TUMATXA : ÉPISODE 12 - IT'S ALL GONE WEIRD... !!

"The Horror, the Horror..." ; un menu intégralement consacré à l'horreur sous toutes ses formes, ça vous met en appétit ?

Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque le premier film en prises de vue réelles de l'excellent Yeon Sang-Ho, "Dernier Train pour Busan", sorte de blockbuster avec des zombies...

- Au rayon BD, je suis très heureux d'aborder le cas du regretté Steve Gerber, scénariste phare des années 70 chez Marvel ; on cause de son travail posthume "The Infernal Man-Thing" (avec Kevin Nowlan), coda à son travail sur le titre dans les seventies.

- Pour la littérature, c'est du lourd, vu qu'on aborde le travail de Thomas Ligotti, maître méconnu mais incontournable de la littérature horrifique, via le recueil (le seul paru en français) "Chants du Cauchemar et de la Nuit". Tremblez, carcasses.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Bite The Bolster", extrait de "Hole In The Heart" de Ramleh, "It's All Gone Weird", issu de l'album "Carheart" par le groupe Virus, "Sentients" des anglais de Fuck Buttons sur l'album "Slow Focus", et on termine cette exploration horrifique par le titre séminal du genre en matière de rock, à savoir le "Black Sabbeth" de Gonga et Beth Gibbons au chant, reprise de qui vous savez...!

"Whatever knows fear...
...burns at the Man-Thing's touch !!!"

Tumatxa est l'émission de radio qu'anime le chroniqueur Photonik chaque semaine depuis une dizaine d'années sur la radio bascophone Xiberoko Botza (la voix de la Soule). Il y cause musique, cinéma (beaucoup), littérature, BD ou philo, parfois en solo, souvent avec son acolyte ; l'excellent Thomas.

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par Photonik

Cinéma, musique (rock), B.D. et littérature (S.F., philo, classiques...)

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64 commentaires

Avatar de Photonik

Le Doc a écrit:
Les films de Jodo, je ne les connais que de réputation (tant de choses à voir... :wink: ).


Rhooooh, tu n'as jamais vu "El Topo" ?
En bon fan de western italien (tes nombreux posts en la matière en attestent), tu devrais adorer : Jodo a beau récuser cette influence, il est évident que cette veine s'exprime dans ce film, surtout dans sa première moitié (qui constitue un fantasme de fan de westerns, avec cette succession de duels avec des pistoleros plus redoutables les uns que les autres...).

Avatar de Le Doc

Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.


Je connais encore moins que toi le cinéma de Denis Villeneuve puisque je n'ai, pour le moment, toujours pas vu un seul de ses films (faut dire aussi que je regarde de moins en moins de films récents ces derniers temps ^^).
Mais j'y viendrai très certainement un jour, ne serait-ce que pour ce tournant S.F. de sa filmographie...

- Pour la BD, c'est un monument de la contre-culture que nous abordons, puisqu'à l'évocation du premier tome des "Fils d'El Topo" signé Jodorowsky et Ladrönn, nous parlerons du parcours du plus mystique des pistoleros.


Les films de Jodo, je ne les connais que de réputation (tant de choses à voir... :wink: ). Et en BD, je n'ai lu que L'Incal quand j'étais ado. Récemment, j'ai vu le documentaire sur sa version avortée de Dune et c'est tout de même un sacré raconteur...

- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.


Je suis comme Tori, les oeuvres de Bret Easton Ellis ne sont vraiment pas faites pour moi.

-
Et en musique cette semaine, ce sera :
"In The Cage", extrait de "The Lamb Lies Down On Broadway" de Genesis, "Witching Hour", morceau trippant d'Electric Dragon issu de l'album "Covenant", "La Muerte es un Nacimiento", extrait de la BO de "El Topo" signée Jodorowsky et John Barham, et on termine avec le surpuissant "Champions Of Disturbance part I and II", nouvel extrait du dernier disque en date de Crippled Black Phoenix..!


Ca faisait très longtemps que je n'avais pas écouté un titre de cette période de Genesis. Je suis bien d'accord, l'ambiance de ce morceau d'Electric Dragon est très évocatrice. Et Cripple Black Phoenix conclue avec force cette excellente et éclectique playlist.

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:[...]
Pour être tout à fait franc, j'aurais adoré y penser tout seul. :wink:

:) :wink:

Merci.

Avatar de Photonik

artemus dada a écrit:Pourtant Villeneuve fait preuve de déjà pas mal de "folie" en grossissant les enjeux et transformant la nouvelle de Ted Chiang (Pour en savoir +), via le travail d'Eric Heissere et la "contrainte" du marché chinois.



Possible, je ne saurais le dire étant donné que je n'ai pas encore lu la nouvelle de Chiang (mais je le ferai), je n'ai pas de point de comparaison.

J'en profite pour te dire que tu m'as bluffé avec ton post où tu rapproches fort judicieusement ce que font Chiang et Villeneuve du travail de William Burroughs, et de sa conception du mot comme entité virale. Sans compter l'évocation du jump-cut et des techniques dérivées, qui résonnent effectivement avec le travail narratif accompli dans "Premier Contact".
Pour être tout à fait franc, j'aurais adoré y penser tout seul. :wink:

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:
Tori a écrit:tu as titillé ma curiosité !


Malgré les réserves que j'évoque, "Premier Contact" reste un film à voir, et même un incontournable pour les fans de SF. J'aurais aimé voir cette histoire entre les mains d'un auteur un peu plus "fou" que Villeneuve... Il est quand même un metteur en scène très compétent, hein.[..]


Pourtant Villeneuve fait preuve de déjà pas mal de "folie" en grossissant les enjeux et transformant la nouvelle de Ted Chiang (Pour en savoir +), via le travail d'Eric Heissere et la "contrainte" du marché chinois.

S'il était allé plus loin, pas la peine à ce moment là de choisir cette histoire en particulier, dont l'originalité tient - essentiellement - au vertige (la sidération cognitive) qui se dessine en creux, grâce à la sobriété de sa narration.

Avatar de Photonik

Tori a écrit:tu as titillé ma curiosité !


Malgré les réserves que j'évoque, "Premier Contact" reste un film à voir, et même un incontournable pour les fans de SF. J'aurais aimé voir cette histoire entre les mains d'un auteur un peu plus "fou" que Villeneuve... Il est quand même un metteur en scène très compétent, hein.

Tori a écrit:Là aussi, je vais me pencher dessus... Mais je vais peut-être m'intéresser au film, avant (je ne connais quasi pas le boulot cinématographique de Jodo, alors que j'ai lu pas mal de ses BD (j'ai d'ailleurs découvert assez tard qu'il faisait du cinéma)).


D'abord le film, c'est indispensable, sinon la BD est imbitable ; je n'ai peut-être pas assez insisté sur ce point. De toute façon, "El Topo" devrait constituer pour toi une sacrée expérience, que tu embrayes sur la BD ou pas : c'est vraiment un film passionnant, unique en son genre et complètement allumé.

Tori a écrit:Bon, là, en revanche, je vais faire l'impasse... Décidément, ce n'est pas un auteur pour moi.


Vu les gros défauts dont la série est affublée, je ne conseillerais franchement "The Deleted" qu'aux seuls fans déjà convaincus de Bret Easton Ellis.
C'est vraiment le genre d'auteur à prendre ou à laisser, comme je rabâche souvent. Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de gens qui "aiment bien" son travail ; on adore ou on déteste.

Tori a écrit:Ça fait bizarre de découvrir un titre de Genesis que je ne connaissais pas, au passage...

Tori.


Je l'ai moi aussi découvert il y a peu, donc, et je dois dire que je suis bien bluffé par cet album, un peu trop "chargé" pour son propre bien (difficile de se l'enquiller d'une traite tant c'est touffu) mais sacrément impressionnant dans son genre.

Et encore merci pour ton assiduité sans faille !! :wink:

Avatar de Tori

Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.

Bon, il faut que je regarde s'il passe à côté de chez moi (j'ai un petit cinéma avec une programmation en retard... Avec un peu de chance, je pourrai le voir sur grand écran) : tu as titillé ma curiosité !

- Pour la BD, c'est un monument de la contre-culture que nous abordons, puisqu'à l'évocation du premier tome des "Fils d'El Topo" signé Jodorowsky et Ladrönn, nous parlerons du parcours du plus mystique des pistoleros.

Là aussi, je vais me pencher dessus... Mais je vais peut-être m'intéresser au film, avant (je ne connais quasi pas le boulot cinématographique de Jodo, alors que j'ai lu pas mal de ses BD (j'ai d'ailleurs découvert assez tard qu'il faisait du cinéma)).

- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.

Bon, là, en revanche, je vais faire l'impasse... Décidément, ce n'est pas un auteur pour moi.

- Et en musique cette semaine, ce sera :

Ce sera du tout bon !
Ça fait bizarre de découvrir un titre de Genesis que je ne connaissais pas, au passage...

Tori.

Avatar de Photonik

Épisode 14 : Effacement du contact avec les fils de la Taupe

Dernière émission avant la petite pause rituelle pour les vacances de février...
Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.

- Pour la BD, c'est un monument de la contre-culture que nous abordons, puisqu'à l'évocation du premier tome des "Fils d'El Topo" signé Jodorowsky et Ladrönn, nous parlerons du parcours du plus mystique des pistoleros.

- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"In The Cage", extrait de "The Lamb Lies Down On Broadway" de Genesis, "Witching Hour", morceau trippant d'Electric Dragon issu de l'album "Covenant", "La Muerte es un Nacimiento", extrait de la BO de "El Topo" signée Jodorowsky et John Barham, et on termine avec le surpuissant "Champions Of Disturbance part I and II", nouvel extrait du dernier disque en date de Crippled Black Phoenix..!


"I'm drowning in a liquid fear
Bottled in a strong compression,
My distortion shows obsession
In the cave
Get me out of this cave !"


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:Toujours pas vu "Dharma Guns". Il faudra que je me penche sur son cas également.



Très intéressant (quoique confus mais ça fait partie du charme de la chose), et graphiquement somptueux avec son noir et blanc 100 % pellicule ; Ossang est resté un puriste de l'argentique, il s'en explique très bien en entretien.

Ektah a écrit:
En fait, le blog dont cet article provient s'occupe des aspects les plus théoriques de la question, notamment concernant les liens avec la culture industrielle, la psychogéographie et ce genre musical récent nommé hauntology (d'après Derrida).



Tiens, coïncidence amusante : très récemment sur ce forum, l'excellent Artemus Dada faisait un point sur cette discipline ("hauntology", donc) en parlant de l'approche qu'en avait le scénariste Warren Ellis, sur son titre "Injection" en l'occurrence. Je vais me pencher là-dessus (connais pas le travail de Derrida, par exemple).

Ektah a écrit:
C'est toujours cette vieille question des rôles respectifs des artistes et de leurs exégètes. Personnellement, je pense que ce sont deux rôles complémentaires mais, bien sûr, je plaide pour ma propre chapelle.



Tu plaides aussi pour la mienne, par ricochet. :wink:
Je vois les choses comme toi, il y a bien complémentarité entre "créateurs" et "diffuseurs culturels".

Ektah a écrit:
La critique du doc a dit tout ce qui est nécessaire sur "Deathline": je suis d'accord à 100%, y compris sur les aspects les plus faibles du film.

Pour ce qui est de la récusation de Smith, à mon avis, il a juste dû en avoir marre d'en entendre parler, parce que je trouve les influences relativement indéniables. Toutefois, l'ombre du "Loup-garou de Londres" est clairement présente aussi, c'est vrai.


Faut que je vois "Deathline", vous me donnez envie, là.
Tu as très certainement raison concernant la récusation de Smith ; c'est un réflexe assez courant chez les cinéastes (ou autres artistes) que de récuser l'influence la plus évidente et d'en citer une moins en vue, et moins directement repérable...

Ektah a écrit:
Concernant "I sell the dead", il faut quand même le prendre pour ce qu'il est: une série B assumée (avec un casting intéressant: j'ai une tendresse pour Angus Scrimm et Ron Perlman), faite par des gens qui savent dans quel genre de film ils sont. J'ai la plus grande affection pour ce genre de projet mais c'est certainement un film comportant son lot de défauts. En fait, de toutes les adaptations de l'affaire Burke/Hare que je connaisse ("Cadavres à la pelle" de John Landis, "Le récupérateur de cadavres" de Robert Wise et celui-là), c'est probablement la plus faible. Mais ça vient surtout du fait que cette histoire a été très bien servie par le cinéma.


Etant donné que je n'ai vu aucun de ces films (y compris le Wise, sûrement le plus fameux du lot), j'ai là encore matière à creuser !!

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:Je l'ai croisé à Biarritz (où il a des attaches) pour la présentation de son "Dharma Guns", et c'était un chouette moment.


Toujours pas vu "Dharma Guns". Il faudra que je me penche sur son cas également.

Photonik a écrit:


Encore un lien qu'il faut que je creuse, merci...


En fait, le blog dont cet article provient s'occupe des aspects les plus théoriques de la question, notamment concernant les liens avec la culture industrielle, la psychogéographie et ce genre musical récent nommé hauntology (d'après Derrida). Je ne conseillerai pas forcément cette lecture à tout le monde. Il faut avoir un intérêt pour ces questions-là, mais je pense que, dans le cadre de notre petite communauté, on doit être plusieurs à pouvoir s'y retrouver. En tous cas, moi, ça me passionne.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Je suis d'accord avec Le Doc. Une programmation musicale très solide, cette semaine (pas que ce soit inhabituel de ta part, hein ;) ).


Merci beaucoup, mais j'ai moins de mérite que les musiciens convoqués. :wink:


C'est toujours cette vieille question des rôles respectifs des artistes et de leurs exégètes. Personnellement, je pense que ce sont deux rôles complémentaires mais, bien sûr, je plaide pour ma propre chapelle. En tous cas, le fait de propager la parole de ces groupes (qu'ils soient obscurs ou pas) est quelque chose de très positif.

Photonik a écrit:Le plan-séquence hallucinant de "Triangle" dont je parle dans l'émission, il a du sens, par exemple.


Oh oui, sur cette séquence, je n'ai rien à redire, évidemment, mais certains de ses effets de manche sont un peu plus gratuits, y compris dans "Triangle", d'ailleurs. Mais bon, c'est moi qui pinaille: j'aime quand même beaucoup son cinéma.

