TUMATXA : ÉPISODE 9 - L'HISTOIRE SECRÈTE DES FEUX DANS LA PLAINE

J'en profite pour souhaiter les meilleurs vœux possibles à tous et toutes pour 2017 !!
Le programme cette semaine (chargé, mais moins que prévu, donc) :

- Pour le cinéma, c'est encore double portion de frites, puisque l'on évoque la sortie d'un Blu-Ray comprenant deux des derniers travaux en date de Shinya Tsukamoto, à savoir "Tetsuo III : The Bullet Man" et "Fires On The Plain", sur lequel on s'attardera un peu plus longuement.

- Au rayon littérature, on évoque "L'Histoire secrète de Twin Peaks", signé par l'un des co-auteurs de la série, Mark Frost, qui nous propose ici un apéritif idéal avant la diffusion de la très attendue saison 3 de la meilleure série de tous les temps (avec deux ou trois autres...).

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Love You To Death", reprise par les doomsters de Pallbearer d'un titre génial de feu Type O Negative, "Definition of Being Alive", morceau ambient martial signé In Slaughter Natives, "Raise The Sun", morceau introductif du premier album des métalleux canadiens de Anciients, et on termine avec un morceau monumental du collectif Geinoh Yamashirogumi, extrait de la bande originale du mythique "Akira"...!

"I beg to serve, your wish is my law,
Now close those eyes and let me love you to death.
Shall I prove I mean what I'm saying ?
I say the beast inside of me's gonna get ya..."

Tumatxa est l'émission de radio qu'anime le chroniqueur Photonik chaque semaine depuis une dizaine d'années sur la radio bascophone Xiberoko Botza (la voix de la Soule). Il y cause musique, cinéma (beaucoup), littérature, BD ou philo, parfois en solo, souvent avec son acolyte ; l'excellent Thomas.

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par Photonik

Cinéma, musique (rock), B.D. et littérature (S.F., philo, classiques...)

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120 commentaires

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Ektah a écrit:Honnêtement, si tu regardes les cartes du Paris psychogéographique de l'Internationale Situationniste, je trouve la différence d'avec la vision de Londres par Sinclair assez subtile.



Si je me rappelle bien de ce qu'en dit Merlin Coverley dans son ouvrage introductif/rétrospectif sur la question, Sinclair ne se réclame pas tant que ça de la tradition française, en fait.
Il connaît bien les productions situationnistes bien sûr, il leur emprunte d'ailleurs en premier lieu l'idée de la production de cartes (en plus des "rapports"), mais il en diverge sur un point majeur : les déambulations de Sinclair, même guidées par le hasard, ont un "but" assumé, quand les dérives situationnistes s'en passaient de manière très volontariste...

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:Personnellement, j'ai un peu tendance à me rallier à la thèse d'Aymeric Leroy dans son livre "Rock Progressif", à savoir qu'il existerait deux courants dans ce genre musical, dialoguant parfois entre eux, mais dissemblables dans la forme, avec d'un côté une musique grandiose, parfois boursouflée, volontiers sous l'influence de la musique classique (Yes, ELP, Mike Oldfield, Genesis…), et de l'autre quelque chose de plus sombre, schizophrène, avec une référence jazz (King Crimson, Van Der Graaf Generator, Magma si on considère que c'est du prog…).


Oui, je suis moi aussi sur cette ligne ; cette distinction me paraît faire sens. Il semble d'ailleurs que les rock-critics ou les musiciens eux-mêmes aient cherché à dissocier les deux, au moins à un moment, avec des appellations qui ne recouvrent pas exactement le genre "prog" mais qui gravitent quand même autour, comme le "zeuhl" ou le "rock in opposition". Ce n'est pas la même chose tout à fait encore une fois, mais ça ressemble rétrospectivement à une manière de se détacher du mouvement prog et de ses supposées dérives.

Ektah a écrit:
Personnellement, j'apprécie les deux.


Moi aussi, mais j'avoue avoir du mal à rentrer dans certains délires des formations les plus exubérantes de la branche Genesis, ELP, etc... Un groupe comme Yes par exemple, que j'aime bien, me "perd" quand même régulièrement.


Ektah a écrit:
Et bon, pour le reste de la programmation musicale, c'est nickel, comme d'habitude.


Merci beaucoup !! Je découvre pas mal de trucs en ce moment, et j'essaie d'en faire profiter...
A ce sujet, je pense qu'il y aura au menu de l'émission dans les mois qui viennent quelques interviews de groupes susceptibles de passer chez moi dans pas longtemps (on a causé d'une interview de Cheveu avec un pote qui organise justement des concerts...).


Ektah a écrit:
Mais, du coup, tu m'as bien donné envie d'y jeter un œil, notamment parce que j'ai eu l'occasion d'écrire un peu de matériel pour un jeu de rôles autour de l'hypothèse Sapir-Whorf (...). Depuis, cette théorie linguistique fait partie de mes obsessions mineures.


Si cette hypothèse t'intéresse, la vision de "Premier Contact" (qui la cite explicitement) s'impose presque automatiquement.
Néanmoins, je serais curieux de connaître ton avis sur "Enemy", autre réussite signée Villeneuve, fût-elle mineure.


Ektah a écrit:Comme souvent avec Brett Easton Ellis, je suis un peu dans l'entre-deux.


Comme beaucoup de monde, je crois. Et moi aussi d'une certaine manière.
J'adore ce qu'il fait mais force est de reconnaître qu'il est très irrégulier, au sein de son corpus comme au sein-même de chacune de ses oeuvres...
Mais quand il est très en forme, comme sur "Glamorama" ou le formidable "Lunar Park", il touche à quelque chose d'unique et de très puissant. De Lillo, que j'aime beaucoup aussi, me semble un auteur supérieur sur à peu près tous les plans, mais je n'en dirais pas autant d'un Palahniuk, quant à moi ; il est d'ailleurs presque tributaire si j'ose dire du travail d'Ellis, de la façon dont je le vois... L'antériorité n'est pas forcément synonyme de "supériorité" (si tant est que ça veuille dire quelque chose en matière d'expression artistique, hein), mais dans ce cas précis, je dirais que oui.


Ektah a écrit:Pour être honnête, même si je suis assez intéressé par son art, à l'image de son mentor, Fellini, il se révèle être un des plus grands menteurs de notre époque (ce qui n'est pas peu dire).


Impossible de le nier, ça. D'une certaine manière, c'est un défaut que je lui passe assez facilement ; pour le dire gentiment, c'est comme si Jodo avait tendance à transformer la moindre anecdote supposément réelle en fable, quitte à distordre copieusement les faits... On va dire que ça fait partie du charme du bonhomme.

Ektah a écrit:En fait, je me demande même si ce goût pour l'affabulation ne se trouve pas au cœur de son art.


Voilà, tu mets le doigt dessus ; j'en suis convaincu pour ma part.


Ektah a écrit:Alors, je sais bien que, à partir du moment où on a une idée à l'esprit, on a tendance à en voir des confirmations partout, mais, depuis que je m'intéresse à cette notion, je ne peux pas faire deux pas sans tomber sur une référence à cette idée (ou à son frère siamois, la psychogéographie).


Ha ha !! Alors ça, ça me rappelle une autre citation (dont l'auteur m'échappe, là) qui est elle aussi explicitement nommée dans le "Premier Contact" de Villeneuve, d'ailleurs : tout n'est qu'un clou pour qui n'a qu'un marteau à sa disposition.
Cette boutade mise à part, je me retrouve fréquemment avec le même "problème" (qui n'en est pas vraiment un) que toi, sans avoir autant creusé la question de mon côté.
Je pense que cet espèce de faisceau d'indices qui ne cessent de revenir vers ces thématiques s'explique de plusieurs manières, la première étant peut-être l'urgence absolue de reconsidérer ces questions à l'heure d'un urbanisme devenu complètement fou et surtout absurde, totalement dépourvu de sens (depuis disons 70 ans). La question des "genius loci", dans un tel contexte, prend un tournant presque impérieux, qui réinvestit la question de sens justement... C'est très général / générique, ce que je dis là, mais je suis persuadé que tu vois ce que je veux dire.
Une autre explication serait la chaîne des influences ; et pour tous ces artistes, les marges de la scène anglaise des années 70 a énormément compté. Il faut dire un mot par exemple du rôle immense qu'un Genesis P. Orridge a pu jouer là-dedans, avec cette espèce "d'update de l'occultisme" qu'il se charge de réaliser à l'époque avec quelques autres. Là aussi, la question du rapport ruralité/urbanisme se pose dans toute sa splendeur, avec l'idée que la plupart de ces pionniers de la scène industrielle (LA musique urbaine par excellence) s'en sont mystérieusement allés réinvestir la musique folk.

Pour la question de la psychogéographie, et pour rebondir sur ce point précis, je pense comme Artemus que l'oeuvre d'Arthur Machen est un point nodal. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que Machen est un pur rural (gallois, je crois) qui s'est installé en ville, comme s'il avait "importé" en milieu urbain toute une tradition orale qu'il transforme en littérature...
(pour le lien Machen/Alan Moore, il faut lire la formidable adaptation graphique signée Eddie Campbell d'une performance "psychogéographique" d'Alan Moore, "Serpents et Echelles", qui se penche assez copieusement sur la biographie de l'auteur des "Trois Imposteurs" et du "Grand Dieu Pan")

Quant à Iain Sinclair, il est évidemment une figure contemporaine majeure, au centre de tous ces enjeux. Je suis en train de lire son "London Overground" (un des rares ouvrages de sa plume traduits en français), et il y relate justement une série de virées londoniennes réalisées en compagnie du cinéaste Andrew Kötting, qui a effectivement l'air d'être un sacré personnage...



Ektah a écrit:(j'ai déjà vu Oneohtrix Point Never classé dans ce mouvement, d'ailleurs).



Ah oui ? Intéressant ça, comme ta façon d'insister sur les liens entre ces thématiques et un "Berberian Sound Studio" par exemple ; tout ça me donne envie de revoir le film à l'aune de ces échanges, d'ailleurs.

Avatar de artemus dada

Ektah a écrit:[..]
Damn! J'aurais bien aimé le faire, celui-là, de lapsus.

[..]


Un lapsus ? Plutôt une manifestation de notre sujet de discussion : l'hantologie.

Avatar de Ektah

artemus dada a écrit:
les situationnistes (inventeurs du concept de psychogéographie)


Je sais qu'on trouve souvent cette idée, mais il y a une branche de la psychogéographie plutôt britannique d'ailleurs, qui est d'ailleurs celle qu'utilisent Moore, et Ellis et qui n'a rien à voir avec la "dérive" des Situationnistes, mais plutôt avec ce que fait par exemple Peter Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.

Dans le cas d'Injection, je pense même qu'il faut aller voir du côté d'Arthur Machen, un précurseur de la discipline qui a - de mon point de vue - plus influencé Sinclair, Ackroyd, Moore et Ellis que les Situationnistes avec leur "dérive".


Oui, tu as raison. En fait, je trouvais déjà mon texte un peu dur à suivre, donc j'avais décidé de sacrifier cette nuance-là. Par contre, je ne suis pas d'accord pour dire que ces deux courants de la psychogéographie n'ont rien à voir. Ils sont, à mon sens, intimement liés. Effectivement, Sinclair et Ackroyd ont réadapté la discipline à leur sensibilité britannique, en y rajoutant la référence à Machen, mais, ce faisant, ils se sont placés dans une évolution de la définition française du mot, pas dans une réinvention. Honnêtement, si tu regardes les cartes du Paris psychogéographique de l'Internationale Situationniste, je trouve la différence d'avec la vision de Londres par Sinclair assez subtile.

Et, d'ailleurs, si, effectivement, Moore et Ellis se placent plutôt dans la définition donnée par Sinclair, je trouve que la vision de Grant Morrison se rapproche beaucoup plus de la vision de Debord (enfin, ce n'est pas dur à voir: il est nommé explicitement dans les "Invisibles").

Et pour ce qui est du lien avec Machen, il est tout à fait pertinent mais je serais surpris que les situs ne le citent pas comme une des influences.

Ceci étant dit, c'est vrai, qu'à l'heure actuelle, il y a une tradition française (Xavier Boissel et Antoine d'Agata, par exemple) et une britannique (tous les gens déjà nommés) et qu'il y a une bonne dose d'animosité entre les deux (pour une raison qui m'échappe). Mais je considère quand même les deux disciplines comme étant très proches.

Photonik a écrit:Peter Ackroyd, non ? Roger s'est quant à lui fait zigouiller dans un des premiers romans d'Agatha Christie. :wink:


Damn! J'aurais bien aimé le faire, celui-là, de lapsus.

artemus dada a écrit:Edit : Et après réflexion je me demande si on ne retrouve pas déjà cette idée d'hantologie du côté de Warren Ellis dans Supreme Blue Rose (Pour en savoir +) mini-série dans laquelle il introduit aussi le « versioning ».


Ah, je ne connaissais pas celui-là. Je vais explorer ça aussi.

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:
artemus dada a écrit: plutôt avec ce que fait par exemple Roger Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.



Peter Ackroyd, non ? Roger s'est quant à lui fait zigouiller dans un des premiers romans d'Agatha Christie. :wink:


Oups !!
(Paix à son âme).

Comme on le voit l'hantologie n'est pas à prendre à la légère. :)

Avatar de Photonik

artemus dada a écrit: plutôt avec ce que fait par exemple Roger Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.



Peter Ackroyd, non ? Roger s'est quant à lui fait zigouiller dans un des premiers romans d'Agatha Christie. :wink:

Avatar de artemus dada

les situationnistes (inventeurs du concept de psychogéographie)


Je sais qu'on trouve souvent cette idée, mais il y a une branche de la psychogéographie plutôt britannique d'ailleurs, qui est d'ailleurs celle qu'utilisent Moore, et Ellis et qui n'a rien à voir avec la "dérive" des Situationnistes, mais plutôt avec ce que fait par exemple Peter Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.

Dans le cas d'Injection, je pense même qu'il faut aller voir du côté d'Arthur Machen, un précurseur de la discipline qui a - de mon point de vue - plus influencé Sinclair, Ackroyd, Moore et Ellis que les Situationnistes avec leur "dérive".
__________
Edit : Et après réflexion je me demande si on ne retrouve pas déjà cette idée d'hantologie du côté de Warren Ellis dans Supreme Blue Rose (Pour en savoir +) mini-série dans laquelle il introduit aussi le « versioning ».

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:- Et en musique cette semaine, ce sera :
"In The Cage", extrait de "The Lamb Lies Down On Broadway" de Genesis, "Witching Hour", morceau trippant d'Electric Dragon issu de l'album "Covenant", "La Muerte es un Nacimiento", extrait de la BO de "El Topo" signée Jodorowsky et John Barham, et on termine avec le surpuissant "Champions Of Disturbance part I and II", nouvel extrait du dernier disque en date de Crippled Black Phoenix..


Alors, concernant ce rejet par les punks du rock progressif, c'est une discussion que j'ai eu mille fois avec un pote à moi musicien de coldwave (c'est le bassiste actuel de Babel 17, pour faire le lien avec ta chronique des origines de "Premier Contact"), sa vision du prog se résumant un peu aux concerts de Emerson, Lake & Palmer à base de capes en velours rouge et de reprise de Moussourgsky au mini-moog. Personnellement, j'aime bien ELP mais il est certain qu'ils ont pu sombrer à de nombreuses reprises dans le côté "synthé à paillettes" qui me semble être au cœur des moqueries punk. Personnellement, j'ai un peu tendance à me rallier à la thèse d'Aymeric Leroy dans son livre "Rock Progressif", à savoir qu'il existerait deux courants dans ce genre musical, dialoguant parfois entre eux, mais dissemblables dans la forme, avec d'un côté une musique grandiose, parfois boursouflée, volontiers sous l'influence de la musique classique (Yes, ELP, Mike Oldfield, Genesis…), et de l'autre quelque chose de plus sombre, schizophrène, avec une référence jazz (King Crimson, Van Der Graaf Generator, Magma si on considère que c'est du prog…). Et, comme tu le disais, John Lydon a reconnu son goût pour les groupes de cette dernière catégorie. Mais, bien sûr, le prog qui, à l'époque, remplissait les stades appartiendrait plutôt à la première. Personnellement, j'apprécie les deux.
Bon, pour en revenir à Genesis, je pense effectivement que "The Lamb Lies Down On Broadway" est, de loin, leur meilleur album.
Pour ce qui est de Raël, le disque est sorti un an après la fondation de la secte. Du coup, ça m'amuserait beaucoup que le personnage ait été nommé ainsi en référence au gourou, mais je n'ai aucune preuve. Remarque, connaissant l'humour de Gabriel, ça me semble tout à fait possible.

Et bon, pour le reste de la programmation musicale, c'est nickel, comme d'habitude.


Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.


Bon, Denis Villeneuve, je n'ai vu aucun de ses films à l'heure actuelle (mais, vu les échos que j'ai de son cinéma, il n'est pas impossible que je m'en envoie quelques-uns à un moment), donc je ne me permettrais pas de former un avis pour l'instant. Mais, du coup, tu m'as bien donné envie d'y jeter un œil, notamment parce que j'ai eu l'occasion d'écrire un peu de matériel pour un jeu de rôles autour de l'hypothèse Sapir-Whorf (c'est terrible: à chaque fois, j'ai l'impression que cette théorie a été écrite par le klingon de "Star Trek: the next generation"). Depuis, cette théorie linguistique fait partie de mes obsessions mineures. Je suis bien curieux de voir le traitement qu'Hollywood peut en faire, surtout entre les mains d'un réal qui n'est, à priori, pas incompétent.

Photonik a écrit:- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.


Comme souvent avec Brett Easton Ellis, je suis un peu dans l'entre-deux. J'ai également adoré "Glamorama" et moins le reste. En terme d'adaptations, je suis d'accord que "Les lois de l'attraction" est excellent (même si je me demande si cela ne provient pas plus de Roger Avary, et de ses acteurs, que de Ellis lui-même) et que le reste est plus oubliable. Et d'une manière générale, sans le détester, Ellis est probablement l'écrivain qui m'intéresse le moins dans sa lignée d'auteurs. A chaque fois, je me dis que c'est bien mais que Don De Lillo ou Chuck Palahniuk sont mieux. En fait, le plus souvent ("Glamorama" étant l'exception), je trouve que les idées sont là mais n'atteignent jamais leur plein potentiel. D'après ta description, il me semble que "The Deleted" reste dans ce travers. Je passerai peut-être jeter un coup d'œil mais ça sera plus par acquis de conscience qu'autre chose.

Le Doc a écrit:Les films de Jodo, je ne les connais que de réputation (tant de choses à voir... :wink: ). Et en BD, je n'ai lu que L'Incal quand j'étais ado. Récemment, j'ai vu le documentaire sur sa version avortée de Dune et c'est tout de même un sacré raconteur...


Pour être honnête, même si je suis assez intéressé par son art, à l'image de son mentor, Fellini, il se révèle être un des plus grands menteurs de notre époque (ce qui n'est pas peu dire). J'aurais un peu tendance à croire naturellement le contraire de chacune de ses affirmations. Je ne suis pas loin de considérer que ce reportage sur son Dune, passionnant au demeurant, est avant tout une fiction. D'ailleurs, sa déclaration comme quoi Sergio Leone ne serait pas une de ses influences sur "El Topo" me conforte un peu dans mon opinion. En fait, je me demande même si ce goût pour l'affabulation ne se trouve pas au cœur de son art.
Et "L'incal" reste, à mon sens, son chef d'œuvre.

Photonik a écrit:Tiens, coïncidence amusante : très récemment sur ce forum, l'excellent Artemus Dada faisait un point sur cette discipline ("hauntology", donc) en parlant de l'approche qu'en avait le scénariste Warren Ellis, sur son titre "Injection" en l'occurrence. Je vais me pencher là-dessus (connais pas le travail de Derrida, par exemple).


Alors, je sais bien que, à partir du moment où on a une idée à l'esprit, on a tendance à en voir des confirmations partout, mais, depuis que je m'intéresse à cette notion, je ne peux pas faire deux pas sans tomber sur une référence à cette idée (ou à son frère siamois, la psychogéographie). Mais, toute subjectivité mise à part, je pense qu'il est assez clair que cette théorie est populaire dans bien des cercles, y compris dans celui de ce groupe informel des scénaristes des îles britanniques à la Ellis, Moore, Morrison… Par exemple, "La ligue des gentlemen extraordinaires" est une œuvre suffisamment riche pour supporter plusieurs grilles de lecture mais cette notion me semble être un des thèmes majeur du story arc "Century". En particulier, je crois que cela se fait par l'influence de l'auteur anglais Iain Sinclair, un des théoriciens principaux de cette discipline, dont le double fictionnel, Norton, semble être un personnage très particulier dans l'univers de la Ligue (basiquement, c'est un perso metatextuel dans un univers qui est déjà metatextuel par lui-même)
De la même manière, je suis à peu près sûr que Warren Ellis a déjà fait référence nommément à Sinclair (dans "Transmetropolitan", peut-être… je ne suis plus tout à fait sûr). Et, effectivement, "Injection" poursuit l'exploration de cette idée.
Et, pour clore la boucle, Sinclair est le sujet d'un documentaire, répondant aux codes du folk horror, nommé "By our selves", par un cinéaste anglais (probablement passionnant, dont je me suis promis d'explorer l’œuvre), Andrew Kötting, dans lequel apparaissent Alan Moore lui-même ainsi que le merveilleux Toby Jones, interprète principal de "Berberian Sound Studio", film que je considère comme étant la première émanation de l'hantologie au cinéma (de l'aveu du réalisateur, dans le commentaire audio, le visuel du film est vu comme un hommage au label "Ghost Box", qui officie justement dans la forme musicale du genre).

Bon, j'ai fait toutes ces explications un peu dures à suivre parce que je crois que ce réseau de références, de liens entre des œuvres et des genres encore très disparates (psychogéographie, hantologie, folk horror…) et trans-médias (musique, cinéma, philo, comics, romans…) représente la naissance d'une scène artistique et/ou philosophique, qui est en gestation depuis les situationnistes (inventeurs du concept de psychogéographie) et Derrida, mais qui, depuis peu (une dizaine d'années, on va dire), commence à se réunir avec comme figure centrale, Iain Sinclair. C'est lui qui fait la liaison entre les prédécesseurs (les situs, donc, mais également JG Ballard, avec lequel il a collaboré sur "London Orbital") et sa descendance (Alan Moore et Warren Ellis, donc, ainsi que "Berberian Sound Studio", pour ne nommer que quelques exemples).

Et je n'ai nommé que quelques artistes parmi des centaines d'autres (j'ai déjà vu Oneohtrix Point Never classé dans ce mouvement, d'ailleurs). C'est dur à suivre, cette affaire.
Par exemple, il y a une série BBC, avec Toby Jones justement, nommée "Detectorists", extrêmement touchante, qui est, à mes yeux, la première sitcom hantologique. Notion très étrange…

Et, pour ce qui est de la philosophie sous-jacente à tout ça, c'est finalement assez simple: Derrida avait nommé l'hantologie en référence à la fameuse phrase de Marx, " Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme". Cette discipline s'occupe, en fait, de la façon dont le passé hante un territoire donné. Je résume, hein: la pensée de Derrida est plus complexe que ça. Mais c'est l'idée de base.
Donc, ce mouvement s'occupe essentiellement de l'attachement à un territoire: un terroir, dans le cas du folk horror, ou quelque chose de plus urbain pour la psychogéographie à la Ballard. Et, dans ce lieu donné, une chose, la plupart du temps ancienne, surgit pour hanter le présent. Cela peut prendre la forme d'un spectre défini (comme une histoire de fantôme classique, basiquement…) ou quelque chose de plus diffus, une idée, un sentiment. Par exemple, cette présence ressentie dans "Berberian Sound Studio" n'est jamais vraiment définie, ni même nommée, mais c'est elle qui fournit son identité au film.

Du coup, avec cette définition, on est quand même très proche du principe de l'horreur de manière générale, mais la différence se situe surtout dans le point de vue qui se focalise beaucoup sur les rapports entre le personnage et son lieu: le studio d'enregistrement de "Berberian", l'immeuble de "High Rise", la forêt de "The Witch"…

Photonik a écrit:
Ektah a écrit: Concernant "I sell the dead", il faut quand même le prendre pour ce qu'il est: une série B assumée (avec un casting intéressant: j'ai une tendresse pour Angus Scrimm et Ron Perlman), faite par des gens qui savent dans quel genre de film ils sont. J'ai la plus grande affection pour ce genre de projet mais c'est certainement un film comportant son lot de défauts. En fait, de toutes les adaptations de l'affaire Burke/Hare que je connaisse ("Cadavres à la pelle" de John Landis, "Le récupérateur de cadavres" de Robert Wise et celui-là), c'est probablement la plus faible. Mais ça vient surtout du fait que cette histoire a été très bien servie par le cinéma.


Etant donné que je n'ai vu aucun de ces films (y compris le Wise, sûrement le plus fameux du lot), j'ai là encore matière à creuser !!


Oui, le Wise est probablement le plus connu et le meilleur mais celui de Landis n'est franchement pas loin derrière, aussi bien en termes de qualité que de reconnaissance. Très recommandable, vraiment.

Avatar de Photonik

Le Doc a écrit:
Les films de Jodo, je ne les connais que de réputation (tant de choses à voir... :wink: ).


Rhooooh, tu n'as jamais vu "El Topo" ?
En bon fan de western italien (tes nombreux posts en la matière en attestent), tu devrais adorer : Jodo a beau récuser cette influence, il est évident que cette veine s'exprime dans ce film, surtout dans sa première moitié (qui constitue un fantasme de fan de westerns, avec cette succession de duels avec des pistoleros plus redoutables les uns que les autres...).

Avatar de Le Doc

Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.


Je connais encore moins que toi le cinéma de Denis Villeneuve puisque je n'ai, pour le moment, toujours pas vu un seul de ses films (faut dire aussi que je regarde de moins en moins de films récents ces derniers temps ^^).
Mais j'y viendrai très certainement un jour, ne serait-ce que pour ce tournant S.F. de sa filmographie...

- Pour la BD, c'est un monument de la contre-culture que nous abordons, puisqu'à l'évocation du premier tome des "Fils d'El Topo" signé Jodorowsky et Ladrönn, nous parlerons du parcours du plus mystique des pistoleros.


Les films de Jodo, je ne les connais que de réputation (tant de choses à voir... :wink: ). Et en BD, je n'ai lu que L'Incal quand j'étais ado. Récemment, j'ai vu le documentaire sur sa version avortée de Dune et c'est tout de même un sacré raconteur...

- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.


Je suis comme Tori, les oeuvres de Bret Easton Ellis ne sont vraiment pas faites pour moi.

-
Et en musique cette semaine, ce sera :
"In The Cage", extrait de "The Lamb Lies Down On Broadway" de Genesis, "Witching Hour", morceau trippant d'Electric Dragon issu de l'album "Covenant", "La Muerte es un Nacimiento", extrait de la BO de "El Topo" signée Jodorowsky et John Barham, et on termine avec le surpuissant "Champions Of Disturbance part I and II", nouvel extrait du dernier disque en date de Crippled Black Phoenix..!


Ca faisait très longtemps que je n'avais pas écouté un titre de cette période de Genesis. Je suis bien d'accord, l'ambiance de ce morceau d'Electric Dragon est très évocatrice. Et Cripple Black Phoenix conclue avec force cette excellente et éclectique playlist.

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:[...]
Pour être tout à fait franc, j'aurais adoré y penser tout seul. :wink:

:) :wink:

Merci.

Avatar de Photonik

artemus dada a écrit:Pourtant Villeneuve fait preuve de déjà pas mal de "folie" en grossissant les enjeux et transformant la nouvelle de Ted Chiang (Pour en savoir +), via le travail d'Eric Heissere et la "contrainte" du marché chinois.



Possible, je ne saurais le dire étant donné que je n'ai pas encore lu la nouvelle de Chiang (mais je le ferai), je n'ai pas de point de comparaison.

J'en profite pour te dire que tu m'as bluffé avec ton post où tu rapproches fort judicieusement ce que font Chiang et Villeneuve du travail de William Burroughs, et de sa conception du mot comme entité virale. Sans compter l'évocation du jump-cut et des techniques dérivées, qui résonnent effectivement avec le travail narratif accompli dans "Premier Contact".
Pour être tout à fait franc, j'aurais adoré y penser tout seul. :wink:

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:
Tori a écrit:tu as titillé ma curiosité !


Malgré les réserves que j'évoque, "Premier Contact" reste un film à voir, et même un incontournable pour les fans de SF. J'aurais aimé voir cette histoire entre les mains d'un auteur un peu plus "fou" que Villeneuve... Il est quand même un metteur en scène très compétent, hein.[..]


Pourtant Villeneuve fait preuve de déjà pas mal de "folie" en grossissant les enjeux et transformant la nouvelle de Ted Chiang (Pour en savoir +), via le travail d'Eric Heissere et la "contrainte" du marché chinois.

S'il était allé plus loin, pas la peine à ce moment là de choisir cette histoire en particulier, dont l'originalité tient - essentiellement - au vertige (la sidération cognitive) qui se dessine en creux, grâce à la sobriété de sa narration.

Avatar de Photonik

Tori a écrit:tu as titillé ma curiosité !


Malgré les réserves que j'évoque, "Premier Contact" reste un film à voir, et même un incontournable pour les fans de SF. J'aurais aimé voir cette histoire entre les mains d'un auteur un peu plus "fou" que Villeneuve... Il est quand même un metteur en scène très compétent, hein.

Tori a écrit:Là aussi, je vais me pencher dessus... Mais je vais peut-être m'intéresser au film, avant (je ne connais quasi pas le boulot cinématographique de Jodo, alors que j'ai lu pas mal de ses BD (j'ai d'ailleurs découvert assez tard qu'il faisait du cinéma)).


D'abord le film, c'est indispensable, sinon la BD est imbitable ; je n'ai peut-être pas assez insisté sur ce point. De toute façon, "El Topo" devrait constituer pour toi une sacrée expérience, que tu embrayes sur la BD ou pas : c'est vraiment un film passionnant, unique en son genre et complètement allumé.

Tori a écrit:Bon, là, en revanche, je vais faire l'impasse... Décidément, ce n'est pas un auteur pour moi.


Vu les gros défauts dont la série est affublée, je ne conseillerais franchement "The Deleted" qu'aux seuls fans déjà convaincus de Bret Easton Ellis.
C'est vraiment le genre d'auteur à prendre ou à laisser, comme je rabâche souvent. Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de gens qui "aiment bien" son travail ; on adore ou on déteste.

Tori a écrit:Ça fait bizarre de découvrir un titre de Genesis que je ne connaissais pas, au passage...

Tori.


Je l'ai moi aussi découvert il y a peu, donc, et je dois dire que je suis bien bluffé par cet album, un peu trop "chargé" pour son propre bien (difficile de se l'enquiller d'une traite tant c'est touffu) mais sacrément impressionnant dans son genre.

Et encore merci pour ton assiduité sans faille !! :wink:

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.

Bon, il faut que je regarde s'il passe à côté de chez moi (j'ai un petit cinéma avec une programmation en retard... Avec un peu de chance, je pourrai le voir sur grand écran) : tu as titillé ma curiosité !

- Pour la BD, c'est un monument de la contre-culture que nous abordons, puisqu'à l'évocation du premier tome des "Fils d'El Topo" signé Jodorowsky et Ladrönn, nous parlerons du parcours du plus mystique des pistoleros.

Là aussi, je vais me pencher dessus... Mais je vais peut-être m'intéresser au film, avant (je ne connais quasi pas le boulot cinématographique de Jodo, alors que j'ai lu pas mal de ses BD (j'ai d'ailleurs découvert assez tard qu'il faisait du cinéma)).

- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.

Bon, là, en revanche, je vais faire l'impasse... Décidément, ce n'est pas un auteur pour moi.

- Et en musique cette semaine, ce sera :

Ce sera du tout bon !
Ça fait bizarre de découvrir un titre de Genesis que je ne connaissais pas, au passage...

Tori.

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Épisode 14 : Effacement du contact avec les fils de la Taupe

Dernière émission avant la petite pause rituelle pour les vacances de février...
Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.

- Pour la BD, c'est un monument de la contre-culture que nous abordons, puisqu'à l'évocation du premier tome des "Fils d'El Topo" signé Jodorowsky et Ladrönn, nous parlerons du parcours du plus mystique des pistoleros.

- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"In The Cage", extrait de "The Lamb Lies Down On Broadway" de Genesis, "Witching Hour", morceau trippant d'Electric Dragon issu de l'album "Covenant", "La Muerte es un Nacimiento", extrait de la BO de "El Topo" signée Jodorowsky et John Barham, et on termine avec le surpuissant "Champions Of Disturbance part I and II", nouvel extrait du dernier disque en date de Crippled Black Phoenix..!


"I'm drowning in a liquid fear
Bottled in a strong compression,
My distortion shows obsession
In the cave
Get me out of this cave !"


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Ektah a écrit:Toujours pas vu "Dharma Guns". Il faudra que je me penche sur son cas également.



Très intéressant (quoique confus mais ça fait partie du charme de la chose), et graphiquement somptueux avec son noir et blanc 100 % pellicule ; Ossang est resté un puriste de l'argentique, il s'en explique très bien en entretien.

Ektah a écrit:
En fait, le blog dont cet article provient s'occupe des aspects les plus théoriques de la question, notamment concernant les liens avec la culture industrielle, la psychogéographie et ce genre musical récent nommé hauntology (d'après Derrida).



Tiens, coïncidence amusante : très récemment sur ce forum, l'excellent Artemus Dada faisait un point sur cette discipline ("hauntology", donc) en parlant de l'approche qu'en avait le scénariste Warren Ellis, sur son titre "Injection" en l'occurrence. Je vais me pencher là-dessus (connais pas le travail de Derrida, par exemple).

Ektah a écrit:
C'est toujours cette vieille question des rôles respectifs des artistes et de leurs exégètes. Personnellement, je pense que ce sont deux rôles complémentaires mais, bien sûr, je plaide pour ma propre chapelle.



Tu plaides aussi pour la mienne, par ricochet. :wink:
Je vois les choses comme toi, il y a bien complémentarité entre "créateurs" et "diffuseurs culturels".

Ektah a écrit:
La critique du doc a dit tout ce qui est nécessaire sur "Deathline": je suis d'accord à 100%, y compris sur les aspects les plus faibles du film.

Pour ce qui est de la récusation de Smith, à mon avis, il a juste dû en avoir marre d'en entendre parler, parce que je trouve les influences relativement indéniables. Toutefois, l'ombre du "Loup-garou de Londres" est clairement présente aussi, c'est vrai.


Faut que je vois "Deathline", vous me donnez envie, là.
Tu as très certainement raison concernant la récusation de Smith ; c'est un réflexe assez courant chez les cinéastes (ou autres artistes) que de récuser l'influence la plus évidente et d'en citer une moins en vue, et moins directement repérable...

Ektah a écrit:
Concernant "I sell the dead", il faut quand même le prendre pour ce qu'il est: une série B assumée (avec un casting intéressant: j'ai une tendresse pour Angus Scrimm et Ron Perlman), faite par des gens qui savent dans quel genre de film ils sont. J'ai la plus grande affection pour ce genre de projet mais c'est certainement un film comportant son lot de défauts. En fait, de toutes les adaptations de l'affaire Burke/Hare que je connaisse ("Cadavres à la pelle" de John Landis, "Le récupérateur de cadavres" de Robert Wise et celui-là), c'est probablement la plus faible. Mais ça vient surtout du fait que cette histoire a été très bien servie par le cinéma.


Etant donné que je n'ai vu aucun de ces films (y compris le Wise, sûrement le plus fameux du lot), j'ai là encore matière à creuser !!

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Photonik a écrit:Je l'ai croisé à Biarritz (où il a des attaches) pour la présentation de son "Dharma Guns", et c'était un chouette moment.


Toujours pas vu "Dharma Guns". Il faudra que je me penche sur son cas également.

Photonik a écrit:


Encore un lien qu'il faut que je creuse, merci...


En fait, le blog dont cet article provient s'occupe des aspects les plus théoriques de la question, notamment concernant les liens avec la culture industrielle, la psychogéographie et ce genre musical récent nommé hauntology (d'après Derrida). Je ne conseillerai pas forcément cette lecture à tout le monde. Il faut avoir un intérêt pour ces questions-là, mais je pense que, dans le cadre de notre petite communauté, on doit être plusieurs à pouvoir s'y retrouver. En tous cas, moi, ça me passionne.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Je suis d'accord avec Le Doc. Une programmation musicale très solide, cette semaine (pas que ce soit inhabituel de ta part, hein ;) ).


Merci beaucoup, mais j'ai moins de mérite que les musiciens convoqués. :wink:


C'est toujours cette vieille question des rôles respectifs des artistes et de leurs exégètes. Personnellement, je pense que ce sont deux rôles complémentaires mais, bien sûr, je plaide pour ma propre chapelle. En tous cas, le fait de propager la parole de ces groupes (qu'ils soient obscurs ou pas) est quelque chose de très positif.

Photonik a écrit:Le plan-séquence hallucinant de "Triangle" dont je parle dans l'émission, il a du sens, par exemple.


Oh oui, sur cette séquence, je n'ai rien à redire, évidemment, mais certains de ses effets de manche sont un peu plus gratuits, y compris dans "Triangle", d'ailleurs. Mais bon, c'est moi qui pinaille: j'aime quand même beaucoup son cinéma.

Photonik a écrit:Contrairement au Doc, je l'ai pas vu celui-là, mais ton appréciation fort élogieuse me donne envie de combler cette lacune. Je connaissais le film de réputation, mais je ne l'ai pas évoqué dans la chronique d'une part car je l'ai pas vu mais aussi parce que Smith a récusé cette influence ; il a plutôt évoqué l'influence de la séquence du métro du "Loup-Garou de Londres" de Landis, si mes souvenirs sont bons.


La critique du doc a dit tout ce qui est nécessaire sur "Deathline": je suis d'accord à 100%, y compris sur les aspects les plus faibles du film.

Pour ce qui est de la récusation de Smith, à mon avis, il a juste dû en avoir marre d'en entendre parler, parce que je trouve les influences relativement indéniables. Toutefois, l'ombre du "Loup-garou de Londres" est clairement présente aussi, c'est vrai.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Dans un esprit similaire, on peut aussi nommer "I sell the dead", une comédie bien sympathique à propos de l'affaire Burke et Hare, que je vois un peu comme une variation plus ouvertement série B du film de John Landis sur la même histoire (même si la résonance entre ces deux films est potentiellement un hasard).


Encore un truc que je connais pas, je le note.


Concernant "I sell the dead", il faut quand même le prendre pour ce qu'il est: une série B assumée (avec un casting intéressant: j'ai une tendresse pour Angus Scrimm et Ron Perlman), faite par des gens qui savent dans quel genre de film ils sont. J'ai la plus grande affection pour ce genre de projet mais c'est certainement un film comportant son lot de défauts. En fait, de toutes les adaptations de l'affaire Burke/Hare que je connaisse ("Cadavres à la pelle" de John Landis, "Le récupérateur de cadavres" de Robert Wise et celui-là), c'est probablement la plus faible. Mais ça vient surtout du fait que cette histoire a été très bien servie par le cinéma.

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Ektah a écrit:Max Brooks (fils de Mel Brooks et Anne Bancroft, pour la petite histoire)


Ah bon ? Je ne savais pas. Ni même que Anne Bancroft avait été avec Mel Brooks, d'ailleurs...

Ektah a écrit:J'ai eu la chance de le croiser dans le vidéo-club en bas de chez moi (Hors Circuits, le meilleur de Paris, en passant). Et, effectivement, en discutant de son travail pour le groupe punk "Lucrate Milk", cette comparaison faisait partie de son discours. Ça me semble très vrai aussi.


FJ Ossang est vraiment un mec sympa et abordable, ouais. Je l'ai croisé à Biarritz (où il a des attaches) pour la présentation de son "Dharma Guns", et c'était un chouette moment.

Ektah a écrit:Il y a aussi le fait que, dans toutes les formes d'art "extrêmes" (à plus ou moins haut niveau, cela va de la série B d'horreur diffusée sur M6 à 3h du matin à la musique power electronics la plus abrasive), il y a quasiment toujours une histoire de retour du refoulé. Et cette notion a été, pendant très longtemps, liée, d'une, à la figure de l'étrange(r) et, de deux, à la nature sauvage, notamment forestière.

Mais j'ai le sentiment que toutes ces notions tournent un peu les unes autour des autres.


Oui, exactement ce que je ressens aussi, comme tu t'en doutes.

Ektah a écrit:Au passage, on se demandait tantôt comment définir la notion de "Folk Horror". On s'est posé la même question sur le groupe fb, dans un soucis d'ouverture la plus large possible, et voici la conclusion à laquelle on est arrivé (au passage, il y a plein de très bonnes œuvres à découvrir dans cet article):

https://celluloidwickerman.com/2014/09/25/the-folk-horror-chain/


Encore un lien qu'il faut que je creuse, merci...

Ektah a écrit:C'est comme ça que, pendant des années, Ingmar Bergman s'est retrouvé scénariste de "La dernière maison sur la gauche".


Ha !! Pas mal celle-là... :wink:

Ektah a écrit:Wovenhand, je connaissais de nom. Je l'avais placé dans la même case que 16 Horsepower, que je trouvais correct mais assez oubliable. Toutefois, ce morceau que tu as diffusé me semble considérablement plus solide (c'est marrant, il m'a penser... de loin, quand même... à une version plus americana de Fields of the Nephilim). Je vais sans doute explorer ça. Bonne surprise.


Je connais de très très loin 16 Horsepower, mais a priori j'en suis pas fou. Wovenhand me semble à moi aussi bien plus intéressant. La connexion avec Fields of the Nephilim fait sens, David Eugene Edwards ayant été initialement influencé par tout cette veine rock gothique/post-punk/cold-wave, etc...

Ektah a écrit:Orphx, ça m'a fait revenir 10 ans en arrière, dans les salles douteuses de la capitale, même si, comme tu le dis, ce morceau n'est pas vraiment représentatif du reste de leur discographie. Tout à fait réjouissant, aussi.


Je découvre ça ces jours-ci. Je suis assez fan de la veine EBM, et leurs morceaux plus rentre-dedans me parlent pas mal.

Ektah a écrit:Je suis d'accord avec Le Doc. Une programmation musicale très solide, cette semaine (pas que ce soit inhabituel de ta part, hein ;) ).


Merci beaucoup, mais j'ai moins de mérite que les musiciens convoqués. :wink:

Ektah a écrit:Je dois bien avouer, à ma grande honte, que le film de Ulmer est dans ma pile de dvds à voir depuis des années.


Fonce, tu vas pas être déçu. Il est très court, en plus, ça se regarde très vite (1 h 05, de mémoire).

Ektah a écrit:En tous cas, j'ai une grande tendresse pour Christopher Smith malgré quelques tics de mise en scène que je trouve agaçants. Je trouve que la virtuosité dont tu parles, et qui est bien réelle, est un peu trop visible.


Pour moi, il frôle effectivement la "démonstration" mais sans jamais basculer du mauvais côté, si je puis dire. Je ne vois pas la gratuité dans ses effets, ou rarement.
Le plan-séquence hallucinant de "Triangle" dont je parle dans l'émission, il a du sens, par exemple.

Ektah a écrit:"Creep" aussi est bon, mais il se trouve que le film cite très fortement une autre histoire du métro londonien, nommée "Death Line" (ou "Raw Meat" aux US) que je trouve tout à fait exceptionnelle.


Contrairement au Doc, je l'ai pas vu celui-là, mais ton appréciation fort élogieuse me donne envie de combler cette lacune. Je connaissais le film de réputation, mais je ne l'ai pas évoqué dans la chronique d'une part car je l'ai pas vu mais aussi parce que Smith a récusé cette influence ; il a plutôt évoqué l'influence de la séquence du métro du "Loup-Garou de Londres" de Landis, si mes souvenirs sont bons.

Ektah a écrit:Ah oui, aussi, tu évoquais au passage "Spaced" du trio Nick Frost/Simon Pegg/Edgar Wright. Pour moi, ça reste, encore à ce jour, leur chef d’œuvre.


Tu n'es pas le premier à en dire le plus grand bien ici (Lord en avait fait autant) ; là aussi, il va me falloir rattraper le coup...

Ektah a écrit:Wow. Ça fait très envie. Je trouve, qu'une fois de plus, ça fait un peu le lien avec nos discussions sur les à-cotés du folk horror (pareil pour "Essex County", d'ailleurs). En plus, il se trouve que ma famille, au 19ème siècle, était d'Ambialet (non loin de Mazamet). Du coup, je suis plus qu'intéressé par la découverte de l'esprit de ce lieu. Je vais me procurer ça au plus vite. Merci pour la découverte.


Oh si tu as des racines par là, ça devrait te parler, je le crois. Et tout le dernier tiers du livre est une pure merveille, plus connectée encore aux thématiques que nous évoquons là.


Ektah a écrit:En ce qui me concerne, je suis un peu coincé entre ces deux mondes (ce qui me va très bien). (...) Pendant toute mon enfance, j'ai eu cette dualité et je suis sûr que cela a grandement influé sur mon intérêt sur ces questions du rapport à la nature.


Je l'ai vécu de même, un peu à cheval entre deux "cultures". Environnement rural et culture "urbaine", c'est un cocktail intéressant au final.

Ektah a écrit:La grande réussite de "Bienvenue au Cottage" est le fait d'avoir compris que, si tu veux faire une comédie d'horreur, il ne faut pas faire des compromis entre l'humour et la terreur, mais, au contraire, pousser chaque aspect le plus loin possible. La méthode "Evil Dead", quoi.


Tout à fait, c'est le secret du travail de Raimi sur cette trilogie séminale.

Ektah a écrit:Dans un esprit similaire, on peut aussi nommer "I sell the dead", une comédie bien sympathique à propos de l'affaire Burke et Hare, que je vois un peu comme une variation plus ouvertement série B du film de John Landis sur la même histoire (même si la résonance entre ces deux films est potentiellement un hasard).


Encore un truc que je connais pas, je le note.
Et encore merci pour ces débriefs passionnants !!!

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Marko a écrit:
Le moment où les origines respectives de Superman et Wundarr divergent est assez bien vu par rapport au contexte 50's est surtout assez drôle, lorsque l'équivalent de la mère Kent s'exclame en voyant le vaisseau "c'est peut-être des martiens ou pire des communistes !" :mrgreen: .



Il y a une autre divergence notable entre les origines de Superman et celles de Wundarr, qui appuie un peu plus sur l'ironie parfois cruelle dont Gerber était capable : les parents de Wundarr l'expédient dans l'espace pour le sauver de la destruction de sa planète, mais dans son cas sa planète n'explose pas ; son père s'était trompé dans ses calculs, en faisant une sort de Jor-El "raté"...

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Le Doc a écrit:
Ektah a écrit:"Creep" aussi est bon, mais il se trouve que le film cite très fortement une autre histoire du métro londonien, nommée "Death Line" (ou "Raw Meat" aux US) que je trouve tout à fait exceptionnelle. Du coup, la comparaison ne se fait pas vraiment en la faveur de film de Smith (à mes yeux, en tous cas).


http://www.comics-sanctuary.com/forum/le-metro-de-la-mort-gary-sherman-t87826.html

:wink:


Décidément. Bon, oui, il va falloir que je libère un peu de temps pour aller explorer ce ciné-club. Bientôt... :)

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Le Doc a écrit:Quant à World War Z...disons que je préfère le livre...


Je n'ai pas vu le film mais le livre est effectivement recommandable. Du même auteur, Max Brooks (fils de Mel Brooks et Anne Bancroft, pour la petite histoire), je ne suis pas loin de préférer son "Guide de survie en territoire zombie".

Photonik a écrit:Et à propos de ça, il n'y a pas à ma connaissance de sujets interdits ici. Moi en tout cas j'aborde ce que je veux et j'ai l'impression que c'est le cas pour un peu tout le monde. J'accueille les débats philosophico-politiques comme les autres, pour peu que j'ai quelque chose à dire (Nemo, où diable es-tu donc passé, d'ailleurs ? :wink: ).
J'ai simplement l'impression que les intervenants n'ont pas forcément envie d'aller par là pour les échanges. Ce qui me vas très bien aussi.


Tout à fait, ma phrase n'était pas un appel à une forme de censure. C'était simplement un appel du pied pour dire que je suis conscient que ce genre de sujet peut très rapidement déraper sur le web et que, malgré le fait que je sois pour le fait d'en discuter, on peut envisager d'enterrer le sujet. Bon, il y aussi le fait que je ne suis là que depuis quelques semaines et que je prends quelques précautions lorsque je sais que je suis de m'approcher d'un terrain glissant.

Le fait que, ici, la discussion à propos de Romero se soit passé dans la cordialité la plus totale ne fait que prouver un peu plus que nous sommes entre gens de bonne compagnie. On dira juste que, si un tel sujet avait été lancé sur Fessebouc, dire que cela ne se serait pas passé de la sorte est l'euphémisme de l'année (ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas en discuter, juste penser à se préparer au shitstorm).

Et, si on n'en discute pas, ça me va très bien aussi.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Mais ce n'est pas inédit: si on considère le blues comme une forme particulière de musique folk (ce qui est mon cas), ce n'est pas différent de la transition vers l'électrique de Dylan, ou même de l'apparition du rock, dans une certaine mesure. Et, pour avoir passé beaucoup de temps dans cette communauté autour du "folk horror", on est nombreux à considérer des gens comme Donovan ou Crosby, Stills and Nash (surtout le premier album) comme des précurseurs du genre. Cette question du folk électrique et urbain est là depuis longtemps. Et l'indus-folk (ou indus tribal comme j'ai pu le voir parfois nommé) n'est que le dernier avatar de cette tradition, à mon avis.

Une autre de ses formes pourrait être, par exemple, ces groupes de métal ajoutant un aspect traditionnel à leur répertoire (Empyrium, Wolves in the Throne Room, Agalloch et tant d'autres...). Pour moi, c'est un peu le même état d'esprit qui préside à tous ces projets.



C'est marrant, cet échange me rappelle une citation du cinéaste et musicien F.J. Ossang, qui disait que les musiciens rock (ou de musiques amplifiées en général, pourrait-on dire) étaient en fait souvent des ruraux fraîchement débarqués en milieu urbain. D'après lui, la musique en question était le vecteur idéal pour esthétiser ou représenter ce qui frappe de sidération en premier un rural en ville : le vacarme. J'adhère assez à cette thèse.


Marrant. Ça a l'air d'être une thématique qui lui tient à cœur. J'ai eu la chance de le croiser dans le vidéo-club en bas de chez moi (Hors Circuits, le meilleur de Paris, en passant). Et, effectivement, en discutant de son travail pour le groupe punk "Lucrate Milk", cette comparaison faisait partie de son discours. Ça me semble très vrai aussi.

Il y a aussi le fait que, dans toutes les formes d'art "extrêmes" (à plus ou moins haut niveau, cela va de la série B d'horreur diffusée sur M6 à 3h du matin à la musique power electronics la plus abrasive), il y a quasiment toujours une histoire de retour du refoulé. Et cette notion a été, pendant très longtemps, liée, d'une, à la figure de l'étrange(r) et, de deux, à la nature sauvage, notamment forestière.

Mais j'ai le sentiment que toutes ces notions tournent un peu les unes autour des autres.

Au passage, on se demandait tantôt comment définir la notion de "Folk Horror". On s'est posé la même question sur le groupe fb, dans un soucis d'ouverture la plus large possible, et voici la conclusion à laquelle on est arrivé (au passage, il y a plein de très bonnes œuvres à découvrir dans cet article):

https://celluloidwickerman.com/2014/09/25/the-folk-horror-chain/

Photonik a écrit:Il suffit de voir que McKean a parfois pu faire par ailleurs avec Neil Gaiman : "Mr Punch", un travail un peu particulier du dessinateur avec le scénariste de "Sandman", atteste aussi clairement de la filiation (et certaines couvertures de "Sandman" aussi d'ailleurs).


Mr. Punch restant à ce jour le meilleur travail aussi bien de McKean que de Gaiman, à mon avis (parfaitement nuancé ;) )...

Photonik a écrit:
Le Doc a écrit:Le scénariste de Man-Thing est Hans Rodionoff. Steve Gerber n'a rien à voir avec le scénario du film.


Je te fais confiance ; ça m'apprendra à faire confiance à Wikipedia. :wink:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Man-Thing_(film)


Tiens, ça va être ma minute archiviste: très souvent, pour les crédits des films, les rédacteurs wikipedia se contentent de recopier les informations imdb en enlevant toutes les précisions de chaque rubrique. Ainsi, si un film est une adaptation d'une œuvre préexistante, l'auteur originel sera souvent indiqué comme scénariste sans aucune autre nuance. C'est comme ça que, pendant des années, Ingmar Bergman s'est retrouvé scénariste de "La dernière maison sur la gauche". Wikipedia est un outil formidable mais très souvent faillible.

Photonik a écrit:- Et en musique cette semaine, ce sera :
"All Your Waves", extrait de "Star Treatment" de Wovenhand, "Stranger", beau morceau de Goldfrapp issu de la BO du "Detour" sus-nommé, "Haunted Forever" des métalleux américains de Sumerlands, et on termine avec le planant "Walk Into The Broken Night", morceau envoûtant du duo canadien Orphx...!


Wovenhand, je connaissais de nom. Je l'avais placé dans la même case que 16 Horsepower, que je trouvais correct mais assez oubliable. Toutefois, ce morceau que tu as diffusé me semble considérablement plus solide (c'est marrant, il m'a penser... de loin, quand même... à une version plus americana de Fields of the Nephilim). Je vais sans doute explorer ça. Bonne surprise.

Goldfrapp, ça me fait un peu penser à une citation de Philippe Druillet: il expliquait, dans je ne sais plus quelle interview, qu'il aimait bien relire un album de Tintin parce que c'était la base, ne demandant pas trop d'implication du lecteur, mais avec un rapport direct aux émotions, parlant directement à nos aspects fondamentaux, enfantins, laissant un sentiment semblable à un retour à la maison après un long voyage (Joachim Du Bellay-style). C'est une sensation dont je suis assez friand et c'est un peu ce je ressent avec des gens comme Goldfrapp, Tori Amos ou les Beatles. Ça fait du bien.

Tiens, Sumerlands, on en revient à Fields of the Nephilim. Bien sympathique, aussi.

Orphx, ça m'a fait revenir 10 ans en arrière, dans les salles douteuses de la capitale, même si, comme tu le dis, ce morceau n'est pas vraiment représentatif du reste de leur discographie. Tout à fait réjouissant, aussi.

Je suis d'accord avec Le Doc. Une programmation musicale très solide, cette semaine (pas que ce soit inhabituel de ta part, hein ;) ).

Photonik a écrit:Pour le cinéma, on évoque le dernier film en date d'un réalisateur britannique, l'excellent Christopher Smith, à savoir "Detour", un polar tordu et surprenant.


Intéressant tout ça. Je dois bien avouer, à ma grande honte, que le film de Ulmer est dans ma pile de dvds à voir depuis des années.

En tous cas, j'ai une grande tendresse pour Christopher Smith malgré quelques tics de mise en scène que je trouve agaçants. Je trouve que la virtuosité dont tu parles, et qui est bien réelle, est un peu trop visible. La mise en scène, pour moi, est au service de la narration. Ce n'est pas forcément le cas chez lui, je trouve. Ce genre d'approche ne me dérange pas chez des gens comme De Palma, Greenaway ou Argento, car ils annoncent d'entrée de jeu le maniérisme de leur cinéma. C'est, pour moi, plus génant, dans l'approche plus "gritty", pseudo-réaliste de Smith. Toutefois, ce défaut n'est pas assez marqué pour être rédhibitoire, juste agaçant.
J'avais adoré "Black Death" et "Triangle". Je ne dirais pas que ce sont des plaisirs coupables mais il me semble que ce sont quand même des films qui ne sont pas aussi bons que l'idée que je m'en fais.
"Creep" aussi est bon, mais il se trouve que le film cite très fortement une autre histoire du métro londonien, nommée "Death Line" (ou "Raw Meat" aux US) que je trouve tout à fait exceptionnelle. Du coup, la comparaison ne se fait pas vraiment en la faveur de film de Smith (à mes yeux, en tous cas). Mais, bon, en soi, ça reste un simili-slasher très correct.
Sa mini-série "Labyrinth" à propos du Graal et des Cathares, et sa comédie de Noël (malgré mon attachement pour la carrière récente de Warwick Davis) me font très peur mais, bon, va savoir...

Ah oui, aussi, tu évoquais au passage "Spaced" du trio Nick Frost/Simon Pegg/Edgar Wright. Pour moi, ça reste, encore à ce jour, leur chef d’œuvre. C'est bien sûr hilarant mais l'aspect sentimental qui existe en sous-texte dans ses films a toute la place de s'exprimer dans le format série, et ça fait toute la différence. Pour tout te dire, j'ai versé ma larmichette lors du dernier épisode (mais je suis, dans le fond, une midinette).

Merci pour le salut, mec. Ça fait très plaisir. Tu peux utiliser mon vrai nom, Manu, si tu veux. Ça m'est égal.

Photonik a écrit:- Pour la littérature, on aborde le cas d'un primo-romancier, Simon Johannin, et de son roman "L'été des charognes", chronique rurale assez soufflante.


Wow. Ça fait très envie. Je trouve, qu'une fois de plus, ça fait un peu le lien avec nos discussions sur les à-cotés du folk horror (pareil pour "Essex County", d'ailleurs). En plus, il se trouve que ma famille, au 19ème siècle, était d'Ambialet (non loin de Mazamet). Du coup, je suis plus qu'intéressé par la découverte de l'esprit de ce lieu. Je vais me procurer ça au plus vite. Merci pour la découverte.

Tori a écrit:Très intéressant, comme d'habitude... Je note L'été des charognes dans un coin de ma tête : je sens que c'est un bouquin qui va me parler.
J'ai beau ne pas faire partie de tes auditeurs souletins, j'ai passé les vingt premières années de ma vie à la campagne, et à la montagne, quand j'allais chez mes grands-parents. Il y a forcément dans ce livre des situations qui m'en rappelleront d'autres que j'ai pu vivre.


En ce qui me concerne, je suis un peu coincé entre ces deux mondes (ce qui me va très bien). Aussi bien du coté de mon père que de ma mère, ils sont la première génération à sortir du milieu agricole: mon père est un généticien avec le caractère d'un berger de montagne et ma mère était une prof de français venant d'une lignée de vignerons. Et, même au niveau du lieu de vie, nous habitions dans les collines provençales, au milieu des chèvres et des sangliers, mais toujours à moins d'une heure de route de Marseille. Pendant toute mon enfance, j'ai eu cette dualité et je suis sûr que cela a grandement influé sur mon intérêt sur ces questions du rapport à la nature. Et, oui, cette idée de la cruauté envers les animaux a une certaine résonance avec mon enfance.

Le Doc a écrit:Et le chef-op' du film est Christopher Ross, qui a notamment travaillé sur la très chouette comédie horrifique Bienvenue au Cottage avec Andy Serkis et le suspense Eden Lake de James Watkins avec Michael Fassbender.


Deux très bonnes références. On peut noter également dans "Bienvenue au cottage" la présence de Reece Shearsmith qui est tranquillement en train de devenir un de mes acteurs de comédie anglaise préféré pour son travail dans "Inside n°9", "Psychoville" et surtout "La ligue des gentlemen". La grande réussite de "Bienvenue au Cottage" est le fait d'avoir compris que, si tu veux faire une comédie d'horreur, il ne faut pas faire des compromis entre l'humour et la terreur, mais, au contraire, pousser chaque aspect le plus loin possible. La méthode "Evil Dead", quoi.

Dans un esprit similaire, on peut aussi nommer "I sell the dead", une comédie bien sympathique à propos de l'affaire Burke et Hare, que je vois un peu comme une variation plus ouvertement série B du film de John Landis sur la même histoire (même si la résonance entre ces deux films est potentiellement un hasard).

Avatar de Marko

Photonik a écrit:Mon premier contact avec son travail, très jeune, m'a beaucoup marqué. C'était dans un vieux Strange Special Origines (chez Lug, donc), qui reprenait l'épisode de "Adventures Into Fear" où Man-Thing rencontre Wundarr, le futur Aquarian, en un pastiche éminemment Gerberien des origines de Superman (ce que je n'avais pas compris à ma première lecture..!).


Le moment où les origines respectives de Superman et Wundarr divergent est assez bien vu par rapport au contexte 50's est surtout assez drôle, lorsque l'équivalent de la mère Kent s'exclame en voyant le vaisseau "c'est peut-être des martiens ou pire des communistes !" :mrgreen: .
Dans une veine un peu plus sociale, j'aime beaucoup l'épisode où les rescapés d'un accident de la route doivent collaborer malgré leurs opinions radicalement opposées.

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Tori a écrit:Très intéressant, comme d'habitude...


Merci beaucoup !!! :wink:

Tori a écrit:Je note L'été des charognes dans un coin de ma tête : je sens que c'est un bouquin qui va me parler.
J'ai beau ne pas faire partie de tes auditeurs souletins, j'ai passé les vingt premières années de ma vie à la campagne, et à la montagne, quand j'allais chez mes grands-parents. Il y a forcément dans ce livre des situations qui m'en rappelleront d'autres que j'ai pu vivre.



J'en suis persuadé.
J'ai moi aussi grandi à la campagne (mon frère est d'ailleurs exploitant agricole en zone montagne), et je me suis complètement retrouvé moi aussi dans ce rapport si particulier qu'entretiennent les enfants à un environnement rural ; c'est à la fois âpre et totalement merveilleux... comme le roman de Johannin, qui exprime ce sentiment à merveille.

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Très intéressant, comme d'habitude... Je note L'été des charognes dans un coin de ma tête : je sens que c'est un bouquin qui va me parler.
J'ai beau ne pas faire partie de tes auditeurs souletins, j'ai passé les vingt premières années de ma vie à la campagne, et à la montagne, quand j'allais chez mes grands-parents. Il y a forcément dans ce livre des situations qui m'en rappelleront d'autres que j'ai pu vivre.

Tori.

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Le Doc a écrit: Creep est un très bon film d'horreur, très efficace. Severance est un peu moins maîtrisé, mais il est tout de même pas mal du tout.


Oui, c'est tout à fait ça pour le côté "maîtrise", à tel point que le spectateur mal informé pourrait penser que "Severance" est son premier film et "Creep" le second, de ce point de vue-là.
"Triangle" non seulement supporte mais même appelle plusieurs visions, en effet. Il claque quand même le beignet à la première vision comme tu l'as remarqué, mais certaines subtilités (tant sur le plan scénaristique que sur celui de la mise en scène) sont un peu plus longues à débusquer que d'autres. C'est pour moi son meilleur film.

Le Doc a écrit:Au fait, c'est bien vu : Detour ne sortira pas sur grand écran en France, il passera directement par la case DVD le mois prochain.


J'en étais sûr, merde !! Pourtant le film aurait claqué sur grand écran, pas de doutes...

