TUMATXA ! - EPISODE 13 : DETOUR CHEZ LES CHAROGNES EN PLEINE DESCENTE !

 

Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque le dernier film en date d'un réalisateur britannique, l'excellent Christopher Smith, à savoir "Detour", un polar tordu et surprenant.

- Pour la littérature, on aborde le cas d'un primo-romancier, Simon Johannin, et de son roman "L'été des charognes", chronique rurale assez soufflante.

- Pour la rubrique BD, c'est l'un des derniers travaux du scénariste Jeff Lemire, associé au dessinateur Dustin Nguyen, dont on cause, avec le space-opera robotique "Descender".

- Et en musique cette semaine, ce sera : 
"All Your Waves", extrait de "Star Treatment" de Wovenhand, "Stranger", beau morceau de Goldfrapp issu de la BO du "Detour" sus-nommé, "Haunted Forever" des métalleux américains de Sumerlands, et on termine avec la planant "Walk Into The Broken Night", morceau envoûtant du duo canadien Orphx...! 


"Taken by the crowd a tide
It's there then gone do or die
Stranger, I dream of you and
Stranger, I will never know..."



Tumatxa est l'émission de radio qu'anime le chroniqueur Photonik chaque semaine depuis une dizaine d'années sur la radio bascophone Xiberoko Botza (la voix de la Soule). Il y cause musique, cinéma (beaucoup), littérature, BD ou philo, parfois en solo, souvent avec son acolyte ; l'excellent Thomas.

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par Le Doc

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104 commentaires

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:Je ne pense pas que ce soit une question de cadre fermé. C'est juste une histoire de qualité d'écriture, à mon avis (Futurama s'est arrêté avant d'avoir eu le temps de mal tourner, alors que les Simpsons...).



C'est vrai, "Futurama" n'a pas eu le temps de mal tourner, quand "Les Simpsons" n'y ont pas coupé au fil du temps. Mais cette histoire de cadre fermé, c'est Groening lui-même qui l'évoquait. Selon lui, c'était l'impulsion première de "Futurama" : un univers satirique à la "Simpson" mais plus libre du fait du contexte.
Au début, les correspondances entre certains persos des deux séries étaient d'ailleurs saillantes : Groening s'est rendu compte que Bender était trop proche d'un Homer dans un premier temps. Il a progressivement plus clairement distingué les deux personnages.


Ektah a écrit:Tout à fait. D'autant plus qu'à ses débuts, les membres du groupe, "The Fireman", étaient anonymes, à la manière du Killing Joke originel. Et le web archaïque des années 90 se passionnait pour la recherche de l'identité de ses membres. Un des suspects principaux, en fait, était Aphex Twin: l'IDM n'existait pas encore vraiment et il en était encore à sa phase ambient, qui pouvait faire penser au style du "Fireman" des débuts. Bons souvenirs...



Eh bien je vais jeter une oreille à ça. Je suis très très fan de la période purement ambient d'Aphex Twin ; si ça y ressemble ça a tout pour me plaire.

Ektah a écrit:Ouais, je suis assez d'accord. Une sorte de vision déformée de l'esprit profond de l'Amérique. La méthode de Lynch (et "Wild Palms"), en somme.



Exactement ; ça apparaît d'ailleurs déjà dans "Faith No More" sur "Angel Dust", surtout, et dans une moindre mesure sur "King For A Day, Fool For A Lifetime", ce côté autopsie de l'authentique "americana".

Ektah a écrit:Après, je me demande quel est l'apport de Patton à cette ambiance, et celui de Spruance, sur "California". (...) Enfin, j'imagine que c'était une préoccupation commune aux deux artistes (et John Zorn n'est probablement pas loin).


Je crois aussi que c'est une préoccupation commune. Néanmoins, si j'ai bien compris, "California" est beaucoup plus le fruit de la pensée de Spruance que de celle de Patton (même si je trouve son travail au chant purement extraordinaire sur ce coup).

Ektah a écrit:Et, sinon, je viens de me rendre compte que j'étais également familier avec Tsuitsui pour son interprétation du père dans "Gemini", l'hommage de Shinya Tsukomoto à Edogawa Ranpo. Le film a quelques problèmes mais il n'est pas inintéressant et, en particulier, la performance de Tsuistui est certainement un des points qui apporte de la substance.


Ah bon ?? J'avais pas relevé ça. Faut dire que je n'ai pas revu "Gemini" depuis une bonne quinzaine d'années. Je suis d'accord sur ton appréciation du film, nonobstant.

Ektah a écrit:Oui, je crois que je vois ce que tu veux dire. Ça n'est plus très frais dans ma tête non plus mais c'est un des principes de "Mais qu'avez-vous fait à Solange ?", par exemple, non ?


Absolument, je pensais à ce film-là en particulier, en effet. Je pense que cette problématique de révolution sexuelle dans un pays comme l'Italie, aussi marqué (au fer rouge) par le catholicisme, est particulièrement saillante... si j'ose dire. :wink:

Ektah a écrit:Et, tiens, tu parlais, il y a quelques semaines des liens souterrains entre le metal et la synthwave à la Carpenter Brut et Electric Dragon. Je crois que j'ai trouvé un groupe qui le fait plus ouvertement encore: Master Boot Record. Ça peut être intéressant de jeter une oreille, je crois.

https://masterbootrecord.bandcamp.com/

https://soundcloud.com/masterbootrecordmusic/albums




Je le note !!! Merci encore pou toutes ces pistes.

Ektah a écrit:Très bonne nouvelle, dans les trois cas: il me semble qu'Howard a effectivement besoin de retrouver une place plus proche de son mérite, à la manière de ce que tu as fait pour "Man-Thing". Tout le monde a tendance à s'arrêter à la purge de George Lucas alors que le personnage a certainement beaucoup plus de valeur que ça.


Je n'ai pas vu le film de Lucas, et ça m'aurait emmerdé de le voir avant de lire le titre de Steve Gerber. Le perso a évidemment plus de valeur que la piètre réputation du film ne le laisse penser. En fait (et sans grande surprise) je vais être particulièrement élogieux avec "Howard The Duck", car plus ça avance et plus je vois l'influence incroyable de Gerber sur ce que la BD anglo-saxonne a produit de mieux les 20 années qui ont suivi... je pense à Morrison et Moore, bien sûr, mais aussi aux grandes heures de Vertigo en règle générale.

Ektah a écrit:"White Dog" est un chef d’œuvre absolu, un des sommets de la carrière de son auteur, qui pourtant comporte son lot de films parfaits. Bon, je ne sais pas si tu as prévu d'en parler, mais j'imagine que tu sais que le film récent "White God" comporte son lot de références à la péloche de Fuller.


J'avais prévu d'en parler, en effet ; j'ai vu "White God" en salles ; là aussi le film a quelques problèmes, mais c'est une œuvre assez saisissante.

Ektah a écrit:Et Von Bek, le héros du "Chien de Guerre", est probablement mon second avatar préféré du Champion Éternel de Moorcock (après Jerry Cornelius, quand même). Curieux de voir ce que tu en feras.


Je reste attaché à ce bon vieux Elric, mais je dois dire que j'ai été particulièrement emballé par ce "Chien de Guerre". Peut-être plus d'ailleurs pour le portrait de Lucifer qui est fait au début du roman que pour Von Bek lui-même.
J'attaque en ce moment le premier tome de la trilogie Erekosë ; l'approche de Moorcock sur ce perso m'intéresse, puisqu'elle diffère de celle des autres incarnations du Champion Eternel : celui-là a conscience de son statut.

Ektah a écrit:Je suis assez d'accord mais je me demande si l'animation numérique n'est pas problématique à cause justement de la pauvreté de l'écriture récente. Après tout, "Futurama" a opté pour un mélange d'animation traditionnelle et informatique depuis le début (il me semble) sans que ça ne me cause de gêne. Il me semble que, dans le cas des "Simpsons", l'animation est le révélateur du problème, pas la cause.



C'est probablement une conjonction des deux. Mais il est vrai que le côté plus "rudimentaire" de l'animation à l'ancienne me semblait mieux coller à la fois à l'esprit mais aussi au "tempo comique" de la série, jusque dans le rendu des maladresses et des imperfections.

Ektah a écrit:Bon, ceci étant dit, il n'est pas impossible aussi que le cadre sf de "Futurama" se prête plus à l'aspect synthétique de la 3D.


C'est très vrai, il me semble.

Avatar de Ektah

Le Doc a écrit:
Ektah a écrit:Personnellement, mon film d'horreur préféré est sans aucun doute "L'au-delà" de Fulci (malgré les araignées en mousse et les zombies rajoutés sans logique dans l'histoire, juste parce que c'était la mode) et la musique de Fabio Frizzi y est pour énormément.


Ah moi, elles m'ont bien fait frissonner, ces araignées...c'est un passage qui a toujours son petit effet sur moi... :wink:

http://www.comics-sanctuary.com/forum/l-au-dela-lucio-fulci-t75779.html

Et Von Bek, le héros du "Chien de Guerre", est probablement mon second avatar préféré du Champion Éternel de Moorcock (après Jerry Cornelius, quand même).


Et à propos de Jerry Cornelius :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/les-decimales-du-futur-robert-fuest-t90601.html



Ouais, j'ai fait une petite liste d'articles que je veux commenter dans le ciné-club, avec ces deux-là inclus, mais le temps est une denrée si rare. Bientôt...

Mais, en guise d'avant-goût, je suis d'accord: Moorcock a eu la dent dure avec "Les décimales du futur". Le film n'est pas inintéressant et Robert Fuest est un cinéaste passionnant.

Bon, par contre, probablement parce que je ne suis pas arachnophobe, la scène des araignées ne fonctionne pas vraiment sur moi. Mais le film se rattrape tellement sur le reste...

Avatar de Le Doc

Ektah a écrit:Personnellement, mon film d'horreur préféré est sans aucun doute "L'au-delà" de Fulci (malgré les araignées en mousse et les zombies rajoutés sans logique dans l'histoire, juste parce que c'était la mode) et la musique de Fabio Frizzi y est pour énormément.


Ah moi, elles m'ont bien fait frissonner, ces araignées...c'est un passage qui a toujours son petit effet sur moi... :wink:

http://www.comics-sanctuary.com/forum/l-au-dela-lucio-fulci-t75779.html

Et Von Bek, le héros du "Chien de Guerre", est probablement mon second avatar préféré du Champion Éternel de Moorcock (après Jerry Cornelius, quand même).


Et à propos de Jerry Cornelius :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/les-decimales-du-futur-robert-fuest-t90601.html

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Disons que c’est de la bd pour étudiant en architecture (ou histoire de l’art, ne soyons pas sectaires).


Ha ha !! ça me fait marrer car ma compagne a effectivement été étudiante en histoire de l'art, justement..!
Faudrait que je me décide à lire ça, vu que ça traîne à la maison. Mais, comme tu dis, tellement à lire et si peu de temps...


Moi de même. Mais que ça ne t'empêche pas d'aller jeter un coup d’œil: une bonne œuvre reste une bonne œuvre, quelque soit le public visé.

Photonik a écrit:Je dirais aussi que le contexte science-fictionnel de "Futurama" décuple les possibilités de vannes (et les possibilités narratives tout court, d'ailleurs), un peu comme c'est le cas des épisode spéciaux pour Halloween dans la série-mère.


Bon, en même temps, il ne se sont jamais gêné pour incorporer des éléments fantastiques ou sf quand ils le voulaient, dans les épisodes d'Halloween (qui restent les sommets de la série, d'ailleurs) ou ailleurs. Je ne pense pas que ce soit une question de cadre fermé. C'est juste une histoire de qualité d'écriture, à mon avis (Futurama s'est arrêté avant d'avoir eu le temps de mal tourner, alors que les Simpsons...).

Il y aussi simplement le fait que Matt Groening et David X. Cohen avaient l'expérience des Simpsons lorsqu'ils ont créé Futurama, amenant une véritable compréhension de ce qui rend un personnage attachant. Pendant les premières saisons des Simpsons, par contre, ils étaient juste en train de défricher le terrain.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Tiens, marrant, je pensais que tu allais parler du projet de Youth avec Paul McCartney.


Non, tu m'apprends l'existence de ce projet, en fait. Etonnant !!!


Tout à fait. D'autant plus qu'à ses débuts, les membres du groupe, "The Fireman", étaient anonymes, à la manière du Killing Joke originel. Et le web archaïque des années 90 se passionnait pour la recherche de l'identité de ses membres. Un des suspects principaux, en fait, était Aphex Twin: l'IDM n'existait pas encore vraiment et il en était encore à sa phase ambient, qui pouvait faire penser au style du "Fireman" des débuts. Bons souvenirs...

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Joli, les chœurs à la Beach Boys dès le début du morceau. J'ai eu un peu des réminiscences de l'album " California " de Mr. Bungle, par moments.


Ce disque de Mr. Bungle, c'est pour moi la toute meilleure veine de Patton. Avec les deux premiers Fantômas, je ne suis pas loin de penser que c'est ce qu'il a fait de mieux, même si j'adore aussi "Disco Volante" (mais je me l'enfile pas tous les jours, hein). Et Faith No More, bien sûr.


Ouais, je suis assez d'accord. Une sorte de vision déformée de l'esprit profond de l'Amérique. La méthode de Lynch (et "Wild Palms"), en somme.

Après, je me demande quel est l'apport de Patton à cette ambiance, et celui de Spruance, sur "California". Après tout, il y a des traces de cette thématique dans Secret Chiefs 3, sans Patton donc. Il suffit d'écouter et de regarder le clip de leur reprise d'"Exodus" de Morricone. On est clairement dans le même esprit. En fait, je ne suis pas loin de voir dans cette chanson la suite de "Pink Cigarette". Enfin, j'imagine que c'était une préoccupation commune aux deux artistes (et John Zorn n'est probablement pas loin).

Photonik a écrit:Oui, l'adaptation de "Paprika" par Kon est pour moi un des plus grands films du 21ème siècle naissant, rien de moins.


Oui, je suis probablement d'accord.

Photonik a écrit:De Tsutsui, je recommande son très noir (et pourtant drôle) "Hell", dont les transitions d'un "niveau de réalité" à un autre donnent le tournis, tout simplement.


Intéressant. C'est noté.

Et, sinon, je viens de me rendre compte que j'étais également familier avec Tsuitsui pour son interprétation du père dans "Gemini", l'hommage de Shinya Tsukomoto à Edogawa Ranpo. Le film a quelques problèmes mais il n'est pas inintéressant et, en particulier, la performance de Tsuistui est certainement un des points qui apporte de la substance.

Photonik a écrit:Pour la vision sarcastique mais pas totalement négative de la révolution sexuelle, c'est une thématique qui me semble passionnante et qui était loin d'être aussi rare que ça dans les années 70. Certains gialli, par exemple, s'en font le relais.


Oui, je crois que je vois ce que tu veux dire. Ça n'est plus très frais dans ma tête non plus mais c'est un des principes de "Mais qu'avez-vous fait à Solange ?", par exemple, non ?

Et, tiens, tu parlais, il y a quelques semaines des liens souterrains entre le metal et la synthwave à la Carpenter Brut et Electric Dragon. Je crois que j'ai trouvé un groupe qui le fait plus ouvertement encore: Master Boot Record. Ça peut être intéressant de jeter une oreille, je crois.

https://masterbootrecord.bandcamp.com/

https://soundcloud.com/masterbootrecordmusic/albums


Photonik a écrit:J'élargirais bien aussi aux BO des films d'horreur italiens en règle générale : je suis très fan de la BO du "Frayeurs" de Fulci par exemple.


Personnellement, mon film d'horreur préféré est sans aucun doute "L'au-delà" de Fulci (malgré les araignées en mousse et les zombies rajoutés sans logique dans l'histoire, juste parce que c'était la mode) et la musique de Fabio Frizzi y est pour énormément.

Photonik a écrit:Tant que j'y suis, je tease complètement : il sera donc question de "Howard The Duck" de Steve Gerber, tout récemment paru (trop discrètement) en VF, mais aussi d'un film de Samuel Fuller intitulé "White Dog", et d'un roman de Michael Moorcock, "Le Chien de guerre", ces différents titres justifiant mon calembour animalier...


Très bonne nouvelle, dans les trois cas: il me semble qu'Howard a effectivement besoin de retrouver une place plus proche de son mérite, à la manière de ce que tu as fait pour "Man-Thing". Tout le monde a tendance à s'arrêter à la purge de George Lucas alors que le personnage a certainement beaucoup plus de valeur que ça.

"White Dog" est un chef d’œuvre absolu, un des sommets de la carrière de son auteur, qui pourtant comporte son lot de films parfaits. Bon, je ne sais pas si tu as prévu d'en parler, mais j'imagine que tu sais que le film récent "White God" comporte son lot de références à la péloche de Fuller.

Et Von Bek, le héros du "Chien de Guerre", est probablement mon second avatar préféré du Champion Éternel de Moorcock (après Jerry Cornelius, quand même). Curieux de voir ce que tu en feras.

Marko a écrit:À propos des Simpsons, une des raisons qui font que je me suis lassé de la série est sans doute lié à au changement progressif d'animation (en plus des scénarios moins inspirés).


Je suis assez d'accord mais je me demande si l'animation numérique n'est pas problématique à cause justement de la pauvreté de l'écriture récente. Après tout, "Futurama" a opté pour un mélange d'animation traditionnelle et informatique depuis le début (il me semble) sans que ça ne me cause de gêne. Il me semble que, dans le cas des "Simpsons", l'animation est le révélateur du problème, pas la cause.

Bon, ceci étant dit, il n'est pas impossible aussi que le cadre sf de "Futurama" se prête plus à l'aspect synthétique de la 3D.

Chouettes gifs, au passage.

calvinball a écrit:Je crois surtout que le consensus des historiens autour de l'existence de Jesus est en partie constitué par des historiens "croyants", ce qui permet souvent aux historiens ou commentateurs "athées" d'attaquer ce consensus.


Alors, mes informations datent carrément mais, quand j'étais étudiant en archéologie (il y a quasiment 15 ans... ouf), on considérait que la première source crédible (c'est à dire provenant d'une source extérieure aux croyants chrétiens) se situe dans des archives romaines faisant état de groupes séditieux se réclamant de la figure de Jésus vers 60 après J.-C.. Ceci étant dit, des mouvements qui se réfèrent à des figures imaginaires, ça existe, mais le fait que cela se passe une trentaine d'années après sa mort supposée aurait tendance à indiquer une source réelle. Un mythe prend généralement plus de temps que ça pour se développer. Donc, pas moyen d'être catégorique sur la question mais quand même une forte supposition.

Après, il est possible que de nouveaux développements soient apparus ces dernières années.

calvinball a écrit:Si ce n'est que son Apocalypto ajoute une réflexion sur la technologie vs croyance et sur la civilisation qui m'avait parue lui donner une épaisseur supérieure encore par rapport ces autres films (je n'ai pas encore vu son dernier).


Exactement. Je pense que c'est pour ça que c'est mon film préféré dans sa filmographie.

calvinball a écrit:Ah ! je comprend tout à fait le rapprochement entre ces deux artistes, il fût un temps où l'on parlait de Gibson sur la réalisation du Genghis Khan écrit par Milius.


Ah, je l'ignorais. J'aurais adoré voir ça: ça m'aurait fait oublier celui avec John Wayne (une personne qui n'est d'ailleurs pas sans ressemblances avec Mad Mel et John Milius).

Avatar de Marko

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Je suis aussi très fan des Simpsons (même si je préfère Futurama)

Entre les deux mon coeur balance, mais effectivement peut-être "Futurama" l'emporte-t-il d'une courte tête.


À propos des Simpsons, une des raisons qui font que je me suis lassé de la série est sans doute lié à au changement progressif d'animation (en plus des scénarios moins inspirés).
Si la période qui va de la saison 2 à la saison 6 a ma préférence (j'ai tendance à mettre à part l'animation plus rudimentaire de la première saison), au-delà des gags et de la caractérisation, c'est sans doute également lié au rendu du style d'animation, plus fluide et plus brut de décoffrage, moins lisse que celui des saisons suivantes, trop froid à mon goût, accentuant ce côté propret, limite aseptisé, bien loin du charme (lié aussi au granuleux de l'image), des imperfections et de la crudité visuelle des premières années du show.

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Le fait que la série ait délaissé l'animation traditionnelle (qui nécessite l'usage des celluloïds) à partir des saisons 13-14 pour la version digitale est un élément clé de cette évolution, et forcément à l'écran le feeling n'est plus du tout le même (avec en plus la haute définition qui s'ajoute à cela à partir de la saison 20 environ).

Avatar de Marko

Photonik a écrit:Inégal, c'est bien le mot.


Comme Milligan en somme (le gouffre entre ses "X-Men" et ses "X-Statix" et presque aussi important que celui qui sépare "Journey into Mystery" et "Uncanny X-Men").

Avatar de Photonik

C'est vrai, tu as raison ; même si je n'ai pas suivi sur la longueur, j'ai beaucoup aimé ses premiers épisodes sur "Dark Vador".
Inégal, c'est bien le mot.

Avatar de Le Doc

je me demande comment on peut être aussi brillant par moments et aussi peu inspiré à d'autres...


C'est clair...et je ne mettrais même pas ça sur le compte des "contraintes" liées aux grosses séries des univers partagés puisqu'il fait du très bon boulot sur les comics Star Wars...

Avatar de Photonik

Le Doc a écrit:Excellente analyse du cinéma de Mel Gibson.


Merci !!! :D

Le Doc a écrit:Je n'ai pas encore vu Tu ne tueras point...et je le ferai même si j'ai été échaudé par le dernier film de guerre de Mel Gibson en tant qu'acteur, le très mauvais Nous étions soldats (par son collaborateur habituel, Randall Wallace).


Pas vu pour ma part, mais à ce que j'ai lu (toujours ce fameux papier dans Mad Movies), ça n'a rien à voir ; ils prennent même ce film qu'ils n'ont pas du tout aimé, comme toi, comme le contre-exemple de ce qu'est "Tu ne tueras point". A cette occasion; j'ai d'ailleurs appris que c'était Gibson qui était initialement chargé de réaliser "Nous étions soldats", avant de le confier à Wallace.

Le Doc a écrit:J'ai vu les 4 premiers longs métrage de Mel le fou en tant que réalisateurs et j'avoue ma préférence pour les 2 premiers, L'Homme sans Visage et Braveheart (j'ai aussi aimé Apocalypto hein, un film plein de qualités).
Les qualités cinématographiques de La Passion du Christ, je les reconnais aussi mais j'ai détesté le film. Je n'ai pas su aller au-delà de mon rejet du sujet (la religion et moi, ça fait deux) et ce long chemin de croix gore qui m'a fatigué plus qu'autre chose...


Hmmm, tu m'intrigues avec ton appréciation de "L'Homme sans visage" ; j'étais pas forcément tenté par le film à la base, mais tu n'es pas le premier à en dire du bien. J'étais déjà décidé à mater "Apocalypto", mais je crois que je donnerai finalement sa chance à ce film-là aussi.

Pour "La Passion du Christ", même si j'aime le film, même si je lui trouve des qualités et même de la profondeur, il faut bien dire que c'est fondamentalement un film désagréable. J'imagine que c'est en partie le but, bien sûr. Pas le genre de film qui se revoit tous les mois, quoi (même si depuis le temps je le reverrais bien, là).

Le Doc a écrit:Très bonne chronique sur Young Avengers, une série qui m'avait bien enthousiasmé à l'époque. Je n'ai pas tout lu de Gillen (pas encore lu ses titres publiés par Glenat par exemple), mais pour les autres séries dont tu parles, nos avis se rejoignent sur bien des points...


Oui, et notamment j'imagine sur mon appréciation négative de ses titres les plus en vue chez Marvel, non ? Ses "Iron Man" et ses "X-Men", mon dieu... je me demande comment on peut être aussi brillant par moments et aussi peu inspiré à d'autres...
Heureusement, ses titres chez Glénat sont clairement à ranger du côté des "Journey Into Mystery" et autres "Young Avengers", soit le haut du panier de sa production.

Le Doc a écrit:Pas vraiment le genre de roman que j'aime lire, mais ça m'a l'air bien barré, en tout cas...


Oh oui, ça l'est assurément !!!

Le Doc a écrit:J'adore écouter des B.O. de giallo (et de films d'horreur italiens en général) et ce thème est excellent et met bien dans l'ambiance...


Oui, on en réécoutera à l'occasion, des BO de gialli ; sur les bons conseils d'Ektah, je suis en train de creuser ça. J'élargirais bien aussi aux BO des films d'horreur italiens en règle générale : je suis très fan de la BO du "Frayeurs" de Fulci par exemple.


Tori a écrit:Et là, ça devient "Tumatxakur" ! ~___^

Tori.


Hey, pas mal !!!! :D
(pour les non-bascophones, et je vous sais nombreux, "txakur" signifie "chien" en basque...)

Avatar de Photonik

Le Doc a écrit:Excellente analyse du cinéma de Mel Gibson.


Merci !!! :D

Le Doc a écrit:Je n'ai pas encore vu Tu ne tueras point...et je le ferai même si j'ai été échaudé par le dernier film de guerre de Mel Gibson en tant qu'acteur, le très mauvais Nous étions soldats (par son collaborateur habituel, Randall Wallace).


Pas vu pour ma part, mais à ce que j'ai lu (toujours ce fameux papier dans Mad Movies), ça n'a rien à voir ; ils prennent même ce film qu'ils n'ont pas du tout aimé, comme toi, comme le contre-exemple de ce qu'est "Tu ne tueras point". A cette occasion; j'ai d'ailleurs appris que c'était Gibson qui était initialement chargé de réaliser "Nous étions soldats", avant de le confier à Wallace.

Le Doc a écrit:J'ai vu les 4 premiers longs métrage de Mel le fou en tant que réalisateurs et j'avoue ma préférence pour les 2 premiers, L'Homme sans Visage et Braveheart (j'ai aussi aimé Apocalypto hein, un film plein de qualités).
Les qualités cinématographiques de La Passion du Christ, je les reconnais aussi mais j'ai détesté le film. Je n'ai pas su aller au-delà de mon rejet du sujet (la religion et moi, ça fait deux) et ce long chemin de croix gore qui m'a fatigué plus qu'autre chose...


Hmmm, tu m'intrigues avec ton appréciation de "L'Homme sans visage" ; j'étais pas forcément tenté par le film à la base, mais tu n'es pas le premier à en dire du bien. J'étais déjà décidé à mater "Apocalypto", mais je crois que je donnerai finalement sa chance à ce film-là aussi.

Pour "La Passion du Christ", même si j'aime le film, même si je lui trouve des qualités et même de la profondeur, il faut bien dire que c'est fondamentalement un film désagréable. J'imagine que c'est en partie le but, bien sûr. Pas le genre de film qui se revoit tous les mois, quoi (même si depuis le temps je le reverrais bien, là).

Le Doc a écrit:Très bonne chronique sur Young Avengers, une série qui m'avait bien enthousiasmé à l'époque. Je n'ai pas tout lu de Gillen (pas encore lu ses titres publiés par Glenat par exemple), mais pour les autres séries dont tu parles, nos avis se rejoignent sur bien des points...


Oui, et notamment j'imagine sur mon appréciation négative de ses titres les plus en vue chez Marvel, non ? Ses "Iron Man" et ses "X-Men", mon dieu... je me demande comment on peut être aussi brillant par moments et aussi peu inspiré à d'autres...
Heureusement, ses titres chez Glénat sont clairement à ranger du côté des "Journey Into Mystery" et autres "Young Avengers", soit le haut du panier de sa production.

Le Doc a écrit:Pas vraiment le genre de roman que j'aime lire, mais ça m'a l'air bien barré, en tout cas...


Oh oui, ça l'est assurément !!!

Le Doc a écrit:J'adore écouter des B.O. de giallo (et de films d'horreur italiens en général) et ce thème est excellent et met bien dans l'ambiance...


Oui, on en réécoutera à l'occasion, des BO de gialli ; sur les bons conseils d'Ektah, je suis en train de creuser ça. J'élargirais bien aussi aux BO des films d'horreur italiens en règle générale : je suis très fan de la BO du "Frayeurs" de Fulci par exemple.


Tori a écrit:Et là, ça devient "Tumatxakur" ! ~___^

Tori.


Hey, pas mal !!!!

Avatar de Tori

Et là, ça devient "Tumatxakur" ! ~___^

Tori.

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Effectivement. :wink:

Tant que j'y suis, je tease complètement : il sera donc question de "Howard The Duck" de Steve Gerber, tout récemment paru (trop discrètement) en VF, mais aussi d'un film de Samuel Fuller intitulé "White Dog", et d'un roman de Michael Moorcock, "Le Chien de guerre", ces différents titres justifiant mon calembour animalier...

