TUMATXA ! - EPISODE 14 : Effacement du contact avec les fils de la Taupe !

 

Dernière émission avant la petite pause rituelle pour les vacances de février...


Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.

- Pour la BD, c'est un monument de la contre-culture que nous abordons, puisqu'à l'évocation du premier tome des "Fils d'El Topo" signé Jodorowsky et Ladrönn, nous parlerons du parcours du plus mystique des pistoleros.

- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.

- Et en musique cette semaine, ce sera : 
"In The Cage", extrait de "The Lamb Lies Down On Broadway" de Genesis, "Witching Hour", morceau trippant d'Electric Dragon issu de l'album "Covenant", "La Muerte es un Nacimiento", extrait de la BO de "El Topo" signée Jodorowsky et John Barham, et on termine avec le surpuissant "Champions Of Disturbance part I and II", nouvel extrait du dernier disque en date de Crippled Black Phoenix..! 


"I'm drowning in a liquid fear
Bottled in a strong compression,
My distortion shows obsession
In the cave
Get me out of this cave !" 




Tumatxa est l'émission de radio qu'anime le chroniqueur Photonik chaque semaine depuis une dizaine d'années sur la radio bascophone Xiberoko Botza (la voix de la Soule). Il y cause musique, cinéma (beaucoup), littérature, BD ou philo, parfois en solo, souvent avec son acolyte ; l'excellent Thomas.

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par Photonik

Cinéma, musique (rock), B.D. et littérature (S.F., philo, classiques...)

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158 commentaires

Avatar de Ektah

Tori a écrit:Pas vraiment des sentai (les sentai sont des escadrons de combat), mais je comprends ce que tu veux dire... Des tokusatsu, en fait ("films/séries à effets spéciaux") : le terme recouvre les sentai (équipes de combattants, comme Bioman), les henshin heroes ou metal heroes (comme Ultraman ou X-Or), les kaiju et d'autres trucs comme Kamen Rider.


Ah oui, tu as raison. Comme je disais, j'ai beau être intéressé par ces formes de culture japonaise, mes connaissances sont limitées sur ce plan (enfin, elles sont surtout très spécialisées, en fait). Tant de choses à explorer...

Tori a écrit:Je t'en prie, j'espère que ça te plaira...


C'est probable. Merci, en tous cas.

Avatar de Tori

Ektah a écrit:En fait, j'ai été frappé, dans les BA en tous cas, par à quel point ces films sont des sentai dont la logique aurait été poussée jusqu'au bout.

Pas vraiment des sentai (les sentai sont des escadrons de combat), mais je comprends ce que tu veux dire... Des tokusatsu, en fait ("films/séries à effets spéciaux") : le terme recouvre les sentai (équipes de combattants, comme Bioman), les henshin heroes ou metal heroes (comme Ultraman ou X-Or), les kaiju et d'autres trucs comme Kamen Rider.

Du coup, je suis sûr que je trouverai cela très fun pendant un moment mais lassant après 2-3 films.

C'est vrai qu'en les regardant à la suite, c'est assez répétitif, mais ça permet de mieux voir des motifs s'en détacher.

Merci pour les conseils, en tous cas.

Je t'en prie, j'espère que ça te plaira...

Tori.

Avatar de Ektah

Tori a écrit:Tout dépend de tes goûts en la matière (et je n'ai pas encore vu les trois derniers de la liste : Deadball, Zombie Ass et Dead Sushi), mais il me semble qu'avec Machine Girl, Tokyo Gore Police, Helldriver et Vampire Girl vs. Frankenstein Girl (qui se prend moins au sérieux que les trois autres, mais se moque des clubs en tout genre qu'il y a dans les établissements scolaires... Ici, il y a un club "wrist cut" !), on a un beau panel... On pourrait y ajouter Robogeisha, dont la bande-annonce est, déjà, tout un programme...

(...)

Tori.
PS : Je n'ai pas le son... J'espère que les liens que j'ai mis ne sont pas n'importe quoi... ~___^


Oui, les liens sont bons.

Et, après visionnage, cela ressemble à une bonne sélection.

En fait, j'ai été frappé, dans les BA en tous cas, par à quel point ces films sont des sentai dont la logique aurait été poussée jusqu'au bout. J'imagine que je suis en train d'énoncer une évidence mais c'est une découverte pour moi.

Du coup, je suis sûr que je trouverai cela très fun pendant un moment mais lassant après 2-3 films. Je vais sans doute m'envoyer "Robogeisha", "Helldriver" et "Vampire Girl vs. Frankenstein Girl", du coup.

Merci pour les conseils, en tous cas.

Avatar de Tori

Ektah a écrit:Si je ne devais voir que 3-4 films, tu conseillerais plutôt lesquels ?

Tout dépend de tes goûts en la matière (et je n'ai pas encore vu les trois derniers de la liste : Deadball, Zombie Ass et Dead Sushi), mais il me semble qu'avec Machine Girl, Tokyo Gore Police, Helldriver et Vampire Girl vs. Frankenstein Girl (qui se prend moins au sérieux que les trois autres, mais se moque des clubs en tout genre qu'il y a dans les établissements scolaires... Ici, il y a un club "wrist cut" !), on a un beau panel... On pourrait y ajouter Robogeisha, dont la bande-annonce est, déjà, tout un programme...

Les BA :
The Machine girl :
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=BvtoaOXgPsU[/youtube]
http://www.youtube.com/watch?v=BvtoaOXgPsU

Tokyo gore police :
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=azz-n35cXos[/youtube]
http://www.youtube.com/watch?v=azz-n35cXos

Helldriver :
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=QPCY5YCE6So[/youtube]
http://www.youtube.com/watch?v=QPCY5YCE6So

Vampire girl vs Franenstein girl :
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=5z_QIMb6NGc[/youtube]
http://www.youtube.com/watch?v=5z_QIMb6NGc

RoboGeisha :
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=1yaGofpJRok[/youtube]
http://www.youtube.com/watch?v=1yaGofpJRok

Tori.
PS : Je n'ai pas le son... J'espère que les liens que j'ai mis ne sont pas n'importe quoi... ~___^

Avatar de Ektah

Tori a écrit:Il s'agit, en tout cas, plus de J-gore que de J-horror, finalement (Sauf Tomie, qui joue plus sur l'ambiance que sur le visuel). Pour la majorité d'entre eux, on est dans le grotesque (mais c'est plutôt fun et sans complexe).


Effectivement, vu de l'extérieur, je me fais plutôt l'idée de comédies gore transgressives. C'est bien sympathique, en tous cas.

Si je ne devais voir que 3-4 films, tu conseillerais plutôt lesquels ?

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:C'est une thématique qui me taraude en ce moment ; la question des rapports entre résurgence des thématiques paganistes (au sens large) et clivages politiques "traditionnels" est complexe mais passionnante, en effet. Par exemple, je ne sais pas si l'on peut dire que l'écologie est ontologiquement de gauche.

Certains éléments peuvent le laisser penser, mais je remarque que de nombreux penseurs de droite voire d'extrême-droite récupèrent actuellement à leur compte ces thématiques en précisant que la pensée écologique était intrinsèquement un réflexe "conservateur", donc fondamentalement de droite. Je n'arrive pas à leur donner totalement tort, dans l'absolu.


Alors, mon point de vue sur cette question est que tu as raison: à un niveau fondamental, l'écologie n'est pas nécessairement de gauche. Basiquement, elle ne concerne que la conservation des ressources naturelles. Dans le fond, ce n'est même pas une affaire politique, en fait.

Ceci étant dit, dans la situation actuelle, et selon les définitions que la droite et la gauche ont prises, la question centrale de l'écologie dont toutes les autres découlent, est celle de la décroissance, de perdre des habitudes humaines qui ne sont pas viables sur le long (et même le moyen) terme. Et cela me semble fort peu réaliste d'espérer le faire sans heurter l'économie du pays. C'était la thèse de "l'écologie au-delà de la gauche et de la droite" de Corinne Lepage dans le gouvernement Juppé, mais je ne pense pas que ce projet ait eu la moindre chance d'aboutir. L'économie mondiale est trop consubstantielle à la sur-utilisation des ressources naturelles. Donc, à mon avis, l'écologie (telle qu'elle doit être pratiquée à l'heure actuelle si on veut espérer des résultats) se doit de s'opposer au modèle économique courant, ce qui la placerait à gauche. Mais cette allégeance ne dépend que du fait que la droite moderne se définit en très grande partie par la défense des intérêts économiques. Je ne suis pas persuadé, qu'à un niveau fondamental, la droite se définisse ainsi. Mais c'est clairement le modèle actuel. Tant que ce sera le cas, je pense que, oui, l'écologie s'opposera aux valeurs de la droite. À un niveau ontologique, ce n'est pas si clair.

Mais, là, je parle surtout de la droite dite "traditionnelle". L'extrême-droite, elle, de manière assez étrange, notamment par son intérêt pour le localisme, se marie effectivement mieux avec les idées écologistes. En particulier aujourd'hui où Marine Le Pen demande un rapprochement avec les électeurs de la France Insoumise, notamment sur la question de l'hostilité à l'UE. Mais justement, l'Europe est un point de dissension chez les écologistes (et j'inclus les Insoumis dans le lot) entre ceux qui voient l'Europe comme l'outil qu'on peut utiliser pour appliquer des directives décroissantes (sur le modèle du protocole de Kyoto ou de la COP21, par exemple) et ceux qui voient Bruxelles comme une des têtes de l'hydre capitaliste qui est la cause de la destruction des ressources naturelles. Ce sont ces derniers qui peuvent se laisser tenter par un rapprochement avec le FN.

Bon, ceci étant dit, je pense que le fait que le ministère soit passé, il y a quelques jours, de Ségolène Royal à Nicolas Hulot va sans doute changer des choses, y compris dans l'échiquier politique et dans la perception que tout le monde a de cette question. Donc, à voir ce que cela va donner mais je ne serais pas surpris que l'extrême-droite laisse tomber ses prétentions écologistes.

Mais, à un niveau fondamental, je crois effectivement que l'ultra-nationalisme peut se marier avec la préservation de la planète. Ça ne m'étonne pas plus que ça que des fanatiques de l'écologie (je parle là des franges les plus sectaires de ces mouvements) puissent envisager un rapprochement de ce type-là. Après, c'est vrai que je pense qu'il n'y pas une seule idée sur cette terre qui ne puisse donner naissance à un radicalisme absolu (quelque soit la valeur du principe en question) et que les fanatismes ont tendance à s'attirer entre eux (enfin, en général, hein: il faut nuancer cette déclaration au cas par cas).

Photonik a écrit:J'ai déjà signalé ma participation à la revue souletine "Hau" : c'est l'un de nos sujets de réflexion. Nous avions notamment invité le philosophe Aurélien Berlan (très actif près de la ZAD de Sivens notamment) pour organiser un débat sur le dépassement de l'alternative réaction/progrès... C'est passionnant, complexe mais nécessaire, je crois ; en ces temps de pseudo-recomposition politique (la bonne blague), voilà je crois le véritable paradigme à redéfinir.


Oui, je suis assez d'accord avec ça. Mais je ne vois pas encore quel pourrait être le nouveau modèle. Mais on en prend le chemin, je l'espère. C'est passionnant, et ce n'est pas trop tôt.

Photonik a écrit:J'ignorais totalement l'existence d'un tel ouvrage ; ça se dégote facilement ? ça m'intéresse au plus haut point, comme tu t'en doutes.


Oui, il vient de sortir (il y a un mois ou deux, je dirais). Et ils ont fait un effort au niveau de la distribution: il est trouvable partout. Il est sur Amazon et eBay et si tu cherches le titre, "Folk Horror: Hours Dreadful and Things Strange", sur un moteur de recherche, il y a un paquet de librairies qui le vendent en ligne.

Photonik a écrit:Je ne connais pas le film de Mocky, mais j'aime beaucoup celui de Kumel, qui se fait pourtant régulièrement tailler ici ou là (trop lent, soporifique, etc...). Kumel a probablement fait mieux avec les "Les Lèvres Rouges" ceci dit (je ne connais que ces deux films-là dans sa filmo).


Je n'ai pas vu le Mocky mais, dans un genre pas si éloigné, il avait aussi fait "Litan: la cité des spectres verts", que j'aime bien, donc j'ai le sentiment que ça pourrait peut-être valoir le coup.

Pour ce qui est de la comparaison avec les "Lèvres Rouges", je suis d'accord avec toi pour dire que c'est le meilleur film des deux mais je trouve justement que son "Malpertuis" est souvent injustement oublié. Après, vu la lenteur, oui, il faut aimer ce genre. Disons que je le conseillerai aux fans de Jean Rollin (qui sont légion sur le net).

Photonik a écrit:Je ne connais pas cette "école", mais à brûle-pourpoint je dirais que Ray a quand même un pied plus franchement arrimé dans l'horreur pure. Il n'écrit pas que ça, mais quand il le fait il produit des choses très fortes en la matière.


Oui, mais justement, cette "école", pour moi, se marie parfaitement avec l'horreur. Et, d'ailleurs, il n'est pas rare que des artistes passent facilement de l'un à l'autre ou même se situent dans l'entre-deux (comme pour les courts-métrages de Raoul Servais, par exemple). Basiquement, c'est un peu dur pour moi de le définir vu que je ne connais pas si bien que ça ce mouvement mais je dirais qu'il se définit comme un glissement entre un réalisme magique (pas très éloigné de celui de Prévert, d'ailleurs), à base de ruelles portuaires, de tavernes délabrées, ou de maisons de passe décadentes, vers un surréalisme (sous l'influence de Matisse, bien sûr) inquiétant, voir horrifique, proche d'une féérie sombre, satanique. Par exemple, dans sa forme la plus horrifique, je peux placer sans problème "Calvaire" dans cette lignée-là. Et donc "Malpertuis" également.

Bon, bien sûr, ce que je viens de décrire peut s'appliquer à des milliers d’œuvres, à travers le monde (en France, Claude Seignolle n'est pas loin): l'horreur, comme tous les genres artistiques, à tendance à tourner sans arrêt autour des mêmes obsessions. Mais il y a, à mon sens, une ambiance qui est propre à ce mouvement belge (j'aurais du mal à la décrire, par contre).

Photonik a écrit:Un bémol néanmoins : le style, très fleuri voire ampoulé (c'est voulu de la part de Ray, notamment l'emploi de termes volontairement désuets). Moi je suis plutôt client, mais je me souviens d'une remarque que tu avais faite sur un extrait de Thomas Ligotti que j'avais lu à l'antenne ; tu trouvais ça un peu "ampoulé". Or, à côté de Jean Ray, Ligotti c'est Christine Angot. :wink:


Bon, à voir... Mais c'est en grande partie une question de contexte: si je lis un roman gothique (ce qui est quand même plus ou moins le cas chez Jean Ray, il me semble, dans une certaine mesure), ma perception sera différente que dans le cas d'un essai nihiliste. En gros, c'est très subjectif, cette affaire. Ce n'est pas forcément la peine de chercher une logique. Et puis, bon, j'ai bien aimé Ligotti, quand même, malgré le style pesant.

Photonik a écrit:Il me semblait nécessaire d'évoquer cet "éparpillement" caractéristique de ses textes (et qui s'explique aussi par l'origine des textes, très diverse), mais j'espère ne pas avoir donner l'impression que c'est un si gros écueil que ça...


Non non, ça va. Ton intérêt était quand même plus que visible. C'est juste une bonne chose de pointer ce qui pourra être un défaut pour certains.

Photonik a écrit:C'est à mon programme, incessamment sous peu. Mais on parlera ici de J-Horror avant ça (indice : ça concerne Junji Ito, justement).


Un épisode sur Noboru Iguchi ou Higuchinsky ?

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Oh tiens, ma sonnerie de portable...


HA HA HA !! Très drôle, ça. :wink:
Un peu salaud, mais objectivement très drôle.


Hé hé. En fait, je disais que je disais ça car ma sonnerie de portable est littéralement un extrait de la BO de Hellraiser par Coil. Pas le morceau que tu as passé, un autre, mais j'ai jugé que c'était suffisamment proche.

Ceci étant dit, l’ambiguïté me convient parfaitement car, de manière plutôt sarcastique, certes, je trouve qu'il y a bel et bien un petit coté "sonnerie de téléphone" dans la musique de Coil. Cela ne change rien au fait que c'était de grands artistes, d'ailleurs.

Avatar de Tori

Ektah a écrit:
Tori a écrit: J'avais deux/trois trucs à dire sur la J-horror, mais j'y reviendrai quand j'aurai fini de me refaire le cycle que je suis en train de me faire : je viens de trouver d'occasion le coffret "Sushi Typhoon", et j'en suis à la moitié : j'ai vu sept des quatorze films (Death Trance, Machine Girl, Tokyo Gore Police, RoboGeisha, Samurai Princess, Vampire Girl vs. Frankenstein Girl, Helldriver, Gothic & Lolita Psycho, Karate Robo-Zaborgar, Tomie : Unlimited, Yakuza Weapon, Deadball, Zombie Ass et Dead Sushi) qu'il contient...


Oui, d'ailleurs, je suis curieux d'avoir ton avis sur ces péloches. Je dois avouer à ma grande honte que je n'en ai pas vu un seul, malgré un certain intérêt pour la démarche. À voir bientôt dans le ciné-club, j'imagine...

Je n'ai pas le talent du Doc pour rédiger des articles sur ces films...
Et, dans cette sélection, il y a des films qui font un peu tache (enfin, tache de propre, en l'occurrence, comme Zaborgar).
Il s'agit, en tout cas, plus de J-gore que de J-horror, finalement (Sauf Tomie, qui joue plus sur l'ambiance que sur le visuel). Pour la majorité d'entre eux, on est dans le grotesque (mais c'est plutôt fun et sans complexe).

Tori.

Avatar de Ektah

Tori a écrit: J'avais deux/trois trucs à dire sur la J-horror, mais j'y reviendrai quand j'aurai fini de me refaire le cycle que je suis en train de me faire : je viens de trouver d'occasion le coffret "Sushi Typhoon", et j'en suis à la moitié : j'ai vu sept des quatorze films (Death Trance, Machine Girl, Tokyo Gore Police, RoboGeisha, Samurai Princess, Vampire Girl vs. Frankenstein Girl, Helldriver, Gothic & Lolita Psycho, Karate Robo-Zaborgar, Tomie : Unlimited, Yakuza Weapon, Deadball, Zombie Ass et Dead Sushi) qu'il contient...


Oui, d'ailleurs, je suis curieux d'avoir ton avis sur ces péloches. Je dois avouer à ma grande honte que je n'en ai pas vu un seul, malgré un certain intérêt pour la démarche. À voir bientôt dans le ciné-club, j'imagine...

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:De retour. Il est temps de répondre aux messages en attente.



Welcome back !! :wink:

Ektah a écrit:Marrant, ce beat dansant m'a immédiatement fait penser à Michael Jackson, version 8-bit (c'est probablement l'aspect un peu funk dont tu parlais). Une filiation inattendue mais qui est finalement très cohérente avec l'ambiance "VHS poussiéreuse sur les rayonnages d'un vidéo-club de campagne" de la synthwave.



Absolument, il semble qu'il y ait une cohérence entre l'évocation des péloches de genre des eighties et le recours à certaines sonorités typiques de ce temps. A la petite différence près que les productions, sur le strict plan de la qualité du son, sont devenues assez énormes dans l'intervalle...
Franchement, toute cette scène synthwave m'emballe vraiment ; il faudra juste que ceux qui y contribuent veillent à ne pas générer trop vite leurs propres clichés (certains sont déjà au bord de ça, quand même), ce qui est toujours un danger quand une scène adopte des codes visuels et soniques aussi typés.

Ektah a écrit:Bon, je viens de commander le blu-ray (avec des sous-titres anglais). Je le regarde dès que je le reçois et on reparle.


J'ai hâte.

Ektah a écrit:En tous cas, c'est certain que cette question du rapport entre politiques réactionnaires et paganisme est terriblement d'actualité, malheureusement (...).



