'est probablement en hommage au célèbre Action comics américain... En fait, "Action comics" n'est pas le nom d'un magazine, mais celui d'une collection de mangas (de Futabasha), prépubliés dans le magazine "Manga Action"... tout comme les mangas issus du Shônen jump sont dans la collection "Jump comics" (et ceux issus de Margaret dans la collection "Margaret comics") chez Shûeisha...

Ah, et le groupe Jesus Lizard, il tire son nom du basilic, le lézard qui court sur l'eau ?

Le Doc a écrit:C'est vrai, tu causes pas mal de cinéma asiatique ces dernières semaines comme tu le mentionnes au début de l'émission...et c'est cool, pour ma part ça me permet d'apprendre pas mal de choses sur un cinoche et des réalisateurs que je connais très mal (voire pas du tout comme ici Sogo Ishii).

Et, régulièrement, tu parles de cinéastes que je connais peu (alors que je connais les références que tu cites)... Et c'est un cinéma qui me parle.

Je suis très en retard en ce qui concerne Sandman. En fait, je crois même que j'ai lu plus de romans de Gaiman que de bandes dessinées (et pourtant, je l'apprécie sur les deux supports, contrairement à pas mal d'avis exprimés ici)...

Je suis en retard également sur Sandman et, comme Le Doc, j'apprécie autant les deux versants de l'oeuvre de Gaiman.

Concernant la programmation musicale, comme d'habitude, je découvre plein de trucs ! ~___^

Tori.

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Merci pour ton retour, Doc, comme à l'accoutumée.

Rassure-toi, si je me tiens à mon programme (qui peut changer), la semaine prochaine tu devrais être en terrain un peu plus familier (en BD par exemple, on risque de causer de Steve Gerber... ça fait un moment que je voulais aborder son cas).

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque un moyen-métrage du cinéaste punk et nippon Sogo Ishii, à savoir le frappadingue "Electric Dragon 80 000 V". Baston survoltée et grosses guitares au programme...


C'est vrai, tu causes pas mal de cinéma asiatique ces dernières semaines comme tu le mentionnes au début de l'émission...et c'est cool, pour ma part ça me permet d'apprendre pas mal de choses sur un cinoche et des réalisateurs que je connais très mal (voire pas du tout comme ici Sogo Ishii).

- Au rayon BD, on s'attaque (enfin) à une sortie incontournable de ces dernières semaines, le "Sandman : Ouverture" de la dream-team Neil Gaiman/J.H. Williams III.


Je suis très en retard en ce qui concerne Sandman. En fait, je crois même que j'ai lu plus de romans de Gaiman que de bandes dessinées (et pourtant, je l'apprécie sur les deux supports, contrairement à pas mal d'avis exprimés ici)...

- Pour les séries télé, on cause vite fait de la saison 2 de "Ash Vs Evil Dead", la déclinaison télévisuelle des aventures de Ash Williams, le tueur de deadites.


Grrr...là aussi, je n'ai toujours pas vu la saison 1 (comme tu t'en doutes, je regarde plus de films que de séries depuis quelque temps). Il va vraiment falloir que je m'y mette un jour...

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"We Are The Darkeners", extrait de "Bronze", dernier album en date de Crippled Black Phoenix, "Electric Bunch", issu de la BO de "Electric Dragon 80 000 V" par le groupe MACH-1.67, "Tunnel", de JK Flesh alias Justin Broadrick sur l'album "Rise Above", et on termine en retrouvant les doomsters américains de Pallbearer pour le morceau "Worlds Apart"...!


Crippled Black Phoenix et Pallbearer, c'est juste excellent, du très bon son comme je l'aime.
Par contre, le morceau "Tunnel"...j'ai laissé tomber l'oreillette le temps qu'il soit terminé. Abrasif, c'est bien le mot... :mrgreen:

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Épisode 11 : Ash contre le Dragon Electrique et le Marchand de Sable

Où l'on cause enfin du "Sandman" tome zéro, après maints et maints reports...
Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque un moyen-métrage du cinéaste punk et nippon Sogo Ishii, à savoir le frappadingue "Electric Dragon 80 000 V". Baston survoltée et grosses guitares au programme...

- Au rayon BD, on s'attaque (enfin) à une sortie incontournable de ces dernières semaines, le "Sandman : Ouverture" de la dream-team Neil Gaiman/J.H. Williams III.

- Pour les séries télé, on cause vite fait de la saison 2 de "Ash Vs Evil Dead", la déclinaison télévisuelle des aventures de Ash Williams, le tueur de deadites.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"We Are The Darkeners", extrait de "Bronze", dernier album en date de Crippled Black Phoenix, "Electric Bunch", issu de la BO de "Electric Dragon 80 000 V" par le groupe MACH-1.67, "Tunnel", de JK Flesh alias Justin Broadrick sur l'album "Rise Above", et on termine en retrouvant les doomsters américains de Pallbearer pour le morceau "Worlds Apart"...!


"Darkened heart
Enlightened mind
Whole world apart
Remain entwined..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Ektah a écrit:Hé bé. Merci pour l'accueil. (...) Enfin, je suis bien content de vous rejoindre maintenant, en tous cas.



Un plaisir partagé, encore une fois.

Ektah a écrit:Pas franchement une grosse charge de travail.



Tant mieux, tant mieux. :wink:

Ektah a écrit:Bon, de mon point de vue, ça reste un détail. Le cœur serait plutôt la ville de Twin Peaks elle-même.



Je pense de même. Une des réussites du livre, c'est d'enrichir la "mythologie" du lieu et des persos (notamment ceux qui sont plutôt à l'arrière-plan dans la série, comme les frères Milford par exemple) sans rien déflorer du mystère. Frost dit en interview que c'est le point qui l'intéressait à travers ce travail : distinguer le secret du mystère. En gros, le mystère nous enveloppe, enrichit ou "magifie" nos vies, et le secret est instrumentalisé par des forces occultes, potentiellement néfastes.
J'avais trouvé cette distinction sous la plume de Guy Astic déjà (qui a eu du nez pour le coup, même s'il évoque "le mystère et l'énigme" quant à lui), et ça me semble assez lumineux.

Ektah a écrit:D'ailleurs, la série est très didactique pour comprendre comment une collaboration peut (ou pas) fonctionner: on a le moment où Lynch est aux manettes ("Fire Walk With Me"), le moment où c'est Frost (fin de la deuxième saison et "The secret history"), le moment où les deux ont plus ou moins laissé tomber (le ventre mou au milieu de la seconde saison) et le moment où le "Third Mind" a pu opérer (première saison et début de la seconde).