Le Doc a écrit:Et le chef-op' du film est Christopher Ross, qui a notamment travaillé sur la très chouette comédie horrifique Bienvenue au Cottage avec Andy Serkis et le suspense Eden Lake de James Watkins avec Michael Fassbender.


Christopher Ross, je le note. Un travail très impressionnant ici ; ça ne m'avait pas autant frappé sur les autres titres que tu cites.

Le Doc a écrit:Que du très, très bon dans cette playlist ! Et comme souvent dans ces cas-là, je recherche des titres ensuite sur YouTube pour en écouter plus... :wink:


Ah, ravi que ça t'ait plu ; oui, je suis très content de la sélection musicale de la semaine, je trouve qu'elle claque bien. Il y a beaucoup de choses ici que j'ai découvert assez récemment (surtout Sumerlands et Orphx) mais que je sens que je vais creuser...

Et encore merci pour ton assiduité !!!! :wink:

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque le dernier film en date d'un réalisateur britannique, l'excellent Christopher Smith, à savoir "Detour", un polar tordu et surprenant.


Comme toi, j'apprécie le cinéma de Christopher Smith. Je n'ai pour l'instant vu chaque film qu'une seule fois (sauf sa comédie de Noël, je déteste ça) et je les ai tous bien en mémoire. Creep est un très bon film d'horreur, très efficace. Severance est un peu moins maîtrisé, mais il est tout de même pas mal du tout.
Triangle est sacrément bluffant...je ne suis pas sûr d'avoir tout saisi et il demande très certainement, comme tu le soulignes, une seconde vision, mais il est sacrément vertigineux. Et j'ai bien aimé son rugueux Black Death.
Du coup, je ne manquerai pas de regarder ce Detour (je suis aussi très fan du film noir de Edgar G. Ullmer). Ce que tu en dis est très intéressant et intrigant...
Au fait, c'est bien vu : Detour ne sortira pas sur grand écran en France, il passera directement par la case DVD le mois prochain.
Et le chef-op' du film est Christopher Ross, qui a notamment travaillé sur la très chouette comédie horrifique Bienvenue au Cottage avec Andy Serkis et le suspense Eden Lake de James Watkins avec Michael Fassbender.

- Pour la littérature, on aborde le cas d'un primo-romancier, Simon Johannin, et de son roman "L'été des charognes", chronique rurale assez soufflante.


Bon là j'avoue que ce genre de récit n'est vraiment pas ma came...

- Pour la rubrique BD, c'est l'un des derniers travaux du scénariste Jeff Lemire, associé au dessinateur Dustin Nguyen, dont on cause, avec le space-opera robotique "Descender".


Ca, c'est nettement plus ma came, mais je ne l'ai pas encore lu...


- Et en musique cette semaine, ce sera :
"All Your Waves", extrait de "Star Treatment" de Wovenhand, "Stranger", beau morceau de Goldfrapp issu de la BO du "Detour" sus-nommé, "Haunted Forever" des métalleux américains de Sumerlands, et on termine avec le planant "Walk Into The Broken Night", morceau envoûtant du duo canadien Orphx...!


Que du très, très bon dans cette playlist ! Et comme souvent dans ces cas-là, je recherche des titres ensuite sur YouTube pour en écouter plus... :wink:

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Rien que je connaisse... Tant mieux : ça me fera découvrir des trucs !

Tori.

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Épisode 13 : Détour chez les charognes en pleine descente

Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque le dernier film en date d'un réalisateur britannique, l'excellent Christopher Smith, à savoir "Detour", un polar tordu et surprenant.

- Pour la littérature, on aborde le cas d'un primo-romancier, Simon Johannin, et de son roman "L'été des charognes", chronique rurale assez soufflante.

- Pour la rubrique BD, c'est l'un des derniers travaux du scénariste Jeff Lemire, associé au dessinateur Dustin Nguyen, dont on cause, avec le space-opera robotique "Descender".

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"All Your Waves", extrait de "Star Treatment" de Wovenhand, "Stranger", beau morceau de Goldfrapp issu de la BO du "Detour" sus-nommé, "Haunted Forever" des métalleux américains de Sumerlands, et on termine avec le planant "Walk Into The Broken Night", morceau envoûtant du duo canadien Orphx...!


"Taken by the crowd a tide
It's there then gone do or die
Stranger, I dream of you and
Stranger, I will never know..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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calvinball a écrit:ah ! oui je me souviens de cette intervention.


Là pour le coup, je crois que c'était dans les bonus de l'édition DVD de "New York 1997"...

calvinball a écrit:peut-être est-ce dû à cette fracture dont parle Jean Baptiste Thoret suite à la production difficile de Los Angeles 2013. Selon lui c'est à ce moment là que Carpenter aurait "abandonné", comme si auparavant il avait été porteur de quelque chose, d'une contestation ou autre...


La production a été très difficile en effet, notamment parce que Carpenter était très malade à l'époque. Selon Thoret (qui s'est rendu sur le tournage pour rencontrer Carpenter, à moins que ce ne soit à l'étape du montage), il était même persuadé que ce serait son dernier film.
Ses film suivants (il y en aura peu) marquent quand même une césure dans sa production, d'un point de vue qualitatif... même si perso j'aime encore beaucoup "Ghosts of Mars" ou "The Ward", malgré leurs défauts évidents.

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Photonik a écrit: Kurt Russell, qui se situe "à la droite d'Attila le Hun"

ah ! oui je me souviens de cette intervention.

Le discours de Carpenter est étrangement cynique quant à l'industrie, l'art et la politique mais surtout quand à ses propres films (et notamment à ses adaptions : "faites ce que vous voulez, laissez-moi juste un gros chèque"). Je ne crois pas avoir lu d'interviews de lui datant d'avant les années 90, mais peut-être est-ce dû à cette fracture dont parle Jean Baptiste Thoret suite à la production difficile de Los Angeles 2013. Selon lui c'est à ce moment là que Carpenter aurait "abandonné", comme si auparavant il avait été porteur de quelque chose, d'une contestation ou autre...

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Oui, vivement. :wink:

Concernant John Carpenter, je me souviens d'un entretien filmé de lui (peut-être en bonus du DVD de "Assaut", mais je n'en jurerais pas) où il dit à peu près la même chose que ce que tu cites ici : en substance, il comprend qu'on voit dans ses films une coloration politique plutôt contestataire et/ou "de gauche" et à quoi cela est dû, mais il ne se voit pas comme ça lui-même ; il se définit comme un capitaliste, par exemple, sans états d'âme.
Il explique aussi avoir travaillé sans problèmes avec un Kurt Russell, qui se situe "à la droite d'Attila le Hun" sur l'échiquier politique selon lui ; les deux hommes se sont pourtant toujours chaleureusement entendus.

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artemus dada a écrit:Et que sa position d'outsider lui a permis de ne pas tenir compte de la doxa politique du moment, pas parce qu'il avait des revendications à faire valoir, mais plus simplement, mais à mes yeux c'est encore plus fort, parce qu'il n'entretenait en tant qu'individu, aucune espèce de rapport de hiérarchie sur le plan racial, et que seul comptait la personne qu'il avait en face de lui.

ah oui là dessus on est d'accord, et la sincérité et la liberté de la démarche de Roméro donne finalement encore plus de corps à une "contestation" que l'on peut y voir a postériori. On pourrait presque dire que le film de Roméro incarne une forme liberté radicale (à défaut de dire contestation) et c'est toute la différence avec ces films qui veulent démontrer leur contestation. C'est une spécialité de certain films comme le Capital de Costa-Gavras...
C'est pas peu dire que ton intervention m'a fait un peu cogiter.

Et c'est par un drôle de hasard que je suis tombé hier soir sur un texte de Carpenter, autre grand réalisateur étiqueté "contestataire", "de gauche" (moi j'ai souvent considéré certain de ses films comme libertaires) qui conforte ton argumentation tout en maintenant sa part d’ambiguïté:
Je me suis toujours considéré comme quelqu’un d’assez apolitique, ce qui ne signifie pas que mes films le sont forcément. C’est difficile à expliquer. […] Pour moi, défendre une cause implique de pouvoir proposer une solution au problème, or je n’ai pas tellement de solutions. Par exemple, je ne sais absolument pas comment palier la pauvreté, et je pense que c’est impossible. Je ne vais donc pas me permettre de vous sermonner en vous demandant si vous savez combien de gens sont pauvres de nos jours, car cela n’aurait pour moi aucune utilité. Peut-être qu’un jour je ferai un film dans lequel il y a des gens pauvres, mais je n’ai pas de cause à défendre. Ma première femme [Adrienne Barbeau] était une militante féministe, mais ça n’a jamais été mon cas. Je ne suis pas comme ça. »
– John Carpenter: The Prince of Darkness


Photonik a écrit:Tiens, j'en profite pour signaler qu'il n'y aura pas d'émission cette semaine (emploi du temps bousculé, comme d'hab'). Partie remise à la semaine prochaine !!

Diantre, vivement la semaine prochaine alors !

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C'est plutôt pas pour me reposer effectivement, mais merci. :wink:

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Photonik a écrit:Tiens, j'en profite pour signaler qu'il n'y aura pas d'émission cette semaine (emploi du temps bousculé, comme d'hab'). Partie remise à la semaine prochaine !!

Ah, zut : juste quand je suis à jour dans mes écoutes ! ~___^
Repose-toi bien (ah, zut encore : ce n'est pas pour te reposer, mais parce que tu es trop occupé, au contraire !) !

Tori.

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Tiens, j'en profite pour signaler qu'il n'y aura pas d'émission cette semaine (emploi du temps bousculé, comme d'hab'). Partie remise à la semaine prochaine !!

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Tiens, voilà ce qu'en dit le wiki anglo-saxon du film "Dawn Of The Dead/Zombie" :

How the creatures in contemporary zombie films came to be called "zombies" is not fully clear. The film Night of the Living Dead made no spoken reference to its undead antagonists as "zombies", describing them instead as "ghouls" (though ghouls, which derive from Arabic folklore, are demons, not undead). Although George Romero used the term "ghoul" in his original scripts, in later interviews he used the term "zombie". The word "zombie" is used exclusively by Romero in his 1978 script for his sequel Dawn of the Dead, including once in dialog. According to George Romero, film critics were influential in associating the term "zombie" to his creatures, and especially the French magazine "Cahiers du Cinéma". He eventually accepted this linkage even though he remained convinced at the time that "zombies" corresponded to the undead slaves of Haitian voodoo as depicted in Bela Lugosi's White Zombie.


Manifestement, Romero est d'accord avec toi mais il s'est fait une raison. :wink:

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Photonik a écrit:Peut-on vraiment parler d'erreur après l'assimilation par l'imaginaire collectif de la figure du zombie à la Romero ? Pour ma part je ne le crois pas. Il n'est pas rare, dans le domaine pop-culturel comme ailleurs, qu'un terme en recouvre un autre, voisin, mais pourtant bien distinct à la base. Beaucoup de qualificatifs dans des domaines variés proviennent "d'erreurs" de la sorte... C'est une forme d'invention ou de mutation du langage.

Une erreur collective reste une erreur... Ce n'est pas parce que presque tout le monde parle de la tranche d'un livre en pensant à son dos que c'est correct...

Et le "zombie à la Romero", c'est un "living dead", il me semble (dans ses titres, en VO, le mot "zombie" n'apparaît pas).

Mais tu c'est vrai que c'est un détail.

Tori.

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Le choix du terme "concéder" était, je m'en rends compte, probablement malheureux de ma part. On échange en donnant nos avis et en échangeant sur des faits, on ne joue pas à un jeu de gagne-terrain ou à un débat d'arguments à l'américaine... J'en prends acte, donc. :wink:

Pour le reste, je trouve ton exemple de Jack Kirby et Stan Lee créant les X-Men très intéressant ; en effet, je crois comme toi que le prêt "rétroactif" aux auteurs d'une volonté d'allégorie socio-politique joue ici à fond. Je le vois pour le coup exactement de la même manière.
Mais il ne faudrait pas pour autant, en tenant compte de ça et des conditions de production précaires de telle ou telle œuvre de fiction (les comics ou les films de Romero, par exemple), à ne surtout pas négliger en effet, totalement oublier que certains auteurs ont pu faire preuve parfois d'une ambition particulière dans la confection de leurs récits et du sous-texte éventuel.

L'exemple qui me vient, c'est celui de Kirby et Lee, justement, qui évoquent à travers une saga de Thor (mettant en scène les Archéopiens, des victimes de Galactus le Dévoreur de mondes) l'exode des juifs, leur massacre organisé en Europe et la fondation d'Israël après le second conflit mondial. Ce sous-texte est attesté par Kirby lui-même, si j'en crois un vieux numéro de Comic Box.
Tu m'objecteras qu'il n'est pas question ici de pré-science ou de "sentir" une évolution politique (voire d'y contribuer) et tu n'auras pas tort. :wink:

De manière plus générale, je partage complètement ton idée du "trop-plein d'analyse" qui saisit ceux comme nous ici qui se penche sur telle ou telle œuvre pour chercher à y voir à toute force un sous-texte, des allusions, etc... quitte à faire un enfant dans le dos aux faits, rien que les faits. Je me reconnais dans cette tendance en tout cas.
Pour me consoler, je me dis qu'il vaut mieux un excès d'analyse qu'un défaut d'analyse. Mais cette sentence un peu trop catégorique serait sûrement à tempérer...

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:[..]
Je concède néanmoins à Artemus que comme il le dit, en l'occurrence la réception a très largement débordé l'ambition, sans aucun doute.


Merci de me concéder :wink: que "la réception a très largement débordé l'ambition".

Mais ce que je dis est d'un tout autre ordre, ou disons que ça va bien plus loin.

Comme par exemple (manière de dire que Romero n'est pas ma "bête noire" du moment) les X-Men dont il est courant de lire qu'ils représentaient la ségrégation et le racisme.

Je doute beaucoup que Stan Lee et Jack Kirby se soient mis autour d'une table en disant, voilà : le monde par en sucette, la situation des droits civiques n'est plus tolérable, faisons une série de super-héros qui dépeindrait cette situation (pour les ambitions basses).
Notre employeur Marvel tente alors de sortir la tête de l'eau, DC Comics nous tient à la gorge (notamment en étant notre distributeur via une de ses filiales), mais les générations futures se souviendront de nous pour ça.

Non, pour ma part je crois qu'ils ont inventé une histoire qui prenait le contre-pied de ce qui se faisait dans ce domaine à savoir pour le dire vite une équipe de super-héros différentes (comme ce qu'ils ont fait avec les FF, démarquage de la JLA), en butte à la société, etc.

Ainsi ce qui pour moi est une création qui utilise avant tout des ressorts dramatiques avec ingéniosité, et dont la préoccupation majeure est de passer sous le radar de DC (on ne fait pas de super-héros mais des histoires de mutants) en évitant d'être accusé de plagiat, remember le Captain Marvel de Fawcett, au sein d'une industrie dont c'est pourtant le sport favoris, se trouve ensuite reçu - à tort - comme la lutte non pas seulement de la ségrégation et du racisme mais tenez-vous bien : de la lutte entre les partisans de Martin Luther King et de ceux de Malcolm X.
Car oui Xavier et Magnéto partagent d'être des "mutants", qui s'ils luttent contre homo sapiens (ou l'idée qu'ils se font des mutants) ne partagent pas la même manière de le faire.
Comme Martin Luther King qui partage avec Malcolm X d'être Noir, lutte pour les droits civiques comme ce dernier, mais pas de la même manière.

J'aime beaucoup les analyses de fond, j'en fais énormément c'est un peu mon fond de commerce (sic), mais je sais que tout aussi séduisante que soit une interprétation, elle est surtout une construction intellectuelle et culturelle (pour les meilleurs des cas) après coup.

Prêter à tel ou tel "artiste" (terme à prendre dans le sens le plus large possible) un don d'analyse, et de prédiction (c'est d'ailleurs un lieu commun), ou une volonté militante - surtout lorsque l'artiste en question s'en défend - est un travers que nous avons tous plus ou moins. Ne serait-ce que pour qu'il y ait analyse, il faut du "grain" à moudre. Ou dans notre cas de figure à analyser.

Je crois qu'on aime en tant qu'humain, tellement les histoires que tout ce qu'on fait doit être d'une manière ou d'une autre narratif, et s'inscrire dans un dessein. Si possible "grandiose".
Un travers qui se trouve amplifié lorsqu'on parle d'un artefact culturel que l’intelligentsia regarde avec un peu de mépris.

Mais tout aussi pertinent que soit le film de Romero (par exemple), après coup, il est d'abord le travail de quelqu'un qui veut faire un film et dont les acteurs font d'abord partie de son entourage, et à qui il donne des rôles en fonction de leurs aptitudes (c'est lui qui le dit).
Et celui du héros échoit à celui dont il dit justement qu'il était le meilleur.

Ce qui n'est pas rien non plus, puisque celui-ci est un Africain-Américain, et qu'à l'époque les acteurs Noirs interprétant des héros (surtout avec cette dimension tragique), ça ne courre pas les rues.
Surtout celles d'Hollywood.
Au moins n'avait-il pas le calcul de plaire, mais je doute aussi que George Romero avait dans l'idée de faire un carton avec son long-métrage.

En conclusion si vous êtes encore là, je dirais que Romero (comme Marvel) essayait de faire ce qu'il avait envie de faire mais aussi de gagner sa croûte.
Et que sa position d'outsider lui a permis de ne pas tenir compte de la doxa politique du moment, pas parce qu'il avait des revendications à faire valoir, mais plus simplement, mais à mes yeux c'est encore plus fort, parce qu'il n'entretenait en tant qu'individu, aucune espèce de rapport de hiérarchie sur le plan racial, et que seul comptait la personne qu'il avait en face de lui.
Il avait aussi une contrainte, faire un film avec peu de moyens.
Et sûrement avec la volonté d'utiliser le meilleur de ce qu'il pouvait obtenir. CQFD.

Oui, sa décision est politique (comme beaucoup des décisions que nous prenons au jour le jour, aussi triviales que de mettre ses papiers à la poubelle, ou d'utiliser les transports en commun), mais en aucun cas militante et contestataire, de mon point de vue, en regard de ma propre analyse. Et des propres propos de Romero.
Qu'il ait ensuite enfoncé le clou, est tout à son honneur d’ailleurs.

Cela dit, comme je le répète à tire-larigot, je peux vivre avec l'idée que d'autres ne partagent pas mes idées ; il y a assez de place dans l'imaginaire collectif pour que des univers de pensées différentes se côtoient sans heurts.
L'idée de l'altérité est au cœur de notre discussion, la refuser au domaine des idées serait peu pertinent de ma part (et de tout façon ce n'est pas mon genre).

À partir du moment où n'y a pas de prosélytisme, mais des échangent amicaux d'amateurs à amateurs, ça me va.

Du reste, ce n'est pas parce que les idées qu'on a ne sont pas partagées par la majorité des intervenants qui se manifestent qu'elles ne peuvent pas avoir de pertinence. L'analyse de l'aspect contestataire - a posteriori - du film de George Romero en est la preuve : la présence d'un héros Africain-Américain n'était pas alors l'idée la mieux partagée du moment.

C'est pour ça que me "concéder" quelque chose, est pour le coup bien peu fair-play. :wink:

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Photonik a écrit:Faute de temps (et je cause déjà beaucoup), je n'ai pas trop évoqué les titres de Steve Gerber traduits en leur temps par Lug, comme ses "Daredevil" pas inintéressants (même si lui confesse s'être vite ennuyé sur le personnage), ou ses excellents "Marvel Two-in-One" (avec la Chose), entre autres.
Mon premier contact avec son travail, très jeune, m'a beaucoup marqué. C'était dans un vieux Strange Special Origines (chez Lug, donc), qui reprenait l'épisode de "Adventures Into Fear" où Man-Thing rencontre Wundarr, le futur Aquarian, en un pastiche éminemment Gerberien des origines de Superman (ce que je n'avais pas compris à ma première lecture..!).


Oui...quand je dis que je n'ai pas commencé par ses "travaux les plus remarqués", je voulais dire qu'ils n'ont pas l'aura et la réputation de ce qu'il a fait sur Defenders, Howard the Duck et Man-Thing par exemple. Ce qui n'empêche pas qu'il y a en effet des choses très intéressantes dans le lot...c'est marrant, dans mon premier comic-book de Steve Gerber, il y avait aussi Wundarr en personnage secondaire. C'était dans Marvel Two-In-One 2, publié par Lug dans le tout premier Spécial Strange.

Image


Comme je le suggérais fortement dans ma réponse à Tori, j'ai trouvé le film totalement catastrophique. Il faut dire qu'il est torché par Brett Leonard, l'immortel auteur d'un "Highlander 5" de sinistre mémoire (un cinéaste très fainéant, il était tout de même un peu plus exigeant quand il signait le film de SF "Le Cobaye", au début des années 90).


Ouais, c'est raté. J'ai préféré les Swamp Thing...qui ne sont franchement pas des bons films, mais au moins tout n'est pas à jeter.

D'ailleurs, pour en savoir plus... :wink:

http://www.comics-sanctuary.com/forum/la-creature-du-marais-wes-craven-t86101.html

http://www.comics-sanctuary.com/forum/the-return-of-swamp-thing-jim-wynorski-t76375.html

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Le Doc a écrit:
Lis plutôt le wiki U.S. :wink:

https://en.wikipedia.org/wiki/Man-Thing_(film)


Oui, sans compter qu'il est nettement plus étoffé, en l'occurrence.

C'est une forme de soulagement pour moi de voir ainsi écartée l'idée de la participation de Gerber à cette purge sans nom qu'est le film "Man-Thing"...

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Le Doc a écrit:Super chronique d'un scénariste que j'ai découvert progressivement au fil des années. Je lisais très peu d'Arédit/Artima en grandissant, je préférais les publications LUG donc je n'ai pas commencé par les travaux les plus "remarqués" de Steve Gerber (à par quelques épisodes piochés par-ci par-là). Et beaucoup de choses sont restées inédites chez nous. Ce n'est d'ailleurs que l'année dernière que j'ai pu lire les premiers épisodes de Howard the Duck dans la réédition V.O....et quelle savoureuse lecture ! J'ai hâte de faire pareil avec Man-Thing.


Faute de temps (et je cause déjà beaucoup), je n'ai pas trop évoqué les titres de Steve Gerber traduits en leur temps par Lug, comme ses "Daredevil" pas inintéressants (même si lui confesse s'être vite ennuyé sur le personnage), ou ses excellents "Marvel Two-in-One" (avec la Chose), entre autres.
Mon premier contact avec son travail, très jeune, m'a beaucoup marqué. C'était dans un vieux Strange Special Origines (chez Lug, donc), qui reprenait l'épisode de "Adventures Into Fear" où Man-Thing rencontre Wundarr, le futur Aquarian, en un pastiche éminemment Gerberien des origines de Superman (ce que je n'avais pas compris à ma première lecture..!).

Le Doc a écrit:
- Pour la littérature, c'est du lourd, vu qu'on aborde le travail de Thomas Ligotti, maître méconnu mais incontournable de la littérature horrifique, via le recueil (le seul paru en français) "Chants du Cauchemar et de la Nuit". Tremblez, carcasses.


Je ne connaissais pas du tout. Je lis peu de romans en ce moment, mais j'en prends bonne note...


Tu devrais adorer ; je pense que Ligotti a tout pour plaire aux lecteurs de Stephen King.

Le Doc a écrit:J'avais déjà entendu cette très belle reprise de Black Sabbath (j'étais tombé sur une vidéo YouTube il y a un an ou deux, un montage approprié de scènes des 3 Visages de la Peur de Bava).


Oui, c'est également par le biais de cette vidéo très réussie que j'ai découvert le titre, un peu par hasard.


Le Doc a écrit:Et c'est le seul titre que j'ai apprécié cette semaine... :wink:


Ouais, j'admets volontiers que c'était bien zarbi dans l'ensemble, cette semaine. :mrgreen:

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Le Doc a écrit:Le scénariste de Man-Thing est Hans Rodionoff. Steve Gerber n'a rien à voir avec le scénario du film.


Je te fais confiance ; ça m'apprendra à faire confiance à Wikipedia. :wink:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Man-Thing_(film)

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Benoît a écrit:Si le budget de Dernier train pour Busan paraît "dérisoire" en comparaison de celui de World war Z, il convient néanmoins de relativiser au vu du contexte de production. Le film de Marc Foster est une production américaine alors que celui de Yeon Sang-ho a été produit en Corée du Sud, où ce genre de budget est conséquent à l'échelle de l'économie du pays (soit plus de 10 milliards de wons) et fait partie de la fourchette haute dans la production locale. De par son budget, Dernier train pour Busan est bien un blockbuster au même titre que les grosses productions historiques en costumes qui peuvent se développer là-bas, à l'instar de Roaring currents avec Choi Min-sik dont le budget s'élevait à 9,5 millions de dollars. A titre d'exemple, The host de Bong Joon-ho était la production la plus chère financée en Corée du Sud au moment de sa sortie et le réalisateur avait cette phrase éclairante en disant que la vedette du film, c'était la créature amphibie dont la part allouée du budget pour la développer aurait permis de s'offrir les deux trois plus grosses stars locales du moment.



Je ne souhaitais pas donner l'impression que "Dernier Train pour Busan" avait été réalisé avec trois bouts de ficelle et deux planches, hein. C'est une production importante à l'échelle de l'économie du cinéma sud-coréen, sans aucun doute.
D'une certaine manière, en le présentant de cette manière, je souhaitais appuyer sur le fait que le film était très astucieux, émulant sans problème le souffle du blockbuster à l'américaine, tout en en reprenant intelligemment les ficelles. C'est un tour de force d'une certaine manière.

Benoît a écrit:De même, Snowpiercer n'est pas issu du sérail d'Hollywood, c'était un projet initié par le réalisateur en Corée du Sud et que les producteurs locaux ont financé à hauteur de 20 millions de dollars, soit à peu près la moitié du budget du film et la plus grosse somme débloquée localement pour un film à ce moment, avant d'aller démarcher des fonds à l'étranger pour boucler le financement.


Oui, tu as tout à fait raison, j'ai commis une erreur assez grossière, là. D'autant plus regrettable que j'ai lu l'entretien que le réalisateur accorde aux "Cahiers du Cinéma" ces jours-ci, où il parle du financement de ses projets.

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Photonik a écrit:Je l'imagine mal ayant critiqué le film, tout du moins à sa sortie : il est crédité au générique en tant que co-scénariste. J'ignore néanmoins quelle a été sa contribution exacte ; est-il crédité pour son travail antérieur sur le comic ou a-t-il vraiment bossé sur le script à proprement parler ? Faudrait que je me renseigne.


Le scénariste de Man-Thing est Hans Rodionoff. Steve Gerber n'a rien à voir avec le scénario du film.

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calvinball a écrit:Tiens au sujet de ce retour de George Roméro sur le choix de Duane Jones, j'ai toujours eu la sensation qu'en insistant sur le fait qu'il n'avait pas casté l'acteur "parce que noir", Roméro en faisait un acte socialement contestataire encore plus fort, surtout remis dans le contexte de 1968.



Je suis complètement d'accord avec ça. On pourrait dire que feindre l'indifférence à la couleur de peau de l'acteur ou ne pas la feindre, finalement cela revient exactement au même : le coup de force, c'était de caster un acteur noir, peu importe la raison. A l'époque, peu d'acteurs noirs (on peut quand même penser à Sydney Poitier, une exception) avaient droit aux premiers rôles.
Je concède néanmoins à Artemus que comme il le dit, en l'occurrence la réception a très largement débordé l'ambition, sans aucun doute.

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Ektah a écrit:
Tori a écrit:Je n'ai pas grand chose à dire sur cet épisode... Sinon que j'ai encore plus envie de voir Dernier train pour Busan, et que je comprends un peu mieux pourquoi j'ai longtemps confondu Man-Thing et Swamp Thing... Est-ce qu'on sait ce que Steve Gerber a pensé du film Man-Thing (est-ce une bonne adaptation, d'ailleurs ? J'ai le DVD, mais je ne l'ai pas encore regardé) ?


J'en ai entendu du bien mais je ne l'ai pas vu non plus. C'est sûrement meilleur que les adaptations de "Swamp Thing".


Comme je le suggérais fortement dans ma réponse à Tori, j'ai trouvé le film totalement catastrophique. Il faut dire qu'il est torché par Brett Leonard, l'immortel auteur d'un "Highlander 5" de sinistre mémoire (un cinéaste très fainéant, il était tout de même un peu plus exigeant quand il signait le film de SF "Le Cobaye", au début des années 90).
Je préfère de loin à ce film extrêmement faible le premier "Swamp Thing", celui signé Wes Craven. Il est bardé de défauts mais il comprend tout de même nettement plus de matière que le film très indigent de Leonard, dont j'ai du mal à croire que Steve Gerber ait pu co-signer ni même valider le scénario ; c'est une trahison totale de l'ambiance et de la patte de la BD, qui se cache derrière une "fidélité" et une déférence de façade à l'oeuvre originelle (avec cette manie stupide de nommer des persos d'après des auteurs du comics ; il y a ici un Steve Gerber et un Mike Ploog dans le cast'...).

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:
Je te conseillerai plutôt Muslimgauze.



J'en prends bonne note. Et merci pour tes précisions ultérieures, je ne connaissais absolument pas le parcours atypique de cette formation.

Et à propos de ça, il n'y a pas à ma connaissance de sujets interdits ici. Moi en tout cas j'aborde ce que je veux et j'ai l'impression que c'est le cas pour un peu tout le monde. J'accueille les débats philosophico-politiques comme les autres, pour peu que j'ai quelque chose à dire (Nemo, où diable es-tu donc passé, d'ailleurs ? :wink: ).
J'ai simplement l'impression que les intervenants n'ont pas forcément envie d'aller par là pour les échanges. Ce qui me vas très bien aussi.
D'ailleurs, on a déjà parlé ici de Varg Vikerness, que ce soit dans l'émission ou sur ce thread (il n'était pas question dans ce cas de valider ou d'invalider son discours (parfaitement indéfendable à mes yeux, pour ce que ça vaut), simplement de rappeler son parcours).

Ektah a écrit:Mais ce n'est pas inédit: si on considère le blues comme une forme particulière de musique folk (ce qui est mon cas), ce n'est pas différent de la transition vers l'électrique de Dylan, ou même de l'apparition du rock, dans une certaine mesure. Et, pour avoir passé beaucoup de temps dans cette communauté autour du "folk horror", on est nombreux à considérer des gens comme Donovan ou Crosby, Stills and Nash (surtout le premier album) comme des précurseurs du genre. Cette question du folk électrique et urbain est là depuis longtemps. Et l'indus-folk (ou indus tribal comme j'ai pu le voir parfois nommé) n'est que le dernier avatar de cette tradition, à mon avis.

Une autre de ses formes pourrait être, par exemple, ces groupes de métal ajoutant un aspect traditionnel à leur répertoire (Empyrium, Wolves in the Throne Room, Agalloch et tant d'autres...). Pour moi, c'est un peu le même état d'esprit qui préside à tous ces projets.



C'est marrant, cet échange me rappelle une citation du cinéaste et musicien F.J. Ossang, qui disait que les musiciens rock (ou de musiques amplifiées en général, pourrait-on dire) étaient en fait souvent des ruraux fraîchement débarqués en milieu urbain. D'après lui, la musique en question était le vecteur idéal pour esthétiser ou représenter ce qui frappe de sidération en premier un rural en ville : le vacarme. J'adhère assez à cette thèse.


Ektah a écrit:Tiens, avec des sous-titres anglais (à activer dans le player youtube).

Player Sanctuary



Génial !! Merci beaucoup pour ça...