Photonik a écrit:Contrairement au Doc, je l'ai pas vu celui-là, mais ton appréciation fort élogieuse me donne envie de combler cette lacune. Je connaissais le film de réputation, mais je ne l'ai pas évoqué dans la chronique d'une part car je l'ai pas vu mais aussi parce que Smith a récusé cette influence ; il a plutôt évoqué l'influence de la séquence du métro du "Loup-Garou de Londres" de Landis, si mes souvenirs sont bons.


La critique du doc a dit tout ce qui est nécessaire sur "Deathline": je suis d'accord à 100%, y compris sur les aspects les plus faibles du film.

Pour ce qui est de la récusation de Smith, à mon avis, il a juste dû en avoir marre d'en entendre parler, parce que je trouve les influences relativement indéniables. Toutefois, l'ombre du "Loup-garou de Londres" est clairement présente aussi, c'est vrai.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Dans un esprit similaire, on peut aussi nommer "I sell the dead", une comédie bien sympathique à propos de l'affaire Burke et Hare, que je vois un peu comme une variation plus ouvertement série B du film de John Landis sur la même histoire (même si la résonance entre ces deux films est potentiellement un hasard).


Encore un truc que je connais pas, je le note.


Concernant "I sell the dead", il faut quand même le prendre pour ce qu'il est: une série B assumée (avec un casting intéressant: j'ai une tendresse pour Angus Scrimm et Ron Perlman), faite par des gens qui savent dans quel genre de film ils sont. J'ai la plus grande affection pour ce genre de projet mais c'est certainement un film comportant son lot de défauts. En fait, de toutes les adaptations de l'affaire Burke/Hare que je connaisse ("Cadavres à la pelle" de John Landis, "Le récupérateur de cadavres" de Robert Wise et celui-là), c'est probablement la plus faible. Mais ça vient surtout du fait que cette histoire a été très bien servie par le cinéma.

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:Max Brooks (fils de Mel Brooks et Anne Bancroft, pour la petite histoire)


Ah bon ? Je ne savais pas. Ni même que Anne Bancroft avait été avec Mel Brooks, d'ailleurs...

Ektah a écrit:J'ai eu la chance de le croiser dans le vidéo-club en bas de chez moi (Hors Circuits, le meilleur de Paris, en passant). Et, effectivement, en discutant de son travail pour le groupe punk "Lucrate Milk", cette comparaison faisait partie de son discours. Ça me semble très vrai aussi.


FJ Ossang est vraiment un mec sympa et abordable, ouais. Je l'ai croisé à Biarritz (où il a des attaches) pour la présentation de son "Dharma Guns", et c'était un chouette moment.

Ektah a écrit:Il y a aussi le fait que, dans toutes les formes d'art "extrêmes" (à plus ou moins haut niveau, cela va de la série B d'horreur diffusée sur M6 à 3h du matin à la musique power electronics la plus abrasive), il y a quasiment toujours une histoire de retour du refoulé. Et cette notion a été, pendant très longtemps, liée, d'une, à la figure de l'étrange(r) et, de deux, à la nature sauvage, notamment forestière.

Mais j'ai le sentiment que toutes ces notions tournent un peu les unes autour des autres.


Oui, exactement ce que je ressens aussi, comme tu t'en doutes.

Ektah a écrit:Au passage, on se demandait tantôt comment définir la notion de "Folk Horror". On s'est posé la même question sur le groupe fb, dans un soucis d'ouverture la plus large possible, et voici la conclusion à laquelle on est arrivé (au passage, il y a plein de très bonnes œuvres à découvrir dans cet article):

https://celluloidwickerman.com/2014/09/25/the-folk-horror-chain/


Encore un lien qu'il faut que je creuse, merci...

Ektah a écrit:C'est comme ça que, pendant des années, Ingmar Bergman s'est retrouvé scénariste de "La dernière maison sur la gauche".


Ha !! Pas mal celle-là... :wink:

Ektah a écrit:Wovenhand, je connaissais de nom. Je l'avais placé dans la même case que 16 Horsepower, que je trouvais correct mais assez oubliable. Toutefois, ce morceau que tu as diffusé me semble considérablement plus solide (c'est marrant, il m'a penser... de loin, quand même... à une version plus americana de Fields of the Nephilim). Je vais sans doute explorer ça. Bonne surprise.


Je connais de très très loin 16 Horsepower, mais a priori j'en suis pas fou. Wovenhand me semble à moi aussi bien plus intéressant. La connexion avec Fields of the Nephilim fait sens, David Eugene Edwards ayant été initialement influencé par tout cette veine rock gothique/post-punk/cold-wave, etc...

Ektah a écrit:Orphx, ça m'a fait revenir 10 ans en arrière, dans les salles douteuses de la capitale, même si, comme tu le dis, ce morceau n'est pas vraiment représentatif du reste de leur discographie. Tout à fait réjouissant, aussi.


Je découvre ça ces jours-ci. Je suis assez fan de la veine EBM, et leurs morceaux plus rentre-dedans me parlent pas mal.

Ektah a écrit:Je suis d'accord avec Le Doc. Une programmation musicale très solide, cette semaine (pas que ce soit inhabituel de ta part, hein ;) ).


Merci beaucoup, mais j'ai moins de mérite que les musiciens convoqués. :wink:

Ektah a écrit:Je dois bien avouer, à ma grande honte, que le film de Ulmer est dans ma pile de dvds à voir depuis des années.


Fonce, tu vas pas être déçu. Il est très court, en plus, ça se regarde très vite (1 h 05, de mémoire).

Ektah a écrit:En tous cas, j'ai une grande tendresse pour Christopher Smith malgré quelques tics de mise en scène que je trouve agaçants. Je trouve que la virtuosité dont tu parles, et qui est bien réelle, est un peu trop visible.


Pour moi, il frôle effectivement la "démonstration" mais sans jamais basculer du mauvais côté, si je puis dire. Je ne vois pas la gratuité dans ses effets, ou rarement.
Le plan-séquence hallucinant de "Triangle" dont je parle dans l'émission, il a du sens, par exemple.

Ektah a écrit:"Creep" aussi est bon, mais il se trouve que le film cite très fortement une autre histoire du métro londonien, nommée "Death Line" (ou "Raw Meat" aux US) que je trouve tout à fait exceptionnelle.


Contrairement au Doc, je l'ai pas vu celui-là, mais ton appréciation fort élogieuse me donne envie de combler cette lacune. Je connaissais le film de réputation, mais je ne l'ai pas évoqué dans la chronique d'une part car je l'ai pas vu mais aussi parce que Smith a récusé cette influence ; il a plutôt évoqué l'influence de la séquence du métro du "Loup-Garou de Londres" de Landis, si mes souvenirs sont bons.

Ektah a écrit:Ah oui, aussi, tu évoquais au passage "Spaced" du trio Nick Frost/Simon Pegg/Edgar Wright. Pour moi, ça reste, encore à ce jour, leur chef d’œuvre.


Tu n'es pas le premier à en dire le plus grand bien ici (Lord en avait fait autant) ; là aussi, il va me falloir rattraper le coup...

Ektah a écrit:Wow. Ça fait très envie. Je trouve, qu'une fois de plus, ça fait un peu le lien avec nos discussions sur les à-cotés du folk horror (pareil pour "Essex County", d'ailleurs). En plus, il se trouve que ma famille, au 19ème siècle, était d'Ambialet (non loin de Mazamet). Du coup, je suis plus qu'intéressé par la découverte de l'esprit de ce lieu. Je vais me procurer ça au plus vite. Merci pour la découverte.


Oh si tu as des racines par là, ça devrait te parler, je le crois. Et tout le dernier tiers du livre est une pure merveille, plus connectée encore aux thématiques que nous évoquons là.


Ektah a écrit:En ce qui me concerne, je suis un peu coincé entre ces deux mondes (ce qui me va très bien). (...) Pendant toute mon enfance, j'ai eu cette dualité et je suis sûr que cela a grandement influé sur mon intérêt sur ces questions du rapport à la nature.


Je l'ai vécu de même, un peu à cheval entre deux "cultures". Environnement rural et culture "urbaine", c'est un cocktail intéressant au final.

Ektah a écrit:La grande réussite de "Bienvenue au Cottage" est le fait d'avoir compris que, si tu veux faire une comédie d'horreur, il ne faut pas faire des compromis entre l'humour et la terreur, mais, au contraire, pousser chaque aspect le plus loin possible. La méthode "Evil Dead", quoi.


Tout à fait, c'est le secret du travail de Raimi sur cette trilogie séminale.

Ektah a écrit:Dans un esprit similaire, on peut aussi nommer "I sell the dead", une comédie bien sympathique à propos de l'affaire Burke et Hare, que je vois un peu comme une variation plus ouvertement série B du film de John Landis sur la même histoire (même si la résonance entre ces deux films est potentiellement un hasard).


Encore un truc que je connais pas, je le note.
Et encore merci pour ces débriefs passionnants !!!

Avatar de Photonik

Marko a écrit:
Le moment où les origines respectives de Superman et Wundarr divergent est assez bien vu par rapport au contexte 50's est surtout assez drôle, lorsque l'équivalent de la mère Kent s'exclame en voyant le vaisseau "c'est peut-être des martiens ou pire des communistes !" :mrgreen: .



Il y a une autre divergence notable entre les origines de Superman et celles de Wundarr, qui appuie un peu plus sur l'ironie parfois cruelle dont Gerber était capable : les parents de Wundarr l'expédient dans l'espace pour le sauver de la destruction de sa planète, mais dans son cas sa planète n'explose pas ; son père s'était trompé dans ses calculs, en faisant une sort de Jor-El "raté"...

Avatar de Ektah

Le Doc a écrit:
Ektah a écrit:"Creep" aussi est bon, mais il se trouve que le film cite très fortement une autre histoire du métro londonien, nommée "Death Line" (ou "Raw Meat" aux US) que je trouve tout à fait exceptionnelle. Du coup, la comparaison ne se fait pas vraiment en la faveur de film de Smith (à mes yeux, en tous cas).


http://www.comics-sanctuary.com/forum/le-metro-de-la-mort-gary-sherman-t87826.html

:wink:


Décidément. Bon, oui, il va falloir que je libère un peu de temps pour aller explorer ce ciné-club. Bientôt... :)

Avatar de Le Doc
Avatar de Ektah

Le Doc a écrit:Quant à World War Z...disons que je préfère le livre...


Je n'ai pas vu le film mais le livre est effectivement recommandable. Du même auteur, Max Brooks (fils de Mel Brooks et Anne Bancroft, pour la petite histoire), je ne suis pas loin de préférer son "Guide de survie en territoire zombie".

Photonik a écrit:Et à propos de ça, il n'y a pas à ma connaissance de sujets interdits ici. Moi en tout cas j'aborde ce que je veux et j'ai l'impression que c'est le cas pour un peu tout le monde. J'accueille les débats philosophico-politiques comme les autres, pour peu que j'ai quelque chose à dire (Nemo, où diable es-tu donc passé, d'ailleurs ? :wink: ).
J'ai simplement l'impression que les intervenants n'ont pas forcément envie d'aller par là pour les échanges. Ce qui me vas très bien aussi.


Tout à fait, ma phrase n'était pas un appel à une forme de censure. C'était simplement un appel du pied pour dire que je suis conscient que ce genre de sujet peut très rapidement déraper sur le web et que, malgré le fait que je sois pour le fait d'en discuter, on peut envisager d'enterrer le sujet. Bon, il y aussi le fait que je ne suis là que depuis quelques semaines et que je prends quelques précautions lorsque je sais que je suis de m'approcher d'un terrain glissant.

Le fait que, ici, la discussion à propos de Romero se soit passé dans la cordialité la plus totale ne fait que prouver un peu plus que nous sommes entre gens de bonne compagnie. On dira juste que, si un tel sujet avait été lancé sur Fessebouc, dire que cela ne se serait pas passé de la sorte est l'euphémisme de l'année (ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas en discuter, juste penser à se préparer au shitstorm).

Et, si on n'en discute pas, ça me va très bien aussi.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Mais ce n'est pas inédit: si on considère le blues comme une forme particulière de musique folk (ce qui est mon cas), ce n'est pas différent de la transition vers l'électrique de Dylan, ou même de l'apparition du rock, dans une certaine mesure. Et, pour avoir passé beaucoup de temps dans cette communauté autour du "folk horror", on est nombreux à considérer des gens comme Donovan ou Crosby, Stills and Nash (surtout le premier album) comme des précurseurs du genre. Cette question du folk électrique et urbain est là depuis longtemps. Et l'indus-folk (ou indus tribal comme j'ai pu le voir parfois nommé) n'est que le dernier avatar de cette tradition, à mon avis.

Une autre de ses formes pourrait être, par exemple, ces groupes de métal ajoutant un aspect traditionnel à leur répertoire (Empyrium, Wolves in the Throne Room, Agalloch et tant d'autres...). Pour moi, c'est un peu le même état d'esprit qui préside à tous ces projets.



C'est marrant, cet échange me rappelle une citation du cinéaste et musicien F.J. Ossang, qui disait que les musiciens rock (ou de musiques amplifiées en général, pourrait-on dire) étaient en fait souvent des ruraux fraîchement débarqués en milieu urbain. D'après lui, la musique en question était le vecteur idéal pour esthétiser ou représenter ce qui frappe de sidération en premier un rural en ville : le vacarme. J'adhère assez à cette thèse.


Marrant. Ça a l'air d'être une thématique qui lui tient à cœur. J'ai eu la chance de le croiser dans le vidéo-club en bas de chez moi (Hors Circuits, le meilleur de Paris, en passant). Et, effectivement, en discutant de son travail pour le groupe punk "Lucrate Milk", cette comparaison faisait partie de son discours. Ça me semble très vrai aussi.

Il y a aussi le fait que, dans toutes les formes d'art "extrêmes" (à plus ou moins haut niveau, cela va de la série B d'horreur diffusée sur M6 à 3h du matin à la musique power electronics la plus abrasive), il y a quasiment toujours une histoire de retour du refoulé. Et cette notion a été, pendant très longtemps, liée, d'une, à la figure de l'étrange(r) et, de deux, à la nature sauvage, notamment forestière.

Mais j'ai le sentiment que toutes ces notions tournent un peu les unes autour des autres.

Au passage, on se demandait tantôt comment définir la notion de "Folk Horror". On s'est posé la même question sur le groupe fb, dans un soucis d'ouverture la plus large possible, et voici la conclusion à laquelle on est arrivé (au passage, il y a plein de très bonnes œuvres à découvrir dans cet article):

https://celluloidwickerman.com/2014/09/25/the-folk-horror-chain/

Photonik a écrit:Il suffit de voir que McKean a parfois pu faire par ailleurs avec Neil Gaiman : "Mr Punch", un travail un peu particulier du dessinateur avec le scénariste de "Sandman", atteste aussi clairement de la filiation (et certaines couvertures de "Sandman" aussi d'ailleurs).