Avatar de Tori

Marko a écrit:
Photonik a écrit:on y causera d'un canard et de deux chiens. Whaaaaaaat ?!?!? :wink:


Je parie sur le canard de Gerber.

Oui, parce que je ne pense pas qu'il s'agisse de Picsou et de deux Rapetou...
Ni de lire un journal en mangeant deux hot-dogs ! ~___^

Tori.

Avatar de Le Doc

Photonik a écrit:- Au rayon cinoche, on parle d'un film récent, en l'occurrence "Hacksaw Ridge/Tu ne tueras point", dernier film en date de Mel "Le Zinzin" Gibson.


Excellente analyse du cinéma de Mel Gibson. Je n'ai pas encore vu Tu ne tueras point...et je le ferai même si j'ai été échaudé par le dernier film de guerre de Mel Gibson en tant qu'acteur, le très mauvais Nous étions soldats (par son collaborateur habituel, Randall Wallace).
J'ai vu les 4 premiers longs métrage de Mel le fou en tant que réalisateurs et j'avoue ma préférence pour les 2 premiers, L'Homme sans Visage et Braveheart (j'ai aussi aimé Apocalypto hein, un film plein de qualités).
Les qualités cinématographiques de La Passion du Christ, je les reconnais aussi mais j'ai détesté le film. Je n'ai pas su aller au-delà de mon rejet du sujet (la religion et moi, ça fait deux) et ce long chemin de croix gore qui m'a fatigué plus qu'autre chose...

- On poursuit avec une excellentissime sortie BD, à savoir le tome Marvel Deluxe qui regroupe tous les épisodes du titre "Young Avengers", avec Kieron Gillen et Jamie McKelvie aux commandes.


Très bonne chronique sur Young Avengers, une série qui m'avait bien enthousiasmé à l'époque. Je n'ai pas tout lu de Gillen (pas encore lu ses titres publiés par Glenat par exemple), mais pour les autres séries dont tu parles, nos avis se rejoignent sur bien des points...

- On termine avec un étrange et drolatique petit roman, "Les hommes salmonelle sur la Planète Porno", signé par celui-ci qui fut qualifié de "Philip K. Dick nippon", autrement dit Yasutaka Tsutsui.


Pas vraiment le genre de roman que j'aime lire, mais ça m'a l'air bien barré, en tout cas...

"Euphoria", extrait du dernier album en date, "Pylon", de Killing Joke, "All The Colors Of The Dark", reprise d'un des thèmes les plus fameux du giallo par Grails, "Hate On" signé par le trio Nevermen, et on termine avec le fabuleux "Desvelh" des occitans d'Artus..!


Pas accroché à Nevermen, mais pour le reste, c'est du tout bon. J'adore écouter des B.O. de giallo (et de films d'horreur italiens en général) et ce thème est excellent et met bien dans l'ambiance...

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Et tu tapes dans le mille !!!

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Photonik a écrit:on y causera d'un canard et de deux chiens. Whaaaaaaat ?!?!? :wink:


Je parie sur le canard de Gerber.

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La critique très élogieuse de "Tu ne tueras point" dans le dernier Mad Movies insistait d'ailleurs sur la parenté entre les travaux de Gibson et ceux de Milius. Mel Gibson est un fan du "Conan" de Milius, et ça se voit pas mal dans "Braveheart" par exemple.
Je crois même que la série télé "Rome", conçue par Milius, doit pas mal à un projet avorté qui aurait dû être signé Mel Gibson. Beaucoup de passerelles entre ces deux cinéastes, on le voit...

Tu me donnes furieusement envie, en tout cas, de combler mes lacunes et de mater au moins "Apocalypto", qui semble décidément avoir pas mal d'atouts à faire valoir.


Bon, et sinon la mauvaise nouvelle de la semaine (tout est relatif, hein :wink: ), c'est qu'il n'y aura pas d'émission, pour des raisons totalement indépendantes de ma volonté (urgence professionnelle en plein enregistrement, foiré du coup). Grrrrrrr.
On se retrouve sans faute la semaine prochaine, sans compter que le programme est déjà bien établi. Un peu de teasing, les amis : on y causera d'un canard et de deux chiens. Whaaaaaaat ?!?!? :wink:

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Photonik a écrit:Alors dans mon esprit, pendant l'émission, quand je dis "Jésus n'existe pas" ou un truc comme ça, je pensais bien au Christ ou au Messie, à l'incarnation de Dieu quoi. Pas forcément au personnage historique, effectivement. Votre précision à Tori et à toi a donc du sens.
Ceci dit, je crois bien qu'il existe une frange d'historiens assez "militants" dans leur athéisme peut-être (relayés par un Michel Onfray, par exemple) qui mettent en doute son existence tout court.


Je crois surtout que le consensus des historiens autour de l'existence de Jesus est en partie constitué par des historiens "croyants", ce qui permet souvent aux historiens ou commentateurs "athées" d'attaquer ce consensus.
ça rend, à mon sens, la discussion historiographique assez intéressante.
De toute façon existe ou existe pas, ça a peu d'importance, le personnage, lui, a pleinement vécu quelques 2017 ans, ce qui n'est pas si mal...


Par ailleurs je souscris assez à ton analyse du cinéma du Mad Mel, et notamment ce traitement autour du corps. Si ce n'est que son Apocalypto ajoute une réflexion sur la technologie vs croyance et sur la civilisation qui m'avait parue lui donner une épaisseur supérieure encore par rapport ces autres films (je n'ai pas encore vu son dernier).

Ektah a écrit:De la même manière, j'adore le Conan de John Milius alors que, bon, si on s'interroge deux secondes sur son contenu théorique….


Ah ! je comprend tout à fait le rapprochement entre ces deux artistes, il fût un temps où l'on parlait de Gibson sur la réalisation du Genghis Khan écrit par Milius. J'imagine qu'entre la traversée du désert du premier et les problèmes de santé du second, le projet à dû tomber à l'eau, mais ça aurait pu faire des étincelles !

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Ektah a écrit:Eh oui, ça fait maintenant quelques années que les Cahiers ont fait le travail que Telerama persiste à refuser. Désolé, c’était ma minute de méchanceté gratuite (bien que méritée)....


Amplement méritée, même.
Dans "Les Cahiers..." actuels, il y a des tas de plumes nouvelles qui ont apporté un vent de fraîcheur à la ligne de la revue. Je pense à Stéphane du Mesnildot, par exemple, que je vois intervenir dans des tas de bonus DVD de films fort intéressants (récemment "R100" de Matsumoto par exemple), et qui auraient été conspués par les "Cahiers..." il y a encore peu.

Ektah a écrit:Et je n’ai rien vu du réalisateur, Franco Zefirrelli.


Il y a une éternité de ça, j'avais vu son "Jésus de Nazareth", mais c'est trop vieux dans mon esprit pour en dire quoi que ce soit de pertinent...

Ektah a écrit:Mais, de ses films eux-même, j’ai un peu l’image que quelque chose d’assez ampoulé et convenu. Bon, le fait qu’il ait été colistier de Silvio Berlusconi dans son parti politique a peut-être un peu modifié mon impression sur son cinéma.


Berlusconi ? Diable.
Même en mettant de côté ces accointances politiques, je crois que tu ne te trompes pas sur son cinéma ; ce n'est pas tant mon souvenir de son "Jésus" qui me fait dire ça que des papiers que j'ai pu lire à droite à gauche.

Ektah a écrit:Disons que c’est de la bd pour étudiant en architecture (ou histoire de l’art, ne soyons pas sectaires).


Ha ha !! ça me fait marrer car ma compagne a effectivement été étudiante en histoire de l'art, justement..!
Faudrait que je me décide à lire ça, vu que ça traîne à la maison. Mais, comme tu dis, tellement à lire et si peu de temps...

Ektah a écrit:Disons que, en plus des blagues (souvent irrésistibles, en ce qui me concerne), “Futurama” se paie le luxe de créer une véritable empathie pour ses personnages, ce que je ressens juste un peu moins pour la famille Simpson.


Je dirais aussi que le contexte science-fictionnel de "Futurama" décuple les possibilités de vannes (et les possibilités narratives tout court, d'ailleurs), un peu comme c'est le cas des épisode spéciaux pour Halloween dans la série-mère.

Ektah a écrit:Tiens, marrant, je pensais que tu allais parler du projet de Youth avec Paul McCartney.


Non, tu m'apprends l'existence de ce projet, en fait. Etonnant !!!

Ektah a écrit:Alors, juste un petit détail en passant. Le fait qu'il y ait eu un indépendantiste religieux nommé Jésus en Galilée à cette époque est encore discuté de nos jours mais le consensus serait plutôt sur le fait qu'il a bel et bien existé. Après, qu'il soit la personnification du verbe divin…


Alors dans mon esprit, pendant l'émission, quand je dis "Jésus n'existe pas" ou un truc comme ça, je pensais bien au Christ ou au Messie, à l'incarnation de Dieu quoi. Pas forcément au personnage historique, effectivement. Votre précision à Tori et à toi a donc du sens.
Ceci dit, je crois bien qu'il existe une frange d'historiens assez "militants" dans leur athéisme peut-être (relayés par un Michel Onfray, par exemple) qui mettent en doute son existence tout court.

Ektah a écrit:Basiquement, c'est un exercice de pensée : étudier, comprendre et voir à sa juste valeur les créations artistiques des idéologies fondamentalement contraires aux miennes (sans forcément chercher des excuses, d'ailleurs). Je pense que c'est une gymnastique mentale de grande valeur.


Tout à fait, c'est ainsi que je le vois. Et sans ce genre de confrontations à des pensées "autres", je vois mal comment on peut faire évoluer la sienne propre, à moins de chercher en permanence à être confortés dans ses certitudes.

Ektah a écrit:D'ailleurs, ton laïus sur la vision hollywoodienne du film de guerre m'a rappelé une série d'articles sur l’histoire des liens entre Hollywood et le Pentagone dans le fanzine marseillais " Aaarg ! " (qui est une sorte de successeur spirituel à Hara-Kiri). Je recommande également.


Intéressant...


Ektah a écrit:Hey, merci pour la référence.


Tu l'as pas volé. :wink:

Ektah a écrit:Joli, les chœurs à la Beach Boys dès le début du morceau. J'ai eu un peu des réminiscences de l'album " California " de Mr. Bungle, par moments.


Ce disque de Mr. Bungle, c'est pour moi la toute meilleure veine de Patton. Avec les deux premiers Fantômas, je ne suis pas loin de penser que c'est ce qu'il a fait de mieux, même si j'adore aussi "Disco Volante" (mais je me l'enfile pas tous les jours, hein). Et Faith No More, bien sûr.

Ektah a écrit:Oh, un nouveau projet de Mike Patton. Quelle surprise…


Alors si j'ai bien compris, Dead Cross, c'est surtout un projet de Dave Lombardo que Patton a rejoint sur le tard, alors que le boulot était déjà bien avancé.

Ektah a écrit:Wow. Ça a l'air passionnant. Très curieux de lire ça, aussi. Je n'ai vu que l'adaptation de "Paprika" qui est un chef d’œuvre absolu, bien sûr.


Oui, l'adaptation de "Paprika" par Kon est pour moi un des plus grands films du 21ème siècle naissant, rien de moins.
De Tsutsui, je recommande son très noir (et pourtant drôle) "Hell", dont les transitions d'un "niveau de réalité" à un autre donnent le tournis, tout simplement.

Ektah a écrit:A ta description, j'ai aussi un peu pensé à un point en particulier de " Transmetropolitan ", l'église transhumaniste de Fred Christ qui passe d'une sorte de lupanar tantrique à une secte corrompue au dernier degré, notamment à un niveau politique. Il me semble y avoir retrouvé une vision sarcastique, mais pas totalement condamnatoire, de la révolution sexuelle.


Ah c'est bien possible, ce n'est plus très frais dans ma tête ; ça fait longtemps que je me dis qu'il faut que je relise ça.
Pour la vision sarcastique mais pas totalement négative de la révolution sexuelle, c'est une thématique qui me semble passionnante et qui était loin d'être aussi rare que ça dans les années 70. Certains gialli, par exemple, s'en font le relais.

Ektah a écrit:Fichtre, c'est extraordinaire aussi (Artus). Tu m'étonnes que l'influence de King Crimson est sensible. Et on en revient à cette thématique du Folk Horror.
Et toute référence à Michel Pastoureau rend le disque indispensable.


C'est un groupe fabuleux, ouais. Et ce sont des tueurs sur scène. Je les ai vus 5 ou 6 fois (je connais un peu Romain Baudoin, qui tient la vielle à roue dans le groupe), et notamment l'été dernier en première partie de Gojira (ils sont potes, ils viennent du même coin). Leur set était axé sur ce dernier disque, qui est sublimé sur scène, vraiment.

Ektah a écrit:Au final, encore un épisode très solide, cette semaine.


Eh bien laisse-moi te dire que ton appréciation me fait toujours autant plaisir. :D

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Ektah a écrit:Alors, juste un petit détail en passant. Le fait qu'il y ait eu un indépendantiste religieux nommé Jésus en Galilée à cette époque est encore discuté de nos jours mais le consensus serait plutôt sur le fait qu'il a bel et bien existé. Après, qu'il soit la personnification du verbe divin…

Ah, oui, je voulais en parler aussi : Le fait que Jésus ait existé n'est pratiquement pas discuté... Le fait que le Christ ait existé, en revanche l'est (ou que ce Jésus soit le messie)...

Tori a écrit:Ah, tiens, aucun rapport, mais ce lien pourrait t'intéresser : il s'agit d'archives des films d'animations japonais... Il y a des films de l'entre deux guerres, mais aussi le premier film d'animation du Japon (dans une version restaurée) : Namakuragatana, qui date de 1917...


Fort intéressant. Merci. Je te pique ça.

De rien. Quand je suis tombé sur le site, je me suis dit que ça en intéresserait probablement d'autres que moi.

Tori.

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Le Doc a écrit:Je ne connaissais pas du tout. Ca m'a l'air très intrigant, merci pour le tuyau.
Tiens, je vois que c'est l'un des quelques films de la courte carrière de Luigi Bazzoni. J'en profite donc pour rappeler que Photonik a écrit un billet sur son Journée noire pour un bélier dans les colonnes du Ciné-Club.


Oh oui. C’est clairement un film qui mérite d’être plus reconnu. Content que ma recommandation rencontre un écho en ces pages. A découvrir, vraiment.

Pour “Journée noire pour un bélier”, ça fait longtemps que je me suis promis de le visionner. Tant de films à voir et si peu d’heures dans la journée...

Photonik a écrit:(...)dans l'excellent récent dossier consacré au giallo dans... "Les Cahiers du Cinéma" (eh oui, qui l'aurait cru il y a quelques années seulement...).


Eh oui, ç fait maintenant quelques années que les Cahiers ont fait le travail que Telerama persiste à refuser. Désolé, c’était ma minute de méchanceté gratuite (bien que méritée)....

Photonik a écrit:Tiens, je le connais pas, ce "Brother Sun, Sister Moon", mais a priori ça peut m'intéresser...


Je n’ai pas vu le film, donc je ne sais pas s’il est à recommander ou pas, mais la musique de Ortolani me plaît bien. Et je n’ai rien vu du réalisateur, Franco Zefirrelli. En fait, le principal écho que j’ai de ce dernier vient du personnage d’Uncle Monty dans “Withnail and I” est censé être basé sur lui, donc quelque chose entre le vieux sage et la caricature d’homosexuel.

Mais, de ses films eux-même, j’ai un peu l’image que quelque chose d’assez ampoulé et convenu. Bon, le fait qu’il ait été colistier de Silvio Berlusconi dans son parti politique a peut-être un peu modifié mon impression sur son cinéma. Il est tout à fait possible que je me trompe. À voir.

Photonik a écrit:Ah oui ? Tiens, je demanderai à ma compagne si elle est tombée sur ça ; elle adore Schuiten, dont perso je ne connais pas du tout le travail...


C’est le dernier tome paru dans la série. Il doit avoir 3-4 ans, maintenant. Pour les bds de Schuiten et Peeters, je les trouve merveilleuses mais c’est certainement une œuvre polarisatrice. Disons que c’est de la bd pour étudiant en architecture (ou histoire de l’art, ne soyons pas sectaires). Enfin, lis-en une pour te faire une idée, je pense.

Photonik a écrit:Entre les deux mon coeur balance, mais effectivement peut-être "Futurama" l'emporte-t-il d'une courte tête.


Disons que, en plus des blagues (souvent irrésistibles, en ce qui me concerne), “Futurama” se paie le luxe de créer une véritable empathie pour ses personnages, ce que je ressens juste un peu moins pour la famille Simpson.

Photonik a écrit:Pour Bart, c'est moi qui m'enflamme un peu peut-être, mais la coïncidence me semblerait énorme.


Oh oui, je suis sûr que c’est vrai: la coïncidence est trop grande. Mais, en fait, je crois bien avoir également entendu une interview de Groening expliquant le lien avec le mot “brat”. Enfin, c’est tout à fait possible qu’il y ait plusieurs jeux de mots dans ce nom.

Photonik a écrit:"Euphoria", extrait du dernier album en date, "Pylon", de Killing Joke


Tiens, marrant, je pensais que tu allais parler du projet de Youth avec Paul McCartney.

Photonik a écrit:- Au rayon cinoche, on parle d'un film récent, en l'occurrence "Hacksaw Ridge/Tu ne tueras point", dernier film en date de Mel "Le Zinzin" Gibson.


Alors, juste un petit détail en passant. Le fait qu'il y ait eu un indépendantiste religieux nommé Jésus en Galilée à cette époque est encore discuté de nos jours mais le consensus serait plutôt sur le fait qu'il a bel et bien existé. Après, qu'il soit la personnification du verbe divin….

Par ailleurs, ta critique est tout à fait intéressante et me conforte dans l'idée que l'ami Mel, si on arrive à accepter le sous-texte idéologique (pas le nier, par contre : ça reste le cœur de son cinéma), est probablement un des artistes les plus passionnants de l'industrie hollywoodienne actuelle. Basiquement, c'est un exercice de pensée : étudier, comprendre et voir à sa juste valeur les créations artistiques des idéologies fondamentalement contraires aux miennes (sans forcément chercher des excuses, d'ailleurs). Je pense que c'est une gymnastique mentale de grande valeur. Et je rejoins donc l'avis de Tori : ce genre de distance devient chaque jour plus rare, ce qui me semble être un problème. Bien content que tu t'y adonnes.

De la même manière, j'adore le Conan de John Milius alors que, bon, si on s'interroge deux secondes sur son contenu théorique….

D'ailleurs, ton laïus sur la vision hollywoodienne du film de guerre m'a rappelé une série d'articles sur l’histoire des liens entre Hollywood et le Pentagone dans le fanzine marseillais " Aaarg ! " (qui est une sorte de successeur spirituel à Hara-Kiri). Je recommande également.

Photonik a écrit:"All The Colors Of The Dark", reprise d'un des thèmes les plus fameux du giallo par Grails


Hey, merci pour la référence.

Et très chouette reprise également. Ça faisait des années que je ne l'avais pas écoutée. Ça fait toujours plaisir de revenir aux classiques.

Photonik a écrit:"Hate On" signé par le trio Nevermen


Joli, les chœurs à la Beach Boys dès le début du morceau. J'ai eu un peu des réminiscences de l'album " California " de Mr. Bungle, par moments.

Oh, un nouveau projet de Mike Patton. Quel surprise…

Photonik a écrit:- On termine avec un étrange et drolatique petit roman, "Les hommes salmonelle sur la Planète Porno", signé par celui-ci qui fut qualifié de "Philip K. Dick nippon", autrement dit Yasutaka Tsutsui.


Wow. Ça a l'air passionnant. Très curieux de lire ça, aussi. Je n'ai vu que l'adaptation de "Paprika" qui est un chef d’œuvre absolu, bien sûr.

A ta description, j'ai aussi un peu pensé à un point en particulier de " Transmetropolitan ", l'église transhumaniste de Fred Christ qui passe d'une sorte de lupanar tantrique à une secte corrompue au dernier degré, notamment à un niveau politique. Il me semble y avoir retrouvé une vision sarcastique, mais pas totalement condamnatoire, de la révolution sexuelle.

Photonik a écrit:et on termine avec le fabuleux "Desvelh" des occitans d'Artus..!


Fichtre, c'est extraordinaire aussi. Tu m'étonnes que l'influence de King Crimson est sensible. Et on en revient à cette thématique du Folk Horror.
Et toute référence à Michel Pastoureau rend le disque indispensable.

D'ailleurs, je suis passé voir le bandcamp de leur label. J'ai l'impression qu'il y a des choses à explorer là-dedans.

Au final, encore un épisode très solide, cette semaine.

Tori a écrit:Ah, tiens, aucun rapport, mais ce lien pourrait t'intéresser : il s'agit d'archives des films d'animations japonais... Il y a des films de l'entre deux guerres, mais aussi le premier film d'animation du Japon (dans une version restaurée) : Namakuragatana, qui date de 1917...


Fort intéressant. Merci. Je te pique ça.

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Ah oui, merci pour le lien ; potentiellement très intéressant, ça.

C'est souvent le cas en ce qui concerne des noms d'animaux, mais il y en a d'autres : un exemple classique, c'est le "ma" qui se retrouve dans beaucoup de langues pour désigner la mère (ou le sein maternel, la mamelle), et qui est juste un des premiers sons que les enfants arrivent à produire...

Tori.


On parle bien de la même chose.

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Photonik a écrit:
Tori a écrit:De Tsutsui, je n'ai lu que La traversée du temps (dont le film de Hosoda n'est, d'ailleurs, pas une adaptation, mais une "pseudo-suite")...


Ah oui ? Je n'avais pas percuté là-dessus, n'ayant pas lu le roman.

Le roman, c'est l'histoire de la tante de l'héroïne du film d'animation.

une explication possible, c'est l'idée que les termes très anciens (comme "hartza" effectivement) correspondent certainement, phonétiquement, à l'objet qu'ils décrivent ; j'ai déjà lu des choses à ce sujet. "Hartz" est peut-être une façon de désigner l'ours en "mimant" son grognement par exemple. Il est donc possible que des peuples géographiquement éloignés choisissent des termes voisins pour désigner une même chose.
Je ne sais pas si je suis très clair...

Si, tu es clair (et j'y avais pensé). C'est souvent le cas en ce qui concerne des noms d'animaux, mais il y en a d'autres : un exemple classique, c'est le "ma" qui se retrouve dans beaucoup de langues pour désigner la mère (ou le sein maternel, la mamelle), et qui est juste un des premiers sons que les enfants arrivent à produire...

Ah, tiens, aucun rapport, mais ce lien pourrait t'intéresser : il s'agit d'archives des films d'animations japonais... Il y a des films de l'entre deux guerres, mais aussi le premier film d'animation du Japon (dans une version restaurée) : Namakuragatana, qui date de 1917...

Tori.

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Tori a écrit:
Ce que j'aime, chez toi, c'est que même si tu n'es pas d'accord avec le cinéaste ou son message, tu défends ses films (tout en expliquant bien ce que tu n'aimes pas).


Ah ça me fait plaisir ce que tu dis là ; c'est très précisément ça en effet, au moins dans le cas de ce film de Mel Gibson...

Tori a écrit:À t'entendre, dans cette histoire, Tsutsui applique simplement le slogan "faites l'amour, pas la guerre"... ~___^


Ha ha !! C'est plutôt bien résumé en effet, même si comme je le dis dans l'émission, avec le très sarcastique Yasutaka Tsutsui il est toujours difficile de connaître ses intentions avec certitude...

Tori a écrit:De Tsutsui, je n'ai lu que La traversée du temps (dont le film de Hosoda n'est, d'ailleurs, pas une adaptation, mais une "pseudo-suite")...


Ah oui ? Je n'avais pas percuté là-dessus, n'ayant pas lu le roman.

Tori a écrit:C'est d'ailleurs étonnant que le mot en langue basque ressemble au mot dans les autres langues : les Basques ont dû rencontrer des ours (et donc les nommer) bien avant l'arrivée (l'invasion) des locuteurs de langues indo-européennes...

Tori.


Oui, c'est étonnant en effet. Il est clair que les Basques ont eu à faire à des ours de très longue date ; une explication possible, c'est l'idée que les termes très anciens (comme "hartza" effectivement) correspondent certainement, phonétiquement, à l'objet qu'ils décrivent ; j'ai déjà lu des choses à ce sujet. "Hartz" est peut-être une façon de désigner l'ours en "mimant" son grognement par exemple. Il est donc possible que des peuples géographiquement éloignés choisissent des termes voisins pour désigner une même chose.
Je ne sais pas si je suis très clair...

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Photonik a écrit:Retour à la formule classique, les amis...

Formule qui a fait ses preuves !

- Au rayon cinoche, on parle d'un film récent, en l'occurrence "Hacksaw Ridge/Tu ne tueras point", dernier film en date de Mel "Le Zinzin" Gibson.

Ce que j'aime, chez toi, c'est que même si tu n'es pas d'accord avec le cinéaste ou son message, tu défends ses films (tout en expliquant bien ce que tu n'aimes pas).

- On termine avec un étrange et drolatique petit roman, "Les hommes salmonelle sur la Planète Porno", signé par celui-ci qui fut qualifié de "Philip K. Dick nippon", autrement dit Yasutaka Tsutsui.

À t'entendre, dans cette histoire, Tsutsui applique simplement le slogan "faites l'amour, pas la guerre"... ~___^
De Tsutsui, je n'ai lu que La traversée du temps (dont le film de Hosoda n'est, d'ailleurs, pas une adaptation, mais une "pseudo-suite")... J'ai d'ailleurs deux éditions différentes, mais je crois que seule la couverture diffère (l'édition la plus récente reprend l'affiche du film).

on termine avec le fabuleux "Desvelh" des occitans d'Artus..!

J'ai bien aimé ta petite digression linguistique dans ta présentation du morceau (Artús, Arzh, Hartz, Ors, Ours)...
C'est d'ailleurs étonnant que le mot en langue basque ressemble au mot dans les autres langues : les Basques ont dû rencontrer des ours (et donc les nommer) bien avant l'arrivée (l'invasion) des locuteurs de langues indo-européennes...

Tori.

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Ektah a écrit:Ah non, je n'étais pas au courant. C'est effectivement fort intéressant. Je vais également explorer tout ça (et probablement commander quelques numéros de la revue, au passage). Chouette découverte.


Comme tu as pu le voir, les textes de tous les anciens numéros sont également disponibles sur le site.
J'y ai écrit un texte sur Grant Morrison, un autre sur le giallo, un texte un peu plus court sur la psychogéographie (qui est une sorte de compte-rendu de lecture du livre de Coverley qu'on a déjà cité ici) ; j'y ai également rédigé une retranscription de l'entretien radio avec Pacôme Thiellement, et j'ai également signé deux nouvelles, une histoire de fantômes et un récit SF (celui-là sera dispo sur le site un peu plus tard, au moment de la sortie du prochain numéro).

Ektah a écrit:Bon, après, "Persona" fait partie de ces œuvres fondamentales du cinéma "expérimental". À partir du moment où tu officie dans ce genre, comme Grandrieux, la référence est quasi-inévitable, qu'elle soit marquée et/ou revendiquée (comme Lynch, justement).


Tout à fait. Aux côtés de quelques autres comme "8 1/2" de Fellini et "Hiroshima mon amour", c'est vraiment une oeuvre fondatrice de ce type de cinéma ; difficile de passer à côté...

Ektah a écrit:En fait, j'ai l'impression que les compositeurs de musiques de films de genre italiens fonctionnent comme les réalisateurs qu'ils accompagnent: il est très rare qu'ils se cantonnent à un genre, préférant en général varier les projets. Et, du coup, c'est souvent intéressant de chercher les ressemblances dans des œuvres à priori dissemblables: par exemple, quand il fait des westerns (Les 4 de l'Apocalypse), des drames (Beatrice Cenci) ou de l'heroïc-fantasy (Conquest), Lucio Fulci reste Lucio Fulci.


Tout à fait exact, encore une fois. Peut-être les uns et les autres n'ont-ils pas toujours eu le choix (soumis aux desiderata des producteurs, qui fonctionnaient sur le principe des "filons" du moment), mais il n'empêche que ça donne des filmos passionnantes dans leur éclectisme, Fulci en étant effectivement un excellent exemple.

Ektah a écrit:Et je trouve que c'est également vrai avec des compositeurs comme Riz Ortolani, effectivement. J'écoutais l'autre jour sa musique pour "Brother Sun, Sister Moon", un biopic sur St. François d'Assise. Sa composition n'est pas sans liens avec celle pour "Cannibal Holocaust".


Tiens, je le connais pas, ce "Brother Sun, Sister Moon", mais a priori ça peut m'intéresser...