Oui, j'adhère assez à ce découpage (avec la petite exception du tout dernier épisode, où Lynch reprend le dessus manifestement).

Ektah a écrit:Il ne reste plus qu'à espérer que cette nouvelle saison qui arrive corresponde au dernier cas.



La façon dont les auteurs expliquent leur collaboration (co-écriture de tous les épisodes comme s'il s'agissait d'un grand film de 15 ou 16 heures ; ils ont rédigé un seul script, mastoc du coup, pour toute la saison) le laisse penser en tout cas.

Ektah a écrit:Bon, sinon, j'apprécie beaucoup Burroughs et Gysin mais "The third mind" est un des textes que je n'ai pas lu. Enfin, je crois que je vois ce qu'ils veulent dire.



Je pense que tu as très bien saisi, la notion en elle-même est simple à concevoir (l'idée que deux esprits collaborant produisent un troisième terme, qui n'est ni l'un ni l'autre ni l'addition des deux, mais encore autre chose).
Le produit de leur collaboration, beaucoup moins : avec la trilogie Nova et les textes rassemblés dans le recueil "Le Métro Blanc", c'est ce que Burroughs a produit de plus ardu, à mon sens.
Mais l'idée reste magnifique et porteuse.

Ektah a écrit:Il est certain que ce n'est pas du tout la même approche que pour le reste de tes chroniques: on est dans un cas où il faut que je sois assis à mon bureau, avec une écoute attentive, de préférence au casque, à prendre des notes et à souvent faire pause pour faire des recherches complémentaires sur le web.



Ah oui, tu m'as vraiment l'air rigoureux et organisé, dis-moi. :wink:

Ektah a écrit:En fait, je ne suis plus totalement sûr de mes souvenirs mais je crois que le manga et la série animée se placent volontairement dans un contexte intemporel. Il y a effectivement l'habillement de Ginko mais il me semble également me rappeler d'une séquence où on voit deux lumières rouges dans la forêt. On les identifie d'abord comme des yeux animaux mais elles se révèlent être des fusils à visée laser. Et tout ça dans un contexte qui, comme tu disais, se rapproche de la campagne à l'ère Meiji. Donc, oui, ça fait bizarre de dire ça mais la série est effectivement plus audacieuse que le film d'Otomo.

(...)

Par contre, il y a une deuxième saison, nommée "Mushishi, Next Passage" inédite en Europe, semble-t-il, mais qu'on peut trouver avec des sous-titres anglais. Elle est sortie des années après la première. Je ne l'ai pas encore vue.



Je ne connaissais pas l'existence de cette deuxième saison, mais il faut vraiment que je regarde la première, déjà ; ce que tu dis là est vraiment alléchant, de mon point de vue.

Ektah a écrit:Je connais et apprécie la quasi-totalité des musiques diffusées dans Tumatxa.



C'est suffisamment rare pour être relevé. :wink:

Ektah a écrit:En tous cas, ton appréciation de ses films des 70's m'interpelle (d'autant que j'ai des dvds de "3 Women" et "McCabe & Mrs Miller" qui accumulent la poussière depuis des années). Je vais probablement m'envoyer tout ça dans les semaines qui viennent.



Je te conseille vraiment chaudement "3 Women", le meilleur Altman que j'ai vu et un des grands films sous-estimés des seventies à mon humble avis.

Ektah a écrit:Du même Richard Loncraine, j'ai entendu de bonnes choses de "Pierre qui brûle". Vous l'avez vu ?



Non plus, et je crois bien (faudrait que je vérifie) que "Le Cercle Infernal" est le seul film de Loncraine que j'ai vu...


Ektah a écrit:Pareil, "Satan, mon amour" est dans ma liste des films à voir depuis des années. En fait, le film a beau être américain, j'ai un peu tendance à le classer dans cette ligne de films britanniques à thématique satanique/paganiste de la même époque



Il y a de ça (même si je n'ai pas vu tous les films que tu évoques), mais dans un contexte plus urbain quand même, quand les autres films que tu cites sont plutôt "folk-horror" dans l'esprit, il me semble, et donc au moins en partie ruraux.

Ektah a écrit:Au passage, il n'est pas impossible que vous connaissiez déjà, mais toute la série des conférences de Thoret au Centre des arts d'Enghien est hautement recommandable.


Je pense avoir vu, à une ou deux exceptions près, toutes ses conférences dans ce cadre (ou au Forum des Images). Si je trouve Thoret inégal quand il écrit, je le trouve extrêmement convaincant à l'oral ; je déplore son départ de "Mauvais Genres", d'ailleurs.

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Le Doc a écrit:
Ektah a écrit:Du même Richard Loncraine, j'ai entendu de bonnes choses de "Pierre qui brûle". Vous l'avez vu ?


Son film avec Sting ? Non...

J'ai juste vu Le Cercle Infernal, sa version de Richard III (pas vu depuis sa sortie, mais je me rappelle d'une transposition très intéressante dans une Angleterre "alternative" des années 30) et des films plus récents (et moins mémorables ceux-là) comme la comédie romantico-sportive La Plus belle victoire avec Kirsten Dunst et le thriller Firewall avec Harrison Ford.

Et pas de vouvoiement ici...tu es le bienvenu, on se tutoie, Nom de Zeus ! :wink:


Oh oui, je suis parti du principe que je tutoyais tout le monde. Mais le "vous" venait du fait que je m’adressais aussi bien à toi qu'à Photonik ou à tout le monde dans l'assemblée. C'est vrai que, vu que c'était dans le cadre d'une réponse à ton message, il y avait une ambiguïté (assez typique des discussions sur le net).

Ah oui, j'avais oublié qu'il avait aussi fait cette adaptation de Richard III. Pas beaucoup de souvenirs de celle-là, pour être honnête. Mais je l'avais aussi vu à sa sortie. Ça commence à dater.

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Ektah a écrit:Du même Richard Loncraine, j'ai entendu de bonnes choses de "Pierre qui brûle". Vous l'avez vu ?


Son film avec Sting ? Non...

J'ai juste vu Le Cercle Infernal, sa version de Richard III (pas vu depuis sa sortie, mais je me rappelle d'une transposition très intéressante dans une Angleterre "alternative" des années 30) et des films plus récents (et moins mémorables ceux-là) comme la comédie romantico-sportive La Plus belle victoire avec Kirsten Dunst et le thriller Firewall avec Harrison Ford.