Ektah a écrit:Ça se voit peut-être un peu dans "Arkham Asylum", en y réfléchissant.




Oui, tout à fait.
Et je me risquerais même à dire que c'est surtout le dessinateur Dave McKean qui est marqué par l'influence de Svankmajer (même si l'intérêt de Morrison pour ce cinéaste est également manifeste).
Il suffit de voir que McKean a parfois pu faire par ailleurs avec Neil Gaiman : "Mr Punch", un travail un peu particulier du dessinateur avec le scénariste de "Sandman", atteste aussi clairement de la filiation (et certaines couvertures de "Sandman" aussi d'ailleurs).

Avatar de Photonik

Tori a écrit:Est-ce qu'on sait ce que Steve Gerber a pensé du film Man-Thing (est-ce une bonne adaptation, d'ailleurs ? J'ai le DVD, mais je ne l'ai pas encore regardé) ?


Je l'imagine mal ayant critiqué le film, tout du moins à sa sortie : il est crédité au générique en tant que co-scénariste. J'ignore néanmoins quelle a été sa contribution exacte ; est-il crédité pour son travail antérieur sur le comic ou a-t-il vraiment bossé sur le script à proprement parler ? Faudrait que je me renseigne.
Peut-être a-t-il été critique après coup, ce ne serait pas inédit après tout. Mais là encore je n'ai pas les détails.

Et bon courage dans la perspective de ton visionnage du film ; j'y reviens plus bas (spoiler alert : c'est complètement naze).


Tori a écrit:Ah, si, une petite remarque : tu parles de films de zombis, mais il faudrait, dans la plupart des cas, parler de films de morts-vivants... Le zombi, c'est vraiment la tradition vaudoue : la "marionnette humaine". Le mort-vivant, c'est plus général.
Mais beaucoup de gens font l'erreur.



Peut-on vraiment parler d'erreur après l'assimilation par l'imaginaire collectif de la figure du zombie à la Romero ? Pour ma part je ne le crois pas. Il n'est pas rare, dans le domaine pop-culturel comme ailleurs, qu'un terme en recouvre un autre, voisin, mais pourtant bien distinct à la base. Beaucoup de qualificatifs dans des domaines variés proviennent "d'erreurs" de la sorte... C'est une forme d'invention ou de mutation du langage.

Tu n'as pas tort dans l'absolu pour autant, hein. :wink:

Avatar de Le Doc

Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque le premier film en prises de vue réelles de l'excellent Yeon Sang-Ho, "Dernier Train pour Busan", sorte de blockbuster avec des zombies...


Bon, encore un film asiatique que je n'ai pas vu. Il me tente bien en tout cas et je le regarderai quand il sera diffusé à la TV.
Très intéressante rétrospective des films de zombie. Et à ce propos :

Ektah a écrit:Pour moi, c'est un acte politique mais quasiment par défaut.


Pareil. Même si George Romero s'en est défendu en disant que Duane Jones était surtout le meilleur acteur de leur bande, j'ai également toujours vu le fait de donner le premier rôle à un acteur noir, et surtout à cette époque, comme un acte politique fort. Et cela a en effet rejailli sur la scène finale...

Quant à World War Z...disons que je préfère le livre...

- Au rayon BD, je suis très heureux d'aborder le cas du regretté Steve Gerber, scénariste phare des années 70 chez Marvel ; on cause de son travail posthume "The Infernal Man-Thing" (avec Kevin Nowlan), coda à son travail sur le titre dans les seventies.


Super chronique d'un scénariste que j'ai découvert progressivement au fil des années. Je lisais très peu d'Arédit/Artima en grandissant, je préférais les publications LUG donc je n'ai pas commencé par les travaux les plus "remarqués" de Steve Gerber (à par quelques épisodes piochés par-ci par-là). Et beaucoup de choses sont restées inédites chez nous. Ce n'est d'ailleurs que l'année dernière que j'ai pu lire les premiers épisodes de Howard the Duck dans la réédition V.O....et quelle savoureuse lecture ! J'ai hâte de faire pareil avec Man-Thing.

- Pour la littérature, c'est du lourd, vu qu'on aborde le travail de Thomas Ligotti, maître méconnu mais incontournable de la littérature horrifique, via le recueil (le seul paru en français) "Chants du Cauchemar et de la Nuit". Tremblez, carcasses.


Je ne connaissais pas du tout. Je lis peu de romans en ce moment, mais j'en prends bonne note...

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Bite The Bolster", extrait de "Hole In The Heart" de Ramleh, "It's All Gone Weird", issu de l'album "Carheart" par le groupe Virus, "Sentients" des anglais de Fuck Buttons sur l'album "Slow Focus", et on termine cette exploration horrifique par le titre séminal du genre en matière de rock, à savoir le "Black Sabbeth" de Gonga et Beth Gibbons au chant, reprise de qui vous savez..


J'avais déjà entendu cette très belle reprise de Black Sabbath (j'étais tombé sur une vidéo YouTube il y a un an ou deux, un montage approprié de scènes des 3 Visages de la Peur de Bava). Et c'est le seul titre que j'ai apprécié cette semaine... :wink:

Avatar de Ektah

calvinball a écrit:Tiens au sujet de ce retour de George Roméro sur le choix de Duane Jones, j'ai toujours eu la sensation qu'en insistant sur le fait qu'il n'avait pas casté l'acteur "parce que noir", Roméro en faisait un acte socialement contestataire encore plus fort, surtout remis dans le contexte de 1968.

Ceci dit c'est vrai que le regard qu'on porte sur ce film est probablement biaisé par la vision de zombie et Dawn of the dead dont la veine revendicative est bien plus affirmée. Et dans mon cas le fait d'avoir vu cette trilogie en commençant par zombie a accentué ce biais.


Tout à fait.

Pour moi, c'est un acte politique mais quasiment par défaut. Le fait d'engager Duane Jones parce que c'est le bon acteur pour le rôle (ce qui est vrai, il est juste parfait dans ce film) sans tenir compte de sa couleur de peau, à cette époque-là, n'est pas un acte anodin. De même, ces dernières images du film n'auraient pas eu le même impact avec un acteur blanc. Et je ne pense pas que Romero soit naïf: il devait être conscient de tout ça.

Mais la façon dont je lis sa déclaration, c'est que sa prise de position consiste simplement à ne pas tenir compte de certaines règles tacites de l'industrie du cinéma. Une attitude passive-agressive comme forme de "lutte". Finalement, c'est assez raccord avec les principes du Nouvel Hollywood dans lequel on peut le placer.

Ce n'était sans doute pas un acte revendicatif, il voulait juste faire son film, mais il se plaçait délibérément dans un courant contestataire de son temps, simplement par cette action.

Et effectivement, il a un peu plus forcé le trait par la suite.

Avatar de artemus dada

Beau rappel amigo, très intéressant et qui me rappelle by the way - puisque je n'avais pas pensé à m'intéresser à ce côté-là du financement - de ne jamais oublier de regarder les chose du "point de vue de Sirius", si j'ose dire. :wink:

Avatar de Benoît

Si le budget de Dernier train pour Busan paraît "dérisoire" en comparaison de celui de World war Z, il convient néanmoins de relativiser au vu du contexte de production. Le film de Marc Foster est une production américaine alors que celui de Yeon Sang-ho a été produit en Corée du Sud, où ce genre de budget est conséquent à l'échelle de l'économie du pays (soit plus de 10 milliards de wons) et fait partie de la fourchette haute dans la production locale. De par son budget, Dernier train pour Busan est bien un blockbuster au même titre que les grosses productions historiques en costumes qui peuvent se développer là-bas, à l'instar de Roaring currents avec Choi Min-sik dont le budget s'élevait à 9,5 millions de dollars. A titre d'exemple, The host de Bong Joon-ho était la production la plus chère financée en Corée du Sud au moment de sa sortie et le réalisateur avait cette phrase éclairante en disant que la vedette du film, c'était la créature amphibie dont la part allouée du budget pour la développer aurait permis de s'offrir les deux trois plus grosses stars locales du moment.

De même, Snowpiercer n'est pas issu du sérail d'Hollywood, c'était un projet initié par le réalisateur en Corée du Sud et que les producteurs locaux ont financé à hauteur de 20 millions de dollars, soit à peu près la moitié du budget du film et la plus grosse somme débloquée localement pour un film à ce moment, avant d'aller démarcher des fonds à l'étranger pour boucler le financement. Ce qui a permis au réalisateur d'avoir une équipe technique coréenne intégrée aux différentes étapes de la production du film pendant le tournage en République Tchèque, et de conserver le contrôle sur le film pour son exploitation à l'internationale.

Avatar de artemus dada

calvinball a écrit:[..]
Ceci dit c'est vrai que le regard qu'on porte sur ce film est probablement biaisé par la vision de zombie et Dawn of the dead dont la veine revendicative est bien plus affirmée. Et dans mon cas le fait d'avoir vu cette trilogie en commençant par zombie a accentué ce biais.


Veine revendicative, dont on peut se demander si elle n'a pas été prise par rapport à l'accueil du premier film, où justement ce "militantisme" a été perçu, en dépit de la volonté de Romero ?

Ce qui ne fait pas du cinéaste un faux-cul non plus, mais peut-être quelqu'un qui a su saisir la chance qui se présentait d'orienter son cinéma vers une politique dans laquelle il croyait pas ailleurs, mais qui était surtout le fruit du hasard. Et d'une réception qui dépassait ses ambitions.

Avatar de calvinball

artemus dada a écrit: Au sujet de La Nuit des Morts-vivants dont tu parles, le choix d'un acteur Noir est un hasard.
Romero le dit lui-même dans de nombreux entretiens.
Par exemple :

George Romero a écrit:
"On a choisi un acteur afro-américain parce qu'il était le meilleur comédien parmi nos amis. Et Martin Luther King s'est fait assassiner alors qu'on venait juste de terminer notre film. Par ricochet, La Nuit des morts-vivants est devenu un miroir de notre époque." (Apocalypse Zombie, hors-série Mad Movies)



Donc, l'allégorie sur les droits civiques dont tu parles, est surtout l'effet conjugué du hasard et d'une tragédie.
À moins de confondre George Romero avec madame Irma


Tiens au sujet de ce retour de George Roméro sur le choix de Duane Jones, j'ai toujours eu la sensation qu'en insistant sur le fait qu'il n'avait pas casté l'acteur "parce que noir", Roméro en faisait un acte socialement contestataire encore plus fort, surtout remis dans le contexte de 1968.

Ceci dit c'est vrai que le regard qu'on porte sur ce film est probablement biaisé par la vision de zombie et Dawn of the dead dont la veine revendicative est bien plus affirmée. Et dans mon cas le fait d'avoir vu cette trilogie en commençant par zombie a accentué ce biais.

Avatar de artemus dada

Ektah a écrit:
artemus dada a écrit:.... Je me permets de proposer quelques liens vers le travail de Gerber en rapport avec ce que tu en dis dans ton émission: (...)


Wow. C'est passionnant, tout ça. Merci pour tout ce travail. Ça fait vraiment plaisir d'explorer un pan de l'histoire des comics à ce point méconnu (et de réévaluer totalement la figure de Man-Thing, en ce qui me concerne).[..]


Merci, tant mieux, si ça intéresse quelqu'un. :wink:

Avatar de Ektah

Tori a écrit:Je n'ai pas grand chose à dire sur cet épisode... Sinon que j'ai encore plus envie de voir Dernier train pour Busan, et que je comprends un peu mieux pourquoi j'ai longtemps confondu Man-Thing et Swamp Thing... Est-ce qu'on sait ce que Steve Gerber a pensé du film Man-Thing (est-ce une bonne adaptation, d'ailleurs ? J'ai le DVD, mais je ne l'ai pas encore regardé) ?


J'en ai entendu du bien mais je ne l'ai pas vu non plus. C'est sûrement meilleur que les adaptations de "Swamp Thing".

Avatar de Ektah

artemus dada a écrit:.... Je me permets de proposer quelques liens vers le travail de Gerber en rapport avec ce que tu en dis dans ton émission: (...)


Wow. C'est passionnant, tout ça. Merci pour tout ce travail. Ça fait vraiment plaisir d'explorer un pan de l'histoire des comics à ce point méconnu (et de réévaluer totalement la figure de Man-Thing, en ce qui me concerne).

Photonik a écrit:Je ne connais pas les deux projets que tu cites, faut que je jette une oreille là-dessus (surtout Thrasher Qawwal).


Je te conseillerai plutôt Muslimgauze. Thrasher Qawwal est le projet de Larry Thrasher et n'a sorti qu'un seul album, que je trouve intéressant, mais reste juste une note de bas de page dans l'histoire de Psychic TV (et Genesis P. Orridge ne participe pas au disque).

Muslimgauze, par contre, est un projet musical ayant sorti des centaines de disques (pour la plupart réussis) avec trois pôles artistiques: musique industrielle, musique électronique et musique trad du proche et du moyen orient, le dosage de ces trois styles variant radicalement d'une production à l'autre. Bon, je pense que, dans un forum comme celui-ci, il faut éviter les discussions politiques comme de la kryptonite, mais il faut quand même que je précise quelque chose: Bryn Jones, le gars derrière ce projet, était quelqu'un de très politisé en faveur de la Palestine et du métissage des cultures. Cela apparaît dans sa musique. Il faut juste en être conscient avant de se lancer dans cette exploration. Mais le point important reste la musique, quelles que soient nos opinions. S'il le faut, on peut aussi parler de Peste Noire et Varg Vikernes, histoire d'équilibrer un peu tout ça. :wink: (Hop, fin du terrain glissant).

Photonik a écrit:Moi aussi je suis fasciné par le parcours de cette scène : ça revient un peu à ce qu'on disait au sujet de la veine urbaine de la "folk-horror" ; ces musiciens ont œuvré dans le genre le plus urbain imaginable, et les voir se diriger vers un renouveau de la musique folk pour les uns et du rock pour les autres m'a toujours épaté et interpellé.


Oui, c'est exactement mon ressenti également.

Mais ce n'est pas inédit: si on considère le blues comme une forme particulière de musique folk (ce qui est mon cas), ce n'est pas différent de la transition vers l'électrique de Dylan, ou même de l'apparition du rock, dans une certaine mesure. Et, pour avoir passé beaucoup de temps dans cette communauté autour du "folk horror", on est nombreux à considérer des gens comme Donovan ou Crosby, Stills and Nash (surtout le premier album) comme des précurseurs du genre. Cette question du folk électrique et urbain est là depuis longtemps. Et l'indus-folk (ou indus tribal comme j'ai pu le voir parfois nommé) n'est que le dernier avatar de cette tradition, à mon avis.

Une autre de ses formes pourrait être, par exemple, ces groupes de métal ajoutant un aspect traditionnel à leur répertoire (Empyrium, Wolves in the Throne Room, Agalloch et tant d'autres...). Pour moi, c'est un peu le même état d'esprit qui préside à tous ces projets.

Photonik a écrit:Alors ça, c'est la très très grosse révélation de ces derniers mois pour moi. J'attendrais probablement d'avoir terminé l'arc "High Society" avant d'en parler (aux abords du numéro 50, donc, sur 300 épisodes). Mais je me suis pas mal renseigné sur le titre et son auteur, et il y aura de quoi dire ; c'est une des plus monumentales aventures de toute l'histoire de la BD.


Damn ! Oui, vraiment impatient.

Photonik a écrit:Je ne connais pas le film de Peter Medak, donc merci pour le tuyau, ça donne envie, là.


Tiens, avec des sous-titres anglais (à activer dans le player youtube).

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=8dgosa7wkfY[/youtube]

Bon, tu vas aussi remarquer que le film est classé x. Ce n'est pas pour des raisons de violence ou de sexe mais de critique de la haute société anglaise: la chambre des lords en prend pour son grade (surtout dans une scène finale assez impressionnante). Comme d'habitude avec la comédie anglaise, la critique sociale ne donne pas exactement dans la demi-mesure, mais l'inventivité du film et l'interprétation des acteurs (O'Toole en tête, évidemment) est absolument réjouissante.

À ma connaissance, il n'y a pas de dvd ou blu-ray avec des sous-titres français (l'édition la plus récente dans notre pays est un laserdisc...). Bon, sinon, le dvd zone 1 par Criterion comporte son lot de bonus intéressants aussi.

Photonik a écrit:Pour les conseils de Morrison, il a aussi beaucoup parlé des travaux de Svankmajer à la croisée des années 80 et 90 comme exemple de son "bain esthétique" de l'époque, et ça me semble faire sens...


Tiens, je ne l'aurai pas devinée, celle-là. Intéressant. Il faut que je relise "The Invisibles" et "Doom Patrol", du coup. Ça se voit peut-être un peu dans "Arkham Asylum", en y réfléchissant.

Photonik a écrit:C'est vrai que Gonga, qui fait ici office de backing-band, ne s'est pas trop foulé et reprend la titre rigoureusement à l'identique... Pour être franc j'ai rien à dire : je joue dans un cover-band de Black Sabbath à mes heures perdues, et on reprend nous aussi les morceaux en respectant scrupuleusement les versions originales, donc...


Bah, je ne serais pas à ma place à vous critiquer pour ça, moi qui ne fait pas du tout de musique.

Avatar de Tori

Je n'ai pas grand chose à dire sur cet épisode... Sinon que j'ai encore plus envie de voir Dernier train pour Busan, et que je comprends un peu mieux pourquoi j'ai longtemps confondu Man-Thing et Swamp Thing... Est-ce qu'on sait ce que Steve Gerber a pensé du film Man-Thing (est-ce une bonne adaptation, d'ailleurs ? J'ai le DVD, mais je ne l'ai pas encore regardé) ?

Ah, si, une petite remarque : tu parles de films de zombis, mais il faudrait, dans la plupart des cas, parler de films de morts-vivants... Le zombi, c'est vraiment la tradition vaudoue : la "marionnette humaine". Le mort-vivant, c'est plus général.
Mais beaucoup de gens font l'erreur.

Tori.

Avatar de Photonik

artemus dada a écrit:Très très belle parenthèse sur Steve Gerber, qui comme d’habitude donne envie de lire ou (dans mon cas de relire) ce dont tu parles.


Merci pour cette appréciation. :wink:

artemus dada a écrit:Dommage par contre, que tu ne parles pas beaucoup de l'édition Panini (et que je ne connais pas ayant les floppy U.S de cette mini-série), dont tu sembles pourtant regretter le résultat.


Tu as raison : je n'ai pas assez développé ce point ; j'en profite pour combler cette lacune ici.
Je pense avoir dit un mot du format, "artificiellement" gonflé vers un format à l'européenne (pour accentuer un effet de "prestige" ? je ne sais pas), alors que les pages à l'intérieur conservent le format comics originel. Résultat : il y a beaucoup "d'air" en haut et en bas des pages, je ne trouve pas le résultat très probant sur le plan esthétique...
D'autre part, ce n'est pas idiot d'y mettre le "Man-Thing 12", véritable prologue à "Infernal Man-Thing" 1 à 3, mais pourquoi le mettre après, dans l'ordre de lecture ? Quand à "Savage Tales 1", c'est sympa aussi de l'y inclure dans l'absolu, mais ça se justifie moins. A la rigueur, un ou autre épisode de la période Gerber aurait été plus approprié.
Je déplore également le manque d'accompagnement éditorial, il y aurait pourtant eu de quoi dire, notamment sur les brouilles entre Gerber et Marvel, par exemple.
Quant à la traduction, puisque j'ai lu "Man-Thing 12" dans les deux versions, je la trouve fonctionnelle mais pas forcément très inspirée... Rien de déshonorant tout de même.

Excellent idée que d'adjoindre à ton post les liens vers tes articles sur le sujet : Gerber est suffisamment méconnu en France pour que l'on insiste sur ton travail de défrichage/déchiffrage.

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:Épisode 12 : It's All Gone Weird..!!![..]
- Au rayon BD, je suis très heureux d'aborder le cas du regretté Steve Gerber, scénariste phare des années 70 chez Marvel ; on cause de son travail posthume "The Infernal Man-Thing" (avec Kevin Nowlan), coda à son travail sur le titre dans les seventies.[...]


Très très belle parenthèse sur Steve Gerber, qui comme d’habitude donne envie de lire ou (dans mon cas de relire) ce dont tu parles.

Merci.

Dommage par contre, que tu ne parles pas beaucoup de l'édition Panini (et que je ne connais pas ayant les floppy U.S de cette mini-série), dont tu sembles pourtant regretter le résultat.
________

.... Je me permets de proposer quelques liens vers le travail de Gerber en rapport avec ce que tu en dis dans ton émission:

•L'épisode où il se met en scène dans les pages de Man-Thing, a paru en V.F donc accessible (Pour en savoir +) chez Arédit/Artima, j'en propose les pages sur mon blog.

Howard the Duck (Pour en savoir +) a connu une édition francophone et pour le coup québécoise (Pour en savoir +). Je propose le premier épisode d'Howard le Canard des éditions Héritage sur mon blog.

Omega the Unknown a paru dans l'Hexagone aussi, et je propose de voir le découpage français et l'original (Pour en savoir +), sachant que l'éditeur Arédit/Artima produisait des "petits formats" et qu'il retouchait les pages.

Gerber s'est aussi occupé d'un titre devenu depuis très très célèbre, Les Gardiens de la Galaxie (Pour en savoir +), dans lequel il met en scéne une relation très torride autant que cosmique. Je propose de voir à ce propos les retouche de l'atelier LUG, qui publiait alors ce titre.
Il y invente aussi un personnage étonnant : Icarus.
Un personnage homme/femme, et en même temps frère & sœur, qui aura - tenez-vous bien - des enfants !!!!
C'est à découvrir sur mon blog, toujours (Pour en savoir +).

Merci de votre attention.

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:[..]
On a effectivement la latitude[..]


Non, je ne crois pas.

On n'a pas justement la latitude de voir ou de ne pas voir.
On ne peut voir que ce qu'on connait déjà, au travers de notre culture personnelle, mais aussi du discours (dominant et/ou sous-culturel et/ou contre-culturel auquel on adhère plus ou moins) de notre époque, au travers des gens que l'on côtoie, etc.

On peut certes, passer à côté de quelque chose que l'on pourrait déchiffrer, mais on n'a pas la possibilité de l'éviter consciemment.

À moins de se mentir à soi-même. Ou d'être étourdi. Ou de ne pas avoir le bagage culturel nécessaire.

:wink:

Avatar de Photonik

Ah oui, à ce compte-là nous sommes bien d'accord.
On a effectivement la latitude de ne pas voir le premier film de Romero sous l'angle de l'allégorie sociale, et la non-intentionnalité manifeste de l'auteur y invite d'ailleurs peut-être en effet.
Et pourtant pour moi (pour moi, donc) elle y est : c'est un peu ce que John Lennon explique quand il dit que toutes les interprétations, même les plus farfelues, de ses morceaux y sont contenues, qu'il les ai vues lui-même ou pas.

Maintenant, j'ai peut-être été trop catégorique dans mon propos (du genre : "La Nuit des Morts-Vivant", c'est ça et pas autre chose) quand il m'aurait fallu modérer cette lecture possible comme étant la mienne (et celle d'autres aussi).

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:[..]
Ceci dit, je note que tu livres toi-même un avis relativement définitif sur "Dernier Train pour Busan" sur la foi de sa première demi-heure. :wink:


Oui, mais une 1/2 heure que j'ai vue. :)

- je connaissais les propos de Romero que tu rapportes sur la genèse de "La Nuit des Morts-vivant". Ceci dit, pour moi, ça ne change rien : qu'elle soit le fruit du hasard ou des circonstances, cette veine "socialement consciente" est bel et bien présente dans le film


En fait non, elle ne l'est pas, présente.

Voilà ce que j'en pense.

C'est la lecture que chacun en fait - à l'aune de sa propre culture (qui peut aussi évoluer) et, influencé par le discours qui existe au préalable (s'il existe), voire par le "politiquement correct" ou la doxa (etc.) - qui donne ou pas un "contenu" à ce qu'on "regarde".

Même en dépit de ce qu'a voulu dire l'auteur, si jamais il a voulu "dire quelque chose".

On peut tout aussi bien voir ce film sans voir l'allégorie dont tu parles.

Tout comme on peut ne pas voir le mannequin du début, et le garrot.
Du moins le sens que tu donnes à ces deux moments du film et leur répercussion en tant que la mise en scène précède le scénario.

Je ne t'apprends rien, voir c'est culturel, pas naturel. :wink:

Avatar de Photonik

Je réponds un peu en vrac :

- j'appuie peut-être un peu trop sur la réputation de "World War Z", c'est vrai, et j'aurais peut-être dû "faire mes devoirs" et le voir avant d'engager ce parallèle (mais faute de temps...).
Ceci dit, je note que tu livres toi-même un avis relativement définitif sur "Dernier Train pour Busan" sur la foi de sa première demi-heure. :wink:
Mais sur ce point, j'ai remarqué que nos pratiques différaient : je ne descends jamais d'un film en marche une fois entamé (ou alors faut vraiment que le film me fasse vraiment de la peine, comme le premier "Transformers" dont je n'ai vu que 20 ou 30 mn), quand je crois qu'il t'arrive à toi de ne pas insister si l'affaire te semble mal engagée.

- je connaissais les propos de Romero que tu rapportes sur la genèse de "La Nuit des Morts-vivant". Ceci dit, pour moi, ça ne change rien : qu'elle soit le fruit du hasard ou des circonstances, cette veine "socialement consciente" est bel et bien présente dans le film, qui demeure à mes yeux cette allégorie des droits civiques que j'évoque dans l'émission. C'est évidemment plus frappant rétrospectivement (j'ai découvert le film 30 ou 35 ans après sa confection).
L'intentionnalité, si elle a son importance, n'est pas un ingrédient indispensable pour ça ; c'est ce que je crois pour toute forme d'expression artistique, d'ailleurs...

J'ai d'ailleurs toujours pensé que Romero, en mettant au point sa métaphore de la société de consommation que sont les zombies dans les rayons d'un supermarché dans "Dawn of the dead", n'avait pas pleinement conscience de la puissance de sa proposition (sur la foi de quelques entretiens ou "making-of" d'époque) ; ça n'enlève rien à sa pertinence, à mon avis.

Le point que j'ai oublié de préciser dans ma chronique et qui me semble important, c'est surtout l'aspect "mouvant" de la figure du zombie sur le plan du sous-texte ; on peut lui faire "dire" des choses extrêmement diverses, c'est cette idée que j'aurais voulu illustrer.

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:Épisode 12 : It's All Gone Weird..!!!

[..]

- Pour le cinéma, on évoque le premier film en prises de vue réelles de l'excellent Yeon Sang-Ho, "Dernier Train pour Busan", sorte de blockbuster avec des zombies...


- World War Z, je l'ai trouvé très sympa.
Quant au "placement de produits" ça m'est complètement passé à côté. Je n'en ai rien vu.

Ce film, je l'ai vu à la télé - par hasard - lors d'une des rares périodes où j'en regardais, en commençant par la scène du tarmac sur un aéroport, et je n'ai eu qu'une hâte : le voir en entier. En commençant par le début.
Et lorsque j'ai pu le voir, ben je l'ai apprécié pour ce qu'il est, un divertissement, qui pour le coup, m'a diverti.

Comme tu le sais sûrement, la réputation se réduit toujours à la somme des malentendus accumulés sur le compte de ce dont on parle.
Et, ce qui est un peu dommage je trouve, c'est que tu appuis pas mal - dans l'émission - sur la mauvaise réputation de World War Z mais sans l'avoir vu toi-même.

- Au sujet de La Nuit des Morts-vivants dont tu parles, le choix d'un acteur Noir est un hasard.
Romero le dit lui-même dans de nombreux entretiens.
Par exemple :
George Romero a écrit:"On a choisi un acteur afro-américain parce qu'il était le meilleur comédien parmi nos amis. Et Martin Luther King s'est fait assassiner alors qu'on venait juste de terminer notre film. Par ricochet, La Nuit des morts-vivants est devenu un miroir de notre époque." (Apocalypse Zombie, hors-série Mad Movies)


Donc, l'allégorie sur les droits civiques dont tu parles, est surtout l'effet conjugué du hasard et d'une tragédie.
À moins de confondre George Romero avec madame Irma. :)

- Sur Last Train to Busan que j'ai vu aussi, je n'ai pas trouvé qu'il enterre World War Z.
Je ne savais d'ailleurs pas qu'il y avait une compétition entre les deux :wink: .

Bref, je ne partage pas ton avis sur ce film, du moins sur la première 1/2 heure, dont la contrainte (un train en marche) m'a rapidement fatigué au point de ne pas être allé jusqu'au terminus.

Cela dit, c'est toujours intéressant de t'entendre décortiquer la mise en scène d'un film.

(J'écoute le reste, et je viens en parler le cas échéant) :wink:

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Ektah a écrit:Ouch. J'ai pris peur lorsque j'ai vu le nom de Ramleh dans ta description de l'épisode. Bon, finalement, ça va.



Oui, on est loin des excès soniques des débuts à la Whitehouse (même si j'aime bien le groupe de William Bennett, mais peut-être plus pour la démarche que pour la musique en elle-même pour elle-même). Le titre que j'ai diffusé est très beau, je trouve.

Ektah a écrit:Je suis intéressé par les errements vers les musiques traditionnelles de la scène indus. Je pense, par exemple, au side-project de Psychic TV nommé Thrasher Qawwal. Muslimgauze aussi peut être vu comme étant dans le même esprit.


Je ne connais pas les deux projets que tu cites, faut que je jette une oreille là-dessus (surtout Thrasher Qawwal).
Moi aussi je suis fasciné par le parcours de cette scène : ça revient un peu à ce qu'on disait au sujet de la veine urbaine de la "folk-horror" ; ces musiciens ont œuvré dans le genre le plus urbain imaginable, et les voir se diriger vers un renouveau de la musique folk pour les uns et du rock pour les autres m'a toujours épaté et interpelé.

Ektah a écrit:Donc, Ramleh, bonne surprise. Je vais me pencher sur la question.



Et il faut aussi je crois se pencher sur la période 90's, proche de ce que Mundy fait par ailleurs avec Skullflower à peu près au même moment. Et leur dernière (je crois) production "Circular Time", un peu dans le même créneau, a également excellente réputation.

Ektah a écrit:"Last Train to Busan", je ne l'ai toujours pas vu mais ton résumé de l'histoire des films de zombies est nickel et explique notamment pourquoi j'en ai parfaitement marre de ce genre en particulier (pareil pour les vampires, d'ailleurs). Bon, vu tes éloges (cohérents avec tous les échos que j'ai pu avoir à ce sujet), je vais sans doute me faire violence et le regarder quand même.



C'est franchement dix mille coudées au-dessus de ce que le genre a produit ces dix ou douze dernières années, sans l'ombre d'un doute. Y'a un côté presque "grand public" mais totalement assumé et intégré au projet ; perso, ce cinéaste m'impressionne pas mal et j'ai hâte de découvrir "The Fake", son deuxième long d'animation, à la très grosse réputation...

Ektah a écrit:Virus, pour être honnête, je ne suis pas loin de le préférer à Ved Buens Ende.
Le chant excessivement théâtral, m'a fait un peu penser à celui du side-project de Ulver, Arcturus. Ça n'a rien de très étonnant, tous ces groupes gravitant dans la même (petite) scène.



Oui, je crois moi aussi avoir une petite préférence pour Virus, plus "fou" à sa façon finalement.
Avec Arcturus, il y a effectivement des ponts, des musiciens ayant participé aux deux projets je crois. Tout ça est effectivement un petit microcosme : Carl-Michael Einde a aussi joué avec Ulver au tout début, groupe dont l'excellent chanteur Kristoffer Rygg a aussi tenu le micro d'Arcturus, un temps...