Ektah a écrit:Alors, le truc avec "Taxandria", c'est que le film a eu une histoire troublée


Oui, j'ai vu ça ; je me suis un peu renseigné dessus depuis que tu l'as cité et il semble effectivement que le réalisateur a été très empêché sur ce coup.

Ektah a écrit:Mais le grand François Schuiten, un des principaux collaborateurs pour l'aspect graphique du film, a ressorti, plus tard, sous forme de nouvelle illustrée, une version plus proche du projet original, sous le nom "Souvenirs de l’Éternel présent", l'incluant au passage dans son cycle des Cités Obscures. C'est mieux mais la différence de format rend l'expérience très différente.


Ah oui ? Tiens, je demanderai à ma compagne si elle est tombée sur ça ; elle adore Schuiten, dont perso je ne connais pas du tout le travail...

Ektah a écrit:Je suis aussi très fan des Simpsons (même si je préfère Futurama)


Entre les deux mon coeur balance, mais effectivement peut-être "Futurama" l'emporte-t-il d'une courte tête.
Et à propos de séries animées comiques, je me suis mis à "BoJack Horseman", et c'est de la très très bonne came, même si je n'ai vu que trois épisodes à ce stade (et j'ai lu que ça devenait encore mieux par la suite).

Ektah a écrit:les arguments que tu avances sont assez indéniables (surtout par rapport à Tahiti Bob) mais j'avais toujours entendu dire que Bart portait son prénom juste parce qu'il ressemble au mot "brat". J'imagine que c'est une double référence.


Pour Tahiti Bob, c'est sûr, je me demande d'ailleurs si Matt Groening ne l'a pas explicitement confirmé lorsqu'il confiait son amour pour les "5000 doigts...". Pour Bart, c'est moi qui m'enflamme un peu peut-être, mais la coïncidence me semblerait énorme.

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Marko a écrit:En plus de Noh-Varr et Loki, Gillen a également intégré dans ses "Young Avengers" le personnage très charismatique qu'est Miss America (et également Prodigy dans un rôle un peu moins conséquent).


Exact. Pour être franc, ce n'est pas tout à fait un oubli de ma part, je voulais surtout me concentrer sur Marvel Boy et Kid Loki (surtout ce dernier, vraiment central dans le travail de Gillen). Je n'ai en plus pas lu la mini ("Vengeance", je crois ?) où elle fait sa première apparition.
Mais moi aussi j'aime bien ce perso, tant sous la plume de Gillen que celle d'Ewing plus récemment...


Marko a écrit:Avec les séries respectives de Gillen et Ewing, on peut dire que le plus fameux "trickster" de Marvel a été plutôt bien servi ces dernières années (il y a aussi le graphic novel moins récent d'Esad Ribic, mais celui-là je ne l'ai pas encore lu).


Oui, Loki a été très bien servi, c'est le moins que l'on puisse dire.
Pour l'album avec Ribic, que j'avais lu à sa sortie (et me rappelle avoir bien aimé), je dois dire que je ne me rappelle plus vraiment le traitement qui était réservé au perso.

Avatar de Marko

En plus de Noh-Varr et Loki, Gillen a également intégré dans ses "Young Avengers" le personnage très charismatique qu'est Miss America (et également Prodigy dans un rôle un peu moins conséquent).
Avec les séries respectives de Gillen et Ewing, on peut dire que le plus fameux "trickster" de Marvel a été plutôt bien servi ces dernières années (il y a aussi le graphic novel moins récent d'Esad Ribic, mais celui-là je ne l'ai pas encore lu).

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Épisode 17 : Les Jeunes Vengeurs ne tueront point sur la Planète Porno !!

Retour à la formule classique, les amis...
Le programme cette semaine :

- Au rayon cinoche, on parle d'un film récent, en l'occurrence "Hacksaw Ridge/Tu ne tueras point", dernier film en date de Mel "Le Zinzin" Gibson.

- On poursuit avec une excellentissime sortie BD, à savoir le tome Marvel Deluxe qui regroupe tous les épisodes du titre "Young Avengers", avec Kieron Gillen et Jamie McKelvie aux commandes.

- On termine avec un étrange et drolatique petit roman, "Les hommes salmonelle sur la Planète Porno", signé par celui-ci qui fut qualifié de "Philip K. Dick nippon", autrement dit Yasutaka Tsutsui.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Euphoria", extrait du dernier album en date, "Pylon", de Killing Joke, "All The Colors Of The Dark", reprise d'un des thèmes les plus fameux du giallo par Grails, "Hate On" signé par le trio Nevermen, et on termine avec le fabuleux "Desvelh" des occitans d'Artus..!


"Dark phantoms of the past
Some things are best forgotten
Like Orpheus, don't look back
The best years are waiting for you..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

Avatar de Photonik

Oui, "Le Orme", c'est justement le prochain giallo sur ma pile de films à voir. Déjà parce que j'avais beaucoup aimé le titre cité par le Doc, "Journée noire pour un bélier", mais aussi à cause d'un avis dithyrambique dessus dans l'excellent récent dossier consacré au giallo dans... "Les Cahiers du Cinéma" (eh oui, qui l'aurait cru il y a quelques années seulement...).

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Ektah a écrit:D'ailleurs, au passage, si vous ne l'avez pas vu, je ne saurais trop vous conseiller de regarder "Le Orme" (titre international: "Footsteps on the moon"), qui est parfois considéré un un giallo, et parfois pas. Enfin, on dira que c'est la réponse italienne à "L'année dernière à Marienbad". C'est un film que je trouve assez passionnant.


Je ne connaissais pas du tout. Ca m'a l'air très intrigant, merci pour le tuyau.
Tiens, je vois que c'est l'un des quelques films de la courte carrière de Luigi Bazzoni. J'en profite donc pour rappeler que Photonik a écrit un billet sur son Journée noire pour un bélier dans les colonnes du Ciné-Club.

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Le Doc a écrit:Chouette chronique (et c'est toujours très intéressant de t'entendre parler du giallo, tu fais bien partager ta passion du genre). C'est l'une des choses que j'aime dans le cinéma d'exploitation italien : il est tellement foisonnant qu'en fouillant bien, on tombe souvent sur des raretés qui méritent qu'on s'y attarde, même dans les périodes les moins réputées.


D'ailleurs, au passage, si vous ne l'avez pas vu, je ne saurais trop vous conseiller de regarder "Le Orme" (titre international: "Footsteps on the moon"), qui est parfois considéré comme un giallo, et parfois pas. Enfin, on dira que c'est la réponse italienne à "L'année dernière à Marienbad". C'est un film que je trouve assez passionnant.

Et, en giallo pur, j'ai revu récemment "Mais... qu'avez vous fait à Solange ?". Je suis, à chaque revisionnage, à chaque fois un peu plus fasciné par ce film. Je crois qu'il est passe de se hisser au niveau des Argento, pour moi.

Le Doc a écrit:Bien entendu, on peut aussi tomber sur des hénaurmes nanars pour le plaisir du bisseux acharné... :wink:


Ouf, j'ai eu peur. J'ai cru un moment que c'était le grand Sergio Corbucci qui avait réalisé ce sous-Caligula. Mais, non, c'est le frangin... Ouf.

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Photonik a écrit:Absolument, on enregistre et on met en ligne chacune des interventions que l'on organise. Je ne sais plus si je l'ai signalé, mais c'est dans le cadre de la revue souletine "Hau", à laquelle je contribue activement, que l'on organise tout ça. Voilà le lien vers le site de la revue, plus spécifiquement l'onglet rassemblant justement tous les enregistrements (un grand merci à Vivi qui se charge de tout ça !) :
http://hau.eklablog.com/complements-internet-p1114650


Ah non, je n'étais pas au courant. C'est effectivement fort intéressant. Je vais également explorer tout ça (et probablement commander quelques numéros de la revue, au passage). Chouette découverte.

Photonik a écrit:A la réflexion, tu as peut-être raison. J'ai par exemple oublié de signaler que chacun des personnages féminins semble être une déclinaison des autres (ce qui est appuyé par l'onomastique ; les prénoms sont des variantes les uns des autres), donc il y aurait sûrement des parallèles à établir.


Bon, après, "Persona" fait partie de ces œuvres fondamentales du cinéma "expérimental". À partir du moment où tu officie dans ce genre, comme Grandrieux, la référence est quasi-inévitable, qu'elle soit marquée et/ou revendiquée (comme Lynch, justement).

Photonik a écrit:On pourrait aussi citer Riz Ortolani, qui s'il n'était pas spécialisé dans le seul giallo a par exemple signé le score de "La Longue Nuit de l'Exorcisme" de Fulci que j'évoque durant ma chronique.


En fait, j'ai l'impression que les compositeurs de musiques de films de genre italiens fonctionnent comme les réalisateurs qu'ils accompagnent: il est très rare qu'ils se cantonnent à un genre, préférant en général varier les projets. Et, du coup, c'est souvent intéressant de chercher les ressemblances dans des œuvres à priori dissemblables: par exemple, quand il fait des westerns (Les 4 de l'Apocalypse), des drames (Beatrice Cenci) ou de l'heroïc-fantasy (Conquest), Lucio Fulci reste Lucio Fulci. Bon, pas dans ses sexy-comédies, par contre...

Et je trouve que c'est également vrai avec des compositeurs comme Riz Ortolani, effectivement. J'écoutais l'autre jour sa musique pour "Brother Sun, Sister Moon", un biopic sur St. François d'Assise. Sa composition n'est pas sans liens avec celle pour "Cannibal Holocaust".

Photonik a écrit:J'ai vu "Mirromask" une fois, et je suis un peu passé à côté (et pourtant je suis raide dingue des travaux communs de Gaiman et McKean versant papier). J'ai été je crois un peu refroidi par la forme, limitée dans ses ambitions par des moyens que l'on imagine contraints. Il faut que je laisse une deuxième chance au film.


J'aime le film mais, dans une certaine mesure, je suis d'accord avec toi: le film souffre du même mal que les autres créations du Dave McKean réalisateur. Son projet est probablement une transcription directe de son style pictural dans le media cinématographique. Mais il le fait sans trop tenir compte des spécificités du cinéma. Du coup, ça crée en général une imagerie qui aurait été très évocatrice en comics mais qui tombe un peu à plat. Bon, ceci étant dit, j'aime bien ses films quand même.

Photonik a écrit:Quant à "Taxandria", je ne connaissais même pas le nom. En me renseignant un peu, je vois que ça a l'air effectivement d'être un autre joli OVNI filmique. Le pitch fait effectivement beaucoup penser aux "5000 doigts du Dr. T"...


Alors, le truc avec "Taxandria", c'est que le film a eu une histoire troublée avec, si je me souviens bien, un changement de producteur vers la fin de la pré-production, le nouveau ne comprenant absolument rien au projet dans lequel il a été débarqué. Du coup, la distribution en salles a été réduite à son strict minimum (ce qui explique que tu n'en aies pas entendu parler). Et, visiblement, le tournage lui-même a été un peu saboté. Je fais partie des gens qui aime bien le film, mais les problèmes restent quand même visibles. Enfin, dans l'absolu, je te conseille quand même le film, malgré ses problèmes. Sur moi, il a marché.

Mais le grand François Schuiten, un des principaux collaborateurs pour l'aspect graphique du film, a ressorti, plus tard, sous forme de nouvelle illustrée, une version plus proche du projet original, sous le nom "Souvenirs de l’Éternel présent", l'incluant au passage dans son cycle des Cités Obscures. C'est mieux mais la différence de format rend l'expérience très différente.

Photonik a écrit:Pour l'influence de ce dernier titre, je crois que l'héritier le plus visible, même si c'est un peu contre-intuitif, c'est effectivement certains épisodes des "Simpson" centrés autour de Bart...


Je suis aussi très fan des Simpsons (même si je préfère Futurama) mais c'est marrant: les arguments que tu avances sont assez indéniables (surtout par rapport à Tahiti Bob) mais j'avais toujours entendu dire que Bart portait son prénom juste parce qu'il ressemble au mot "brat". J'imagine que c'est une double référence.

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Photonik a écrit:- On termine avec une bizarrerie qui nous renvoie direct à l'âge d'or des studios hollywoodiens, avec l'azimuté "Les 5000 Doigts du Dr. T" de Roy Rowland, épaulé par Stanley Kramer et le fameux Dr. Seuss.


Tiens, celui-là je l'ai vu...une fois, il y a bien longtemps, dans le cinéma de quartier de Dionnet. Autant dire qu'il faudrait que je me rafraîchisse la mémoire...et justement ta chronique m'a donné envie de le revoir !

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Drugs On The Bus", extrait du premier album de Crystal Fairy (avec des bouts des Melvins dedans), "Melody In High Feedback Tones", extrait du "Void Beats/Invocation Trex" de Cavern Of Anti-Matter, "Invisible Hate", titre introductif du "Death Penalty" des heavy-metalleux de Witchfinder General, et on termine avec le paisible "Carondelet", issu de la collaboration entre Jesu et Sun Kil Moon..!


Encore du tout bon ! Ca fait plusieurs émissions d'affilée où tu fais carton plein avec la playlist, dis donc... :wink:

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Photonik a écrit:- On poursuit avec un giallo tout droit issu des seventies, "Terreur sur la lagune" d'Antonio Bido, un film méconnu mais qui a récemment connu les honneurs d'une sortie de luxe en Blu-Ray/DVD chez Le Chat Qui Fume.


Chouette chronique (et c'est toujours très intéressant de t'entendre parler du giallo, tu fais bien partager ta passion du genre). C'est l'une des choses que j'aime dans le cinéma d'exploitation italien : il est tellement foisonnant qu'en fouillant bien, on tombe souvent sur des raretés qui méritent qu'on s'y attarde, même dans les périodes les moins réputées. Bien entendu, on peut aussi tomber sur des hénaurmes nanars pour le plaisir du bisseux acharné... :wink:

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Photonik a écrit:Je vais jouer la franchise : j'aurais voulu le dire, mais son nom ne m'est pas revenu du tout sur le coup. :wink:
Je ne connais pas son oeuvre, en plus.

C'est l'inconvénient du direct : si un nom t'échappe, tu ne peux pas le rechercher...
Mais comme tu insistais sur certains éléments du film (les singes volants et la sorcière qui fond), alors que ces éléments étaient déjà présents dans le roman, je me suis dit qu'il valait mieux le préciser.
Le fait que tu ne connaisse pas son œuvre l'explique, du coup (ça fait partie des toutes premières œuvres que j'ai lues en anglais, avec Alice in Wonderland, Peter Pan et tout Sherlock Holmes).

Tori.

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Ektah a écrit:Dans l'absolu, oui, je serais intéressé pour venir mais mes disponibilités sont totalement dépendantes des concours de fonctionnaire que je suis en train de passer. Selon les résultats, j'aurai ou non le temps. En tous cas, je suis certainement intéressé pour venir et je te remercie pour la proposition. Je te préviendrai le cas échéant.


OK, tu me tiendras au jus. La proposition perdure !


Ektah a écrit:De toute façon, même si je ne viens pas, j'imagine que l’événement sera enregistré.


Absolument, on enregistre et on met en ligne chacune des interventions que l'on organise. Je ne sais plus si je l'ai signalé, mais c'est dans le cadre de la revue souletine "Hau", à laquelle je contribue activement, que l'on organise tout ça. Voilà le lien vers le site de la revue, plus spécifiquement l'onglet rassemblant justement tous les enregistrements (un grand merci à Vivi qui se charge de tout ça !) :
http://hau.eklablog.com/complements-internet-p1114650

Ektah a écrit:Alors, pour ce qui est du lien avec "Persona", j'ai pu me faire une idée fausse à partir de ta description mais il me semblait qu'une des thématiques concernait la recherche d'une vision fantasmée (de soi-même ou d'un autre), ce qui est, à mes yeux, un des thèmes principal du film de Bergman. J'aurai un avis plus sûr après avoir vu "Malgré la nuit".


A la réflexion, tu as peut-être raison. J'ai par exemple oublié de signaler que chacun des personnages féminins semble être une déclinaison des autres (ce qui est appuyé par l'onomastique ; les prénoms sont des variantes les uns des autres), donc il y aurait sûrement des parallèles à établir.

Ektah a écrit:Il n'y aura pas d'interro surprise sur l'influence de l'hantologie dans la pop culture moderne.


Ha ha !! Ce serait un bon sujet de devoir, ceci dit.

Ektah a écrit:Pour ce qui est de Ghost Box (dont je parlais tantôt comme une des influences reconnues de l'esthétique de "Berberian Sound Studio"), disons que c'est le monolithe au centre de la scène hantologique musicale. C'est par eux, comme beaucoup de monde, que j'ai découvert l'existence de ce mouvement et certains des groupes sont excellents. Personnellement, je nommerais Eric Zann (du nom de ce personnage de Lovecraft ayant touché une autre dimension par la musique qu'il compose), Mount Vernon Arts Lab, The Focus Group, Belbury Poly et The Advisory Circle et, s'il ne devait rester qu'un seul disque, ce serait la collaboration entre Broadcast et Focus Group, "Broadcast and The Focus Group Investigate Witch Cults of the Radio Age".
Mais, du coup, ce label souffre du mal qui touche les titans de n'importe quel mouvement artistique: ce sont eux qui fournissent la base mais je continue à trouver les périphéries plus intéressantes, celles-ci étant, en l'occurrence, pour moi, les deux projets "Folklore Tapes" et "Audiological Transmissions", plus les groupes Concretism, Demdike Stare et The Caretaker. Mais, encore une fois, subjectif...


Tout ça est dûment noté...

Ektah a écrit:Du coup, je suis bien content d'évoquer cette BO parce que j'ai le sentiment qu'en terme de musique de films de genre italiens, tout le monde se souvient, à raison, de Ennio Morricone, Goblin et, dans une moindre mesure, Bruno Nicolai. Mais je trouve que c'est un peu injuste envers certains compositeurs comme Stelvio Cipriani (et quelques autres) que je mets, dans un genre un peu différent, plus funky, quasiment au même niveau que ceux-là.


On pourrait aussi citer Riz Ortolani, qui s'il n'était pas spécialisé dans le seul giallo a par exemple signé le score de "La Longue Nuit de l'Exorcisme" de Fulci que j'évoque durant ma chronique.

Ektah a écrit:Non non, je ne confonds pas. Mais, même si je n'ai pas vu "La marque du diable", l'idée que je m'en fais est considérablement plus gore que "Witchfinder General", à deux doigts des video nasties italiennes 80's à la "Anthropophagous" et autres "Blue Holocaust".

"Witchfinder General" n'est pas à ce niveau-là, quand même. Mais il est suffisamment dérangeant et cruel pour avoir décontenancé les spectateurs de l'époque qui, s'attendant à un film gothique à la "Masque de la Mort Rouge" avec Vincent Price, se sont retrouvés devant quelque chose de plus proche du "Masque du Démon", notamment dans son dernier tiers.


Au temps pour moi. Idéalement, il faudrait que je vois les deux, ils sont susceptibles de m'intéresser au même titre...

Ektah a écrit:D'ailleurs, à ce sujet, je suis sûr que beaucoup d'entre vous connaissent "Mirrormask", le long métrange (tiens, la typo était involontaire de ma part mais je vais la laisser, elle me plaît bien) de Neil Gaiman et Dave MacKean qui était prévu à la base comme une sorte de suite à "Labyrinth", ce qui est déjà une idée absolument merveilleuse, mais qui, au final, se rapproche beaucoup plus (à mon sens) du "Magicien d'Oz" (aussi bien ses avatars cinématographiques que littéraires, d'ailleurs) et (peut-être un peu de sur-interprétation de ma part, là) de "Taxandria" et "Les 5000 doigts du Dr. T". D'ailleurs, après avoir écrit cette phrase, j'en suis à me demander s'il n'y a pas un lien également entre ces deux derniers films.


J'ai vu "Mirromask" une fois, et je suis un peu passé à côté (et pourtant je suis raide dingue des travaux communs de Gaiman et McKean versant papier). J'ai été je crois un peu refroidi par la forme, limitée dans ses ambitions par des moyens que l'on imagine contraints. Il faut que je laisse une deuxième chance au film.
Quant à "Taxandria", je ne connaissais même pas le nom. En me renseignant un peu, je vois que ça a l'air effectivement d'être un autre joli OVNI filmique. Le pitch fait effectivement beaucoup penser aux "5000 doigts du Dr. T"...
Pour l'influence de ce dernier titre, je crois que l'héritier le plus visible, même si c'est un peu contre-intuitif, c'est effectivement certains épisodes des "Simpson" centrés autour de Bart...

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Tori a écrit:Cela dit, je suis étonné : tu parles à plusieurs reprises du film Le magicien d'Oz sans préciser (même si beaucoup le savent) qu'il s'agit de l'adaptation du roman de L. Frank Baum.

Tori.


Je vais jouer la franchise : j'aurais voulu le dire, mais son nom ne m'est pas revenu du tout sur le coup. :wink:
Je ne connais pas son oeuvre, en plus.

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Ha ha !! :D
T'inquiète, la suite devrait nettement plus te parler...

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Photonik a écrit:- On commence avec une sortie récente, à savoir le dernier film en date du très "exigeant" Philippe Grandrieux, "Malgré la Nuit".


J'ai pour le moment écouté cette première partie...et ta chronique a bien confirmé ce que je pensais, à savoir que c'est un cinéma qui ne m'intéresse absolument pas... :wink:

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Photonik a écrit:(...) mais pour King Crimson, je dirais que le sens de la mélodie chelou propre à Robert Fripp fait aussi beaucoup pour l'intérêt du groupe, outre cette maëstria rythmique invraisemblable.


Certes. Ce n'est pas pour rien que King Crimson a l'influence qu'il a. Disons que la polyrythmie est un des intérêts parmi d'autres au sein d'un groupe suffisamment riche pour être étudié pendant des décennies.

Photonik a écrit:Hey, je ne sais pas si je te comprends bien sur ce coup, mais ça veut dire que tu serais prêt à venir ? Si tel est le cas, contacte-moi (si tu n'as plus mon adresse mail, consulte mon profil sur le forum ou envoie-moi un MP) : on va s'arranger pour que ça te coûte rien en matière d'hébergement par exemple...


J'ai sans doute parlé un peu vite, en fait. Dans l'absolu, oui, je serais intéressé pour venir mais mes disponibilités sont totalement dépendantes des concours de fonctionnaire que je suis en train de passer. Selon les résultats, j'aurai ou non le temps. En tous cas, je suis certainement intéressé pour venir et je te remercie pour la proposition. Je te préviendrai le cas échéant. Et oui, en tant que bon archiviste, tous mes mails sont classés dans un logiciel. Je n'aurai pas de mal à retrouver ton adresse.

Photonik a écrit:A priori, on va parler Carnaval, Fin des Temps et étatisation de la fête. Alléchant, non ?


Tout à fait. De toutes ses thématiques récurrentes, c'est une des plus intéressantes. Vive Rabelais ! De toute façon, même si je ne viens pas, j'imagine que l’événement sera enregistré.

Photonik a écrit:Oh ça serait une sacrée interview potentielle, ça !!! Faudra que je tente le coup...
Tu sais s'il est francophone ?


Il connaît quelques mots mais probablement pas assez pour tenir une discussion, je le crains. Enfin, pour ce que j'en ai vu à l'Étrange Festival, en tous cas...

Photonik a écrit:Je n'y ai pas pensé, perso, devant "Malgré la Nuit". Je ne suis même pas sûr que Bergman soit un cinéaste si important que ça pour Grandrieux, qui me fait plus directement penser à Bresson ou Dreyer, par exemple.


Alors, je ne connais pas suffisamment le cinéma de Bresson pour pouvoir me prononcer mais Dreyer, oui, clairement, on navigue dans les mêmes eaux.

Alors, pour ce qui est du lien avec "Persona", j'ai pu me faire une idée fausse à partir de ta description mais il me semblait qu'une des thématiques concernait la recherche d'une vision fantasmée (de soi-même ou d'un autre), ce qui est, à mes yeux, un des thèmes principal du film de Bergman. J'aurai un avis plus sûr après avoir vu "Malgré la nuit".

Photonik a écrit:Oui, là c'est certain, même si je ne connais pas le texte original de Dante (ressorti et traduit il y a quelques années par Medhi Belhaj Kacem). Tu me donnes en tout cas envie de découvrir ça en tout cas.


Tout à fait. C'est bien à cette traduction que je fais référence. Pour ce que j'en sais, la précédente n'était pas à la hauteur de l’œuvre originale.

Photonik a écrit:Va falloir que je me penche sur ce label (Ghost Box), moi. Mais bon, j'ai pris du retard sur le suivi de tous les excellents liens que tu balances ici, faut que je creuse un peu le tout.


Oh, tu sais, je lance des pistes parce que je pense que ce sont des œuvres qui méritent qu'on s'y intéresse mais ce sont des choix personnels. Que toi ou le reste de l'assistance vous arrêtiez sur une ou des dizaines des créations que je cite n'est pas si important. Les composantes de la culture de chacun sont des choses éminemment subjectives et c'est très bien comme ça. Il n'y aura pas d'interro surprise sur l'influence de l'hantologie dans la pop culture moderne.

Pour ce qui est de Ghost Box (dont je parlais tantôt comme une des influences reconnues de l'esthétique de "Berberian Sound Studio"), disons que c'est le monolithe au centre de la scène hantologique musicale. C'est par eux, comme beaucoup de monde, que j'ai découvert l'existence de ce mouvement et certains des groupes sont excellents. Personnellement, je nommerais Eric Zann (du nom de ce personnage de Lovecraft ayant touché une autre dimension par la musique qu'il compose), Mount Vernon Arts Lab, The Focus Group, Belbury Poly et The Advisory Circle et, s'il ne devait rester qu'un seul disque, ce serait la collaboration entre Broadcast et Focus Group, "Broadcast and The Focus Group Investigate Witch Cults of the Radio Age".
Mais, du coup, ce label souffre du mal qui touche les titans de n'importe quel mouvement artistique: ce sont eux qui fournissent la base mais je continue à trouver les périphéries plus intéressantes, celles-ci étant, en l'occurrence, pour moi, les deux projets "Folklore Tapes" et "Audiological Transmissions", plus les groupes Concretism, Demdike Stare et The Caretaker. Mais, encore une fois, subjectif...

Photonik a écrit:C'est vraiment la preuve que je suis décidément un âne : j'avais mentalement noté (je fais trop confiance à ma mémoire) de dire sans faute un mot sur la BO, fabuleuse en effet. J'ai oublié, évidemment.


Ne te jette pas trop la pierre, quand même. Tu tiens, presque toutes les semaines, une chronique radiophonique de deux heures seul (le plus souvent). Pour quiconque a une idée de la façon dont se passe les émissions de radio, c'est quand même une performance pas négligeable. Alors, que tu oublies un truc ou deux au passage, c'est parfaitement normal.

Du coup, je suis bien content d'évoquer cette BO parce que j'ai le sentiment qu'en terme de musique de films de genre italiens, tout le monde se souvient, à raison, de Ennio Morricone, Goblin et, dans une moindre mesure, Bruno Nicolai. Mais je trouve que c'est un peu injuste envers certains compositeurs comme Stelvio Cipriani (et quelques autres) que je mets, dans un genre un peu différent, plus funky, quasiment au même niveau que ceux-là.

Photonik a écrit:A tout hasard, tu ne confondrais pas avec "La Marque du Diable", à peu près contemporain du "Grand Inquisiteur" ? Il me semble que c'est celui-là qui a une réputation de jusqu'au-boutisme assez scotchant.
Je n'ai vu ni l'un ni l'autre, donc je débloque peut-être, hein.


Non non, je ne confonds pas. Mais, même si je n'ai pas vu "La marque du diable", l'idée que je m'en fais est considérablement plus gore que "Witchfinder General", à deux doigts des video nasties italiennes 80's à la "Anthropophagous" et autres "Blue Holocaust".

"Witchfinder General" n'est pas à ce niveau-là, quand même. Mais il est suffisamment dérangeant et cruel pour avoir décontenancé les spectateurs de l'époque qui, s'attendant à un film gothique à la "Masque de la Mort Rouge" avec Vincent Price, se sont retrouvés devant quelque chose de plus proche du "Masque du Démon", notamment dans son dernier tiers.

Tori a écrit:Oh, tiens, je m'aperçois que j'ai oublié de laisser un commentaire sur ta dernière émission. il faut dire que mes connaissances en cinéma sont assez faibles (et en musique, c'est pire). Cela dit, je suis étonné : tu parles à plusieurs reprises du film Le magicien d'Oz sans préciser (même si beaucoup le savent) qu'il s'agit de l'adaptation du roman de L. Frank Baum. Il y a beaucoup de différences entre les deux (par exemple, les souliers d'argent deviennent de rubis, probablement pour profiter du technicolor), mais les singes volants et la sorcière qui fond étaient déjà dans le roman. Les numéros musicaux n'y étaient pas, en revanche (ni l'idée géniale d'opposer le monde en couleurs d'Oz au noir et blanc du Kansas).