Et pas de vouvoiement ici...tu es le bienvenu, on se tutoie, Nom de Zeus ! :wink:

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Photonik a écrit:Putain, Ektah, je peux pas te dire à quel point je suis ravi de te retrouver sur ce fil de discussion. Je suis un peu nul pour les mails et les réseaux sociaux.
Je me doutais bien que c'était par ce biais que tu te tenais au courant (vu que c'est le seul moyen, en fait :wink: ) mais je ne t'avais pas vraiment posé la question...
Vraiment heureux, en tout cas.


Hé bé. Merci pour l'accueil. Ça fait toujours plaisir de se savoir le bienvenu.

En fait, dans les premières semaines où je me suis mis à archiver Tumatxa, je n'étais pas au courant de l'existence de ce thread. Donc, je me contentais de passer 1 ou 2 fois par semaine sur le site de Xiberoko Botza pour vérifier s'il y avait un nouvel épisode. Et, concernant les tags des sujets abordés, je les inscrivais au fur et à mesure de mon écoute. C'était un peu lourd, pour être honnête. Donc, la découverte de ce forum a été une bonne surprise.

Et la seule raison pour laquelle je ne me suis pas manifesté plus tôt est également le fait que je suis assez peu porté sur le web social (malgré ma présence sur Facebook). Enfin, je suis bien content de vous rejoindre maintenant, en tous cas.

Photonik a écrit:Et je te renouvelle ici mes remerciements pour ça !! Je n'ai malheureusement pas eu la patience et la rigueur nécessaire pour le faire, et tu as pallié à ce manque.


Oh, il n'y a pas de problèmes. Vu que c'est mon travail (je suis archiviste également dans la vie, comme j'ai dû te le dire), ça me prend grand maximum 15 minutes par épisode, en plus de l'écoute que j'aurais de toute façon faite par plaisir. Pas franchement une grosse charge de travail.

Photonik a écrit:J'ai dû le deviner (ou tout du moins le suspecter fortement) à peu près à mi-parcours pour ma part, principalement du fait de la thématique dominante du bouquin, à l'importance inversement proportionnelle à sa place dans la série (très discrète) mais connectée à ce personnage en particulier.
Donc oui, je peux comprendre que tu le considères comme un écueil (surtout si tu l'as vu venir de si loin), mais pour ma part j'avoue que ça ne m'a pas gêné.


Bon, de mon point de vue, ça reste un détail. Ça ne m'a pas empêché d'apprécier cette lecture. De toute façon, comme tu disais, des personnages dans le casting de la série susceptibles de tenir le rôle de l'Archiviste, il n'y en a pas cinquante. Comme ça, j'en vois quatre grand max. Finalement, je pense que le principal mystère du livre ne se situe pas là. Le cœur serait plutôt la ville de Twin Peaks elle-même.

Photonik a écrit:Je mettrais un bémol à ta remarque sur le sérieux papal du livre ; il me semble à moi que se glissent ici ou là quelques éléments d'un humour pince-sans-rire auquel la série n'est pas étrangère, elle non plus (mais je n'ai évidemment pas, con de moi, d'exemples à te fournir sur le coup)...
Mais c'est peut-être moi qui y vois ces touches quand elles n'y sont peut-être pas.


Non non. C'est juste que, lorsque j'ai écrit ces lignes, j'en était encore aux histoires entre Chief Joseph et l'expédition Lewis and Clarke, le sujet se prêtant assez peu à la gaudriole. J'ai bien vu que, par la suite, lorsqu'on rejoint les personnages emblématiques de la série, l'humour qui les caractérise revient aussi. Je n'en suis pas encore là mais j'ai cru remarquer, en feuilletant le livre, une ballade romantique écrite par Hawk à propos de Big Ed, Norma et Nadine. Je vois mal comment un tel texte pourrait être traité sérieusement.

Photonik a écrit:Ah merci pour ça aussi, je vais me jeter là-dessus.
Je considère moi aussi que "Twin Peaks" est une entité bicéphale à part entière, il ne faut évidemment surtout pas minimiser les apports de Frost ici. On pourrait même presque dire, en reprenant le concept du "Third Mind" cher à William Burroughs et Brion Gysin, que la série est en fait le fruit d'un troisième esprit, produit de la collaboration entre Lynch et Frost.
D'ailleurs, quand l'un ou l'autre manque à l'appel (Lynch n'a même pas lu "L'Histoire secrète de Twin Peaks" et Frost n'a pas souhaité travailler sur "Fire Walk With Me", le film-prologue), "Twin Peaks" change sensiblement de saveur, même si le résultat est toujours passionnant.


Effectivement, la relation entre Frost et Lynch (et ABC en arrière-plan) a parfois été fusionnelle, parfois opposée, et constitue une belle illustration du "Third Mind".
D'ailleurs, la série est très didactique pour comprendre comment une collaboration peut (ou pas) fonctionner: on a le moment où Lynch est aux manettes ("Fire Walk With Me"), le moment où c'est Frost (fin de la deuxième saison et "The secret history"), le moment où les deux ont plus ou moins laissé tomber (le ventre mou au milieu de la seconde saison) et le moment où le "Third Mind" a pu opérer (première saison et début de la seconde). Il ne reste plus qu'à espérer que cette nouvelle saison qui arrive corresponde au dernier cas.

Bon, sinon, j'apprécie beaucoup Burroughs et Gysin mais "The third mind" est un des textes que je n'ai pas lu. Enfin, je crois que je vois ce qu'ils veulent dire.

Photonik a écrit:Tu peux pas savoir à quel point ton retour sur ce point me fait plaisir ; je remarque, et je le comprends car l'exercice est ardu pour l'auditeur, que les chroniques portant sur la philo (le plus souvent signées par mon camarade Thomas, fraîchement agrégé de philo le bougre) sont assez "difficiles" à digérer et donc à apprécier. Si de ton côté tu as pu y trouver ton compte à toi, j'en suis vraiment ravi.


Il est certain que ce n'est pas du tout la même approche que pour le reste de tes chroniques: on est dans un cas où il faut que je sois assis à mon bureau, avec une écoute attentive, de préférence au casque, à prendre des notes et à souvent faire pause pour faire des recherches complémentaires sur le web. En fait, c'est le genre d'études qu'il faut faire pour tout document de nature scientifique (que ce soit de sciences humaines, sociales ou abstraites). Une simple écoute, en général, ne suffit pas (pour moi, en tous cas). Après, avoir envie de se taper tout ce processus ou pas, c'est personnel...