Ektah a écrit:Merci pour cette présentation de Steve Gerber. (...) "Man-Thing", comme pas mal de monde, je pense, je m'en étais arrêté au fait que c'était une copie de "Swamp Thing". Heureusement que tu es là pour replacer les choses dans leur contexte.



Concernant Steve Gerber, même s'il a ses fans, je trouve que la relative absence de reconnaissance de son talent est une des grandes injustices de l'industrie des comics. Dans les années 70, il était en état de grâce, tout simplement. Je conseille aussi son "Omega The Unknown", un titre bizarre et envoûtant (les deux premiers épisodes sont exceptionnels dans le genre) : c'est un titre dont je reparlerai bientôt par le biais du "remake" écrit par le romancier Jonathan Lethem.
Concernant l'influence (immense et mal mesurée) du bonhomme sur des auteurs plus en vue, il y a bien sûr Morrison et Dave Sim, mais on pourrait aussi ajouter le nom d'Alan Moore ; je suis persuadé qu'il s'est inspiré de l'approche de Gerber pour sa propre reprise de "Swamp Thing" (titre dont je suis un inconditionnel obtus).

Ektah a écrit:Très impatient aussi d'entendre ton avis sur "Cerebus". Je n'ai jamais osé me lancer dans cette lecture à cause de la taille du corpus, mais c'est certainement une œuvre intrigante.



Alors ça, c'est la très très grosse révélation de ces derniers mois pour moi. J'attendrais probablement d'avoir terminé l'arc "High Society" avant d'en parler (aux abords du numéro 50, donc, sur 300 épisodes). Mais je me suis pas mal renseigné sur le titre et son auteur, et il y aura de quoi dire ; c'est une des plus monumentales aventures de toute l'histoire de la BD.

Ektah a écrit:Tiens, en parlant des conseils artistiques de Grant Morrison, mon édition de "Arkham Asylum" comportait les conseils qu'ils envoyait à Dave McKean sur ce travail commun. C'est par ce biais que j'ai découvert un des films qui est rentré dans mon panthéon depuis: "The ruling class" ("Dieu et mon droit" en vf), de Peter Medak, avec l'extraordinaire Peter O'Toole. Je ne saurais conseiller suffisamment, à tout le monde, ce visionnage. Ce n'est pas loin d'être, pour moi, le sommet de la comédie noire anglaise (genre qui comporte déjà son lot de chef d’œuvres).



Je ne connais pas le film de Peter Medak, donc merci pour le tuyau, ça donne envie, là.
Pour les conseils de Morrison, il a aussi beaucoup parlé des travaux de Svankmajer à la croisée des années 80 et 90 comme exemple de son "bain esthétique" de l'époque, et ça me semble faire sens...

Ektah a écrit:Thomas Ligotti, j'en avais également entendu parler pendant cette controverse (un peu idiote, à mon avis). Depuis, j'ai lu "The conspiracy against the human race" et vu "True Detective". Alors, certes, le perso de Rusty Cohle peut être vu comme une représentation des la pensée de Ligotti (et Cioran... et Lovecraft... et Nietzsche....) mais le résultat reste inédit, à mon sens.
Concernant Ligotti lui-même, du coup, je n'ai lu que cet essai. Le texte que tu as lu (bien qu'un peu trop chargé, à mon goût) me donne envie d'aller jeter un coup d'œil à ses fictions.



La "controverse", comme souvent, était largement exagérée, je le crois aussi. Je n'ai pas lu l'intégralité de "The Conspiracy against Human Race", et je ne me suis certainement pas amusé à cocher les phrases "empruntées" par Pizzolatto, mais les contextes sont si différents que ça me semble anecdotique. Je dirais que ça me semble un bon exemple de la façon dont des notions issues d'essais peuvent venir nourrir la fiction, de façon cohérente.

Ektah a écrit:Aussi, je sais qu'il a enregistré un disque avec David Tibet (de Current 93). Je suis curieux d'aller voir ce que ça donne.



Oui, j'ai entendu François Angelier parler de ça quand il a abordé le cas Ligotti à l'époque de la sortie du recueil. Très curieux aussi.

Ektah a écrit:Pour la reprise de Sabbath, je trouve si la voix de Beth Gibbons est parfaite pour la chanson et merveilleuse d'une manière générale, les accompagnements auraient pu se permettre d'être plus aventureux et de s'éloigner un peu de l'original. Mais je chipote. Ça reste un bon morceau.



C'est vrai que Gonga, qui fait ici office de backing-band, ne s'est pas trop foulé et reprend la titre rigoureusement à l'identique... Pour être franc j'ai rien à dire : je joue dans un cover-band de Black Sabbath à mes heures perdues, et on reprend nous aussi les morceaux en respectant scrupuleusement les versions originales, donc...

Ektah a écrit:Ce n'est pas impossible que j'ai tiré ma citation de là. Honnêtement, je ne me souviens plus. En tous cas, tu as raison: ce documentaire est parfaitement incroyable, que l'on soit intéressé par ce genre musical ou pas.


On est bien d'accord, c'est une bombe.

Ektah a écrit:Concernant "Sileni", c'est un hommage simultané à Poe et au Marquis de Sade. Je trouve effectivement qu'il emprunte plus au second. Pas vraiment à ses aspects sexuels, plus à la thématique de la révolution: en fait, je me dis que ça ferait un bon double-programme avec "Marquis", le film de Roland Topor et Henri Xhonneux. Pour le coup, j'aime bien le film mais ce n'est certainement pas le meilleur de ses longs-métrages: je conseillerai plutôt "Alice", effectivement, ou "Otesanek" (aka. "Little Otik"). Mais, bon, si tu as vu les courts, ça reste l'essentiel.


Il faudra que je parle un jour du "Marquis" de Topor, mais faudrait que je le revoie pour ça. Et que je voie aussi "Alice", donc, qui m'intéresse énormément à la base...

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Ouch. J'ai pris peur lorsque j'ai vu le nom de Ramleh dans ta description de l'épisode. Bon, finalement, ça va. Je dois bien avouer que je ne connais pas si bien que ça ce projet: c'était essentiellement pour moi un nom sur lequel je tombais de temps en temps en lisant des choses sur cette scène industrielle anglaise, comme tu disais. Cette chanson est effectivement assez belle et peu abrasive (pour moi). Je suis intéressé par les errements vers les musiques traditionnelles de la scène indus. Je pense, par exemple, au side-project de Psychic TV nommé Thrasher Qawwal. Muslimgauze aussi peut être vu comme étant dans le même esprit. Donc, Ramleh, bonne surprise. Je vais me pencher sur la question.

"Last Train to Busan", je ne l'ai toujours pas vu mais ton résumé de l'histoire des films de zombies est nickel et explique notamment pourquoi j'en ai parfaitement marre de ce genre en particulier (pareil pour les vampires, d'ailleurs). Bon, vu tes éloges (cohérents avec tous les échos que j'ai pu avoir à ce sujet), je vais sans doute me faire violence et le regarder quand même.

Virus, pour être honnête, je ne suis pas loin de le préférer à Ved Buens Ende. Tu nommais King Crimson dans ta description et cette influence me semble flagrante dans le morceau choisi (notamment dans le jeu de guitare). Cette inspiration existait déjà dans le premier groupe mais me semble beaucoup plus visible dans Virus, ce qui explique mon attachement à ce nouveau projet. Le chant excessivement théâtral, m'a fait un peu penser à celui du side-project de Ulver, Arcturus. Ça n'a rien de très étonnant, tous ces groupes gravitant dans la même (petite) scène.

Merci pour cette présentation de Steve Gerber. Je dois bien avouer ma méconnaissance totale à son sujet. Je crois que sa seule œuvre que j'ai lu était son épisode spécial consacré au groupe Kiss chez Marvel. Pas exactement le sommet de sa carrière... "Man-Thing", comme pas mal de monde, je pense, je m'en étais arrêté au fait que c'était une copie de "Swamp Thing". Heureusement que tu es là pour replacer les choses dans leur contexte.

Très impatient aussi d'entendre ton avis sur "Cerebus". Je n'ai jamais osé me lancer dans cette lecture à cause de la taille du corpus, mais c'est certainement une œuvre intrigante.

Fuck Buttons, bonne surprise. Ça m'a donné envie de ressortir ma vieille console Nintendo (un peu à cause des sons, mais surtout au niveau de l'ambiance).

Tiens, en parlant des conseils artistiques de Grant Morrison, mon édition de "Arkham Asylum" comportait les conseils qu'ils envoyait à Dave McKean sur ce travail commun. C'est par ce biais que j'ai découvert un des films qui est rentré dans mon panthéon depuis: "The ruling class" ("Dieu et mon droit" en vf), de Peter Medak, avec l'extraordinaire Peter O'Toole. Je ne saurais conseiller suffisamment, à tout le monde, ce visionnage. Ce n'est pas loin d'être, pour moi, le sommet de la comédie noire anglaise (genre qui comporte déjà son lot de chef d’œuvres).

Thomas Ligotti, j'en avais également entendu parler pendant cette controverse (un peu idiote, à mon avis). Depuis, j'ai lu "The conspiracy against the human race" et vu "True Detective". Alors, certes, le perso de Rusty Cohle peut être vu comme une représentation des la pensée de Ligotti (et Cioran... et Lovecraft... et Nietzsche....) mais le résultat reste inédit, à mon sens.
Concernant Ligotti lui-même, du coup, je n'ai lu que cet essai. Le texte que tu as lu (bien qu'un peu trop chargé, à mon goût) me donne envie d'aller jeter un coup d'œil à ses fictions. Aussi, je sais qu'il a enregistré un disque avec David Tibet (de Current 93). Je suis curieux d'aller voir ce que ça donne.

Pour la reprise de Sabbath, je trouve si la voix de Beth Gibbons est parfaite pour la chanson et merveilleuse d'une manière générale, les accompagnements auraient pu se permettre d'être plus aventureux et de s'éloigner un peu de l'original. Mais je chipote. Ça reste un bon morceau.

Photonik a écrit:Moi non plus je n'en vois pas l'aspect universel. :wink:
Ce n'est pas dans ce sens-là qu'il faut prendre l'explication de De la Iglesia, me semble-t-il ; la culture basque n'est pas plus (ou moins) universelle qu'une autre, effectivement.
Mais le Pays Basque, s'il abrite un peuple (et une langue), n'est pas une nation au sens "formel" (juste une communauté (plutôt très) autonome en Espagne, et pas grande chose en France). Je pense que c'est cette absence d'officialité qui intéresse Alex de la Iglesia, pas pressé j'imagine de se revendiquer de la très formelle couronne espagnole...


Effectivement, je situe mieux, là.

Photonik a écrit:Oh j'ai du tomber sur la même citation dans l'excellent docu sur la scène black scandinave "Until The Light Takes Us", que je recommande à tout le monde. Je l'ai fait découvrir récemment à un pote qui n'y connaît que pouic en la matière, et il a trouvé le film fascinant...


Ce n'est pas impossible que j'ai tiré ma citation de là. Honnêtement, je ne me souviens plus. En tous cas, tu as raison: ce documentaire est parfaitement incroyable, que l'on soit intéressé par ce genre musical ou pas.

Photonik a écrit:Oui, je suis d'accord ; je connais en fait surtout ses courts, pour être franc. J'ai vu "Sileni" à la sortie (et en bon fan de Poe j'en attendais plus, en fait, mais faudrait que je le revoie) mais je n'ai pas encore vu son "Alice", par exemple.


Concernant "Sileni", c'est un hommage simultané à Poe et au Marquis de Sade. Je trouve effectivement qu'il emprunte plus au second. Pas vraiment à ses aspects sexuels, plus à la thématique de la révolution: en fait, je me dis que ça ferait un bon double-programme avec "Marquis", le film de Roland Topor et Henri Xhonneux. Pour le coup, j'aime bien le film mais ce n'est certainement pas le meilleur de ses longs-métrages: je conseillerai plutôt "Alice", effectivement, ou "Otesanek" (aka. "Little Otik"). Mais, bon, si tu as vu les courts, ça reste l'essentiel.

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Épisode 12 : It's All Gone Weird..!!!

"The Horror, the Horror..." ; un menu intégralement consacré à l'horreur sous toutes ses formes, ça vous met en appétit ?
Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque le premier film en prises de vue réelles de l'excellent Yeon Sang-Ho, "Dernier Train pour Busan", sorte de blockbuster avec des zombies...

- Au rayon BD, je suis très heureux d'aborder le cas du regretté Steve Gerber, scénariste phare des années 70 chez Marvel ; on cause de son travail posthume "The Infernal Man-Thing" (avec Kevin Nowlan), coda à son travail sur le titre dans les seventies.

- Pour la littérature, c'est du lourd, vu qu'on aborde le travail de Thomas Ligotti, maître méconnu mais incontournable de la littérature horrifique, via le recueil (le seul paru en français) "Chants du Cauchemar et de la Nuit". Tremblez, carcasses.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Bite The Bolster", extrait de "Hole In The Heart" de Ramleh, "It's All Gone Weird", issu de l'album "Carheart" par le groupe Virus, "Sentients" des anglais de Fuck Buttons sur l'album "Slow Focus", et on termine cette exploration horrifique par le titre séminal du genre en matière de rock, à savoir le "Black Sabbeth" de Gonga et Beth Gibbons au chant, reprise de qui vous savez...!


"Whatever knows fear...
...burns at the Man-Thing's touch !!!"


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Ektah a écrit:Pour être honnête, je vois mal l'aspect universel de la culture basque (peut-être par méconnaissance).


Moi non plus je n'en vois pas l'aspect universel. :wink:
Ce n'est pas dans ce sens-là qu'il faut prendre l'explication de De la Iglesia, me semble-t-il ; la culture basque n'est pas plus (ou moins) universelle qu'une autre, effectivement.
Mais le Pays Basque, s'il abrite un peuple (et une langue), n'est pas une nation au sens "formel" (juste une communauté (plutôt très) autonome en Espagne, et pas grande chose en France). Je pense que c'est cette absence d'officialité qui intéresse Alex de la Iglesia, pas pressé j'imagine de se revendiquer de la très formelle couronne espagnole...


Ektah a écrit:On est proche de cette citation de je ne sais plus quel black metalleux disant qu'on ne peut pas comprendre sa musique sans s'être retrouvé de nuit, en plein hiver, dans une forêt norvégienne.



Oh j'ai du tomber sur la même citation dans l'excellent docu sur la scène black scandinave "Until The Light Takes Us", que je recommande à tout le monde. Je l'ai fait découvrir récemment à un pote qui n'y connaît que pouic en la matière, et il a trouvé le film fascinant...


Ektah a écrit:Mais l'idée est la même.


Absolument.

Ektah a écrit:Je ne sais pas si tu les as vu mais, pour Svankmajer, je pense que le cœur de son art se trouve dans ses courts-métrages.


Oui, je suis d'accord ; je connais en fait surtout ses courts, pour être franc. J'ai vu "Sileni" à la sortie (et en bon fan de Poe j'en attendais plus, en fait, mais faudrait que je le revoie) mais je n'ai pas encore vu son "Alice", par exemple.

Ektah a écrit:De Wojciech Has, j'ai aussi entendu grand bien de son adaptation de "La clepsydre" de Bruno Schulz. Toujours pas vu.


Je te le recommande chaudement, c'est une splendeur.


Ektah a écrit:Jiri Barta, je l'ai une fois décrit à un pote comme "le gars qui a filmé les rêves fiévreux de Tony Wakeford (le musicien de Sol Invictus)", à propos de son court-métrage "La ballade du bois vert". Mais, son œuvre la plus connue est probablement son long-métrage "Krysar", une adaptation du joueur de flûte de Hamelin avec des marionnettes en bois. Je recommande aussi.


Je le note, sans compter que tu convoques la figure de Tony Wakeford et que ça a tout pour me plaire, ça.

Ektah a écrit:Vera Chytilova est probablement la plus ouvertement politisée du lot (...). C'est aussi la plus abrasive du lot: son film le plus connu, "Les petites marguerites" met en scène des personnages volontairement antipathiques. Je le conseille aussi mais c'est probablement le visionnage le plus difficile du lot.



Ah OK, "Les Petites Marguerites", je la remets alors ; pas encore vu, mais ça fait partie des films que je me suis promis de voir sous peu (sur la foi de retours très élogieux).

Ektah a écrit:Frantisek Vlacil est, dans la forme, probablement le plus classique.


Je le note aussi, mais pour plus tard a priori.
Merci pour ces excellents tuyaux, en tout cas...

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Photonik a écrit:Ah bon, ça existe, ça ???? Etonnant !
Je suis totalement profane en la matière...


Oh, d'une manière générale, même chez les joueurs français, ce jeu est assez méconnu. Je ne le connais que parce que j'ai tendance à vouloir archiver et documenter la plupart des formes de la pop culture. La traduction française est sortie au pire moment possible (quand la communauté était au centre d'une controverse politico-médiatique) et, du coup, n'a été que très peu suivie. Il me semble qu'il a toujours une certaine renommée en Espagne, par contre.

Photonik a écrit:Oui, et il le dit lui-même d'ailleurs. Il explique avoir choisi de se présenter non pas comme cinéaste basque mais comme faisant un cinéma basque (nuance), après s'être dit que cela lui convenait mieux que cinéaste espagnol, que cela lui semblait paradoxalement plus universel.


Pour être honnête, je vois mal l'aspect universel de la culture basque (peut-être par méconnaissance). Mais c'est certain que l'aspect grotesque (dans le bon sens du terme), animal et païen des "Sorcières de Zugarramurdi" trouve des échos dans beaucoup de ses films et peut refléter des questionnements mondiaux: "Le jour de la bête" bien sûr, mais également "Balada Triste" (mon film préféré de sa filmographie avec "Morts de rire"), avec sa séquence de retour primal. Même la dernière partie de "Accion Mutante", dans ses paysages post-apo (à deux doigts des nanars post-nuke italiens de la même époque, pour être honnête), m'a fait penser à une version galactique des arrière-pays basques (ou méditerranéens).

Photonik a écrit:Bien sûr.
Tout ça n'est peut-être pas exactement issu d'un fond commun, mais on peut se dire que des environnements semblables engendrent le même genre de réflexes "fabulateurs", et de rites correspondants. On se concentre souvent sur la parenté entre les peuples issus de latitude et de longitude communes, et moins sur les peuples vivant à des altitudes similaires.
Or j'imagine qu'il faut avoir vécu un violent orage en montagne pour imaginer des Chasses Fantastiques et des Dieux de la Foudre (par exemple)...


On est proche de cette citation de je ne sais plus quel black metalleux disant qu'on ne peut pas comprendre sa musique sans s'être retrouvé de nuit, en plein hiver, dans une forêt norvégienne.
Bon, en ce qui me concerne, ça serait plutôt un paysage de pierre et de terre, sous un soleil suffocant, avec pour seul végétation un occasionnel arbuste épineux et pour seule compagnie les scorpions et les moucherons.
Mais l'idée est la même.

Photonik a écrit:Je connais un peu les cinémas respectifs de Jaromil Jires et Jan Svankmajer, mais pas tant que ça ; je n'ai jamais parlé de Svankmajer dans l'émission, d'ailleurs. Mais c'est une idée.


Je ne sais pas si tu les as vu mais, pour Svankmajer, je pense que le cœur de son art se trouve dans ses courts-métrages. Tous ses longs sont recommandables mais aucun, à mon sens, ne se hisse au niveau de "Dans la cave" ou "Histoire naturelle (suite)" (entre autres...).

Photonik a écrit:J'ai bien peur de ne pas connaître les autres auteurs que tu cites... à l'exclusion de Wojciech Has, dont je suis très fan. J'ai d'ailleurs abordé sur les ondes son "Manuscrit trouvé à Saragosse" (une ville que je connais bien, en plus), un très grand film. La légende veut que Luis Bunuel l'ait vu trois ou quatre fois tant il l'aimait, lui qui ne supportait pas de revoir les films...


De Wojciech Has, j'ai aussi entendu grand bien de son adaptation de "La clepsydre" de Bruno Schulz. Toujours pas vu. Et oui, le "Manuscrit trouvé à Saragosse" est un grand film.

Jiri Barta, je l'ai une fois décrit à un pote comme "le gars qui a filmé les rêves fiévreux de Tony Wakeford (le musicien de Sol Invictus)", à propos de son court-métrage "La ballade du bois vert". Mais, son œuvre la plus connue est probablement son long-métrage "Krysar", une adaptation du joueur de flûte de Hamelin avec des marionnettes en bois. Je recommande aussi.

Vera Chytilova est probablement la plus ouvertement politisée du lot (enfin, cette idée est également présente chez Svankmajer, mais de manière plus souterraine). C'est probablement elle aussi qui a le ton le plus grotesque (encore une fois, dans le bon sens du terme). Et, du coup, c'est elle qui s'est fait interdire par le gouvernement tchèque peu de temps avant le printemps de Prague. C'est aussi la plus abrasive du lot: son film le plus connu, "Les petites marguerites" met en scène des personnages volontairement antipathiques. Je le conseille aussi mais c'est probablement le visionnage le plus difficile du lot.

Frantisek Vlacil est, dans la forme, probablement le plus classique. Pour ce que j'ai vu, il se spécialise dans les drames historiques (moyen-âge, 2nde guerre mondiale) mais, au niveau du propos, il rejoint les autres membres de la nouvelle vague tchèque (anti-autoritarisme, condamnation de la religion et, indirectement, du communisme). J'ai déjà vu son film "Marketa Lazarova" être considéré comme le plus grand film tchèque qui soit. Ça me semble un peu exagéré mais il reste quand même tout à fait extraordinaire. J'aime beaucoup "La Vallée des abeilles" et ses templiers aussi.

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Ektah a écrit:Darren les archive ici: https://www.mixcloud.com/darrencharles16/


Ah cool, ça, merci !!

Ektah a écrit:Pour le coup, j'étais un peu familier avec ces légendes (dans les années 90, j'ai beaucoup joué à un jeu de rôles sur table espagnol nommé Aquelarre, consacré, en partie, à ces thématiques)


Ah bon, ça existe, ça ???? Etonnant !
Je suis totalement profane en la matière...

Ektah a écrit:De toute façon, il me semble que tu disais dans ton émission que cette question de l'identité basque traverse un peu toute sa carrière. Ça me semble assez vrai.


Oui, et il le dit lui-même d'ailleurs. Il explique avoir choisi de se présenter non pas comme cinéaste basque mais comme faisant un cinéma basque (nuance), après s'être dit que cela lui convenait mieux que cinéaste espagnol, que cela lui semblait paradoxalement plus universel.


Ektah a écrit:De plus, j'ai grandi dans l'arrière-pays provençal. On a des traditions remarquablement similaires là-bas. Il suffit de lire "Le serpent d'étoiles" de Jean Giono pour voir les liens entre les traditions des bergers de la montagne de Lure et les joaldun (entre autres). Même chez Pagnol, ça transparaît par moment. De toute façon, les traditions antiques et pré-chrétiennes ont facilement tendance à avoir des traits communs.


Bien sûr.
Tout ça n'est peut-être pas exactement issu d'un fond commun, mais on peut se dire que des environnements semblables engendrent le même genre de réflexes "fabulateurs", et de rites correspondants. On se concentre souvent sur la parenté entre les peuples issus de latitude et de longitude communes, et moins sur les peuples vivant à des altitudes similaires.
Or j'imagine qu'il faut avoir vécu un violent orage en montagne pour imaginer des Chasses Fantastiques et des Dieux de la Foudre (par exemple)...


Ektah a écrit:Et, au passage, ça te permettrait d'embrayer, si tu veux, sur la question du surréalisme tchèque, qui est incroyablement riche (Jaromil Jires et Jan Svankmajer bien sûr, mais également Jiri Barta, Wojciech Has, Vera Chytilova, Frantisek Vlacil et bien d'autres...). Ça fait partie de ces pans du cinéma un peu trop méconnus, à mon avis.


Je connais un peu les cinémas respectifs de Jaromil Jires et Jan Svankmajer, mais pas tant que ça ; je n'ai jamais parlé de Svankmajer dans l'émission, d'ailleurs. Mais c'est une idée.
J'ai bien peur de ne pas connaître les autres auteurs que tu cites... à l'exclusion de Wojciech Has, dont je suis très fan. J'ai d'ailleurs abordé sur les ondes son "Manuscrit trouvé à Saragosse" (une ville que je connais bien, en plus), un très grand film. La légende veut que Luis Bunuel l'ait vu trois ou quatre fois tant il l'aimait, lui qui ne supportait pas de revoir les films...

Ektah a écrit:Tout à fait. Avec son clip au second degré assumé... enfin, je crois.


Oh oui, pas l'ombre d'un doute là-dessus. :wink:

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Photonik a écrit:Une fois de plus, merci pour le tuyau. Je ne pense pas pouvoir l'écouter ce soir mais je jetterai un œil aux retours potentiels, pour un premier contact.


Il n'y a rien eu pour l'épisode d'aujourd'hui, comme c'est le plus souvent le cas. Par contre, ce que tu peux faire, c'est écouter un épisode précédent. Darren les archive ici: https://www.mixcloud.com/darrencharles16/

Photonik a écrit:J'ai le même ressenti, ce n'est pas l'un de ses meilleurs films (même s'il a ses fans). Ceci dit, malgré l'approche rigolardo-paillarde, je trouve les apports folkloriques (au premier sens du terme, donc) plutôt cohérents avec ce que le film raconte.
Voilà ce que j'en disais sur le thread concerné :

"Pour terminer, puisque je suis du coin, quelques précisions sur des éléments "exotiques" du film liés au Pays Basque :

- la grotte de Zugarramurdi était réputée pour accueillir des réunions de "sorcières" (Akelarre en basque, littéralement "la lande du bouc", tout près de la grotte, mais par extension le lieu désigne aussi le sabbat des sorcières à proprement parler) et en 1610, 12 personnes furent condamnées au bûcher par l'Inquisition espagnole. Plutôt que de sorcellerie, il faudrait évidemment parler à leur sujet de rites et de croyances pré-chrétiens.

- le monstre féminin gigantesque est sûrement en partie inspiré par Mari, principale divinité, féminine, du panthéon basque (dans lequel "Dieu est en fait une femme", donc, comme le dit la prêtresse) et incarnation vivante de la nature.

- la chanson "Baga, Biga, Higa" du chanteur basque Mikel Laboa est l'adaptation d'une ancienne comptine enfantine, décrivant une sorcière préparant une potion. Plutôt que sorgin (qui se traduit par "sorcière") on parlera plutôt de belagile (ce qui signifie exactement "faiseuse d'herbes", c'est-à-dire guérisseuse), et on comprend un peu mieux ce que l'Inquisition leur voulait... Dans le film, on l'entend pendant la scène de la grotte, dans son époustouflante version orchestrale avec l'orchestre symphonique de San Sebastian (8 mn, que le réalisateur, respect pour ça, a choisi de ne pas couper).

- toujours dans la grotte, les personnages vêtus d'épaisses fourrures et portant de grosses cloches dans le dos sont des joaldun ("joueurs de sonnailles") ; l'origine de cette tradition est perdue mais il est probable qu'elle corresponde à un rite marquant la fin de l'hiver, où l'on "réveille" la nature et les êtres vivants à l'approche du printemps. Logique de faire appel à eux pour réveiller la Mère primordiale...

- les cris suraigües des sorcières ("ayayayayayayayaya..."), c'est l'irrintzina, le cri traditionnel des bergers en montagne pour se repérer ou guider les troupeaux à distance. C'est devenu un cri festif.

Une grande cohérence, donc, entre ces emprunts et les thématiques du film."


Pour le coup, j'étais un peu familier avec ces légendes (dans les années 90, j'ai beaucoup joué à un jeu de rôles sur table espagnol nommé Aquelarre, consacré, en partie, à ces thématiques) mais certainement pas avec autant de détails. Intéressant. De toute façon, il me semble que tu disais dans ton émission que cette question de l'identité basque traverse un peu toute sa carrière. Ça me semble assez vrai.

De plus, j'ai grandi dans l'arrière-pays provençal. On a des traditions remarquablement similaires là-bas. Il suffit de lire "Le serpent d'étoiles" de Jean Giono pour voir les liens entre les traditions des bergers de la montagne de Lure et les joaldun (entre autres). Même chez Pagnol, ça transparaît par moment. De toute façon, les traditions antiques et pré-chrétiennes ont facilement tendance à avoir des traits communs.

Photonik a écrit:Ouaip, je me dis que le film serait décidément un apport de choix au programme de l'émission ; ça me fera un prétexte pour le revoir, tiens.


Et, au passage, ça te permettrait d'embrayer, si tu veux, sur la question du surréalisme tchèque, qui est incroyablement riche (Jaromil Jires et Jan Svankmajer bien sûr, mais également Jiri Barta, Wojciech Has, Vera Chytilova, Frantisek Vlacil et bien d'autres...). Ça fait partie de ces pans du cinéma un peu trop méconnus, à mon avis.

Photonik a écrit:Ah oui, bien sûr, Candlemass... Eux aussi ont joué sur la reprise de la marche funèbre, sur l'intro de "Bewitched" si je ne m'abuse (que j'avais diffusée il y a quelques mois, d'ailleurs).


Tout à fait. Avec son clip au second degré assumé... enfin, je crois.

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Ektah a écrit:Si tu veux, l'émission de radio hebdomadaire est ce soir sur a1 radio, à 20h heure française (http://a1radio.co.uk/). Ce n'est que de la musique entrecoupée par Darren qui dit quelle chanson il vient de passer mais la programmation elle-même est formidable (à mon goût, mais je pense que tu t'y retrouveras aussi). Les discussions sur l'épisode (en général, il n'y en a pas des masses) sont centralisées ici: https://www.facebook.com/events/1071599849636389/



Une fois de plus, merci pour le tuyau. Je ne pense pas pouvoir l'écouter ce soir mais je jetterai un œil aux retours potentiels, pour un premier contact.


Ektah a écrit:Oui, évidemment, j'avais pensé au film de De La Iglesia que j'aime bien mais qui me fait quand même un peu penser à une belle occasion ratée: on est quand même dans un film mineur de sa filmographie. On n'a effectivement pas le grand film qu'il faudrait sur cet imaginaire.



J'ai le même ressenti, ce n'est pas l'un de ses meilleurs films (même s'il a ses fans). Ceci dit, malgré l'approche rigolardo-paillarde, je trouve les apports folkloriques (au premier sens du terme, donc) plutôt cohérents avec ce que le film raconte.
Voilà ce que j'en disais sur le thread concerné :

"Pour terminer, puisque je suis du coin, quelques précisions sur des éléments "exotiques" du film liés au Pays Basque :

- la grotte de Zugarramurdi était réputée pour accueillir des réunions de "sorcières" (Akelarre en basque, littéralement "la lande du bouc", tout près de la grotte, mais par extension le lieu désigne aussi le sabbat des sorcières à proprement parler) et en 1610, 12 personnes furent condamnées au bûcher par l'Inquisition espagnole. Plutôt que de sorcellerie, il faudrait évidemment parler à leur sujet de rites et de croyances pré-chrétiens.

- le monstre féminin gigantesque est sûrement en partie inspiré par Mari, principale divinité, féminine, du panthéon basque (dans lequel "Dieu est en fait une femme", donc, comme le dit la prêtresse) et incarnation vivante de la nature.

- la chanson "Baga, Biga, Higa" du chanteur basque Mikel Laboa est l'adaptation d'une ancienne comptine enfantine, décrivant une sorcière préparant une potion. Plutôt que sorgin (qui se traduit par "sorcière") on parlera plutôt de belagile (ce qui signifie exactement "faiseuse d'herbes", c'est-à-dire guérisseuse), et on comprend un peu mieux ce que l'Inquisition leur voulait... Dans le film, on l'entend pendant la scène de la grotte, dans son époustouflante version orchestrale avec l'orchestre symphonique de San Sebastian (8 mn, que le réalisateur, respect pour ça, a choisi de ne pas couper).