D'ailleurs, à ce sujet, je suis sûr que beaucoup d'entre vous connaissent "Mirrormask", le long métrange (tiens, la typo était involontaire de ma part mais je vais la laisser, elle me plaît bien) de Neil Gaiman et Dave MacKean qui était prévu à la base comme une sorte de suite à "Labyrinth", ce qui est déjà une idée absolument merveilleuse, mais qui, au final, se rapproche beaucoup plus (à mon sens) du "Magicien d'Oz" (aussi bien ses avatars cinématographiques que littéraires, d'ailleurs) et (peut-être un peu de sur-interprétation de ma part, là) de "Taxandria" et "Les 5000 doigts du Dr. T". D'ailleurs, après avoir écrit cette phrase, j'en suis à me demander s'il n'y a pas un lien également entre ces deux derniers films.

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Oh, tiens, je m'aperçois que j'ai oublié de laisser un commentaire sur ta dernière émission. il faut dire que mes connaissances en cinéma sont assez faibles (et en musique, c'est pire). Cela dit, je suis étonné : tu parles à plusieurs reprises du film Le magicien d'Oz sans préciser (même si beaucoup le savent) qu'il s'agit de l'adaptation du roman de L. Frank Baum. Il y a beaucoup de différences entre les deux (par exemple, les souliers d'argent deviennent de rubis, probablement pour profiter du technicolor), mais les singes volants et la sorcière qui fond étaient déjà dans le roman. Les numéros musicaux n'y étaient pas, en revanche (ni l'idée géniale d'opposer le monde en couleurs d'Oz au noir et blanc du Kansas).

Tori.

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Ektah a écrit:Alors, évidemment, je ne me base que sur ta critique mais, en dehors des références tout à fait pertinentes que tu nommais, "Vertigo" en tête, je me demande s'il n'y a pas également une référence forte également au "Persona" de Bergman (film matriciel pour Lynch aussi, évidemment).


Je n'y ai pas pensé, perso, devant "Malgré la Nuit". Je ne suis même pas sûr que Bergman soit un cinéaste si important que ça pour Grandrieux, qui me fait plus directement penser à Bresson ou Dreyer, par exemple.
Mais je peux évidemment me tromper. J'adore "Persona", mais je ne suis pas un fin connaisseur du cinéma de Bergman.

Ektah a écrit:Un autre référence revendiquée (par Nicole Brenez, en tous cas) était Dante Alighieri ("La vie nouvelle" = "Vita nuova", son texte consacré à la mémoire transfigurée d'un amour mort... beau à pleurer, au passage).


Oui, là c'est certain, même si je ne connais pas le texte original de Dante (ressorti et traduit il y a quelques années par Medhi Belhaj Kacem). Tu me donnes en tout cas envie de découvrir ça en tout cas.

Ektah a écrit:Tiens, encore un groupe affilié (de loin, à mon avis) à la forme musicale de l'hantologie: ils ont sorti un single sur le label Ghost Box, qui est un des piliers de cette scène. Bien sympathique, aussi.


Va falloir que je me penche sur ce label, moi. Mais bon, j'ai pris du retard sur le suivi de tous les excellents liens que tu balances ici, faut que je creuse un peu le tout.

Ektah a écrit:Je n'ai pas vu le film donc je ne me prononcerai pas sur la question mais je tiens juste à préciser que je suis assez friand de sa BO par le grand Stelvio Cipriani, quelque part entre funk et pop mélancolique, assez caractéristique de son auteur et de son époque.


C'est vraiment la preuve que je suis décidément un âne : j'avais mentalement noté (je fais trop confiance à ma mémoire) de dire sans faute un mot sur la BO, fabuleuse en effet. J'ai oublié, évidemment.

Ektah a écrit:Tiens, en guise d'aparté, tout en restant (peut-être) dans le domaine du giallo, le teaser du prochain film du couple Cattet/Forzani, auteurs des néo-gialli "L'étrange couleur des larmes de ton corps" et "Amer", a été posté aujourd'hui.


Oui, l'indispensable Doc a posté ça sur le forum aujourd'hui même. On dirait bien que c'est le polar hardcore à l'italienne qui va passer à la moulinette cette fois-ci, ouais...

Ektah a écrit:Ah oui, "Witchfinder General", le film, c'est à voir. Sois prévenu, par contre, que le film est étonnamment cruel et dérangeant pour une œuvre dans la lignée des productions Hammer ou Roger Corman. On est plus proche des tortures façon Mario Bava que des jeunes filles en fleur à la Terrence Fisher.


A tout hasard, tu ne confondrais pas avec "La Marque du Diable", à peu près contemporain du "Grand Inquisiteur" ? Il me semble que c'est celui-là qui a une réputation de jusqu'au-boutisme assez scotchant.
Je n'ai vu ni l'un ni l'autre, donc je débloque peut-être, hein.

Ektah a écrit:Pour ce qui est du groupe, bah, la voix pourrait être plus maîtrisée mais ils compensent, à mon sens, par leur enthousiasme. Et c'est assez intéressant de voir une version un peu plus enjouée du doom à la Black Sab' (en fait, je ne suis pas loin de les voir comme un mix entre les périodes Ozzy et Dio du groupe). Bien sympathique, en tous cas, même si pas franchement incontournable.


Oui, on est d'accord, rien de transcendant, mais un document intéressant pour les amateurs de musique "sombre" (Lee Dorrian les a assez loués pour ça). Le chant est effectivement assez faible, et la parenté avec le Sab' est à chercher autant du côté du canal historique que de la période Dio.

Ektah a écrit:Alors, ce film, je l'ai vu, apprécié et quasiment immédiatement oublié.


Je comprends tout à fait.
C'est une authentique curiosité, à voir au moins une fois pour les amateurs de cinoche barré et "autre", mais un peu plus superficiel que son aura de culte et sa réputation flatteuse ne le laisse penser. Je note en tout cas avec intérêt les autres titres que tu cites...

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Ektah a écrit:Et la polyrythmie, c'est, à mon sens, tout ce qui fait le sel de King Crimson, Soft Machine ou Meshuggah, pour n'en nommer que quelques-uns.


Je dirais que c'est tout à fait le cas pour Meshuggah, et je ne connais pas assez la musique de Soft Machine pour me prononcer, mais pour King Crimson, je dirais que le sens de la mélodie chelou propre à Robert Fripp fait aussi beaucoup pour l'intérêt du groupe, outre cette maëstria rythmique invraisemblable.

Ektah a écrit:Pacôme a tendance à rajouter du gnosticisme un peu partout au petit bonheur la chance, ce qui n'est pas un problème: on a tous des clés de lecture récurrentes (comme moi avec la psychogéographie, quoi).


Oui, j'en avais d'ailleurs fait la remarque au sujet de "Pop Yoga" : comme le livre est une compilation de textes consacrés à des sujets très variés, c'est plus flagrant encore, comme "travers". Mais comme toi, je ne trouve pas que ce soit un problème.

Ektah a écrit:Que ce sens ait été voulu par l'auteur ou pas est secondaire.


Totalement d'accord avec ça.

Ektah a écrit:Mais, dans le cas d'Eraserhead, la lecture gnostique vient effectivement assez facilement. J'imagine qu'il a dû te parler de cette figure mystérieuse qui tire un levier comme une représentation du Démiurge.


Tu tapes dans le mille. :wink:

Ektah a écrit:Oh, bon sang... Ça va encore faire un trou dans mes finances, cette affaire. Mais, du coup, je suis impatient de voir ça.
Et ça fait toujours plaisir de savoir son travail apprécié.


Hey, je ne sais pas si je te comprends bien sur ce oup, mais ça veut dire que tu serais prêt à venir ? Si tel est le cas, contacte-moi (si tu n'as plus mon adresse mail, consulte mon profil sur le forum ou envoie-moi un MP) : on va s'arranger pour que ça te coûte rien en matière d'hébergement par exemple...
On s'est mis d'accord sur le samedi 1er juillet, ça laisse du temps. A priori, on va parler Carnaval, Fin des Temps et étatisation de la fête. Alléchant, non ?

Ektah a écrit:Mais, honnêtement, il (Richard Stanley) est gentil comme une crème. Si tu veux le contacter, pour l'émission ou d'une manière générale, tu peux le faire directement. À priori, il ne va pas t'envoyer te faire voir.


Oh ça serait une sacrée interview potentielle, ça !!! Faudra que je tente le coup...
Tu sais s'il est francophone ?

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:- On commence avec une sortie récente, à savoir le dernier film en date du très "exigeant" Philippe Grandrieux, "Malgré la Nuit".


Effectivement, tu as parfaitement raison: même moi qui ait un certain intérêt pour le cinéma de Grandrieux (enfin, je n'ai vu que "Sombre", "La vie nouvelle" et le clip qu'il a fait pour Marilyn Manson), je découvre l'existence de ce film par ton biais.

Alors, évidemment, je ne me base que sur ta critique mais, en dehors des références tout à fait pertinentes que tu nommais, "Vertigo" en tête, je me demande s'il n'y a pas également une référence forte également au "Persona" de Bergman (film matriciel pour Lynch aussi, évidemment). En tous cas, c'est la réflexion que je m'étais faite au visionnage de "La Vie Nouvelle", film qui, comme tu le faisais remarquer, semble effectivement être lié à "Malgré la nuit". Un autre référence revendiquée (par Nicole Brenez, en tous cas) était Dante Alighieri ("La vie nouvelle" = "Vita nuova", son texte consacré à la mémoire transfigurée d'un amour mort... beau à pleurer, au passage). Je me demande si cette référence n'est pas là, également, dans son nouveau film.

Tiens, dans un film traitant de la mémoire dévorante, je me demande, en dehors de la référence claire à "Vertigo" effectivement, s'il n'y a pas un lien avec la madeleine de Proust, également. Enfin, va savoir... Là, c'est peut-être moi qui plane un peu.

Bon, il faut que je trouve quelques heures pour regarder "Un lac" et "La vie nouvelle", moi.

Photonik a écrit:(...) "Melody In High Feedback Tones", extrait du "Void Beats/Invocation Trex" de Cavern Of Anti-Matter (...)


Tiens, encore un groupe affilié (de loin, à mon avis) à la forme musicale de l'hantologie: ils ont sorti un single sur le label Ghost Box, qui est un des piliers de cette scène. Bien sympathique, aussi.

Photonik a écrit:- On poursuit avec un giallo tout droit issu des seventies, "Terreur sur la lagune" d'Antonio Bido, un film méconnu mais qui a récemment connu les honneurs d'une sortie de luxe en Blu-Ray/DVD chez Le Chat Qui Fume.


Je n'ai pas vu le film donc je ne me prononcerai pas sur la question mais je tiens juste à préciser que je suis assez friand de sa BO par le grand Stelvio Cipriani, quelque part entre funk et pop mélancolique, assez caractéristique de son auteur et de son époque. Ce n'est pas le seul giallo à adopter ce genre d'accompagnement (on peut nommer "Femina Ridens", par exemple) mais je suis assez friand de l'effet produit.

Tiens, en guise d'aparté, tout en restant (peut-être) dans le domaine du giallo, le teaser du prochain film du couple Cattet/Forzani, auteurs des néo-gialli "L'étrange couleur des larmes de ton corps" et "Amer", a été posté aujourd'hui:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=_0rQQMkqdoo&feature=youtu.be[/youtube]

À voir. Pas impossible qu'ils se dirigent plus vers le domaine du poliziottesco avec celui-là, un autre des filone du cinéma de genre italien 60's/70's.

Photonik a écrit:(...) "Invisible Hate", titre introductif du "Death Penalty" des heavy-metalleux de Witchfinder General (...)


Ah oui, "Witchfinder General", le film, c'est à voir. Sois prévenu, par contre, que le film est étonnamment cruel et dérangeant pour une œuvre dans la lignée des productions Hammer ou Roger Corman. On est plus proche des tortures façon Mario Bava que des jeunes filles en fleur à la Terrence Fisher. Honnêtement, dans les classiques du Folk Horror, je ne pense pas qu'il se hisse aux sommets de "Blood on Satan's Claw" ou "Wicker Man" mais il reste parfaitement intéressant.

Pour ce qui est du groupe, bah, la voix pourrait être plus maîtrisée mais ils compensent, à mon sens, par leur enthousiasme. Et c'est assez intéressant de voir une version un peu plus enjouée du doom à la Black Sab' (en fait, je ne suis pas loin de les voir comme un mix entre les périodes Ozzy et Dio du groupe). Bien sympathique, en tous cas, même si pas franchement incontournable.

Photonik a écrit:- On termine avec une bizarrerie qui nous renvoie direct à l'âge d'or des studios hollywoodiens, avec l'azimuté "Les 5000 Doigts du Dr. T" de Roy Rowland, épaulé par Stanley Kramer et le fameux Dr. Seuss.


Alors, ce film, je l'ai vu, apprécié et quasiment immédiatement oublié. Au fond, je le considère un peu comme une version un peu moins bien du "Willy Wonka" de 1971, que je trouve parfaitement extraordinaire. C'est un peu injuste, bien sûr, vu que ce dernier n'existerait certainement pas sans l'apport de son aïeul mais j'ai peur que "Les 5000 Doigts du Dr. T" me laisse quand même un peu froid. Enfin, ça reste mieux que la plupart des Tim Burton récents et que toutes les autres adaptations du Dr. Seuss (enfin, celles que je connais, en tous cas). Par contre, de Stanley Kramer, je trouve "Un monde fou, fou, fou, fou" bien plus réussi (en considérablement plus burlesque et moins profond, par contre). J'imagine que mon indifférence pourrait venir d'une mise en scène trop impersonnelle, effectivement.

Bon, du coup, le sous-texte que tu évoques ne m'était pas totalement passé inaperçu mais, à cause des réserves que j'évoquais plus haut, je ne m'y étais pas tant arrêté que ça. C'est probablement une œuvre qui mérite un nouveau visionnage à l'aune de ton analyse, du coup.

Et puis, bon, Jello Biafra qui présente le film comme étant le plus punk de l'histoire du cinéma, c'est vendeur...

Tori a écrit:C'est assez classique, mais nettement mieux que ce à quoi on pourrait s'attendre pour un film au budget aussi petit (une bonne partie du budget a d'ailleurs sans doute été consacrée aux effets spéciaux du finale). Il y a juste une scène qui fait tache, à cause de son décor qui sonne faux (et quelques ellipses dues au montage qui paraissent étranges). Ah, et c'est la même actrice qui joue les deux rôles féminins principaux... Je ne m'en suis rendu compte qu'en voyant le générique de fin... Une sacrée performance de sa part (alors que le rôle principal masculin n'a pas un très bon jeu d'acteur : il est assez inexpressif). Le rythme est assez lent au début, mais ça va crescendo.


Ok. À voir alors, je pense (mais plus par curiosité qu'autre chose, à priori). Peut-être dans un double programme avec "Street Trash".

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Ektah a écrit:
Tori a écrit:Bon, voici, donc, le texte écrit par Greg Lamberson, réalisateur de Slime City, à l'occasion de la sortie du film chez Shock-o-rama en 2005


C'est passionnant, tout ça. Merci.

Et “Slime City”, le film lui-même, c’est bien ?

C'est assez classique, mais nettement mieux que ce à quoi on pourrait s'attendre pour un film au budget aussi petit (une bonne partie du budget a d'ailleurs sans doute été consacrée aux effets spéciaux du finale). Il y a juste une scène qui fait tache, à cause de son décor qui sonne faux (et quelques ellipses dues au montage qui paraissent étranges). Ah, et c'est la même actrice qui joue les deux rôles féminins principaux... Je ne m'en suis rendu compte qu'en voyant le générique de fin... Une sacrée performance de sa part (alors que le rôle principal masculin n'a pas un très bon jeu d'acteur : il est assez inexpressif). Le rythme est assez lent au début, mais ça va crescendo.

Tori.

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Photonik a écrit:Épisode 16 : Le cinéma dans tous ses états !!


Oh, le beau programme que voilà.

Photonik a écrit:Les mecs de Cheveu s'en expliquent en interview : leurs confrères ne voyaient pas par exemple pourquoi il faudrait arrêter un morceau au bout de 3 ou 4 minutes (c'est le formatage pop/rock qui veut ça), ni pourquoi il faudrait se contenter de rythmes binaires quand leur musique leur permet d'aller tellement plus loin que ça. Du coup, sur le plan polyrythmique, il s'en passe de belles sur le disque...


Marrant. Je m'étais fait la même réflexion récemment en suivant un MOOC (cours universitaire gratuit en ligne) consacré à la musique classique. Mais, bon, ça fait un moment que ce format pop-rock est mis à mal: en fait, si on le réduit à ses principes premiers, je pense qu'on peut dire que c'est la raison d'être du rock progressif. Et bim, la chanson unique de 2 heures répartie sur 2 disques ("Tales from the Topographic Ocean" de Yes). Et la polyrythmie, c'est, à mon sens, tout ce qui fait le sel de King Crimson, Soft Machine ou Meshuggah, pour n'en nommer que quelques-uns.

Curieux d'entendre ton interview, en tous cas. Il faudra que je jette une oreille à ce disque, aussi.

Photonik a écrit:Son livre sur les gnostiques sortira au mois de septembre de cette année ; il a en effet tourné autour de la question, piochant aussi dans des idées développées dans certains textes de "Pop Yoga", portant sur Dick et les Beatles notamment. Et il a pas pu s'empêcher de parler de Lynch, bien sûr (évoquant le caractère éminemment gnostique de "Eraserhead", par exemple).


Pacôme a tendance à rajouter du gnosticisme un peu partout au petit bonheur la chance, ce qui n'est pas un problème: on a tous des clés de lecture récurrentes (comme moi avec la psychogéographie, quoi). Que ce sens ait été voulu par l'auteur ou pas est secondaire. Mais, dans le cas d'Eraserhead, la lecture gnostique vient effectivement assez facilement. J'imagine qu'il a dû te parler de cette figure mystérieuse qui tire un levier comme une représentation du Démiurge.
Et, dans le cas de Dick et des Beatles, c'est même une référence assumée par les artistes.

Photonik a écrit:Ma compagne et moi avons pu passer un long moment avec lui après la conférence, et c'était génial ; vraiment un mec en or. J'en reparlerai plus tard quand ce sera plus ficelé mais on va organiser un truc avec lui (une autre conférence) cet été, au Pays Basque ; il est très emballé et moi aussi.
Et on a parlé de toi et de tes archives !!!!


Oh, bon sang... Ça va encore faire un trou dans mes finances, cette affaire. Mais, du coup, je suis impatient de voir ça.
Et ça fait toujours plaisir de savoir son travail apprécié.

Photonik a écrit:Oui, ils se détestaient mais ils avaient plus de points communs qu'ils n'auraient bien voulu l'admettre, les bougres.


Évidemment, c'est difficile de savoir comment ils étaient personnellement mais, dans l'image mentale que je m'en fais, les deux sont des clones, jusque dans leur tendance à la mégalomanie.

Photonik a écrit:D'ailleurs, la seule application à peu près concrète du concept par Debord et les siens, c'était au moment des mouvements de Mai 68 (durant lesquels la pratique psychogéographique, largement délaissée pendant 10 ans par Debord au profit d'une revitalisation des thèses marxistes, est un peu ressortie du placard).


Et, du coup, leur volonté à coller à 68 sera aussi la cause de leur mise au placard: le semi-échec du mouvement étudiant signera la fin du projet de Debord.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:En fait, j'irai même jusqu'à dire que l'école britannique a réussi là où Debord a échoué.



Oui et non, je dirais. Je nuancerai en disant qu'ils ont réussi là où Debord n'en en fait pas tout à fait essayé. :wink:


Allons, tu es mauvaise langue: 2 pages dans un numéro de Potlatch... :wink:

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Tiens, sur la recommandation de Richard Stanley


Tu le connais ??? Ou tu corresponds avec lui, peut-être ?
Je sais qu'il est installé dans le Sud, là où tu as tes attaches, c'est bien ça ?


Je n'irai pas jusqu'à dire que je le connais. On se dit bonjour quand on se croise dans la rue, quoi. À la base, je l'ai croisé 2-3 fois à l’Étrange Festival.

On est amis sur Facebook. C'est là qu'il a conseillé Nightsatan.

Mais, honnêtement, il est gentil comme une crème. Si tu veux le contacter, pour l'émission ou d'une manière générale, tu peux le faire directement. À priori, il ne va pas t'envoyer te faire voir.

Aux dernières nouvelles, il est installé à Montségur. D'ailleurs, il me semble qu'il parle de son rapport à l'Occitanie dans cet épisode récent de Tracks.

http://tracks.arte.tv/fr/richard-stanley-hardware-dust-devil

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Ektah a écrit:Marrant. Moi, c'est "Les treize", sa tentative de faire des aventures d'espionnage. (...) C’est franchement mal foutu mais, pourtant, aujourd’hui, c’est celui dont je me souviens. Je crois que j’ai quelque chose pour les monstres de Frankenstein littéraires.



Et tu me donnes franchement envie de le lire, là. :wink:

Ektah a écrit:Et on en revient à cette question de l'alliance entre musique urbaine et rurale (si on considère le Sahara comme "rural").


Je pense qu'on peut, oui. :wink:
Comme je le disais plus haut, ce qui se passe sur le disque est très intéressant : il y a comme un frottement ou une tension entre les habitudes des uns et des autres. Les mecs de Cheveu s'en expliquent en interview : leurs confrères ne voyaient pas par exemple pourquoi il faudrait arrêter un morceau au bout de 3 ou 4 minutes (c'est le formatage pop/rock qui veut ça), ni pourquoi il faudrait se contenter de rythmes binaires quand leur musique leur permet d'aller tellement plus loin que ça. Du coup, sur le plan polyrythmique, il s'en passe de belles sur le disque...
Je les vois au mois de juin, j'en dirais un mot. Et il faut que j'organise cette interview !! Ce sera vraisemblablement pour le mois prochain.

Ektah a écrit:Oui, je m'étais dit, puis avais oublié, que je devais te parler de son passage à Bayonne. Tant mieux si tu l'as noté toi-même. Ça semble être une des prémisses du bouquin sur la gnose qu'il est en train d'écrire. Depuis le temps qu'il (Pacôme Thiellement) tourne autour...



Son livre sur les gnostiques sortira au mois de septembre de cette année ; il a en effet tourné autour de la question, piochant aussi dans des idées développées dans certains textes de "Pop Yoga", portant sur Dick et les Beatles notamment. Et il a pas pu s'empêcher de parler de Lynch, bien sûr (évoquant le caractère éminemment gnostique de "Eraserhead", par exemple).
Ma compagne et moi avons pu passer un long moment avec lui après la conférence, et c'était génial ; vraiment un mec en or. J'en reparlerai plus tard quand ce sera plus ficelé mais on va organiser un truc avec lui (une autre conférence) cet été, au Pays Basque ; il est très emballé et moi aussi.
Et on a parlé de toi et de tes archives !!!!

Ektah a écrit:Pour être honnête, Debord a cela de commun avec Breton qu'on ne peut jamais prendre ses déclarations pour argent comptant.



Oui, ils se détestaient mais ils avaient plus de points communs qu'ils n'auraient bien voulu l'admettre, les bougres.

Ektah a écrit:je suis arrivé à deux conclusions. La première est que ce livre va faire des ravages dans mon compte bancaire.



Ah ça c'est clair, on a envie de tout lire...

Ektah a écrit:La seconde est que ma vision de la psychogéographie comme débutant après les guerres mondiales était probablement incomplète. Comme vous le précisiez, les prémisses sont là chez Machen, Defoe, Blake, De Quincey et les autres.



Oui, et Coverley insiste notamment sur l'importance des écrits de Defoe. Mais d'une certaine manière, dans sa façon d'importer les thématiques liées à la ruralité (ce dont on parlait plus haut), Machen me semble plus important.

Ektah a écrit:Par contre, je persiste à penser que la discipline a muté lors des guerres par le biais des surréalistes et des situs et que ce que nous nommons aujourd'hui psychogéographie (y compris dans sa forme britannique) est née des travaux de la bande à Debord. En fait, cet art du hasard que vous décriviez me semble plus correspondre aux errances surréalistes (dont le principe peut se résumer par un abandon à l’inconscient) qu’à la dérive situationniste. La comparaison que fait Coverley de cette dernière est celle d’une opération de reconnaissance militaire. Ça me semble très vrai. Pas de surprise que ce soit cette version que Grant Morrison a choisi pour les "Invisibles". Il y a pour moi définitivement un objectif dans cette version de la discipline (réapprentissage de la ville par les “forces populaires”) et une méthode (de type scientifique).



Oui, je ne suis pas en désaccord du tout avec ta façon de le présenter là. Debaord insiste bien sur la veine "stratégique" de sa démarche. D'ailleurs, la seule application à peu près concrète du concept par Debord et les siens, c'était au moment des mouvements de Mai 68 (durant lesquels la pratique psychogéographique, largement délaissée pendant 10 ans par Debord au profit d'une revitalisation des thèses marxistes, est un peu ressortie du placard).

Ektah a écrit:D’ailleurs, c’est probablement la cause de l'échec de cet aspect du projet situationniste: il s’agissait d’appliquer une grille très normative à une activité profondément intuitive et “artistique”.


Tu tapes dans le mille, c'est très précisément ça à mon sens aussi.

Ektah a écrit:En fait, j'irai même jusqu'à dire que l'école britannique a réussi là où Debord a échoué.



Oui et non, je dirais. Je nuancerai en disant qu'ils ont réussi là où Debord n'en en fait pas tout à fait essayé. :wink:


Ektah a écrit:C’est un détail mais, si Dino De Laurentiis a accepté de produire “Blue Velvet”, cela vient du fait que c’était un des points centraux du contrat qu’il avait conclu avec Lynch autour de “Dune”. En fait, c’était probablement la raison principale ayant poussé Lynch à accepter cette commande.



Tout à fait, tu as raison de préciser ce point (je le savais en plus, grrrr). Lynch précise ça dans un docu (de la série "The Directors") qui lui était consacré.

Ektah a écrit:Depuis le temps que j’en entends parler, de celle-là, il va vraiment falloir que je m’y mette. Pareil pour “Archer” et “Community”. J’ai entendu du bien de “Bojack Horseman”, aussi. Vous avez un avis ?



Je ne connais pas ce dernier titre, mais je vais checker ça.
Je te conseille vivement les trois autres, masi peut-être "Rick and Morty" en priorité. Je ne saurais dire si c'est le plus drôle, mais c'est en tout cas le plus virtuose.

Ektah a écrit:Tiens, sur la recommandation de Richard Stanley



Tu le connais ??? Ou tu corresponds avec lui, peut-être ?
Je sais qu'il est installé dans le Sud, là où tu as tes attaches, c'est bien ça ?

Ektah a écrit:C’est marrant: je n’avais jamais fait le rapprochement jusqu’ici mais l’écoute de ce morceau m’a immédiatement renvoyé aux morceaux “calmes” de Einstürzende Neubauten, comme "Blume".



Coïncidence : moi aussi, j'y pense. Mais c'est plutôt parce que j'ai découvert l'existence de ces deux groupes au même moment (quand je lisais Elegy ou D-Side, ce genre de trucs...).

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Tori a écrit:Bon, voici, donc, le texte écrit par Greg Lamberson, réalisateur de Slime City, à l'occasion de la sortie du film chez Shock-o-rama en 2005 : (...)


Un texte très intéressant en effet, et même touchant.
Sa teneur me rappelle certains propos d'Abel Ferrara, autre figure importante du New-York "sleazy" des années 70 et 80, qui ne cesse de déplorer l'ultra-gentrification du Manhattan post-Giuliani. Il y avait certainement beaucoup à faire en matière de sécurité, je ne le nie pas, mais on a un peu l'impression que le bébé "contre-culturel" a été jeté avec l'eau du bain "sécuritaire".
En tout cas, j'ai été frappé en me rendant à Times Square il y a quelques années par la différence avec le Times Square (et ses environs) tel qu'on peut le voir dans un "Taxi Driver" par exemple : c'est devenu un panneau publicitaire géant...


Tori a écrit:(truc bizarre, au passage : le DVD n'arbore pas le logo "DVD", et n'indique pas sa zone...) :

Tori.


C'est en fait assez courant chez les tout petits éditeurs, qui se passent parfois de ce genre de précisions.

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Cool, je suis ravi que les playlists des dernières semaines plaisent autant !! Y'a de très chouettes trucs en effet, j'essaie d'élargir un peu le spectre...

Avatar de calvinball

Outch la playlist classe de chez classe.

(et pour le programme aussi hein, triple rasade de cinoche c'est glop)

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Épisode 16 : Le cinéma dans tous ses états !!