C'est une thématique qui me taraude en ce moment ; la question des rapports entre résurgence des thématiques paganistes (au sens large) et clivages politiques "traditionnels" est complexe mais passionnante, en effet. Par exemple, je ne sais pas si l'on peut dire que l'écologie est ontologiquement de gauche. Certains éléments peuvent le laisser penser, mais je remarque que de nombreux penseurs de droite voire d'extrême-droite récupèrent actuellement à leur compte ces thématiques en précisant que la pensée écologique était intrinsèquement un réflexe "conservateur", donc fondamentalement de droite. Je n'arrive pas à leur donner totalement tort, dans l'absolu.
J'ai déjà signalé ma participation à la revue souletine "Hau" : c'est l'un de nos sujets de réflexion. Nous avions notamment invité le philosophe Aurélien Berlan (très actif près de la ZAD de Sivens notamment) pour organiser un débat sur le dépassement de l'alternative réaction/progrès... C'est passionnant, complexe mais nécessaire, je crois ; en ces temps de pseudo-recomposition politique (la bonne blague), voilà je crois le véritable paradigme à redéfinir.

Ektah a écrit:Par contre, tu as fait une petite erreur dans le nom de la série de programmes dont "Penda's Fen" est issue. Il s'agit de "Play for today", et non "tonight".



Holà, merci pour le rectificatif. J'étais pourtant sûr de mon coup sur le moment. :wink:

Ektah a écrit:Et il y a eu d'autres épisodes de la série se rapprochant du Folk Horror: "Robin Redbreast", qui a une réputation presque aussi bonne que celle de "Penda's Fen". Plus "Red Shift" et "A photograph" qui, sans atteindre les sommets des deux autres, restent à priori de très bonne tenue.



Hummm, "Robin Redbreast", je vais regarder ça de près...

Ektah a écrit:Au passage, sur la question du Folk Horror, je viens de recevoir le livre "Folk Horror: Hours Dreadful and Things Strange", par Adam Scovell, le rédacteur du blog "Celluloid Wicker Man". Je pense qu'on tient là le livre-somme sur cette question (et notamment les similitudes entre cette culture, la psychogéographie et l'hantologie).



J'ignorais totalement l'existence d'un tel ouvrage ; ça se dégote facilement ? ça m'intéresse au plus haut point, comme tu t'en doutes.

Ektah a écrit:(en fait, l'idée vient de me germer en tête que je serais probablement la bonne personne pour faire cette traduction... à voir).



Tu sais ce qu'il te reste à faire... :wink:

Ektah a écrit:Je ne connais pas vraiment l’œuvre de Jean Ray. En fait, l'approche que j'en ai passe surtout par les adaptations cinématographiques de ses textes: "La cité de l'indicible peur" de Mocky et "Malpertuis" du pataphysicien belge Harry Kumel (avec Orson Welles dans un rôle surprenant).



Je ne connais pas le film de Mocky, mais j'aime beaucoup celui de Kumel, qui se fait pourtant régulièrement tailler ici ou là (trop lent, soporifique, etc...). Kumel a probablement fait mieux avec les "Les Lèvres Rouges" ceci dit (je ne connais que ces deux films-là dans sa filmo).

Ektah a écrit:J'aurais plutôt tendance à le placer justement dans cette tradition de la fantasmagorie belge, de Michel de Ghelderode à Schuiten/Peeters (pour n'en citer que quelques-uns).



Je ne connais pas cette "école", mais à brûle-pourpoint je dirais que Ray a quand même un pied plus franchement arrimé dans l'horreur pure. Il n'écrit pas que ça, mais quand il le fait il produit des choses très fortes en la matière.

Ektah a écrit:Bon, bien sûr, les filiations ne sont pas exclusives: le fait de se placer dans cette tradition belge ne détruit nullement le lien avec Poe qui est effectivement pertinent.



Elle me semble inévitable, oui, tant pour l'ancrage simultanée dans plusieurs genres "cousins" que pour le style, ciselé mais soucieux d'une certaine unité d'effet, et donc d'une efficacité certaine...

Ektah a écrit:Donc, tout ce que tu dis à son sujet a l'air fort goûtu. Il va falloir que je creuse la question.


Un bémol néanmoins : le style, très fleuri voire ampoulé (c'est voulu de la part de Ray, notamment l'emploi de termes volontairement désuets). Moi je suis plutôt client, mais je me souviens d'une remarque que tu avais faite sur un extrait de Thomas Ligotti que j'avais lu à l'antenne ; tu trouvais ça un peu "ampoulé". Or, à côté de Jean Ray, Ligotti c'est Christine Angot. :wink:

Ektah a écrit:De Guy Astic, j'avais lu les deux livres sur David Lynch, avec grand intérêt. Et j'avais effectivement perçu l'éparpillement dont tu parles mais il se trouve que j'apprécie cette façon d'écrire. Disons, qu'à mon sens, on perd en rigueur d'analyse ce que l'on gagne en puissance d'évocation, ce qui, dans le cas d'artistes aussi subjectifs que Lynch, Barker ou Cronenberg ne me semble pas être une mauvaise façon de procéder.



Oui, je suis en phase avec ta façon de présenter sa démarche, c'est ce que j'ai ressenti à la lecture (durant laquelle on n'a qu'une envie, c'est d'aller se dénicher toute affaire cessante ce qu'on n'a pas encore découvert dans le lot ; c'est signe que son but est atteint). Il me semblait nécessaire d'évoquer cet "éparpillement" caractéristique de ses textes (et qui s'explique aussi par l'origine des textes, très diverse), mais j'espère ne pas avoir donner l'impression que c'est un si gros écueil que ça...

Ektah a écrit:En tous cas, après ta présentation, la pensée qui m'est venue est le fait qu'il ne manque que peu de monde dans cette histoire de l'art horrifique, notamment cinématographique, ce qui est impressionnant à l'échelle de deux ouvrages relativement courts.



Il manque effectivement très peu de "grands" noms. Lovecraft est très peu présent, c'est à relever, mais je ne suis pas sûr qu'Astic en soit si friand, en fait.

Ektah a écrit:À ce sujet, je ne résiste pas à la tentation de vous signaler l'existence de cette vidéo de la rencontre entre Clive Barker, Ramsey Campbell (probablement le meilleur des continuateurs de la mythologie lovecraftienne), Lisa Tuttle (auteur de sf/fantasy/horreur féministe), Pete Atkins (scénariste du sous-estimé Hellraiser 2), Roger Corman et John Carpenter. Ils y discutent de leurs conceptions personnelles de l'horreur. C'est là que j'ai commencé à voir la qualité de l'imaginaire de Barker (et de Corman aussi, au passage):

https://www.youtube.com/watch?v=-tqL2nzrcTg


Ah c'est rigolo ça, je l'ai justement découvertes en parallèle de ma lecture des livres d'Astic, cette vidéo... Très intéressant ; j'ai été surpris par Corman, moi aussi.

Ektah a écrit:- Tiens, c'est marrant, cette histoire de l'écorchement comme forme ultime du strip-tease. Ça me rappelle ce clip de Robbie Williams, "Rock DJ", pour lequel Grant Morrison avait exprimé sa grande admiration en disant (de tête) que Williams avait accompli dans les quatre minutes de vidéo ce qu'il avait tenté de faire pendant toute sa carrière. Bon, il y a probablement une dose de provocation de la part de l'écossais, quand même...


Morrison est très peu objectif sur le cas de Robbie Williams, ils sont très potes en fait (et ont même collaboré le temps de la conception d'un disque de Williams). Morrison a souvent dit que cette relation avec Williams l'intéressait car c'est la seule véritable mégastar qu'il lui arrive de côtoyer...

Ektah a écrit:- Jigoku: Ah oui, je l'ai vu celui-là, à l'étrange festival. Si je me souviens bien, c'est une péloche très recommandable surtout pour son articulation entre un deuxième acte filmé de manière très naturaliste, autour d'une famille traditionnelle japonaise (on n'est quand même pas chez Ozu, mais pas loin...) et un troisième, en enfer donc, totalement baroque, avec un décor volontairement proche d'une scène théâtrale, qui m'a fait penser à certaines adaptations filmiques d'Edogawa Ranpo comme "La bête aveugle". Un film très intéressant.


C'est à mon programme, incessamment sous peu. Mais on parlera ici de J-Horror avant ça (indice : ça concerne Junji Ito, justement).


Ektah a écrit:Oh tiens, ma sonnerie de portable...


HA HA HA !! Très drôle, ça. :wink:
Un peu salaud, mais objectivement très drôle.

Avatar de Tori

Photonik a écrit:Épisode 21 : Le Labyrinthe d'Adam

Zut, j'ai été trop pris : je n'ai pas eu le temps de finir mon cycle avant ton retour !

Le programme est alléchant.

Tori.

Avatar de Ektah

calvinball a écrit:Et je remercie Ektah en passant, ton drive m'a permis de retrouver une vieille émission qui parlait de la série Evangelion ça s'est bien accordé avec ma redécouverte de la série pendant ces vacances. :)


Je t'en prie. :) D'ailleurs, vu que je ne peux pas mettre les sujets abordés dans les noms des fichiers (Mac et Linux seraient capables de les gérer, dans ce cas, mais pas Windows), je les marque dans les tags mais, du coup, ils ne sont pas visibles immédiatement (à part si vous téléchargez tous les épisodes et utilisez une logiciel de gestion de collection). Donc, si jamais vous cherchez une émission en particulier selon la thématique abordée, demandez-moi: ça ne me prend juste quelques secondes pour localiser le bon.

Avatar de Ektah

De retour. Il est temps de répondre aux messages en attente.

Photonik a écrit:"Howling Wave", extrait de l'album "Atom From Heart, signé par les normands de Christine


Marrant, ce beat dansant m'a immédiatement fait penser à Michael Jackson, version 8-bit (c'est probablement l'aspect un peu funk dont tu parlais). Une filiation inattendue mais qui est finalement très cohérente avec l'ambiance "VHS poussiéreuse sur les rayonnages d'un vidéo-club de campagne" de la synthwave.

Photonik a écrit:- Au rayon cinoche, on exhume un chef-d'oeuvre méconnu du cinéma britannique avec le "Penda's Fen" d'Alan Clarke et David Rudkin.


Bon, je viens de commander le blu-ray (avec des sous-titres anglais). Je le regarde dès que je le reçois et on reparle.

En tous cas, c'est certain que cette question du rapport entre politiques réactionnaires et paganisme est terriblement d'actualité, malheureusement. Il y a quelques jours, j'ai eu le douteux honneur de participer, sur les réseaux sociaux, à une petite bataille autour du Musée de la Sorcellerie (un endroit qui semble bien sympathique, à Boscastle, en Cornouailles) annonçant le fait qu'ils ne collaboreraient plus avec une auteure américaine, Carolyn Emerick, après des déclarations négationnistes et suprémacistes blanches. Évidemment, à la suite de cette annonce, une troupe de militants anti-multiculturalistes, notamment trumpistes, leur sont tombés sur le râble tandis que d'autres tentaient une défense ou, au moins, une temporisation. Mais, ce qui est intéressant, c'est que tout ce petit monde, que ce soit du coté d'Emerick ou du musée, se réclamaient de deux choses: l'écologie et l'intérêt pour le paganisme.

Et, d'une manière générale, pour avoir un peu traîné chez les practiciens des religions néo-païennes, cette opposition est là depuis longtemps, entre une vision réactionnaire d'hostilité aux autres cultures et une autre beaucoup plus altruiste, d'inspiration hippie. Je ne parle pas de gauche et de droite car tout le monde se réunissait sur la question de l'écologie qui est traditionnellement marquée à gauche. Et, pour ce que j'en ai vu, d'ailleurs, le paganisme américain est majoritairement d'inspiration hippie (avec une référence récurrente aux amérindiens et à Coyote, la figure du Trickster chez les indiens Navajo... il faut que je regarde "American Gods", moi), tandis que la forme européenne est elle beaucoup plus ambiguë, notamment chez les Asatru (croyants se réclamant des religions nordiques). Enfin, je ne dis pas que tous les païens européens sont des gros fachos et que tous les pagans américains sont des baba-cools qui fument des fleurs. C'est évidemment plus compliqué que ça. Mais ces tendances existent et peuvent être plus ou moins marquées selon les différentes communautés, associations, covens... C'est d'ailleurs cette question qui, à mon sens, sous-tend en partie l'histoire du black metal, notamment norvégien.

Donc, même 50 ans plus tard, cette question posée par "Penda's Fen" reste d'actualité. Pfff... On en reparle lorsque je l'aurai vu.

Et toujours merci pour les salutations, camarade.

Par contre, tu as fait une petite erreur dans le nom de la série de programmes dont "Penda's Fen" est issue. Il s'agit de "Play for today", et non "tonight". Ça a son importance car, comme le titre l'indique, il y avait une volonté, parfois, d'avoir un discours social dans les thématiques présentées. C'est évidemment le cas dans "Penda's Fen". Et d'ailleurs, "Scum", avant de devenir le film connu de Clarke, avait été un épisode de la série sur lequel il avait voulu broder.

Et il y a eu d'autres épisodes de la série se rapprochant du Folk Horror: "Robin Redbreast", qui a une réputation presque aussi bonne que celle de "Penda's Fen". Plus "Red Shift" et "A photograph" qui, sans atteindre les sommets des deux autres, restent à priori de très bonne tenue.

Enfin, tout ça pour confirmer ce que tu disais: "Play for today", s'il n'est pas du tout connu en dehors de son pays, reste, à priori, une des gemmes de la tv britannique. Je n'en ai vu aucun, justement, parce que j'avais l'intention de m'en envoyer plusieurs à la suite (il y en a un bon nombre sur Youtube).

Au passage, sur la question du Folk Horror, je viens de recevoir le livre "Folk Horror: Hours Dreadful and Things Strange", par Adam Scovell, le rédacteur du blog "Celluloid Wicker Man". Je pense qu'on tient là le livre-somme sur cette question (et notamment sur les similitudes entre cette culture, la psychogéographie et l'hantologie). En fait, je ne peux pas m'empêcher de faire le lien entre ce livre et celui sur la psychogéographie de Merlin Coverley. Entre autres, il contient la filmographie et la bibliographie la plus complète que je connaisse sur ce sujet. Pas de traduction française, par contre, pour l'instant (en fait, l'idée vient de me germer en tête que je serais probablement la bonne personne pour faire cette traduction... à voir).

En plus, le livre emprunte la forme, trop peu usitée à mon goût, de l'essai écrit à la première personne...

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Photonik a écrit:- On poursuit avec l'évocation de "La Croisière des Ombres" de Jean Ray, recueil de nouvelles fantastiques, dans tous les sens du terme, du Edgar Alan Poe belge.


Je ne connais pas vraiment l’œuvre de Jean Ray. En fait, l'approche que j'en ai passe surtout par les adaptations cinématographiques de ses textes: "La cité de l'indicible peur" de Mocky et "Malpertuis" du pataphysicien belge Harry Kumel (avec Orson Welles dans un rôle surprenant).

C'est vrai que j'ai souvent entendu la comparaison avec Lovecraft qui me semble un peu excessive. J'aurais plutôt tendance à le placer justement dans cette tradition de la fantasmagorie belge, de Michel de Ghelderode à Schuiten/Peeters (pour n'en citer que quelques-uns). C'est un aspect des cultures de l'imaginaire que je connais mal mais qui me semble fort intéressant et dont Ray est probablement le monument.

Bon, bien sûr, les filiations ne sont pas exclusives: le fait de se placer dans cette tradition belge ne détruit nullement le lien avec Poe qui est effectivement pertinent.

Donc, tout ce que tu dis à son sujet a l'air fort goûtu. Il va falloir que je creuse la question.

Photonik a écrit:- On poursuit avec l'évocation des deux tomes des "Images et mots de l'horreur, un essai en deux temps sur la chose horrifique signé par l'excellent Guy Astic, par ailleurs maître d'oeuvre de l'excellente maison d'édition Rouge Profond.


Amusant. De Guy Astic, j'avais lu les deux livres sur David Lynch, avec grand intérêt. Et j'avais effectivement perçu l'éparpillement dont tu parles mais il se trouve que j'apprécie cette façon d'écrire. Disons, qu'à mon sens, on perd en rigueur d'analyse ce que l'on gagne en puissance d'évocation, ce qui, dans le cas d'artistes aussi subjectifs que Lynch, Barker ou Cronenberg ne me semble pas être une mauvaise façon de procéder. Mais bon, pour être honnête, cette déclaration que je viens de faire en révèle autant sur ses livres de Astic que sur les circonvolutions de ma propre pensée.

En tous cas, après ta présentation, la pensée qui m'est venue est le fait qu'il ne manque que peu de monde dans cette histoire de l'art horrifique, notamment cinématographique, ce qui est impressionnant à l'échelle de deux ouvrages relativement courts.

Bon, quelques réflexions sur les thématiques évoqués dans les livres et dans ta chronique, en vrac justement parce que cela colle au sujet:

- Stephen King: Étonnamment, c'est un artiste que je tiens en haute estime, tout en ayant une connaissance parcellaire de son œuvre. Toutefois, mes textes préférés sont justement ceux qui sortent de l'horreur directe: j'ai reçu une vraie claque de la part du recueil de nouvelles "Différentes saisons" qui est justement une compilation de 4 nouvelles sortant de son genre de prédilection, vaguement reliées par une thématique saisonnière. En particulier, le texte qui a donné naissance au film "Stand by Me" est probablement, pour moi, le texte définitif sur la nostalgie de l'enfance dans une zone rurale (en l'occurrence, le Maine) en partie fantasmée. Et il me semble que cette thématique est une de celles qui traversent les écrits de King. Sa version du Maine m'est devenu une sorte de pays mythique (que, à priori, je ne reconnaîtrais pas si je m'y rendais) et il me semble que cela passe souvent par le biais de l'enfance (enfin, il suffit de lire "Ça", c'est le cœur du livre). C'est là, pour moi, sa grande valeur. C'est là où, effectivement, King est l'un des maîtres de l'horreur liée à un territoire.

- Clive Barker: Alors, à nouveau, c'est un auteur que pour lequel ja'i une certaine admiration tout en ne le connaissant pas bien. À ce sujet, je ne résiste pas à la tentation de vous signaler l'existence de cette vidéo de la rencontre entre Clive Barker, Ramsey Campbell (probablement le meilleur des continuateurs de la mythologie lovecraftienne), Lisa Tuttle (auteur de sf/fantasy/horreur féministe), Pete Atkins (scénariste du sous-estimé Hellraiser 2), Roger Corman et John Carpenter. Ils y discutent de leurs conceptions personnelles de l'horreur. C'est là que j'ai commencé à voir la qualité de l'imaginaire de Barker (et de Corman aussi, au passage):

https://www.youtube.com/watch?v=-tqL2nzrcTg

- Tiens, c'est marrant, cette histoire de l'écorchement comme forme ultime du strip-tease. Ça me rappelle ce clip de Robbie Williams, "Rock DJ", pour lequel Grant Morrison avait exprimé sa grande admiration en disant (de tête) que Williams avait accompli dans les quatre minutes de video ce qu'il avait tenté de faire pendant toute sa carrière. Bon, il y a probablement une dose de provocation de la part de l'écossais, quand même...

- Les Vierges de Satan (The Devil Rides Out): À nouveau un des films considéré comme une des formes classiques du Folk Horror, dont l'adaptation scénaristique est effectivement signée Ray Bradbury mais à partir d'un livre de Dennis Wheatley, qui est, parait-il, un auteur intéressant bien que profondément réactionnaire et impérialiste, y compris selon les critères britanniques du début du XXème siècle. C'est un bon film, en tous cas.

- Marebito: Je confirme, c'est clairement un des sommets de l'horreur à la japonaise récente. Pas loin d'être un film parfait. D'ailleurs, je viens de voir que Takashi Shimizu a également signé une adaptation d'un manga de Junji Ito, "Tomie: Rebirth". Ça vaut peut-être le coup de s'intéresser à ça.