- toujours dans la grotte, les personnages vêtus d'épaisses fourrures et portant de grosses cloches dans le dos sont des joaldun ("joueurs de sonnailles") ; l'origine de cette tradition est perdue mais il est probable qu'elle corresponde à un rite marquant la fin de l'hiver, où l'on "réveille" la nature et les êtres vivants à l'approche du printemps. Logique de faire appel à eux pour réveiller la Mère primordiale...

- les cris suraigües des sorcières ("ayayayayayayayaya..."), c'est l'irrintzina, le cri traditionnel des bergers en montagne pour se repérer ou guider les troupeaux à distance. C'est devenu un cri festif.

Une grande cohérence, donc, entre ces emprunts et les thématiques du film."


Ektah a écrit:"Valérie", malgré toutes les analyses qu'il y a pu y avoir, conserve son mystère quasiment intact. Et cette musique...


Ouaip, je me dis que le film serait décidément un apport de choix au programme de l'émission ; ça me fera un prétexte pour le revoir, tiens.

Ektah a écrit:Je suis en train d'écouter ça. C'est le même ressenti que "Psalm 9", ce mélange de sons 70's et 80's, avec des passages assez proches de Alice Cooper ou Candlemass (pas uniquement dans la reprise de la marche funèbre), le tout enrobé par une obsession pour Black Sabbath. Les mélodies sont probablement un cran au-dessus de son prédécesseur, effectivement. Assez imparable, je dois bien avouer. Et le final de l'album est... intéressant.


Ah oui, bien sûr, Candlemass... Eux aussi ont joué sur la reprise de la marche funèbre, sur l'intro de "Bewitched" si je ne m'abuse (que j'avais diffusée il y a quelques mois, d'ailleurs).

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Photonik a écrit:Merci pour ces précisions.
Je n'ai pas trop eu le temps ce week-end, mais je vais prendre le temps de commencer à explorer tout ça sous peu. Et pourquoi pas contribuer, à terme (si je peux apporter quelque chose bien sûr).


Tu feras bien. Je n'aime pas l'idée de traîner quelqu'un vers Facebook mais le fait est que le groupe lui-même est passionnant. Et je suis sûr que tu peux apporter quelque chose: la grosse majorité des membres actifs est britannique (ce qui est assez normal: ça reste la terre d'adoption du folk horror) mais il y a une véritable volonté de présenter les autres aspects du folklore sombre mondial. On a eu relativement peu d'exemples basques. Ça serait certainement un apport bienvenu.

Si tu veux, l'émission de radio hebdomadaire est ce soir sur a1 radio, à 20h heure française (http://a1radio.co.uk/). Ce n'est que de la musique entrecoupée par Darren qui dit quelle chanson il vient de passer mais la programmation elle-même est formidable (à mon goût, mais je pense que tu t'y retrouveras aussi). Les discussions sur l'épisode (en général, il n'y en a pas des masses) sont centralisées ici: https://www.facebook.com/events/1071599849636389/

Photonik a écrit:C'est encore une fois pas assez concret à ce stade pour y venir maintenant, mais j'en dirai un mot ici ou là, c'est sûr.
En tout cas c'est bel et bien connecté aux thématiques que tu évoques, sous l'angle de certains éléments de la mythologie basque, en effet. Ils ont été peu utilisés comme matière fictionnelle (à quelques exceptions près comme "Les Sorcières de Zugarramurdi" d'Alex de la Iglesia, mais dans une veine farcesque), alors qu'il y a là des choses potentiellement passionnantes à explorer. Juste un petit élément : l'idée de départ, c'est de reprendre le fameux "Roi des Aulnes" de Goethe et de le mêler à des éléments issus de l'imaginaire basque...


Oui, évidemment, j'avais pensé au film de De La Iglesia que j'aime bien mais qui me fait quand même un peu penser à une belle occasion ratée: on est quand même dans un film mineur de sa filmographie. On n'a effectivement pas le grand film qu'il faudrait sur cet imaginaire. Et le "Roi des Aulnes" est un très beau texte. Très intéressé par ton projet.

Photonik a écrit:Idem, il faut que je creuse un peu tout ça. "L'Etreinte du Serpent", j'ai prévu de voir ça assez vite et je vais probablement le mettre au menu de l'émission d'ailleurs. Même chose pour "Jordskott" au rayon séries télé.
Je ne connais pas "Lord Of Tears" par contre...


Pour être honnête, je n'ai pas encore vu "Lord of Tears". Le trailer me faisait penser un slasher surnaturel assez classique avec une esthétique folk horror. Ce n'est pas quelque chose que je recherche particulièrement, même si le film est probablement bien sympathique. Potentiellement plus intéressant, on a "The unkindness of ravens" mais il n'est pas encore sorti, à ma connaissance.

Photonik a écrit:"Valérie And Her Week of Wonders" !!! J'adore ce film. Rien que son évocation me donne envie de le revoir direct. Celui-là aussi ferait bonne mesure dans l'émission, je ne l'y ai jamais abordé.


Oh oui. C'est une de mes films cultes aussi. Il y a de quoi en discuter pendant des années et c'est d'ailleurs ce qui se passe: j'adore "The Wicker Man" mais, finalement, ça fait maintenant longtemps qu'on a dit tout ce qu'il y avait à dire sur son sujet. "Valérie", malgré toutes les analyses qu'il y a pu y avoir, conserve son mystère quasiment intact. Et cette musique....

Photonik a écrit:On est bien d'accord là-dessus aussi.
Son "Seven Soldiers" s'il n'est pas des plus connus, me paraît un de ses travaux les plus importants, prototype du plus "gros" et récent "Multiversity".
J'ai écrit une modeste (mais assez longue quand même) bafouille sur le sujet. C'est là :
http://www.comics-sanctuary.com/forum/seven-soldiers-grant-morrison-collectif-t66482.html


Ouch. Ça a l'air massif, comme histoire. Je me pencherai sur la question en détail (ta chronique comme les comics eux-même). Merci.

Photonik a écrit:Pour Trouble, je conseille toujours l'album "Run To The Light". Ce n'est ni le plus connu, ni le plus "mythique" (ça c'est plutôt "Psalm 9"), mais c'est le meilleur pour moi. Mélodique, puissant, lugubre et lyrique à la fois : du très bon heavy-doom à l'ancienne.


Je suis en train d'écouter ça. C'est le même ressenti que "Psalm 9", ce mélange de sons 70's et 80's, avec des passages assez proches de Alice Cooper ou Candlemass (pas uniquement dans la reprise de la marche funèbre), le tout enrobé par une obsession pour Black Sabbath. Les mélodies sont probablement un cran au-dessus de son prédécesseur, effectivement. Assez imparable, je dois bien avouer. Et le final de l'album est... intéressant.

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Ah ben je me rappelais pas mais j'avais vu le trailer, alors.
Merci pour la piqûre de rappel, du coup !!

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Ektah a écrit:Alors, le groupe s'appelle "Folk Horror Revival" (https://www.facebook.com/groups/folkhorror/?fref=ts). Il a eu un succès absolument phénoménal (17200 membres à l'heure actuelle). Donc, je n'ai pas compté mais il doit y avoir des dizaines de posts par jour avec (de mon point de vue, en tous cas) une très grande qualité dans chacun d'entre eux. Du coup, vu l'ampleur que cela a pris, il y a de nombreuses branches comme plusieurs livres (http://www.lulu.com/spotlight/andypaciorek), un label musical, Reverb Worship, quelques conférences, une émission de radio hebdomadaire (animée par un gars absolument adorable, d'ailleurs), "Unearthing Forgotten Horrors" (https://www.facebook.com/groups/211956115669980/?fref=ts) et un groupe satellite, "The Belled Buzzard" (https://www.facebook.com/groups/1300668379958590/?fref=ts) consacré à sa forme américaine avec, en particulier, un intérêt pour le "southern gothic" à la Flannery O'Connor, "True Detective" et ce genre de choses. Il y a aussi un site internet classique pour centraliser tout ça (https://folkhorrorrevival.com/) mais le cœur du truc reste le groupe.

(...)
Tu l'auras compris, je suis très fan de cet endroit, malgré mon hostilité naturelle envers son support.


Merci pour ces précisions.
Je n'ai pas trop eu le temps ce week-end, mais je vais prendre le temps de commencer à explorer tout ça sous peu. Et pourquoi pas contribuer, à terme (si je peux apporter quelque chose bien sûr).

Ektah a écrit:En tous cas, tu m'interpelles avec ton projet. Curieux de voir ça. D'autant que cette thématique est souvent liée à la région qui la voit naître et que l'imaginaire basque a clairement ce qu'il faut en terme de capacité d'évocation.


C'est encore une fois pas assez concret à ce stade pour y venir maintenant, mais j'en dirai un mot ici ou là, c'est sûr.
En tout cas c'est bel et bien connecté aux thématiques que tu évoques, sous l'angle de certains éléments de la mythologie basque, en effet. Ils ont été peu utilisés comme matière fictionnelle (à quelques exceptions près comme "Les Sorcières de Zugarramurdi" d'Alex de la Iglesia, mais dans une veine farcesque), alors qu'il y a là des choses potentiellement passionnantes à explorer. Juste un petit élément : l'idée de départ, c'est de reprendre le fameux "Roi des Aulnes" de Goethe et de le mêler à des éléments issus de l'imaginaire basque...


Ektah a écrit:j'ai aussi tendance à voir ça partout aussi, en ce moment. Ça vient évidemment de mes goûts personnels mais aussi du fait que cette thématique a le vent en poupe. Il suffit de voir les sorties des films comme "The witch", "L'étreinte du serpent", "Lord of Tears", "Kill List" et d'autres, ces dernières années. Et je ne parle là que du cinéma: il y a aussi un mouvement équivalent dans la musique, à mon avis, bien que d'ampleur moindre: tu peux écouter ça dans l'émission de radio dont je parlais, Unearthing Forgotten Horrors, ou sur la collection Spotify du groupe (http://open.spotify.com/user/jimofleon/playlist/4bTgHJWcWQDl9ELHY9btL1). Et, en série tv, on peut, bien sûr, parler de "True Detective" mais également de quelques autres comme "Jordskott", ou "Flowers" (même si ce dernier pratique le mélange des genres).


Idem, il faut que je creuse un peu tout ça. "L'Etreinte du Serpent", j'ai prévu de voir ça assez vite et je vais probablement le mettre au menu de l'émission d'ailleurs. Même chose pour "Jordskott" au rayon séries télé.
Je ne connais pas "Lord Of Tears" par contre...


Ektah a écrit:Oui, effectivement, on a des discussions sans fin pour savoir si "Flowers", "Detectorists", "Berberian Sound Studio", "The League of Gentlemen" ou même "Twin Peaks" appartiennent à ce genre ou pas. Mon avis (personnel... certains ne seraient pas d'accord) est qu'il y a des œuvres emblématiques que personne ne remettra en cause (on va dire "Wicker Man", "Blood on Satan's Claw" et "Valérie and Her Week of Wonder", plus "The Witch", récemment) et qu'il y a des œuvres satellites qui empruntent certains aspects au genre.


"Valérie And Her Week of Wonders" !!! J'adore ce film. Rien que son évocation me donne envie de le revoir direct. Celui-là aussi ferait bonne mesure dans l'émission, je ne l'y ai jamais abordé.

Ektah a écrit:Est-ce qu'on peut considérer ces derniers comme faisant vraiment partie du mouvement est une question secondaire à mes yeux. Simplement, les inclure permet d'amener une certaine diversité dans un genre qui reste sinon assez codifié. (...)
Donc, pour moi, le fait d'inclure ces œuvres périphériques apporte de la richesse au genre. Je suis pour, même si je suis tout à fait prêt à reconnaître que les liens sont parfois assez lointains.


Encore une fois, cela me semble la bonne approche.

Ektah a écrit:je pense que Morrison reste, quand il le veut bien, l'un des plus grands.


On est bien d'accord là-dessus aussi.
Son "Seven Soldiers" s'il n'est pas des plus connus, me paraît un de ses travaux les plus importants, prototype du plus "gros" et récent "Multiversity".
J'ai écrit une modeste (mais assez longue quand même) bafouille sur le sujet. C'est là :
http://www.comics-sanctuary.com/forum/seven-soldiers-grant-morrison-collectif-t66482.html

Ektah a écrit:Pour être honnête, je ne connais pas si bien que ça Trouble. Il me semble n'avoir écouté qu'un seul album ("Psalm 9", je crois). Je vais me pencher sur la question aussi.


Pour Trouble, je conseille toujours l'album "Run To The Light". Ce n'est ni le plus connu, ni le plus "mythique" (ça c'est plutôt "Psalm 9"), mais c'est le meilleur pour moi. Mélodique, puissant, lugubre et lyrique à la fois : du très bon heavy-doom à l'ancienne.

Avatar de Tori

Photonik a écrit:Idem pour Tetsuo, dont j'ignorais la traduction. Joli clin d'oeil de la part d'Otomo au moment de nommer le "héros" de son "Akira", du coup : il annonce ainsi son devenir semi-métallique.

Attention : en japonais, il y a beaucoup d'homophones : Le Tetsuo d'Ôtomo ne s'écrit pas de la même façon : 鉄雄 contre 鉄男 pour celui de Tsukamoto... Mais le métal est effectivement toujours présent ! Le deuxième kanji a plutôt le sens de héros (et de mâle pour les animaux)... Le sens est donc, relativement proche.

Tori.
PS : Je fais souvent attention aux kanji utilisés dans les noms des personnages : les auteurs les choisissent rarement au hasard. C'est d'ailleurs une des (nombreuses) richesses de la langue japonais, de pouvoir donner plusieurs sens à un nom : sa sonorité ou son sens étymologique, là où, en voyant le nom d'une personne dans une langue occidentale, il n'y a qu'une possibilité qui s'offre à nous (la graphie et la prononciation sont intimement liées), on peut plus difficilement y cacher un autre sens et l'étymologie est soit évidente soit cachée, selon comment le mot a évolué.

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:Ho ho ho ; alors ça, ça m'intéresse énormément.
La thématique me parle et pas q'un peu (pour être franc, j'ai un projet dans ce domaine, dont il est beaucoup trop tôt pour parler plus avant mais je le ferai en temps utile).
Je n'ai pas de page Facebook mais ma compagne en a une ; j'en profiterai pour regarder ça...


Alors, le groupe s'appelle "Folk Horror Revival" (https://www.facebook.com/groups/folkhorror/?fref=ts). Il a eu un succès absolument phénoménal (17200 membres à l'heure actuelle). Donc, je n'ai pas compté mais il doit y avoir des dizaines de posts par jour avec (de mon point de vue, en tous cas) une très grande qualité dans chacun d'entre eux. Du coup, vu l'ampleur que cela a pris, il y a de nombreuses branches comme plusieurs livres (http://www.lulu.com/spotlight/andypaciorek), un label musical, Reverb Worship, quelques conférences, une émission de radio hebdomadaire (animée par un gars absolument adorable, d'ailleurs), "Unearthing Forgotten Horrors" (https://www.facebook.com/groups/211956115669980/?fref=ts) et un groupe satellite, "The Belled Buzzard" (https://www.facebook.com/groups/1300668379958590/?fref=ts) consacré à sa forme américaine avec, en particulier, un intérêt pour le "southern gothic" à la Flannery O'Connor, "True Detective" et ce genre de choses. Il y a aussi un site internet classique pour centraliser tout ça (https://folkhorrorrevival.com/) mais le cœur du truc reste le groupe.

Évidemment, vu la thématique, il y a une grosse communauté de paganistes pratiquants mais les discussions religieuses se passent en général très bien, ce qui est très étonnant sur les réseaux "sociaux", d'autant plus que le créateur du lieu ne cache pas ses opinions écologistes et de gauche. En fait, la seule grosse bataille du groupe s'est déroulée lorsqu'il a annoncé qu'il supprimerait sans préavis les messages trop fachos à son goût (il me semble qu'une bande de trolls venait de se pointer). J'imagine qu'il doit y avoir une équipe de modérateurs très réactive mais ça fait un changement bienvenu par rapport au reste de Facebook.
Tu l'auras compris, je suis très fan de cet endroit, malgré mon hostilité naturelle envers son support.

En tous cas, tu m'interpelles avec ton projet. Curieux de voir ça. D'autant que cette thématique est souvent liée à la région qui la voit naître et que l'imaginaire basque a clairement ce qu'il faut en terme de capacité d'évocation.

Photonik a écrit:Un débat passionnant, j'imagine.
En y réfléchissant un peu, j'aurais tendance à m'aligner sur ta position. Cette idée de résurgence d'éléments mythologiques et/ou légendaires dans un contexte urbain (et j'ai tendance en ce moment à voir ça partout... :wink: ) me semble pouvoir s'inscrire dans ce créneau.


Oui, j'ai aussi tendance à voir ça partout aussi, en ce moment. Ça vient évidemment de mes goûts personnels mais aussi du fait que cette thématique a le vent en poupe. Il suffit de voir les sorties des films comme "The witch", "L'étreinte du serpent", "Lord of Tears", "Kill List" et d'autres, ces dernières années. Et je ne parle là que du cinéma: il y a aussi un mouvement équivalent dans la musique, à mon avis, bien que d'ampleur moindre: tu peux écouter ça dans l'émission de radio dont je parlais, Unearthing Forgotten Horrors, ou sur la collection Spotify du groupe (http://open.spotify.com/user/jimofleon/playlist/4bTgHJWcWQDl9ELHY9btL1). Et, en série tv, on peut, bien sûr, parler de "True Detective" mais également de quelques autres comme "Jordskott", ou "Flowers" (même si ce dernier pratique le mélange des genres).

Photonik a écrit:D'accord : du coup, je vois que tu (ou vous) englobes énormément de choses dans cette notion.
Brasser un peu large me semble une approche intéressante pour circonscrire un genre ou ses thématiques clefs ; c'est effectivement souvent dans les franges d'un genre, à l'extrême limite de sa définition stricte, que se jouent les choses les plus intéressantes, je crois.


Oui, effectivement, on a des discussions sans fin pour savoir si "Flowers", "Detectorists", "Berberian Sound Studio", "The League of Gentlemen" ou même "Twin Peaks" appartiennent à ce genre ou pas. Mon avis (personnel... certains ne seraient pas d'accord) est qu'il y a des œuvres emblématiques que personne ne remettra en cause (on va dire "Wicker Man", "Blood on Satan's Claw" et "Valérie and Her Week of Wonder", plus "The Witch", récemment) et qu'il y a des œuvres satellites qui empruntent certains aspects au genre.

Est-ce qu'on peut considérer ces derniers comme faisant vraiment partie du mouvement est une question secondaire à mes yeux. Simplement, les inclure permet d'amener une certaine diversité dans un genre qui reste sinon assez codifié. On va avoir des chroniques rurales douces-amères ("Flowers", "Detectorists"... deux séries que je recommande très chaudement, d'ailleurs, avec un casting parfait), des comédies ("The mighty boosh" "Inside n°9" et "The league of gentlemen"), de la tv pour enfants ("Worzel Gummidge"), du western ("The beguiled"), du documentaire psychogéographique ("Wisconsin Death Trip", "Strange Factory", "By our selves")... En fait, cette question de la psychogéographie semble revenir assez régulièrement dans nos discussions sur la folk horror, notamment dans sa forme musicale (en fait, je pense que le label "Folklore Tapes", qui participe aussi au groupe, est centré autour de cette idée). J'aurais tendance à dire que c'est une thématique voisine.
Donc, pour moi, le fait d'inclure ces œuvres périphériques apporte de la richesse au genre. Je suis pour, même si je suis tout à fait prêt à reconnaître que les liens sont parfois assez lointains.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Sinon, j'ai aussi entendu de très bonnes choses de sa péloche de bikers, "Crazy Thunder Road" (le film préféré de Takeshi Kitano, selon la légende).


Le film préféré de Kitano ? Intrigant, alors !!


Attention. J'ai formulé ma phrase de cette manière car c'est juste quelque chose que j'ai lu une fois ou deux (je ne sais plus où, pour être honnête). C'est tout au plus une rumeur. Mais ça ne change rien au fait que ça vaut sans doute le coup de regarder le film.

Photonik a écrit:Pour ceux qui ont aimé cette prestation de Williams, je recommande vivement de jeter un oeil sur son travail époustouflant sur les prologues et épilogues du formidable "Seven Soldiers" de Grant Morrison, qui annoncent à mon avis son boulot sur "Sandman Overture".


Oui. J'avais noté cette référence que tu faisais. Je vais probablement me pencher sur la question, d'autant que, même si j'ai parfois des rapports conflictuels avec lui, je pense que Morrison reste, quand il le veut bien, l'un des plus grands.

Photonik a écrit:Tu n'as pas tort. L'explosion de la scène doom ces dernières années a probablement généré beaucoup trop de groupes sonnant un peu tous de la même manière. Y'a un paquet d'albums qui ont pu m'impressionner à leur sortie dont je sais que je ne les écouterais probablement plus beaucoup.
Néanmoins, j'ai l'impression que l'axe très "traditionnel" dont Pallbearer peut se réclamer n'est pas le plus représenté ; avec ce début de morceau très Trouble dans l'esprit (et je suis depuis mes années lycée un gros fan de Trouble...), le groupe s'inscrit indéniablement dans cette ligne-là.


C'est vrai que c'est proche. Pour être honnête, je ne connais pas si bien que ça Trouble. Il me semble n'avoir écouté qu'un seul album ("Psalm 9", je crois). Je vais me pencher sur la question aussi.

Photonik a écrit:Vraiment ravi de pouvoir échanger avec toi, décidément !!!


Moi de même, bien sûr.

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Ektah a écrit:
Ouch. Je suis d'accord. Un jour, je comprendrai "Nova Express". Au passage, le projet du même nom par John Zorn est tout aussi abscons.


Tiens, je ne connais pas ce projet-là de Zorn, pour ma part (en même temps, difficile de s'y retrouver dans une discographie aussi tentaculaire...). J'y jetterai une oreille à l'occasion.

Ektah a écrit:Alors, il se trouve qu'une des dernières raisons pour lesquelles je suis sur Facebook est la présence d'un groupe consacré à l'étude du "folk horror" dans l'art et le folklore mondial, très fréquenté et absolument passionnant.


Ho ho ho ; alors ça, ça m'intéresse énormément.
La thématique me parle et pas q'un peu (pour être franc, j'ai un projet dans ce domaine, dont il est beaucoup trop tôt pour parler plus avant mais je le ferai en temps utile).
Je n'ai pas de page Facebook mais ma compagne en a une ; j'en profiterai pour regarder ça...

Ektah a écrit:On a eu, il y a quelques années, une longue discussion pour savoir si ce type d'imaginaire était compatible avec un environnement urbain/industriel. Je fais partie du camp qui disait "absolument".


Un débat passionnant, j'imagine.
En y réfléchissant un peu, j'aurais tendance à m'aligner sur ta position. Cette idée de résurgence d'éléments mythologiques et/ou légendaires dans un contexte urbain (et j'ai tendance en ce moment à voir ça partout... :wink: ) me semble pouvoir s'inscrire dans ce créneau.

Ektah a écrit:On a quelques exemples, minoritaires bien sûr, de films qui s'inscrivent dans cette idée: "Quatermass and the pit" (écrit par Nigel Kneale... un génie méconnu, à mon avis... une des influences majeures de John Carpenter, au passage), "Absentia", "Strange Factories", même "Berberian Sound Studio", d'une certaine manière...


D'accord : du coup, je vois que tu (ou vous) englobes énormément de choses dans cette notion.
Brasser un peu large me semble une approche intéressante pour circonscrire un genre ou ses thématiques clefs ; c'est effectivement souvent dans les franges d'un genre, à l'extrême limite de sa définition stricte, que se jouent les choses les plus intéressantes, je crois.

Ektah a écrit:Au passage, dans ce groupe, nous sommes en train de mettre en place une liste de films estampillés "folk horror" sur imdb. Il y a plein de choses très recommandables à découvrir là-dedans, à mon avis (si on est intéressé par cet imaginaire, bien sûr): http://www.imdb.com/list/ls062558913/


Même chose, je vais jeter un oeil là-dessus, de ce pas.


Ektah a écrit:Oui, je le regrette aussi. "Mauvais Genres" reste ma grand messe radiophonique (avec "Tumataxa", bien sûr :wink: ) mais il y a eu une baisse de qualité depuis son départ, certes. Il reste quand même François Angelier (plus Pacôme et Philippe Rouyer, occasionnellement) mais je perçois quand même une certaine lassitude. Je n'ai rien contre Fausto Fasulo (d'autant qu'il apporte une orientation vers la culture japonaise que j'apprécie) mais cela fait quelques années que l'émission me fait penser à une fin de règne.



J'ai bien peur là aussi d'être en accord avec toi.

Ektah a écrit:Tu parlais de l'influence de Sogo Ishii sur "Tetsuo". C'est indéniable mais, en plus de "Burst City", j'aurais tendance à faire également le lien avec "Halber Mensch", son documentaire/concert filmé/essai cinématographique à propos de Einstürzende Neubauten: https://vimeo.com/9258405


Merci à nouveau pour le lien.
Je connaissais ce travail-là de réputation (sans compter que j'aime le groupe de Blixa Bargeld), mais ne l'ayant pas vu je ne l'ai pas évoqué.


Ektah a écrit:Sinon, j'ai aussi entendu de très bonnes choses de sa péloche de bikers, "Crazy Thunder Road" (le film préféré de Takeshi Kitano, selon la légende).


Le film préféré de Kitano ? Intrigant, alors !!

Ektah a écrit:Par ailleurs, dans la filmographie de Tadanobu Asano, je crois qu'il faut aussi nommer "Vital" qui est, en toute subjectivité, le meilleur film de Shinya Tsukamoto.


Je ne l'ai pas évoqué ? J'étais persuadé que oui.
Je suis moi aussi très fan de "Vital", incontestablement un très grand Tsukamoto. Je n'ai pas pensé à faire le lien mais il aurait effectivement été judicieux d'évoquer cet exemple de traitement de la Nature par Tsukamoto pour parler de celui de "Fires On The Plain".


Ektah a écrit:Enfin, pour parler de "Electric Dragon 80000 V", c'est la définition même du cinéma frappadingue: très fun à regarder et rapidement oublié. (...) Cette évocation animale/mythologique dont tu parles m'interpelle.


Ce que tu dis du film n'est pas faux, en effet. Il y a un côté un peu "inconséquent" au film qui est indéniable. Mais rien que pour la connexion "totémique", si tu choisis de le revoir, tu vas être frappé par les premières images.

Ektah a écrit:Pour moi, cette bd est très dure d'accès. (...)
Ce n'est pas une critique, toutefois, mais il va me falloir plus de relectures.


C'est indéniablement un titre qui appelle et supporte de nombreuses relectures. Assez hermétique, et plus encore pour les non-initiés j'imagine. J'ai quand même été conquis par l'effort de Neil Gaiman et J.H. Williams, notamment pour les efforts de ce dernier en matière d'invention formelle pour illustrer les éléments pourtant très abstraits du scénario.
Pour ceux qui ont aimé cette prestation de Williams, je recommande vivement de jeter un oeil sur son travail époustouflant sur les prologues et épilogues du formidable "Seven Soldiers" de Grant Morrison, qui annoncent à mon avis son boulot sur "Sandman Overture".


Ektah a écrit:Crippled Black Phoenix, je te rejoins: tous les groupes de Justin Greaves sont passionnants. Celui-là ne fait pas exception. Même si Iron Monkey reste son sommet, à mon sens (mais j'ai tendance à être partial envers tout ce qui est estampillé sludge, crust...).


Moi aussi, je reste un inconditionnel de Iron Monkey, dont les deux disques tournent encore régulièrement chez moi ou dans ma caisse.

Ektah a écrit:JK Flesh, pas de surprises de la part de Broadrick: c'est très bon. (...) Sinon, je peux imaginer certains clubs diffusant ce genre de musique mais les services proposés par ces lieux seraient sans doute d'une nature assez originale.


Ha Ha !! Ouais, probablement.

Ektah a écrit:Pallbearer, j'ai un peu la même impression que pour le reprise de Type O Negative: c'est bon mais il y a eu une telle explosion du doom metal ces dix dernières années que je me suis franchement lassé du genre. Ceci étant dit, il n'y a aucun doute sur le fait qu'ils font partie du haut du panier. Et la fin du morceau, effectivement plus sludge, passe mieux.


Tu n'as pas tort. L'explosion de la scène doom ces dernières années a probablement généré beaucoup trop de groupes sonnant un peu tous de la même manière. Y'a un paquet d'albums qui ont pu m'impressionner à leur sortie dont je sais que je ne les écouterais probablement plus beaucoup.
Néanmoins, j'ai l'impression que l'axe très "traditionnel" dont Pallbearer peut se réclamer n'est pas le plus représenté ; avec ce début de morceau très Trouble dans l'esprit (et je suis depuis mes années lycée un gros fan de Trouble...), le groupe s'inscrit indéniablement dans cette ligne-là.

Vraiment ravi de pouvoir échanger avec toi, décidément !!!

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Comme d'habitude, merci pour ces précisions "linguistiques", Tori.

J'étais à peu près sûr de dire une connerie au moment de convoquer le terme "jidai-geki". Bon, maintenant, je suis à peu près certain de ne plus pouvoir me tromper : j'ignorais totalement que c'était l'origine du mot "jedi" cher à George Lucas, et c'est effectivement un bon moyen mnémotechnique...

Idem pour Tetsuo, dont j'ignorais la traduction. Joli clin d'oeil de la part d'Otomo au moment de nommer le "héros" de son "Akira", du coup : il annonce ainsi son devenir semi-métallique.

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Ah, un petit ajout, tiens...

Tori a écrit:Concernant Mushishi (je te conseille de jeter un oeil sur le manga, si tu en as l'occasio), tu parles de "gidai geki"... Il s'agit, en fait de jidai geki ("jidai" est à l'origine du mot "jedi", ça aide à se souvenir de la prononciation)... et signifie juste "drame d'époque" ("jidai" pour "époque", "geki" pour "drame"), et est, effectivement, l'équivalent du film en costumes, sauf que ça peut concerner aussi le théatre.

Le même "geki" est utilisé dans le terme "gekiga", que certains auteurs de mangas ne se reconnaissant plus dans le terme "manga" ("ga" veut dire "image", mais "man" signifie "divertissant"/"exagéré"/"involontaire") ont voulu imposer pour décrire leurs BD, plus sombres et souvent ancrées dans un monde plus réaliste.

Tori.

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Le Doc a écrit:
Oui, il y a des choses très intéressantes. J'ai d'ailleurs écrit des billets sur 5 de ces films dans les colonnes du Ciné-club (et pour les longs métrages plus récents, on a des sujets dans le forum ciné) :

The Wicker Man :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/the-wicker-man-robin-hardy-t86281.html

La Nuit des Maléfices :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/la-nuit-des-malefices-piers-haggard-t87859.html

Vij :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/vij-konstantin-ershov-georgiy-kropachyov-t88544.html

Le Renne Blanc :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/le-renne-blanc-erik-blomberg-t82637.html

La Nuit du Chasseur :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/la-nuit-du-chasseur-charles-laughton-t87213.html


:)

5 films merveilleux. J'irai lire ça. Je suis bien content de voir "Vij" et le "Renne Blanc": ces films me semblent recevoir moins d'attention qu'ils ne le méritent.