Photonik a écrit:Oui, j'ai lu des retours vraiment élogieux sur la série animée (qui ne comprend qu'une seule saison, faudrait que je me laisse tenter).
C'est une œuvre qui a l'air vraiment singulière, plus que le film d'Otomo il me semble. Par exemple, le perso principal y est vêtu de manière contemporaine "à l'occidentale", quand le récit se déroule il y a plus d'un siècle au Japon. Il paraît que l'auteur a tout simplement décidé de conserver le design original du perso, lorsqu'il pensait que le récit serait ancré dans l'époque contemporaine. J'aime beaucoup ce genre de petites audaces bizarres.


En fait, je ne suis plus totalement sûr de mes souvenirs mais je crois que le manga et la série animée se placent volontairement dans un contexte intemporel. Il y a effectivement l'habillement de Ginko mais il me semble également me rappeler d'une séquence où on voit deux lumières rouges dans la forêt. On les identifie d'abord comme des yeux animaux mais elles se révèlent être des fusils à visée laser. Et tout ça dans un contexte qui, comme tu disais, se rapproche de la campagne à l'ère Meiji. Donc, oui, ça fait bizarre de dire ça mais la série est effectivement plus audacieuse que le film d'Otomo. Par contre, ce dernier est sans doute un peu plus maîtrisé. La lenteur de la série est quelque chose qui est annoncé d'entrée de jeu et participe à l'onirisme de l’œuvre mais il y a quelques épisodes où l'ambiance finit par en souffrir, à mon avis. Enfin, c'est très subjectif comme impression.

Par contre, il y a une deuxième saison, nommée "Mushishi, Next Passage" inédite en Europe, semble-t-il, mais qu'on peut trouver avec des sous-titres anglais. Elle est sortie des années après la première. Je ne l'ai pas encore vue.

Photonik a écrit:Décidément, on est sur la même longueur d'ondes. :wink:


Oh, ce n'est qu'un début. Il me semble que nous avons à peu près le même âge et nous devons avoir un trajet musical assez similaire. Je connais et apprécie la quasi-totalité des musiques diffusées dans Tumatxa. Même lorsque tu te lâches avec des trucs noisy comme Naked City ou Prurient (pour prendre deux exemples au hasard), ce sont déjà des choses avec lesquelles je suis familier et que je peux apprécier (à petites doses...).

Pour ce qui est des Jesus Lizard, je reste un inconditionnel de l'album "Goat", et un peu moins du reste. Mais cette chanson en particulier reste très accrocheuse. Et, comme disait Thomas, c'est probablement le sommet de ce disque que je trouve, sinon, plutôt oubliable.

Concernant Meshuggah, on dira juste que je suis suffisamment fan pour considérer que même un disque secondaire (et assez redondant, c'est vrai) reste à des années-lumières de la production discographique habituelle.

Photonik a écrit:Encore merci pour ton travail, tu es l'authentiques Archiviste pour le coup. :wink:


Ben oui, c'est quasiment mon sacerdoce. Je suis juste content de le faire pour une création que j'apprécie. :wink:

Le Doc a écrit:Je n'ai pas vu beaucoup de films de Robert Altman. J'ai vu M.A.S.H., j'ai vu Popeye (chroniqué dans les colonnes du ciné-club), j'ai vu The Player (son film choral sur le monde du cinéma, intéressant mais inégal) et un ou deux autres plus oubliables (comme Dr T. et les femmes).
Ton évocation de ses premières œuvres flirtant avec le fantastique m'a intrigué...


Pareil. Sur Altman, je dois bien avouer ma méconnaissance. J'avais vu et apprécié "Short Cuts" à sa sortie mais c'est trop lointain. Je ne m'en souviens presque plus. Plus récemment, j'ai beaucoup aimé "The Last Show" et "MASH" mais tout le reste m'est parfaitement inconnu. En tous cas, ton appréciation de ses films des 70's m'interpelle (d'autant que j'ai des dvds de "3 Women" et "McCabe & Mrs Miller" qui accumulent la poussière depuis des années). Je vais probablement m'envoyer tout ça dans les semaines qui viennent.

Le Doc a écrit:Oui, j'aime beaucoup Le Cercle Infernal de Richard Loncraine (d'après le roman Julia de Peter Straub)...très beau film, très marquant (j'ai encore des scènes en mémoire, comme celle de la mort à l'origine du trauma du personnage joué par Mia Farrow, alors que ma dernière vision du film remonte à une dizaine d'années).


Du même Richard Loncraine, j'ai entendu de bonnes choses de "Pierre qui brûle". Vous l'avez vu ?

Le Doc a écrit:Par contre, je connais Satan, mon amour mais je ne l'ai pas encore vu...


Pareil, "Satan, mon amour" est dans ma liste des films à voir depuis des années. En fait, le film a beau être américain, j'ai un peu tendance à le classer dans cette ligne de films britanniques à thématique satanique/paganiste de la même époque, à la manière de "The Devil Rides Out", "Une fille pour le diable" (En considérant que la fille en question est interprétée par Nastassja Kinski, ce titre a une certaine résonance) ou "Requiem for a Village", dans un style qui est en train de faire de retour en ce moment, il me semble, avec des films comme "The witch", "Kill List" et consorts. Après, n'ayant pas vu le film, peut-être que je me fais une idée fausse de son ton.

calvinball a écrit:
Photonik a écrit:Aussitôt dit, aussitôt fait !!
(c'est pas un lien Youtube mais Dailymotion)

http://www.dailymotion.com/video/xaxwl7 ... shortfilms


miam !

merci ;)


Au passage, il n'est pas impossible que vous connaissiez déjà, mais toute la série des conférences de Thoret au Centre des arts d'Enghien est hautement recommandable. C'est un soulagement qu'il n'ait pas été tué le jour du massacre à Charlie Hebdo.

https://www.youtube.com/user/Cine70s/videos

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Photonik a écrit:Il faudrait que je remette la main sur une vidéo de Jean-Baptiste Thoret, qui traîne sur Youtube, où il expose de manière très abordable et didactique les thèses de Deleuze sur le cinéma, en liant ça via de nombreux exemples à l'histoire du cinéma, justement.

Et bien si tu retrouves ça je serai curieux de mettre une oreille dessus !
J'ai quelques émissions de retard aussi mais j'ai écouté cette dernière avec bonheur. Notamment la partie de Thomas qui, malgré sa densité, était tout a fait intéressante. J'ai toujours un peu de mal à franchir le pas dans les textes d'analyses, un peu comme le Doc je préfère les histoires sur les films. Ceci-dit, mis en lumière de cette manière et placé dans le contexte de l'histoire de la philosophie et de celle du cinéma c'est très intéressant ! Et assez fascinant aussi de savoir que Bergson s'est penché sur la question quelques années à peine après la naissance du cinéma, pour en avoir élaborer des réflexions qui trouvent encore écho aujourd'hui !
Bon je pense qu'une seconde écoute sera pas de trop pour digérer tout ça...