- Jigoku: Ah oui, je l'ai vu celui-là, à l'étrange festival. Si je me souviens bien, c'est une péloche très recommandable surtout pour son articulation entre un deuxième acte filmé de manière très naturaliste, autour d'une famille traditionnelle japonaise (on n'est quand même pas chez Ozu, mais pas loin...) et un troisième, en enfer donc, totalement baroque, avec un décor volontairement proche d'une scène théâtrale, qui m'a fait penser à certaines adaptations filmiques d'Edogawa Ranpo comme "La bête aveugle". Un film très intéressant.

Photonik a écrit:le "Main Title" des "Unreleased Themes for Hellraiser" de Coil


Oh tiens, ma sonnerie de portable... Enfin, tu fais bien, quand même, de saluer la composition de Christopher Young qui est, effectivement, assez extraordinaire dans un style radicalement différent.

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Épisode 21 : Le Labyrinthe d'Adam

Le programme (un peu spécial) cette semaine :

- Comme annoncé il y a quelques temps, l'émission accueille cette semaine un invité, en l'occurrence François Mignot, guitariste du groupe Piniol (produit de l'union de deux formations, Poil et Ni...), qui viendra fouler les planches à Ordiarp au Pays Basque dans le cadre du festival Müsikaren Egüna, le 04 juin.

- Au rayon cinoche, on évoque la sortie en DVD d'un film méconnu (et qui gagne pourtant à l'être moins), le sublime "Labyrinthe des rêves" de Sogo Ishii, cinéaste (cyber)punk japonais ici en contre-emploi total.

- Pour la BD, c'est avec une joie non dissimulée que l'on aborde le cas du chef-d'oeuvral "Adam Warlock", fleuron des seventies signé par un Jim Starlin en pleine possession de ses moyens.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Axis", extrait de l'album "Borders", signé par les anglais d'Emptyset, "Pogne" dans une version live, morceau issu du répertoire de Piniol, le terrible "Hell Awaits" de Slayer, et on termine avec "The Clarity", monstrueux morceau de Sleep qui augure du meilleur on l'espère pour leur album à venir..!


"Crucify the so called Lord
He soon shall fall to me
Your souls are damned, your God has fell
To slave for me eternally..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Le Doc a écrit:Ca me donnera le temps de finir d'écouter la précédente... :wink:

Et à moi de la réécouter après mon cycle Sushi typhoon...

Tori.

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Ca me donnera le temps de finir d'écouter la précédente... :wink:

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Pas d'émission cette semaine, à mon grand dam, pour cause de bouclage un peu intensif de la revue souletine "Hau", à laquelle je contribue.
Mes excuses aux habitués de l'émission ; on se retrouve sans faute la semaine prochaine !!

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calvinball a écrit:Super cette chronique cinéma, et en plus d'être passionnante dans l'analyse (tu excelles vraiment dans l'identification et la description des familles et courants dans lesquelles s'inscrivent les œuvres dont tu parles), c'est surtout le simple fait d’évoquer le cinéma de genre espagnol qui fait plaisir.


Eh bien merci beaucoup, en ce qui me concerne c'est ce que tu dis là qui me fait bien plaisir... :wink:

calvinball a écrit:Pour une raison qui m'échappe la critique française s'intéresse assez peu à cette production qui ne manque pourtant pas bonnes surprises, du coup je découvre souvent ces films bien après leur sorties. Tu t'es axé sur la production horrifique/fantastique mais dans le polar et thriller je me souviens être tombé complètement part hasard sur Musaranas (une prod' Alex de la Iglesia) ou encore Cellule 211, qui m'avaient bien bluffé l'un comme l'autre (et tout deux avec le puissant Luis Tosar).


Je n'ai pas encore vu "Musaranas", mais j'aurais effectivement pu citer le travail de Daniel Monzon, l'auteur du scotchant "Cellule 211". J'ai également le DVD de sa tentative de film un peu "méta", avec "The Kovak Box", inabouti mais intéressant tout de même...

Avatar de calvinball

Photonik a écrit:- Au rayon cinoche, on aborde le cas d'une nouveauté toute fraîche, le huis-clos "Contratiempo/The Invisible Guest" du catalan Oriol Paulo.

Super cette chronique cinéma, et en plus d'être passionnante dans l'analyse (tu excelles vraiment dans l'identification et la description des familles et courants dans lesquelles s'inscrivent les œuvres dont tu parles), c'est surtout le simple fait d’évoquer le cinéma de genre espagnol qui fait plaisir.
Pour une raison qui m'échappe la critique française s'intéresse assez peu à cette production qui ne manque pourtant pas bonnes surprises, du coup je découvre souvent ces films bien après leur sorties. Tu t'es axé sur la production horrifique/fantastique mais dans le polar et thriller je me souviens être tombé complètement part hasard sur Musaranas (une prod' Alex de la Iglesia) ou encore Cellule 211, qui m'avaient bien bluffé l'un comme l'autre (et tout deux avec le puissant Luis Tosar).

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Marko a écrit:
Pour la création du synthésoïde, il est intéressant à mon sens de noter que Thomas avait prolongé la démarche de créer de nouvelles versions des personnages du "Golden Age", en reprenant le nom, certains éléments de design et parfois une partie du background (à l'instar de Dane Whitman, relié à ses prédécesseurs par un lien de filiation).


Je crois me rappeler avoir lu que Roy Thomas avait initialement l'idée de créer un perso beaucoup plus proche de son ancêtre, voire de reprendre carrément la version du Golden Age. C'est Stan Lee, sans que Thomas sache trop pourquoi, qui a lourdement insisté pour que ce soit un androïde.

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Tori a écrit:Très bonne émission, j'ai découvert des tas de trucs...


Merci beaucoup, ça fait plaisir !! :wink:

Tori a écrit:J'avais deux/trois trucs à dire sur la J-horror, mais j'y reviendrai


Il n'est pas impossible, voire très probable, que je revienne sur la question dans les semaines qui viennent... mais pas forcément dans la rubrique ciné.

Tori a écrit:Depuis le temps que j'en entends du bien, de cette maxi, il faudrait que je me penche dessus (je trouve le personnage intéressant, en plus, mais je ne sais pas, cette série ne m'attire pas plus que ça).

Tori.


Franchement, je recommanderais chaleureusement. C'est de très bonne tenue, vraiment. Et si le perso t'intéresse, raison de plus, car malgré le pitch plutôt original et sortant des sentiers battus Tom King parvient à "synthétiser" un peu tout ce qui avait été fait dessus...

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Photonik a écrit:- On termine avec la maxi-série en douze chapitres "The Vision", signée pour le compte de Marvel par le tandem Tom King/Gabriel Hernandez Walta.


Pour la création du synthésoïde, il est intéressant à mon sens de noter que Thomas avait prolongé la démarche de créer de nouvelles versions des personnages du "Golden Age", en reprenant le nom, certains éléments de design et parfois une partie du background (à l'instar de Dane Whitman, relié à ses prédécesseurs par un lien de filiation).

Avatar de Tori

Très bonne émission, j'ai découvert des tas de trucs...

Photonik a écrit:- On poursuit avec l'évocation des deux tomes des "Images et mots de l'horreur, un essai en deux temps sur la chose horrifique signé par l'excellent Guy Astic, par ailleurs maître d'oeuvre de l'excellente maison d'édition Rouge Profond.

Je crois qu'il va falloir que je me procure ces bouquins : je n'en pouvais plus de prendre des notes quand tu en parlais... J'avais deux/trois trucs à dire sur la J-horror, mais j'y reviendrai quand j'aurai fini de me refaire le cycle que je suis en train de me faire : je viens de trouver d'occasion le coffret "Sushi Typhoon", et j'en suis à la moitié : j'ai vu sept des quatorze films (Death Trance, Machine Girl, Tokyo Gore Police, RoboGeisha, Samurai Princess, Vampire Girl vs. Frankenstein Girl, Helldriver, Gothic & Lolita Psycho, Karate Robo-Zaborgar, Tomie : Unlimited, Yakuza Weapon, Deadball, Zombie Ass et Dead Sushi) qu'il contient... Pour certains, je les voyais pour la première fois. J'ai déjà noté l'apparition en guest dans certains de Takashi Shimizu (où il fait la promo de Ju-on, d'ailleurs !), et même de Sono Sion.

- On termine avec la maxi-série en douze chapitres "The Vision", signée pour le compte de Marvel par le tandem Tom King/Gabriel Hernandez Walta.

Depuis le temps que j'en entends du bien, de cette maxi, il faudrait que je me penche dessus (je trouve le personnage intéressant, en plus, mais je ne sais pas, cette série ne m'attire pas plus que ça).

Tori.

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Le groupe a effectivement failli disparaître après l'EP-2 titres, Peter Dolving ayant quitté puis réintégré le groupe, fidèle à ses habitudes (cf. ses allers-retour au sein de The Haunted...).

Avatar de calvinball

Ah oui, pour moi aussi c'est noise mag qui m'a appris que le groupe existait encore, j'avais cru comprendre que qu'il n'irait pas plus loin que l'excellent EP. Une bonne chose donc!
Et son projet avec Scott reeder m'intéresse aussi beaucoup, autant pour Dolving que pour le bassiste chevelu.

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calvinball a écrit:Ah je savais bien que la nouvelle de la sortie (surprise) d'un album d'Iamfire tomberait dans la programmation de ton émission. J'ai beaucoup aimé cet album, j'ai trouvé que Dolving s'y faisait plus discret mais pas moins impressionnant.


Oui, je surveillais ça (enfin, le mag' New Noise le faisait pour moi :wink: ), je suis très fan généralement du travail du bonhomme et j'ai pas été déçu moi non plus.
C'est vrai que Dolving est relativement discret sur le disque, y compris dans le mix, mais je trouve que ce genre de choix s'accorde très bien à ce type de musique, avec ces morceaux assez longs et ce son bien grassouillet.
Dans un genre que j'imagine un peu voisin, j'aimerais bien jeter une oreille sur ce que Dolving concocte avec Scott Reeder (ex-Kyuss) dans le cadre du projet O, si ça n'a pas définitivement capoté...

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Ektah a écrit:En train de mettre le nouvel épisode dans l'archive, dont je rappelle l'adresse au cas où: https://drive.google.com/open?id=0BzIvDJWF_DWaNUxPNHFoZTZJN0k.


Excellente initiative, j'oublie régulièrement de le faire...

Ektah a écrit:Au fait, désolé de ne pas participer aux discussions en ce moment: je suis en vacances. Je répondrai aux messages la semaine prochaine. A bientôt.


Bonnes vacances, camarade !! :wink:

Avatar de calvinball

Photonik a écrit: Et en musique cette semaine, ce sera :
"Did You Find Your Name", extrait de l'album "From Ashes", signé par les suédois d'IAmFire, emmené par l'instable mais excellent Peter Dolving, "


Ah je savais bien que la nouvelle de la sortie (surprise) d'un album d'Iamfire tomberait dans la programmation de ton émission. J'ai beaucoup aimé cet album, j'ai trouvé que Dolving s'y faisait plus discret mais pas moins impressionnant.

Et je remercie Ektah en passant, ton drive m'a permis de retrouver une vieille émission qui parlait de la série Evangelion ça s'est bien accordé avec ma redécouverte de la série pendant ces vacances. :)

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:Épisode 20 : Visions et mots de l'horreur, à contretemps


En train de mettre le nouvel épisode dans l'archive, dont je rappelle l'adresse au cas où: https://drive.google.com/open?id=0BzIvDJWF_DWaNUxPNHFoZTZJN0k.

Au fait, désolé de ne pas participer aux discussions en ce moment: je suis en vacances. Je répondrai aux messages la semaine prochaine. A bientôt.

Avatar de Photonik

Épisode 20 : Visions et mots de l'horreur, à contretemps

Retour de l'émission après la traditionnelle pause pascale...
Le programme cette semaine :

- Au rayon cinoche, on aborde le cas d'une nouveauté toute fraîche, le huis-clos "Contratiempo/The Invisible Guest" du catalan Oriol Paulo.

- On poursuit avec l'évocation des deux tomes des "Images et mots de l'horreur, un essai en deux temps sur la chose horrifique signé par l'excellent Guy Astic, par ailleurs maître d'oeuvre de l'excellente maison d'édition Rouge Profond.

- On termine avec la maxi-série en douze chapitres "The Vision", signée pour le compte de Marvel par le tandem Tom King/Gabriel Hernandez Walta.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Did You Find Your Name", extrait de l'album "From Ashes", signé par les suédois d'IAmFire, emmené par l'instable mais excellent Peter Dolving, "Moth Tongue", issu du premier album de Crystal Fairy, avec des bouts des Melvins dedans, le "Main Title" des "Unreleased Themes for Hellraiser" de Coil, et on termine avec un morceau extrait de "Anatomy Of Addiction", le deuxième album du collectif God, emmené par Kevin Martin..!


"My skin is peeling off
It's peeling in reverse
Sworn myths of wildness
Full of remote controls..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

Avatar de soyouz

Bah quoi, c'est bien Les Agents du SHIELD ! Y a pas de honte à avoir (t'aurais cité Grey's Anatomy, cela aurait été autre chose !)

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FrEaK a écrit:Pour info, Bouygues Telecom a diffusé de vendredi 21/04 à hier dimanche 23/04 le 1er épisode de Legion, en VF à 19h, en VOSTF à 22h (lien).
Moi qui ne suis pas du tout calé en comics, je ne saurais dire si c'était bien ou pas, j'ai pas bien tout compris, l'épisode a duré 1h, et au final, c'était carrément moins accessible que Marvel les agents du Shield (me tapez pas, on a tous des séries honteuses qu'on regarde en cachette !)
Disons que ça plaira aux puristes, et on sent la volonté d'une série pour les fans, et pas vraiment mainstream pour le coup.


Détrompe-toi : cette impression de désorientation que tu as éprouvée n'est pas du tout liée à ta méconnaissance des aventures papier du perso ; ce n'est pas du tout une adaptation fidèle, les auteurs prennent en fait beaucoup de liberté. C'est tout à fait abordable pour tous les spectateurs, pas aux seuls "puristes"...
Maintenant, ce côté un peu hermétique du premier épisode (que je trouve le plus impressionnant du lot), il est bel et bien présent, mais c'est narrativement et thématiquement très cohérent. Et tout s'éclaire au final, quand les pièces du puzzle sont en place.

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Marko a écrit:
À propos de l'utilisation rare du personnage de Légion, cela s'explique peut-être aussi parce que la place du fils était déjà occupée en quelque sorte par Scott Summers (même si lui aussi a fini par retrouver son véritable père).
C'est même lui qui va au bout de son "oedipe" à la fin d'Avengers vs X-Men, lorsqu'il affronte son ancien mentor, déchu depuis l'accumulation de diverses casseroles.
C'est assez malin de la part de Spurrier de mettre en place la confrontation de David Haller (le fils légitime) et Cyke (le fils spirituel) dans les pages d'X-Men: Legacy.


C'est tout à fait possible, en effet, et je suis d'accord avec ton appréciation de l'idée de Spurrier d'opposer les deux persos.
Ceci dit, au moment où Legion apparaît dans l'univers des mutants (en 1985, dans "New Mutants 25"), Claremont a relativement mis de côté Cyclope, qui coule des jours heureux avec Madelyne Pryor (même si l'éditorial va imposer son retour dans "X-Factor" vite après). Il y avait de la place pour un héritier plus "direct" à Xavier. J'ai l'impression que c'est surtout la quasi-omnipotence du perso qui a un peu bloqué son utilisation.

Avatar de Photonik

Le Doc a écrit:Je ne connaissais pas du tout Panda's Fen avant que Ektah le mentionne ici et je ne connais pas du tout l'oeuvre de Jean Ray (enfin, je connais le nom, mais je ne l'ai jamais lu), donc j'ai appris plein de choses très intéressantes dans cette émission.



Merci !!! :wink:

Le Doc a écrit:Pour Legion, j'avais déjà lu avec intérêt les avis sur le forum dans le sujet dédié et j'ai très hâte de voir ça (ça commence très bientôt sur une chaîne du cable, OCS, il ne faut surtout pas que je loupe ça).
Et pour les prochaines séries qui ont du potentiel, il y a aussi American Gods... :wink:



Oui, j'attends ça de pied ferme, sans compter que c'est de loin ce que je préfère dans le travail de Gaiman romancier...
Pour "Legion", j'y reviens un peu plus bas.

Avatar de FrEaK

Pour info, Bouygues Telecom a diffusé de vendredi 21/04 à hier dimanche 23/04 le 1er épisode de Legion, en VF à 19h, en VOSTF à 22h (lien).
Moi qui ne suis pas du tout calé en comics, je ne saurais dire si c'était bien ou pas, j'ai pas bien tout compris, l'épisode a duré 1h, et au final, c'était carrément moins accessible que Marvel les agents du Shield (me tapez pas, on a tous des séries honteuses qu'on regarde en cachette !)
Disons que ça plaira aux puristes, et on sent la volonté d'une série pour les fans, et pas vraiment mainstream pour le coup.

Avatar de FrEaK

Pour info, Bouygues Telecom a diffusé de vendredi 21/04 à hier dimanche 23/04 le 1er épisode de Legion, en VF à 19h, en VOSTF à 22h.
Moi qui ne suis pas du tout calé en comics, je ne saurais dire si c'était bien ou pas, j'ai pas bien tout compris, l'épisode a duré 1h, et au final, c'était carrément moins accessible que Marvel les agents du Shield (me tapez pas, on a tous des séries honteuses qu'on regarde en cachette !)
Disons que ça plaira aux puristes, et on sent la volonté d'une série pour les fans, et pas vraiment mainstream pour le coup.

Avatar de Marko

Photonik a écrit:- On termine avec la première saison de "Legion", grande réussite télévisuelle en matière d'adaptation de comic-books Marvel.


À propos de l'utilisation rare du personnage de Légion, cela s'explique peut-être aussi parce que la place du fils était déjà occupée en quelque sorte par Scott Summers (même si lui aussi a fini par retrouver son véritable père).
C'est même lui qui va au bout de son "oedipe" à la fin d'Avengers vs X-Men, lorsqu'il affronte son ancien mentor, déchu depuis l'accumulation de diverses casseroles.
C'est assez malin de la part de Spurrier de mettre en place la confrontation de David Haller (le fils légitime) et Cyke (le fils spirituel) dans les pages d'X-Men: Legacy.

Avatar de Le Doc

Photonik a écrit:Épisode 19 : La Légion des ombres du Roi Penda

Dernière émission avant la pause rituelle pour les vacances de Pâques, puis on foncera dans la dernière ligne droite avant l'été...
Le programme cette semaine :

- Au rayon cinoche, on exhume un chef-d'oeuvre méconnu du cinéma britannique avec le "Penda's Fen" d'Alan Clarke et David Rudkin.

- On poursuit avec l'évocation de "La Croisière des Ombres" de Jean Ray, recueil de nouvelles fantastiques, dans tous les sens du terme, du Edgar Alan Poe belge.

- On termine avec la première saison de "Legion", grande réussite télévisuelle en matière d'adaptation de comic-books Marvel.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Howling Wave", extrait de l'album "Atom From Heart, signé par les normands de Christine, "Movie 1", issu de "Null And Void", des japonais de Ground Zero, "Silver Cloud", signé par les shoegazers anglais de The Venus Beads, et on termine avec une étonnante relecture du "Boléro" de Ravel issue de la première saison de "Legion"..!