Mr. Punch restant à ce jour le meilleur travail aussi bien de McKean que de Gaiman, à mon avis (parfaitement nuancé ;) )...

Photonik a écrit:
Le Doc a écrit:Le scénariste de Man-Thing est Hans Rodionoff. Steve Gerber n'a rien à voir avec le scénario du film.


Je te fais confiance ; ça m'apprendra à faire confiance à Wikipedia. :wink:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Man-Thing_(film)


Tiens, ça va être ma minute archiviste: très souvent, pour les crédits des films, les rédacteurs wikipedia se contentent de recopier les informations imdb en enlevant toutes les précisions de chaque rubrique. Ainsi, si un film est une adaptation d'une œuvre préexistante, l'auteur originel sera souvent indiqué comme scénariste sans aucune autre nuance. C'est comme ça que, pendant des années, Ingmar Bergman s'est retrouvé scénariste de "La dernière maison sur la gauche". Wikipedia est un outil formidable mais très souvent faillible.

Photonik a écrit:- Et en musique cette semaine, ce sera :
"All Your Waves", extrait de "Star Treatment" de Wovenhand, "Stranger", beau morceau de Goldfrapp issu de la BO du "Detour" sus-nommé, "Haunted Forever" des métalleux américains de Sumerlands, et on termine avec le planant "Walk Into The Broken Night", morceau envoûtant du duo canadien Orphx...!


Wovenhand, je connaissais de nom. Je l'avais placé dans la même case que 16 Horsepower, que je trouvais correct mais assez oubliable. Toutefois, ce morceau que tu as diffusé me semble considérablement plus solide (c'est marrant, il m'a penser... de loin, quand même... à une version plus americana de Fields of the Nephilim). Je vais sans doute explorer ça. Bonne surprise.

Goldfrapp, ça me fait un peu penser à une citation de Philippe Druillet: il expliquait, dans je ne sais plus quelle interview, qu'il aimait bien relire un album de Tintin parce que c'était la base, ne demandant pas trop d'implication du lecteur, mais avec un rapport direct aux émotions, parlant directement à nos aspects fondamentaux, enfantins, laissant un sentiment semblable à un retour à la maison après un long voyage (Joachim Du Bellay-style). C'est une sensation dont je suis assez friand et c'est un peu ce je ressent avec des gens comme Goldfrapp, Tori Amos ou les Beatles. Ça fait du bien.

Tiens, Sumerlands, on en revient à Fields of the Nephilim. Bien sympathique, aussi.

Orphx, ça m'a fait revenir 10 ans en arrière, dans les salles douteuses de la capitale, même si, comme tu le dis, ce morceau n'est pas vraiment représentatif du reste de leur discographie. Tout à fait réjouissant, aussi.

Je suis d'accord avec Le Doc. Une programmation musicale très solide, cette semaine (pas que ce soit inhabituel de ta part, hein ;) ).

Photonik a écrit:Pour le cinéma, on évoque le dernier film en date d'un réalisateur britannique, l'excellent Christopher Smith, à savoir "Detour", un polar tordu et surprenant.


Intéressant tout ça. Je dois bien avouer, à ma grande honte, que le film de Ulmer est dans ma pile de dvds à voir depuis des années.

En tous cas, j'ai une grande tendresse pour Christopher Smith malgré quelques tics de mise en scène que je trouve agaçants. Je trouve que la virtuosité dont tu parles, et qui est bien réelle, est un peu trop visible. La mise en scène, pour moi, est au service de la narration. Ce n'est pas forcément le cas chez lui, je trouve. Ce genre d'approche ne me dérange pas chez des gens comme De Palma, Greenaway ou Argento, car ils annoncent d'entrée de jeu le maniérisme de leur cinéma. C'est, pour moi, plus génant, dans l'approche plus "gritty", pseudo-réaliste de Smith. Toutefois, ce défaut n'est pas assez marqué pour être rédhibitoire, juste agaçant.
J'avais adoré "Black Death" et "Triangle". Je ne dirais pas que ce sont des plaisirs coupables mais il me semble que ce sont quand même des films qui ne sont pas aussi bons que l'idée que je m'en fais.
"Creep" aussi est bon, mais il se trouve que le film cite très fortement une autre histoire du métro londonien, nommée "Death Line" (ou "Raw Meat" aux US) que je trouve tout à fait exceptionnelle. Du coup, la comparaison ne se fait pas vraiment en la faveur de film de Smith (à mes yeux, en tous cas). Mais, bon, en soi, ça reste un simili-slasher très correct.
Sa mini-série "Labyrinth" à propos du Graal et des Cathares, et sa comédie de Noël (malgré mon attachement pour la carrière récente de Warwick Davis) me font très peur mais, bon, va savoir...

Ah oui, aussi, tu évoquais au passage "Spaced" du trio Nick Frost/Simon Pegg/Edgar Wright. Pour moi, ça reste, encore à ce jour, leur chef d’œuvre. C'est bien sûr hilarant mais l'aspect sentimental qui existe en sous-texte dans ses films a toute la place de s'exprimer dans le format série, et ça fait toute la différence. Pour tout te dire, j'ai versé ma larmichette lors du dernier épisode (mais je suis, dans le fond, une midinette).

Merci pour le salut, mec. Ça fait très plaisir. Tu peux utiliser mon vrai nom, Manu, si tu veux. Ça m'est égal.

Photonik a écrit:- Pour la littérature, on aborde le cas d'un primo-romancier, Simon Johannin, et de son roman "L'été des charognes", chronique rurale assez soufflante.


Wow. Ça fait très envie. Je trouve, qu'une fois de plus, ça fait un peu le lien avec nos discussions sur les à-cotés du folk horror (pareil pour "Essex County", d'ailleurs). En plus, il se trouve que ma famille, au 19ème siècle, était d'Ambialet (non loin de Mazamet). Du coup, je suis plus qu'intéressé par la découverte de l'esprit de ce lieu. Je vais me procurer ça au plus vite. Merci pour la découverte.

Tori a écrit:Très intéressant, comme d'habitude... Je note L'été des charognes dans un coin de ma tête : je sens que c'est un bouquin qui va me parler.
J'ai beau ne pas faire partie de tes auditeurs souletins, j'ai passé les vingt premières années de ma vie à la campagne, et à la montagne, quand j'allais chez mes grands-parents. Il y a forcément dans ce livre des situations qui m'en rappelleront d'autres que j'ai pu vivre.


En ce qui me concerne, je suis un peu coincé entre ces deux mondes (ce qui me va très bien). Aussi bien du coté de mon père que de ma mère, ils sont la première génération à sortir du milieu agricole: mon père est un généticien avec le caractère d'un berger de montagne et ma mère était une prof de français venant d'une lignée de vignerons. Et, même au niveau du lieu de vie, nous habitions dans les collines provençales, au milieu des chèvres et des sangliers, mais toujours à moins d'une heure de route de Marseille. Pendant toute mon enfance, j'ai eu cette dualité et je suis sûr que cela a grandement influé sur mon intérêt sur ces questions du rapport à la nature. Et, oui, cette idée de la cruauté envers les animaux a une certaine résonance avec mon enfance.

Le Doc a écrit:Et le chef-op' du film est Christopher Ross, qui a notamment travaillé sur la très chouette comédie horrifique Bienvenue au Cottage avec Andy Serkis et le suspense Eden Lake de James Watkins avec Michael Fassbender.


Deux très bonnes références. On peut noter également dans "Bienvenue au cottage" la présence de Reece Shearsmith qui est tranquillement en train de devenir un de mes acteurs de comédie anglaise préféré pour son travail dans "Inside n°9", "Psychoville" et surtout "La ligue des gentlemen". La grande réussite de "Bienvenue au Cottage" est le fait d'avoir compris que, si tu veux faire une comédie d'horreur, il ne faut pas faire des compromis entre l'humour et la terreur, mais, au contraire, pousser chaque aspect le plus loin possible. La méthode "Evil Dead", quoi.

Dans un esprit similaire, on peut aussi nommer "I sell the dead", une comédie bien sympathique à propos de l'affaire Burke et Hare, que je vois un peu comme une variation plus ouvertement série B du film de John Landis sur la même histoire (même si la résonance entre ces deux films est potentiellement un hasard).

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Photonik a écrit:Mon premier contact avec son travail, très jeune, m'a beaucoup marqué. C'était dans un vieux Strange Special Origines (chez Lug, donc), qui reprenait l'épisode de "Adventures Into Fear" où Man-Thing rencontre Wundarr, le futur Aquarian, en un pastiche éminemment Gerberien des origines de Superman (ce que je n'avais pas compris à ma première lecture..!).


Le moment où les origines respectives de Superman et Wundarr divergent est assez bien vu par rapport au contexte 50's est surtout assez drôle, lorsque l'équivalent de la mère Kent s'exclame en voyant le vaisseau "c'est peut-être des martiens ou pire des communistes !" :mrgreen: .
Dans une veine un peu plus sociale, j'aime beaucoup l'épisode où les rescapés d'un accident de la route doivent collaborer malgré leurs opinions radicalement opposées.

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Tori a écrit:Très intéressant, comme d'habitude...


Merci beaucoup !!! :wink:

Tori a écrit:Je note L'été des charognes dans un coin de ma tête : je sens que c'est un bouquin qui va me parler.
J'ai beau ne pas faire partie de tes auditeurs souletins, j'ai passé les vingt premières années de ma vie à la campagne, et à la montagne, quand j'allais chez mes grands-parents. Il y a forcément dans ce livre des situations qui m'en rappelleront d'autres que j'ai pu vivre.



J'en suis persuadé.
J'ai moi aussi grandi à la campagne (mon frère est d'ailleurs exploitant agricole en zone montagne), et je me suis complètement retrouvé moi aussi dans ce rapport si particulier qu'entretiennent les enfants à un environnement rural ; c'est à la fois âpre et totalement merveilleux... comme le roman de Johannin, qui exprime ce sentiment à merveille.

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Très intéressant, comme d'habitude... Je note L'été des charognes dans un coin de ma tête : je sens que c'est un bouquin qui va me parler.
J'ai beau ne pas faire partie de tes auditeurs souletins, j'ai passé les vingt premières années de ma vie à la campagne, et à la montagne, quand j'allais chez mes grands-parents. Il y a forcément dans ce livre des situations qui m'en rappelleront d'autres que j'ai pu vivre.

Tori.

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Le Doc a écrit: Creep est un très bon film d'horreur, très efficace. Severance est un peu moins maîtrisé, mais il est tout de même pas mal du tout.


Oui, c'est tout à fait ça pour le côté "maîtrise", à tel point que le spectateur mal informé pourrait penser que "Severance" est son premier film et "Creep" le second, de ce point de vue-là.
"Triangle" non seulement supporte mais même appelle plusieurs visions, en effet. Il claque quand même le beignet à la première vision comme tu l'as remarqué, mais certaines subtilités (tant sur le plan scénaristique que sur celui de la mise en scène) sont un peu plus longues à débusquer que d'autres. C'est pour moi son meilleur film.

Le Doc a écrit:Au fait, c'est bien vu : Detour ne sortira pas sur grand écran en France, il passera directement par la case DVD le mois prochain.


J'en étais sûr, merde !! Pourtant le film aurait claqué sur grand écran, pas de doutes...

Le Doc a écrit:Et le chef-op' du film est Christopher Ross, qui a notamment travaillé sur la très chouette comédie horrifique Bienvenue au Cottage avec Andy Serkis et le suspense Eden Lake de James Watkins avec Michael Fassbender.


Christopher Ross, je le note. Un travail très impressionnant ici ; ça ne m'avait pas autant frappé sur les autres titres que tu cites.

Le Doc a écrit:Que du très, très bon dans cette playlist ! Et comme souvent dans ces cas-là, je recherche des titres ensuite sur YouTube pour en écouter plus... :wink:


Ah, ravi que ça t'ait plu ; oui, je suis très content de la sélection musicale de la semaine, je trouve qu'elle claque bien. Il y a beaucoup de choses ici que j'ai découvert assez récemment (surtout Sumerlands et Orphx) mais que je sens que je vais creuser...

Et encore merci pour ton assiduité !!!! :wink:

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque le dernier film en date d'un réalisateur britannique, l'excellent Christopher Smith, à savoir "Detour", un polar tordu et surprenant.


Comme toi, j'apprécie le cinéma de Christopher Smith. Je n'ai pour l'instant vu chaque film qu'une seule fois (sauf sa comédie de Noël, je déteste ça) et je les ai tous bien en mémoire. Creep est un très bon film d'horreur, très efficace. Severance est un peu moins maîtrisé, mais il est tout de même pas mal du tout.
Triangle est sacrément bluffant...je ne suis pas sûr d'avoir tout saisi et il demande très certainement, comme tu le soulignes, une seconde vision, mais il est sacrément vertigineux. Et j'ai bien aimé son rugueux Black Death.
Du coup, je ne manquerai pas de regarder ce Detour (je suis aussi très fan du film noir de Edgar G. Ullmer). Ce que tu en dis est très intéressant et intrigant...
Au fait, c'est bien vu : Detour ne sortira pas sur grand écran en France, il passera directement par la case DVD le mois prochain.
Et le chef-op' du film est Christopher Ross, qui a notamment travaillé sur la très chouette comédie horrifique Bienvenue au Cottage avec Andy Serkis et le suspense Eden Lake de James Watkins avec Michael Fassbender.

- Pour la littérature, on aborde le cas d'un primo-romancier, Simon Johannin, et de son roman "L'été des charognes", chronique rurale assez soufflante.


Bon là j'avoue que ce genre de récit n'est vraiment pas ma came...

- Pour la rubrique BD, c'est l'un des derniers travaux du scénariste Jeff Lemire, associé au dessinateur Dustin Nguyen, dont on cause, avec le space-opera robotique "Descender".


Ca, c'est nettement plus ma came, mais je ne l'ai pas encore lu...


- Et en musique cette semaine, ce sera :
"All Your Waves", extrait de "Star Treatment" de Wovenhand, "Stranger", beau morceau de Goldfrapp issu de la BO du "Detour" sus-nommé, "Haunted Forever" des métalleux américains de Sumerlands, et on termine avec le planant "Walk Into The Broken Night", morceau envoûtant du duo canadien Orphx...!


Que du très, très bon dans cette playlist ! Et comme souvent dans ces cas-là, je recherche des titres ensuite sur YouTube pour en écouter plus... :wink:

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Rien que je connaisse... Tant mieux : ça me fera découvrir des trucs !