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Tori a écrit:Plus anciennement, il y a eu adaptation de James Bond en comics, au Royaume-Uni (logique, en même temps)

Tori.


Effectivement ça semble assez logique ; je n'en avais jamais entendu parler de mon côté, merci pour cette précision, comme d'hab'.

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Marko a écrit:Dans la vaste filmo d'Altman, celui qui a ma préférence doit sans doute être "The Long Goodbye", une des meilleures adaptations de Chandler, et que l'on peut aisément considérer comme le précurseur de films tels que "The Big Lebowski" et "Inherent Vice".


J'ai justement prévu de le voir (car je ne le connais pas pour l'instant) ces jours-ci ; il faudra bien que je fasse un sort similaire de "John McCabe", un des ces quatre...

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J'ai trois (ou quatre ?) émissions de retard, mais j'ai lu un article récemment qui m'a remémoré un bout de sujet abordé ici...

Photonik a écrit:
n.nemo a écrit: j'ai cru t entendre dire qu'il n'y avait pas eu de comics james bond avant la série actuelle. Si c'est bien ce que tu as dit, ce qui m'étonnerait quand même, j'ai souvenir d'une très bonne mini que je conseille, chez dark horse je crois bien (qui d'autre ?), façon film et pas livre, avec un gulacy au top, .



J'ai peut-être bien dit ça mais je crois avoir rectifié de suite en précisant que je ne connaissais aucun antécédent. Car à la réflexion, il est hautement improbable, même si on est mal rencardé comme moi sur le coup, qu'il n'y ait pas eu de comics James Bond avant ce titre chez Dynamite...
Je le note pour le titre Dark Horse, même si je connais pas bien Gulacy.


Plus anciennement, il y a eu adaptation de James Bond en comics, au Royaume-Uni (logique, en même temps) :
Il s'agissait d'adaptation des romans de Fleming en strips dans le Daily Express.
D'abord dessinés par John McLusky (avec différents auteurs au scénario, mais principalement Henrry Gammidge) dès 1958.
À partir de 1966, la relève fut assurée par Jim Lawrence au scénario et Larry Horak au dessin.
Image

Tori.

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Photonik a écrit:Je pense que tu connais et apprécie certains fleurons américains du fantastique "intimiste" des années 70, à la fibre féministe pour le dire très vite (comme "Le Cercle Infernal" par exemple, ou "Satan, mon amour" pour prendre un exemple moins connu)


Oui, j'aime beaucoup Le Cercle Infernal de Richard Loncraine (d'après le roman Julia de Peter Straub)...très beau film, très marquant (j'ai encore des scènes en mémoire, comme celle de la mort à l'origine du trauma du personnage joué par Mia Farrow, alors que ma dernière vision du film remonte à une dizaine d'années).

Par contre, je connais Satan, mon amour mais je ne l'ai pas encore vu...

Avatar de Marko

Dans la vaste filmo d'Altman, celui qui a ma préférence doit sans doute être "The Long Goodbye", une des meilleures adaptations de Chandler, et que l'on peut aisément considérer comme le précurseur de films tels que "The Big Lebowski" et "Inherent Vice".
Et il y a aussi son fameux western :

Player Sanctuary

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Comme d'habitude, merci pour ton assiduité sans failles...

Le Doc a écrit:Je n'ai pas vu beaucoup de films de Robert Altman.
Ton évocation de ses premières oeuvres flirtant avec le fantastique m'a intrigué...


Je pense que tu connais et apprécie certains fleurons américains du fantastique "intimiste" des années 70, à la fibre féministe pour le dire très vite (comme "Le Cercle Infernal" par exemple, ou "Satan, mon amour" pour prendre un exemple moins connu) ; la trilogie informelle de Robert Altman que je signale avec "That Cold Day In The Park", "Images" et "Three Wowen" devrait être en mesure de t'intéresser par ses thématiques, même si elle ne fait que flirter, très intelligemment, avec le fantastique.

Le Doc a écrit:Disons que je suis toujours plus passionné par l'Histoire des films que par cette façon d'appréhender et d'analyser le cinéma...


Il faudrait que je remette la main sur une vidéo de Jean-Baptiste Thoret, qui traîne sur Youtube, où il expose de manière très abordable et didactique les thèses de Deleuze sur le cinéma, en liant ça via de nombreux exemples à l'histoire du cinéma, justement.

Le Doc a écrit:Pas mal du tout, The Jesus Lizard.


Oui, c'est très chouette. Je connais mal pour ma part, mais je suis par contre très fan de Tomahawk, l'autre groupe du guitariste Duane Denison (avec l'hyperactif Mike Patton au chant).

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, j'évoque un titre peu connu de la filmo du prolifique et versatile Robert Altman, avec "Images" (1972), deuxième volet d'une trilogie informelle passionnante et étrange cachée au coeur de son oeuvre.


Je n'ai pas vu beaucoup de films de Robert Altman. J'ai vu M.A.S.H., j'ai vu Popeye (chroniqué dans les colonnes du ciné-club), j'ai vu The Player (son film choral sur le monde du cinéma, intéressant mais inégal) et un ou deux autres plus oubliables (comme Dr T. et les femmes).
Ton évocation de ses premières oeuvres flirtant avec le fantastique m'a intrigué...

Tu peux pas savoir à quel point ton retour sur ce point me fait plaisir ; je remarque, et je le comprends car l'exercice est ardu pour l'auditeur, que les chroniques portant sur la philo (le plus souvent signées par mon camarade Thomas, fraîchement agrégé de philo le bougre) sont assez "difficiles" à digérer et donc à apprécier.


Je l'avoue, je suis allé jusqu'au bout mais j'ai du l'écouter en deux fois...et j'ai vite été perdu. Disons que je suis toujours plus passionné par l'Histoire des films que par cette façon d'appréhender et d'analyser le cinéma...

"Nostrum", extrait de "The Violent Sleep of Reason", dernier album en date des suédois tarés de Meshuggah, "Good Riddance", issu de l'album "Shot" des noise-rockers de The Jesus Lizard, "Freeze", de LFO sur leur album "Frequencies", et on termine en retrouvant pour la deuxième semaine d'affilée Type O Negative, qui reprend à sa manière inimitable l'hymne de Black Sabbath "Paranoid"...!