"For long you live and high you fly
But only if you ride the tide
And balanced on the biggest wave
You race towards an early grave...."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3


Je ne connaissais pas du tout Panda's Fen avant que Ektah le mentionne ici et je ne connais pas du tout l'oeuvre de Jean Ray (enfin, je connais le nom, mais je ne l'ai jamais lu), donc j'ai appris plein de choses très intéressantes dans cette émission. Pour Legion, j'avais déjà lu avec intérêt les avis sur le forum dans le sujet dédié et j'ai très hâte de voir ça (ça commence très bientôt sur une chaîne du cable, OCS, il ne faut surtout pas que je loupe ça).
Et pour les prochaines séries qui ont du potentiel, il y a aussi American Gods... :wink:
Et à propos de Legion, cette version du Bolero de Ravel est assez étonnante. Je n'ai pas du tout accroché au titre des japonais de Ground Zero, ce n'est vraiment pas le genre de son, le genre d'atmosphère qui me fait tripper en musique; pour le reste de la playlist, c'était du tout bon.

Avatar de Verbal Kint

:mrgreen:



À moins que ça se passe dans le futur alternatif avec Biff maître du monde, et le pauvre George qui n'est plus de ce monde.



:mrgreen:

Avatar de Ektah

Oh, bon sang, Crispin Glover est la dernière personne à mettre en colère.

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Avatar de Marko

George McFly ne va pas être jouasse quand il va l'apprendre... :mrgreen:

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Avatar de Verbal Kint

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:shock:

Oh mon dieu, on dirait bien la maman de Marty...

Avatar de Le Doc

Ektah a écrit:Mais c'est vrai que ça fait plaisir de le voir revenir sur le grand écran, après des années de vaches maigres (il est allé jusqu'à faire de la nazisploitation pour Jess Franco, quand même).


Photonik a écrit:Ah oui, il a fait ça ? :shock:


Je n'ai pas vu La Chute des Aigles, le film dont il est question ici...et je n'ai d'ailleurs pas vraiment envie de le voir....mais je ne pense pas qu'il fasse partie de ce nauséeux sous-genre (et qui était heureusement passé de mode en 1989, date de production du long métrage de Franco). D'après les quelques articles que j'ai lu, ce serait plutôt un mélodrame de guerre cheap, et même assez "sage" pour du Franco (entendez par là pas de nu, pas de gore, pas de trash).
Il y a peut-être eu confusion parce que La Chute des Aigles est l'une des dernières productions Eurociné, studio français spécialisé dans le Z et qui a souvent oeuvré dans la nazisploitation avec des titres comme Train Spécial pour Hitler et Elsa Fraulein SS.

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Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Petit détail. La carrière de Mark Hamill n'a, au final, pas tant été tant démolie que ça: il s'est surtout reconverti dans le doublage de dessins animés et jeux vidéos, avec un certain succès, il me semble. Il est notamment reconnu pour être, pour beaucoup, le Joker absolu... je connais beaucoup de monde qui préfèrent son interprétation à celle de Heath Ledger ou Jack Nicholson.


Il a travaillé, bien sûr, mais il n'a pas eu la carrière de son confrère Harrison Ford par exemple, alors que je le trouve excellent. C'est un excellent doubleur effectivement, mais je dois dire que je ne connais pas son interprétation du Joker (dont j'avais effectivement entendu chanter les louanges, et je ne doute pas que ce soit fondé) : je suis très fan du fameux "Batman The Animated Series", mais je connais ça en VF ; il était avantageusement remplacé par cet excellent doubleur français qui est aussi celui du Doc de "Retour vers le Futur" ; lui aussi est un sacré Joker, sans rien enlever à Hamill.


Après avoir revu l'ensemble de la série en VO (alors que pendant longtemps je m'étais contenté de la VF), je ne peut que me joindre au concert de louanges à propos du doublage de Hamill, qui restitue à merveille le côté flippant/imprévisible du personnage. Sur ce plan-là, une des scènes les plus mémorables reste selon moi cet éloge funèbre, issu d'un de mes épisodes favoris (The Man Who Killed Batman).

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=Ld0uIhst3TA[/youtube]

Et comme si cela ne suffisait pas, la série a bénéficié de la Batmobile la plus classe qui soit (par contre elle ne doit pas être pratique à manoeuvrer dans les ronds-points :mrgreen: ).
Ce qui dommage avec la version française, malgré son excellent doublage, c'est que le générique introductif ne reprend pas les somptueux "title cards", qui donnent un cachet supplémentaire à la série, complètement raccord pour le coup avec l'esthétique "Dark Déco" qui a fait la renommée du show.

http://www.worldsfinestonline.com/WF/ba ... /cards.php

Cela me rappelle un oubli assez symptomatique dans un épisode récent de "Big Bang Theory". L'apparition d'Adam West en guise de guest-star (également présent dans l'épisode "Mr. Plow" de la saison 4 des Simpson) était l'occasion de lister les différents acteurs ayant interprété le chevalier noir, et Kevin Conroy n'était même pas mentionné. :x
Pour la version française, Richard Darbois a également fait du bon boulot en doublant le détective masqué de Gotham.

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Le Doc a écrit:Voici une page de Howard the Duck écrite et dessinée par Dave Sim (Cerebus). Elle a été publiée à l'origine en 1980 dans le magazine en N&B Howard the Duck.

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Si je ne m'abuse les magazines N&B de Marvel avaient plus de marge de manoeuvre par rapport à la censure, mais certaines séquences ont quand même été altérées, à l'instar de cette planche de Gene Colan, qui rendait plus explicite la nature de la relation entre Howard et Beverly (dans la version publiée, la case "problématique" a été éjectée pour mieux privilégier l'ellipse).

https://dirtyriver.tumblr.com/post/6655 ... rsion-of-a

http://marvelmasterworksfansite.yuku.co ... O93dRjpORs

Même le navet produit par George Lucas n'a étonnamment pas fait l'impasse sur le sujet, quand bien même cela se limitait à une seule scène.

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Le Doc a écrit:Voici une page de Howard the Duck écrite et dessinée par Dave Sim (Cerebus). Elle a été publiée à l'origine en 1980 dans le magazine en N&B Howard the Duck.

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J'étais tombé sur cette page extrêmement prometteuse, et il existe d'ailleurs quelques blogueurs américains pour prétendre que Dave Sim a bel et bien été à deux doigts de reprendre "Howard The Duck", et que cette page était un test pour Marvel en bonne et due forme.
Si cette perspective est très alléchante sur le papier, Dave Sim l'a vigoureusement balayé en précisant qu'il n'a jamais été question pour lui de lâcher "Cerebus" pour ça, même si l'idée de payer son tribut à une influence capitale pour son propre titre ne lui aurait pas déplu...

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Ektah a écrit:Oh, ne t'en fais pas. C'est certain que nos discussions prennent pas mal de temps mais il n'y a pas d'obligation, à mon avis.


Bien sûr, mais comme c'est effectivement un plaisir de mon côté aussi et c'est pourquoi j'essaie d'être le plus réactif possible.

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Ektah a écrit:Je croyais que son pseudo principal était Techno Animal mais cet alias fait surtout référence au groupe formé avec Broadrick. Du coup, j'étais passé à coté d'un pan important de sa carrière. Je vais aller voir ça.


Et je dois dire que je ne connais pas bien du tout cet aspect de son travail, à l'exclusion de cette collaboration avec Earth, donc. Je connais mieux son côté plus cagneux aux côtés de Broadrick, notamment God et Ice, même si je n'en ai pas écouté tant que ça (et pourtant j'aime beaucoup).

Ektah a écrit:Petit détail. La carrière de Mark Hamill n'a, au final, pas tant été tant démolie que ça: il s'est surtout reconverti dans le doublage de dessins animés et jeux vidéos, avec un certain succès, il me semble. Il est notamment reconnu pour être, pour beaucoup, le Joker absolu... je connais beaucoup de monde qui préfèrent son interprétation à celle de Heath Ledger ou Jack Nicholson.


Il a travaillé, bien sûr, mais il n'a pas eu la carrière de son confrère Harrison Ford par exemple, alors que je le trouve excellent. C'est un excellent doubleur effectivement, mais je dois dire que je ne connais pas son interprétation du Joker (dont j'avais effectivement entendu chanter les louanges, et je ne doute pas que ce soit fondé) : je suis très fan du fameux "Batman The Animated Series", mais je connais ça en VF ; il était avantageusement remplacé par cet excellent doubleur français qui est aussi celui du Doc de "Retour vers le Futur" ; lui aussi est un sacré Joker, sans rien enlever à Hamill.

Ektah a écrit:Mais c'est vrai que ça fait plaisir de le voir revenir sur le grand écran, après des années de vaches maigres (il est allé jusqu'à faire de la nazisploitation pour Jess Franco, quand même).


Ah oui, il a fait ça ? :shock:
J'ignorais totalement. Je l'ai un peu vu dans les années 90 dans des téléfilms fauchés, et dans la série "Flash" première mouture, en simili-Joker (le Trickster).

Ektah a écrit:Il a effectivement plus de talents que la seule interprétation de Luke (ceci étant dit sans dépréciation pour la trilogie originelle, bien sûr).


Au début de sa carrière, il a joué un jeune junkie paumé dans un épisode des "Rues de San Francisco" et il était fabuleux dans le rôle (son père était incarné par un Leslie Nielsen pré-ZAZ, également excellent).

Ektah a écrit:Et je ne peux pas parler de Hammill sans évoquer "Britannia Hospital", le dernier volet de la trilogie (informelle) de Mick Travis par Lindsay Anderson, après "If...." et "Ô Lucky Man". C'est un film bourré de défauts, et clairement le moins bon du cycle mais pour lequel j'ai une grande affection. Et, du coup, Hamill l'a fait entre Star Wars épisodes 5 et 6, alors qu'il était encore le roi du monde, sans se faire payer, par goût pour le "Free Cinema" anglais dont Anderson est l'un des porte-étendards. J'ai conçu une certaine tendresse envers Hamill pour cette action.


C'est une de mes grandes lacunes, cette trilogie, alors que j'ai beaucoup lu dessus ; je ne manquerai pas de mettre ça au menu de l'émission quand j'aurais remédié à ça.
J'ignorais aussi que Hamill jouait là-dedans ; voilà décidément une carrière fort estimable, tu as eu raison de me reprendre sur mon avis un brin expéditif sur son parcours, même s'il faut bien reconnaître que Hollywood l'a bien boudé quand même.

Ektah a écrit:Concernant la carrière d'écrivain de Samuel Fuller, l'adaptation dont tu parles est probablement "Scandal Sheet", tiré de "The Dark Page", un film noir se passant dans le milieu de la presse new-yorkaise. Pour ce que j'en sais, je ne crois pas que ce soit très bon.


Oui, c'est bien ça. Rien d'inoubliable à ce que j'en lis, effectivement...

Ektah a écrit:Et, sinon, si tu n'es pas familier avec ce film, je te conseille de jeter un coup d’œil à "The naked kiss" qui est, déjà , à mon avis, son chef d’œuvre (à coté de "Shock Corridor") mais, surtout, est l'expression parfaite (un peu à la manière de "Kiss Me Deadly", je trouve) de cette transition dont tu parlais entre Hollywood classique et Nouvel Hollywood.


Oui, je vais regarder ça, et aussi "Underworld USA", qui m'intéresse également grandement.


Ektah a écrit:Oui, malheureusement, j'ai un ami (noir, donc) qui, étant enfant, s'est fait déchirer le visage par l'un d'entre eux et qui, aujourd'hui, milite pour qu'une enquête soit faite à l'échelle nationale pour localiser et fermer les dresseurs spécialisés dans cette pratique. Il semblerait que ce soit un business (souterrain, évidemment) qui existe.


Incroyable.
C'est donc beaucoup plus courant, hélas, que je n'aurais pu le croire même après avoir été informé par la vision du film.

Ektah a écrit:
Aah, ce bon gros facho de Douglas Pearce. Ou pas... je suis assez d'accord avec toi pour dire que je ne le considère pas comme un négationniste ou un néo-nazi. Par contre, après être allé à un concert de "The moon lay hidden beneath a cloud", je ne peux pas en dire autant à propos de son public, j'en ai peur. La musique est toujours aussi belle, en tous cas. Émission politique, cette semaine, dis donc.


Oui, mais de manière très "sereine" d'une certaine façon. Sans vouloir jouer la carte du détachement faussement cool (je ne le suis pas vraiment sur le plan politique, il me faut donc assumer), je suis de l'école "je trouverais bien con de me priver d'écouter du Wagner sous prétexte que c'était un déglingo sur le plan politique et éthique, à peu près le miroir inversé de tout ce que je pense", je détache à peu près correctement ces choses-là, sans aller jusqu'à séparer totalement esthétique et politique (ce serait un appauvrissement je crois) ; il n'y pas besoin d'aller jusque-là en ce qui concerne Pearce, dont le cas est à nuancer effectivement. Il n'a pas volé son aura de soufre, à force de jouer sur des thèmes extrêmement sensibles, mais j'irais jusqu'à lui trouver un certain courage.
J'avais cru comprendre qu'une partie de son public ressemblait à ta description, mais n'ayant jamais pu me rendre moi-même à un de ces concerts, je ne pouvais me prononcer. Je suis pas sûr que je me sentirais tout à fait à l'aise, pour être franc.

Ektah a écrit:
Pour ce qui est de ses racines folk, tu as raison pour Léonard Cohen, bien sûr, mais je pense qu'elles sont aussi à chercher du côté de la scène britannique des années 60-70, ce qu'on a appelé l'Acid Folk (glissant même vers le Prog, parfois), avec des artistes comme Caedmon, Dorothy Carter, Shirley Collins (dont l'album du retour, "Lodestar", sorti l'an dernier, est très beau, d'ailleurs), Forest, Magna Carta, Trees, Comus, Owl et ainsi de suite...


Oui, j'imagine, mais là je suis vraiment un ignare complet, à l'exclusion de certaines vidéos Youtube glanées par-ci par-là concernant certains noms de ta liste. Faudrait que je creuse cette scène acid-folk...

Ektah a écrit:Je n'y avais pas pensé à la lecture mais l'extrait que tu as choisi, plus le personnage de Ulrich Von Bek lui-même et le contexte historique, me poussent à me demander s'il n'y a pas la volonté de faire de ce roman une réécriture de Solomon Kane, le personnage de Robert Howard. Ça ne serait pas la première fois que Moorcock nous fait le coup.


C'est possible en effet, même si le background de Von Bek me semble plus étoffé que celui volontairement sibyllin de Kane.

Ektah a écrit:Et j'associe aussi ce livre, en terme d'ambiances, au bel album du groupe de Zeuhl/RIO "Univers Zéro" nommé "Hérésie".


J'aime beaucoup cet album, faudrait que j'y rejette une oreille d'ailleurs.

Ektah a écrit:On est d'accord. Tout son projet du multivers est construit comme une immense énigme, dont ce comics constitue probablement un des cœurs et se révèle, en conséquence, l'un des aspects les plus touffus. C'est un appel assez direct à la curiosité du lecteur.

Tiens, c'est marrant: on peut dire exactement la même chose des œuvres d'Alan Moore. :wink:


Bien sûr. Les points communs sont nombreux et évidents. Moore a très directement payé son tribut à Moorcock à quelques reprises, comme avec sa longue nouvelle "L'hypothèse du lézard", très moorcockienne.



Ektah a écrit:Ça me semble très vrai, effectivement. Quel dommage que Morrison soit brouillé avec Moore et Moorcock. Il me semble certain que les trois ont énormément en commun (même si les deux derniers sont clairement plus radicaux dans leur anarchie que Morrison... ce qui peut peut-être expliquer en partie leur animosité). J'aurais aimé voir des collaborations.


Leur inimitié n'est pas très grave dans l'absolu, mais elle ne cesse de m'étonner, vu les nombreuses thématiques communes abordées par ces trois-là.
Je trouve que Moore et Moorcock (mais ils ont sûrement leurs raisons) ont la dent vraiment dure avec Morrison ; il y a tellement plus que du simple plagiat sans substance dans son travail (et je dirais même que la notion de plagiat pur ne me semble pas si problématique et illégitime que ça, de toute façon), il est vraiment difficile de soutenir le contraire après avoir lu le bonhomme.

Ektah a écrit:Tiens, je ne connais pas cette facette du travail de l'écossais. Intéressant.


Je ne la connais pas non plus : je n'ai pas vraiment fouillé mais il ne doit pas y avoir moyen d'en trouver la trace facilement, j'imagine ; j'en ai vu la mention dans le livre de Yann Graf sur Morrison et quelques articles sur le net, c'est tout. Et ça m'a pourtant l'air vraiment intéressant, avec ce recours à la figure du Roi Rouge déjà convoquée dans le final de son "Doom Patrol".


Ektah a écrit:Si, le British Film Institute (la cinémathèque britannique, donc) l'a sorti en DVD et Blu-Ray. Je ne l'ai pas mais si j'en juge à partir d'autres de leurs productions, c'est probablement une très belle édition. Curieux de voir ce que tu en diras, en tous cas. Ça sera probablement l'occasion pour moi de combler cette lacune, au passage.


Oui, j'ai vu ça en préparant ma chronique. Le film le vaut bien, en effet.

Ektah a écrit:Clairement un thème porteur de l'imaginaire de la fin du XXème siècle et du début du XXIème, et une obsession personnelle, que je suis heureux de partager.


Je ne l'aurais pas mieux formulé, mais on est bien d'accord.

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Le Doc a écrit:Ah, le film de Samuel Fuller est repassé il y a quelques mois sur Arte et ta chronique m'a fait regretté d'avoir loupé cette rediffusion. Je ne l'avais vu qu'une fois il y a longtemps et il m'avait fait une forte impression plus jeune...



C'est un film incontestablement impactant, pas de doute. J'aurais bien aimé l'avoir vu plus jeune, il m'aurait probablement retourné la tête...


Le Doc a écrit:Super chronique sur un comic-book et un personnage fascinants sur bien des points.



Merci.
Je poursuis également en VO pour ma part, j'ai vraiment été emballé. Sans compter que je me régale depuis des mois à découvrir le passionnant corpus de Gerber, décidément un sacré auteur. Je ne comprends que Panini sous-exploite ainsi le patrimoine à sa disposition ; ils sont assis sur un trésor du côté des productions Marvel des seventies, et il faut attendre un film comme "Doctor Strange" par exemple pour accéder à cette mine. C'est dommage.

Le Doc a écrit:Faut vraiment que je dépoussière un jour mes Moorcock...parce que je suis sûr d'avoir lu ce roman, mais je ne m'en rappelle plus du tout.... :mrgreen:



On devrait reparler de Moorcock ces prochaines semaines : je me suis dégoté un petit paquet de ses ouvrages qui me faisaient envie depuis longtemps, comme son recueil de nouvelles "Déjeuners d'affaires avec l'Antéchrist", par exemple.

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Tori a écrit:Jusque dans la musique : en plus du canard et des deux chiens, on a des serpents et des rats (signé The Bug vs. Earth, en plus) ! ~___^



Ah oui en effet !! C'était pas du tout fait exprès pour le coup... :wink:

Tori a écrit:Malheureusement, les "white dogs", ça existe encore (je ene savais pas qu'il y avait un nom pour ces chiens dressés à attaquer un type de population...) J'en ai déjà vu qui était dressés à attaquer toute personne qui n'avait pas la peau claire... En l'occurrence, ça visait principalement les manouches (beaucoup plus nombreux, là où j'ai vu ces chiens, que les noirs). Pauvres chiens, dont on lave le cerveau à cause de la connerie humaine... Et que l'on condamne à la peine de mort s'ils s'attaquent à quelqu'un : chien dangereux (alors que le maître s'en sort en général avec une amende, et éventuellement une courte peine de prison).


Je dois dire, peut-être suis-je très naïf, que je découvre la chose un peu effaré à l'occasion de ma découverte du film. Je n'avais jamais entendu parler de mon côté de faits divers aussi atroces, mais j'imagine qu'on n'est jamais au bout de nos surprises en matière d'abjection de la part de certains de nos congénères.

Tori a écrit:Tu cites Cerebus en parlant d'un ornictérope : c'est un oryctérope : un animal qui vit en Afrique subsaharienne... Et ce n'est pas exactement un fourmilier : il se nourrit d'ailleurs essentiellement de termites


J'étais à peu près sûr de dire une connerie en le disant. :wink:
Je savais néanmoins que ce n'était pas tout à fait un fourmilier, je crois que Dave Sim insiste lui-même là-dessus...