Tori.

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Épisode 13 : Détour chez les charognes en pleine descente

Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque le dernier film en date d'un réalisateur britannique, l'excellent Christopher Smith, à savoir "Detour", un polar tordu et surprenant.

- Pour la littérature, on aborde le cas d'un primo-romancier, Simon Johannin, et de son roman "L'été des charognes", chronique rurale assez soufflante.

- Pour la rubrique BD, c'est l'un des derniers travaux du scénariste Jeff Lemire, associé au dessinateur Dustin Nguyen, dont on cause, avec le space-opera robotique "Descender".

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"All Your Waves", extrait de "Star Treatment" de Wovenhand, "Stranger", beau morceau de Goldfrapp issu de la BO du "Detour" sus-nommé, "Haunted Forever" des métalleux américains de Sumerlands, et on termine avec le planant "Walk Into The Broken Night", morceau envoûtant du duo canadien Orphx...!


"Taken by the crowd a tide
It's there then gone do or die
Stranger, I dream of you and
Stranger, I will never know..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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calvinball a écrit:ah ! oui je me souviens de cette intervention.


Là pour le coup, je crois que c'était dans les bonus de l'édition DVD de "New York 1997"...

calvinball a écrit:peut-être est-ce dû à cette fracture dont parle Jean Baptiste Thoret suite à la production difficile de Los Angeles 2013. Selon lui c'est à ce moment là que Carpenter aurait "abandonné", comme si auparavant il avait été porteur de quelque chose, d'une contestation ou autre...


La production a été très difficile en effet, notamment parce que Carpenter était très malade à l'époque. Selon Thoret (qui s'est rendu sur le tournage pour rencontrer Carpenter, à moins que ce ne soit à l'étape du montage), il était même persuadé que ce serait son dernier film.
Ses film suivants (il y en aura peu) marquent quand même une césure dans sa production, d'un point de vue qualitatif... même si perso j'aime encore beaucoup "Ghosts of Mars" ou "The Ward", malgré leurs défauts évidents.

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Photonik a écrit: Kurt Russell, qui se situe "à la droite d'Attila le Hun"

ah ! oui je me souviens de cette intervention.

Le discours de Carpenter est étrangement cynique quant à l'industrie, l'art et la politique mais surtout quand à ses propres films (et notamment à ses adaptions : "faites ce que vous voulez, laissez-moi juste un gros chèque"). Je ne crois pas avoir lu d'interviews de lui datant d'avant les années 90, mais peut-être est-ce dû à cette fracture dont parle Jean Baptiste Thoret suite à la production difficile de Los Angeles 2013. Selon lui c'est à ce moment là que Carpenter aurait "abandonné", comme si auparavant il avait été porteur de quelque chose, d'une contestation ou autre...

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Oui, vivement. :wink:

Concernant John Carpenter, je me souviens d'un entretien filmé de lui (peut-être en bonus du DVD de "Assaut", mais je n'en jurerais pas) où il dit à peu près la même chose que ce que tu cites ici : en substance, il comprend qu'on voit dans ses films une coloration politique plutôt contestataire et/ou "de gauche" et à quoi cela est dû, mais il ne se voit pas comme ça lui-même ; il se définit comme un capitaliste, par exemple, sans états d'âme.
Il explique aussi avoir travaillé sans problèmes avec un Kurt Russell, qui se situe "à la droite d'Attila le Hun" sur l'échiquier politique selon lui ; les deux hommes se sont pourtant toujours chaleureusement entendus.

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artemus dada a écrit:Et que sa position d'outsider lui a permis de ne pas tenir compte de la doxa politique du moment, pas parce qu'il avait des revendications à faire valoir, mais plus simplement, mais à mes yeux c'est encore plus fort, parce qu'il n'entretenait en tant qu'individu, aucune espèce de rapport de hiérarchie sur le plan racial, et que seul comptait la personne qu'il avait en face de lui.

ah oui là dessus on est d'accord, et la sincérité et la liberté de la démarche de Roméro donne finalement encore plus de corps à une "contestation" que l'on peut y voir a postériori. On pourrait presque dire que le film de Roméro incarne une forme liberté radicale (à défaut de dire contestation) et c'est toute la différence avec ces films qui veulent démontrer leur contestation. C'est une spécialité de certain films comme le Capital de Costa-Gavras...
C'est pas peu dire que ton intervention m'a fait un peu cogiter.

Et c'est par un drôle de hasard que je suis tombé hier soir sur un texte de Carpenter, autre grand réalisateur étiqueté "contestataire", "de gauche" (moi j'ai souvent considéré certain de ses films comme libertaires) qui conforte ton argumentation tout en maintenant sa part d’ambiguïté:
Je me suis toujours considéré comme quelqu’un d’assez apolitique, ce qui ne signifie pas que mes films le sont forcément. C’est difficile à expliquer. […] Pour moi, défendre une cause implique de pouvoir proposer une solution au problème, or je n’ai pas tellement de solutions. Par exemple, je ne sais absolument pas comment palier la pauvreté, et je pense que c’est impossible. Je ne vais donc pas me permettre de vous sermonner en vous demandant si vous savez combien de gens sont pauvres de nos jours, car cela n’aurait pour moi aucune utilité. Peut-être qu’un jour je ferai un film dans lequel il y a des gens pauvres, mais je n’ai pas de cause à défendre. Ma première femme [Adrienne Barbeau] était une militante féministe, mais ça n’a jamais été mon cas. Je ne suis pas comme ça. »
– John Carpenter: The Prince of Darkness


Photonik a écrit:Tiens, j'en profite pour signaler qu'il n'y aura pas d'émission cette semaine (emploi du temps bousculé, comme d'hab'). Partie remise à la semaine prochaine !!

Diantre, vivement la semaine prochaine alors !

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C'est plutôt pas pour me reposer effectivement, mais merci. :wink:

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Photonik a écrit:Tiens, j'en profite pour signaler qu'il n'y aura pas d'émission cette semaine (emploi du temps bousculé, comme d'hab'). Partie remise à la semaine prochaine !!

Ah, zut : juste quand je suis à jour dans mes écoutes ! ~___^
Repose-toi bien (ah, zut encore : ce n'est pas pour te reposer, mais parce que tu es trop occupé, au contraire !) !

Tori.

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Tiens, j'en profite pour signaler qu'il n'y aura pas d'émission cette semaine (emploi du temps bousculé, comme d'hab'). Partie remise à la semaine prochaine !!

Avatar de Photonik

Tiens, voilà ce qu'en dit le wiki anglo-saxon du film "Dawn Of The Dead/Zombie" :

How the creatures in contemporary zombie films came to be called "zombies" is not fully clear. The film Night of the Living Dead made no spoken reference to its undead antagonists as "zombies", describing them instead as "ghouls" (though ghouls, which derive from Arabic folklore, are demons, not undead). Although George Romero used the term "ghoul" in his original scripts, in later interviews he used the term "zombie". The word "zombie" is used exclusively by Romero in his 1978 script for his sequel Dawn of the Dead, including once in dialog. According to George Romero, film critics were influential in associating the term "zombie" to his creatures, and especially the French magazine "Cahiers du Cinéma". He eventually accepted this linkage even though he remained convinced at the time that "zombies" corresponded to the undead slaves of Haitian voodoo as depicted in Bela Lugosi's White Zombie.


Manifestement, Romero est d'accord avec toi mais il s'est fait une raison. :wink:

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Photonik a écrit:Peut-on vraiment parler d'erreur après l'assimilation par l'imaginaire collectif de la figure du zombie à la Romero ? Pour ma part je ne le crois pas. Il n'est pas rare, dans le domaine pop-culturel comme ailleurs, qu'un terme en recouvre un autre, voisin, mais pourtant bien distinct à la base. Beaucoup de qualificatifs dans des domaines variés proviennent "d'erreurs" de la sorte... C'est une forme d'invention ou de mutation du langage.

Une erreur collective reste une erreur... Ce n'est pas parce que presque tout le monde parle de la tranche d'un livre en pensant à son dos que c'est correct...

Et le "zombie à la Romero", c'est un "living dead", il me semble (dans ses titres, en VO, le mot "zombie" n'apparaît pas).

Mais tu c'est vrai que c'est un détail.

Tori.

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Le choix du terme "concéder" était, je m'en rends compte, probablement malheureux de ma part. On échange en donnant nos avis et en échangeant sur des faits, on ne joue pas à un jeu de gagne-terrain ou à un débat d'arguments à l'américaine... J'en prends acte, donc. :wink:

Pour le reste, je trouve ton exemple de Jack Kirby et Stan Lee créant les X-Men très intéressant ; en effet, je crois comme toi que le prêt "rétroactif" aux auteurs d'une volonté d'allégorie socio-politique joue ici à fond. Je le vois pour le coup exactement de la même manière.
Mais il ne faudrait pas pour autant, en tenant compte de ça et des conditions de production précaires de telle ou telle œuvre de fiction (les comics ou les films de Romero, par exemple), à ne surtout pas négliger en effet, totalement oublier que certains auteurs ont pu faire preuve parfois d'une ambition particulière dans la confection de leurs récits et du sous-texte éventuel.

L'exemple qui me vient, c'est celui de Kirby et Lee, justement, qui évoquent à travers une saga de Thor (mettant en scène les Archéopiens, des victimes de Galactus le Dévoreur de mondes) l'exode des juifs, leur massacre organisé en Europe et la fondation d'Israël après le second conflit mondial. Ce sous-texte est attesté par Kirby lui-même, si j'en crois un vieux numéro de Comic Box.
Tu m'objecteras qu'il n'est pas question ici de pré-science ou de "sentir" une évolution politique (voire d'y contribuer) et tu n'auras pas tort. :wink:

De manière plus générale, je partage complètement ton idée du "trop-plein d'analyse" qui saisit ceux comme nous ici qui se penche sur telle ou telle œuvre pour chercher à y voir à toute force un sous-texte, des allusions, etc... quitte à faire un enfant dans le dos aux faits, rien que les faits. Je me reconnais dans cette tendance en tout cas.
Pour me consoler, je me dis qu'il vaut mieux un excès d'analyse qu'un défaut d'analyse. Mais cette sentence un peu trop catégorique serait sûrement à tempérer...

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:[..]
Je concède néanmoins à Artemus que comme il le dit, en l'occurrence la réception a très largement débordé l'ambition, sans aucun doute.


Merci de me concéder :wink: que "la réception a très largement débordé l'ambition".

Mais ce que je dis est d'un tout autre ordre, ou disons que ça va bien plus loin.

Comme par exemple (manière de dire que Romero n'est pas ma "bête noire" du moment) les X-Men dont il est courant de lire qu'ils représentaient la ségrégation et le racisme.

Je doute beaucoup que Stan Lee et Jack Kirby se soient mis autour d'une table en disant, voilà : le monde par en sucette, la situation des droits civiques n'est plus tolérable, faisons une série de super-héros qui dépeindrait cette situation (pour les ambitions basses).
Notre employeur Marvel tente alors de sortir la tête de l'eau, DC Comics nous tient à la gorge (notamment en étant notre distributeur via une de ses filiales), mais les générations futures se souviendront de nous pour ça.

Non, pour ma part je crois qu'ils ont inventé une histoire qui prenait le contre-pied de ce qui se faisait dans ce domaine à savoir pour le dire vite une équipe de super-héros différentes (comme ce qu'ils ont fait avec les FF, démarquage de la JLA), en butte à la société, etc.

Ainsi ce qui pour moi est une création qui utilise avant tout des ressorts dramatiques avec ingéniosité, et dont la préoccupation majeure est de passer sous le radar de DC (on ne fait pas de super-héros mais des histoires de mutants) en évitant d'être accusé de plagiat, remember le Captain Marvel de Fawcett, au sein d'une industrie dont c'est pourtant le sport favoris, se trouve ensuite reçu - à tort - comme la lutte non pas seulement de la ségrégation et du racisme mais tenez-vous bien : de la lutte entre les partisans de Martin Luther King et de ceux de Malcolm X.
Car oui Xavier et Magnéto partagent d'être des "mutants", qui s'ils luttent contre homo sapiens (ou l'idée qu'ils se font des mutants) ne partagent pas la même manière de le faire.
Comme Martin Luther King qui partage avec Malcolm X d'être Noir, lutte pour les droits civiques comme ce dernier, mais pas de la même manière.

J'aime beaucoup les analyses de fond, j'en fais énormément c'est un peu mon fond de commerce (sic), mais je sais que tout aussi séduisante que soit une interprétation, elle est surtout une construction intellectuelle et culturelle (pour les meilleurs des cas) après coup.

Prêter à tel ou tel "artiste" (terme à prendre dans le sens le plus large possible) un don d'analyse, et de prédiction (c'est d'ailleurs un lieu commun), ou une volonté militante - surtout lorsque l'artiste en question s'en défend - est un travers que nous avons tous plus ou moins. Ne serait-ce que pour qu'il y ait analyse, il faut du "grain" à moudre. Ou dans notre cas de figure à analyser.

Je crois qu'on aime en tant qu'humain, tellement les histoires que tout ce qu'on fait doit être d'une manière ou d'une autre narratif, et s'inscrire dans un dessein. Si possible "grandiose".
Un travers qui se trouve amplifié lorsqu'on parle d'un artefact culturel que l’intelligentsia regarde avec un peu de mépris.

Mais tout aussi pertinent que soit le film de Romero (par exemple), après coup, il est d'abord le travail de quelqu'un qui veut faire un film et dont les acteurs font d'abord partie de son entourage, et à qui il donne des rôles en fonction de leurs aptitudes (c'est lui qui le dit).
Et celui du héros échoit à celui dont il dit justement qu'il était le meilleur.

Ce qui n'est pas rien non plus, puisque celui-ci est un Africain-Américain, et qu'à l'époque les acteurs Noirs interprétant des héros (surtout avec cette dimension tragique), ça ne courre pas les rues.
Surtout celles d'Hollywood.
Au moins n'avait-il pas le calcul de plaire, mais je doute aussi que George Romero avait dans l'idée de faire un carton avec son long-métrage.

En conclusion si vous êtes encore là, je dirais que Romero (comme Marvel) essayait de faire ce qu'il avait envie de faire mais aussi de gagner sa croûte.
Et que sa position d'outsider lui a permis de ne pas tenir compte de la doxa politique du moment, pas parce qu'il avait des revendications à faire valoir, mais plus simplement, mais à mes yeux c'est encore plus fort, parce qu'il n'entretenait en tant qu'individu, aucune espèce de rapport de hiérarchie sur le plan racial, et que seul comptait la personne qu'il avait en face de lui.
Il avait aussi une contrainte, faire un film avec peu de moyens.
Et sûrement avec la volonté d'utiliser le meilleur de ce qu'il pouvait obtenir. CQFD.