Emission un peu spéciale puisqu'intégralement consacrée au cinéma, un peu dans tous ses états puisqu'on va aborder trois films très différents les uns des autres...
Le programme cette semaine :

- On commence avec une sortie récente, à savoir le dernier film en date du très "exigeant" Philippe Grandrieux, "Malgré la Nuit".

- On poursuit avec un giallo tout droit issu des seventies, "Terreur sur la lagune" d'Antonio Bido, un film méconnu mais qui a récemment connu les honneurs d'une sortie de luxe en Blu-Ray/DVD chez Le Chat Qui Fume.

- On termine avec une bizarrerie qui nous renvoie direct à l'âge d'or des studios hollywoodiens, avec l'azimuté "Les 5000 Doigts du Dr. T" de Roy Rowland, épaulé par Stanley Kramer et le fameux Dr. Seuss.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Drugs On The Bus", extrait du premier album de Crystal Fairy (avec des bouts des Melvins dedans), "Melody In High Feedback Tones", extrait du "Void Beats/Invocation Trex" de Cavern Of Anti-Matter, "Invisible Hate", titre introductif du "Death Penalty" des heavy-metalleux de Witchfinder General, et on termine avec le paisible "Carondelet", issu de la collaboration entre Jesu et Sun Kil Moon..!


"There's a water fountain that runs all night,
And sometimes the sound of it drives me fucking crazy I swear.
And there's a mountain of tour dates piling up that I'm really supposed to be paying mind,
But sometimes I don't feel like it so I pick up my guitar and put if off to another time..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Serions-nous hantés par le souvenir d'Agatha Christie ?


Moi oui ; j'ai été traumatisé gamin par la lecture des "Dix Petits Nègres". D'une certaine manière, ça m'accompagne toujours.


Marrant. Moi, c'est "Les treize", sa tentative de faire des aventures d'espionnage. C’est une collection de nouvelles reliées entre elles de manière bancale par l’adjonction d’une société secrète de méchants n’étant pas sans rappeler la bande de Moriarty pour Sherlock Holmes ou le SPECTRE de James Bond. C’est franchement mal foutu mais, pourtant, aujourd’hui, c’est celui dont je me souviens. Je crois que j’ai quelque chose pour les monstres de Frankenstein littéraires.

Photonik a écrit:Le dernier disque, en collaboration avec les Africains du Groupe Doueh, me semble très intéressant sur la base de quelques titres, et il renouvelle considérablement le répertoire du groupe, à la base très électro-pop mâtiné de punk. Là, rythmiquement par exemple, ils ont l'air de tenter des choses qui les sortent de leur zone de confort...


Ah, ça, ça me parle beaucoup... Et on en revient à cette question de l'alliance entre musique urbaine et rurale (si on considère le Sahara comme "rural").

Photonik a écrit:Au sujet de Thiellement, je suis normalement jeudi soir à Bayonne pour suivre une conférence donnée par ses soins sur un sujet bien de son cru : "De la Pop à la gnose" !!


Oui, je m'étais dit, puis avais oublié, que je devais te parler de son passage à Bayonne. Tant mieux si tu l'as noté toi-même. Ça semble être une des prémisses du bouquin sur la gnose qu'il est en train d'écrire. Depuis le temps qu'il tourne autour...

Photonik a écrit:Pour Debord, le fait est qu'il était très soucieux de bien "brûler les ponts", et de ne surtout pas (ou si peu) se placer dans le sillage de qui que ce soit. Il se serait étranglé plutôt que de reconnaître une quelconque dette à l'égard des surréalistes par exemple (alors qu'au fond...). Difficile donc de s'appuyer sur ses propres dires pour remonter le fil.


Pour être honnête, Debord a cela de commun avec Breton qu'on ne peut jamais prendre ses déclarations pour argent comptant.

artemus dada a écrit:
les situationnistes (inventeurs du concept de psychogéographie)


Je sais qu'on trouve souvent cette idée, mais il y a une branche de la psychogéographie plutôt britannique d'ailleurs, qui est d'ailleurs celle qu'utilisent Moore, et Ellis et qui n'a rien à voir avec la "dérive" des Situationnistes, mais plutôt avec ce que fait par exemple Peter Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.


Photonik a écrit:
Et je vais perdre mes galons de psychogéographe mais le bouquin de Coverley est toujours dans ma pile des livres à lire.


Il n'est pas exempt de défauts (il est trop bref pour un sujet aussi considérable, et il adopte une approche strictement chronologique pas forcément adaptée au sujet à mon sens), mais il a le gros avantage de donner des tas de pistes de lecture passionnantes. Par exemple, j'ai découvert le formidable "Paris Insolite" de Jean-Paul Clébert après avoir lu Coverley.


Alors, pour la longueur, j'ai constaté que les Moutons Électriques ont sorti deux autres volumes, "Paris: une physionomie" et "Londres: une physionomie", tous deux des pavés, écrits par Ruaud, qui, même si je peux me faire une fausse idée, me semblent être la continuation du travail effectué dans le livre de Coverley.

D'ailleurs, je suis en train de lire ce dernier, à la suite de nos conversations. À cette lecture, je suis arrivé à deux conclusions. La première est que ce livre va faire des ravages dans mon compte bancaire. La seconde est que ma vision de la psychogéographie comme débutant après les guerres mondiales était probablement incomplète. Comme vous le précisiez, les prémisses sont là chez Machen, Defoe, Blake, De Quincey et les autres. Par contre, je persiste à penser que la discipline a muté lors des guerres par le biais des surréalistes et des situs et que ce que nous nommons aujourd'hui psychogéographie (y compris dans sa forme britannique) est née des travaux de la bande à Debord. En fait, cet art du hasard que vous décriviez me semble plus correspondre aux errances surréalistes (dont le principe peut se résumer par un abandon à l’inconscient) qu’à la dérive situationniste. La comparaison que fait Coverley de cette dernière est celle d’une opération de reconnaissance militaire. Ça me semble très vrai. Pas de surprise que ce soit cette version que Grant Morrison a choisi pour les "Invisibles". Il y a pour moi définitivement un objectif dans cette version de la discipline (réapprentissage de la ville par les “forces populaires”) et une méthode (de type scientifique). D’ailleurs, c’est probablement la cause de l'échec de cet aspect du projet situationniste: il s’agissait d’appliquer une grille très normative à une activité profondément intuitive et “artistique”.

Bon, du coup, je suis tout à fait prêt à reconnaître ma subjectivité mais il me semble que l'aspect méthodique et dirigé de l'étude à la Sinclair, Moore ou Ackroyd se rapproche de celle de Debord. Après, il est tout à fait possible que ce ne soit pas une volonté de leur part. Ça ne serait pas la première fois que des processus séparés arrivent à un résultat similaire. En fait, j'irai même jusqu'à dire que l'école britannique a réussi là où Debord a échoué.

Tori a écrit:Bon, voici, donc, le texte écrit par Greg Lamberson, réalisateur de Slime City, à l'occasion de la sortie du film chez Shock-o-rama en 2005


C'est passionnant, tout ça. Merci.

Et “Slime City”, le film lui-même, c’est bien ?

Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque non pas un mais deux films, avec le documentaire "David Lynch : The Art Life", et le mythique "Eraserhead", premier film de Lynch, la vision du second après celle du premier se révélant riche d'enseignements sur le travail du plus chelou des cinéastes contemporains.


C’est un détail mais, si Dino De Laurentiis a accepté de produire “Blue Velvet”, cela vient du fait que c’était un des points centraux du contrat qu’il avait conclu avec Lynch autour de “Dune”. En fait, c’était probablement la raison principale ayant poussé Lynch à accepter cette commande.

Photonik a écrit:Pour les séries, on s'attaque à "Rick and Morty", série animée signée Dan Harmon et Justin Roiland, à la fois hilarante et virtuose sur le plan narratif.


Depuis le temps que j’en entends parler, de celle-là, il va vraiment falloir que je m’y mette. Pareil pour “Archer” et “Community”. J’ai entendu du bien de “Bojack Horseman”, aussi. Vous avez un avis ?

Photonik a écrit:(...)morceau de GosT issu de l'album "Non Paradisi" (...)


Tiens, sur la recommandation de Richard Stanley, j’ai découvert cet hommage aux films post-apo italiens des années 80, “Nightsatan and the loops of doom” (ce titre....) mené par un artiste synthwave finlandais. Je ne sais pas si je dois présenter ça comme une recommandation ou juste comme quelque chose qui existe. Disons que ce n’est pas ce qu’il y a de plus subtil mais j’ai une certaine sympathie pour le projet, comme une alternative un peu plus perchée et authentique à Kung Fury.

Player Sanctuary


Sinon, je suis aussi en train de regarder les vidéos de Gunship. Dans le coté régressif assumé, c’est bien sympathique aussi (avec des collaborateurs de talent, comme John Carpenter ou Lee Hardcastle).

Player Sanctuary


Photonik a écrit:(...)"Zero Zero", titre introductif du "Shadow Weaver" des néerlandais de The Legendary Pink Dots(...)


C’est marrant: je n’avais jamais fait le rapprochement jusqu’ici mais l’écoute de ce morceau m’a immédiatement renvoyé aux morceaux “calmes” de Einstürzende Neubauten, comme "Blume".

Photonik a écrit:(...) et on termine avec l'hallucinatoire "Psychonaut", concocté par les rockers gothiques de Fields Of The Nephilim..!


Ouais, je te rejoins: je pense aussi que ce morceau est le meilleur des Fields. Toujours un plaisir de le réécouter.

Avatar de Tori

Vu ton pseudo et ton avatar, tu n'as clairement pas le droit de faire l'impasse, là !! :wink:

Il aurait pu si ç'avait été raté...
Bon, voici, donc, le texte écrit par Greg Lamberson, réalisateur de Slime City, à l'occasion de la sortie du film chez Shock-o-rama en 2005 (truc bizarre, au passage : le DVD n'arbore pas le logo "DVD", et n'indique pas sa zone...) :
Greg Lamberson a écrit:  When I moved to New York City in 1982, to study filmmaking at the School of Visual Arts, I was exposed to a cornutopia of exhilarating sleaze. I was raised in Fredonia, an upstate village with no murder rate whatsoever, an NYC was in the grip of crack cocaine and angel dust epidemic. SVA's dormitory consisted of two floors in a YMCA called Sloan House, located on 34th Street and 9th Avenue, across the street from the New Yorker, headquarters of Reverend Sung Yung Moon and his persistent, if clueless followers.
  I let my future collaborator, Peter Clark, at Sloan House. Peter enjoyed shooting pool in the recreation room with decrepit sharks who regaled him with tales of their years spent as pimps, and it wasn't unusual for us to eat breakfast in a diner packed with hookers just coming off the night shift. It was a brief walk from Sloan House to SVA's main building on West 23rd Street, but mor importantly, it was a hop, a skip, and a jump to 42nd Street and Times Square.
  In the 1980's, when the home video market was in its infancy, Manhattan cineastes had access to countless midnight venues like the Bleecker Street Cinemas, the 8th Street Playhouse, St. Mark's Cinemas, and the Waverly Twin. Our instructors necouraged us to see every movie we could, and for many of us living in Sloan House, including Peter and our classmate, Jimmy Muro, that included seeing triple features in the grindhouses on Forty-Deuce: women-in-prison films, Russ Meyer epics, creatively re-titled slasher flicks, and martial arts mayhem, all presented in the urine-soaked ambiance of auditoriums haunted by winos, drug addicts, and other denizens living on the fringe.
  Jimmy had interned as a production assistant on Frank Henenlotter's BASKET CASE, which played at the Waverly on weekends as a midnight show. I'd seen THE ROCKY HORROR PICTURE show, of course, but had no idea that a low budget film like BASKET CASE could inspire such fanatatical loyalty; one character even attended screenings with a large wicker basket, just like the one that housed twisted little Belial in the film. I later worked as a doorman at the RKO National Twin on Broadway and 43rd Street, where THE EVIL DEAD and THE DEADLY SPAWN enjoyed successful runs
  When Peter and I left SVA after one year to concentrate on features, we wanted to follow in the footsteps of Sam Raimi, Ted Bohus, and Frank Henenlotter. We shared a love for horror flicks and science fiction pictures, but horror lent itself more readily to the constraints of low budget filmmaking. With our friend Robert Sabin, who'd starred in our first narrative short film, we sought to make SLIME CITY. But where to begin ?

  Around 1984, we hooked up with John Michaels, the Assistant Director on SPLATTER UNIVERSITY, a 16mm slasher flick released by Troma. Michaels was prepping the horror spoof I WAS A TEENAGE ZOMBIE, and Peter, Robert, and I quit our jobs to work on the film for free and learn the nuts and bolts of microbudget filmmaking. It was one hell of an education, and we vowed to avoid mistakes we witnessed during production.
  When we shot SLIME CITY in 1986, we managed to avoid most of those mistakes, but we made plenty of our own. I won't go into detail here, you have a director/actor commentary track for that, and a featurette, MAKING SLIME. I will say that during SLIME CITY's protracted post-production phase, my crew and I worked on PLUTONIUM BABY –possibly the worst film ever made– and Frank Henenlotter's sublime BRAIN DAMAGE, which also united the crews of BASKET CASE and STREET TRASH. Jimmy Muro and Roy Frumkes, our SVA film production teacher, had shot STREET TRASH only months before Peter and I shot SLIME CITY. We didn't realize it then, but BRAIN DAMAGE was the culmination of everything else we did during that outrageous decade.
  I WAS A TEENAGE ZOMBIE played as a midnight movie in 1987; BRAIN DAMAGE enjoyed a small, national release that same year; and SLIME CITY had its moment on medium-sized screens in 1988. Don't hold me to those dates. SLIME CITY premiered at the Waverly, then settled into a five-week midnight run at the Bleecker Street Cinemas, now home to Kim's Underground (where niche entertainment is still treated with respect, even if the customers aren't). By the time SLIME came out on video in 1989 –following several overseas sales– the decade of celebrated sleaze was already in its death throes. Home video, which had popularized theatrical films like RE-ANIMATOR and EVIL DEAD II, killed the midnight movie; 42nd Street started showing mainstream films; and Sloan House mutated into a pricey condominium.
  When Robert and I filmed (videotaped, actually) NAKED FEAR in 1995, with my long-time Assistant Director, Ed Walloga, 42nd Street had been killed by the likes of Rudy Giuliani and greedy developers. For at least two years, the shuttered grindhouses stood empty, like wartime relics, with bizarre messages posted on their marquees. NAKED FEAR features the Times Square footage that SLIME CITY lacked, with Robert's character spending the length of an entire song passing those dead palaces. The film is affectionately "Dedicated to the Deuce", and the death of the misunderstood killer played by Tommy Sweeney (star of my 1991 film, UNDYING LOVE) symbolizes the end of that era. Really!
  If home video killed the midnight movie, DVD has resurrected its fare with a new mission statement to boldly restore obscure films and present them as they've never been seen before, with pristine images and intriguing bonus features. This new medium has generated strong interest in the gross-out productions of the 80s, which are now enjoying an unlikely renaissance.
  I'm extremely pleased with the efforts of Mike Raso and his Shock-O-Rama gang to bring SLIME CITY to a wider audience. When they re-released it on VHS in 1999, I cut some footage and scenes to make the film shorter. Some of the changes worked, some didn't. I've retained the ones that did, and have gone back to the original cut for those that didn't. If the previous incarnation was the Special Edition, then this is the Ultimate Edition –at least until High Definition takes over.

  In addition, when Peter and I shot the film, we framed many of the shots with extra headspace and legroom, anticipating a 35mm blowup that never came to fruition. For years, that framing has embarrassed me. Now that the film has been letterboxed, it looks the way we'd originally intended. Peter died in 2000, which is why MAKING SLIME is dedicated to him; I think he'd be pleased with this presentation of the film we shot 19 years ago.

I hope you like it, too.

Greg Lamberson,
www.slimeguy.com


J'en ai respecté la casse : les noms de films sont donc écrits en capitales.

Tori.

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Vu ton pseudo et ton avatar, tu n'as clairement pas le droit de faire l'impasse, là !! :wink:


C'est clair ! :wink:

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Le Doc a écrit:Tu connais bien maintenant mes réserves sur le cinéma de David Lynch, qui se partage pour moi en 2 parties bien distinctives


Oui, nous avions déjà échangé sur le sujet ; la césure que tu évoques est non seulement admise par tous (y compris ses fans un peu gaga, comme moi...) mais elle a en plus sa pertinence "objective".
Le docu livre en tout cas des clés pour comprendre certains pans de sa filmo, surtout "Eraserhead" comme je le dis durant l'émission, mais aussi certaines scènes de films plus tardifs et majeurs de sa filmo, comme "Blue Velvet".

Le Doc a écrit:Et le dessinateur de la série de Chuck Dixon, dont on a eu quelques épisodes dans la collection V.I. de Semic, était Sal Velluto.


Sal Velluto !! Ah ça ne me serait jamais revenu...

Le Doc a écrit:Je n'en ai entendu que du bien de ce dessin animé ("Rick and Morty"). Faudrait que je me chope au moins un épisode un de des quatre...mais comme je suis déjà en retard sur pas mal de séries intéressantes... :wink:


Vu ton pseudo et ton avatar, tu n'as clairement pas le droit de faire l'impasse, là !! :wink:

Le Doc a écrit:Yeah...super playlist


Merci beaucoup !!!

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OK, je poste ça demain, du coup.

Tori.

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En anglais, ça me va très bien..!

Avatar de Tori

Photonik a écrit:
Tori a écrit:[il s'agit de Slime City, par Greg Lamberson (et le DVD est un "double feature", avec en bonus Naked fear, un autre de ses films), qui comporte un livret dans lequel le réalisateur revient sur le déclin des "midnight movies" (dû à l'explosion du marché de la vidéo), et sur le regain d'intérêt pour ceux-ci (grâce à l'apparition des DVD...). J'essaierai de poster son texte, c'est assez intéressant (même s'il y parle surtout de son expérience personnelle).


Ah ça m'intéresserait que tu postes le texte, ouais.

J'ai commencé à le recopier... Je le laisse en anglais, ou tu préfèrerais que je le traduise ?

Tori.

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Photonik a écrit:
- Pour le cinéma, on évoque non pas un mais deux films, avec le documentaire "David Lynch : The Art Life", et le mythique "Eraserhead", premier film de Lynch, la vision du second après celle du premier se révélant riche d'enseignements sur le travail du plus chelou des cinéastes contemporains.


Tu connais bien maintenant mes réserves sur le cinéma de David Lynch, qui se partage pour moi en 2 parties bien distinctives : je n'ai pas tout vu, mais comme je l'ai déjà écrit, ma préférence va plus à des films comme Elephant Man, Sailor et Lula et Une Histoire Vraie qu'à Mulholland Drive, Lost Highway et Inland Empire (je ne l'ai d'ailleurs pas terminé celui-là, ce qui ne m'arrive pas souvent).
Si je me rappelle bien, le premier Lynch que j'ai vu était Dune. Je l'avais beaucoup aimé plus jeune, mon appréciation a baissé en grandissant, mais comme toi je ne le trouve pas si catastrophique que ça. Il ne manque pas de scènes marquantes et son casting est impressionnant...

Donc même si son cinoche m'a perdu en cours de route, je suis toujours intéressé par une partie de la filmo de David Lynch et je regarderai ce documentaire quand j'en aurai l'occasion...

- Pour la BD, retour sur le parcours de l'un des seconds couteaux les plus attachants des comics, en l'occurrence Moon Knight, le Chevalier de la Lune, repris en main récemment par Jeff Lemire (épaulé aux dessins par Greg Smallwood).


Chouette rétrospective du personnage. Je n'ai pas lu beaucoup de revues Arédit/Artima (j'en ai dans ma collec' mais plus jeune je préférais les revues Lug et leurs sommaires plus stables) mais parmi ceux que j'ai, il y a les premiers Moon Knight de Moench et Sienkiewicz (et j'ai depuis récupéré les débuts du perso en Intégrales V.O.). C'est vraiment une série qui m'a impressionné quand je l'ai lue à la fin des années 80, notamment par son atmosphère beaucoup plus sombre.
Et le dessinateur de la série de Chuck Dixon, dont on a eu quelques épisodes dans la collection V.I. de Semic, était Sal Velluto.

- Pour les séries, on s'attaque à "Rick and Morty", série animée signée Dan Harmon et Justin Roiland, à la fois hilarante et virtuose sur le plan narratif.


Je n'en ai entendu que du bien de ce dessin animé. Faudrait que je me chope au moins un épisode un de des quatre...mais comme je suis déjà en retard sur pas mal de séries intéressantes... :wink:

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Octopus", extrait de "The Madcap Laughs" du regretté Syd Barrett, "Nascency", morceau de GosT issu de l'album "Non Paradisi", "Zero Zero", titre introductif du "Shadow Weaver" des néerlandais de The Legendary Pink Dots, et on termine avec l'hallucinatoire "Psychonaut", concocté par les rockers gothiques de Fields Of The Nephilim..!


Yeah...super playlist, des ambiances très différentes à chaque fois, un éclectisme qui fait du bien aux oreilles (j'aime bien aussi la grandiloquence du début de Nascency...et tu as bien raison : à chaque fois que tu proposes un morceau de ce genre, je me crois dans un film d'horreur des années 80^^)...

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Oui, j'ai appris ça ici-même après avoir enregistré l'émission, le lendemain en fait ; j'imagine effectivement que ça mettrait de fait un petit coup d'arrêt à sa "surproduction" actuelle...

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Je suis en train d'écouter l'émission (j'en parlerai en détail un peu plus tard), mais là je suis arrivé au moment où tu parles de la production pléthorique de Jeff Lemire. Je ne sais pas quand tu as enregistré l'émission, mais on a appris cette semaine que Jeff Lemire quitte Marvel après la fin de ses nombreuses séries en cours pour se consacrer à ses projets personnels. On devrait peut-être moins le voir un peu partout, je pense... :wink:

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Tori a écrit:[il s'agit de Slime City, par Greg Lamberson (et le DVD est un "double feature", avec en bonus Naked fear, un autre de ses films), qui comporte un livret dans lequel le réalisateur revient sur le déclin des "midnight movies" (dû à l'explosion du marché de la vidéo), et sur le regain d'intérêt pour ceux-ci (grâce à l'apparition des DVD...). J'essaierai de poster son texte, c'est assez intéressant (même s'il y parle surtout de son expérience personnelle).


Ah ça m'intéresserait que tu postes le texte, ouais.

Tori a écrit:Encore une très bonne émission, et une programmation musicale de qualité.

Tori.


Merci pour ton appréciation, et ton assiduité.

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque non pas un mais deux films, avec le documentaire "David Lynch : The Art Life", et le mythique "Eraserhead", premier film de Lynch, la vision du second après celle du premier se révélant riche d'enseignements sur le travail du plus chelou des cinéastes contemporains.

Ah, tiens, ce "double feature" (ou "double programme") et le fait que tu évoques, à propos d'Eraserhead du phénomène des "midnight movies" me fait penser à un DVD que j'ai trouvé la semaine dernière : il s'agit de Slime City, par Greg Lamberson (et le DVD est un "double feature", avec en bonus Naked fear, un autre de ses films), qui comporte un livret dans lequel le réalisateur revient sur le déclin des "midnight movies" (dû à l'explosion du marché de la vidéo), et sur le regain d'intérêt pour ceux-ci (grâce à l'apparition des DVD...). J'essaierai de poster son texte, c'est assez intéressant (même s'il y parle surtout de son expérience personnelle).
Au passage, ce film est un tout petit budget (quinze mille dollars, en 1987)... Et pourtant, à une scène près, il ne s'en sort pas trop mal (bon, le deuxième film, en revanche, le budget devait être encore plus petit : on dirait un truc filmé entre potes au caméscope et sans montage...).

En ce qui concerne Rick et Morty, ça passe sur France 4 et sur Netflix.
Ça devait être sur France 4 que j'avais vu le début.

Encore une très bonne émission, et une programmation musicale de qualité.

Tori.

Avatar de Photonik

Tori a écrit:il y a bien plus de finesse que l'habillage ne pourrait le laisser penser.


Oh que oui. Beaucoup plus.

Avatar de Tori

C'était pour voir si on suit... ~___^
Bon, Lynch, je ne suis pas très amateur (ni très connaisseur, du coup), Moon Knight m'intéresse déjà plus... Quant à Rick & Morty, j'avais vu le début, quand c'était passé il y a déjà quelque temps... Et c'était plutôt une agréable surprise : il y a bien plus de finesse que l'habillage ne pourrait le laisser penser.


Tori.

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C'est bon, c'est réglé !!

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Ah oui, exact, y'a eu un bug, là. Je vais aux nouvelles.

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Ah, visiblement, le nouvel épisode n'a toujours pas été mis en ligne. C'est encore celui d'avant les vacances.

Avatar de Photonik

Épisode 15 : The Rick and Moon Knight Life !!

On est de retour après la petite pause rituelle pour les vacances...
Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque non pas un mais deux films, avec le documentaire "David Lynch : The Art Life", et le mythique "Eraserhead", premier film de Lynch, la vision du second après celle du premier se révélant riche d'enseignements sur le travail du plus chelou des cinéastes contemporains.

- Pour la BD, retour sur le parcours de l'un des seconds couteaux les plus attachants des comics, en l'occurrence Moon Knight, le Chevalier de la Lune, repris en main récemment par Jeff Lemire (épaulé aux dessins par Greg Smallwood).

- Pour les séries, on s'attaque à "Rick and Morty", série animée signée Dan Harmon et Justin Roiland, à la fois hilarante et virtuose sur le plan narratif.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Octopus", extrait de "The Madcap Laughs" du regretté Syd Barrett, "Nascency", morceau de GosT issu de l'album "Non Paradisi", "Zero Zero", titre introductif du "Shadow Weaver" des néerlandais de The Legendary Pink Dots, et on termine avec l'hallucinatoire "Psychonaut", concocté par les rockers gothiques de Fields Of The Nephilim..!


"Let us gather hallucinations from our private minds
Let us witness the reincarnation of the Sun
Leviathan
May the mountains shake you to the core..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:Serions-nous hantés par le souvenir d'Agatha Christie ?


Moi oui ; j'ai été traumatisé gamin par la lecture des "Dix Petits Nègres". D'une certaine manière, ça m'accompagne toujours.

je trouve que le RIO et le style de Canterbury sont des mouvements liés à une certaine scène à un moment donné mais qui, stylistiquement, ne sont pas si dissemblables que ça du prog "classique" à la King Crimson.


Oui, sans être spécialiste, je suis assez d'accord.

Ça fait un moment que j'ai une bonne opinion de Cheveu, en ne connaissant presque rien de leur musique.


Le dernier disque, en collaboration avec les Africains du Groupe Doueh, me semble très intéressant sur la base de quelques titres, et il renouvelle considérablement le répertoire du groupe, à la base très électro-pop mâtiné de punk. Là, rythmiquement par exemple, ils ont l'air de tenter des choses qui les sortent de leur zone de confort...

je crois que ce que j'aime bien chez Palahniuk est l'adéquation entre style et contenu. Il a ce ton un peu artificiel, un peu vulgaire, consumériste, qui correspond à ce qui est raconté. J'aime cette approche. Ryu Murakami a pu faire la même chose sur certains de ses livres aussi, d'ailleurs. C'est moins marqué chez Ellis, à mon avis.


Oh, je dirais qu'Ellis y parvient très bien sur "Glamorama", par exemple, et dans une moindre mesure dans "American Psycho" mais peut-être par d'autres biais.

Mon bon, Don De Lillo les enterre tous. Je pense qu'on peut convenir de cela.


Nous sommes d'accord. C'est pas tout à fait du même ordre, De Lillo. J'ai encore un de ses romans de jeunesse, "Great Jones Street", sur le feu ; va falloir que je m'y colle, tiens.

Photonik a écrit:tout n'est qu'un clou pour qui n'a qu'un marteau à sa disposition.


Très vrai. Sauf erreur de ma part, la citation vient de Paul Watzlawick, un jungien qui fait partie des fondateurs de l'école de Palo Alto (oui, le groupe de musique industrielle du même nom est une référence), qui reconnaissait comme antécédent à leur pensée Edward Sapir, d'où le fait que la citation se retrouve dans "Premier Contact".


Intéressant ça, j'en ignorais la source.

j'irai même jusqu'à considérer que toute l'histoire de la pensée (artistique ou pas) en occident est, depuis la seconde guerre mondiale (au moins), celle d'une quête de sens.



Oui, un sens perdu je dirais.

D'ailleurs (et je suis tout à fait prêt à reconnaître que c'est l'influence de Pacôme qui s'exprime là par mon biais), c'est le même état d'esprit qui pousse Jacques Rivette à explorer le Paris secret (dans "Out 1" et "Céline et Julie vont en bateau", surtout) à la recherche du souvenir du Paris occultiste de "L'histoire des treize" de Balzac. Je ne suis pas loin de considérer ces films comme une forme de psychogéographie.