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Ektah a écrit:Petit détail. La carrière de Mark Hamill n'a, au final, pas tant été tant démolie que ça: il s'est surtout reconverti dans le doublage de dessins animés et jeux vidéos, avec un certain succès, il me semble.

Et pas que sa voix, en ce qui concerne les jeux vidéo : je crois que la première fois que je l'ai vu hors Star Wars, c'était dans Wing Commander III (sur PlayStation)...

Photonik a écrit:- On poursuit avec l'évocation de "La Croisière des Ombres" de Jean Ray, recueil de nouvelles fantastiques, dans tous les sens du terme, du Edgar Alan Poe belge.

De Jean Ray, je ne connaissais que le travail sur Harry Dickson (dont je pensais d'ailleurs qu'il était le créateur)...

- On termine avec la première saison de "Legion", grande réussite télévisuelle en matière d'adaptation de comic-books Marvel.

Il faudrait vraiment que je m'y intéresse : l'ami Nikolavitch m'en a déjà fait la promo !

"Howling Wave", extrait de l'album "Atom From Heart, signé par les normands de Christine

Ah, je n'avais pas raté l'allusion à Atom Heart Mother... qui est le premier album des Pink Floyd que j'ai eu (et écouté)... Et pendant longtemps le seul, d'ailleurs.

"Movie 1", issu de "Null And Void", des japonais de Ground Zero

Ça, ça m'a rappelé plein de trucs que j'écoutais vers le milieu des années 90...

on termine avec une étonnante relecture du "Boléro" de Ravel issue de la première saison de "Legion"..!

En écoutant cette version du boléro, je m'aperçois que le générique de Doctor Who (au moins dans sa première mouture) a des motifs en commun avec l'œuvre de Ravel :
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=cHE6ZE9n4qg[/youtube]
https://www.youtube.com/watch?v=cHE6ZE9n4qg

Bonnes vacances !

Tori.

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Voici une page de Howard the Duck écrite et dessinée par Dave Sim (Cerebus). Elle a été publiée à l'origine en 1980 dans le magazine en N&B Howard the Duck.

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Photonik a écrit:Un peu pris par le temps aujourd'hui, j'ai à peine le temps de mettre en ligne le programme du dernier épisode. Je prendrai le temps demain ou vendredi de répondre à vos remarques, sans faute...


Oh, ne t'en fais pas. C'est certain que nos discussions prennent pas mal de temps mais il n'y a pas d'obligation, à mon avis.

D'ailleurs, j'ai moi aussi parfois du mal à suivre le rythme. Mais ça reste un plaisir de discuter.

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:"Snakes Vs Rats", extrait de l'album "Concrete Desert, signé The Bug Vs Earth


Ah ok. Je croyais que son pseudo principal était Techno Animal mais cet alias fait surtout référence au groupe formé avec Broadrick. Du coup, j'étais passé à coté d'un pan important de sa carrière. Je vais aller voir ça.

Photonik a écrit:- Au rayon cinoche, on aborde le cas de l'excellent "Dressé pour tuer", ou "White Dog" en VO, du grand Samuel Fuller.


Petit détail. La carrière de Mark Hamill n'a, au final, pas tant été tant démolie que ça: il s'est surtout reconverti dans le doublage de dessins animés et jeux vidéos, avec un certain succès, il me semble. Il est notamment reconnu pour être, pour beaucoup, le Joker absolu... je connais beaucoup de monde qui préfèrent son interprétation à celle de Heath Ledger ou Jack Nicholson. Mais c'est vrai que ça fait plaisir de le voir revenir sur le grand écran, après des années de vaches maigres (il est allé jusqu'à faire de la nazisploitation pour Jess Franco, quand même). Il a effectivement plus de talents que la seule interprétation de Luke (ceci étant dit sans dépréciation pour la trilogie originelle, bien sûr).

Et je ne peux pas parler de Hammill sans évoquer "Britannia Hospital", le dernier volet de la trilogie (informelle) de Mick Travis par Lindsay Anderson, après "If...." et "Ô Lucky Man". C'est un film bourré de défauts, et clairement le moins bon du cycle mais pour lequel j'ai une grande affection. Et, du coup, Hamill l'a fait entre Star Wars épisodes 5 et 6, alors qu'il était encore le roi du monde, sans se faire payer, par goût pour le "Free Cinema" anglais dont Anderson est l'un des porte-étendards. J'ai conçu une certaine tendresse envers Hamill pour cette action.

Concernant la carrière d'écrivain de Samuel Fuller, l'adaptation dont tu parles est probablement "Scandal Sheet", tiré de "The Dark Page", un film noir se passant dans le milieu de la presse new-yorkaise. Pour ce que j'en sais, je ne crois pas que ce soit très bon.

Par contre, en livre, son autobiographie, "Le troisième visage" est formidable. C'est beau de voir à quel point sont poreuses les frontières entre ses vies de journaliste, de soldat et de cinéaste.

Et, sinon, si tu n'es pas familier avec ce film, je te conseille de jeter un coup d’œil à "The naked kiss" qui est, déjà , à mon avis, son chef d’œuvre (à coté de "Shock Corridor") mais, surtout, est l'expression parfaite (un peu à la manière de "Kiss Me Deadly", je trouve) de cette transition dont tu parlais entre Hollywood classique et Nouvel Hollywood.

Tori a écrit:Malheureusement, les "white dogs", ça existe encore (je ene savais pas qu'il y avait un nom pour ces chiens dressés à attaquer un type de population...) J'en ai déjà vu qui était dressés à attaquer toute personne qui n'avait pas la peau claire... En l'occurrence, ça visait principalement les manouches (beaucoup plus nombreux, là où j'ai vu ces chiens, que les noirs). Pauvres chiens, dont on lave le cerveau à cause de la connerie humaine... Et que l'on condamne à la peine de mort s'ils s'attaquent à quelqu'un : chien dangereux (alors que le maître s'en sort en général avec une amende, et éventuellement une courte peine de prison).


Oui, malheureusement, j'ai un ami (noir, donc) qui, étant enfant, s'est fait déchirer le visage par l'un d'entre eux et qui, aujourd'hui, milite pour qu'une enquête soit faite à l'échelle nationale pour localiser et fermer les dresseurs spécialisés dans cette pratique. Il semblerait que ce soit un business (souterrain, évidemment) qui existe.

D'ailleurs, la rumeur dit que la Paramount ait charcuté le film et lui ait donné une distribution minimale par peur des représailles par le KKK. Enfin, c'est ce que disait Fuller, en tous cas.

Photonik a écrit:"Accidental Protégé", issu de "Rose Clouds of Holocaust", un des grands chefs-d'oeuvre de la discographie de Death In June


Aah, ce bon gros facho de Douglas Pearce. Ou pas... je suis assez d'accord avec toi pour dire que je ne le considère pas comme un négationniste ou un néo-nazi. Par contre, après être allé à un concert de "The moon lay hidden beneath a cloud", je ne peux pas en dire autant à propos de son public, j'en ai peur. La musique est toujours aussi belle, en tous cas. Émission politique, cette semaine, dis donc.

Pour ce qui est de ses racines folk, tu as raison pour Léonard Cohen, bien sûr, mais je pense qu'elles sont aussi à chercher du côté de la scène britannique des années 60-70, ce qu'on a appelé l'Acid Folk (glissant même vers le Prog, parfois), avec des artistes comme Caedmon, Dorothy Carter, Shirley Collins (dont l'album du retour, "Lodestar", sorti l'an dernier, est très beau, d'ailleurs), Forest, Magna Carta, Trees, Comus, Owl et ainsi de suite...

Photonik a écrit:- On termine avec "Le Chien de guerre", excellent roman signé Michael Moorcock, qui revisite Milton et sa propre mythologie (le fameux concept du Champion Eternel) avec ce titre.


Je n'y avais pas pensé à la lecture mais l'extrait que tu as choisi, plus le personnage de Ulrich Von Bek lui-même et le contexte historique, me poussent à me demander s'il n'y a pas la volonté de faire de ce roman une réécriture de Solomon Kane, le personnage de Robert Howard. Ça ne serait pas la première fois que Moorcock nous fait le coup.

Et j'associe aussi ce livre, en terme d'ambiances, au bel album du groupe de Zeuhl/RIO "Univers Zéro" nommé "Hérésie".

Photonik a écrit:Oui, c'est ce que j'ai lu à son sujet en faisant deux trois recherches dessus ; même des lecteurs pourtant rompus à l'art moorcockien (c'est-à-dire avec une douzaine ou une quinzaine de ses romans dans la besace, ce qui commence à faire quand même) considèrent que c'est imbitable... ce qui paradoxalement m'intrigue encore plus. :wink:


On est d'accord. Tout son projet du multivers est construit comme une immense énigme, dont ce comics constitue probablement un des cœurs et se révèle, en conséquence, l'un des aspects les plus touffus. C'est un appel assez direct à la curiosité du lecteur.

Tiens, c'est marrant: on peut dire exactement la même chose des œuvres d'Alan Moore. :wink:

Photonik a écrit:Alors à ce que j'ai compris, c'est encore plus subtil que ça, mais je me trompe peut-être : il y a dans cette BD la version made in Moorcock de Sexton Blake, sorte de Sherlock Holmes du pauvre dont Moorcock était fan (et dont Monsieur Zenith, un des modèles d'Elric, était le pire ennemi), à savoir Seaton Begg, le "détective métatemporel". Le pseudo-Zenith qui apparaît là est en fait le pire ennemi de Begg, si j'ai bien compris ; en faire un double d'Elric n'est pas illogique.


Oui, en me renseignant, il me semble que tu as raison. C'est une des beautés de sa production pléthorique: même après passé la majeure partie de ma vie à traquer et étudier ses œuvres, il y a encore des choses à explorer.

Photonik a écrit:C'est fou comme les délires de Grant Morrison dans son grand cycle sur Batman m'apparaissent rétrospectivement comme complètement issus de la démarche de Moorcock, avec ces multiples versions d'un même perso...


Ça me semble très vrai, effectivement. Quel dommage que Morrison soit brouillé avec Moore et Moorcock. Il me semble certain que les trois ont énormément en commun (même si les deux derniers sont clairement plus radicaux dans leur anarchie que Morrison... ce qui peut peut-être expliquer en partie leur animosité). J'aurais aimé voir des collaborations.

Photonik a écrit:Toujours au sujet de Grant Morrison qui a toujours clamé son admiration pour cette œuvre, il semble que son travail pour le théâtre (dont l'exemple le plus connu est la pièce "Red King Rising") soit sous très forte influence du travail de Rudkin, du propre aveu de l'écossais.


Tiens, je ne connais pas cette facette du travail de l'écossais. Intéressant.

Photonik a écrit:Je pense que je vais aborder le cas de "Penda's Fen" dans le cadre de l'émission très bientôt ; il n'existe pas à ma connaissance de version DVD ou Blu-Ray du film (peut-être en import, et encore..?), mais j'en ai trouvé une version correcte sur le net.


Si, le British Film Institute (la cinémathèque britannique, donc) l'a sorti en DVD et Blu-Ray. Je ne l'ai pas mais si j'en juge à partir d'autres de leurs productions, c'est probablement une très belle édition. Curieux de voir ce que tu en diras, en tous cas. Ça sera probablement l'occasion pour moi de combler cette lacune, au passage.

Photonik a écrit:Evidemment, ça nous permettra d'échanger sur ces thèmes autour desquels nous tournons ces dernières semaines et mois (la fameuse articulation primal/urbain...).


Tout à fait. Clairement un thème porteur de l'imaginaire de la fin du XXème siècle et du début du XXIème, et une obsession personnelle, que je suis heureux de partager.

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Épisode 19 : La Légion des ombres du Roi Penda

Dernière émission avant la pause rituelle pour les vacances de Pâques, puis on foncera dans la dernière ligne droite avant l'été...
Le programme cette semaine :

- Au rayon cinoche, on exhume un chef-d'oeuvre méconnu du cinéma britannique avec le "Penda's Fen" d'Alan Clarke et David Rudkin.

- On poursuit avec l'évocation de "La Croisière des Ombres" de Jean Ray, recueil de nouvelles fantastiques, dans tous les sens du terme, du Edgar Alan Poe belge.

- On termine avec la première saison de "Legion", grande réussite télévisuelle en matière d'adaptation de comic-books Marvel.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Howling Wave", extrait de l'album "Atom From Heart, signé par les normands de Christine, "Movie 1", issu de "Null And Void", des japonais de Ground Zero, "Silver Cloud", signé par les shoegazers anglais de The Venus Beads, et on termine avec une étonnante relecture du "Boléro" de Ravel issue de la première saison de "Legion"..!


"For long you live and high you fly
But only if you ride the tide
And balanced on the biggest wave
You race towards an early grave...."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Un peu pris par le temps aujourd'hui, j'ai à peine le temps de mettre en ligne le programme du dernier épisode. Je prendrai le temps demain ou vendredi de répondre à vos remarques, sans faute...

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Photonik a écrit:
- Au rayon cinoche, on aborde le cas de l'excellent "Dressé pour tuer", ou
"White Dog" en VO, du grand Samuel Fuller.


Ah, le film de Samuel Fuller est repassé il y a quelques mois sur Arte et ta chronique m'a fait regretté d'avoir loupé cette rediffusion. Je ne l'avais vu qu'une fois il y a longtemps et il m'avait fait une forte impression plus jeune...

- On poursuit avec la sortie en version française d'un titre (pour une poignée d'épisodes, malheureusement) absolument légendaire pour tant fan de BD anglo-saxonne qui se respecte, à savoir "Howard The Duck" du grand Steve Gerber.


Super chronique sur un comic-book et un personnage fascinants sur bien des points. J'ai lu les 16 premiers épisodes en V.O. (jusqu'au fameux épisode en prose) et c'était l'une des mes lectures préférées de l'année dernière. Il va d'ailleurs falloir que je m'achète les deux autres volumes de la dernière réédition U.S. en date (parce que j'ai l'impression qu'il ne faut pas compter sur Panini pour ça...surtout si Howard n'a pas de film ou de série... :wink: )...

- On termine avec "Le Chien de guerre", excellent roman signé Michael Moorcock, qui revisite Milton et sa propre mythologie (le fameux concept du
Champion Eternel) avec ce titre.


Faut vraiment que je dépoussière un jour mes Moorcock...parce que je suis sûr d'avoir lu ce roman, mais je ne m'en rappelle plus du tout.... :mrgreen:

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Snakes Vs Rats", extrait de l'album "Concrete Desert, signé The Bug Vs Earth, "Accidental Protégé", issu de "Rose Clouds of Holocaust", un des grands chefs-d'oeuvre de la discographie de Death In June, "Heaven Denies", signé par le heavy-metal all-star band Demons & Wizards, et on termine avec le beau "Hem", de King Woman..!


Pas mal du tout cette sélection. Je suis un peu plus réservé sur le premier morceau, que j'ai trouvé un peu long; mais j'ai beaucoup aimé cette chanson de Death in June; les ruptures de rythme du titre de Demons & Wizards (ça fonctionne bien sur moi généralement, ces cavalcades qui se terminent de manière plus calme) et la voix de la chanteuse de King Woman est envoûtante.

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Photonik a écrit:Épisode 18 : Un canard et deux chiens !!(?)!

Comme annoncé, la thématique "animalière" s'invite dans l'émission cette semaine ;

Jusque dans la musique : en plus du canard et des deux chiens, on a des serpents et des rats (signé The Bug vs. Earth, en plus) ! ~___^

Au rayon cinoche, on aborde le cas de l'excellent "Dressé pour tuer", ou "White Dog" en VO, du grand Samuel Fuller.

Malheureusement, les "white dogs", ça existe encore (je ene savais pas qu'il y avait un nom pour ces chiens dressés à attaquer un type de population...) J'en ai déjà vu qui était dressés à attaquer toute personne qui n'avait pas la peau claire... En l'occurrence, ça visait principalement les manouches (beaucoup plus nombreux, là où j'ai vu ces chiens, que les noirs). Pauvres chiens, dont on lave le cerveau à cause de la connerie humaine... Et que l'on condamne à la peine de mort s'ils s'attaquent à quelqu'un : chien dangereux (alors que le maître s'en sort en général avec une amende, et éventuellement une courte peine de prison).

On poursuit avec la sortie en version française d'un titre (pour une poignée d'épisodes, malheureusement) absolument légendaire pour tant fan de BD anglo-saxonne qui se respecte, à savoir "Howard The Duck" du grand Steve Gerber.

Tu cites Cerebus en parlant d'un ornictérope : c'est un oryctérope : un animal qui vit en Afrique subsaharienne... Et ce n'est pas exactement un fourmilier : il se nourrit d'ailleurs essentiellement de termites :
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Tori.

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Ektah a écrit:Oui, "Multiverse" est intéressant. Sois prévenu, par contre: Moorcock n'a pas fait preuve du moindre didactisme en écrivant cela. C'est, de toute évidence, un comics fait pour les gens qui, d'une, sont familiers avec le principe de multiverse et, surtout, connaissent les différents avatars du Champion Éternel, y compris dans ses nuances


Oui, c'est ce que j'ai lu à son sujet en faisant deux trois recherches dessus ; même des lecteurs pourtant rompus à l'art moorcockien (c'est-à-dire avec une douzaine ou une quinzaine de ses romans dans la besace, ce qui commence à faire quand même) considèrent que c'est imbitable... ce qui paradoxalement m'intrigue encore plus. :wink:

Ektah a écrit:(il me semble qu'il y a plusieurs versions de Elric, notamment... je me demande même si ce n'est pas dans cette bd que Moorcock fait de Monsieur Zenith, le personnage de pulp novels, un de ces avatars).



Alors à ce que j'ai compris, c'est encore plus subtil que ça, mais je me trompe peut-être : il y a dans cette BD la version made in Moorcock de Sexton Blake, sorte de Sherlock Holmes du pauvre dont Moorcock était fan (et dont Monsieur Zenith, un des modèles d'Elric, était le pire ennemi), à savoir Seaton Begg, le "détective métatemporel". Le pseudo-Zenith qui apparaît là est en fait le pire ennemi de Begg, si j'ai bien compris ; en faire un double d'Elric n'est pas illogique.
C'est fou comme les délires de Grant Morrison dans son grand cycle sur Batman m'apparaissent rétrospectivement comme complètement issus de la démarche de Moorcock, avec ces multiples versions d'un même perso...

Ektah a écrit:En somme, c'est probablement l’œuvre la plus psychédélique de son auteur, ce qui n'est pas peu dire. Et il ne soucie pas le moins du monde d'éviter le trop-plein et je suis certain que ça peut paraître incroyablement abscons à beaucoup de monde. Mais c'est un peu le cœur de son art que d'aller jusqu'au bout de ses idées les plus débridées, à mon sens.


Décrit comme ça, ça fait sacrément envie en tout cas.

Ektah a écrit:Alors, "Penda's Fen", c'est un des manques les plus flagrants à ma culture Folk Horror. Je suis persuadé que c'est un des chefs d’œuvres du genre.
Le plus souvent, on considère que c'est une alliance entre la noirceur sociale des films suivants de Clarke (...) et de propos mythologiques et païens plus proche du FH habituel, cet aspect venant surtout du scénario de David Rudkin



Oui, à ce que j'ai lu l'implication de David Rudkin (que je ne connaissais pas) était cruciale, et totale, sur ce projet. Toujours au sujet de Grant Morrison qui a toujours clamé son admiration pour cette œuvre, il semble que son travail pour le théâtre (dont l'exemple le plus connu est la pièce "Red King Rising") soit sous très forte influence du travail de Rudkin, du propre aveu de l'écossais.