Oui, sa décision est politique (comme beaucoup des décisions que nous prenons au jour le jour, aussi triviales que de mettre ses papiers à la poubelle, ou d'utiliser les transports en commun), mais en aucun cas militante et contestataire, de mon point de vue, en regard de ma propre analyse. Et des propres propos de Romero.
Qu'il ait ensuite enfoncé le clou, est tout à son honneur d’ailleurs.

Cela dit, comme je le répète à tire-larigot, je peux vivre avec l'idée que d'autres ne partagent pas mes idées ; il y a assez de place dans l'imaginaire collectif pour que des univers de pensées différentes se côtoient sans heurts.
L'idée de l'altérité est au cœur de notre discussion, la refuser au domaine des idées serait peu pertinent de ma part (et de tout façon ce n'est pas mon genre).

À partir du moment où n'y a pas de prosélytisme, mais des échangent amicaux d'amateurs à amateurs, ça me va.

Du reste, ce n'est pas parce que les idées qu'on a ne sont pas partagées par la majorité des intervenants qui se manifestent qu'elles ne peuvent pas avoir de pertinence. L'analyse de l'aspect contestataire - a posteriori - du film de George Romero en est la preuve : la présence d'un héros Africain-Américain n'était pas alors l'idée la mieux partagée du moment.

C'est pour ça que me "concéder" quelque chose, est pour le coup bien peu fair-play. :wink:

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Photonik a écrit:Faute de temps (et je cause déjà beaucoup), je n'ai pas trop évoqué les titres de Steve Gerber traduits en leur temps par Lug, comme ses "Daredevil" pas inintéressants (même si lui confesse s'être vite ennuyé sur le personnage), ou ses excellents "Marvel Two-in-One" (avec la Chose), entre autres.
Mon premier contact avec son travail, très jeune, m'a beaucoup marqué. C'était dans un vieux Strange Special Origines (chez Lug, donc), qui reprenait l'épisode de "Adventures Into Fear" où Man-Thing rencontre Wundarr, le futur Aquarian, en un pastiche éminemment Gerberien des origines de Superman (ce que je n'avais pas compris à ma première lecture..!).


Oui...quand je dis que je n'ai pas commencé par ses "travaux les plus remarqués", je voulais dire qu'ils n'ont pas l'aura et la réputation de ce qu'il a fait sur Defenders, Howard the Duck et Man-Thing par exemple. Ce qui n'empêche pas qu'il y a en effet des choses très intéressantes dans le lot...c'est marrant, dans mon premier comic-book de Steve Gerber, il y avait aussi Wundarr en personnage secondaire. C'était dans Marvel Two-In-One 2, publié par Lug dans le tout premier Spécial Strange.

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Comme je le suggérais fortement dans ma réponse à Tori, j'ai trouvé le film totalement catastrophique. Il faut dire qu'il est torché par Brett Leonard, l'immortel auteur d'un "Highlander 5" de sinistre mémoire (un cinéaste très fainéant, il était tout de même un peu plus exigeant quand il signait le film de SF "Le Cobaye", au début des années 90).


Ouais, c'est raté. J'ai préféré les Swamp Thing...qui ne sont franchement pas des bons films, mais au moins tout n'est pas à jeter.

D'ailleurs, pour en savoir plus... :wink:

http://www.comics-sanctuary.com/forum/la-creature-du-marais-wes-craven-t86101.html

http://www.comics-sanctuary.com/forum/the-return-of-swamp-thing-jim-wynorski-t76375.html

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Le Doc a écrit:
Lis plutôt le wiki U.S. :wink:

https://en.wikipedia.org/wiki/Man-Thing_(film)


Oui, sans compter qu'il est nettement plus étoffé, en l'occurrence.

C'est une forme de soulagement pour moi de voir ainsi écartée l'idée de la participation de Gerber à cette purge sans nom qu'est le film "Man-Thing"...

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Le Doc a écrit:Super chronique d'un scénariste que j'ai découvert progressivement au fil des années. Je lisais très peu d'Arédit/Artima en grandissant, je préférais les publications LUG donc je n'ai pas commencé par les travaux les plus "remarqués" de Steve Gerber (à par quelques épisodes piochés par-ci par-là). Et beaucoup de choses sont restées inédites chez nous. Ce n'est d'ailleurs que l'année dernière que j'ai pu lire les premiers épisodes de Howard the Duck dans la réédition V.O....et quelle savoureuse lecture ! J'ai hâte de faire pareil avec Man-Thing.


Faute de temps (et je cause déjà beaucoup), je n'ai pas trop évoqué les titres de Steve Gerber traduits en leur temps par Lug, comme ses "Daredevil" pas inintéressants (même si lui confesse s'être vite ennuyé sur le personnage), ou ses excellents "Marvel Two-in-One" (avec la Chose), entre autres.
Mon premier contact avec son travail, très jeune, m'a beaucoup marqué. C'était dans un vieux Strange Special Origines (chez Lug, donc), qui reprenait l'épisode de "Adventures Into Fear" où Man-Thing rencontre Wundarr, le futur Aquarian, en un pastiche éminemment Gerberien des origines de Superman (ce que je n'avais pas compris à ma première lecture..!).

Le Doc a écrit:
- Pour la littérature, c'est du lourd, vu qu'on aborde le travail de Thomas Ligotti, maître méconnu mais incontournable de la littérature horrifique, via le recueil (le seul paru en français) "Chants du Cauchemar et de la Nuit". Tremblez, carcasses.


Je ne connaissais pas du tout. Je lis peu de romans en ce moment, mais j'en prends bonne note...


Tu devrais adorer ; je pense que Ligotti a tout pour plaire aux lecteurs de Stephen King.

Le Doc a écrit:J'avais déjà entendu cette très belle reprise de Black Sabbath (j'étais tombé sur une vidéo YouTube il y a un an ou deux, un montage approprié de scènes des 3 Visages de la Peur de Bava).


Oui, c'est également par le biais de cette vidéo très réussie que j'ai découvert le titre, un peu par hasard.


Le Doc a écrit:Et c'est le seul titre que j'ai apprécié cette semaine... :wink:


Ouais, j'admets volontiers que c'était bien zarbi dans l'ensemble, cette semaine. :mrgreen:

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Le Doc a écrit:Le scénariste de Man-Thing est Hans Rodionoff. Steve Gerber n'a rien à voir avec le scénario du film.


Je te fais confiance ; ça m'apprendra à faire confiance à Wikipedia. :wink:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Man-Thing_(film)

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Benoît a écrit:Si le budget de Dernier train pour Busan paraît "dérisoire" en comparaison de celui de World war Z, il convient néanmoins de relativiser au vu du contexte de production. Le film de Marc Foster est une production américaine alors que celui de Yeon Sang-ho a été produit en Corée du Sud, où ce genre de budget est conséquent à l'échelle de l'économie du pays (soit plus de 10 milliards de wons) et fait partie de la fourchette haute dans la production locale. De par son budget, Dernier train pour Busan est bien un blockbuster au même titre que les grosses productions historiques en costumes qui peuvent se développer là-bas, à l'instar de Roaring currents avec Choi Min-sik dont le budget s'élevait à 9,5 millions de dollars. A titre d'exemple, The host de Bong Joon-ho était la production la plus chère financée en Corée du Sud au moment de sa sortie et le réalisateur avait cette phrase éclairante en disant que la vedette du film, c'était la créature amphibie dont la part allouée du budget pour la développer aurait permis de s'offrir les deux trois plus grosses stars locales du moment.



Je ne souhaitais pas donner l'impression que "Dernier Train pour Busan" avait été réalisé avec trois bouts de ficelle et deux planches, hein. C'est une production importante à l'échelle de l'économie du cinéma sud-coréen, sans aucun doute.
D'une certaine manière, en le présentant de cette manière, je souhaitais appuyer sur le fait que le film était très astucieux, émulant sans problème le souffle du blockbuster à l'américaine, tout en en reprenant intelligemment les ficelles. C'est un tour de force d'une certaine manière.

Benoît a écrit:De même, Snowpiercer n'est pas issu du sérail d'Hollywood, c'était un projet initié par le réalisateur en Corée du Sud et que les producteurs locaux ont financé à hauteur de 20 millions de dollars, soit à peu près la moitié du budget du film et la plus grosse somme débloquée localement pour un film à ce moment, avant d'aller démarcher des fonds à l'étranger pour boucler le financement.


Oui, tu as tout à fait raison, j'ai commis une erreur assez grossière, là. D'autant plus regrettable que j'ai lu l'entretien que le réalisateur accorde aux "Cahiers du Cinéma" ces jours-ci, où il parle du financement de ses projets.

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Photonik a écrit:Je l'imagine mal ayant critiqué le film, tout du moins à sa sortie : il est crédité au générique en tant que co-scénariste. J'ignore néanmoins quelle a été sa contribution exacte ; est-il crédité pour son travail antérieur sur le comic ou a-t-il vraiment bossé sur le script à proprement parler ? Faudrait que je me renseigne.


Le scénariste de Man-Thing est Hans Rodionoff. Steve Gerber n'a rien à voir avec le scénario du film.

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calvinball a écrit:Tiens au sujet de ce retour de George Roméro sur le choix de Duane Jones, j'ai toujours eu la sensation qu'en insistant sur le fait qu'il n'avait pas casté l'acteur "parce que noir", Roméro en faisait un acte socialement contestataire encore plus fort, surtout remis dans le contexte de 1968.



Je suis complètement d'accord avec ça. On pourrait dire que feindre l'indifférence à la couleur de peau de l'acteur ou ne pas la feindre, finalement cela revient exactement au même : le coup de force, c'était de caster un acteur noir, peu importe la raison. A l'époque, peu d'acteurs noirs (on peut quand même penser à Sydney Poitier, une exception) avaient droit aux premiers rôles.
Je concède néanmoins à Artemus que comme il le dit, en l'occurrence la réception a très largement débordé l'ambition, sans aucun doute.

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Ektah a écrit:
Tori a écrit:Je n'ai pas grand chose à dire sur cet épisode... Sinon que j'ai encore plus envie de voir Dernier train pour Busan, et que je comprends un peu mieux pourquoi j'ai longtemps confondu Man-Thing et Swamp Thing... Est-ce qu'on sait ce que Steve Gerber a pensé du film Man-Thing (est-ce une bonne adaptation, d'ailleurs ? J'ai le DVD, mais je ne l'ai pas encore regardé) ?


J'en ai entendu du bien mais je ne l'ai pas vu non plus. C'est sûrement meilleur que les adaptations de "Swamp Thing".


Comme je le suggérais fortement dans ma réponse à Tori, j'ai trouvé le film totalement catastrophique. Il faut dire qu'il est torché par Brett Leonard, l'immortel auteur d'un "Highlander 5" de sinistre mémoire (un cinéaste très fainéant, il était tout de même un peu plus exigeant quand il signait le film de SF "Le Cobaye", au début des années 90).
Je préfère de loin à ce film extrêmement faible le premier "Swamp Thing", celui signé Wes Craven. Il est bardé de défauts mais il comprend tout de même nettement plus de matière que le film très indigent de Leonard, dont j'ai du mal à croire que Steve Gerber ait pu co-signer ni même valider le scénario ; c'est une trahison totale de l'ambiance et de la patte de la BD, qui se cache derrière une "fidélité" et une déférence de façade à l'oeuvre originelle (avec cette manie stupide de nommer des persos d'après des auteurs du comics ; il y a ici un Steve Gerber et un Mike Ploog dans le cast'...).

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Ektah a écrit:
Je te conseillerai plutôt Muslimgauze.



J'en prends bonne note. Et merci pour tes précisions ultérieures, je ne connaissais absolument pas le parcours atypique de cette formation.

Et à propos de ça, il n'y a pas à ma connaissance de sujets interdits ici. Moi en tout cas j'aborde ce que je veux et j'ai l'impression que c'est le cas pour un peu tout le monde. J'accueille les débats philosophico-politiques comme les autres, pour peu que j'ai quelque chose à dire (Nemo, où diable es-tu donc passé, d'ailleurs ? :wink: ).
J'ai simplement l'impression que les intervenants n'ont pas forcément envie d'aller par là pour les échanges. Ce qui me vas très bien aussi.
D'ailleurs, on a déjà parlé ici de Varg Vikerness, que ce soit dans l'émission ou sur ce thread (il n'était pas question dans ce cas de valider ou d'invalider son discours (parfaitement indéfendable à mes yeux, pour ce que ça vaut), simplement de rappeler son parcours).

Ektah a écrit:Mais ce n'est pas inédit: si on considère le blues comme une forme particulière de musique folk (ce qui est mon cas), ce n'est pas différent de la transition vers l'électrique de Dylan, ou même de l'apparition du rock, dans une certaine mesure. Et, pour avoir passé beaucoup de temps dans cette communauté autour du "folk horror", on est nombreux à considérer des gens comme Donovan ou Crosby, Stills and Nash (surtout le premier album) comme des précurseurs du genre. Cette question du folk électrique et urbain est là depuis longtemps. Et l'indus-folk (ou indus tribal comme j'ai pu le voir parfois nommé) n'est que le dernier avatar de cette tradition, à mon avis.

Une autre de ses formes pourrait être, par exemple, ces groupes de métal ajoutant un aspect traditionnel à leur répertoire (Empyrium, Wolves in the Throne Room, Agalloch et tant d'autres...). Pour moi, c'est un peu le même état d'esprit qui préside à tous ces projets.



C'est marrant, cet échange me rappelle une citation du cinéaste et musicien F.J. Ossang, qui disait que les musiciens rock (ou de musiques amplifiées en général, pourrait-on dire) étaient en fait souvent des ruraux fraîchement débarqués en milieu urbain. D'après lui, la musique en question était le vecteur idéal pour esthétiser ou représenter ce qui frappe de sidération en premier un rural en ville : le vacarme. J'adhère assez à cette thèse.


Ektah a écrit:Tiens, avec des sous-titres anglais (à activer dans le player youtube).

Player Sanctuary



Génial !! Merci beaucoup pour ça...


Ektah a écrit:Ça se voit peut-être un peu dans "Arkham Asylum", en y réfléchissant.