Pas mal du tout, The Jesus Lizard. Je ne connaissais pas et j'ai trouvé le morceau très réussi, très prenant. Pour Type O Negative, tu connais déjà mon avis, c'est une super reprise.

Les deux autres titres...ne sont pas pour moi... :wink:

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Ektah a écrit:Salut, tout le monde. Je sors un peu de l'ombre pour faire coucou.


Putain, Ektah, je peux pas te dire à quel point je suis ravi de te retrouver sur ce fil de discussion. Je suis un peu nul pour les mails et les réseaux sociaux.
Je me doutais bien que c'était par ce biais que tu te tenais au courant (vu que c'est le seul moyen, en fait :wink: ) mais je ne t'avais pas vraiment posé la question...
Vraiment heureux, en tout cas.

Ektah a écrit:Et, du coup, me rendant compte qu'il n'y avais pas de service d'archives, j'avais commencé à les sauvegarder puis à les mettre en ligne, avec la permission de Photonik.


Et je te renouvelle ici mes remerciements pour ça !! Je n'ai malheureusement pas eu la patience et la rigueur nécessaire pour le faire, et tu as pallié à ce manque.

Ektah a écrit:Donc, si jamais quelqu'un cherche les vieux épisodes (enfin, ceux que j'ai sauvegardé depuis ma découverte de ces chroniques... il y en a un paquet qui sont perdus avant ça, j'en ai peur), ils sont là:
https://drive.google.com/drive/folders/0BzIvDJWF_DWaNUxPNHFoZTZJN0k


J'avais mis un lien vers tes archives en page 51, mais il ne me semble pas inutile de le faire remonter...
Je ferai remonter régulièrement le lien dorénavant, tiens.

Ektah a écrit:La comparaison que tu fais avec "House of Leaves" est tout à fait pertinente mais le livre m'a plus encore fait penser à "The Wild Palms Reader", qui a une approche assez similaire à celle de Frost mais concernant "Wild Palms", soit une compilation d'articles de provenances variées destinée à préciser le monde présenté dans la série et, surtout, son histoire.


Très intéressant, ça.
Comme tu le sais, j'ai abordé le cas de "Wild Palms" (la série) il y a quelques mois ; en me renseignant, j'ai eu vent de ce livre et l'approche choisie que tu résumes ici m'avait interpellé. Ce que tu en dis là renouvelle en tout cas mon intérêt pour cet ouvrage, ça m'a l'air très original et alléchant, tout ça, sans même prendre en compte le casting convoqué, impressionnant.



Ektah a écrit:Pour en revenir à Mark Frost, un mini-reproche que je pourrais faire à son "Histoire secrète" est le fait que j'avais deviné quasiment tout de suite qui était l'archiviste: ce personnage a des maniérismes très reconnaissables dans sa façon de s'exprimer. Et j'ai vérifié en allant à la fin du livre: je ne m'étais pas trompé. Je pense que les fans hardcore de "Twin Peaks" n'auront aucune difficulté pour percer ce mystère-là. Ceci étant dit, le projet central du livre, soit la volonté d'enrichir le monde fonctionne bien et rend la lecture très addictive. Pour l'instant, j'apprécie bien.


J'ai dû le deviner (ou tout du moins le suspecter fortement) à peu près à mi-parcours pour ma part, principalement du fait de la thématique dominante du bouquin, à l'importance inversement proportionnelle à sa place dans la série (très discrète) mais connectée à ce personnage en particulier.
Donc oui, je peux comprendre que tu le considères comme un écueil (surtout si tu l'as vu venir de si loin), mais pour ma part j'avoue que ça ne m'a pas gêné.

Je mettrais un bémol à ta remarque sur le sérieux papal du livre ; il me semble à moi que se glissent ici ou là quelques éléments d'un humour pince-sans-rire auquel la série n'est pas étrangère, elle non plus (mais je n'ai évidemment pas, con de moi, d'exemples à te fournir sur le coup)...
Mais c'est peut-être moi qui y vois ces touches quand elles n'y sont peut-être pas. Le livre demeure en tout cas, comme tu le dis, très addictif une fois entamé.

Ektah a écrit:Et, en complément à tout cela, un pote m'a envoyé les liens de cette série d'analyses vidéos de la série:
http://welcometotwinpeaks.com/video/journey-through-twin-peaks-essay/


Ah merci pour ça aussi, je vais me jeter là-dessus.
Je considère moi aussi que "Twin Peaks" est une entité bicéphale à part entière, il ne faut évidemment surtout pas minimiser les apports de Frost ici. On pourrait même presque dire, en reprenant le concept du "Third Mind" cher à William Burroughs et Brion Gysin, que la série est en fait le fruit d'un troisième esprit, produit de la collaboration entre Lynch et Frost.
D'ailleurs, quand l'un ou l'autre manque à l'appel (Lynch n'a même pas lu "L'Histoire secrète de Twin Peaks" et Frost n'a pas souhaité travailler sur "Fire Walk With Me", le film-prologue), "Twin Peaks" change sensiblement de saveur, même si le résultat est toujours passionnant.

Ektah a écrit:Merci pour ça. J'ai toujours eu les plus grandes difficultés à appréhender Deleuze. Je pense que votre discussion, et notamment la rétrospective au début, va probablement beaucoup m'aider. Notamment la place centrale que vous donnez à "Mille Plateaux" est sans doute un bon indice.


Tu peux pas savoir à quel point ton retour sur ce point me fait plaisir ; je remarque, et je le comprends car l'exercice est ardu pour l'auditeur, que les chroniques portant sur la philo (le plus souvent signées par mon camarade Thomas, fraîchement agrégé de philo le bougre) sont assez "difficiles" à digérer et donc à apprécier. Si de ton côté tu as pu y trouver ton compte à toi, j'en suis vraiment ravi.


Ektah a écrit:J'ai bien aimé sa version de "Mushishi" mais, pour moi, la version définitive serait plutôt la série animée. J'ai aussi lu les mangas qui, étonnamment, malgré leur grande similitude d'avec les dessins animés, fonctionnent beaucoup moins bien.


Oui, j'ai lu des retours vraiment élogieux sur la série animée (qui ne comprend qu'une seule saison, faudrait que je me laisse tenter).
C'est une oeuvre qui a l'air vraiment singulière, plus que le film d'Otomo il me semble. Par exemple, le perso principal y est vêtu de manière contemporaine "à l'occidentale", quand le récit se déroule il y a plus d'un siècle au Japon. Il paraît que l'auteur a tout simplement décidé de conserver le design original du perso, lorsqu'il pensait que le récit serait ancré dans l'époque contemporaine. J'aime beaucoup ce genre de petites audaces bizarres.