Je pense que je vais aborder le cas de "Penda's Fen" dans le cadre de l'émission très bientôt ; il n'existe pas à ma connaissance de version DVD ou Blu-Ray du film (peut-être en import, et encore..?), mais j'en ai trouvé une version correcte sur le net.
Evidemment, ça nous permettra d'échanger sur ces thèmes autour desquels nous tournons ces dernières semaines et mois (la fameuse articulation primal/urbain...).

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Photonik a écrit:Tu m'as l'air de connaître bien mieux que moi le canon moorcockien, donc j'aurais tendance à te faire confiance là-dessus (je ne connais pas "Second Aether" ni "Multiverse", mais je vais creuser du côté de ce dernier titre, je crois). Globalement, je suis de toutes façons beaucoup plus Jerry Cornélius que Elric, y'a pas photo.


Oui, "Multiverse" est intéressant. Sois prévenu, par contre: Moorcock n'a pas fait preuve du moindre didactisme en écrivant cela. C'est, de toute évidence, un comics fait pour les gens qui, d'une, sont familiers avec le principe de multiverse et, surtout, connaissent les différents avatars du Champion Éternel, y compris dans ses nuances (il me semble qu'il y a plusieurs versions de Elric, notamment... je me demande même si ce n'est pas dans cette bd que Moorcock fait de Monsieur Zenith, le personnage de pulp novels, un de ces avatars). Bon, ceci dit, si tu ne comprends pas certaines références, les wikis qui lui sont consacrés sont sans doute suffisants pour combler les trous.

http://www.multiverse.org//index.php?title=Michael_Moorcock%E2%80%99s_Multiverse

http://stormbringer.wikia.com/wiki/Multiverse

Accessoirement, c'est aussi l’œuvre où Moorcock s'amuse à casser le quatrième mur: il est représenté dans un casino de Biloxi, sur les bords du Mississipi, cet endroit étant justement le point de départ du cycle du Second Aether (avant de partir dans des aventures maritimes dans le chaos qui se trouve entre les mondes).

En somme, c'est probablement l’œuvre la plus psychédélique de son auteur, ce qui n'est pas peu dire. Et il ne soucie pas le moins du monde d'éviter le trop-plein et je suis certain que ça peut paraître incroyablement abscons à beaucoup de monde. Mais c'est un peu le cœur de son art que d'aller jusqu'au bout de ses idées les plus débridées, à mon sens.

Photonik a écrit:Tiens, une question pour toi, Manu ; je viens de tomber sur une référence dont je me dis qu'elle a tout pour te parler. En fait je suis persuadé que tu connais ça, ça n'est pas possible autrement : connais-tu le film "Penda's Fen" d'Alan Clarke ? Sur le papier, ça m'a l'air fabuleux, et quand je lis en plus que Grant Morrison en a repris des passages entiers pour certains dialogues de son "Doom Patrol"...


Alors, "Penda's Fen", c'est un des manques les plus flagrants à ma culture Folk Horror. Je suis persuadé que c'est un des chefs d’œuvres du genre. Le plus souvent, on considère que c'est une alliance entre la noirceur sociale des films suivants de Clarke (enfin, si c'est aussi hardcore que "Scum", je pense qu'on peut parler d'horreur sociale) et de propos mythologiques et païens plus proche du FH habituel, cet aspect venant surtout du scénario de David Rudkin (Clarke ayant reconnu n'avoir pas compris certains aspects de cette histoire). Et on en revient donc à cette histoire de contraste entre primal et urbain dont nous parlions tantôt. Je suis sûr que c'est un film passionnant.

Photonik a écrit:J'en avais jamais entendu parler avant la semaine dernière, via une référence dans le dernier numéro de New Noise (dans une chronique consacrée à un disque d'hantologie justement ; là par contre la référence m'échappe sur le moment, mais je remettrai la main dessus).


J'ai déjà quelques numéros mais il faut que je pense à m'abonner à New Noise.

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Marko a écrit:D'ailleurs le premier épisode de Miller sur DD en tant que dessinateur marque un tournant à plus d'un titre, puisque le héros perd sa némésis, laissant ainsi le champ libre à Fisk. (...) Le "Death Stalker" n'a pas été oublié, comme en témoigne l'épisode avec la maison piégée


Oui, je le vois comme ça aussi, ce premier épisode dessiné par Miller ; c'est le passage symbolique à une autre ère du perso. DD n'avait pas vraiment d'archi-ennemi à la Fatalis ou Joker à ce moment-là : celui de ses adversaires qui s'en rapprochait le plus était à la rigueur le "Death-Stalker". En s'en débarrassant, les auteurs laissaient effectivement le champ libre au duo Kingpin / Bullseye, qui à eux deux remplissaient ce rôle parfaitement.
Quant à l'épisode fameux de la maison piégée, un fan-favorite (à juste titre), il vient renforcer à posteriori l'aura de cet adversaire plutôt flippant.

Marko a écrit:Cela doit correspondre au run de Wolfman il me semble (le "Jester" qui manipule les médias).


Tu as raison, je me suis mélangé les pinceaux ; cette saga "médiatique" était bien signée Wolfman et non Gerber.

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D'ailleurs le premier épisode de Miller sur DD en tant que dessinateur marque un tournant à plus d'un titre, puisque le héros perd sa némésis, laissant ainsi le champ libre à Fisk. Même si Bullseye était dans les parages depuis l'ère Wolfman, il a acquis un degré de dangerosité supplémentaire avec Miller.
Le "Death Stalker" n'a pas été oublié, comme en témoigne l'épisode avec la maison piégée, et je crois me souvenir qu'il y a eu une histoire par une équipe créative européenne qu'il l'a brièvement fait revenir par le truchement du voyage temporel.

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Photonik a écrit:et d'une saga assez mémorable avec le Pitre, si je ne m'égare pas...


Cela doit correspondre au run de Wolfman il me semble (le "Jester" qui manipule les médias).

Et puisque le grand Bernie Wrightson nous a quitté il n'y a pas si longtemps, c'est l'occasion de ressortir ce poster, correspondant au moment où Howard avait pour ambition de devenir président (rien que ça).

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Marko a écrit: il évoque son run sur DD (pas ce qu'il a fait de mieux objectivement, mais certaines des premières histoires de tête à cornes que j'ai pu lire correspondent à ce run et à celui de Marv Wolfman, ce qui fait que je garde une affection pour cette période, et en particulier pour le personnage du "Death Stalker")


Ce n'est effectivement pas vraiment le haut du panier de sa production, mais faut dire que la concurrence est rude.
J'en garde moi aussi un très bon souvenir en bon lecteur de Strange (et j'aime aussi beaucoup le Death-Stalker, "Le Chasseur" en VF d'époque si je ne m'abuse), je me souviens des incursions de l'Homme-Chose également, et d'une saga assez mémorable avec le Pitre, si je ne m'égare pas...

Marko a écrit:Pourtant ses incursions chez Vertigo n'ont pas été très nombreuses


C'est vrai, mais en amont de cette ère-là du "grand" Vertigo, il a vraiment fait beaucoup pour en forger l'esprit "à l'avance", ironiquement chez Marvel avec des titres comme le "Foolkiller" ou "Void Indigo" avant ça (chez Epic). C'est du pur Vertigo avant l'heure.
Pas étonnant qu'il trouve son compte chez chez ceux qui sont finalement ses propres héritiers artistiques.

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Marko a écrit:Effectivement Gene Colan, qui avait déjà pris la suite de Brunner sur Doctor Strange, était très inspiré sur cette série,


C'est pour moi une des très bonnes surprises de ces premiers épisodes (pas encore lu la suite, mais je ne vais pas manquer de le faire). Je suis fan de Gene Colan mais je le trouve inégal, même au sein d'un même run ou titre (tous ses épisodes de "Daredevil" ou de "Doctor Strange" ne se valent pas, à mes yeux. Ici c'est sa très bonne veine.

Marko a écrit:Je ne suis pas un grand aficionado de Steve Leialoha, mais je trouve qu'il l'a très bien secondé à l'encrage.


Tiens, je n'ai pas dit un mot sur l'encrage durant ma chronique, mais j'aurais pu préciser une autre des raisons du départ très prématuré de Frank Brunner : le travail des encreurs, tous des incompétents chez Marvel à l'époque selon Brunner, a-t-il précisé dans une interview a posteriori. Pas sympa !!

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Dans cette interview, où il évoque son run sur DD (pas ce qu'il a fait de mieux objectivement, mais certaines des premières histoires de tête à cornes que j'ai pu lire correspondent à ce run et à celui de Marv Wolfman, ce qui fait que je garde une affection pour cette période, et en particulier pour le personnage du "Death Stalker"), il est intéressant de noter, que lui même en retour appréciait les oeuvres des auteurs anglais.

http://www.manwithoutfear.com/daredevil ... ews/Gerber

Pourtant ses incursions chez Vertigo n'ont pas été très nombreuses, avec notamment la mini-série "Nevada", dont le personnage de la danseuse est si j'ai bien compris plus ou moins inspirée par celle qui apparaît dans la double page de Howard the Duck#16. Et il a également retrouvé son personnage fétiche dans le cadre du label "Max".

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Photonik a écrit:- On poursuit avec la sortie en version française d'un titre (pour une poignée d'épisodes, malheureusement) absolument légendaire pour tant fan de BD anglo-saxonne qui se respecte, à savoir "Howard The Duck" du grand Steve Gerber.


Effectivement Gene Colan, qui avait déjà pris la suite de Brunner sur Doctor Strange, était très inspiré sur cette série, et particulièrement pour l'arc dans l'asile avec Daimon Hellstrom (Gerber s'étant justement occupé de ses aventures solos), qui n'est toutefois pas présent dans ce volume.
Je ne suis pas un grand aficionado de Steve Leialoha, mais je trouve qu'il l'a très bien secondé à l'encrage. Et que dire des adversaires de Howard, tous plus excentriques les uns que les autres, à l'instar du Beaver et de la vieille femme obsédée par les reins.

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Épisode 18 : Un canard et deux chiens !!(?)!

Comme annoncé, la thématique "animalière" s'invite dans l'émission cette semaine ; pur hasard du calendrier, les amis...
Le programme :

- Au rayon cinoche, on aborde le cas de l'excellent "Dressé pour tuer", ou "White Dog" en VO, du grand Samuel Fuller.

- On poursuit avec la sortie en version française d'un titre (pour une poignée d'épisodes, malheureusement) absolument légendaire pour tant fan de BD anglo-saxonne qui se respecte, à savoir "Howard The Duck" du grand Steve Gerber.

- On termine avec "Le Chien de guerre", excellent roman signé Michael Moorcock, qui revisite Milton et sa propre mythologie (le fameux concept du Champion Eternel) avec ce titre.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Snakes Vs Rats", extrait de l'album "Concrete Desert, signé The Bug Vs Earth, "Accidental Protégé", issu de "Rose Clouds of Holocaust", un des grands chefs-d'oeuvre de la discographie de Death In June, "Heaven Denies", signé par le heavy-metal all-star band Demons & Wizards, et on termine avec le beau "Hem", de King Woman..!


"I've stained the land
Millenniums I've prayed
Now I know there's no release
Since Paradise is lost I hold a Crown
I know Your Name but I am just your
Fallen Angel of Doom..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

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Ektah a écrit: Mais, de toute façon, je pense que tu devrais écouter. Les albums sont sur Youtube, si tu veux. Bon, c'est certain qu'il y a un aspect 90's un peu vieillot aujourd'hui mais, si tu dépasses ça, je trouve que c'est de la très bonne came.


Oui, à ce compte-là, ça ne coûte rien d'y jeter une oreille par curiosité ; je le ferai.
Je ne suis absolument pas bloqué par l'aspect "vintage 90's", ça ne me dérange pas du tout et je dépasse ça sans problème. Ayant été adolescent dans les années 90, je suis attaché à cette esthétique en fait. On entend souvent dire que c'est une décennie de morosité pré-"millenium tension" où il ne s'est rien passé d'excitant, mais c'est un constat on ne peut plus faux à mon sens. C'est peut-être vrai de la culture "mainstream", je ne sais pas, mais rien de plus faux pour ce qui se passait dans les marges...

Ektah a écrit:
Et, pour ce qui est de la période ambient de Aphex Twin, le premier "Selected Ambient Works" m'a franchement laissé sur ma faim. Par contre, le second est un chef d’œuvre, et reste encore très haut dans ma liste des productions de Richard D. James.


Complètement d'accord sur ce double constat.

Ektah a écrit:
Je suis très loin d'être un spécialiste de l’œuvre de Gerber mais je crois que j'avais pu y penser, par moments, à la lecture d'"Animal Man". Enfin, j'attends de voir ce que tu en diras.


Il y a de ça, c'est évident. Plus largement, je pensais au canevas type des titres Vertigo des années 90, qui vient tout droit de "Howard The Duck".

Ektah a écrit:
Bon, je reste très attaché à Elric aussi: entre les livres, les bds et le jeu de rôles, il a été une des présences les plus constantes de mon adolescence mais, aujourd'hui, je trouve quand même qu'il a été moins aventureux et psychédélique sur ce personnage que sur d'autres cycles plus barrés comme les "Danseurs de la fin des temps", Jerry Cornelius, "Second Aether" ou le cycle de comics paru chez Helix, "Michael Moorcock's Multiverse" (qui peut être vu comme une tentative d'unification de tous les aspects de son hypercycle). (...) À coté de tout ça, Elric me parait un peu fade, j'en ai peur


Tu m'as l'air de connaître bien mieux que moi le canon moorcockien, donc j'aurais tendance à te faire confiance là-dessus (je ne connais pas "Second Aether" ni "Multiverse", mais je vais creuser du côté de ce dernier titre, je crois). Globalement, je suis de toutes façons beaucoup plus Jerry Cornélius que Elric, y'a pas photo.

Ektah a écrit:
Bon, ceci étant dit, je chipote: tout dans Moorcock est recommandable, à mon sens (en fait, c'est même la conjonction de tout ça qui le rend si passionnant) mais ces quelques exemples, à mon sens, se hissent encore plus haut dans mon opinion.


Exactement, je dirais de même ; c'est la somme des différentes facettes de son travail (auquel il faut rajouter quelques perles isolées comme "Mother London" ou "Voici l'Homme") qui rend son œuvre si impressionnante.

Ektah a écrit:
Ben, Erekosë, je le mets un peu dans la même catégorie que Hawkmoon ou Corum: ce sont des créations du temps où il ne maîtrisait pas encore tout à fait son art, à mon sens, et où, en conséquence, l'idée originelle (celle que tu évoques, justement) est plus intéressante que son exécution.


Oui, là encore je suis d'accord avec toi ; j'ai avancé dans le premier tome ("Le Champion Eternel") et c'est un peu le constat que je fais aussi : passé les sensationnelles 20 ou 25 premières pages, c'est assez convenu, quoique plaisant.

Tiens, une question pour toi, Manu ; je viens de tomber sur une référence dont je me dis qu'elle a tout pour te parler. En fait je suis persuadé que tu connais ça, ça n'est pas possible autrement : connais-tu le film "Penda's Fen" d'Alan Clarke ? Sur le papier, ça m'a l'air fabuleux, et quand je lis en plus que Grant Morrison en a repris des passages entiers pour certains dialogues de son "Doom Patrol"...
J'en avais jamais entendu parler avant la semaine dernière, via une référence dans le dernier numéro de New Noise (dans une chronique consacrée à un disque d'hantologie justement ; là par contre la référence m'échappe sur le moment, mais je remettrai la main dessus).

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Photonik a écrit:Eh bien je vais jeter une oreille à ça. Je suis très très fan de la période purement ambient d'Aphex Twin ; si ça y ressemble ça a tout pour me plaire.


Non, ce n'est pas vraiment le même style. Il y a des aspects assez dub et house, par moments, en plus de l'ambient. Il y a aussi des chansons sous influences indiennes (je me demande bien comment McCartney a eu cette idée ?) Disons que Aphex Twin était juste une supposition envisageable. Mais, de toute façon, je pense que tu devrais écouter. Les albums sont sur Youtube, si tu veux. Bon, c'est certain qu'il y a un aspect 90's un peu vieillot aujourd'hui mais, si tu dépasses ça, je trouve que c'est de la très bonne came. Au passage, je trouve le deuxième album, "Rushes", meilleur que le premier.

Et, pour ce qui est de la période ambient de Aphex Twin, le premier "Selected Ambient Works" m'a franchement laissé sur ma faim. Par contre, le second est un chef d’œuvre, et reste encore très haut dans ma liste des productions de Richard D. James.

Photonik a écrit:Je n'ai pas vu le film de Lucas, et ça m'aurait emmerdé de le voir avant de lire le titre de Steve Gerber. Le perso a évidemment plus de valeur que la piètre réputation du film ne le laisse penser. En fait (et sans grande surprise) je vais être particulièrement élogieux avec "Howard The Duck", car plus ça avance et plus je vois l'influence incroyable de Gerber sur ce que la BD anglo-saxonne a produit de mieux les 20 années qui ont suivi... je pense à Morrison et Moore, bien sûr, mais aussi aux grandes heures de Vertigo en règle générale.


Je suis très loin d'être un spécialiste de l’œuvre de Gerber mais je crois que j'avais pu y penser, par moments, à la lecture d'"Animal Man". Enfin, j'attends de voir ce que tu en diras.

Photonik a écrit:Je reste attaché à ce bon vieux Elric, mais je dois dire que j'ai été particulièrement emballé par ce "Chien de Guerre". Peut-être plus d'ailleurs pour le portrait de Lucifer qui est fait au début du roman que pour Von Bek lui-même.


Bon, je reste très attaché à Elric aussi: entre les livres, les bds et le jeu de rôles, il a été une des présences les plus constantes de mon adolescence mais, aujourd'hui, je trouve quand même qu'il a été moins aventureux et psychédélique sur ce personnage que sur d'autres cycles plus barrés comme les "Danseurs de la fin des temps", Jerry Cornelius, "Second Aether" ou le cycle de comics paru chez Helix, "Michael Moorcock's Multiverse" (qui peut être vu comme une tentative d'unification de tous les aspects de son hypercycle). D'ailleurs, ces deux derniers exemples ("Second Aether" et "Multiverse") sont ceux où Lucifer réapparaît. À coté de tout ça, Elric me parait un peu fade, j'en ai peur, même si les histoires tardives, "La forteresse de la parle" et "La revanche de la rose" (entre autres) se permettent plus de libertés.

Bon, ceci étant dit, je chipote: tout dans Moorcock est recommandable, à mon sens (en fait, c'est même la conjonction de tout ça qui le rend si passionnant) mais ces quelques exemples, à mon sens, se hissent encore plus haut dans mon opinion.

Photonik a écrit:J'attaque en ce moment le premier tome de la trilogie Erekosë ; l'approche de Moorcock sur ce perso m'intéresse, puisqu'elle diffère de celle des autres incarnations du Champion Eternel : celui-là a conscience de son statut.


Ben, Erekosë, je le mets un peu dans la même catégorie que Hawkmoon ou Corum: ce sont des créations du temps où il ne maîtrisait pas encore tout à fait son art, à mon sens, et où, en conséquence, l'idée originelle (celle que tu évoques, justement) est plus intéressante que son exécution. Mais, bon, ça reste bien sympathique aussi. Et ça m'amuse de considérer qu'il est censé ressembler à Burt Lancaster.

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Ektah a écrit:Je ne pense pas que ce soit une question de cadre fermé. C'est juste une histoire de qualité d'écriture, à mon avis (Futurama s'est arrêté avant d'avoir eu le temps de mal tourner, alors que les Simpsons...).



C'est vrai, "Futurama" n'a pas eu le temps de mal tourner, quand "Les Simpsons" n'y ont pas coupé au fil du temps. Mais cette histoire de cadre fermé, c'est Groening lui-même qui l'évoquait. Selon lui, c'était l'impulsion première de "Futurama" : un univers satirique à la "Simpson" mais plus libre du fait du contexte.
Au début, les correspondances entre certains persos des deux séries étaient d'ailleurs saillantes : Groening s'est rendu compte que Bender était trop proche d'un Homer dans un premier temps. Il a progressivement plus clairement distingué les deux personnages.