Avatar de Le Doc

Ektah a écrit:Au passage, dans ce groupe, nous sommes en train de mettre en place une liste de films estampillés "folk horror" sur imdb. Il y a plein de choses très recommandables à découvrir là-dedans, à mon avis (si on est intéressé par cet imaginaire, bien sûr): http://www.imdb.com/list/ls062558913/


Oui, il y a des choses très intéressantes. J'ai d'ailleurs écrit des billets sur 5 de ces films dans les colonnes du Ciné-club (et pour les longs métrages plus récents, on a des sujets dans le forum ciné) :

The Wicker Man :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/the-wicker-man-robin-hardy-t86281.html

La Nuit des Maléfices :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/la-nuit-des-malefices-piers-haggard-t87859.html

Vij :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/vij-konstantin-ershov-georgiy-kropachyov-t88544.html

Le Renne Blanc :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/le-renne-blanc-erik-blomberg-t82637.html

La Nuit du Chasseur :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/la-nuit-du-chasseur-charles-laughton-t87213.html

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Photonik a écrit:Je pense de même. Une des réussites du livre, c'est d'enrichir la "mythologie" du lieu et des persos (notamment ceux qui sont plutôt à l'arrière-plan dans la série, comme les frères Milford par exemple) sans rien déflorer du mystère. Frost dit en interview que c'est le point qui l'intéressait à travers ce travail : distinguer le secret du mystère. En gros, le mystère nous enveloppe, enrichit ou "magifie" nos vies, et le secret est instrumentalisé par des forces occultes, potentiellement néfastes.
J'avais trouvé cette distinction sous la plume de Guy Astic déjà (qui a eu du nez pour le coup, même s'il évoque "le mystère et l'énigme" quant à lui), et ça me semble assez lumineux.


Effectivement, cette distinction entre secret et mystère est annoncée d'entrée de jeu dans le livre de Frost et a un effet rétro-actif: je suis en train de lire, en préparation à la nouvelle saison, un fascicule, nommé "Welcome to Twin Peaks" que j'avais acheté il y a des années, rédigé (en théorie) par Frost, Lynch et un troisième gars et qui se présente comme un petit livret de présentation de la ville, comme on peut en trouver dans les offices de tourisme. Même dans un produit dérivé aussi mineur que celui-là, on retrouve un historique de la ville (qui me semble être le prototype des premiers chapitres du livre de Frost) où se révèle déjà cette distinction entre les deux types de secrets. On y voit également les premières références explicites (à ma connaissance) à la théosophie. Il y a aussi la recette de la tarte à la cerise.
Sinon, je peux me tromper, mais il me semble me souvenir que Frost avait parlé également de cette nuance dans une interview pour le fanzine "Wrapped in plastic".
Enfin, tout ça pour dire que cette distinction est dans l'air depuis longtemps et que l'approche de cette nouvelle saison semble être le moment choisi pour expliciter certaines idées sous-jacentes (pour en lancer de nouvelles ensuite, j'imagine... ou pour clôturer le tout).

Photonik a écrit:Le produit de leur collaboration, beaucoup moins : avec la trilogie Nova et les textes rassemblés dans le recueil "Le Métro Blanc", c'est ce que Burroughs a produit de plus ardu, à mon sens.


Ouch. Je suis d'accord. Un jour, je comprendrai "Nova Express". Au passage, le projet du même nom par John Zorn est tout aussi abscons.

Photonik a écrit:Ah oui, tu m'as vraiment l'air rigoureux et organisé, dis-moi. :wink:


Ben, en fait, je suis un peu obligé, sinon toutes les idées me passent au-dessus de la tête. Je connais des gens qui arrivent à intégrer des concepts ardus de manière orale. Ce n'est pas mon cas.

Photonik a écrit:Il y a de ça (même si je n'ai pas vu tous les films que tu évoques), mais dans un contexte plus urbain quand même, quand les autres films que tu cites sont plutôt "folk-horror" dans l'esprit, il me semble, et donc au moins en partie ruraux.


Alors, il se trouve qu'une des dernières raisons pour lesquelles je suis sur Facebook est la présence d'un groupe consacré à l'étude du "folk horror" dans l'art et le folklore mondial, très fréquenté et absolument passionnant. On a eu, il y a quelques années, une longue discussion pour savoir si ce type d'imaginaire était compatible avec un environnement urbain/industriel. Je fais partie du camp qui disait "absolument". On a quelques exemples, minoritaires bien sûr, de films qui s'inscrivent dans cette idée: "Quatermass and the pit" (écrit par Nigel Kneale... un génie méconnu, à mon avis... une des influences majeures de John Carpenter, au passage), "Absentia", "Strange Factories", même "Berberian Sound Studio", d'une certaine manière...
Au passage, dans ce groupe, nous sommes en train de mettre en place une liste de films estampillés "folk horror" sur imdb. Il y a plein de choses très recommandables à découvrir là-dedans, à mon avis (si on est intéressé par cet imaginaire, bien sûr): http://www.imdb.com/list/ls062558913/

Photonik a écrit:Je pense avoir vu, à une ou deux exceptions près, toutes ses conférences dans ce cadre (ou au Forum des Images). Si je trouve Thoret inégal quand il écrit, je le trouve extrêmement convaincant à l'oral ; je déplore son départ de "Mauvais Genres", d'ailleurs.


Oui, je le regrette aussi. "Mauvais Genres" reste ma grand messe radiophonique (avec "Tumataxa", bien sûr :wink: ) mais il y a eu une baisse de qualité depuis son départ, certes. Il reste quand même François Angelier (plus Pacôme et Philippe Rouyer, occasionnellement) mais je perçois quand même une certaine lassitude. Je n'ai rien contre Fausto Fasulo (d'autant qu'il apporte une orientation vers la culture japonaise que j'apprécie) mais cela fait quelques années que l'émission me fait penser à une fin de règne.

Photonik a écrit:Pour le cinéma, on évoque un moyen-métrage du cinéaste punk et nippon Sogo Ishii, à savoir le frappadingue "Electric Dragon 80 000 V". Baston survoltée et grosses guitares au programme...


Tu parlais de l'influence de Sogo Ishii sur "Tetsuo". C'est indéniable mais, en plus de "Burst City", j'aurais tendance à faire également le lien avec "Halber Mensch", son documentaire/concert filmé/essai cinématographique à propos de Einstürzende Neubauten: https://vimeo.com/9258405

Sinon, j'ai aussi entendu de très bonnes choses de sa péloche de bikers, "Crazy Thunder Road" (le film préféré de Takeshi Kitano, selon la légende).

Par ailleurs, dans la filmographie de Tadanobu Asano, je crois qu'il faut aussi nommer "Vital" qui est, en toute subjectivité, le meilleur film de Shinya Tsukamoto. En fait, je crois que ce que j'aime avec ce film fait un lien avec ton émission précédente: tu as ces visions colorées d'une sorte de paradis naturel (l'île d'Hokkaidō, si je me souviens bien). J'aime cette tendance chez les cinéastes ultra-urbains à l'évocation de la nature. Comme tu disais, on retrouve ça, chez lui, dans "Fires on the Plain" mais également dans "Hiruko the goblin" (le film en lui-même, tourné entre "Tetsuo" et "Tetsuo 2", est moyen mais la façon dont il filme la verdure est tout à fait magnifique et très réminiscent de sa carrière future).

Enfin, pour parler de "Electric Dragon 80000 V", c'est la définition même du cinéma frappadingue: très fun à regarder et rapidement oublié. Mais, dans ce style-là, le film de Ishii est probablement un des plus riches et intrigants. Il faudrait sans doute que je refasse un visionnage. Cette évocation animale/mythologique dont tu parles m'interpelle.

Photonik a écrit:Au rayon BD, on s'attaque (enfin) à une sortie incontournable de ces dernières semaines, le "Sandman : Ouverture" de la dream-team Neil Gaiman/J.H. Williams III.


Pour moi, cette bd est très dure d'accès. Bien sûr, elle est visuellement à tomber par terre (bon, chez les dessinateurs habituels de la série, je préfère le style de Michael Zulli, mais c'est extrêmement subjectif). Mais, scénaristiquement, la série originelle avait une certaine immédiateté: on appréciait tout de suite l'histoire et ressentait de l'empathie pour les personnages (ce qui n’empêchait pas, bien sûr, des relectures ultérieures pour découvrir les subtilités du scénario).
"Overture", pour le coup, est plus aride d'accès, comme tu le disais. La première série, finalement, si elle parlait essentiellement de Morphée, focalisait sa narration sur les autres personnages, humains le plus souvent, et reflétait leurs doutes et leurs errements, créant une empathie (y compris pour des ordures, d'ailleurs). Du coup, quand le point de vue adopté est celui de Dream, l'identification est plus difficile. Et cela n'est pas aidé par la narration non-linéaire, bien sûr.
Ce n'est pas une critique, toutefois, mais il va me falloir plus de relectures.

Tori a écrit:Concernant Mushishi (je te conseille de jeter un oeil sur le manga, si tu en as l'occasio), tu parles de "gidai geki"... Il s'agit, en fait de jidai geki ("jidai" est à l'origine du mot "jedi", ça aide à se souvenir de la prononciation)... et signifie juste "drame d'époque" ("jidai" pour "époque", "geki" pour "drame"), et est, effectivement, l'équivalent du film en costumes, sauf que ça peut concerner aussi le théatre.

Concernant le sous-titre de Tetsuo : The iron man, tu indiques que c'est probablement un clin d'oeil à un certain super-héros de chez Marvel... Or, c'est juste la traduction de "Tetsuo" ! Plus exactement, "Tetsuo" est constitué des kanji pour "fer"/"métal" et pour "être humain de sexe masculin" (donc "garçon" ou "homme").
De plus, je ne sais plus à quel propos, tu parles d'une revue de manga appelée "Action comics", en disant que c'est probablement en hommage au célèbre Action comics américain... En fait, "Action comics" n'est pas le nom d'un magazine, mais celui d'une collection de mangas (de Futabasha), prépubliés dans le magazine "Manga Action"... tout comme les mangas issus du Shônen jump sont dans la collection "Jump comics" (et ceux issus de Margaret dans la collection "Margaret comics") chez Shûeisha...


Merci pour ces précisions. C'est très intéressant.

Photonik a écrit:- Et en musique cette semaine, ce sera :
"We Are The Darkeners", extrait de "Bronze", dernier album en date de Crippled Black Phoenix, "Electric Bunch", issu de la BO de "Electric Dragon 80 000 V" par le groupe MACH-1.67, "Tunnel", de JK Flesh alias Justin Broadrick sur l'album "Rise Above", et on termine en retrouvant les doomsters américains de Pallbearer pour le morceau "Worlds Apart"...!


Crippled Black Phoenix, je te rejoins: tous les groupes de Justin Greaves sont passionnants. Celui-là ne fait pas exception. Même si Iron Monkey reste son sommet, à mon sens (mais j'ai tendance à être partial envers tout ce qui est estampillé sludge, crust...).

JK Flesh, pas de surprises de la part de Broadrick: c'est très bon. Pas le genre de truc que j'écouterai en boucle mais ça fonctionne parfaitement quand je suis dans le bon état d'esprit. Sinon, je peux imaginer certains clubs diffusant ce genre de musique mais les services proposés par ces lieux seraient sans doute d'une nature assez originale.

Pallbearer, j'ai un peu la même impression que pour le reprise de Type O Negative: c'est bon mais il y a eu une telle explosion du doom metal ces dix dernières années que je me suis franchement lassé du genre. Ceci étant dit, il n'y a aucun doute sur le fait qu'ils font partie du haut du panier. Et la fin du morceau, effectivement plus sludge, passe mieux.

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Bon, ça y est, je suis à jour... Je vais faire quelques commentaires rapides :

Concernant Mushishi (je te conseille de jeter un oeil sur le manga, si tu en as l'occasio), tu parles de "gidai geki"... Il s'agit, en fait de jidai geki ("jidai" est à l'origine du mot "jedi", ça aide à se souvenir de la prononciation)... et signifie juste "drame d'époque" ("jidai" pour "époque", "geki" pour "drame"), et est, effectivement, l'équivalent du film en costumes, sauf que ça peut concerner aussi le théatre.

Concernant le sous-titre de Tetsuo : The iron man, tu indiques que c'est probablement un clin d'oeil à un certain super-héros de chez Marvel... Or, c'est juste la traduction de "Tetsuo" ! Plus exactement, "Tetsuo" est constitué des kanji pour "fer"/"métal" et pour "être humain de sexe masculin" (donc "garçon" ou "homme").
De plus, je ne sais plus à quel propos, tu parles d'une revue de manga appelée "Action comics", en disant que c'est probablement en hommage au célèbre Action comics américain... En fait, "Action comics" n'est pas le nom d'un magazine, mais celui d'une collection de mangas (de Futabasha), prépubliés dans le magazine "Manga Action"... tout comme les mangas issus du Shônen jump sont dans la collection "Jump comics" (et ceux issus de Margaret dans la collection "Margaret comics") chez Shûeisha...

Ah, et le groupe Jesus Lizard, il tire son nom du basilic, le lézard qui court sur l'eau ?

Le Doc a écrit:C'est vrai, tu causes pas mal de cinéma asiatique ces dernières semaines comme tu le mentionnes au début de l'émission...et c'est cool, pour ma part ça me permet d'apprendre pas mal de choses sur un cinoche et des réalisateurs que je connais très mal (voire pas du tout comme ici Sogo Ishii).

Et, régulièrement, tu parles de cinéastes que je connais peu (alors que je connais les références que tu cites)... Et c'est un cinéma qui me parle.

Je suis très en retard en ce qui concerne Sandman. En fait, je crois même que j'ai lu plus de romans de Gaiman que de bandes dessinées (et pourtant, je l'apprécie sur les deux supports, contrairement à pas mal d'avis exprimés ici)...

Je suis en retard également sur Sandman et, comme Le Doc, j'apprécie autant les deux versants de l'oeuvre de Gaiman.

Concernant la programmation musicale, comme d'habitude, je découvre plein de trucs ! ~___^

Tori.

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Merci pour ton retour, Doc, comme à l'accoutumée.

Rassure-toi, si je me tiens à mon programme (qui peut changer), la semaine prochaine tu devrais être en terrain un peu plus familier (en BD par exemple, on risque de causer de Steve Gerber... ça fait un moment que je voulais aborder son cas).

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque un moyen-métrage du cinéaste punk et nippon Sogo Ishii, à savoir le frappadingue "Electric Dragon 80 000 V". Baston survoltée et grosses guitares au programme...


C'est vrai, tu causes pas mal de cinéma asiatique ces dernières semaines comme tu le mentionnes au début de l'émission...et c'est cool, pour ma part ça me permet d'apprendre pas mal de choses sur un cinoche et des réalisateurs que je connais très mal (voire pas du tout comme ici Sogo Ishii).

- Au rayon BD, on s'attaque (enfin) à une sortie incontournable de ces dernières semaines, le "Sandman : Ouverture" de la dream-team Neil Gaiman/J.H. Williams III.


Je suis très en retard en ce qui concerne Sandman. En fait, je crois même que j'ai lu plus de romans de Gaiman que de bandes dessinées (et pourtant, je l'apprécie sur les deux supports, contrairement à pas mal d'avis exprimés ici)...

- Pour les séries télé, on cause vite fait de la saison 2 de "Ash Vs Evil Dead", la déclinaison télévisuelle des aventures de Ash Williams, le tueur de deadites.


Grrr...là aussi, je n'ai toujours pas vu la saison 1 (comme tu t'en doutes, je regarde plus de films que de séries depuis quelque temps). Il va vraiment falloir que je m'y mette un jour...

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"We Are The Darkeners", extrait de "Bronze", dernier album en date de Crippled Black Phoenix, "Electric Bunch", issu de la BO de "Electric Dragon 80 000 V" par le groupe MACH-1.67, "Tunnel", de JK Flesh alias Justin Broadrick sur l'album "Rise Above", et on termine en retrouvant les doomsters américains de Pallbearer pour le morceau "Worlds Apart"...!


Crippled Black Phoenix et Pallbearer, c'est juste excellent, du très bon son comme je l'aime.
Par contre, le morceau "Tunnel"...j'ai laissé tomber l'oreillette le temps qu'il soit terminé. Abrasif, c'est bien le mot... :mrgreen:

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Épisode 11 : Ash contre le Dragon Electrique et le Marchand de Sable

Où l'on cause enfin du "Sandman" tome zéro, après maints et maints reports...
Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque un moyen-métrage du cinéaste punk et nippon Sogo Ishii, à savoir le frappadingue "Electric Dragon 80 000 V". Baston survoltée et grosses guitares au programme...

- Au rayon BD, on s'attaque (enfin) à une sortie incontournable de ces dernières semaines, le "Sandman : Ouverture" de la dream-team Neil Gaiman/J.H. Williams III.

- Pour les séries télé, on cause vite fait de la saison 2 de "Ash Vs Evil Dead", la déclinaison télévisuelle des aventures de Ash Williams, le tueur de deadites.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"We Are The Darkeners", extrait de "Bronze", dernier album en date de Crippled Black Phoenix, "Electric Bunch", issu de la BO de "Electric Dragon 80 000 V" par le groupe MACH-1.67, "Tunnel", de JK Flesh alias Justin Broadrick sur l'album "Rise Above", et on termine en retrouvant les doomsters américains de Pallbearer pour le morceau "Worlds Apart"...!


"Darkened heart
Enlightened mind
Whole world apart
Remain entwined..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Ektah a écrit:Hé bé. Merci pour l'accueil. (...) Enfin, je suis bien content de vous rejoindre maintenant, en tous cas.



Un plaisir partagé, encore une fois.

Ektah a écrit:Pas franchement une grosse charge de travail.



Tant mieux, tant mieux. :wink:

Ektah a écrit:Bon, de mon point de vue, ça reste un détail. Le cœur serait plutôt la ville de Twin Peaks elle-même.



Je pense de même. Une des réussites du livre, c'est d'enrichir la "mythologie" du lieu et des persos (notamment ceux qui sont plutôt à l'arrière-plan dans la série, comme les frères Milford par exemple) sans rien déflorer du mystère. Frost dit en interview que c'est le point qui l'intéressait à travers ce travail : distinguer le secret du mystère. En gros, le mystère nous enveloppe, enrichit ou "magifie" nos vies, et le secret est instrumentalisé par des forces occultes, potentiellement néfastes.
J'avais trouvé cette distinction sous la plume de Guy Astic déjà (qui a eu du nez pour le coup, même s'il évoque "le mystère et l'énigme" quant à lui), et ça me semble assez lumineux.

Ektah a écrit:D'ailleurs, la série est très didactique pour comprendre comment une collaboration peut (ou pas) fonctionner: on a le moment où Lynch est aux manettes ("Fire Walk With Me"), le moment où c'est Frost (fin de la deuxième saison et "The secret history"), le moment où les deux ont plus ou moins laissé tomber (le ventre mou au milieu de la seconde saison) et le moment où le "Third Mind" a pu opérer (première saison et début de la seconde).



Oui, j'adhère assez à ce découpage (avec la petite exception du tout dernier épisode, où Lynch reprend le dessus manifestement).

Ektah a écrit:Il ne reste plus qu'à espérer que cette nouvelle saison qui arrive corresponde au dernier cas.



La façon dont les auteurs expliquent leur collaboration (co-écriture de tous les épisodes comme s'il s'agissait d'un grand film de 15 ou 16 heures ; ils ont rédigé un seul script, mastoc du coup, pour toute la saison) le laisse penser en tout cas.

Ektah a écrit:Bon, sinon, j'apprécie beaucoup Burroughs et Gysin mais "The third mind" est un des textes que je n'ai pas lu. Enfin, je crois que je vois ce qu'ils veulent dire.



Je pense que tu as très bien saisi, la notion en elle-même est simple à concevoir (l'idée que deux esprits collaborant produisent un troisième terme, qui n'est ni l'un ni l'autre ni l'addition des deux, mais encore autre chose).
Le produit de leur collaboration, beaucoup moins : avec la trilogie Nova et les textes rassemblés dans le recueil "Le Métro Blanc", c'est ce que Burroughs a produit de plus ardu, à mon sens.
Mais l'idée reste magnifique et porteuse.

Ektah a écrit:Il est certain que ce n'est pas du tout la même approche que pour le reste de tes chroniques: on est dans un cas où il faut que je sois assis à mon bureau, avec une écoute attentive, de préférence au casque, à prendre des notes et à souvent faire pause pour faire des recherches complémentaires sur le web.



Ah oui, tu m'as vraiment l'air rigoureux et organisé, dis-moi. :wink:

Ektah a écrit:En fait, je ne suis plus totalement sûr de mes souvenirs mais je crois que le manga et la série animée se placent volontairement dans un contexte intemporel. Il y a effectivement l'habillement de Ginko mais il me semble également me rappeler d'une séquence où on voit deux lumières rouges dans la forêt. On les identifie d'abord comme des yeux animaux mais elles se révèlent être des fusils à visée laser. Et tout ça dans un contexte qui, comme tu disais, se rapproche de la campagne à l'ère Meiji. Donc, oui, ça fait bizarre de dire ça mais la série est effectivement plus audacieuse que le film d'Otomo.

(...)

Par contre, il y a une deuxième saison, nommée "Mushishi, Next Passage" inédite en Europe, semble-t-il, mais qu'on peut trouver avec des sous-titres anglais. Elle est sortie des années après la première. Je ne l'ai pas encore vue.



Je ne connaissais pas l'existence de cette deuxième saison, mais il faut vraiment que je regarde la première, déjà ; ce que tu dis là est vraiment alléchant, de mon point de vue.

Ektah a écrit:Je connais et apprécie la quasi-totalité des musiques diffusées dans Tumatxa.



C'est suffisamment rare pour être relevé. :wink:

Ektah a écrit:En tous cas, ton appréciation de ses films des 70's m'interpelle (d'autant que j'ai des dvds de "3 Women" et "McCabe & Mrs Miller" qui accumulent la poussière depuis des années). Je vais probablement m'envoyer tout ça dans les semaines qui viennent.



Je te conseille vraiment chaudement "3 Women", le meilleur Altman que j'ai vu et un des grands films sous-estimés des seventies à mon humble avis.

Ektah a écrit:Du même Richard Loncraine, j'ai entendu de bonnes choses de "Pierre qui brûle". Vous l'avez vu ?



Non plus, et je crois bien (faudrait que je vérifie) que "Le Cercle Infernal" est le seul film de Loncraine que j'ai vu...


Ektah a écrit:Pareil, "Satan, mon amour" est dans ma liste des films à voir depuis des années. En fait, le film a beau être américain, j'ai un peu tendance à le classer dans cette ligne de films britanniques à thématique satanique/paganiste de la même époque



Il y a de ça (même si je n'ai pas vu tous les films que tu évoques), mais dans un contexte plus urbain quand même, quand les autres films que tu cites sont plutôt "folk-horror" dans l'esprit, il me semble, et donc au moins en partie ruraux.

Ektah a écrit:Au passage, il n'est pas impossible que vous connaissiez déjà, mais toute la série des conférences de Thoret au Centre des arts d'Enghien est hautement recommandable.


Je pense avoir vu, à une ou deux exceptions près, toutes ses conférences dans ce cadre (ou au Forum des Images). Si je trouve Thoret inégal quand il écrit, je le trouve extrêmement convaincant à l'oral ; je déplore son départ de "Mauvais Genres", d'ailleurs.

Avatar de Ektah

Le Doc a écrit:
Ektah a écrit:Du même Richard Loncraine, j'ai entendu de bonnes choses de "Pierre qui brûle". Vous l'avez vu ?


Son film avec Sting ? Non...

J'ai juste vu Le Cercle Infernal, sa version de Richard III (pas vu depuis sa sortie, mais je me rappelle d'une transposition très intéressante dans une Angleterre "alternative" des années 30) et des films plus récents (et moins mémorables ceux-là) comme la comédie romantico-sportive La Plus belle victoire avec Kirsten Dunst et le thriller Firewall avec Harrison Ford.

Et pas de vouvoiement ici...tu es le bienvenu, on se tutoie, Nom de Zeus ! :wink:


Oh oui, je suis parti du principe que je tutoyais tout le monde. Mais le "vous" venait du fait que je m’adressais aussi bien à toi qu'à Photonik ou à tout le monde dans l'assemblée. C'est vrai que, vu que c'était dans le cadre d'une réponse à ton message, il y avait une ambiguïté (assez typique des discussions sur le net).

Ah oui, j'avais oublié qu'il avait aussi fait cette adaptation de Richard III. Pas beaucoup de souvenirs de celle-là, pour être honnête. Mais je l'avais aussi vu à sa sortie. Ça commence à dater.

Avatar de Le Doc

Ektah a écrit:Du même Richard Loncraine, j'ai entendu de bonnes choses de "Pierre qui brûle". Vous l'avez vu ?


Son film avec Sting ? Non...

J'ai juste vu Le Cercle Infernal, sa version de Richard III (pas vu depuis sa sortie, mais je me rappelle d'une transposition très intéressante dans une Angleterre "alternative" des années 30) et des films plus récents (et moins mémorables ceux-là) comme la comédie romantico-sportive La Plus belle victoire avec Kirsten Dunst et le thriller Firewall avec Harrison Ford.

Et pas de vouvoiement ici...tu es le bienvenu, on se tutoie, Nom de Zeus ! :wink:

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:Putain, Ektah, je peux pas te dire à quel point je suis ravi de te retrouver sur ce fil de discussion. Je suis un peu nul pour les mails et les réseaux sociaux.
Je me doutais bien que c'était par ce biais que tu te tenais au courant (vu que c'est le seul moyen, en fait :wink: ) mais je ne t'avais pas vraiment posé la question...
Vraiment heureux, en tout cas.


Hé bé. Merci pour l'accueil. Ça fait toujours plaisir de se savoir le bienvenu.

En fait, dans les premières semaines où je me suis mis à archiver Tumatxa, je n'étais pas au courant de l'existence de ce thread. Donc, je me contentais de passer 1 ou 2 fois par semaine sur le site de Xiberoko Botza pour vérifier s'il y avait un nouvel épisode. Et, concernant les tags des sujets abordés, je les inscrivais au fur et à mesure de mon écoute. C'était un peu lourd, pour être honnête. Donc, la découverte de ce forum a été une bonne surprise.

Et la seule raison pour laquelle je ne me suis pas manifesté plus tôt est également le fait que je suis assez peu porté sur le web social (malgré ma présence sur Facebook). Enfin, je suis bien content de vous rejoindre maintenant, en tous cas.

Photonik a écrit:Et je te renouvelle ici mes remerciements pour ça !! Je n'ai malheureusement pas eu la patience et la rigueur nécessaire pour le faire, et tu as pallié à ce manque.


Oh, il n'y a pas de problèmes. Vu que c'est mon travail (je suis archiviste également dans la vie, comme j'ai dû te le dire), ça me prend grand maximum 15 minutes par épisode, en plus de l'écoute que j'aurais de toute façon faite par plaisir. Pas franchement une grosse charge de travail.

Photonik a écrit:J'ai dû le deviner (ou tout du moins le suspecter fortement) à peu près à mi-parcours pour ma part, principalement du fait de la thématique dominante du bouquin, à l'importance inversement proportionnelle à sa place dans la série (très discrète) mais connectée à ce personnage en particulier.
Donc oui, je peux comprendre que tu le considères comme un écueil (surtout si tu l'as vu venir de si loin), mais pour ma part j'avoue que ça ne m'a pas gêné.


Bon, de mon point de vue, ça reste un détail. Ça ne m'a pas empêché d'apprécier cette lecture. De toute façon, comme tu disais, des personnages dans le casting de la série susceptibles de tenir le rôle de l'Archiviste, il n'y en a pas cinquante. Comme ça, j'en vois quatre grand max. Finalement, je pense que le principal mystère du livre ne se situe pas là. Le cœur serait plutôt la ville de Twin Peaks elle-même.

Photonik a écrit:Je mettrais un bémol à ta remarque sur le sérieux papal du livre ; il me semble à moi que se glissent ici ou là quelques éléments d'un humour pince-sans-rire auquel la série n'est pas étrangère, elle non plus (mais je n'ai évidemment pas, con de moi, d'exemples à te fournir sur le coup)...
Mais c'est peut-être moi qui y vois ces touches quand elles n'y sont peut-être pas.


Non non. C'est juste que, lorsque j'ai écrit ces lignes, j'en était encore aux histoires entre Chief Joseph et l'expédition Lewis and Clarke, le sujet se prêtant assez peu à la gaudriole. J'ai bien vu que, par la suite, lorsqu'on rejoint les personnages emblématiques de la série, l'humour qui les caractérise revient aussi. Je n'en suis pas encore là mais j'ai cru remarquer, en feuilletant le livre, une ballade romantique écrite par Hawk à propos de Big Ed, Norma et Nadine. Je vois mal comment un tel texte pourrait être traité sérieusement.

Photonik a écrit:Ah merci pour ça aussi, je vais me jeter là-dessus.
Je considère moi aussi que "Twin Peaks" est une entité bicéphale à part entière, il ne faut évidemment surtout pas minimiser les apports de Frost ici. On pourrait même presque dire, en reprenant le concept du "Third Mind" cher à William Burroughs et Brion Gysin, que la série est en fait le fruit d'un troisième esprit, produit de la collaboration entre Lynch et Frost.
D'ailleurs, quand l'un ou l'autre manque à l'appel (Lynch n'a même pas lu "L'Histoire secrète de Twin Peaks" et Frost n'a pas souhaité travailler sur "Fire Walk With Me", le film-prologue), "Twin Peaks" change sensiblement de saveur, même si le résultat est toujours passionnant.


Effectivement, la relation entre Frost et Lynch (et ABC en arrière-plan) a parfois été fusionnelle, parfois opposée, et constitue une belle illustration du "Third Mind".
D'ailleurs, la série est très didactique pour comprendre comment une collaboration peut (ou pas) fonctionner: on a le moment où Lynch est aux manettes ("Fire Walk With Me"), le moment où c'est Frost (fin de la deuxième saison et "The secret history"), le moment où les deux ont plus ou moins laissé tomber (le ventre mou au milieu de la seconde saison) et le moment où le "Third Mind" a pu opérer (première saison et début de la seconde). Il ne reste plus qu'à espérer que cette nouvelle saison qui arrive corresponde au dernier cas.

Bon, sinon, j'apprécie beaucoup Burroughs et Gysin mais "The third mind" est un des textes que je n'ai pas lu. Enfin, je crois que je vois ce qu'ils veulent dire.

Photonik a écrit:Tu peux pas savoir à quel point ton retour sur ce point me fait plaisir ; je remarque, et je le comprends car l'exercice est ardu pour l'auditeur, que les chroniques portant sur la philo (le plus souvent signées par mon camarade Thomas, fraîchement agrégé de philo le bougre) sont assez "difficiles" à digérer et donc à apprécier. Si de ton côté tu as pu y trouver ton compte à toi, j'en suis vraiment ravi.


Il est certain que ce n'est pas du tout la même approche que pour le reste de tes chroniques: on est dans un cas où il faut que je sois assis à mon bureau, avec une écoute attentive, de préférence au casque, à prendre des notes et à souvent faire pause pour faire des recherches complémentaires sur le web. En fait, c'est le genre d'études qu'il faut faire pour tout document de nature scientifique (que ce soit de sciences humaines, sociales ou abstraites). Une simple écoute, en général, ne suffit pas (pour moi, en tous cas). Après, avoir envie de se taper tout ce processus ou pas, c'est personnel...