J'abonde dans ce sens concernant le trop peu cité Jacques Rivette. Pacôme Thiellement proposait d'ailleurs, lors de l'entretien qu'il m'avait accordé l'an dernier, un rapprochement très intéressant à mon sens entre son travail et celui de Thomas Pynchon, "conspirationnel" disait-il ; je crois que c'est très juste.
Au sujet de Thiellement, je suis normalement jeudi soir à Bayonne pour suivre une conférence donnée par ses soins sur un sujet bien de son cru : "De la Pop à la gnose" !!

il y a des artistes qui explorent ce principe des "edgelands" (aussi connus sous le nom de "liminal spaces", chez les plus mystiques), ces zones mal définies aux bordures des villes n'appartenant ni au domaine urbain ni au rural, souvent en autour des autoroutes et périphériques, comme par exemple le fameux "London Orbital" cher à Iain Sinclair ou le cadre de "Paris est un leurre" de Xavier Boissel. Ça me semble aussi être le lieu de la trilogie de béton de Ballard.


C'est très vrai pour Ballard, oui, et au-delà de la trilogie de béton, je dirais. Il le formulait pratiquement en ces termes d'ailleurs ; il considérait les grandes métropoles comme Londres, Paris ou New-York (en tout cas leurs centres) comme des formes obsolètes et peu propices à l'extrapolation dans le cadre de son travail. Par contre, ces zones péri-urbaines que tu décris l'intéressaient au plus haut point ; c'était pour lui le tombeau de tous les affects.

Oh, je suis d'accord pour l'influence de Machen, bien sûr. (...) Et, ce qui est pour moi le sommet de la carrière de Current 93, la trilogie "The inmost light" tire son nom d'une de ses histoires.


Eh bien je l'ignorais mais ça me semble parfaitement cohérent, en effet.

je pense qu'il est très possible que, lors de la création de la psychogéographie situationniste, Debord ait été familier avec les textes de Machen (ou alors les surréalistes l'auront connu puis transmis à leurs descendants... je ne sais pas). Sinon, il aura cru que son idée était originale. Au fond, peu importe. (...) Tout ça pour dire que, certes, les deux branches de la discipline sont dissemblables mais que ça ne change rien au fait qu'elles sont liées.



Pour Debord, le fait est qu'il était très soucieux de bien "brûler les ponts", et de ne surtout pas (ou si peu) se placer dans le sillage de qui que ce soit. Il se serait étranglé plutôt que de reconnaître une quelconque dette à l'égard des surréalistes par exemple (alors qu'au fond...). Difficile donc de s'appuyer sur ses propres dires pour remonter le fil.

Et je vais perdre mes galons de psychogéographe mais le bouquin de Coverley est toujours dans ma pile des livres à lire.


Il n'est pas exempt de défauts (il est trop bref pour un sujet aussi considérable, et il adopte une approche strictement chronologique pas forcément adaptée au sujet à mon sens), mais il a le gros avantage de donner des tas de pistes de lecture passionnantes. Par exemple, j'ai découvert le formidable "Paris Insolite" de Jean-Paul Clébert après avoir lu Coverley.

Pareil pour le “Mother London” de Michael Moorcock, car voilà ce que Iain Sinclair a à dire sur ce texte: https://www.theguardian.com/books/2000/nov/23/londonreviewofbooks


Ah, "Mother London"..! J'ai eu un "faux départ" avec ce livre ; j'en ai lu un bon tiers lors d'un looooong voyage en avion, puis oublié le bouquin dans le dit-avion (couillon de moi). Faudrait que je reprenne tout ça, j'ai racheté le bouquin mais pas repris le fil de ma lecture.
Ce que j'en ai lu m'avait sacrément emballé en tout cas ; Moorcock "prend son temps" comme rarement avec ce roman mais on sent que c'est parce qu'il sait qu'il tient un truc.

Eh bien encore merci pour tous ces échanges passionnants !!! Voilà qui est revigorant. On se retrouve dès demain pour un nouvel épisode...

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artemus dada a écrit:
Ektah a écrit:[..]
Damn! J'aurais bien aimé le faire, celui-là, de lapsus.

[..]


Un lapsus ? Plutôt une manifestation de notre sujet de discussion : l'hantologie.



Serions-nous hantés par le souvenir d'Agatha Christie ? Bah, ça me va. Je suis sûr qu'elle restera très cordiale. Et ça fait plaisir de retrouver les écrivaines de mon enfance.

Photonik a écrit:Il semble d'ailleurs que les rock-critics ou les musiciens eux-mêmes aient cherché à dissocier les deux, au moins à un moment, avec des appellations qui ne recouvrent pas exactement le genre "prog" mais qui gravitent quand même autour, comme le "zeuhl" ou le "rock in opposition".


Bon, par contre, autant je vois pourquoi la classification de la Zeuhl dans le prog pourrait poser problème, autant je trouve que le RIO et le style de Canterbury sont des mouvements liés à une certaine scène à un moment donné mais qui, stylistiquement, ne sont pas si dissemblables que ça du prog "classique" à la King Crimson.

Photonik a écrit:on a causé d'une interview de Cheveu avec un pote qui organise justement des concerts...


Intéressant, ça. Ça fait un moment que j'ai une bonne opinion de Cheveu, en ne connaissant presque rien de leur musique. Content que ton émission serve de passeur.

Photonik a écrit:Si cette hypothèse t'intéresse, la vision de "Premier Contact" (qui la cite explicitement) s'impose presque automatiquement.
Néanmoins, je serais curieux de connaître ton avis sur "Enemy", autre réussite signée Villeneuve, fût-elle mineure.


Bon, ok, je fais remonter ces deux films de quelques crans dans ma liste des films à voir. Je devrais les regarder dans les semaines qui viennent et je reviendrai en parler.

Photonik a écrit:De Lillo, que j'aime beaucoup aussi, me semble un auteur supérieur sur à peu près tous les plans, mais je n'en dirais pas autant d'un Palahniuk, quant à moi ; il est d'ailleurs presque tributaire si j'ose dire du travail d'Ellis, de la façon dont je le vois... L'antériorité n'est pas forcément synonyme de "supériorité" (si tant est que ça veuille dire quelque chose en matière d'expression artistique, hein), mais dans ce cas précis, je dirais que oui.


Oh oui, la qualité et l'antériorité sont deux choses séparées. Mais elles peuvent parfois coïncider. Mais, en fait, je crois que ce que j'aime bien chez Palahniuk est l'adéquation entre style et contenu. Il a ce ton un peu artificiel, un peu vulgaire, consumériste, qui correspond à ce qui est raconté. J'aime cette approche. Ryu Murakami a pu faire la même chose sur certains de ses livres aussi, d'ailleurs. C'est moins marqué chez Ellis, à mon avis.

Mon bon, Don De Lillo les enterre tous. Je pense qu'on peut convenir de cela.

Photonik a écrit:Ha ha !! Alors ça, ça me rappelle une autre citation (dont l'auteur m'échappe, là) qui est elle aussi explicitement nommée dans le "Premier Contact" de Villeneuve, d'ailleurs : tout n'est qu'un clou pour qui n'a qu'un marteau à sa disposition.


Très vrai. Sauf erreur de ma part, la citation vient de Paul Watzlawick, un jungien qui fait partie des fondateurs de l'école de Palo Alto (oui, le groupe de musique industrielle du même nom est une référence), qui reconnaissait comme antécédent à leur pensée Edward Sapir, d'où le fait que la citation se retrouve dans "Premier Contact".

Photonik a écrit:Je pense que cet espèce de faisceau d'indices qui ne cessent de revenir vers ces thématiques s'explique de plusieurs manières, la première étant peut-être l'urgence absolue de reconsidérer ces questions à l'heure d'un urbanisme devenu complètement fou et surtout absurde, totalement dépourvu de sens (depuis disons 70 ans). La question des "genius loci", dans un tel contexte, prend un tournant presque impérieux, qui réinvestit la question de sens justement... C'est très général / générique, ce que je dis là, mais je suis persuadé que tu vois ce que je veux dire.


Oh oui, évidemment. Et j'irai même jusqu'à considérer que toute l'histoire de la pensée (artistique ou pas) en occident est, depuis la seconde guerre mondiale (au moins), celle d'une quête de sens. Et, justement, le fait que le lettrisme puis le situationnisme soient nés au lendemain de la guerre (et du Plan Marshall) est tout à fait significatif, à mes yeux. En particulier, le fait que leur version de la psychogéographie passe par la dérive (sans but préétabli, donc) me semble une belle illustration du fait qu'il s'agit de se réapproprier une ville redevenue inconnue par une sorte de réapprentissage de son identité cachée. D'ailleurs (et je suis tout à fait prêt à reconnaître que c'est l'influence de Pacôme qui s'exprime là par mon biais), c'est le même état d'esprit qui pousse Jacques Rivette à explorer le Paris secret (dans "Out 1" et "Céline et Julie vont en bateau", surtout) à la recherche du souvenir du Paris occultiste de "L'histoire des treize" de Balzac. Je ne suis pas loin de considérer ces films comme une forme de psychogéographie.

Photonik a écrit:Une autre explication serait la chaîne des influences ; et pour tous ces artistes, les marges de la scène anglaise des années 70 a énormément compté. Il faut dire un mot par exemple du rôle immense qu'un Genesis P. Orridge a pu jouer là-dedans, avec cette espèce "d'update de l'occultisme" qu'il se charge de réaliser à l'époque avec quelques autres. Là aussi, la question du rapport ruralité/urbanisme se pose dans toute sa splendeur, avec l'idée que la plupart de ces pionniers de la scène industrielle (LA musique urbaine par excellence) s'en sont mystérieusement allés réinvestir la musique folk.


Current 93 comme évolution naturelle de Psychic TV. Je suis d'accord. On en revient encore une fois à cette idée de transfert urbanité-ruralité. D'ailleurs, il y a des artistes qui explorent ce principe des "edgelands" (aussi connus sous le nom de "liminal spaces", chez les plus mystiques), ces zones mal définies aux bordures des villes n'appartenant ni au domaine urbain ni au rural, souvent en autour des autoroutes et périphériques, comme par exemple le fameux "London Orbital" cher à Iain Sinclair ou le cadre de "Paris est un leurre" de Xavier Boissel. Ça me semble aussi être le lieu de la trilogie de béton de Ballard. Genesis P. Orridge est également chez lui dans ces endroits, tu as raison.

Photonik a écrit:Pour la question de la psychogéographie, et pour rebondir sur ce point précis, je pense comme Artemus que l'oeuvre d'Arthur Machen est un point nodal. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que Machen est un pur rural (gallois, je crois) qui s'est installé en ville, comme s'il avait "importé" en milieu urbain toute une tradition orale qu'il transforme en littérature...


Photonik a écrit:Si je me rappelle bien de ce qu'en dit Merlin Coverley dans son ouvrage introductif/rétrospectif sur la question, Sinclair ne se réclame pas tant que ça de la tradition française, en fait.
Il connaît bien les productions situationnistes bien sûr, il leur emprunte d'ailleurs en premier lieu l'idée de la production de cartes (en plus des "rapports"), mais il en diverge sur un point majeur : les déambulations de Sinclair, même guidées par le hasard, ont un "but" assumé, quand les dérives situationnistes s'en passaient de manière très volontariste...


Oh, je suis d'accord pour l'influence de Machen, bien sûr. Fondamentalement, l'idée de sa littérature est de présenter une zone, souvent une petite ville, en apparence idyllique, dissimulant une menace souterraine (au propre et/ou au figuré). Tiens, c'est marrant: c'est remarquablement similaire à "Twin Peaks".

Et, ce qui est pour moi le sommet de la carrière de Current 93, la trilogie "The inmost light" tire son nom d'une de ses histoires.

De plus, deux des deux groupes phares du label Ghost Box (crédité comme étant la naissance de l'hantologie musicale et la référence majeure de "Berberian Sound Studio"), Belbury Poly et Focus Group se sont tous deux présentés comme des hommages à Machen.

Et la liste continue... La psychogéographie/hantologie doit effectivement beaucoup à cet auteur.

Mais, pour préciser ma pensée à propos de la différence entre les versions britannique et française de cette discipline, je pense qu'il est très possible que, lors de la création de la psychogéographie situationniste, Debord ait été familier avec les textes de Machen (ou alors les surréalistes l'auront connu puis transmis à leurs descendants... je ne sais pas). Sinon, il aura cru que son idée était originale. Au fond, peu importe. Toujours est-il que, après la traversée de la Manche de cette idée, la discipline s'est mise à muter, la principale différence étant effectivement l'intention, présente ou non, derrière l'acte d'exploration/dérive. Et cette mutation est effectivement le fait du souvenir, du spectre en fait, de Machen. Tout ça pour dire que, certes, les deux branches de la discipline sont dissemblables mais que ça ne change rien au fait qu'elles sont liées. Et c'est assez normal que Sinclair déclare son indépendance d'avec les situationnistes, vu que son acte a justement été de s'éloigner de la version française. Mais, du coup, les deux disciplines restent liées à mes yeux.

Pour ce qui est de l’appartenance de Machen à la discipline, on est à nouveau dans un domaine totalement subjectif: c’est la question de l’appartenance ou pas des prédécesseurs à tel ou tel mouvement (Beethoven a posé les bases de la musique romantique mais doit aussi beaucoup à Mozart et Haydn... Est-ce que ça fait de lui un romantique ou un classique ?). Aucune réponse n’est meilleure qu’une autre. Mais, de mon point de vue, comme je le disais tantôt, cette discipline est pour moi une conséquence de la 2nde GM. Du coup, j’aurais plutôt tendance à le voir comme un des prédécesseurs. Mais ma vision n’est certainement pas gravée dans le marbre. Peut-être même que je n’ai pas lu les bons textes, en fait.

Et je vais perdre mes galons de psychogéographe mais le bouquin de Coverley est toujours dans ma pile des livres à lire.

Photonik a écrit:(pour le lien Machen/Alan Moore, il faut lire la formidable adaptation graphique signée Eddie Campbell d'une performance "psychogéographique" d'Alan Moore, "Serpents et Echelles", qui se penche assez copieusement sur la biographie de l'auteur des "Trois Imposteurs" et du "Grand Dieu Pan")


Oui, j’avais lu, écouté et apprécié ce texte mais c’était avant que je sois familier avec la question que nous discutons. Il serait sans doute temps que je m’y replonge. Pareil pour le “Mother London” de Michael Moorcock, car voilà ce que Iain Sinclair a à dire sur ce texte: https://www.theguardian.com/books/2000/nov/23/londonreviewofbooks

Photonik a écrit:Quant à Iain Sinclair, il est évidemment une figure contemporaine majeure, au centre de tous ces enjeux. Je suis en train de lire son "London Overground" (un des rares ouvrages de sa plume traduits en français), et il y relate justement une série de virées londoniennes réalisées en compagnie du cinéaste Andrew Kötting, qui a effectivement l'air d'être un sacré personnage...


Ah, c’est un des Sinclair que je n’ai pas lu. C’est qu’il est prolifique, le sagouin. Pareil, je vais me pencher sur la question.

Photonik a écrit:Intéressant ça, comme ta façon d'insister sur les liens entre ces thématiques et un "Berberian Sound Studio" par exemple ; tout ça me donne envie de revoir le film à l'aune de ces échanges, d'ailleurs.


Bon, après, comme d’habitude, on parle d’interprétations, là. Deux visions de la même œuvre peuvent être radicalement différentes. Mais c’est le biais que j'ai adopté de mon coté.

De toute façon, “Berberian Sound Studio” est typiquement le genre de film qu’il faut voir à de nombreuses reprises. C’est toujours bon de s’y replonger.

Photonik a écrit:Un exemple qui viendrait illustrer cette idée, ce serait "Ministry of Space", publiée en VF en son temps par Delcourt (un titre dessiné par l'excellent Chris Weston).


artemus dada a écrit:Je profite du creux des vacances (et de l'absence d'émission) pour revenir sur l'un des points qu'on a abordé ici, l'hantologie.

À la sortie des premiers numéros de Doktor Sleepless je n'avais pas été du tout enthousiaste au point d'arrêter de la lire assez rapidement.

Mais comme souvent avec Ellis j''y suis revenu ; et à la relecture du premier numéro j'ai l'impression (rétrospective) que le scénariste britannique y explorait déjà le concept derridien.
Mais plutôt que d'être hanté par le passé comme dans Injection, la série publiée par l'éditeur Avatar pose une "hantise" du futur (ou plutôt la perception de son absence) :
(...)
Et vu que le futur est aussi le sujet d'Injection, je me demande s'il n'y aurait pas un lien - peut-être ténu - entre les deux séries ?


Tiens, c’est marrant, j’ai eu exactement le même parcours de lecture que toi, Artemus Dada, mais “Doktor Sleepless” est clairement en train de grandir dans mon esprit (même si je crois qu’elle n’atteindra jamais les sommets de l’œuvre ellisienne).

Et j’en étais arrivé à la même conclusion que toi, une sorte d’inversement du rétrofuturisme populaire à cette époque-là: le passé du futur à la place du futur du passé, avec, comme personnage central, une sorte de réactualisation du savant fou pulp (en fait, je me disais à la lecture que c’était probablement l’arrière petit-fils du Dr. X des films des années 30, mis en scène par Michael Curtiz).

Je n’ai pas encore lu “Injection” ou “Ministry of Space”. Oui, je sais, c’est probablement mieux que “Doktor Sleepless”.

Pour ce qui est des liens entre les deux, ce n’est qu’une théorie mais Ellis s’est exprimé sur le fait qu’il a perdu (dans un accident informatique, je crois) une grande partie de ce qu’il avait écrit pour la suite de “Doktor Sleepless” et, qu’en conséquence, il y avait peu de chances que la série ait jamais une fin. Du coup, je ne serais pas plus surpris que ça qu’il ait réinjecté (hé hé, jeu de mots...) certaines de ses idées inexploitées dans “Injection”. “Ministry of Space” étant plus ancien que tout ça. Bah, de toutes façon, Ellis est un auteur: il a ses marottes. On pourrait même retrouver cette question du futur ne tenant ses promesses dans “Transmetropolitan” (de manière plus marginale, toutefois).

Photonik a écrit:De manière plus anecdotique, les tags présents sur les cases que tu postes ci-dessus me rappellent un sketch vieux de presque 20 ans de l'équipe du Groland (Moustic, Délépine et compagnie) : à la veille de l'an 2000, la population d'un bled paumé, manifestement mal rencardée, protestait contre les changements que le nouveau millénaire n'allait pas manquer d'apporter, à savoir des combinaisons argentées pour se vêtir, des voitures volantes pour se déplacer ou des gélules lyophilisées pour se nourrir. :wink:


Hé hé. Quand je te disais que, à partir du moment où tu t’intéresses à cette question de l’hantologie, tu voir ses occurrences partout. Mais, oui, tu as raison, c’est un exemple parfaitement pertinent. En plus, cette question ne date pas d’hier: “La journée d'un journaliste américain en 2889“, une des nouvelles posthumes de Jules Verne, prenait déjà, de manière sarcastique et désabusée, le contre-pied de cette idée du progrès (et du reste de l’œuvre de son auteur, au passage). Et on peut parler de “Métropolis” aussi, bien sûr. Le futur n’était pas encore arrivé qu’il nous avait déjà déçu.

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Je ne connais (encore tout du moins) ni l'un ni l'autre des deux titres que tu cites ; néanmoins l'idée de l'absence du futur promis qui vient hanter les consciences me semble effectivement une notion qui a travaillé Warren Ellis.
Un exemple qui viendrait illustrer cette idée, ce serait "Ministry of Space", publiée en VF en son temps par Delcourt (un titre dessiné par l'excellent Chris Weston).
Plus directement encore peut-être que dans le récit à proprement parler, Ellis aborde la question telle que tu la présentes dans la préface de cet album : il se demande en substance ce que sont devenus les promesses implicites des programmes de conquête spatiale (tout en relevant les problèmes de contrôle démocratique sur les sommes investies dans de tels programmes de pointe, surtout en temps de crise).

De manière plus anecdotique, les tags présents sur les cases que tu postes ci-dessus me rappellent un sketch vieux de presque 20 ans de l'équipe du Groland (Moustic, Délépine et compagnie) : à la veille de l'an 2000, la population d'un bled paumé, manifestement mal rencardée, protestait contre les changements que le nouveau millénaire n'allait pas manquer d'apporter, à savoir des combinaisons argentées pour se vêtir, des voitures volantes pour se déplacer ou des gélules lyophilisées pour se nourrir. :wink:

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Je profite du creux des vacances (et de l'absence d'émission) pour revenir sur l'un des points qu'on a abordé ici, l'hantologie.

À la sortie des premiers numéros de Doktor Sleepless je n'avais pas été du tout enthousiaste au point d'arrêter de la lire assez rapidement.

Mais comme souvent avec Ellis j''y suis revenu ; et à la relecture du premier numéro j'ai l'impression (rétrospective) que le scénariste britannique y explorait déjà le concept derridien.
Mais plutôt que d'être hanté par le passé comme dans Injection, la série publiée par l'éditeur Avatar pose une "hantise" du futur (ou plutôt la perception de son absence) :
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Et vu que le futur est aussi le sujet d'Injection, je me demande s'il n'y aurait pas un lien - peut-être ténu - entre les deux séries ?

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Ektah a écrit:Honnêtement, si tu regardes les cartes du Paris psychogéographique de l'Internationale Situationniste, je trouve la différence d'avec la vision de Londres par Sinclair assez subtile.



Si je me rappelle bien de ce qu'en dit Merlin Coverley dans son ouvrage introductif/rétrospectif sur la question, Sinclair ne se réclame pas tant que ça de la tradition française, en fait.
Il connaît bien les productions situationnistes bien sûr, il leur emprunte d'ailleurs en premier lieu l'idée de la production de cartes (en plus des "rapports"), mais il en diverge sur un point majeur : les déambulations de Sinclair, même guidées par le hasard, ont un "but" assumé, quand les dérives situationnistes s'en passaient de manière très volontariste...

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Ektah a écrit:Personnellement, j'ai un peu tendance à me rallier à la thèse d'Aymeric Leroy dans son livre "Rock Progressif", à savoir qu'il existerait deux courants dans ce genre musical, dialoguant parfois entre eux, mais dissemblables dans la forme, avec d'un côté une musique grandiose, parfois boursouflée, volontiers sous l'influence de la musique classique (Yes, ELP, Mike Oldfield, Genesis…), et de l'autre quelque chose de plus sombre, schizophrène, avec une référence jazz (King Crimson, Van Der Graaf Generator, Magma si on considère que c'est du prog…).


Oui, je suis moi aussi sur cette ligne ; cette distinction me paraît faire sens. Il semble d'ailleurs que les rock-critics ou les musiciens eux-mêmes aient cherché à dissocier les deux, au moins à un moment, avec des appellations qui ne recouvrent pas exactement le genre "prog" mais qui gravitent quand même autour, comme le "zeuhl" ou le "rock in opposition". Ce n'est pas la même chose tout à fait encore une fois, mais ça ressemble rétrospectivement à une manière de se détacher du mouvement prog et de ses supposées dérives.

Ektah a écrit:
Personnellement, j'apprécie les deux.


Moi aussi, mais j'avoue avoir du mal à rentrer dans certains délires des formations les plus exubérantes de la branche Genesis, ELP, etc... Un groupe comme Yes par exemple, que j'aime bien, me "perd" quand même régulièrement.


Ektah a écrit:
Et bon, pour le reste de la programmation musicale, c'est nickel, comme d'habitude.


Merci beaucoup !! Je découvre pas mal de trucs en ce moment, et j'essaie d'en faire profiter...
A ce sujet, je pense qu'il y aura au menu de l'émission dans les mois qui viennent quelques interviews de groupes susceptibles de passer chez moi dans pas longtemps (on a causé d'une interview de Cheveu avec un pote qui organise justement des concerts...).


Ektah a écrit:
Mais, du coup, tu m'as bien donné envie d'y jeter un œil, notamment parce que j'ai eu l'occasion d'écrire un peu de matériel pour un jeu de rôles autour de l'hypothèse Sapir-Whorf (...). Depuis, cette théorie linguistique fait partie de mes obsessions mineures.


Si cette hypothèse t'intéresse, la vision de "Premier Contact" (qui la cite explicitement) s'impose presque automatiquement.
Néanmoins, je serais curieux de connaître ton avis sur "Enemy", autre réussite signée Villeneuve, fût-elle mineure.


Ektah a écrit:Comme souvent avec Brett Easton Ellis, je suis un peu dans l'entre-deux.


Comme beaucoup de monde, je crois. Et moi aussi d'une certaine manière.
J'adore ce qu'il fait mais force est de reconnaître qu'il est très irrégulier, au sein de son corpus comme au sein-même de chacune de ses oeuvres...
Mais quand il est très en forme, comme sur "Glamorama" ou le formidable "Lunar Park", il touche à quelque chose d'unique et de très puissant. De Lillo, que j'aime beaucoup aussi, me semble un auteur supérieur sur à peu près tous les plans, mais je n'en dirais pas autant d'un Palahniuk, quant à moi ; il est d'ailleurs presque tributaire si j'ose dire du travail d'Ellis, de la façon dont je le vois... L'antériorité n'est pas forcément synonyme de "supériorité" (si tant est que ça veuille dire quelque chose en matière d'expression artistique, hein), mais dans ce cas précis, je dirais que oui.


Ektah a écrit:Pour être honnête, même si je suis assez intéressé par son art, à l'image de son mentor, Fellini, il se révèle être un des plus grands menteurs de notre époque (ce qui n'est pas peu dire).


Impossible de le nier, ça. D'une certaine manière, c'est un défaut que je lui passe assez facilement ; pour le dire gentiment, c'est comme si Jodo avait tendance à transformer la moindre anecdote supposément réelle en fable, quitte à distordre copieusement les faits... On va dire que ça fait partie du charme du bonhomme.

Ektah a écrit:En fait, je me demande même si ce goût pour l'affabulation ne se trouve pas au cœur de son art.


Voilà, tu mets le doigt dessus ; j'en suis convaincu pour ma part.


Ektah a écrit:Alors, je sais bien que, à partir du moment où on a une idée à l'esprit, on a tendance à en voir des confirmations partout, mais, depuis que je m'intéresse à cette notion, je ne peux pas faire deux pas sans tomber sur une référence à cette idée (ou à son frère siamois, la psychogéographie).


Ha ha !! Alors ça, ça me rappelle une autre citation (dont l'auteur m'échappe, là) qui est elle aussi explicitement nommée dans le "Premier Contact" de Villeneuve, d'ailleurs : tout n'est qu'un clou pour qui n'a qu'un marteau à sa disposition.
Cette boutade mise à part, je me retrouve fréquemment avec le même "problème" (qui n'en est pas vraiment un) que toi, sans avoir autant creusé la question de mon côté.
Je pense que cet espèce de faisceau d'indices qui ne cessent de revenir vers ces thématiques s'explique de plusieurs manières, la première étant peut-être l'urgence absolue de reconsidérer ces questions à l'heure d'un urbanisme devenu complètement fou et surtout absurde, totalement dépourvu de sens (depuis disons 70 ans). La question des "genius loci", dans un tel contexte, prend un tournant presque impérieux, qui réinvestit la question de sens justement... C'est très général / générique, ce que je dis là, mais je suis persuadé que tu vois ce que je veux dire.
Une autre explication serait la chaîne des influences ; et pour tous ces artistes, les marges de la scène anglaise des années 70 a énormément compté. Il faut dire un mot par exemple du rôle immense qu'un Genesis P. Orridge a pu jouer là-dedans, avec cette espèce "d'update de l'occultisme" qu'il se charge de réaliser à l'époque avec quelques autres. Là aussi, la question du rapport ruralité/urbanisme se pose dans toute sa splendeur, avec l'idée que la plupart de ces pionniers de la scène industrielle (LA musique urbaine par excellence) s'en sont mystérieusement allés réinvestir la musique folk.

Pour la question de la psychogéographie, et pour rebondir sur ce point précis, je pense comme Artemus que l'oeuvre d'Arthur Machen est un point nodal. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que Machen est un pur rural (gallois, je crois) qui s'est installé en ville, comme s'il avait "importé" en milieu urbain toute une tradition orale qu'il transforme en littérature...
(pour le lien Machen/Alan Moore, il faut lire la formidable adaptation graphique signée Eddie Campbell d'une performance "psychogéographique" d'Alan Moore, "Serpents et Echelles", qui se penche assez copieusement sur la biographie de l'auteur des "Trois Imposteurs" et du "Grand Dieu Pan")

Quant à Iain Sinclair, il est évidemment une figure contemporaine majeure, au centre de tous ces enjeux. Je suis en train de lire son "London Overground" (un des rares ouvrages de sa plume traduits en français), et il y relate justement une série de virées londoniennes réalisées en compagnie du cinéaste Andrew Kötting, qui a effectivement l'air d'être un sacré personnage...