Ektah a écrit:Tout à fait. D'autant plus qu'à ses débuts, les membres du groupe, "The Fireman", étaient anonymes, à la manière du Killing Joke originel. Et le web archaïque des années 90 se passionnait pour la recherche de l'identité de ses membres. Un des suspects principaux, en fait, était Aphex Twin: l'IDM n'existait pas encore vraiment et il en était encore à sa phase ambient, qui pouvait faire penser au style du "Fireman" des débuts. Bons souvenirs...



Eh bien je vais jeter une oreille à ça. Je suis très très fan de la période purement ambient d'Aphex Twin ; si ça y ressemble ça a tout pour me plaire.

Ektah a écrit:Ouais, je suis assez d'accord. Une sorte de vision déformée de l'esprit profond de l'Amérique. La méthode de Lynch (et "Wild Palms"), en somme.



Exactement ; ça apparaît d'ailleurs déjà dans "Faith No More" sur "Angel Dust", surtout, et dans une moindre mesure sur "King For A Day, Fool For A Lifetime", ce côté autopsie de l'authentique "americana".

Ektah a écrit:Après, je me demande quel est l'apport de Patton à cette ambiance, et celui de Spruance, sur "California". (...) Enfin, j'imagine que c'était une préoccupation commune aux deux artistes (et John Zorn n'est probablement pas loin).


Je crois aussi que c'est une préoccupation commune. Néanmoins, si j'ai bien compris, "California" est beaucoup plus le fruit de la pensée de Spruance que de celle de Patton (même si je trouve son travail au chant purement extraordinaire sur ce coup).

Ektah a écrit:Et, sinon, je viens de me rendre compte que j'étais également familier avec Tsuitsui pour son interprétation du père dans "Gemini", l'hommage de Shinya Tsukomoto à Edogawa Ranpo. Le film a quelques problèmes mais il n'est pas inintéressant et, en particulier, la performance de Tsuistui est certainement un des points qui apporte de la substance.


Ah bon ?? J'avais pas relevé ça. Faut dire que je n'ai pas revu "Gemini" depuis une bonne quinzaine d'années. Je suis d'accord sur ton appréciation du film, nonobstant.

Ektah a écrit:Oui, je crois que je vois ce que tu veux dire. Ça n'est plus très frais dans ma tête non plus mais c'est un des principes de "Mais qu'avez-vous fait à Solange ?", par exemple, non ?


Absolument, je pensais à ce film-là en particulier, en effet. Je pense que cette problématique de révolution sexuelle dans un pays comme l'Italie, aussi marqué (au fer rouge) par le catholicisme, est particulièrement saillante... si j'ose dire. :wink:

Ektah a écrit:Et, tiens, tu parlais, il y a quelques semaines des liens souterrains entre le metal et la synthwave à la Carpenter Brut et Electric Dragon. Je crois que j'ai trouvé un groupe qui le fait plus ouvertement encore: Master Boot Record. Ça peut être intéressant de jeter une oreille, je crois.

https://masterbootrecord.bandcamp.com/

https://soundcloud.com/masterbootrecordmusic/albums




Je le note !!! Merci encore pou toutes ces pistes.

Ektah a écrit:Très bonne nouvelle, dans les trois cas: il me semble qu'Howard a effectivement besoin de retrouver une place plus proche de son mérite, à la manière de ce que tu as fait pour "Man-Thing". Tout le monde a tendance à s'arrêter à la purge de George Lucas alors que le personnage a certainement beaucoup plus de valeur que ça.


Je n'ai pas vu le film de Lucas, et ça m'aurait emmerdé de le voir avant de lire le titre de Steve Gerber. Le perso a évidemment plus de valeur que la piètre réputation du film ne le laisse penser. En fait (et sans grande surprise) je vais être particulièrement élogieux avec "Howard The Duck", car plus ça avance et plus je vois l'influence incroyable de Gerber sur ce que la BD anglo-saxonne a produit de mieux les 20 années qui ont suivi... je pense à Morrison et Moore, bien sûr, mais aussi aux grandes heures de Vertigo en règle générale.

Ektah a écrit:"White Dog" est un chef d’œuvre absolu, un des sommets de la carrière de son auteur, qui pourtant comporte son lot de films parfaits. Bon, je ne sais pas si tu as prévu d'en parler, mais j'imagine que tu sais que le film récent "White God" comporte son lot de références à la péloche de Fuller.


J'avais prévu d'en parler, en effet ; j'ai vu "White God" en salles ; là aussi le film a quelques problèmes, mais c'est une œuvre assez saisissante.

Ektah a écrit:Et Von Bek, le héros du "Chien de Guerre", est probablement mon second avatar préféré du Champion Éternel de Moorcock (après Jerry Cornelius, quand même). Curieux de voir ce que tu en feras.


Je reste attaché à ce bon vieux Elric, mais je dois dire que j'ai été particulièrement emballé par ce "Chien de Guerre". Peut-être plus d'ailleurs pour le portrait de Lucifer qui est fait au début du roman que pour Von Bek lui-même.
J'attaque en ce moment le premier tome de la trilogie Erekosë ; l'approche de Moorcock sur ce perso m'intéresse, puisqu'elle diffère de celle des autres incarnations du Champion Eternel : celui-là a conscience de son statut.

Ektah a écrit:Je suis assez d'accord mais je me demande si l'animation numérique n'est pas problématique à cause justement de la pauvreté de l'écriture récente. Après tout, "Futurama" a opté pour un mélange d'animation traditionnelle et informatique depuis le début (il me semble) sans que ça ne me cause de gêne. Il me semble que, dans le cas des "Simpsons", l'animation est le révélateur du problème, pas la cause.



C'est probablement une conjonction des deux. Mais il est vrai que le côté plus "rudimentaire" de l'animation à l'ancienne me semblait mieux coller à la fois à l'esprit mais aussi au "tempo comique" de la série, jusque dans le rendu des maladresses et des imperfections.

Ektah a écrit:Bon, ceci étant dit, il n'est pas impossible aussi que le cadre sf de "Futurama" se prête plus à l'aspect synthétique de la 3D.


C'est très vrai, il me semble.

Avatar de Ektah

Le Doc a écrit:
Ektah a écrit:Personnellement, mon film d'horreur préféré est sans aucun doute "L'au-delà" de Fulci (malgré les araignées en mousse et les zombies rajoutés sans logique dans l'histoire, juste parce que c'était la mode) et la musique de Fabio Frizzi y est pour énormément.


Ah moi, elles m'ont bien fait frissonner, ces araignées...c'est un passage qui a toujours son petit effet sur moi... :wink:

http://www.comics-sanctuary.com/forum/l-au-dela-lucio-fulci-t75779.html

Et Von Bek, le héros du "Chien de Guerre", est probablement mon second avatar préféré du Champion Éternel de Moorcock (après Jerry Cornelius, quand même).


Et à propos de Jerry Cornelius :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/les-decimales-du-futur-robert-fuest-t90601.html



Ouais, j'ai fait une petite liste d'articles que je veux commenter dans le ciné-club, avec ces deux-là inclus, mais le temps est une denrée si rare. Bientôt...

Mais, en guise d'avant-goût, je suis d'accord: Moorcock a eu la dent dure avec "Les décimales du futur". Le film n'est pas inintéressant et Robert Fuest est un cinéaste passionnant.

Bon, par contre, probablement parce que je ne suis pas arachnophobe, la scène des araignées ne fonctionne pas vraiment sur moi. Mais le film se rattrape tellement sur le reste...

Avatar de Le Doc

Ektah a écrit:Personnellement, mon film d'horreur préféré est sans aucun doute "L'au-delà" de Fulci (malgré les araignées en mousse et les zombies rajoutés sans logique dans l'histoire, juste parce que c'était la mode) et la musique de Fabio Frizzi y est pour énormément.


Ah moi, elles m'ont bien fait frissonner, ces araignées...c'est un passage qui a toujours son petit effet sur moi... :wink:

http://www.comics-sanctuary.com/forum/l-au-dela-lucio-fulci-t75779.html

Et Von Bek, le héros du "Chien de Guerre", est probablement mon second avatar préféré du Champion Éternel de Moorcock (après Jerry Cornelius, quand même).


Et à propos de Jerry Cornelius :

http://www.comics-sanctuary.com/forum/les-decimales-du-futur-robert-fuest-t90601.html

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Disons que c’est de la bd pour étudiant en architecture (ou histoire de l’art, ne soyons pas sectaires).


Ha ha !! ça me fait marrer car ma compagne a effectivement été étudiante en histoire de l'art, justement..!
Faudrait que je me décide à lire ça, vu que ça traîne à la maison. Mais, comme tu dis, tellement à lire et si peu de temps...


Moi de même. Mais que ça ne t'empêche pas d'aller jeter un coup d’œil: une bonne œuvre reste une bonne œuvre, quelque soit le public visé.

Photonik a écrit:Je dirais aussi que le contexte science-fictionnel de "Futurama" décuple les possibilités de vannes (et les possibilités narratives tout court, d'ailleurs), un peu comme c'est le cas des épisode spéciaux pour Halloween dans la série-mère.


Bon, en même temps, il ne se sont jamais gêné pour incorporer des éléments fantastiques ou sf quand ils le voulaient, dans les épisodes d'Halloween (qui restent les sommets de la série, d'ailleurs) ou ailleurs. Je ne pense pas que ce soit une question de cadre fermé. C'est juste une histoire de qualité d'écriture, à mon avis (Futurama s'est arrêté avant d'avoir eu le temps de mal tourner, alors que les Simpsons...).

Il y aussi simplement le fait que Matt Groening et David X. Cohen avaient l'expérience des Simpsons lorsqu'ils ont créé Futurama, amenant une véritable compréhension de ce qui rend un personnage attachant. Pendant les premières saisons des Simpsons, par contre, ils étaient juste en train de défricher le terrain.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Tiens, marrant, je pensais que tu allais parler du projet de Youth avec Paul McCartney.


Non, tu m'apprends l'existence de ce projet, en fait. Etonnant !!!


Tout à fait. D'autant plus qu'à ses débuts, les membres du groupe, "The Fireman", étaient anonymes, à la manière du Killing Joke originel. Et le web archaïque des années 90 se passionnait pour la recherche de l'identité de ses membres. Un des suspects principaux, en fait, était Aphex Twin: l'IDM n'existait pas encore vraiment et il en était encore à sa phase ambient, qui pouvait faire penser au style du "Fireman" des débuts. Bons souvenirs...

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Joli, les chœurs à la Beach Boys dès le début du morceau. J'ai eu un peu des réminiscences de l'album " California " de Mr. Bungle, par moments.


Ce disque de Mr. Bungle, c'est pour moi la toute meilleure veine de Patton. Avec les deux premiers Fantômas, je ne suis pas loin de penser que c'est ce qu'il a fait de mieux, même si j'adore aussi "Disco Volante" (mais je me l'enfile pas tous les jours, hein). Et Faith No More, bien sûr.


Ouais, je suis assez d'accord. Une sorte de vision déformée de l'esprit profond de l'Amérique. La méthode de Lynch (et "Wild Palms"), en somme.

Après, je me demande quel est l'apport de Patton à cette ambiance, et celui de Spruance, sur "California". Après tout, il y a des traces de cette thématique dans Secret Chiefs 3, sans Patton donc. Il suffit d'écouter et de regarder le clip de leur reprise d'"Exodus" de Morricone. On est clairement dans le même esprit. En fait, je ne suis pas loin de voir dans cette chanson la suite de "Pink Cigarette". Enfin, j'imagine que c'était une préoccupation commune aux deux artistes (et John Zorn n'est probablement pas loin).

Photonik a écrit:Oui, l'adaptation de "Paprika" par Kon est pour moi un des plus grands films du 21ème siècle naissant, rien de moins.


Oui, je suis probablement d'accord.

Photonik a écrit:De Tsutsui, je recommande son très noir (et pourtant drôle) "Hell", dont les transitions d'un "niveau de réalité" à un autre donnent le tournis, tout simplement.


Intéressant. C'est noté.

Et, sinon, je viens de me rendre compte que j'étais également familier avec Tsuitsui pour son interprétation du père dans "Gemini", l'hommage de Shinya Tsukomoto à Edogawa Ranpo. Le film a quelques problèmes mais il n'est pas inintéressant et, en particulier, la performance de Tsuistui est certainement un des points qui apporte de la substance.

Photonik a écrit:Pour la vision sarcastique mais pas totalement négative de la révolution sexuelle, c'est une thématique qui me semble passionnante et qui était loin d'être aussi rare que ça dans les années 70. Certains gialli, par exemple, s'en font le relais.


Oui, je crois que je vois ce que tu veux dire. Ça n'est plus très frais dans ma tête non plus mais c'est un des principes de "Mais qu'avez-vous fait à Solange ?", par exemple, non ?

Et, tiens, tu parlais, il y a quelques semaines des liens souterrains entre le metal et la synthwave à la Carpenter Brut et Electric Dragon. Je crois que j'ai trouvé un groupe qui le fait plus ouvertement encore: Master Boot Record. Ça peut être intéressant de jeter une oreille, je crois.

https://masterbootrecord.bandcamp.com/

https://soundcloud.com/masterbootrecordmusic/albums


Photonik a écrit:J'élargirais bien aussi aux BO des films d'horreur italiens en règle générale : je suis très fan de la BO du "Frayeurs" de Fulci par exemple.


Personnellement, mon film d'horreur préféré est sans aucun doute "L'au-delà" de Fulci (malgré les araignées en mousse et les zombies rajoutés sans logique dans l'histoire, juste parce que c'était la mode) et la musique de Fabio Frizzi y est pour énormément.

Photonik a écrit:Tant que j'y suis, je tease complètement : il sera donc question de "Howard The Duck" de Steve Gerber, tout récemment paru (trop discrètement) en VF, mais aussi d'un film de Samuel Fuller intitulé "White Dog", et d'un roman de Michael Moorcock, "Le Chien de guerre", ces différents titres justifiant mon calembour animalier...


Très bonne nouvelle, dans les trois cas: il me semble qu'Howard a effectivement besoin de retrouver une place plus proche de son mérite, à la manière de ce que tu as fait pour "Man-Thing". Tout le monde a tendance à s'arrêter à la purge de George Lucas alors que le personnage a certainement beaucoup plus de valeur que ça.

"White Dog" est un chef d’œuvre absolu, un des sommets de la carrière de son auteur, qui pourtant comporte son lot de films parfaits. Bon, je ne sais pas si tu as prévu d'en parler, mais j'imagine que tu sais que le film récent "White God" comporte son lot de références à la péloche de Fuller.

Et Von Bek, le héros du "Chien de Guerre", est probablement mon second avatar préféré du Champion Éternel de Moorcock (après Jerry Cornelius, quand même). Curieux de voir ce que tu en feras.

Marko a écrit:À propos des Simpsons, une des raisons qui font que je me suis lassé de la série est sans doute lié à au changement progressif d'animation (en plus des scénarios moins inspirés).


Je suis assez d'accord mais je me demande si l'animation numérique n'est pas problématique à cause justement de la pauvreté de l'écriture récente. Après tout, "Futurama" a opté pour un mélange d'animation traditionnelle et informatique depuis le début (il me semble) sans que ça ne me cause de gêne. Il me semble que, dans le cas des "Simpsons", l'animation est le révélateur du problème, pas la cause.

Bon, ceci étant dit, il n'est pas impossible aussi que le cadre sf de "Futurama" se prête plus à l'aspect synthétique de la 3D.

Chouettes gifs, au passage.

calvinball a écrit:Je crois surtout que le consensus des historiens autour de l'existence de Jesus est en partie constitué par des historiens "croyants", ce qui permet souvent aux historiens ou commentateurs "athées" d'attaquer ce consensus.


Alors, mes informations datent carrément mais, quand j'étais étudiant en archéologie (il y a quasiment 15 ans... ouf), on considérait que la première source crédible (c'est à dire provenant d'une source extérieure aux croyants chrétiens) se situe dans des archives romaines faisant état de groupes séditieux se réclamant de la figure de Jésus vers 60 après J.-C.. Ceci étant dit, des mouvements qui se réfèrent à des figures imaginaires, ça existe, mais le fait que cela se passe une trentaine d'années après sa mort supposée aurait tendance à indiquer une source réelle. Un mythe prend généralement plus de temps que ça pour se développer. Donc, pas moyen d'être catégorique sur la question mais quand même une forte supposition.

Après, il est possible que de nouveaux développements soient apparus ces dernières années.

calvinball a écrit:Si ce n'est que son Apocalypto ajoute une réflexion sur la technologie vs croyance et sur la civilisation qui m'avait parue lui donner une épaisseur supérieure encore par rapport ces autres films (je n'ai pas encore vu son dernier).


Exactement. Je pense que c'est pour ça que c'est mon film préféré dans sa filmographie.

calvinball a écrit:Ah ! je comprend tout à fait le rapprochement entre ces deux artistes, il fût un temps où l'on parlait de Gibson sur la réalisation du Genghis Khan écrit par Milius.


Ah, je l'ignorais. J'aurais adoré voir ça: ça m'aurait fait oublier celui avec John Wayne (une personne qui n'est d'ailleurs pas sans ressemblances avec Mad Mel et John Milius).

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Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Je suis aussi très fan des Simpsons (même si je préfère Futurama)

Entre les deux mon coeur balance, mais effectivement peut-être "Futurama" l'emporte-t-il d'une courte tête.


À propos des Simpsons, une des raisons qui font que je me suis lassé de la série est sans doute lié à au changement progressif d'animation (en plus des scénarios moins inspirés).
Si la période qui va de la saison 2 à la saison 6 a ma préférence (j'ai tendance à mettre à part l'animation plus rudimentaire de la première saison), au-delà des gags et de la caractérisation, c'est sans doute également lié au rendu du style d'animation, plus fluide et plus brut de décoffrage, moins lisse que celui des saisons suivantes, trop froid à mon goût, accentuant ce côté propret, limite aseptisé, bien loin du charme (lié aussi au granuleux de l'image), des imperfections et de la crudité visuelle des premières années du show.

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Le fait que la série ait délaissé l'animation traditionnelle (qui nécessite l'usage des celluloïds) à partir des saisons 13-14 pour la version digitale est un élément clé de cette évolution, et forcément à l'écran le feeling n'est plus du tout le même (avec en plus la haute définition qui s'ajoute à cela à partir de la saison 20 environ).

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Photonik a écrit:Inégal, c'est bien le mot.


Comme Milligan en somme (le gouffre entre ses "X-Men" et ses "X-Statix" et presque aussi important que celui qui sépare "Journey into Mystery" et "Uncanny X-Men").

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C'est vrai, tu as raison ; même si je n'ai pas suivi sur la longueur, j'ai beaucoup aimé ses premiers épisodes sur "Dark Vador".
Inégal, c'est bien le mot.

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je me demande comment on peut être aussi brillant par moments et aussi peu inspiré à d'autres...


C'est clair...et je ne mettrais même pas ça sur le compte des "contraintes" liées aux grosses séries des univers partagés puisqu'il fait du très bon boulot sur les comics Star Wars...

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Le Doc a écrit:Excellente analyse du cinéma de Mel Gibson.


Merci !!! :D

Le Doc a écrit:Je n'ai pas encore vu Tu ne tueras point...et je le ferai même si j'ai été échaudé par le dernier film de guerre de Mel Gibson en tant qu'acteur, le très mauvais Nous étions soldats (par son collaborateur habituel, Randall Wallace).


Pas vu pour ma part, mais à ce que j'ai lu (toujours ce fameux papier dans Mad Movies), ça n'a rien à voir ; ils prennent même ce film qu'ils n'ont pas du tout aimé, comme toi, comme le contre-exemple de ce qu'est "Tu ne tueras point". A cette occasion; j'ai d'ailleurs appris que c'était Gibson qui était initialement chargé de réaliser "Nous étions soldats", avant de le confier à Wallace.