Ektah a écrit:Et, musicalement, ça fait plaisir de réentendre parler de Type O Negative.


Décidément, on est sur la même longueur d'ondes. :wink:

Encore merci pour ton travail, tu es l'authentiques Archiviste pour le coup. :wink:
Au plaisir de te retrouver ici pour des échanges que j'imagine déjà très fructueux. Tu verras que l'on croise ici des gens de bien.

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Merci, Jack!. Au plaisir de causer de tout ça avec vous !

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Mazette ! Bienvenida Ektah !

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Salut, tout le monde. Je sors un peu de l'ombre pour faire coucou. J'utilise ce fil de discussion depuis quelques années pour me tenir au courant de la sortie des nouveaux épisodes de Tumatxa car c'est moi qui m'occupe de la mise en ligne des archives de l'émission. A la base, j'en avais entendu parler par Pacôme Thiellement lors de la critique de son livre "Pop Yoga". Et, du coup, me rendant compte qu'il n'y avais pas de service d'archives, j'avais commencé à les sauvegarder puis à les mettre en ligne, avec la permission de Photonik.

Donc, si jamais quelqu'un cherche les vieux épisodes (enfin, ceux que j'ai sauvegardé depuis ma découverte de ces chroniques... il y en a un paquet qui sont perdus avant ça, j'en ai peur), ils sont là:
https://drive.google.com/drive/folders/0BzIvDJWF_DWaNUxPNHFoZTZJN0k

Photonik a écrit:Au rayon littérature, on évoque "L'Histoire secrète de Twin Peaks", signé par l'un des co-auteurs de la série, Mark Frost, qui nous propose ici un apéritif idéal avant la diffusion de la très attendue saison 3 de la meilleure série de tous les temps (avec deux ou trois autres...).


Je vais en profiter pour faire le lien entre deux de tes chroniques. La comparaison que tu fais avec "House of Leaves" est tout à fait pertinente mais le livre m'a plus encore fait penser à "The Wild Palms Reader", qui a une approche assez similaire à celle de Frost mais concernant "Wild Palms", soit une compilation d'articles de provenances variées destinée à préciser le monde présenté dans la série et, surtout, son histoire. La différence, par contre, réside dans le fait que chaque article est écrit par un auteur différent et pas par n'importe qui: Lemmy, Laibach, Genesis P. Orridge, Norman Spinrad (que tu évoquais aussi, il y a quelques semaines), William Gibson bien sûr, et bien d'autres, le tout sous la direction de Bruce Wagner.

Une autre différence est le ton employé: le livre de Twin Peaks est désespérément sérieux (enfin, pour ce que j'en ai vu pour l'instant: j'en ai lu une cinquantaine de pages), alors que celui de Wild Palms a un coté un peu plus sarcastique qui m'amuse beaucoup. J'ai beaucoup ri, par exemple, devant la page présentant les programmes tv fictionnels de ce monde. Ils s'amusent même à casser le quatrième mur de bien étrange manière: par exemple, il semblerait que le personnage fictif Tony Kreutzer ait eu une affaire avec Kim Cattrall, c'est à dire l'actrice réelle qui, dans la série, interprète Paige Katz, qui est également la maîtresse de Kreutzer. C'est ce genre de jeux qui me fait adorer ce bouquin. Aussi, il y a les paroles d'une chanson fictionnelle de Motörhead écrites par Lemmy.

Si vous avez l'occasion de mettre la main dessus, que vous lisez l'anglais et que vous appréciez "Wild Palms" (par contre, c'est important de se souvenir de la série pour apprécier le livre), je pense que vous devriez jeter un coup d’œil dessus. En fait, plus le temps passe, plus je préfère le livre à l’œuvre dont il est issu.

Pour en revenir à Mark Frost, un mini-reproche que je pourrais faire à son "Histoire secrète" est le fait que j'avais deviné quasiment tout de suite qui était l'archiviste: ce personnage a des maniérismes très reconnaissables dans sa façon de s'exprimer. Et j'ai vérifié en allant à la fin du livre: je ne m'étais pas trompé. Je pense que les fans hardcore de "Twin Peaks" n'auront aucune difficulté pour percer ce mystère-là. Ceci étant dit, le projet central du livre, soit la volonté d'enrichir le monde fonctionne bien et rend la lecture très addictive. Pour l'instant, j'apprécie bien.

Et, en complément à tout cela, un pote m'a envoyé les liens de cette série d'analyses vidéos de la série:
http://welcometotwinpeaks.com/video/journey-through-twin-peaks-essay/
Il y a une bonne dose de subjectivité dans ce qu'il raconte, notamment dans les liens qu'il tisse avec d'autres films et dans les préoccupations spirituelles des deux créateurs de la série, mais certaines idées font parfaitement sens. Je n'avais pas fait le rapprochement avec la théosophie jusqu'ici mais il me semble maintenant indéniable, cela étant encore confirmé par le livre de Frost. Et le fait que la série est une entité bicéphale me semble vrai aussi (ce qu'on a tendance à oublier à cause de la célébrité de Lynch).
Donc, on peut penser ce qu'on veut de ces analyses mais elles restent intéressantes, à mon avis.

Photonik a écrit:- Au rayon littérature/philo (et aussi ciné, pour le coup), Thomas s'attaque à un gros morceau, incontournable dans le cadre des études cinématographiques de ces trente dernières années, avec le "Cinéma 1 : l'image-mouvement" de Gilles Deleuze.


Merci pour ça. J'ai toujours eu les plus grandes difficultés à appréhender Deleuze. Je pense que votre discussion, et notamment la rétrospective au début, va probablement beaucoup m'aider. Notamment la place centrale que vous donnez à "Mille Plateaux" est sans doute un bon indice.

Photonik a écrit:- Pour le cinéma, c'est double portion de frites, avec non pas un mais deux films, "World Apartment Horror" et "Mushishi", signés par le génie de la BD et de l'animation nipponnes, le grand Katsuhiro Otomo, qui réalise là ses deux seuls films "live".


J'ai bien aimé sa version de "Mushishi" mais, pour moi, la version définitive serait plutôt la série animée. J'ai aussi lu les mangas qui, étonnamment, malgré leur grande similitude d'avec les dessins animés, fonctionnent beaucoup moins bien.

Et, musicalement, ça fait plaisir de réentendre parler de Type O Negative.

Avatar de Photonik

Aaaah, "Wolf Moon" : autre grand moment de leur répertoire, comme l'ensemble de leur album "October Rust" d'ailleurs...