Oui, tout à fait.
Et je me risquerais même à dire que c'est surtout le dessinateur Dave McKean qui est marqué par l'influence de Svankmajer (même si l'intérêt de Morrison pour ce cinéaste est également manifeste).
Il suffit de voir que McKean a parfois pu faire par ailleurs avec Neil Gaiman : "Mr Punch", un travail un peu particulier du dessinateur avec le scénariste de "Sandman", atteste aussi clairement de la filiation (et certaines couvertures de "Sandman" aussi d'ailleurs).

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Tori a écrit:Est-ce qu'on sait ce que Steve Gerber a pensé du film Man-Thing (est-ce une bonne adaptation, d'ailleurs ? J'ai le DVD, mais je ne l'ai pas encore regardé) ?


Je l'imagine mal ayant critiqué le film, tout du moins à sa sortie : il est crédité au générique en tant que co-scénariste. J'ignore néanmoins quelle a été sa contribution exacte ; est-il crédité pour son travail antérieur sur le comic ou a-t-il vraiment bossé sur le script à proprement parler ? Faudrait que je me renseigne.
Peut-être a-t-il été critique après coup, ce ne serait pas inédit après tout. Mais là encore je n'ai pas les détails.

Et bon courage dans la perspective de ton visionnage du film ; j'y reviens plus bas (spoiler alert : c'est complètement naze).


Tori a écrit:Ah, si, une petite remarque : tu parles de films de zombis, mais il faudrait, dans la plupart des cas, parler de films de morts-vivants... Le zombi, c'est vraiment la tradition vaudoue : la "marionnette humaine". Le mort-vivant, c'est plus général.
Mais beaucoup de gens font l'erreur.



Peut-on vraiment parler d'erreur après l'assimilation par l'imaginaire collectif de la figure du zombie à la Romero ? Pour ma part je ne le crois pas. Il n'est pas rare, dans le domaine pop-culturel comme ailleurs, qu'un terme en recouvre un autre, voisin, mais pourtant bien distinct à la base. Beaucoup de qualificatifs dans des domaines variés proviennent "d'erreurs" de la sorte... C'est une forme d'invention ou de mutation du langage.

Tu n'as pas tort dans l'absolu pour autant, hein. :wink:

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque le premier film en prises de vue réelles de l'excellent Yeon Sang-Ho, "Dernier Train pour Busan", sorte de blockbuster avec des zombies...


Bon, encore un film asiatique que je n'ai pas vu. Il me tente bien en tout cas et je le regarderai quand il sera diffusé à la TV.
Très intéressante rétrospective des films de zombie. Et à ce propos :

Ektah a écrit:Pour moi, c'est un acte politique mais quasiment par défaut.


Pareil. Même si George Romero s'en est défendu en disant que Duane Jones était surtout le meilleur acteur de leur bande, j'ai également toujours vu le fait de donner le premier rôle à un acteur noir, et surtout à cette époque, comme un acte politique fort. Et cela a en effet rejailli sur la scène finale...

Quant à World War Z...disons que je préfère le livre...

- Au rayon BD, je suis très heureux d'aborder le cas du regretté Steve Gerber, scénariste phare des années 70 chez Marvel ; on cause de son travail posthume "The Infernal Man-Thing" (avec Kevin Nowlan), coda à son travail sur le titre dans les seventies.


Super chronique d'un scénariste que j'ai découvert progressivement au fil des années. Je lisais très peu d'Arédit/Artima en grandissant, je préférais les publications LUG donc je n'ai pas commencé par les travaux les plus "remarqués" de Steve Gerber (à par quelques épisodes piochés par-ci par-là). Et beaucoup de choses sont restées inédites chez nous. Ce n'est d'ailleurs que l'année dernière que j'ai pu lire les premiers épisodes de Howard the Duck dans la réédition V.O....et quelle savoureuse lecture ! J'ai hâte de faire pareil avec Man-Thing.

- Pour la littérature, c'est du lourd, vu qu'on aborde le travail de Thomas Ligotti, maître méconnu mais incontournable de la littérature horrifique, via le recueil (le seul paru en français) "Chants du Cauchemar et de la Nuit". Tremblez, carcasses.


Je ne connaissais pas du tout. Je lis peu de romans en ce moment, mais j'en prends bonne note...

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Bite The Bolster", extrait de "Hole In The Heart" de Ramleh, "It's All Gone Weird", issu de l'album "Carheart" par le groupe Virus, "Sentients" des anglais de Fuck Buttons sur l'album "Slow Focus", et on termine cette exploration horrifique par le titre séminal du genre en matière de rock, à savoir le "Black Sabbeth" de Gonga et Beth Gibbons au chant, reprise de qui vous savez..


J'avais déjà entendu cette très belle reprise de Black Sabbath (j'étais tombé sur une vidéo YouTube il y a un an ou deux, un montage approprié de scènes des 3 Visages de la Peur de Bava). Et c'est le seul titre que j'ai apprécié cette semaine... :wink:

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calvinball a écrit:Tiens au sujet de ce retour de George Roméro sur le choix de Duane Jones, j'ai toujours eu la sensation qu'en insistant sur le fait qu'il n'avait pas casté l'acteur "parce que noir", Roméro en faisait un acte socialement contestataire encore plus fort, surtout remis dans le contexte de 1968.

Ceci dit c'est vrai que le regard qu'on porte sur ce film est probablement biaisé par la vision de zombie et Dawn of the dead dont la veine revendicative est bien plus affirmée. Et dans mon cas le fait d'avoir vu cette trilogie en commençant par zombie a accentué ce biais.


Tout à fait.

Pour moi, c'est un acte politique mais quasiment par défaut. Le fait d'engager Duane Jones parce que c'est le bon acteur pour le rôle (ce qui est vrai, il est juste parfait dans ce film) sans tenir compte de sa couleur de peau, à cette époque-là, n'est pas un acte anodin. De même, ces dernières images du film n'auraient pas eu le même impact avec un acteur blanc. Et je ne pense pas que Romero soit naïf: il devait être conscient de tout ça.

Mais la façon dont je lis sa déclaration, c'est que sa prise de position consiste simplement à ne pas tenir compte de certaines règles tacites de l'industrie du cinéma. Une attitude passive-agressive comme forme de "lutte". Finalement, c'est assez raccord avec les principes du Nouvel Hollywood dans lequel on peut le placer.

Ce n'était sans doute pas un acte revendicatif, il voulait juste faire son film, mais il se plaçait délibérément dans un courant contestataire de son temps, simplement par cette action.

Et effectivement, il a un peu plus forcé le trait par la suite.

Avatar de artemus dada

Beau rappel amigo, très intéressant et qui me rappelle by the way - puisque je n'avais pas pensé à m'intéresser à ce côté-là du financement - de ne jamais oublier de regarder les chose du "point de vue de Sirius", si j'ose dire. :wink:

Avatar de Benoît

Si le budget de Dernier train pour Busan paraît "dérisoire" en comparaison de celui de World war Z, il convient néanmoins de relativiser au vu du contexte de production. Le film de Marc Foster est une production américaine alors que celui de Yeon Sang-ho a été produit en Corée du Sud, où ce genre de budget est conséquent à l'échelle de l'économie du pays (soit plus de 10 milliards de wons) et fait partie de la fourchette haute dans la production locale. De par son budget, Dernier train pour Busan est bien un blockbuster au même titre que les grosses productions historiques en costumes qui peuvent se développer là-bas, à l'instar de Roaring currents avec Choi Min-sik dont le budget s'élevait à 9,5 millions de dollars. A titre d'exemple, The host de Bong Joon-ho était la production la plus chère financée en Corée du Sud au moment de sa sortie et le réalisateur avait cette phrase éclairante en disant que la vedette du film, c'était la créature amphibie dont la part allouée du budget pour la développer aurait permis de s'offrir les deux trois plus grosses stars locales du moment.

De même, Snowpiercer n'est pas issu du sérail d'Hollywood, c'était un projet initié par le réalisateur en Corée du Sud et que les producteurs locaux ont financé à hauteur de 20 millions de dollars, soit à peu près la moitié du budget du film et la plus grosse somme débloquée localement pour un film à ce moment, avant d'aller démarcher des fonds à l'étranger pour boucler le financement. Ce qui a permis au réalisateur d'avoir une équipe technique coréenne intégrée aux différentes étapes de la production du film pendant le tournage en République Tchèque, et de conserver le contrôle sur le film pour son exploitation à l'internationale.

Avatar de artemus dada

calvinball a écrit:[..]
Ceci dit c'est vrai que le regard qu'on porte sur ce film est probablement biaisé par la vision de zombie et Dawn of the dead dont la veine revendicative est bien plus affirmée. Et dans mon cas le fait d'avoir vu cette trilogie en commençant par zombie a accentué ce biais.


Veine revendicative, dont on peut se demander si elle n'a pas été prise par rapport à l'accueil du premier film, où justement ce "militantisme" a été perçu, en dépit de la volonté de Romero ?

Ce qui ne fait pas du cinéaste un faux-cul non plus, mais peut-être quelqu'un qui a su saisir la chance qui se présentait d'orienter son cinéma vers une politique dans laquelle il croyait pas ailleurs, mais qui était surtout le fruit du hasard. Et d'une réception qui dépassait ses ambitions.

Avatar de calvinball

artemus dada a écrit: Au sujet de La Nuit des Morts-vivants dont tu parles, le choix d'un acteur Noir est un hasard.
Romero le dit lui-même dans de nombreux entretiens.
Par exemple :

George Romero a écrit:
"On a choisi un acteur afro-américain parce qu'il était le meilleur comédien parmi nos amis. Et Martin Luther King s'est fait assassiner alors qu'on venait juste de terminer notre film. Par ricochet, La Nuit des morts-vivants est devenu un miroir de notre époque." (Apocalypse Zombie, hors-série Mad Movies)



Donc, l'allégorie sur les droits civiques dont tu parles, est surtout l'effet conjugué du hasard et d'une tragédie.
À moins de confondre George Romero avec madame Irma


Tiens au sujet de ce retour de George Roméro sur le choix de Duane Jones, j'ai toujours eu la sensation qu'en insistant sur le fait qu'il n'avait pas casté l'acteur "parce que noir", Roméro en faisait un acte socialement contestataire encore plus fort, surtout remis dans le contexte de 1968.

Ceci dit c'est vrai que le regard qu'on porte sur ce film est probablement biaisé par la vision de zombie et Dawn of the dead dont la veine revendicative est bien plus affirmée. Et dans mon cas le fait d'avoir vu cette trilogie en commençant par zombie a accentué ce biais.

Avatar de artemus dada

Ektah a écrit:
artemus dada a écrit:.... Je me permets de proposer quelques liens vers le travail de Gerber en rapport avec ce que tu en dis dans ton émission: (...)


Wow. C'est passionnant, tout ça. Merci pour tout ce travail. Ça fait vraiment plaisir d'explorer un pan de l'histoire des comics à ce point méconnu (et de réévaluer totalement la figure de Man-Thing, en ce qui me concerne).[..]


Merci, tant mieux, si ça intéresse quelqu'un. :wink:

Avatar de Ektah

Tori a écrit:Je n'ai pas grand chose à dire sur cet épisode... Sinon que j'ai encore plus envie de voir Dernier train pour Busan, et que je comprends un peu mieux pourquoi j'ai longtemps confondu Man-Thing et Swamp Thing... Est-ce qu'on sait ce que Steve Gerber a pensé du film Man-Thing (est-ce une bonne adaptation, d'ailleurs ? J'ai le DVD, mais je ne l'ai pas encore regardé) ?


J'en ai entendu du bien mais je ne l'ai pas vu non plus. C'est sûrement meilleur que les adaptations de "Swamp Thing".

Avatar de Ektah

artemus dada a écrit:.... Je me permets de proposer quelques liens vers le travail de Gerber en rapport avec ce que tu en dis dans ton émission: (...)


Wow. C'est passionnant, tout ça. Merci pour tout ce travail. Ça fait vraiment plaisir d'explorer un pan de l'histoire des comics à ce point méconnu (et de réévaluer totalement la figure de Man-Thing, en ce qui me concerne).

Photonik a écrit:Je ne connais pas les deux projets que tu cites, faut que je jette une oreille là-dessus (surtout Thrasher Qawwal).


Je te conseillerai plutôt Muslimgauze. Thrasher Qawwal est le projet de Larry Thrasher et n'a sorti qu'un seul album, que je trouve intéressant, mais reste juste une note de bas de page dans l'histoire de Psychic TV (et Genesis P. Orridge ne participe pas au disque).

Muslimgauze, par contre, est un projet musical ayant sorti des centaines de disques (pour la plupart réussis) avec trois pôles artistiques: musique industrielle, musique électronique et musique trad du proche et du moyen orient, le dosage de ces trois styles variant radicalement d'une production à l'autre. Bon, je pense que, dans un forum comme celui-ci, il faut éviter les discussions politiques comme de la kryptonite, mais il faut quand même que je précise quelque chose: Bryn Jones, le gars derrière ce projet, était quelqu'un de très politisé en faveur de la Palestine et du métissage des cultures. Cela apparaît dans sa musique. Il faut juste en être conscient avant de se lancer dans cette exploration. Mais le point important reste la musique, quelles que soient nos opinions. S'il le faut, on peut aussi parler de Peste Noire et Varg Vikernes, histoire d'équilibrer un peu tout ça. :wink: (Hop, fin du terrain glissant).

Photonik a écrit:Moi aussi je suis fasciné par le parcours de cette scène : ça revient un peu à ce qu'on disait au sujet de la veine urbaine de la "folk-horror" ; ces musiciens ont œuvré dans le genre le plus urbain imaginable, et les voir se diriger vers un renouveau de la musique folk pour les uns et du rock pour les autres m'a toujours épaté et interpellé.


Oui, c'est exactement mon ressenti également.

Mais ce n'est pas inédit: si on considère le blues comme une forme particulière de musique folk (ce qui est mon cas), ce n'est pas différent de la transition vers l'électrique de Dylan, ou même de l'apparition du rock, dans une certaine mesure. Et, pour avoir passé beaucoup de temps dans cette communauté autour du "folk horror", on est nombreux à considérer des gens comme Donovan ou Crosby, Stills and Nash (surtout le premier album) comme des précurseurs du genre. Cette question du folk électrique et urbain est là depuis longtemps. Et l'indus-folk (ou indus tribal comme j'ai pu le voir parfois nommé) n'est que le dernier avatar de cette tradition, à mon avis.

Une autre de ses formes pourrait être, par exemple, ces groupes de métal ajoutant un aspect traditionnel à leur répertoire (Empyrium, Wolves in the Throne Room, Agalloch et tant d'autres...). Pour moi, c'est un peu le même état d'esprit qui préside à tous ces projets.