Ektah a écrit:(j'ai déjà vu Oneohtrix Point Never classé dans ce mouvement, d'ailleurs).



Ah oui ? Intéressant ça, comme ta façon d'insister sur les liens entre ces thématiques et un "Berberian Sound Studio" par exemple ; tout ça me donne envie de revoir le film à l'aune de ces échanges, d'ailleurs.

Avatar de artemus dada

Ektah a écrit:[..]
Damn! J'aurais bien aimé le faire, celui-là, de lapsus.

[..]


Un lapsus ? Plutôt une manifestation de notre sujet de discussion : l'hantologie.

Avatar de Ektah

artemus dada a écrit:
les situationnistes (inventeurs du concept de psychogéographie)


Je sais qu'on trouve souvent cette idée, mais il y a une branche de la psychogéographie plutôt britannique d'ailleurs, qui est d'ailleurs celle qu'utilisent Moore, et Ellis et qui n'a rien à voir avec la "dérive" des Situationnistes, mais plutôt avec ce que fait par exemple Peter Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.

Dans le cas d'Injection, je pense même qu'il faut aller voir du côté d'Arthur Machen, un précurseur de la discipline qui a - de mon point de vue - plus influencé Sinclair, Ackroyd, Moore et Ellis que les Situationnistes avec leur "dérive".


Oui, tu as raison. En fait, je trouvais déjà mon texte un peu dur à suivre, donc j'avais décidé de sacrifier cette nuance-là. Par contre, je ne suis pas d'accord pour dire que ces deux courants de la psychogéographie n'ont rien à voir. Ils sont, à mon sens, intimement liés. Effectivement, Sinclair et Ackroyd ont réadapté la discipline à leur sensibilité britannique, en y rajoutant la référence à Machen, mais, ce faisant, ils se sont placés dans une évolution de la définition française du mot, pas dans une réinvention. Honnêtement, si tu regardes les cartes du Paris psychogéographique de l'Internationale Situationniste, je trouve la différence d'avec la vision de Londres par Sinclair assez subtile.

Et, d'ailleurs, si, effectivement, Moore et Ellis se placent plutôt dans la définition donnée par Sinclair, je trouve que la vision de Grant Morrison se rapproche beaucoup plus de la vision de Debord (enfin, ce n'est pas dur à voir: il est nommé explicitement dans les "Invisibles").

Et pour ce qui est du lien avec Machen, il est tout à fait pertinent mais je serais surpris que les situs ne le citent pas comme une des influences.

Ceci étant dit, c'est vrai, qu'à l'heure actuelle, il y a une tradition française (Xavier Boissel et Antoine d'Agata, par exemple) et une britannique (tous les gens déjà nommés) et qu'il y a une bonne dose d'animosité entre les deux (pour une raison qui m'échappe). Mais je considère quand même les deux disciplines comme étant très proches.

Photonik a écrit:Peter Ackroyd, non ? Roger s'est quant à lui fait zigouiller dans un des premiers romans d'Agatha Christie. :wink:


Damn! J'aurais bien aimé le faire, celui-là, de lapsus.

artemus dada a écrit:Edit : Et après réflexion je me demande si on ne retrouve pas déjà cette idée d'hantologie du côté de Warren Ellis dans Supreme Blue Rose (Pour en savoir +) mini-série dans laquelle il introduit aussi le « versioning ».


Ah, je ne connaissais pas celui-là. Je vais explorer ça aussi.

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:
artemus dada a écrit: plutôt avec ce que fait par exemple Roger Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.



Peter Ackroyd, non ? Roger s'est quant à lui fait zigouiller dans un des premiers romans d'Agatha Christie. :wink:


Oups !!
(Paix à son âme).

Comme on le voit l'hantologie n'est pas à prendre à la légère. :)

Avatar de Photonik

artemus dada a écrit: plutôt avec ce que fait par exemple Roger Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.



Peter Ackroyd, non ? Roger s'est quant à lui fait zigouiller dans un des premiers romans d'Agatha Christie. :wink:

Avatar de artemus dada

les situationnistes (inventeurs du concept de psychogéographie)


Je sais qu'on trouve souvent cette idée, mais il y a une branche de la psychogéographie plutôt britannique d'ailleurs, qui est d'ailleurs celle qu'utilisent Moore, et Ellis et qui n'a rien à voir avec la "dérive" des Situationnistes, mais plutôt avec ce que fait par exemple Peter Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.

Dans le cas d'Injection, je pense même qu'il faut aller voir du côté d'Arthur Machen, un précurseur de la discipline qui a - de mon point de vue - plus influencé Sinclair, Ackroyd, Moore et Ellis que les Situationnistes avec leur "dérive".
__________
Edit : Et après réflexion je me demande si on ne retrouve pas déjà cette idée d'hantologie du côté de Warren Ellis dans Supreme Blue Rose (Pour en savoir +) mini-série dans laquelle il introduit aussi le « versioning ».

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:- Et en musique cette semaine, ce sera :
"In The Cage", extrait de "The Lamb Lies Down On Broadway" de Genesis, "Witching Hour", morceau trippant d'Electric Dragon issu de l'album "Covenant", "La Muerte es un Nacimiento", extrait de la BO de "El Topo" signée Jodorowsky et John Barham, et on termine avec le surpuissant "Champions Of Disturbance part I and II", nouvel extrait du dernier disque en date de Crippled Black Phoenix..


Alors, concernant ce rejet par les punks du rock progressif, c'est une discussion que j'ai eu mille fois avec un pote à moi musicien de coldwave (c'est le bassiste actuel de Babel 17, pour faire le lien avec ta chronique des origines de "Premier Contact"), sa vision du prog se résumant un peu aux concerts de Emerson, Lake & Palmer à base de capes en velours rouge et de reprise de Moussourgsky au mini-moog. Personnellement, j'aime bien ELP mais il est certain qu'ils ont pu sombrer à de nombreuses reprises dans le côté "synthé à paillettes" qui me semble être au cœur des moqueries punk. Personnellement, j'ai un peu tendance à me rallier à la thèse d'Aymeric Leroy dans son livre "Rock Progressif", à savoir qu'il existerait deux courants dans ce genre musical, dialoguant parfois entre eux, mais dissemblables dans la forme, avec d'un côté une musique grandiose, parfois boursouflée, volontiers sous l'influence de la musique classique (Yes, ELP, Mike Oldfield, Genesis…), et de l'autre quelque chose de plus sombre, schizophrène, avec une référence jazz (King Crimson, Van Der Graaf Generator, Magma si on considère que c'est du prog…). Et, comme tu le disais, John Lydon a reconnu son goût pour les groupes de cette dernière catégorie. Mais, bien sûr, le prog qui, à l'époque, remplissait les stades appartiendrait plutôt à la première. Personnellement, j'apprécie les deux.
Bon, pour en revenir à Genesis, je pense effectivement que "The Lamb Lies Down On Broadway" est, de loin, leur meilleur album.
Pour ce qui est de Raël, le disque est sorti un an après la fondation de la secte. Du coup, ça m'amuserait beaucoup que le personnage ait été nommé ainsi en référence au gourou, mais je n'ai aucune preuve. Remarque, connaissant l'humour de Gabriel, ça me semble tout à fait possible.

Et bon, pour le reste de la programmation musicale, c'est nickel, comme d'habitude.


Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.


Bon, Denis Villeneuve, je n'ai vu aucun de ses films à l'heure actuelle (mais, vu les échos que j'ai de son cinéma, il n'est pas impossible que je m'en envoie quelques-uns à un moment), donc je ne me permettrais pas de former un avis pour l'instant. Mais, du coup, tu m'as bien donné envie d'y jeter un œil, notamment parce que j'ai eu l'occasion d'écrire un peu de matériel pour un jeu de rôles autour de l'hypothèse Sapir-Whorf (c'est terrible: à chaque fois, j'ai l'impression que cette théorie a été écrite par le klingon de "Star Trek: the next generation"). Depuis, cette théorie linguistique fait partie de mes obsessions mineures. Je suis bien curieux de voir le traitement qu'Hollywood peut en faire, surtout entre les mains d'un réal qui n'est, à priori, pas incompétent.

Photonik a écrit:- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.


Comme souvent avec Brett Easton Ellis, je suis un peu dans l'entre-deux. J'ai également adoré "Glamorama" et moins le reste. En terme d'adaptations, je suis d'accord que "Les lois de l'attraction" est excellent (même si je me demande si cela ne provient pas plus de Roger Avary, et de ses acteurs, que de Ellis lui-même) et que le reste est plus oubliable. Et d'une manière générale, sans le détester, Ellis est probablement l'écrivain qui m'intéresse le moins dans sa lignée d'auteurs. A chaque fois, je me dis que c'est bien mais que Don De Lillo ou Chuck Palahniuk sont mieux. En fait, le plus souvent ("Glamorama" étant l'exception), je trouve que les idées sont là mais n'atteignent jamais leur plein potentiel. D'après ta description, il me semble que "The Deleted" reste dans ce travers. Je passerai peut-être jeter un coup d'œil mais ça sera plus par acquis de conscience qu'autre chose.

Le Doc a écrit:Les films de Jodo, je ne les connais que de réputation (tant de choses à voir... :wink: ). Et en BD, je n'ai lu que L'Incal quand j'étais ado. Récemment, j'ai vu le documentaire sur sa version avortée de Dune et c'est tout de même un sacré raconteur...


Pour être honnête, même si je suis assez intéressé par son art, à l'image de son mentor, Fellini, il se révèle être un des plus grands menteurs de notre époque (ce qui n'est pas peu dire). J'aurais un peu tendance à croire naturellement le contraire de chacune de ses affirmations. Je ne suis pas loin de considérer que ce reportage sur son Dune, passionnant au demeurant, est avant tout une fiction. D'ailleurs, sa déclaration comme quoi Sergio Leone ne serait pas une de ses influences sur "El Topo" me conforte un peu dans mon opinion. En fait, je me demande même si ce goût pour l'affabulation ne se trouve pas au cœur de son art.
Et "L'incal" reste, à mon sens, son chef d'œuvre.

Photonik a écrit:Tiens, coïncidence amusante : très récemment sur ce forum, l'excellent Artemus Dada faisait un point sur cette discipline ("hauntology", donc) en parlant de l'approche qu'en avait le scénariste Warren Ellis, sur son titre "Injection" en l'occurrence. Je vais me pencher là-dessus (connais pas le travail de Derrida, par exemple).


Alors, je sais bien que, à partir du moment où on a une idée à l'esprit, on a tendance à en voir des confirmations partout, mais, depuis que je m'intéresse à cette notion, je ne peux pas faire deux pas sans tomber sur une référence à cette idée (ou à son frère siamois, la psychogéographie). Mais, toute subjectivité mise à part, je pense qu'il est assez clair que cette théorie est populaire dans bien des cercles, y compris dans celui de ce groupe informel des scénaristes des îles britanniques à la Ellis, Moore, Morrison… Par exemple, "La ligue des gentlemen extraordinaires" est une œuvre suffisamment riche pour supporter plusieurs grilles de lecture mais cette notion me semble être un des thèmes majeur du story arc "Century". En particulier, je crois que cela se fait par l'influence de l'auteur anglais Iain Sinclair, un des théoriciens principaux de cette discipline, dont le double fictionnel, Norton, semble être un personnage très particulier dans l'univers de la Ligue (basiquement, c'est un perso metatextuel dans un univers qui est déjà metatextuel par lui-même)
De la même manière, je suis à peu près sûr que Warren Ellis a déjà fait référence nommément à Sinclair (dans "Transmetropolitan", peut-être… je ne suis plus tout à fait sûr). Et, effectivement, "Injection" poursuit l'exploration de cette idée.
Et, pour clore la boucle, Sinclair est le sujet d'un documentaire, répondant aux codes du folk horror, nommé "By our selves", par un cinéaste anglais (probablement passionnant, dont je me suis promis d'explorer l’œuvre), Andrew Kötting, dans lequel apparaissent Alan Moore lui-même ainsi que le merveilleux Toby Jones, interprète principal de "Berberian Sound Studio", film que je considère comme étant la première émanation de l'hantologie au cinéma (de l'aveu du réalisateur, dans le commentaire audio, le visuel du film est vu comme un hommage au label "Ghost Box", qui officie justement dans la forme musicale du genre).

Bon, j'ai fait toutes ces explications un peu dures à suivre parce que je crois que ce réseau de références, de liens entre des œuvres et des genres encore très disparates (psychogéographie, hantologie, folk horror…) et trans-médias (musique, cinéma, philo, comics, romans…) représente la naissance d'une scène artistique et/ou philosophique, qui est en gestation depuis les situationnistes (inventeurs du concept de psychogéographie) et Derrida, mais qui, depuis peu (une dizaine d'années, on va dire), commence à se réunir avec comme figure centrale, Iain Sinclair. C'est lui qui fait la liaison entre les prédécesseurs (les situs, donc, mais également JG Ballard, avec lequel il a collaboré sur "London Orbital") et sa descendance (Alan Moore et Warren Ellis, donc, ainsi que "Berberian Sound Studio", pour ne nommer que quelques exemples).

Et je n'ai nommé que quelques artistes parmi des centaines d'autres (j'ai déjà vu Oneohtrix Point Never classé dans ce mouvement, d'ailleurs). C'est dur à suivre, cette affaire.
Par exemple, il y a une série BBC, avec Toby Jones justement, nommée "Detectorists", extrêmement touchante, qui est, à mes yeux, la première sitcom hantologique. Notion très étrange…

Et, pour ce qui est de la philosophie sous-jacente à tout ça, c'est finalement assez simple: Derrida avait nommé l'hantologie en référence à la fameuse phrase de Marx, " Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme". Cette discipline s'occupe, en fait, de la façon dont le passé hante un territoire donné. Je résume, hein: la pensée de Derrida est plus complexe que ça. Mais c'est l'idée de base.
Donc, ce mouvement s'occupe essentiellement de l'attachement à un territoire: un terroir, dans le cas du folk horror, ou quelque chose de plus urbain pour la psychogéographie à la Ballard. Et, dans ce lieu donné, une chose, la plupart du temps ancienne, surgit pour hanter le présent. Cela peut prendre la forme d'un spectre défini (comme une histoire de fantôme classique, basiquement…) ou quelque chose de plus diffus, une idée, un sentiment. Par exemple, cette présence ressentie dans "Berberian Sound Studio" n'est jamais vraiment définie, ni même nommée, mais c'est elle qui fournit son identité au film.

Du coup, avec cette définition, on est quand même très proche du principe de l'horreur de manière générale, mais la différence se situe surtout dans le point de vue qui se focalise beaucoup sur les rapports entre le personnage et son lieu: le studio d'enregistrement de "Berberian", l'immeuble de "High Rise", la forêt de "The Witch"…

Photonik a écrit:
Ektah a écrit: Concernant "I sell the dead", il faut quand même le prendre pour ce qu'il est: une série B assumée (avec un casting intéressant: j'ai une tendresse pour Angus Scrimm et Ron Perlman), faite par des gens qui savent dans quel genre de film ils sont. J'ai la plus grande affection pour ce genre de projet mais c'est certainement un film comportant son lot de défauts. En fait, de toutes les adaptations de l'affaire Burke/Hare que je connaisse ("Cadavres à la pelle" de John Landis, "Le récupérateur de cadavres" de Robert Wise et celui-là), c'est probablement la plus faible. Mais ça vient surtout du fait que cette histoire a été très bien servie par le cinéma.


Etant donné que je n'ai vu aucun de ces films (y compris le Wise, sûrement le plus fameux du lot), j'ai là encore matière à creuser !!


Oui, le Wise est probablement le plus connu et le meilleur mais celui de Landis n'est franchement pas loin derrière, aussi bien en termes de qualité que de reconnaissance. Très recommandable, vraiment.

Avatar de Photonik

Le Doc a écrit:
Les films de Jodo, je ne les connais que de réputation (tant de choses à voir... :wink: ).


Rhooooh, tu n'as jamais vu "El Topo" ?
En bon fan de western italien (tes nombreux posts en la matière en attestent), tu devrais adorer : Jodo a beau récuser cette influence, il est évident que cette veine s'exprime dans ce film, surtout dans sa première moitié (qui constitue un fantasme de fan de westerns, avec cette succession de duels avec des pistoleros plus redoutables les uns que les autres...).

Avatar de Le Doc

Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.


Je connais encore moins que toi le cinéma de Denis Villeneuve puisque je n'ai, pour le moment, toujours pas vu un seul de ses films (faut dire aussi que je regarde de moins en moins de films récents ces derniers temps ^^).
Mais j'y viendrai très certainement un jour, ne serait-ce que pour ce tournant S.F. de sa filmographie...

- Pour la BD, c'est un monument de la contre-culture que nous abordons, puisqu'à l'évocation du premier tome des "Fils d'El Topo" signé Jodorowsky et Ladrönn, nous parlerons du parcours du plus mystique des pistoleros.


Les films de Jodo, je ne les connais que de réputation (tant de choses à voir... :wink: ). Et en BD, je n'ai lu que L'Incal quand j'étais ado. Récemment, j'ai vu le documentaire sur sa version avortée de Dune et c'est tout de même un sacré raconteur...

- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.


Je suis comme Tori, les oeuvres de Bret Easton Ellis ne sont vraiment pas faites pour moi.

-
Et en musique cette semaine, ce sera :
"In The Cage", extrait de "The Lamb Lies Down On Broadway" de Genesis, "Witching Hour", morceau trippant d'Electric Dragon issu de l'album "Covenant", "La Muerte es un Nacimiento", extrait de la BO de "El Topo" signée Jodorowsky et John Barham, et on termine avec le surpuissant "Champions Of Disturbance part I and II", nouvel extrait du dernier disque en date de Crippled Black Phoenix..!


Ca faisait très longtemps que je n'avais pas écouté un titre de cette période de Genesis. Je suis bien d'accord, l'ambiance de ce morceau d'Electric Dragon est très évocatrice. Et Cripple Black Phoenix conclue avec force cette excellente et éclectique playlist.

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:[...]
Pour être tout à fait franc, j'aurais adoré y penser tout seul. :wink:

:) :wink:

Merci.

Avatar de Photonik

artemus dada a écrit:Pourtant Villeneuve fait preuve de déjà pas mal de "folie" en grossissant les enjeux et transformant la nouvelle de Ted Chiang (Pour en savoir +), via le travail d'Eric Heissere et la "contrainte" du marché chinois.



Possible, je ne saurais le dire étant donné que je n'ai pas encore lu la nouvelle de Chiang (mais je le ferai), je n'ai pas de point de comparaison.

J'en profite pour te dire que tu m'as bluffé avec ton post où tu rapproches fort judicieusement ce que font Chiang et Villeneuve du travail de William Burroughs, et de sa conception du mot comme entité virale. Sans compter l'évocation du jump-cut et des techniques dérivées, qui résonnent effectivement avec le travail narratif accompli dans "Premier Contact".
Pour être tout à fait franc, j'aurais adoré y penser tout seul. :wink:

Avatar de artemus dada

Photonik a écrit:
Tori a écrit:tu as titillé ma curiosité !


Malgré les réserves que j'évoque, "Premier Contact" reste un film à voir, et même un incontournable pour les fans de SF. J'aurais aimé voir cette histoire entre les mains d'un auteur un peu plus "fou" que Villeneuve... Il est quand même un metteur en scène très compétent, hein.[..]


Pourtant Villeneuve fait preuve de déjà pas mal de "folie" en grossissant les enjeux et transformant la nouvelle de Ted Chiang (Pour en savoir +), via le travail d'Eric Heissere et la "contrainte" du marché chinois.

S'il était allé plus loin, pas la peine à ce moment là de choisir cette histoire en particulier, dont l'originalité tient - essentiellement - au vertige (la sidération cognitive) qui se dessine en creux, grâce à la sobriété de sa narration.

Avatar de Photonik

Tori a écrit:tu as titillé ma curiosité !


Malgré les réserves que j'évoque, "Premier Contact" reste un film à voir, et même un incontournable pour les fans de SF. J'aurais aimé voir cette histoire entre les mains d'un auteur un peu plus "fou" que Villeneuve... Il est quand même un metteur en scène très compétent, hein.

Tori a écrit:Là aussi, je vais me pencher dessus... Mais je vais peut-être m'intéresser au film, avant (je ne connais quasi pas le boulot cinématographique de Jodo, alors que j'ai lu pas mal de ses BD (j'ai d'ailleurs découvert assez tard qu'il faisait du cinéma)).


D'abord le film, c'est indispensable, sinon la BD est imbitable ; je n'ai peut-être pas assez insisté sur ce point. De toute façon, "El Topo" devrait constituer pour toi une sacrée expérience, que tu embrayes sur la BD ou pas : c'est vraiment un film passionnant, unique en son genre et complètement allumé.

Tori a écrit:Bon, là, en revanche, je vais faire l'impasse... Décidément, ce n'est pas un auteur pour moi.


Vu les gros défauts dont la série est affublée, je ne conseillerais franchement "The Deleted" qu'aux seuls fans déjà convaincus de Bret Easton Ellis.
C'est vraiment le genre d'auteur à prendre ou à laisser, comme je rabâche souvent. Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de gens qui "aiment bien" son travail ; on adore ou on déteste.

Tori a écrit:Ça fait bizarre de découvrir un titre de Genesis que je ne connaissais pas, au passage...

Tori.


Je l'ai moi aussi découvert il y a peu, donc, et je dois dire que je suis bien bluffé par cet album, un peu trop "chargé" pour son propre bien (difficile de se l'enquiller d'une traite tant c'est touffu) mais sacrément impressionnant dans son genre.

Et encore merci pour ton assiduité sans faille !! :wink:

Avatar de Tori

Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.

Bon, il faut que je regarde s'il passe à côté de chez moi (j'ai un petit cinéma avec une programmation en retard... Avec un peu de chance, je pourrai le voir sur grand écran) : tu as titillé ma curiosité !

- Pour la BD, c'est un monument de la contre-culture que nous abordons, puisqu'à l'évocation du premier tome des "Fils d'El Topo" signé Jodorowsky et Ladrönn, nous parlerons du parcours du plus mystique des pistoleros.

Là aussi, je vais me pencher dessus... Mais je vais peut-être m'intéresser au film, avant (je ne connais quasi pas le boulot cinématographique de Jodo, alors que j'ai lu pas mal de ses BD (j'ai d'ailleurs découvert assez tard qu'il faisait du cinéma)).

- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.

Bon, là, en revanche, je vais faire l'impasse... Décidément, ce n'est pas un auteur pour moi.

- Et en musique cette semaine, ce sera :

Ce sera du tout bon !
Ça fait bizarre de découvrir un titre de Genesis que je ne connaissais pas, au passage...

Tori.

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Épisode 14 : Effacement du contact avec les fils de la Taupe

Dernière émission avant la petite pause rituelle pour les vacances de février...
Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.

- Pour la BD, c'est un monument de la contre-culture que nous abordons, puisqu'à l'évocation du premier tome des "Fils d'El Topo" signé Jodorowsky et Ladrönn, nous parlerons du parcours du plus mystique des pistoleros.

- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"In The Cage", extrait de "The Lamb Lies Down On Broadway" de Genesis, "Witching Hour", morceau trippant d'Electric Dragon issu de l'album "Covenant", "La Muerte es un Nacimiento", extrait de la BO de "El Topo" signée Jodorowsky et John Barham, et on termine avec le surpuissant "Champions Of Disturbance part I and II", nouvel extrait du dernier disque en date de Crippled Black Phoenix..!


"I'm drowning in a liquid fear
Bottled in a strong compression,
My distortion shows obsession
In the cave
Get me out of this cave !"


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Ektah a écrit:Toujours pas vu "Dharma Guns". Il faudra que je me penche sur son cas également.



Très intéressant (quoique confus mais ça fait partie du charme de la chose), et graphiquement somptueux avec son noir et blanc 100 % pellicule ; Ossang est resté un puriste de l'argentique, il s'en explique très bien en entretien.

Ektah a écrit:
En fait, le blog dont cet article provient s'occupe des aspects les plus théoriques de la question, notamment concernant les liens avec la culture industrielle, la psychogéographie et ce genre musical récent nommé hauntology (d'après Derrida).



Tiens, coïncidence amusante : très récemment sur ce forum, l'excellent Artemus Dada faisait un point sur cette discipline ("hauntology", donc) en parlant de l'approche qu'en avait le scénariste Warren Ellis, sur son titre "Injection" en l'occurrence. Je vais me pencher là-dessus (connais pas le travail de Derrida, par exemple).

Ektah a écrit:
C'est toujours cette vieille question des rôles respectifs des artistes et de leurs exégètes. Personnellement, je pense que ce sont deux rôles complémentaires mais, bien sûr, je plaide pour ma propre chapelle.



Tu plaides aussi pour la mienne, par ricochet. :wink:
Je vois les choses comme toi, il y a bien complémentarité entre "créateurs" et "diffuseurs culturels".

Ektah a écrit:
La critique du doc a dit tout ce qui est nécessaire sur "Deathline": je suis d'accord à 100%, y compris sur les aspects les plus faibles du film.

Pour ce qui est de la récusation de Smith, à mon avis, il a juste dû en avoir marre d'en entendre parler, parce que je trouve les influences relativement indéniables. Toutefois, l'ombre du "Loup-garou de Londres" est clairement présente aussi, c'est vrai.


Faut que je vois "Deathline", vous me donnez envie, là.
Tu as très certainement raison concernant la récusation de Smith ; c'est un réflexe assez courant chez les cinéastes (ou autres artistes) que de récuser l'influence la plus évidente et d'en citer une moins en vue, et moins directement repérable...

Ektah a écrit:
Concernant "I sell the dead", il faut quand même le prendre pour ce qu'il est: une série B assumée (avec un casting intéressant: j'ai une tendresse pour Angus Scrimm et Ron Perlman), faite par des gens qui savent dans quel genre de film ils sont. J'ai la plus grande affection pour ce genre de projet mais c'est certainement un film comportant son lot de défauts. En fait, de toutes les adaptations de l'affaire Burke/Hare que je connaisse ("Cadavres à la pelle" de John Landis, "Le récupérateur de cadavres" de Robert Wise et celui-là), c'est probablement la plus faible. Mais ça vient surtout du fait que cette histoire a été très bien servie par le cinéma.


Etant donné que je n'ai vu aucun de ces films (y compris le Wise, sûrement le plus fameux du lot), j'ai là encore matière à creuser !!

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:Je l'ai croisé à Biarritz (où il a des attaches) pour la présentation de son "Dharma Guns", et c'était un chouette moment.


Toujours pas vu "Dharma Guns". Il faudra que je me penche sur son cas également.

Photonik a écrit:


Encore un lien qu'il faut que je creuse, merci...


En fait, le blog dont cet article provient s'occupe des aspects les plus théoriques de la question, notamment concernant les liens avec la culture industrielle, la psychogéographie et ce genre musical récent nommé hauntology (d'après Derrida). Je ne conseillerai pas forcément cette lecture à tout le monde. Il faut avoir un intérêt pour ces questions-là, mais je pense que, dans le cadre de notre petite communauté, on doit être plusieurs à pouvoir s'y retrouver. En tous cas, moi, ça me passionne.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Je suis d'accord avec Le Doc. Une programmation musicale très solide, cette semaine (pas que ce soit inhabituel de ta part, hein ;) ).


Merci beaucoup, mais j'ai moins de mérite que les musiciens convoqués. :wink:


C'est toujours cette vieille question des rôles respectifs des artistes et de leurs exégètes. Personnellement, je pense que ce sont deux rôles complémentaires mais, bien sûr, je plaide pour ma propre chapelle. En tous cas, le fait de propager la parole de ces groupes (qu'ils soient obscurs ou pas) est quelque chose de très positif.

Photonik a écrit:Le plan-séquence hallucinant de "Triangle" dont je parle dans l'émission, il a du sens, par exemple.


Oh oui, sur cette séquence, je n'ai rien à redire, évidemment, mais certains de ses effets de manche sont un peu plus gratuits, y compris dans "Triangle", d'ailleurs. Mais bon, c'est moi qui pinaille: j'aime quand même beaucoup son cinéma.

Photonik a écrit:Contrairement au Doc, je l'ai pas vu celui-là, mais ton appréciation fort élogieuse me donne envie de combler cette lacune. Je connaissais le film de réputation, mais je ne l'ai pas évoqué dans la chronique d'une part car je l'ai pas vu mais aussi parce que Smith a récusé cette influence ; il a plutôt évoqué l'influence de la séquence du métro du "Loup-Garou de Londres" de Landis, si mes souvenirs sont bons.