Au sujet des reprises, il faut signaler que le groupe a toujours excellé dans cet exercice, signant des "covers" à la fois identifiables mais totalement réappropriées aussi.
A ce titre j'adore leur "Summer Breeze" emprunté au groupe de soft-rock Seals and Crofts (la version de Type O servait de générique au premier "Souviens-toi l'été dernier", un néo-slasher post-"Scream"), et l'excellent "Cinnamon Girl" initialement signé par Neil Young. Ils ont même inclus dans leur cinquième album "World Coming Down" un medley des Beatles, un des groupes favoris de leur leader Peter Steele.

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Photonik a écrit:Je bouillonne littéralement d'impatience ; j'ai d'ailleurs entamé un revisionnage des deux premières saisons, pour la peine, comme je dois le signaler durant l'émission.
Faut que tu regardes ça, Doc !!!


Peut-être...Lynch n'est plus un réalisateur vers lequel je me tourne facilement...je verrais si je me laisse tenter si la série est dispo par mes moyens habituels à l'approche de la saison 3...

Photonik a écrit:Tu connais l'original par Type O Negative ? Cool.


Un pote m'avait fait découvrir le groupe dans les années 90. Et c'est cool que tu proposes leur reprise de Paranoid cette semaine. Tu m'as donné aussi envie de réécouter Black Number One et d'autres titres comme Wolf Moon et c'est ce que j'ai dans les oreilles en ce moment en écrivant...

Avatar de Photonik

Épisode 10 : Les Images en mouvement

Emission un peu particulière cette semaine puisque je retrouve mon compère Thomas pour une émission en tandem comme on en faisai plus depuis quelques temps..!
Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, j'évoque un titre peu connu de la filmo du prolifique et versatile Robert Altman, avec "Images" (1972), deuxième volet d'une trilogie informelle passionnante et étrange cachée au coeur de son oeuvre.

- Au rayon littérature/philo (et aussi ciné, pour le coup), Thomas s'attaque à un gros morceau, incontournable dans le cadre des études cinématographiques de ces trente dernières années, avec le "Cinéma 1 : l'image-mouvement" de Gilles Deleuze.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Nostrum", extrait de "The Violent Sleep of Reason", dernier album en date des suédois tarés de Meshuggah, "Good Riddance", issu de l'album "Shot" des noise-rockers de The Jesus Lizard, "Freeze", de LFO sur leur album "Frequencies", et on termine en retrouvant pour la deuxième semaine d'affilée Type O Negative, qui reprend à sa manière inimitable l'hymne de Black Sabbath "Paranoid"...!


"All day long I think of things but nothing seems to satisfy
Think I'll lose my mind if I don't find something to pacify
Can you help me, occupy my brain..?"


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

Avatar de Photonik

Le Doc a écrit:Encore une émission très intéressante, très instructive.


Merci beaucoup, ça fait plaisir !! :wink:

Le Doc a écrit:disons que je suis plus Elephant Man, Sailor et Lula et Une Histoire Vraie que Mulholland Drive, Lost Highway et Inland Empire...je trouve une part de sa filmo très intéressante...et l'autre partie m'a complètement perdu).


La scission dans sa filmo que tu évoques là est flagrante, ouais. Perso, j'aime autant l'une comme l'autre de ces périodes, mais pour des raisons différentes. Peut-être au final que je suis quand même un peu plus intéressé par le Lynch le plus obscur (dernière période, donc)...

Le Doc a écrit:Au fait, l'info est tombée (voir aussi le sujet sur la série) : la diffusion de la saison 3 de Twin Peaks débutera le 21 mai.


Je bouillonne littéralement d'impatience ; j'ai d'ailleurs entamé un revisionnage des deux premières saisons, pour la peine, comme je dois le signaler durant l'émission.
Faut que tu regardes ça, Doc !!!

Le Doc a écrit:Pour la playlist, ma préférence va à Pallbearer (excellente reprise...je ne connaissais que l'original)


Tu connais l'original par Type O Negative ? Cool. C'est un groupe dont je suis très fan et que je trouve complètement sous-estimé. J'en réécoute pas mal en ce moment (surtout leur "Bloody Kisses", avec "Black Number One", morceau génial).

Avatar de Le Doc

Encore une émission très intéressante, très instructive. En effet, comme j'ai déjà du le signaler quelque part, je ne connais pas vraiment le cinoche de Tsukamoto (j'ai juste vu le premier Tetsuo il y a bien longtemps) et je n'ai jamais regardé Twin Peaks. Je ne suis pas non plus un fan absolu de David Lynch (mais je ne déteste pas, hein...disons que je suis plus Elephant Man, Sailor et Lula et Une Histoire Vraie que Mulholland Drive, Lost Highway et Inland Empire...je trouve une part de sa filmo très intéressante...et l'autre partie m'a complètement perdu).
Au fait, l'info est tombée (voir aussi le sujet sur la série) : la diffusion de la saison 3 de Twin Peaks débutera le 21 mai.

Pour la playlist, ma préférence va à Pallbearer (excellente reprise...je ne connaissais que l'original) et à Anciients (super son, un titre très accrocheur...même si le chanteur beugle parfois un peu trop pour mon goût :wink: )...

Avatar de Photonik

Merci pour ton appréciation, Benoît !!

Pour ta question en mode spoiler, la réponse est non (j'avoue que c'était ma première idée aussi). Si tu ne penses pas lire le livre, je te mets la réponse sur le même mode :
[spoiler]l'Archiviste n'est autre que le Major Briggs, le père de Bobby le bad boy ; pas incohérent quand on sait que le livre tourne beaucoup autour de l'ufologie, et que c'est ce perso qui en fait l'expérience concrète la plus directe dans la série. A la fin du livre de Frost, on apprend que c'est Douglas Milford, le perso fil rouge du bouquin (perso très mineur dans la série, donc), qui l'a formé à prendre sa relève en tant que "gardien" de Twin Peaks.
Autre élément important du livre, qui est d'ailleurs le seul qui se passe APRES la fin de la saison 2 : on apprend en conclusion que Briggs a reçu la visite du Dale Cooper possédé par Bob, et on perd sa trace après ça...
[/spoiler]

Avatar de Benoît

Je pose la question parce que je ne lirai sans doute pas le livre de Mark Frost:
[spoiler]l'archiviste, ce ne serait pas la femme à la bûche?[/spoiler]
Chouette évocation des films, ça m'a remis des éléments de Fires on the plain en mémoire avant d'attaquer la version de Kon Ichikawa.