Photonik a écrit:Alors ça, c'est la très très grosse révélation de ces derniers mois pour moi. J'attendrais probablement d'avoir terminé l'arc "High Society" avant d'en parler (aux abords du numéro 50, donc, sur 300 épisodes). Mais je me suis pas mal renseigné sur le titre et son auteur, et il y aura de quoi dire ; c'est une des plus monumentales aventures de toute l'histoire de la BD.


Damn ! Oui, vraiment impatient.

Photonik a écrit:Je ne connais pas le film de Peter Medak, donc merci pour le tuyau, ça donne envie, là.


Tiens, avec des sous-titres anglais (à activer dans le player youtube).

[youtube]https://www.youtube.com/watch?v=8dgosa7wkfY[/youtube]

Bon, tu vas aussi remarquer que le film est classé x. Ce n'est pas pour des raisons de violence ou de sexe mais de critique de la haute société anglaise: la chambre des lords en prend pour son grade (surtout dans une scène finale assez impressionnante). Comme d'habitude avec la comédie anglaise, la critique sociale ne donne pas exactement dans la demi-mesure, mais l'inventivité du film et l'interprétation des acteurs (O'Toole en tête, évidemment) est absolument réjouissante.

À ma connaissance, il n'y a pas de dvd ou blu-ray avec des sous-titres français (l'édition la plus récente dans notre pays est un laserdisc...). Bon, sinon, le dvd zone 1 par Criterion comporte son lot de bonus intéressants aussi.

Photonik a écrit:Pour les conseils de Morrison, il a aussi beaucoup parlé des travaux de Svankmajer à la croisée des années 80 et 90 comme exemple de son "bain esthétique" de l'époque, et ça me semble faire sens...


Tiens, je ne l'aurai pas devinée, celle-là. Intéressant. Il faut que je relise "The Invisibles" et "Doom Patrol", du coup. Ça se voit peut-être un peu dans "Arkham Asylum", en y réfléchissant.

Photonik a écrit:C'est vrai que Gonga, qui fait ici office de backing-band, ne s'est pas trop foulé et reprend la titre rigoureusement à l'identique... Pour être franc j'ai rien à dire : je joue dans un cover-band de Black Sabbath à mes heures perdues, et on reprend nous aussi les morceaux en respectant scrupuleusement les versions originales, donc...


Bah, je ne serais pas à ma place à vous critiquer pour ça, moi qui ne fait pas du tout de musique.

Avatar de Tori

Je n'ai pas grand chose à dire sur cet épisode... Sinon que j'ai encore plus envie de voir Dernier train pour Busan, et que je comprends un peu mieux pourquoi j'ai longtemps confondu Man-Thing et Swamp Thing... Est-ce qu'on sait ce que Steve Gerber a pensé du film Man-Thing (est-ce une bonne adaptation, d'ailleurs ? J'ai le DVD, mais je ne l'ai pas encore regardé) ?

Ah, si, une petite remarque : tu parles de films de zombis, mais il faudrait, dans la plupart des cas, parler de films de morts-vivants... Le zombi, c'est vraiment la tradition vaudoue : la "marionnette humaine". Le mort-vivant, c'est plus général.
Mais beaucoup de gens font l'erreur.

Tori.

Avatar de Photonik

artemus dada a écrit:Très très belle parenthèse sur Steve Gerber, qui comme d’habitude donne envie de lire ou (dans mon cas de relire) ce dont tu parles.


Merci pour cette appréciation. :wink:

artemus dada a écrit:Dommage par contre, que tu ne parles pas beaucoup de l'édition Panini (et que je ne connais pas ayant les floppy U.S de cette mini-série), dont tu sembles pourtant regretter le résultat.


Tu as raison : je n'ai pas assez développé ce point ; j'en profite pour combler cette lacune ici.
Je pense avoir dit un mot du format, "artificiellement" gonflé vers un format à l'européenne (pour accentuer un effet de "prestige" ? je ne sais pas), alors que les pages à l'intérieur conservent le format comics originel. Résultat : il y a beaucoup "d'air" en haut et en bas des pages, je ne trouve pas le résultat très probant sur le plan esthétique...
D'autre part, ce n'est pas idiot d'y mettre le "Man-Thing 12", véritable prologue à "Infernal Man-Thing" 1 à 3, mais pourquoi le mettre après, dans l'ordre de lecture ? Quand à "Savage Tales 1", c'est sympa aussi de l'y inclure dans l'absolu, mais ça se justifie moins. A la rigueur, un ou autre épisode de la période Gerber aurait été plus approprié.
Je déplore également le manque d'accompagnement éditorial, il y aurait pourtant eu de quoi dire, notamment sur les brouilles entre Gerber et Marvel, par exemple.
Quant à la traduction, puisque j'ai lu "Man-Thing 12" dans les deux versions, je la trouve fonctionnelle mais pas forcément très inspirée... Rien de déshonorant tout de même.

Excellent idée que d'adjoindre à ton post les liens vers tes articles sur le sujet : Gerber est suffisamment méconnu en France pour que l'on insiste sur ton travail de défrichage/déchiffrage.

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:Épisode 12 : It's All Gone Weird..!!![..]
- Au rayon BD, je suis très heureux d'aborder le cas du regretté Steve Gerber, scénariste phare des années 70 chez Marvel ; on cause de son travail posthume "The Infernal Man-Thing" (avec Kevin Nowlan), coda à son travail sur le titre dans les seventies.[...]


Très très belle parenthèse sur Steve Gerber, qui comme d’habitude donne envie de lire ou (dans mon cas de relire) ce dont tu parles.

Merci.

Dommage par contre, que tu ne parles pas beaucoup de l'édition Panini (et que je ne connais pas ayant les floppy U.S de cette mini-série), dont tu sembles pourtant regretter le résultat.
________

.... Je me permets de proposer quelques liens vers le travail de Gerber en rapport avec ce que tu en dis dans ton émission:

•L'épisode où il se met en scène dans les pages de Man-Thing, a paru en V.F donc accessible (Pour en savoir +) chez Arédit/Artima, j'en propose les pages sur mon blog.

Howard the Duck (Pour en savoir +) a connu une édition francophone et pour le coup québécoise (Pour en savoir +). Je propose le premier épisode d'Howard le Canard des éditions Héritage sur mon blog.

Omega the Unknown a paru dans l'Hexagone aussi, et je propose de voir le découpage français et l'original (Pour en savoir +), sachant que l'éditeur Arédit/Artima produisait des "petits formats" et qu'il retouchait les pages.

Gerber s'est aussi occupé d'un titre devenu depuis très très célèbre, Les Gardiens de la Galaxie (Pour en savoir +), dans lequel il met en scéne une relation très torride autant que cosmique. Je propose de voir à ce propos les retouche de l'atelier LUG, qui publiait alors ce titre.
Il y invente aussi un personnage étonnant : Icarus.
Un personnage homme/femme, et en même temps frère & sœur, qui aura - tenez-vous bien - des enfants !!!!
C'est à découvrir sur mon blog, toujours (Pour en savoir +).

Merci de votre attention.

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Photonik a écrit:[..]
On a effectivement la latitude[..]


Non, je ne crois pas.

On n'a pas justement la latitude de voir ou de ne pas voir.
On ne peut voir que ce qu'on connait déjà, au travers de notre culture personnelle, mais aussi du discours (dominant et/ou sous-culturel et/ou contre-culturel auquel on adhère plus ou moins) de notre époque, au travers des gens que l'on côtoie, etc.

On peut certes, passer à côté de quelque chose que l'on pourrait déchiffrer, mais on n'a pas la possibilité de l'éviter consciemment.

À moins de se mentir à soi-même. Ou d'être étourdi. Ou de ne pas avoir le bagage culturel nécessaire.

:wink:

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Ah oui, à ce compte-là nous sommes bien d'accord.
On a effectivement la latitude de ne pas voir le premier film de Romero sous l'angle de l'allégorie sociale, et la non-intentionnalité manifeste de l'auteur y invite d'ailleurs peut-être en effet.
Et pourtant pour moi (pour moi, donc) elle y est : c'est un peu ce que John Lennon explique quand il dit que toutes les interprétations, même les plus farfelues, de ses morceaux y sont contenues, qu'il les ai vues lui-même ou pas.

Maintenant, j'ai peut-être été trop catégorique dans mon propos (du genre : "La Nuit des Morts-Vivant", c'est ça et pas autre chose) quand il m'aurait fallu modérer cette lecture possible comme étant la mienne (et celle d'autres aussi).

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:[..]
Ceci dit, je note que tu livres toi-même un avis relativement définitif sur "Dernier Train pour Busan" sur la foi de sa première demi-heure. :wink:


Oui, mais une 1/2 heure que j'ai vue. :)

- je connaissais les propos de Romero que tu rapportes sur la genèse de "La Nuit des Morts-vivant". Ceci dit, pour moi, ça ne change rien : qu'elle soit le fruit du hasard ou des circonstances, cette veine "socialement consciente" est bel et bien présente dans le film


En fait non, elle ne l'est pas, présente.

Voilà ce que j'en pense.

C'est la lecture que chacun en fait - à l'aune de sa propre culture (qui peut aussi évoluer) et, influencé par le discours qui existe au préalable (s'il existe), voire par le "politiquement correct" ou la doxa (etc.) - qui donne ou pas un "contenu" à ce qu'on "regarde".

Même en dépit de ce qu'a voulu dire l'auteur, si jamais il a voulu "dire quelque chose".

On peut tout aussi bien voir ce film sans voir l'allégorie dont tu parles.

Tout comme on peut ne pas voir le mannequin du début, et le garrot.
Du moins le sens que tu donnes à ces deux moments du film et leur répercussion en tant que la mise en scène précède le scénario.

Je ne t'apprends rien, voir c'est culturel, pas naturel. :wink:

Avatar de Photonik

Je réponds un peu en vrac :

- j'appuie peut-être un peu trop sur la réputation de "World War Z", c'est vrai, et j'aurais peut-être dû "faire mes devoirs" et le voir avant d'engager ce parallèle (mais faute de temps...).
Ceci dit, je note que tu livres toi-même un avis relativement définitif sur "Dernier Train pour Busan" sur la foi de sa première demi-heure. :wink:
Mais sur ce point, j'ai remarqué que nos pratiques différaient : je ne descends jamais d'un film en marche une fois entamé (ou alors faut vraiment que le film me fasse vraiment de la peine, comme le premier "Transformers" dont je n'ai vu que 20 ou 30 mn), quand je crois qu'il t'arrive à toi de ne pas insister si l'affaire te semble mal engagée.

- je connaissais les propos de Romero que tu rapportes sur la genèse de "La Nuit des Morts-vivant". Ceci dit, pour moi, ça ne change rien : qu'elle soit le fruit du hasard ou des circonstances, cette veine "socialement consciente" est bel et bien présente dans le film, qui demeure à mes yeux cette allégorie des droits civiques que j'évoque dans l'émission. C'est évidemment plus frappant rétrospectivement (j'ai découvert le film 30 ou 35 ans après sa confection).
L'intentionnalité, si elle a son importance, n'est pas un ingrédient indispensable pour ça ; c'est ce que je crois pour toute forme d'expression artistique, d'ailleurs...

J'ai d'ailleurs toujours pensé que Romero, en mettant au point sa métaphore de la société de consommation que sont les zombies dans les rayons d'un supermarché dans "Dawn of the dead", n'avait pas pleinement conscience de la puissance de sa proposition (sur la foi de quelques entretiens ou "making-of" d'époque) ; ça n'enlève rien à sa pertinence, à mon avis.

Le point que j'ai oublié de préciser dans ma chronique et qui me semble important, c'est surtout l'aspect "mouvant" de la figure du zombie sur le plan du sous-texte ; on peut lui faire "dire" des choses extrêmement diverses, c'est cette idée que j'aurais voulu illustrer.

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Photonik a écrit:Épisode 12 : It's All Gone Weird..!!!

[..]

- Pour le cinéma, on évoque le premier film en prises de vue réelles de l'excellent Yeon Sang-Ho, "Dernier Train pour Busan", sorte de blockbuster avec des zombies...


- World War Z, je l'ai trouvé très sympa.
Quant au "placement de produits" ça m'est complètement passé à côté. Je n'en ai rien vu.

Ce film, je l'ai vu à la télé - par hasard - lors d'une des rares périodes où j'en regardais, en commençant par la scène du tarmac sur un aéroport, et je n'ai eu qu'une hâte : le voir en entier. En commençant par le début.
Et lorsque j'ai pu le voir, ben je l'ai apprécié pour ce qu'il est, un divertissement, qui pour le coup, m'a diverti.

Comme tu le sais sûrement, la réputation se réduit toujours à la somme des malentendus accumulés sur le compte de ce dont on parle.
Et, ce qui est un peu dommage je trouve, c'est que tu appuis pas mal - dans l'émission - sur la mauvaise réputation de World War Z mais sans l'avoir vu toi-même.

- Au sujet de La Nuit des Morts-vivants dont tu parles, le choix d'un acteur Noir est un hasard.
Romero le dit lui-même dans de nombreux entretiens.
Par exemple :
George Romero a écrit:"On a choisi un acteur afro-américain parce qu'il était le meilleur comédien parmi nos amis. Et Martin Luther King s'est fait assassiner alors qu'on venait juste de terminer notre film. Par ricochet, La Nuit des morts-vivants est devenu un miroir de notre époque." (Apocalypse Zombie, hors-série Mad Movies)


Donc, l'allégorie sur les droits civiques dont tu parles, est surtout l'effet conjugué du hasard et d'une tragédie.
À moins de confondre George Romero avec madame Irma. :)

- Sur Last Train to Busan que j'ai vu aussi, je n'ai pas trouvé qu'il enterre World War Z.
Je ne savais d'ailleurs pas qu'il y avait une compétition entre les deux :wink: .

Bref, je ne partage pas ton avis sur ce film, du moins sur la première 1/2 heure, dont la contrainte (un train en marche) m'a rapidement fatigué au point de ne pas être allé jusqu'au terminus.

Cela dit, c'est toujours intéressant de t'entendre décortiquer la mise en scène d'un film.

(J'écoute le reste, et je viens en parler le cas échéant) :wink:

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Ektah a écrit:Ouch. J'ai pris peur lorsque j'ai vu le nom de Ramleh dans ta description de l'épisode. Bon, finalement, ça va.



Oui, on est loin des excès soniques des débuts à la Whitehouse (même si j'aime bien le groupe de William Bennett, mais peut-être plus pour la démarche que pour la musique en elle-même pour elle-même). Le titre que j'ai diffusé est très beau, je trouve.