Photonik a écrit:Oui, j'ai lu des retours vraiment élogieux sur la série animée (qui ne comprend qu'une seule saison, faudrait que je me laisse tenter).
C'est une œuvre qui a l'air vraiment singulière, plus que le film d'Otomo il me semble. Par exemple, le perso principal y est vêtu de manière contemporaine "à l'occidentale", quand le récit se déroule il y a plus d'un siècle au Japon. Il paraît que l'auteur a tout simplement décidé de conserver le design original du perso, lorsqu'il pensait que le récit serait ancré dans l'époque contemporaine. J'aime beaucoup ce genre de petites audaces bizarres.


En fait, je ne suis plus totalement sûr de mes souvenirs mais je crois que le manga et la série animée se placent volontairement dans un contexte intemporel. Il y a effectivement l'habillement de Ginko mais il me semble également me rappeler d'une séquence où on voit deux lumières rouges dans la forêt. On les identifie d'abord comme des yeux animaux mais elles se révèlent être des fusils à visée laser. Et tout ça dans un contexte qui, comme tu disais, se rapproche de la campagne à l'ère Meiji. Donc, oui, ça fait bizarre de dire ça mais la série est effectivement plus audacieuse que le film d'Otomo. Par contre, ce dernier est sans doute un peu plus maîtrisé. La lenteur de la série est quelque chose qui est annoncé d'entrée de jeu et participe à l'onirisme de l’œuvre mais il y a quelques épisodes où l'ambiance finit par en souffrir, à mon avis. Enfin, c'est très subjectif comme impression.

Par contre, il y a une deuxième saison, nommée "Mushishi, Next Passage" inédite en Europe, semble-t-il, mais qu'on peut trouver avec des sous-titres anglais. Elle est sortie des années après la première. Je ne l'ai pas encore vue.

Photonik a écrit:Décidément, on est sur la même longueur d'ondes. :wink:


Oh, ce n'est qu'un début. Il me semble que nous avons à peu près le même âge et nous devons avoir un trajet musical assez similaire. Je connais et apprécie la quasi-totalité des musiques diffusées dans Tumatxa. Même lorsque tu te lâches avec des trucs noisy comme Naked City ou Prurient (pour prendre deux exemples au hasard), ce sont déjà des choses avec lesquelles je suis familier et que je peux apprécier (à petites doses...).

Pour ce qui est des Jesus Lizard, je reste un inconditionnel de l'album "Goat", et un peu moins du reste. Mais cette chanson en particulier reste très accrocheuse. Et, comme disait Thomas, c'est probablement le sommet de ce disque que je trouve, sinon, plutôt oubliable.

Concernant Meshuggah, on dira juste que je suis suffisamment fan pour considérer que même un disque secondaire (et assez redondant, c'est vrai) reste à des années-lumières de la production discographique habituelle.

Photonik a écrit:Encore merci pour ton travail, tu es l'authentiques Archiviste pour le coup. :wink:


Ben oui, c'est quasiment mon sacerdoce. Je suis juste content de le faire pour une création que j'apprécie. :wink:

Le Doc a écrit:Je n'ai pas vu beaucoup de films de Robert Altman. J'ai vu M.A.S.H., j'ai vu Popeye (chroniqué dans les colonnes du ciné-club), j'ai vu The Player (son film choral sur le monde du cinéma, intéressant mais inégal) et un ou deux autres plus oubliables (comme Dr T. et les femmes).
Ton évocation de ses premières œuvres flirtant avec le fantastique m'a intrigué...


Pareil. Sur Altman, je dois bien avouer ma méconnaissance. J'avais vu et apprécié "Short Cuts" à sa sortie mais c'est trop lointain. Je ne m'en souviens presque plus. Plus récemment, j'ai beaucoup aimé "The Last Show" et "MASH" mais tout le reste m'est parfaitement inconnu. En tous cas, ton appréciation de ses films des 70's m'interpelle (d'autant que j'ai des dvds de "3 Women" et "McCabe & Mrs Miller" qui accumulent la poussière depuis des années). Je vais probablement m'envoyer tout ça dans les semaines qui viennent.

Le Doc a écrit:Oui, j'aime beaucoup Le Cercle Infernal de Richard Loncraine (d'après le roman Julia de Peter Straub)...très beau film, très marquant (j'ai encore des scènes en mémoire, comme celle de la mort à l'origine du trauma du personnage joué par Mia Farrow, alors que ma dernière vision du film remonte à une dizaine d'années).


Du même Richard Loncraine, j'ai entendu de bonnes choses de "Pierre qui brûle". Vous l'avez vu ?

Le Doc a écrit:Par contre, je connais Satan, mon amour mais je ne l'ai pas encore vu...


Pareil, "Satan, mon amour" est dans ma liste des films à voir depuis des années. En fait, le film a beau être américain, j'ai un peu tendance à le classer dans cette ligne de films britanniques à thématique satanique/paganiste de la même époque, à la manière de "The Devil Rides Out", "Une fille pour le diable" (En considérant que la fille en question est interprétée par Nastassja Kinski, ce titre a une certaine résonance) ou "Requiem for a Village", dans un style qui est en train de faire de retour en ce moment, il me semble, avec des films comme "The witch", "Kill List" et consorts. Après, n'ayant pas vu le film, peut-être que je me fais une idée fausse de son ton.

calvinball a écrit:
Photonik a écrit:Aussitôt dit, aussitôt fait !!
(c'est pas un lien Youtube mais Dailymotion)

http://www.dailymotion.com/video/xaxwl7 ... shortfilms


miam !

merci ;)


Au passage, il n'est pas impossible que vous connaissiez déjà, mais toute la série des conférences de Thoret au Centre des arts d'Enghien est hautement recommandable. C'est un soulagement qu'il n'ait pas été tué le jour du massacre à Charlie Hebdo.

https://www.youtube.com/user/Cine70s/videos

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Photonik a écrit:Il faudrait que je remette la main sur une vidéo de Jean-Baptiste Thoret, qui traîne sur Youtube, où il expose de manière très abordable et didactique les thèses de Deleuze sur le cinéma, en liant ça via de nombreux exemples à l'histoire du cinéma, justement.

Et bien si tu retrouves ça je serai curieux de mettre une oreille dessus !
J'ai quelques émissions de retard aussi mais j'ai écouté cette dernière avec bonheur. Notamment la partie de Thomas qui, malgré sa densité, était tout a fait intéressante. J'ai toujours un peu de mal à franchir le pas dans les textes d'analyses, un peu comme le Doc je préfère les histoires sur les films. Ceci-dit, mis en lumière de cette manière et placé dans le contexte de l'histoire de la philosophie et de celle du cinéma c'est très intéressant ! Et assez fascinant aussi de savoir que Bergson s'est penché sur la question quelques années à peine après la naissance du cinéma, pour en avoir élaborer des réflexions qui trouvent encore écho aujourd'hui !
Bon je pense qu'une seconde écoute sera pas de trop pour digérer tout ça...

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Tori a écrit:Plus anciennement, il y a eu adaptation de James Bond en comics, au Royaume-Uni (logique, en même temps)

Tori.


Effectivement ça semble assez logique ; je n'en avais jamais entendu parler de mon côté, merci pour cette précision, comme d'hab'.

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Marko a écrit:Dans la vaste filmo d'Altman, celui qui a ma préférence doit sans doute être "The Long Goodbye", une des meilleures adaptations de Chandler, et que l'on peut aisément considérer comme le précurseur de films tels que "The Big Lebowski" et "Inherent Vice".


J'ai justement prévu de le voir (car je ne le connais pas pour l'instant) ces jours-ci ; il faudra bien que je fasse un sort similaire de "John McCabe", un des ces quatre...

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J'ai trois (ou quatre ?) émissions de retard, mais j'ai lu un article récemment qui m'a remémoré un bout de sujet abordé ici...

Photonik a écrit:
n.nemo a écrit: j'ai cru t entendre dire qu'il n'y avait pas eu de comics james bond avant la série actuelle. Si c'est bien ce que tu as dit, ce qui m'étonnerait quand même, j'ai souvenir d'une très bonne mini que je conseille, chez dark horse je crois bien (qui d'autre ?), façon film et pas livre, avec un gulacy au top, .



J'ai peut-être bien dit ça mais je crois avoir rectifié de suite en précisant que je ne connaissais aucun antécédent. Car à la réflexion, il est hautement improbable, même si on est mal rencardé comme moi sur le coup, qu'il n'y ait pas eu de comics James Bond avant ce titre chez Dynamite...
Je le note pour le titre Dark Horse, même si je connais pas bien Gulacy.


Plus anciennement, il y a eu adaptation de James Bond en comics, au Royaume-Uni (logique, en même temps) :
Il s'agissait d'adaptation des romans de Fleming en strips dans le Daily Express.
D'abord dessinés par John McLusky (avec différents auteurs au scénario, mais principalement Henrry Gammidge) dès 1958.
À partir de 1966, la relève fut assurée par Jim Lawrence au scénario et Larry Horak au dessin.
Image

Tori.

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Photonik a écrit:Je pense que tu connais et apprécie certains fleurons américains du fantastique "intimiste" des années 70, à la fibre féministe pour le dire très vite (comme "Le Cercle Infernal" par exemple, ou "Satan, mon amour" pour prendre un exemple moins connu)


Oui, j'aime beaucoup Le Cercle Infernal de Richard Loncraine (d'après le roman Julia de Peter Straub)...très beau film, très marquant (j'ai encore des scènes en mémoire, comme celle de la mort à l'origine du trauma du personnage joué par Mia Farrow, alors que ma dernière vision du film remonte à une dizaine d'années).

Par contre, je connais Satan, mon amour mais je ne l'ai pas encore vu...

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Dans la vaste filmo d'Altman, celui qui a ma préférence doit sans doute être "The Long Goodbye", une des meilleures adaptations de Chandler, et que l'on peut aisément considérer comme le précurseur de films tels que "The Big Lebowski" et "Inherent Vice".
Et il y a aussi son fameux western :

Player Sanctuary

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Comme d'habitude, merci pour ton assiduité sans failles...

Le Doc a écrit:Je n'ai pas vu beaucoup de films de Robert Altman.
Ton évocation de ses premières oeuvres flirtant avec le fantastique m'a intrigué...


Je pense que tu connais et apprécie certains fleurons américains du fantastique "intimiste" des années 70, à la fibre féministe pour le dire très vite (comme "Le Cercle Infernal" par exemple, ou "Satan, mon amour" pour prendre un exemple moins connu) ; la trilogie informelle de Robert Altman que je signale avec "That Cold Day In The Park", "Images" et "Three Wowen" devrait être en mesure de t'intéresser par ses thématiques, même si elle ne fait que flirter, très intelligemment, avec le fantastique.

Le Doc a écrit:Disons que je suis toujours plus passionné par l'Histoire des films que par cette façon d'appréhender et d'analyser le cinéma...


Il faudrait que je remette la main sur une vidéo de Jean-Baptiste Thoret, qui traîne sur Youtube, où il expose de manière très abordable et didactique les thèses de Deleuze sur le cinéma, en liant ça via de nombreux exemples à l'histoire du cinéma, justement.

Le Doc a écrit:Pas mal du tout, The Jesus Lizard.


Oui, c'est très chouette. Je connais mal pour ma part, mais je suis par contre très fan de Tomahawk, l'autre groupe du guitariste Duane Denison (avec l'hyperactif Mike Patton au chant).

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, j'évoque un titre peu connu de la filmo du prolifique et versatile Robert Altman, avec "Images" (1972), deuxième volet d'une trilogie informelle passionnante et étrange cachée au coeur de son oeuvre.


Je n'ai pas vu beaucoup de films de Robert Altman. J'ai vu M.A.S.H., j'ai vu Popeye (chroniqué dans les colonnes du ciné-club), j'ai vu The Player (son film choral sur le monde du cinéma, intéressant mais inégal) et un ou deux autres plus oubliables (comme Dr T. et les femmes).
Ton évocation de ses premières oeuvres flirtant avec le fantastique m'a intrigué...

Tu peux pas savoir à quel point ton retour sur ce point me fait plaisir ; je remarque, et je le comprends car l'exercice est ardu pour l'auditeur, que les chroniques portant sur la philo (le plus souvent signées par mon camarade Thomas, fraîchement agrégé de philo le bougre) sont assez "difficiles" à digérer et donc à apprécier.


Je l'avoue, je suis allé jusqu'au bout mais j'ai du l'écouter en deux fois...et j'ai vite été perdu. Disons que je suis toujours plus passionné par l'Histoire des films que par cette façon d'appréhender et d'analyser le cinéma...

"Nostrum", extrait de "The Violent Sleep of Reason", dernier album en date des suédois tarés de Meshuggah, "Good Riddance", issu de l'album "Shot" des noise-rockers de The Jesus Lizard, "Freeze", de LFO sur leur album "Frequencies", et on termine en retrouvant pour la deuxième semaine d'affilée Type O Negative, qui reprend à sa manière inimitable l'hymne de Black Sabbath "Paranoid"...!


Pas mal du tout, The Jesus Lizard. Je ne connaissais pas et j'ai trouvé le morceau très réussi, très prenant. Pour Type O Negative, tu connais déjà mon avis, c'est une super reprise.

Les deux autres titres...ne sont pas pour moi... :wink:

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Ektah a écrit:Salut, tout le monde. Je sors un peu de l'ombre pour faire coucou.


Putain, Ektah, je peux pas te dire à quel point je suis ravi de te retrouver sur ce fil de discussion. Je suis un peu nul pour les mails et les réseaux sociaux.
Je me doutais bien que c'était par ce biais que tu te tenais au courant (vu que c'est le seul moyen, en fait :wink: ) mais je ne t'avais pas vraiment posé la question...
Vraiment heureux, en tout cas.

Ektah a écrit:Et, du coup, me rendant compte qu'il n'y avais pas de service d'archives, j'avais commencé à les sauvegarder puis à les mettre en ligne, avec la permission de Photonik.


Et je te renouvelle ici mes remerciements pour ça !! Je n'ai malheureusement pas eu la patience et la rigueur nécessaire pour le faire, et tu as pallié à ce manque.

Ektah a écrit:Donc, si jamais quelqu'un cherche les vieux épisodes (enfin, ceux que j'ai sauvegardé depuis ma découverte de ces chroniques... il y en a un paquet qui sont perdus avant ça, j'en ai peur), ils sont là:
https://drive.google.com/drive/folders/0BzIvDJWF_DWaNUxPNHFoZTZJN0k


J'avais mis un lien vers tes archives en page 51, mais il ne me semble pas inutile de le faire remonter...
Je ferai remonter régulièrement le lien dorénavant, tiens.

Ektah a écrit:La comparaison que tu fais avec "House of Leaves" est tout à fait pertinente mais le livre m'a plus encore fait penser à "The Wild Palms Reader", qui a une approche assez similaire à celle de Frost mais concernant "Wild Palms", soit une compilation d'articles de provenances variées destinée à préciser le monde présenté dans la série et, surtout, son histoire.


Très intéressant, ça.
Comme tu le sais, j'ai abordé le cas de "Wild Palms" (la série) il y a quelques mois ; en me renseignant, j'ai eu vent de ce livre et l'approche choisie que tu résumes ici m'avait interpellé. Ce que tu en dis là renouvelle en tout cas mon intérêt pour cet ouvrage, ça m'a l'air très original et alléchant, tout ça, sans même prendre en compte le casting convoqué, impressionnant.



Ektah a écrit:Pour en revenir à Mark Frost, un mini-reproche que je pourrais faire à son "Histoire secrète" est le fait que j'avais deviné quasiment tout de suite qui était l'archiviste: ce personnage a des maniérismes très reconnaissables dans sa façon de s'exprimer. Et j'ai vérifié en allant à la fin du livre: je ne m'étais pas trompé. Je pense que les fans hardcore de "Twin Peaks" n'auront aucune difficulté pour percer ce mystère-là. Ceci étant dit, le projet central du livre, soit la volonté d'enrichir le monde fonctionne bien et rend la lecture très addictive. Pour l'instant, j'apprécie bien.


J'ai dû le deviner (ou tout du moins le suspecter fortement) à peu près à mi-parcours pour ma part, principalement du fait de la thématique dominante du bouquin, à l'importance inversement proportionnelle à sa place dans la série (très discrète) mais connectée à ce personnage en particulier.
Donc oui, je peux comprendre que tu le considères comme un écueil (surtout si tu l'as vu venir de si loin), mais pour ma part j'avoue que ça ne m'a pas gêné.

Je mettrais un bémol à ta remarque sur le sérieux papal du livre ; il me semble à moi que se glissent ici ou là quelques éléments d'un humour pince-sans-rire auquel la série n'est pas étrangère, elle non plus (mais je n'ai évidemment pas, con de moi, d'exemples à te fournir sur le coup)...
Mais c'est peut-être moi qui y vois ces touches quand elles n'y sont peut-être pas. Le livre demeure en tout cas, comme tu le dis, très addictif une fois entamé.

Ektah a écrit:Et, en complément à tout cela, un pote m'a envoyé les liens de cette série d'analyses vidéos de la série:
http://welcometotwinpeaks.com/video/journey-through-twin-peaks-essay/


Ah merci pour ça aussi, je vais me jeter là-dessus.
Je considère moi aussi que "Twin Peaks" est une entité bicéphale à part entière, il ne faut évidemment surtout pas minimiser les apports de Frost ici. On pourrait même presque dire, en reprenant le concept du "Third Mind" cher à William Burroughs et Brion Gysin, que la série est en fait le fruit d'un troisième esprit, produit de la collaboration entre Lynch et Frost.
D'ailleurs, quand l'un ou l'autre manque à l'appel (Lynch n'a même pas lu "L'Histoire secrète de Twin Peaks" et Frost n'a pas souhaité travailler sur "Fire Walk With Me", le film-prologue), "Twin Peaks" change sensiblement de saveur, même si le résultat est toujours passionnant.

Ektah a écrit:Merci pour ça. J'ai toujours eu les plus grandes difficultés à appréhender Deleuze. Je pense que votre discussion, et notamment la rétrospective au début, va probablement beaucoup m'aider. Notamment la place centrale que vous donnez à "Mille Plateaux" est sans doute un bon indice.


Tu peux pas savoir à quel point ton retour sur ce point me fait plaisir ; je remarque, et je le comprends car l'exercice est ardu pour l'auditeur, que les chroniques portant sur la philo (le plus souvent signées par mon camarade Thomas, fraîchement agrégé de philo le bougre) sont assez "difficiles" à digérer et donc à apprécier. Si de ton côté tu as pu y trouver ton compte à toi, j'en suis vraiment ravi.


Ektah a écrit:J'ai bien aimé sa version de "Mushishi" mais, pour moi, la version définitive serait plutôt la série animée. J'ai aussi lu les mangas qui, étonnamment, malgré leur grande similitude d'avec les dessins animés, fonctionnent beaucoup moins bien.


Oui, j'ai lu des retours vraiment élogieux sur la série animée (qui ne comprend qu'une seule saison, faudrait que je me laisse tenter).
C'est une oeuvre qui a l'air vraiment singulière, plus que le film d'Otomo il me semble. Par exemple, le perso principal y est vêtu de manière contemporaine "à l'occidentale", quand le récit se déroule il y a plus d'un siècle au Japon. Il paraît que l'auteur a tout simplement décidé de conserver le design original du perso, lorsqu'il pensait que le récit serait ancré dans l'époque contemporaine. J'aime beaucoup ce genre de petites audaces bizarres.

Ektah a écrit:Et, musicalement, ça fait plaisir de réentendre parler de Type O Negative.


Décidément, on est sur la même longueur d'ondes. :wink:

Encore merci pour ton travail, tu es l'authentiques Archiviste pour le coup. :wink:
Au plaisir de te retrouver ici pour des échanges que j'imagine déjà très fructueux. Tu verras que l'on croise ici des gens de bien.

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Merci, Jack!. Au plaisir de causer de tout ça avec vous !

Avatar de Jack!

Mazette ! Bienvenida Ektah !

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Salut, tout le monde. Je sors un peu de l'ombre pour faire coucou. J'utilise ce fil de discussion depuis quelques années pour me tenir au courant de la sortie des nouveaux épisodes de Tumatxa car c'est moi qui m'occupe de la mise en ligne des archives de l'émission. A la base, j'en avais entendu parler par Pacôme Thiellement lors de la critique de son livre "Pop Yoga". Et, du coup, me rendant compte qu'il n'y avais pas de service d'archives, j'avais commencé à les sauvegarder puis à les mettre en ligne, avec la permission de Photonik.

Donc, si jamais quelqu'un cherche les vieux épisodes (enfin, ceux que j'ai sauvegardé depuis ma découverte de ces chroniques... il y en a un paquet qui sont perdus avant ça, j'en ai peur), ils sont là:
https://drive.google.com/drive/folders/0BzIvDJWF_DWaNUxPNHFoZTZJN0k

Photonik a écrit:Au rayon littérature, on évoque "L'Histoire secrète de Twin Peaks", signé par l'un des co-auteurs de la série, Mark Frost, qui nous propose ici un apéritif idéal avant la diffusion de la très attendue saison 3 de la meilleure série de tous les temps (avec deux ou trois autres...).


Je vais en profiter pour faire le lien entre deux de tes chroniques. La comparaison que tu fais avec "House of Leaves" est tout à fait pertinente mais le livre m'a plus encore fait penser à "The Wild Palms Reader", qui a une approche assez similaire à celle de Frost mais concernant "Wild Palms", soit une compilation d'articles de provenances variées destinée à préciser le monde présenté dans la série et, surtout, son histoire. La différence, par contre, réside dans le fait que chaque article est écrit par un auteur différent et pas par n'importe qui: Lemmy, Laibach, Genesis P. Orridge, Norman Spinrad (que tu évoquais aussi, il y a quelques semaines), William Gibson bien sûr, et bien d'autres, le tout sous la direction de Bruce Wagner.

Une autre différence est le ton employé: le livre de Twin Peaks est désespérément sérieux (enfin, pour ce que j'en ai vu pour l'instant: j'en ai lu une cinquantaine de pages), alors que celui de Wild Palms a un coté un peu plus sarcastique qui m'amuse beaucoup. J'ai beaucoup ri, par exemple, devant la page présentant les programmes tv fictionnels de ce monde. Ils s'amusent même à casser le quatrième mur de bien étrange manière: par exemple, il semblerait que le personnage fictif Tony Kreutzer ait eu une affaire avec Kim Cattrall, c'est à dire l'actrice réelle qui, dans la série, interprète Paige Katz, qui est également la maîtresse de Kreutzer. C'est ce genre de jeux qui me fait adorer ce bouquin. Aussi, il y a les paroles d'une chanson fictionnelle de Motörhead écrites par Lemmy.

Si vous avez l'occasion de mettre la main dessus, que vous lisez l'anglais et que vous appréciez "Wild Palms" (par contre, c'est important de se souvenir de la série pour apprécier le livre), je pense que vous devriez jeter un coup d’œil dessus. En fait, plus le temps passe, plus je préfère le livre à l’œuvre dont il est issu.

Pour en revenir à Mark Frost, un mini-reproche que je pourrais faire à son "Histoire secrète" est le fait que j'avais deviné quasiment tout de suite qui était l'archiviste: ce personnage a des maniérismes très reconnaissables dans sa façon de s'exprimer. Et j'ai vérifié en allant à la fin du livre: je ne m'étais pas trompé. Je pense que les fans hardcore de "Twin Peaks" n'auront aucune difficulté pour percer ce mystère-là. Ceci étant dit, le projet central du livre, soit la volonté d'enrichir le monde fonctionne bien et rend la lecture très addictive. Pour l'instant, j'apprécie bien.

Et, en complément à tout cela, un pote m'a envoyé les liens de cette série d'analyses vidéos de la série:
http://welcometotwinpeaks.com/video/journey-through-twin-peaks-essay/
Il y a une bonne dose de subjectivité dans ce qu'il raconte, notamment dans les liens qu'il tisse avec d'autres films et dans les préoccupations spirituelles des deux créateurs de la série, mais certaines idées font parfaitement sens. Je n'avais pas fait le rapprochement avec la théosophie jusqu'ici mais il me semble maintenant indéniable, cela étant encore confirmé par le livre de Frost. Et le fait que la série est une entité bicéphale me semble vrai aussi (ce qu'on a tendance à oublier à cause de la célébrité de Lynch).
Donc, on peut penser ce qu'on veut de ces analyses mais elles restent intéressantes, à mon avis.

Photonik a écrit:- Au rayon littérature/philo (et aussi ciné, pour le coup), Thomas s'attaque à un gros morceau, incontournable dans le cadre des études cinématographiques de ces trente dernières années, avec le "Cinéma 1 : l'image-mouvement" de Gilles Deleuze.


Merci pour ça. J'ai toujours eu les plus grandes difficultés à appréhender Deleuze. Je pense que votre discussion, et notamment la rétrospective au début, va probablement beaucoup m'aider. Notamment la place centrale que vous donnez à "Mille Plateaux" est sans doute un bon indice.

Photonik a écrit:- Pour le cinéma, c'est double portion de frites, avec non pas un mais deux films, "World Apartment Horror" et "Mushishi", signés par le génie de la BD et de l'animation nipponnes, le grand Katsuhiro Otomo, qui réalise là ses deux seuls films "live".


J'ai bien aimé sa version de "Mushishi" mais, pour moi, la version définitive serait plutôt la série animée. J'ai aussi lu les mangas qui, étonnamment, malgré leur grande similitude d'avec les dessins animés, fonctionnent beaucoup moins bien.

Et, musicalement, ça fait plaisir de réentendre parler de Type O Negative.

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Aaaah, "Wolf Moon" : autre grand moment de leur répertoire, comme l'ensemble de leur album "October Rust" d'ailleurs...

Au sujet des reprises, il faut signaler que le groupe a toujours excellé dans cet exercice, signant des "covers" à la fois identifiables mais totalement réappropriées aussi.
A ce titre j'adore leur "Summer Breeze" emprunté au groupe de soft-rock Seals and Crofts (la version de Type O servait de générique au premier "Souviens-toi l'été dernier", un néo-slasher post-"Scream"), et l'excellent "Cinnamon Girl" initialement signé par Neil Young. Ils ont même inclus dans leur cinquième album "World Coming Down" un medley des Beatles, un des groupes favoris de leur leader Peter Steele.

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Photonik a écrit:Je bouillonne littéralement d'impatience ; j'ai d'ailleurs entamé un revisionnage des deux premières saisons, pour la peine, comme je dois le signaler durant l'émission.
Faut que tu regardes ça, Doc !!!


Peut-être...Lynch n'est plus un réalisateur vers lequel je me tourne facilement...je verrais si je me laisse tenter si la série est dispo par mes moyens habituels à l'approche de la saison 3...

Photonik a écrit:Tu connais l'original par Type O Negative ? Cool.


Un pote m'avait fait découvrir le groupe dans les années 90. Et c'est cool que tu proposes leur reprise de Paranoid cette semaine. Tu m'as donné aussi envie de réécouter Black Number One et d'autres titres comme Wolf Moon et c'est ce que j'ai dans les oreilles en ce moment en écrivant...

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Épisode 10 : Les Images en mouvement

Emission un peu particulière cette semaine puisque je retrouve mon compère Thomas pour une émission en tandem comme on en faisai plus depuis quelques temps..!
Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, j'évoque un titre peu connu de la filmo du prolifique et versatile Robert Altman, avec "Images" (1972), deuxième volet d'une trilogie informelle passionnante et étrange cachée au coeur de son oeuvre.

- Au rayon littérature/philo (et aussi ciné, pour le coup), Thomas s'attaque à un gros morceau, incontournable dans le cadre des études cinématographiques de ces trente dernières années, avec le "Cinéma 1 : l'image-mouvement" de Gilles Deleuze.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Nostrum", extrait de "The Violent Sleep of Reason", dernier album en date des suédois tarés de Meshuggah, "Good Riddance", issu de l'album "Shot" des noise-rockers de The Jesus Lizard, "Freeze", de LFO sur leur album "Frequencies", et on termine en retrouvant pour la deuxième semaine d'affilée Type O Negative, qui reprend à sa manière inimitable l'hymne de Black Sabbath "Paranoid"...!


"All day long I think of things but nothing seems to satisfy
Think I'll lose my mind if I don't find something to pacify
Can you help me, occupy my brain..?"


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Le Doc a écrit:Encore une émission très intéressante, très instructive.


Merci beaucoup, ça fait plaisir !! :wink:

Le Doc a écrit:disons que je suis plus Elephant Man, Sailor et Lula et Une Histoire Vraie que Mulholland Drive, Lost Highway et Inland Empire...je trouve une part de sa filmo très intéressante...et l'autre partie m'a complètement perdu).


La scission dans sa filmo que tu évoques là est flagrante, ouais. Perso, j'aime autant l'une comme l'autre de ces périodes, mais pour des raisons différentes. Peut-être au final que je suis quand même un peu plus intéressé par le Lynch le plus obscur (dernière période, donc)...

Le Doc a écrit:Au fait, l'info est tombée (voir aussi le sujet sur la série) : la diffusion de la saison 3 de Twin Peaks débutera le 21 mai.


Je bouillonne littéralement d'impatience ; j'ai d'ailleurs entamé un revisionnage des deux premières saisons, pour la peine, comme je dois le signaler durant l'émission.
Faut que tu regardes ça, Doc !!!

Le Doc a écrit:Pour la playlist, ma préférence va à Pallbearer (excellente reprise...je ne connaissais que l'original)


Tu connais l'original par Type O Negative ? Cool. C'est un groupe dont je suis très fan et que je trouve complètement sous-estimé. J'en réécoute pas mal en ce moment (surtout leur "Bloody Kisses", avec "Black Number One", morceau génial).

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Encore une émission très intéressante, très instructive. En effet, comme j'ai déjà du le signaler quelque part, je ne connais pas vraiment le cinoche de Tsukamoto (j'ai juste vu le premier Tetsuo il y a bien longtemps) et je n'ai jamais regardé Twin Peaks. Je ne suis pas non plus un fan absolu de David Lynch (mais je ne déteste pas, hein...disons que je suis plus Elephant Man, Sailor et Lula et Une Histoire Vraie que Mulholland Drive, Lost Highway et Inland Empire...je trouve une part de sa filmo très intéressante...et l'autre partie m'a complètement perdu).
Au fait, l'info est tombée (voir aussi le sujet sur la série) : la diffusion de la saison 3 de Twin Peaks débutera le 21 mai.

Pour la playlist, ma préférence va à Pallbearer (excellente reprise...je ne connaissais que l'original) et à Anciients (super son, un titre très accrocheur...même si le chanteur beugle parfois un peu trop pour mon goût :wink: )...

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Merci pour ton appréciation, Benoît !!

Pour ta question en mode spoiler, la réponse est non (j'avoue que c'était ma première idée aussi). Si tu ne penses pas lire le livre, je te mets la réponse sur le même mode :

l'Archiviste n'est autre que le Major Briggs, le père de Bobby le bad boy ; pas incohérent quand on sait que le livre tourne beaucoup autour de l'ufologie, et que c'est ce perso qui en fait l'expérience concrète la plus directe dans la série. A la fin du livre de Frost, on apprend que c'est Douglas Milford, le perso fil rouge du bouquin (perso très mineur dans la série, donc), qui l'a formé à prendre sa relève en tant que "gardien" de Twin Peaks.
Autre élément important du livre, qui est d'ailleurs le seul qui se passe APRES la fin de la saison 2 : on apprend en conclusion que Briggs a reçu la visite du Dale Cooper possédé par Bob, et on perd sa trace après ça...

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Je pose la question parce que je ne lirai sans doute pas le livre de Mark Frost:

l'archiviste, ce ne serait pas la femme à la bûche?

Chouette évocation des films, ça m'a remis des éléments de Fires on the plain en mémoire avant d'attaquer la version de Kon Ichikawa.