La critique du doc a dit tout ce qui est nécessaire sur "Deathline": je suis d'accord à 100%, y compris sur les aspects les plus faibles du film.

Pour ce qui est de la récusation de Smith, à mon avis, il a juste dû en avoir marre d'en entendre parler, parce que je trouve les influences relativement indéniables. Toutefois, l'ombre du "Loup-garou de Londres" est clairement présente aussi, c'est vrai.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Dans un esprit similaire, on peut aussi nommer "I sell the dead", une comédie bien sympathique à propos de l'affaire Burke et Hare, que je vois un peu comme une variation plus ouvertement série B du film de John Landis sur la même histoire (même si la résonance entre ces deux films est potentiellement un hasard).


Encore un truc que je connais pas, je le note.


Concernant "I sell the dead", il faut quand même le prendre pour ce qu'il est: une série B assumée (avec un casting intéressant: j'ai une tendresse pour Angus Scrimm et Ron Perlman), faite par des gens qui savent dans quel genre de film ils sont. J'ai la plus grande affection pour ce genre de projet mais c'est certainement un film comportant son lot de défauts. En fait, de toutes les adaptations de l'affaire Burke/Hare que je connaisse ("Cadavres à la pelle" de John Landis, "Le récupérateur de cadavres" de Robert Wise et celui-là), c'est probablement la plus faible. Mais ça vient surtout du fait que cette histoire a été très bien servie par le cinéma.

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:Max Brooks (fils de Mel Brooks et Anne Bancroft, pour la petite histoire)


Ah bon ? Je ne savais pas. Ni même que Anne Bancroft avait été avec Mel Brooks, d'ailleurs...

Ektah a écrit:J'ai eu la chance de le croiser dans le vidéo-club en bas de chez moi (Hors Circuits, le meilleur de Paris, en passant). Et, effectivement, en discutant de son travail pour le groupe punk "Lucrate Milk", cette comparaison faisait partie de son discours. Ça me semble très vrai aussi.


FJ Ossang est vraiment un mec sympa et abordable, ouais. Je l'ai croisé à Biarritz (où il a des attaches) pour la présentation de son "Dharma Guns", et c'était un chouette moment.

Ektah a écrit:Il y a aussi le fait que, dans toutes les formes d'art "extrêmes" (à plus ou moins haut niveau, cela va de la série B d'horreur diffusée sur M6 à 3h du matin à la musique power electronics la plus abrasive), il y a quasiment toujours une histoire de retour du refoulé. Et cette notion a été, pendant très longtemps, liée, d'une, à la figure de l'étrange(r) et, de deux, à la nature sauvage, notamment forestière.

Mais j'ai le sentiment que toutes ces notions tournent un peu les unes autour des autres.


Oui, exactement ce que je ressens aussi, comme tu t'en doutes.

Ektah a écrit:Au passage, on se demandait tantôt comment définir la notion de "Folk Horror". On s'est posé la même question sur le groupe fb, dans un soucis d'ouverture la plus large possible, et voici la conclusion à laquelle on est arrivé (au passage, il y a plein de très bonnes œuvres à découvrir dans cet article):

https://celluloidwickerman.com/2014/09/25/the-folk-horror-chain/


Encore un lien qu'il faut que je creuse, merci...

Ektah a écrit:C'est comme ça que, pendant des années, Ingmar Bergman s'est retrouvé scénariste de "La dernière maison sur la gauche".


Ha !! Pas mal celle-là... :wink:

Ektah a écrit:Wovenhand, je connaissais de nom. Je l'avais placé dans la même case que 16 Horsepower, que je trouvais correct mais assez oubliable. Toutefois, ce morceau que tu as diffusé me semble considérablement plus solide (c'est marrant, il m'a penser... de loin, quand même... à une version plus americana de Fields of the Nephilim). Je vais sans doute explorer ça. Bonne surprise.


Je connais de très très loin 16 Horsepower, mais a priori j'en suis pas fou. Wovenhand me semble à moi aussi bien plus intéressant. La connexion avec Fields of the Nephilim fait sens, David Eugene Edwards ayant été initialement influencé par tout cette veine rock gothique/post-punk/cold-wave, etc...

Ektah a écrit:Orphx, ça m'a fait revenir 10 ans en arrière, dans les salles douteuses de la capitale, même si, comme tu le dis, ce morceau n'est pas vraiment représentatif du reste de leur discographie. Tout à fait réjouissant, aussi.


Je découvre ça ces jours-ci. Je suis assez fan de la veine EBM, et leurs morceaux plus rentre-dedans me parlent pas mal.

Ektah a écrit:Je suis d'accord avec Le Doc. Une programmation musicale très solide, cette semaine (pas que ce soit inhabituel de ta part, hein ;) ).


Merci beaucoup, mais j'ai moins de mérite que les musiciens convoqués. :wink:

Ektah a écrit:Je dois bien avouer, à ma grande honte, que le film de Ulmer est dans ma pile de dvds à voir depuis des années.


Fonce, tu vas pas être déçu. Il est très court, en plus, ça se regarde très vite (1 h 05, de mémoire).

Ektah a écrit:En tous cas, j'ai une grande tendresse pour Christopher Smith malgré quelques tics de mise en scène que je trouve agaçants. Je trouve que la virtuosité dont tu parles, et qui est bien réelle, est un peu trop visible.


Pour moi, il frôle effectivement la "démonstration" mais sans jamais basculer du mauvais côté, si je puis dire. Je ne vois pas la gratuité dans ses effets, ou rarement.
Le plan-séquence hallucinant de "Triangle" dont je parle dans l'émission, il a du sens, par exemple.

Ektah a écrit:"Creep" aussi est bon, mais il se trouve que le film cite très fortement une autre histoire du métro londonien, nommée "Death Line" (ou "Raw Meat" aux US) que je trouve tout à fait exceptionnelle.


Contrairement au Doc, je l'ai pas vu celui-là, mais ton appréciation fort élogieuse me donne envie de combler cette lacune. Je connaissais le film de réputation, mais je ne l'ai pas évoqué dans la chronique d'une part car je l'ai pas vu mais aussi parce que Smith a récusé cette influence ; il a plutôt évoqué l'influence de la séquence du métro du "Loup-Garou de Londres" de Landis, si mes souvenirs sont bons.

Ektah a écrit:Ah oui, aussi, tu évoquais au passage "Spaced" du trio Nick Frost/Simon Pegg/Edgar Wright. Pour moi, ça reste, encore à ce jour, leur chef d’œuvre.


Tu n'es pas le premier à en dire le plus grand bien ici (Lord en avait fait autant) ; là aussi, il va me falloir rattraper le coup...

Ektah a écrit:Wow. Ça fait très envie. Je trouve, qu'une fois de plus, ça fait un peu le lien avec nos discussions sur les à-cotés du folk horror (pareil pour "Essex County", d'ailleurs). En plus, il se trouve que ma famille, au 19ème siècle, était d'Ambialet (non loin de Mazamet). Du coup, je suis plus qu'intéressé par la découverte de l'esprit de ce lieu. Je vais me procurer ça au plus vite. Merci pour la découverte.


Oh si tu as des racines par là, ça devrait te parler, je le crois. Et tout le dernier tiers du livre est une pure merveille, plus connectée encore aux thématiques que nous évoquons là.


Ektah a écrit:En ce qui me concerne, je suis un peu coincé entre ces deux mondes (ce qui me va très bien). (...) Pendant toute mon enfance, j'ai eu cette dualité et je suis sûr que cela a grandement influé sur mon intérêt sur ces questions du rapport à la nature.


Je l'ai vécu de même, un peu à cheval entre deux "cultures". Environnement rural et culture "urbaine", c'est un cocktail intéressant au final.

Ektah a écrit:La grande réussite de "Bienvenue au Cottage" est le fait d'avoir compris que, si tu veux faire une comédie d'horreur, il ne faut pas faire des compromis entre l'humour et la terreur, mais, au contraire, pousser chaque aspect le plus loin possible. La méthode "Evil Dead", quoi.


Tout à fait, c'est le secret du travail de Raimi sur cette trilogie séminale.

Ektah a écrit:Dans un esprit similaire, on peut aussi nommer "I sell the dead", une comédie bien sympathique à propos de l'affaire Burke et Hare, que je vois un peu comme une variation plus ouvertement série B du film de John Landis sur la même histoire (même si la résonance entre ces deux films est potentiellement un hasard).


Encore un truc que je connais pas, je le note.
Et encore merci pour ces débriefs passionnants !!!

Avatar de Photonik

Marko a écrit:
Le moment où les origines respectives de Superman et Wundarr divergent est assez bien vu par rapport au contexte 50's est surtout assez drôle, lorsque l'équivalent de la mère Kent s'exclame en voyant le vaisseau "c'est peut-être des martiens ou pire des communistes !" :mrgreen: .



Il y a une autre divergence notable entre les origines de Superman et celles de Wundarr, qui appuie un peu plus sur l'ironie parfois cruelle dont Gerber était capable : les parents de Wundarr l'expédient dans l'espace pour le sauver de la destruction de sa planète, mais dans son cas sa planète n'explose pas ; son père s'était trompé dans ses calculs, en faisant une sort de Jor-El "raté"...

Avatar de Ektah

Le Doc a écrit:
Ektah a écrit:"Creep" aussi est bon, mais il se trouve que le film cite très fortement une autre histoire du métro londonien, nommée "Death Line" (ou "Raw Meat" aux US) que je trouve tout à fait exceptionnelle. Du coup, la comparaison ne se fait pas vraiment en la faveur de film de Smith (à mes yeux, en tous cas).


http://www.comics-sanctuary.com/forum/le-metro-de-la-mort-gary-sherman-t87826.html

:wink:


Décidément. Bon, oui, il va falloir que je libère un peu de temps pour aller explorer ce ciné-club. Bientôt... :)

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Avatar de Ektah

Le Doc a écrit:Quant à World War Z...disons que je préfère le livre...


Je n'ai pas vu le film mais le livre est effectivement recommandable. Du même auteur, Max Brooks (fils de Mel Brooks et Anne Bancroft, pour la petite histoire), je ne suis pas loin de préférer son "Guide de survie en territoire zombie".

Photonik a écrit:Et à propos de ça, il n'y a pas à ma connaissance de sujets interdits ici. Moi en tout cas j'aborde ce que je veux et j'ai l'impression que c'est le cas pour un peu tout le monde. J'accueille les débats philosophico-politiques comme les autres, pour peu que j'ai quelque chose à dire (Nemo, où diable es-tu donc passé, d'ailleurs ? :wink: ).
J'ai simplement l'impression que les intervenants n'ont pas forcément envie d'aller par là pour les échanges. Ce qui me vas très bien aussi.


Tout à fait, ma phrase n'était pas un appel à une forme de censure. C'était simplement un appel du pied pour dire que je suis conscient que ce genre de sujet peut très rapidement déraper sur le web et que, malgré le fait que je sois pour le fait d'en discuter, on peut envisager d'enterrer le sujet. Bon, il y aussi le fait que je ne suis là que depuis quelques semaines et que je prends quelques précautions lorsque je sais que je suis de m'approcher d'un terrain glissant.

Le fait que, ici, la discussion à propos de Romero se soit passé dans la cordialité la plus totale ne fait que prouver un peu plus que nous sommes entre gens de bonne compagnie. On dira juste que, si un tel sujet avait été lancé sur Fessebouc, dire que cela ne se serait pas passé de la sorte est l'euphémisme de l'année (ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas en discuter, juste penser à se préparer au shitstorm).

Et, si on n'en discute pas, ça me va très bien aussi.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Mais ce n'est pas inédit: si on considère le blues comme une forme particulière de musique folk (ce qui est mon cas), ce n'est pas différent de la transition vers l'électrique de Dylan, ou même de l'apparition du rock, dans une certaine mesure. Et, pour avoir passé beaucoup de temps dans cette communauté autour du "folk horror", on est nombreux à considérer des gens comme Donovan ou Crosby, Stills and Nash (surtout le premier album) comme des précurseurs du genre. Cette question du folk électrique et urbain est là depuis longtemps. Et l'indus-folk (ou indus tribal comme j'ai pu le voir parfois nommé) n'est que le dernier avatar de cette tradition, à mon avis.

Une autre de ses formes pourrait être, par exemple, ces groupes de métal ajoutant un aspect traditionnel à leur répertoire (Empyrium, Wolves in the Throne Room, Agalloch et tant d'autres...). Pour moi, c'est un peu le même état d'esprit qui préside à tous ces projets.



C'est marrant, cet échange me rappelle une citation du cinéaste et musicien F.J. Ossang, qui disait que les musiciens rock (ou de musiques amplifiées en général, pourrait-on dire) étaient en fait souvent des ruraux fraîchement débarqués en milieu urbain. D'après lui, la musique en question était le vecteur idéal pour esthétiser ou représenter ce qui frappe de sidération en premier un rural en ville : le vacarme. J'adhère assez à cette thèse.


Marrant. Ça a l'air d'être une thématique qui lui tient à cœur. J'ai eu la chance de le croiser dans le vidéo-club en bas de chez moi (Hors Circuits, le meilleur de Paris, en passant). Et, effectivement, en discutant de son travail pour le groupe punk "Lucrate Milk", cette comparaison faisait partie de son discours. Ça me semble très vrai aussi.

Il y a aussi le fait que, dans toutes les formes d'art "extrêmes" (à plus ou moins haut niveau, cela va de la série B d'horreur diffusée sur M6 à 3h du matin à la musique power electronics la plus abrasive), il y a quasiment toujours une histoire de retour du refoulé. Et cette notion a été, pendant très longtemps, liée, d'une, à la figure de l'étrange(r) et, de deux, à la nature sauvage, notamment forestière.

Mais j'ai le sentiment que toutes ces notions tournent un peu les unes autour des autres.

Au passage, on se demandait tantôt comment définir la notion de "Folk Horror". On s'est posé la même question sur le groupe fb, dans un soucis d'ouverture la plus large possible, et voici la conclusion à laquelle on est arrivé (au passage, il y a plein de très bonnes œuvres à découvrir dans cet article):

https://celluloidwickerman.com/2014/09/25/the-folk-horror-chain/

Photonik a écrit:Il suffit de voir que McKean a parfois pu faire par ailleurs avec Neil Gaiman : "Mr Punch", un travail un peu particulier du dessinateur avec le scénariste de "Sandman", atteste aussi clairement de la filiation (et certaines couvertures de "Sandman" aussi d'ailleurs).


Mr. Punch restant à ce jour le meilleur travail aussi bien de McKean que de Gaiman, à mon avis (parfaitement nuancé ;) )...

Photonik a écrit:
Le Doc a écrit:Le scénariste de Man-Thing est Hans Rodionoff. Steve Gerber n'a rien à voir avec le scénario du film.


Je te fais confiance ; ça m'apprendra à faire confiance à Wikipedia. :wink:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Man-Thing_(film)


Tiens, ça va être ma minute archiviste: très souvent, pour les crédits des films, les rédacteurs wikipedia se contentent de recopier les informations imdb en enlevant toutes les précisions de chaque rubrique. Ainsi, si un film est une adaptation d'une œuvre préexistante, l'auteur originel sera souvent indiqué comme scénariste sans aucune autre nuance. C'est comme ça que, pendant des années, Ingmar Bergman s'est retrouvé scénariste de "La dernière maison sur la gauche". Wikipedia est un outil formidable mais très souvent faillible.

Photonik a écrit:- Et en musique cette semaine, ce sera :
"All Your Waves", extrait de "Star Treatment" de Wovenhand, "Stranger", beau morceau de Goldfrapp issu de la BO du "Detour" sus-nommé, "Haunted Forever" des métalleux américains de Sumerlands, et on termine avec le planant "Walk Into The Broken Night", morceau envoûtant du duo canadien Orphx...!


Wovenhand, je connaissais de nom. Je l'avais placé dans la même case que 16 Horsepower, que je trouvais correct mais assez oubliable. Toutefois, ce morceau que tu as diffusé me semble considérablement plus solide (c'est marrant, il m'a penser... de loin, quand même... à une version plus americana de Fields of the Nephilim). Je vais sans doute explorer ça. Bonne surprise.

Goldfrapp, ça me fait un peu penser à une citation de Philippe Druillet: il expliquait, dans je ne sais plus quelle interview, qu'il aimait bien relire un album de Tintin parce que c'était la base, ne demandant pas trop d'implication du lecteur, mais avec un rapport direct aux émotions, parlant directement à nos aspects fondamentaux, enfantins, laissant un sentiment semblable à un retour à la maison après un long voyage (Joachim Du Bellay-style). C'est une sensation dont je suis assez friand et c'est un peu ce je ressent avec des gens comme Goldfrapp, Tori Amos ou les Beatles. Ça fait du bien.

Tiens, Sumerlands, on en revient à Fields of the Nephilim. Bien sympathique, aussi.

Orphx, ça m'a fait revenir 10 ans en arrière, dans les salles douteuses de la capitale, même si, comme tu le dis, ce morceau n'est pas vraiment représentatif du reste de leur discographie. Tout à fait réjouissant, aussi.

Je suis d'accord avec Le Doc. Une programmation musicale très solide, cette semaine (pas que ce soit inhabituel de ta part, hein ;) ).

Photonik a écrit:Pour le cinéma, on évoque le dernier film en date d'un réalisateur britannique, l'excellent Christopher Smith, à savoir "Detour", un polar tordu et surprenant.


Intéressant tout ça. Je dois bien avouer, à ma grande honte, que le film de Ulmer est dans ma pile de dvds à voir depuis des années.

En tous cas, j'ai une grande tendresse pour Christopher Smith malgré quelques tics de mise en scène que je trouve agaçants. Je trouve que la virtuosité dont tu parles, et qui est bien réelle, est un peu trop visible. La mise en scène, pour moi, est au service de la narration. Ce n'est pas forcément le cas chez lui, je trouve. Ce genre d'approche ne me dérange pas chez des gens comme De Palma, Greenaway ou Argento, car ils annoncent d'entrée de jeu le maniérisme de leur cinéma. C'est, pour moi, plus génant, dans l'approche plus "gritty", pseudo-réaliste de Smith. Toutefois, ce défaut n'est pas assez marqué pour être rédhibitoire, juste agaçant.
J'avais adoré "Black Death" et "Triangle". Je ne dirais pas que ce sont des plaisirs coupables mais il me semble que ce sont quand même des films qui ne sont pas aussi bons que l'idée que je m'en fais.
"Creep" aussi est bon, mais il se trouve que le film cite très fortement une autre histoire du métro londonien, nommée "Death Line" (ou "Raw Meat" aux US) que je trouve tout à fait exceptionnelle. Du coup, la comparaison ne se fait pas vraiment en la faveur de film de Smith (à mes yeux, en tous cas). Mais, bon, en soi, ça reste un simili-slasher très correct.
Sa mini-série "Labyrinth" à propos du Graal et des Cathares, et sa comédie de Noël (malgré mon attachement pour la carrière récente de Warwick Davis) me font très peur mais, bon, va savoir...

Ah oui, aussi, tu évoquais au passage "Spaced" du trio Nick Frost/Simon Pegg/Edgar Wright. Pour moi, ça reste, encore à ce jour, leur chef d’œuvre. C'est bien sûr hilarant mais l'aspect sentimental qui existe en sous-texte dans ses films a toute la place de s'exprimer dans le format série, et ça fait toute la différence. Pour tout te dire, j'ai versé ma larmichette lors du dernier épisode (mais je suis, dans le fond, une midinette).

Merci pour le salut, mec. Ça fait très plaisir. Tu peux utiliser mon vrai nom, Manu, si tu veux. Ça m'est égal.

Photonik a écrit:- Pour la littérature, on aborde le cas d'un primo-romancier, Simon Johannin, et de son roman "L'été des charognes", chronique rurale assez soufflante.


Wow. Ça fait très envie. Je trouve, qu'une fois de plus, ça fait un peu le lien avec nos discussions sur les à-cotés du folk horror (pareil pour "Essex County", d'ailleurs). En plus, il se trouve que ma famille, au 19ème siècle, était d'Ambialet (non loin de Mazamet). Du coup, je suis plus qu'intéressé par la découverte de l'esprit de ce lieu. Je vais me procurer ça au plus vite. Merci pour la découverte.

Tori a écrit:Très intéressant, comme d'habitude... Je note L'été des charognes dans un coin de ma tête : je sens que c'est un bouquin qui va me parler.
J'ai beau ne pas faire partie de tes auditeurs souletins, j'ai passé les vingt premières années de ma vie à la campagne, et à la montagne, quand j'allais chez mes grands-parents. Il y a forcément dans ce livre des situations qui m'en rappelleront d'autres que j'ai pu vivre.


En ce qui me concerne, je suis un peu coincé entre ces deux mondes (ce qui me va très bien). Aussi bien du coté de mon père que de ma mère, ils sont la première génération à sortir du milieu agricole: mon père est un généticien avec le caractère d'un berger de montagne et ma mère était une prof de français venant d'une lignée de vignerons. Et, même au niveau du lieu de vie, nous habitions dans les collines provençales, au milieu des chèvres et des sangliers, mais toujours à moins d'une heure de route de Marseille. Pendant toute mon enfance, j'ai eu cette dualité et je suis sûr que cela a grandement influé sur mon intérêt sur ces questions du rapport à la nature. Et, oui, cette idée de la cruauté envers les animaux a une certaine résonance avec mon enfance.

Le Doc a écrit:Et le chef-op' du film est Christopher Ross, qui a notamment travaillé sur la très chouette comédie horrifique Bienvenue au Cottage avec Andy Serkis et le suspense Eden Lake de James Watkins avec Michael Fassbender.


Deux très bonnes références. On peut noter également dans "Bienvenue au cottage" la présence de Reece Shearsmith qui est tranquillement en train de devenir un de mes acteurs de comédie anglaise préféré pour son travail dans "Inside n°9", "Psychoville" et surtout "La ligue des gentlemen". La grande réussite de "Bienvenue au Cottage" est le fait d'avoir compris que, si tu veux faire une comédie d'horreur, il ne faut pas faire des compromis entre l'humour et la terreur, mais, au contraire, pousser chaque aspect le plus loin possible. La méthode "Evil Dead", quoi.

Dans un esprit similaire, on peut aussi nommer "I sell the dead", une comédie bien sympathique à propos de l'affaire Burke et Hare, que je vois un peu comme une variation plus ouvertement série B du film de John Landis sur la même histoire (même si la résonance entre ces deux films est potentiellement un hasard).

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Photonik a écrit:Mon premier contact avec son travail, très jeune, m'a beaucoup marqué. C'était dans un vieux Strange Special Origines (chez Lug, donc), qui reprenait l'épisode de "Adventures Into Fear" où Man-Thing rencontre Wundarr, le futur Aquarian, en un pastiche éminemment Gerberien des origines de Superman (ce que je n'avais pas compris à ma première lecture..!).


Le moment où les origines respectives de Superman et Wundarr divergent est assez bien vu par rapport au contexte 50's est surtout assez drôle, lorsque l'équivalent de la mère Kent s'exclame en voyant le vaisseau "c'est peut-être des martiens ou pire des communistes !" :mrgreen: .
Dans une veine un peu plus sociale, j'aime beaucoup l'épisode où les rescapés d'un accident de la route doivent collaborer malgré leurs opinions radicalement opposées.

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Tori a écrit:Très intéressant, comme d'habitude...


Merci beaucoup !!! :wink:

Tori a écrit:Je note L'été des charognes dans un coin de ma tête : je sens que c'est un bouquin qui va me parler.
J'ai beau ne pas faire partie de tes auditeurs souletins, j'ai passé les vingt premières années de ma vie à la campagne, et à la montagne, quand j'allais chez mes grands-parents. Il y a forcément dans ce livre des situations qui m'en rappelleront d'autres que j'ai pu vivre.



J'en suis persuadé.
J'ai moi aussi grandi à la campagne (mon frère est d'ailleurs exploitant agricole en zone montagne), et je me suis complètement retrouvé moi aussi dans ce rapport si particulier qu'entretiennent les enfants à un environnement rural ; c'est à la fois âpre et totalement merveilleux... comme le roman de Johannin, qui exprime ce sentiment à merveille.

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Très intéressant, comme d'habitude... Je note L'été des charognes dans un coin de ma tête : je sens que c'est un bouquin qui va me parler.
J'ai beau ne pas faire partie de tes auditeurs souletins, j'ai passé les vingt premières années de ma vie à la campagne, et à la montagne, quand j'allais chez mes grands-parents. Il y a forcément dans ce livre des situations qui m'en rappelleront d'autres que j'ai pu vivre.

Tori.

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Le Doc a écrit: Creep est un très bon film d'horreur, très efficace. Severance est un peu moins maîtrisé, mais il est tout de même pas mal du tout.


Oui, c'est tout à fait ça pour le côté "maîtrise", à tel point que le spectateur mal informé pourrait penser que "Severance" est son premier film et "Creep" le second, de ce point de vue-là.
"Triangle" non seulement supporte mais même appelle plusieurs visions, en effet. Il claque quand même le beignet à la première vision comme tu l'as remarqué, mais certaines subtilités (tant sur le plan scénaristique que sur celui de la mise en scène) sont un peu plus longues à débusquer que d'autres. C'est pour moi son meilleur film.

Le Doc a écrit:Au fait, c'est bien vu : Detour ne sortira pas sur grand écran en France, il passera directement par la case DVD le mois prochain.


J'en étais sûr, merde !! Pourtant le film aurait claqué sur grand écran, pas de doutes...

Le Doc a écrit:Et le chef-op' du film est Christopher Ross, qui a notamment travaillé sur la très chouette comédie horrifique Bienvenue au Cottage avec Andy Serkis et le suspense Eden Lake de James Watkins avec Michael Fassbender.


Christopher Ross, je le note. Un travail très impressionnant ici ; ça ne m'avait pas autant frappé sur les autres titres que tu cites.

Le Doc a écrit:Que du très, très bon dans cette playlist ! Et comme souvent dans ces cas-là, je recherche des titres ensuite sur YouTube pour en écouter plus... :wink:


Ah, ravi que ça t'ait plu ; oui, je suis très content de la sélection musicale de la semaine, je trouve qu'elle claque bien. Il y a beaucoup de choses ici que j'ai découvert assez récemment (surtout Sumerlands et Orphx) mais que je sens que je vais creuser...

Et encore merci pour ton assiduité !!!! :wink:

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque le dernier film en date d'un réalisateur britannique, l'excellent Christopher Smith, à savoir "Detour", un polar tordu et surprenant.


Comme toi, j'apprécie le cinéma de Christopher Smith. Je n'ai pour l'instant vu chaque film qu'une seule fois (sauf sa comédie de Noël, je déteste ça) et je les ai tous bien en mémoire. Creep est un très bon film d'horreur, très efficace. Severance est un peu moins maîtrisé, mais il est tout de même pas mal du tout.
Triangle est sacrément bluffant...je ne suis pas sûr d'avoir tout saisi et il demande très certainement, comme tu le soulignes, une seconde vision, mais il est sacrément vertigineux. Et j'ai bien aimé son rugueux Black Death.
Du coup, je ne manquerai pas de regarder ce Detour (je suis aussi très fan du film noir de Edgar G. Ullmer). Ce que tu en dis est très intéressant et intrigant...
Au fait, c'est bien vu : Detour ne sortira pas sur grand écran en France, il passera directement par la case DVD le mois prochain.
Et le chef-op' du film est Christopher Ross, qui a notamment travaillé sur la très chouette comédie horrifique Bienvenue au Cottage avec Andy Serkis et le suspense Eden Lake de James Watkins avec Michael Fassbender.

- Pour la littérature, on aborde le cas d'un primo-romancier, Simon Johannin, et de son roman "L'été des charognes", chronique rurale assez soufflante.


Bon là j'avoue que ce genre de récit n'est vraiment pas ma came...

- Pour la rubrique BD, c'est l'un des derniers travaux du scénariste Jeff Lemire, associé au dessinateur Dustin Nguyen, dont on cause, avec le space-opera robotique "Descender".


Ca, c'est nettement plus ma came, mais je ne l'ai pas encore lu...


- Et en musique cette semaine, ce sera :
"All Your Waves", extrait de "Star Treatment" de Wovenhand, "Stranger", beau morceau de Goldfrapp issu de la BO du "Detour" sus-nommé, "Haunted Forever" des métalleux américains de Sumerlands, et on termine avec le planant "Walk Into The Broken Night", morceau envoûtant du duo canadien Orphx...!


Que du très, très bon dans cette playlist ! Et comme souvent dans ces cas-là, je recherche des titres ensuite sur YouTube pour en écouter plus... :wink:

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Rien que je connaisse... Tant mieux : ça me fera découvrir des trucs !

Tori.