Ektah a écrit:Je suis intéressé par les errements vers les musiques traditionnelles de la scène indus. Je pense, par exemple, au side-project de Psychic TV nommé Thrasher Qawwal. Muslimgauze aussi peut être vu comme étant dans le même esprit.


Je ne connais pas les deux projets que tu cites, faut que je jette une oreille là-dessus (surtout Thrasher Qawwal).
Moi aussi je suis fasciné par le parcours de cette scène : ça revient un peu à ce qu'on disait au sujet de la veine urbaine de la "folk-horror" ; ces musiciens ont œuvré dans le genre le plus urbain imaginable, et les voir se diriger vers un renouveau de la musique folk pour les uns et du rock pour les autres m'a toujours épaté et interpelé.

Ektah a écrit:Donc, Ramleh, bonne surprise. Je vais me pencher sur la question.



Et il faut aussi je crois se pencher sur la période 90's, proche de ce que Mundy fait par ailleurs avec Skullflower à peu près au même moment. Et leur dernière (je crois) production "Circular Time", un peu dans le même créneau, a également excellente réputation.

Ektah a écrit:"Last Train to Busan", je ne l'ai toujours pas vu mais ton résumé de l'histoire des films de zombies est nickel et explique notamment pourquoi j'en ai parfaitement marre de ce genre en particulier (pareil pour les vampires, d'ailleurs). Bon, vu tes éloges (cohérents avec tous les échos que j'ai pu avoir à ce sujet), je vais sans doute me faire violence et le regarder quand même.



C'est franchement dix mille coudées au-dessus de ce que le genre a produit ces dix ou douze dernières années, sans l'ombre d'un doute. Y'a un côté presque "grand public" mais totalement assumé et intégré au projet ; perso, ce cinéaste m'impressionne pas mal et j'ai hâte de découvrir "The Fake", son deuxième long d'animation, à la très grosse réputation...

Ektah a écrit:Virus, pour être honnête, je ne suis pas loin de le préférer à Ved Buens Ende.
Le chant excessivement théâtral, m'a fait un peu penser à celui du side-project de Ulver, Arcturus. Ça n'a rien de très étonnant, tous ces groupes gravitant dans la même (petite) scène.



Oui, je crois moi aussi avoir une petite préférence pour Virus, plus "fou" à sa façon finalement.
Avec Arcturus, il y a effectivement des ponts, des musiciens ayant participé aux deux projets je crois. Tout ça est effectivement un petit microcosme : Carl-Michael Einde a aussi joué avec Ulver au tout début, groupe dont l'excellent chanteur Kristoffer Rygg a aussi tenu le micro d'Arcturus, un temps...

Ektah a écrit:Merci pour cette présentation de Steve Gerber. (...) "Man-Thing", comme pas mal de monde, je pense, je m'en étais arrêté au fait que c'était une copie de "Swamp Thing". Heureusement que tu es là pour replacer les choses dans leur contexte.



Concernant Steve Gerber, même s'il a ses fans, je trouve que la relative absence de reconnaissance de son talent est une des grandes injustices de l'industrie des comics. Dans les années 70, il était en état de grâce, tout simplement. Je conseille aussi son "Omega The Unknown", un titre bizarre et envoûtant (les deux premiers épisodes sont exceptionnels dans le genre) : c'est un titre dont je reparlerai bientôt par le biais du "remake" écrit par le romancier Jonathan Lethem.
Concernant l'influence (immense et mal mesurée) du bonhomme sur des auteurs plus en vue, il y a bien sûr Morrison et Dave Sim, mais on pourrait aussi ajouter le nom d'Alan Moore ; je suis persuadé qu'il s'est inspiré de l'approche de Gerber pour sa propre reprise de "Swamp Thing" (titre dont je suis un inconditionnel obtus).

Ektah a écrit:Très impatient aussi d'entendre ton avis sur "Cerebus". Je n'ai jamais osé me lancer dans cette lecture à cause de la taille du corpus, mais c'est certainement une œuvre intrigante.



Alors ça, c'est la très très grosse révélation de ces derniers mois pour moi. J'attendrais probablement d'avoir terminé l'arc "High Society" avant d'en parler (aux abords du numéro 50, donc, sur 300 épisodes). Mais je me suis pas mal renseigné sur le titre et son auteur, et il y aura de quoi dire ; c'est une des plus monumentales aventures de toute l'histoire de la BD.

Ektah a écrit:Tiens, en parlant des conseils artistiques de Grant Morrison, mon édition de "Arkham Asylum" comportait les conseils qu'ils envoyait à Dave McKean sur ce travail commun. C'est par ce biais que j'ai découvert un des films qui est rentré dans mon panthéon depuis: "The ruling class" ("Dieu et mon droit" en vf), de Peter Medak, avec l'extraordinaire Peter O'Toole. Je ne saurais conseiller suffisamment, à tout le monde, ce visionnage. Ce n'est pas loin d'être, pour moi, le sommet de la comédie noire anglaise (genre qui comporte déjà son lot de chef d’œuvres).



Je ne connais pas le film de Peter Medak, donc merci pour le tuyau, ça donne envie, là.
Pour les conseils de Morrison, il a aussi beaucoup parlé des travaux de Svankmajer à la croisée des années 80 et 90 comme exemple de son "bain esthétique" de l'époque, et ça me semble faire sens...

Ektah a écrit:Thomas Ligotti, j'en avais également entendu parler pendant cette controverse (un peu idiote, à mon avis). Depuis, j'ai lu "The conspiracy against the human race" et vu "True Detective". Alors, certes, le perso de Rusty Cohle peut être vu comme une représentation des la pensée de Ligotti (et Cioran... et Lovecraft... et Nietzsche....) mais le résultat reste inédit, à mon sens.
Concernant Ligotti lui-même, du coup, je n'ai lu que cet essai. Le texte que tu as lu (bien qu'un peu trop chargé, à mon goût) me donne envie d'aller jeter un coup d'œil à ses fictions.



La "controverse", comme souvent, était largement exagérée, je le crois aussi. Je n'ai pas lu l'intégralité de "The Conspiracy against Human Race", et je ne me suis certainement pas amusé à cocher les phrases "empruntées" par Pizzolatto, mais les contextes sont si différents que ça me semble anecdotique. Je dirais que ça me semble un bon exemple de la façon dont des notions issues d'essais peuvent venir nourrir la fiction, de façon cohérente.

Ektah a écrit:Aussi, je sais qu'il a enregistré un disque avec David Tibet (de Current 93). Je suis curieux d'aller voir ce que ça donne.



Oui, j'ai entendu François Angelier parler de ça quand il a abordé le cas Ligotti à l'époque de la sortie du recueil. Très curieux aussi.

Ektah a écrit:Pour la reprise de Sabbath, je trouve si la voix de Beth Gibbons est parfaite pour la chanson et merveilleuse d'une manière générale, les accompagnements auraient pu se permettre d'être plus aventureux et de s'éloigner un peu de l'original. Mais je chipote. Ça reste un bon morceau.



C'est vrai que Gonga, qui fait ici office de backing-band, ne s'est pas trop foulé et reprend la titre rigoureusement à l'identique... Pour être franc j'ai rien à dire : je joue dans un cover-band de Black Sabbath à mes heures perdues, et on reprend nous aussi les morceaux en respectant scrupuleusement les versions originales, donc...

Ektah a écrit:Ce n'est pas impossible que j'ai tiré ma citation de là. Honnêtement, je ne me souviens plus. En tous cas, tu as raison: ce documentaire est parfaitement incroyable, que l'on soit intéressé par ce genre musical ou pas.


On est bien d'accord, c'est une bombe.

Ektah a écrit:Concernant "Sileni", c'est un hommage simultané à Poe et au Marquis de Sade. Je trouve effectivement qu'il emprunte plus au second. Pas vraiment à ses aspects sexuels, plus à la thématique de la révolution: en fait, je me dis que ça ferait un bon double-programme avec "Marquis", le film de Roland Topor et Henri Xhonneux. Pour le coup, j'aime bien le film mais ce n'est certainement pas le meilleur de ses longs-métrages: je conseillerai plutôt "Alice", effectivement, ou "Otesanek" (aka. "Little Otik"). Mais, bon, si tu as vu les courts, ça reste l'essentiel.


Il faudra que je parle un jour du "Marquis" de Topor, mais faudrait que je le revoie pour ça. Et que je voie aussi "Alice", donc, qui m'intéresse énormément à la base...

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Ouch. J'ai pris peur lorsque j'ai vu le nom de Ramleh dans ta description de l'épisode. Bon, finalement, ça va. Je dois bien avouer que je ne connais pas si bien que ça ce projet: c'était essentiellement pour moi un nom sur lequel je tombais de temps en temps en lisant des choses sur cette scène industrielle anglaise, comme tu disais. Cette chanson est effectivement assez belle et peu abrasive (pour moi). Je suis intéressé par les errements vers les musiques traditionnelles de la scène indus. Je pense, par exemple, au side-project de Psychic TV nommé Thrasher Qawwal. Muslimgauze aussi peut être vu comme étant dans le même esprit. Donc, Ramleh, bonne surprise. Je vais me pencher sur la question.

"Last Train to Busan", je ne l'ai toujours pas vu mais ton résumé de l'histoire des films de zombies est nickel et explique notamment pourquoi j'en ai parfaitement marre de ce genre en particulier (pareil pour les vampires, d'ailleurs). Bon, vu tes éloges (cohérents avec tous les échos que j'ai pu avoir à ce sujet), je vais sans doute me faire violence et le regarder quand même.

Virus, pour être honnête, je ne suis pas loin de le préférer à Ved Buens Ende. Tu nommais King Crimson dans ta description et cette influence me semble flagrante dans le morceau choisi (notamment dans le jeu de guitare). Cette inspiration existait déjà dans le premier groupe mais me semble beaucoup plus visible dans Virus, ce qui explique mon attachement à ce nouveau projet. Le chant excessivement théâtral, m'a fait un peu penser à celui du side-project de Ulver, Arcturus. Ça n'a rien de très étonnant, tous ces groupes gravitant dans la même (petite) scène.

Merci pour cette présentation de Steve Gerber. Je dois bien avouer ma méconnaissance totale à son sujet. Je crois que sa seule œuvre que j'ai lu était son épisode spécial consacré au groupe Kiss chez Marvel. Pas exactement le sommet de sa carrière... "Man-Thing", comme pas mal de monde, je pense, je m'en étais arrêté au fait que c'était une copie de "Swamp Thing". Heureusement que tu es là pour replacer les choses dans leur contexte.

Très impatient aussi d'entendre ton avis sur "Cerebus". Je n'ai jamais osé me lancer dans cette lecture à cause de la taille du corpus, mais c'est certainement une œuvre intrigante.

Fuck Buttons, bonne surprise. Ça m'a donné envie de ressortir ma vieille console Nintendo (un peu à cause des sons, mais surtout au niveau de l'ambiance).

Tiens, en parlant des conseils artistiques de Grant Morrison, mon édition de "Arkham Asylum" comportait les conseils qu'ils envoyait à Dave McKean sur ce travail commun. C'est par ce biais que j'ai découvert un des films qui est rentré dans mon panthéon depuis: "The ruling class" ("Dieu et mon droit" en vf), de Peter Medak, avec l'extraordinaire Peter O'Toole. Je ne saurais conseiller suffisamment, à tout le monde, ce visionnage. Ce n'est pas loin d'être, pour moi, le sommet de la comédie noire anglaise (genre qui comporte déjà son lot de chef d’œuvres).

Thomas Ligotti, j'en avais également entendu parler pendant cette controverse (un peu idiote, à mon avis). Depuis, j'ai lu "The conspiracy against the human race" et vu "True Detective". Alors, certes, le perso de Rusty Cohle peut être vu comme une représentation des la pensée de Ligotti (et Cioran... et Lovecraft... et Nietzsche....) mais le résultat reste inédit, à mon sens.
Concernant Ligotti lui-même, du coup, je n'ai lu que cet essai. Le texte que tu as lu (bien qu'un peu trop chargé, à mon goût) me donne envie d'aller jeter un coup d'œil à ses fictions. Aussi, je sais qu'il a enregistré un disque avec David Tibet (de Current 93). Je suis curieux d'aller voir ce que ça donne.

Pour la reprise de Sabbath, je trouve si la voix de Beth Gibbons est parfaite pour la chanson et merveilleuse d'une manière générale, les accompagnements auraient pu se permettre d'être plus aventureux et de s'éloigner un peu de l'original. Mais je chipote. Ça reste un bon morceau.

Photonik a écrit:Moi non plus je n'en vois pas l'aspect universel. :wink:
Ce n'est pas dans ce sens-là qu'il faut prendre l'explication de De la Iglesia, me semble-t-il ; la culture basque n'est pas plus (ou moins) universelle qu'une autre, effectivement.
Mais le Pays Basque, s'il abrite un peuple (et une langue), n'est pas une nation au sens "formel" (juste une communauté (plutôt très) autonome en Espagne, et pas grande chose en France). Je pense que c'est cette absence d'officialité qui intéresse Alex de la Iglesia, pas pressé j'imagine de se revendiquer de la très formelle couronne espagnole...


Effectivement, je situe mieux, là.

Photonik a écrit:Oh j'ai du tomber sur la même citation dans l'excellent docu sur la scène black scandinave "Until The Light Takes Us", que je recommande à tout le monde. Je l'ai fait découvrir récemment à un pote qui n'y connaît que pouic en la matière, et il a trouvé le film fascinant...


Ce n'est pas impossible que j'ai tiré ma citation de là. Honnêtement, je ne me souviens plus. En tous cas, tu as raison: ce documentaire est parfaitement incroyable, que l'on soit intéressé par ce genre musical ou pas.

Photonik a écrit:Oui, je suis d'accord ; je connais en fait surtout ses courts, pour être franc. J'ai vu "Sileni" à la sortie (et en bon fan de Poe j'en attendais plus, en fait, mais faudrait que je le revoie) mais je n'ai pas encore vu son "Alice", par exemple.


Concernant "Sileni", c'est un hommage simultané à Poe et au Marquis de Sade. Je trouve effectivement qu'il emprunte plus au second. Pas vraiment à ses aspects sexuels, plus à la thématique de la révolution: en fait, je me dis que ça ferait un bon double-programme avec "Marquis", le film de Roland Topor et Henri Xhonneux. Pour le coup, j'aime bien le film mais ce n'est certainement pas le meilleur de ses longs-métrages: je conseillerai plutôt "Alice", effectivement, ou "Otesanek" (aka. "Little Otik"). Mais, bon, si tu as vu les courts, ça reste l'essentiel.

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