Le Doc a écrit:J'ai vu les 4 premiers longs métrage de Mel le fou en tant que réalisateurs et j'avoue ma préférence pour les 2 premiers, L'Homme sans Visage et Braveheart (j'ai aussi aimé Apocalypto hein, un film plein de qualités).
Les qualités cinématographiques de La Passion du Christ, je les reconnais aussi mais j'ai détesté le film. Je n'ai pas su aller au-delà de mon rejet du sujet (la religion et moi, ça fait deux) et ce long chemin de croix gore qui m'a fatigué plus qu'autre chose...


Hmmm, tu m'intrigues avec ton appréciation de "L'Homme sans visage" ; j'étais pas forcément tenté par le film à la base, mais tu n'es pas le premier à en dire du bien. J'étais déjà décidé à mater "Apocalypto", mais je crois que je donnerai finalement sa chance à ce film-là aussi.

Pour "La Passion du Christ", même si j'aime le film, même si je lui trouve des qualités et même de la profondeur, il faut bien dire que c'est fondamentalement un film désagréable. J'imagine que c'est en partie le but, bien sûr. Pas le genre de film qui se revoit tous les mois, quoi (même si depuis le temps je le reverrais bien, là).

Le Doc a écrit:Très bonne chronique sur Young Avengers, une série qui m'avait bien enthousiasmé à l'époque. Je n'ai pas tout lu de Gillen (pas encore lu ses titres publiés par Glenat par exemple), mais pour les autres séries dont tu parles, nos avis se rejoignent sur bien des points...


Oui, et notamment j'imagine sur mon appréciation négative de ses titres les plus en vue chez Marvel, non ? Ses "Iron Man" et ses "X-Men", mon dieu... je me demande comment on peut être aussi brillant par moments et aussi peu inspiré à d'autres...
Heureusement, ses titres chez Glénat sont clairement à ranger du côté des "Journey Into Mystery" et autres "Young Avengers", soit le haut du panier de sa production.

Le Doc a écrit:Pas vraiment le genre de roman que j'aime lire, mais ça m'a l'air bien barré, en tout cas...


Oh oui, ça l'est assurément !!!

Le Doc a écrit:J'adore écouter des B.O. de giallo (et de films d'horreur italiens en général) et ce thème est excellent et met bien dans l'ambiance...


Oui, on en réécoutera à l'occasion, des BO de gialli ; sur les bons conseils d'Ektah, je suis en train de creuser ça. J'élargirais bien aussi aux BO des films d'horreur italiens en règle générale : je suis très fan de la BO du "Frayeurs" de Fulci par exemple.


Tori a écrit:Et là, ça devient "Tumatxakur" ! ~___^

Tori.


Hey, pas mal !!!! :D
(pour les non-bascophones, et je vous sais nombreux, "txakur" signifie "chien" en basque...)

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Le Doc a écrit:Excellente analyse du cinéma de Mel Gibson.


Merci !!! :D

Le Doc a écrit:Je n'ai pas encore vu Tu ne tueras point...et je le ferai même si j'ai été échaudé par le dernier film de guerre de Mel Gibson en tant qu'acteur, le très mauvais Nous étions soldats (par son collaborateur habituel, Randall Wallace).


Pas vu pour ma part, mais à ce que j'ai lu (toujours ce fameux papier dans Mad Movies), ça n'a rien à voir ; ils prennent même ce film qu'ils n'ont pas du tout aimé, comme toi, comme le contre-exemple de ce qu'est "Tu ne tueras point". A cette occasion; j'ai d'ailleurs appris que c'était Gibson qui était initialement chargé de réaliser "Nous étions soldats", avant de le confier à Wallace.

Le Doc a écrit:J'ai vu les 4 premiers longs métrage de Mel le fou en tant que réalisateurs et j'avoue ma préférence pour les 2 premiers, L'Homme sans Visage et Braveheart (j'ai aussi aimé Apocalypto hein, un film plein de qualités).
Les qualités cinématographiques de La Passion du Christ, je les reconnais aussi mais j'ai détesté le film. Je n'ai pas su aller au-delà de mon rejet du sujet (la religion et moi, ça fait deux) et ce long chemin de croix gore qui m'a fatigué plus qu'autre chose...


Hmmm, tu m'intrigues avec ton appréciation de "L'Homme sans visage" ; j'étais pas forcément tenté par le film à la base, mais tu n'es pas le premier à en dire du bien. J'étais déjà décidé à mater "Apocalypto", mais je crois que je donnerai finalement sa chance à ce film-là aussi.

Pour "La Passion du Christ", même si j'aime le film, même si je lui trouve des qualités et même de la profondeur, il faut bien dire que c'est fondamentalement un film désagréable. J'imagine que c'est en partie le but, bien sûr. Pas le genre de film qui se revoit tous les mois, quoi (même si depuis le temps je le reverrais bien, là).

Le Doc a écrit:Très bonne chronique sur Young Avengers, une série qui m'avait bien enthousiasmé à l'époque. Je n'ai pas tout lu de Gillen (pas encore lu ses titres publiés par Glenat par exemple), mais pour les autres séries dont tu parles, nos avis se rejoignent sur bien des points...


Oui, et notamment j'imagine sur mon appréciation négative de ses titres les plus en vue chez Marvel, non ? Ses "Iron Man" et ses "X-Men", mon dieu... je me demande comment on peut être aussi brillant par moments et aussi peu inspiré à d'autres...
Heureusement, ses titres chez Glénat sont clairement à ranger du côté des "Journey Into Mystery" et autres "Young Avengers", soit le haut du panier de sa production.

Le Doc a écrit:Pas vraiment le genre de roman que j'aime lire, mais ça m'a l'air bien barré, en tout cas...


Oh oui, ça l'est assurément !!!

Le Doc a écrit:J'adore écouter des B.O. de giallo (et de films d'horreur italiens en général) et ce thème est excellent et met bien dans l'ambiance...


Oui, on en réécoutera à l'occasion, des BO de gialli ; sur les bons conseils d'Ektah, je suis en train de creuser ça. J'élargirais bien aussi aux BO des films d'horreur italiens en règle générale : je suis très fan de la BO du "Frayeurs" de Fulci par exemple.


Tori a écrit:Et là, ça devient "Tumatxakur" ! ~___^

Tori.


Hey, pas mal !!!!

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Et là, ça devient "Tumatxakur" ! ~___^

Tori.

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Effectivement. :wink:

Tant que j'y suis, je tease complètement : il sera donc question de "Howard The Duck" de Steve Gerber, tout récemment paru (trop discrètement) en VF, mais aussi d'un film de Samuel Fuller intitulé "White Dog", et d'un roman de Michael Moorcock, "Le Chien de guerre", ces différents titres justifiant mon calembour animalier...

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Marko a écrit:
Photonik a écrit:on y causera d'un canard et de deux chiens. Whaaaaaaat ?!?!? :wink:


Je parie sur le canard de Gerber.

Oui, parce que je ne pense pas qu'il s'agisse de Picsou et de deux Rapetou...
Ni de lire un journal en mangeant deux hot-dogs ! ~___^

Tori.

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Photonik a écrit:- Au rayon cinoche, on parle d'un film récent, en l'occurrence "Hacksaw Ridge/Tu ne tueras point", dernier film en date de Mel "Le Zinzin" Gibson.


Excellente analyse du cinéma de Mel Gibson. Je n'ai pas encore vu Tu ne tueras point...et je le ferai même si j'ai été échaudé par le dernier film de guerre de Mel Gibson en tant qu'acteur, le très mauvais Nous étions soldats (par son collaborateur habituel, Randall Wallace).
J'ai vu les 4 premiers longs métrage de Mel le fou en tant que réalisateurs et j'avoue ma préférence pour les 2 premiers, L'Homme sans Visage et Braveheart (j'ai aussi aimé Apocalypto hein, un film plein de qualités).
Les qualités cinématographiques de La Passion du Christ, je les reconnais aussi mais j'ai détesté le film. Je n'ai pas su aller au-delà de mon rejet du sujet (la religion et moi, ça fait deux) et ce long chemin de croix gore qui m'a fatigué plus qu'autre chose...

- On poursuit avec une excellentissime sortie BD, à savoir le tome Marvel Deluxe qui regroupe tous les épisodes du titre "Young Avengers", avec Kieron Gillen et Jamie McKelvie aux commandes.


Très bonne chronique sur Young Avengers, une série qui m'avait bien enthousiasmé à l'époque. Je n'ai pas tout lu de Gillen (pas encore lu ses titres publiés par Glenat par exemple), mais pour les autres séries dont tu parles, nos avis se rejoignent sur bien des points...

- On termine avec un étrange et drolatique petit roman, "Les hommes salmonelle sur la Planète Porno", signé par celui-ci qui fut qualifié de "Philip K. Dick nippon", autrement dit Yasutaka Tsutsui.


Pas vraiment le genre de roman que j'aime lire, mais ça m'a l'air bien barré, en tout cas...

"Euphoria", extrait du dernier album en date, "Pylon", de Killing Joke, "All The Colors Of The Dark", reprise d'un des thèmes les plus fameux du giallo par Grails, "Hate On" signé par le trio Nevermen, et on termine avec le fabuleux "Desvelh" des occitans d'Artus..!


Pas accroché à Nevermen, mais pour le reste, c'est du tout bon. J'adore écouter des B.O. de giallo (et de films d'horreur italiens en général) et ce thème est excellent et met bien dans l'ambiance...

Avatar de Photonik

Et tu tapes dans le mille !!!

Avatar de Marko

Photonik a écrit:on y causera d'un canard et de deux chiens. Whaaaaaaat ?!?!? :wink:


Je parie sur le canard de Gerber.

Avatar de Photonik

La critique très élogieuse de "Tu ne tueras point" dans le dernier Mad Movies insistait d'ailleurs sur la parenté entre les travaux de Gibson et ceux de Milius. Mel Gibson est un fan du "Conan" de Milius, et ça se voit pas mal dans "Braveheart" par exemple.
Je crois même que la série télé "Rome", conçue par Milius, doit pas mal à un projet avorté qui aurait dû être signé Mel Gibson. Beaucoup de passerelles entre ces deux cinéastes, on le voit...

Tu me donnes furieusement envie, en tout cas, de combler mes lacunes et de mater au moins "Apocalypto", qui semble décidément avoir pas mal d'atouts à faire valoir.


Bon, et sinon la mauvaise nouvelle de la semaine (tout est relatif, hein :wink: ), c'est qu'il n'y aura pas d'émission, pour des raisons totalement indépendantes de ma volonté (urgence professionnelle en plein enregistrement, foiré du coup). Grrrrrrr.
On se retrouve sans faute la semaine prochaine, sans compter que le programme est déjà bien établi. Un peu de teasing, les amis : on y causera d'un canard et de deux chiens. Whaaaaaaat ?!?!? :wink:

Avatar de calvinball

Photonik a écrit:Alors dans mon esprit, pendant l'émission, quand je dis "Jésus n'existe pas" ou un truc comme ça, je pensais bien au Christ ou au Messie, à l'incarnation de Dieu quoi. Pas forcément au personnage historique, effectivement. Votre précision à Tori et à toi a donc du sens.
Ceci dit, je crois bien qu'il existe une frange d'historiens assez "militants" dans leur athéisme peut-être (relayés par un Michel Onfray, par exemple) qui mettent en doute son existence tout court.


Je crois surtout que le consensus des historiens autour de l'existence de Jesus est en partie constitué par des historiens "croyants", ce qui permet souvent aux historiens ou commentateurs "athées" d'attaquer ce consensus.
ça rend, à mon sens, la discussion historiographique assez intéressante.
De toute façon existe ou existe pas, ça a peu d'importance, le personnage, lui, a pleinement vécu quelques 2017 ans, ce qui n'est pas si mal...


Par ailleurs je souscris assez à ton analyse du cinéma du Mad Mel, et notamment ce traitement autour du corps. Si ce n'est que son Apocalypto ajoute une réflexion sur la technologie vs croyance et sur la civilisation qui m'avait parue lui donner une épaisseur supérieure encore par rapport ces autres films (je n'ai pas encore vu son dernier).

Ektah a écrit:De la même manière, j'adore le Conan de John Milius alors que, bon, si on s'interroge deux secondes sur son contenu théorique….


Ah ! je comprend tout à fait le rapprochement entre ces deux artistes, il fût un temps où l'on parlait de Gibson sur la réalisation du Genghis Khan écrit par Milius. J'imagine qu'entre la traversée du désert du premier et les problèmes de santé du second, le projet à dû tomber à l'eau, mais ça aurait pu faire des étincelles !

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:Eh oui, ça fait maintenant quelques années que les Cahiers ont fait le travail que Telerama persiste à refuser. Désolé, c’était ma minute de méchanceté gratuite (bien que méritée)....


Amplement méritée, même.
Dans "Les Cahiers..." actuels, il y a des tas de plumes nouvelles qui ont apporté un vent de fraîcheur à la ligne de la revue. Je pense à Stéphane du Mesnildot, par exemple, que je vois intervenir dans des tas de bonus DVD de films fort intéressants (récemment "R100" de Matsumoto par exemple), et qui auraient été conspués par les "Cahiers..." il y a encore peu.

Ektah a écrit:Et je n’ai rien vu du réalisateur, Franco Zefirrelli.


Il y a une éternité de ça, j'avais vu son "Jésus de Nazareth", mais c'est trop vieux dans mon esprit pour en dire quoi que ce soit de pertinent...

Ektah a écrit:Mais, de ses films eux-même, j’ai un peu l’image que quelque chose d’assez ampoulé et convenu. Bon, le fait qu’il ait été colistier de Silvio Berlusconi dans son parti politique a peut-être un peu modifié mon impression sur son cinéma.


Berlusconi ? Diable.
Même en mettant de côté ces accointances politiques, je crois que tu ne te trompes pas sur son cinéma ; ce n'est pas tant mon souvenir de son "Jésus" qui me fait dire ça que des papiers que j'ai pu lire à droite à gauche.

Ektah a écrit:Disons que c’est de la bd pour étudiant en architecture (ou histoire de l’art, ne soyons pas sectaires).


Ha ha !! ça me fait marrer car ma compagne a effectivement été étudiante en histoire de l'art, justement..!
Faudrait que je me décide à lire ça, vu que ça traîne à la maison. Mais, comme tu dis, tellement à lire et si peu de temps...

Ektah a écrit:Disons que, en plus des blagues (souvent irrésistibles, en ce qui me concerne), “Futurama” se paie le luxe de créer une véritable empathie pour ses personnages, ce que je ressens juste un peu moins pour la famille Simpson.


Je dirais aussi que le contexte science-fictionnel de "Futurama" décuple les possibilités de vannes (et les possibilités narratives tout court, d'ailleurs), un peu comme c'est le cas des épisode spéciaux pour Halloween dans la série-mère.

Ektah a écrit:Tiens, marrant, je pensais que tu allais parler du projet de Youth avec Paul McCartney.


Non, tu m'apprends l'existence de ce projet, en fait. Etonnant !!!

Ektah a écrit:Alors, juste un petit détail en passant. Le fait qu'il y ait eu un indépendantiste religieux nommé Jésus en Galilée à cette époque est encore discuté de nos jours mais le consensus serait plutôt sur le fait qu'il a bel et bien existé. Après, qu'il soit la personnification du verbe divin…


Alors dans mon esprit, pendant l'émission, quand je dis "Jésus n'existe pas" ou un truc comme ça, je pensais bien au Christ ou au Messie, à l'incarnation de Dieu quoi. Pas forcément au personnage historique, effectivement. Votre précision à Tori et à toi a donc du sens.
Ceci dit, je crois bien qu'il existe une frange d'historiens assez "militants" dans leur athéisme peut-être (relayés par un Michel Onfray, par exemple) qui mettent en doute son existence tout court.

Ektah a écrit:Basiquement, c'est un exercice de pensée : étudier, comprendre et voir à sa juste valeur les créations artistiques des idéologies fondamentalement contraires aux miennes (sans forcément chercher des excuses, d'ailleurs). Je pense que c'est une gymnastique mentale de grande valeur.


Tout à fait, c'est ainsi que je le vois. Et sans ce genre de confrontations à des pensées "autres", je vois mal comment on peut faire évoluer la sienne propre, à moins de chercher en permanence à être confortés dans ses certitudes.

Ektah a écrit:D'ailleurs, ton laïus sur la vision hollywoodienne du film de guerre m'a rappelé une série d'articles sur l’histoire des liens entre Hollywood et le Pentagone dans le fanzine marseillais " Aaarg ! " (qui est une sorte de successeur spirituel à Hara-Kiri). Je recommande également.


Intéressant...


Ektah a écrit:Hey, merci pour la référence.


Tu l'as pas volé. :wink:

Ektah a écrit:Joli, les chœurs à la Beach Boys dès le début du morceau. J'ai eu un peu des réminiscences de l'album " California " de Mr. Bungle, par moments.


Ce disque de Mr. Bungle, c'est pour moi la toute meilleure veine de Patton. Avec les deux premiers Fantômas, je ne suis pas loin de penser que c'est ce qu'il a fait de mieux, même si j'adore aussi "Disco Volante" (mais je me l'enfile pas tous les jours, hein). Et Faith No More, bien sûr.

Ektah a écrit:Oh, un nouveau projet de Mike Patton. Quelle surprise…


Alors si j'ai bien compris, Dead Cross, c'est surtout un projet de Dave Lombardo que Patton a rejoint sur le tard, alors que le boulot était déjà bien avancé.

Ektah a écrit:Wow. Ça a l'air passionnant. Très curieux de lire ça, aussi. Je n'ai vu que l'adaptation de "Paprika" qui est un chef d’œuvre absolu, bien sûr.


Oui, l'adaptation de "Paprika" par Kon est pour moi un des plus grands films du 21ème siècle naissant, rien de moins.
De Tsutsui, je recommande son très noir (et pourtant drôle) "Hell", dont les transitions d'un "niveau de réalité" à un autre donnent le tournis, tout simplement.

Ektah a écrit:A ta description, j'ai aussi un peu pensé à un point en particulier de " Transmetropolitan ", l'église transhumaniste de Fred Christ qui passe d'une sorte de lupanar tantrique à une secte corrompue au dernier degré, notamment à un niveau politique. Il me semble y avoir retrouvé une vision sarcastique, mais pas totalement condamnatoire, de la révolution sexuelle.


Ah c'est bien possible, ce n'est plus très frais dans ma tête ; ça fait longtemps que je me dis qu'il faut que je relise ça.
Pour la vision sarcastique mais pas totalement négative de la révolution sexuelle, c'est une thématique qui me semble passionnante et qui était loin d'être aussi rare que ça dans les années 70. Certains gialli, par exemple, s'en font le relais.

Ektah a écrit:Fichtre, c'est extraordinaire aussi (Artus). Tu m'étonnes que l'influence de King Crimson est sensible. Et on en revient à cette thématique du Folk Horror.
Et toute référence à Michel Pastoureau rend le disque indispensable.


C'est un groupe fabuleux, ouais. Et ce sont des tueurs sur scène. Je les ai vus 5 ou 6 fois (je connais un peu Romain Baudoin, qui tient la vielle à roue dans le groupe), et notamment l'été dernier en première partie de Gojira (ils sont potes, ils viennent du même coin). Leur set était axé sur ce dernier disque, qui est sublimé sur scène, vraiment.

Ektah a écrit:Au final, encore un épisode très solide, cette semaine.


Eh bien laisse-moi te dire que ton appréciation me fait toujours autant plaisir. :D

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Ektah a écrit:Alors, juste un petit détail en passant. Le fait qu'il y ait eu un indépendantiste religieux nommé Jésus en Galilée à cette époque est encore discuté de nos jours mais le consensus serait plutôt sur le fait qu'il a bel et bien existé. Après, qu'il soit la personnification du verbe divin…

Ah, oui, je voulais en parler aussi : Le fait que Jésus ait existé n'est pratiquement pas discuté... Le fait que le Christ ait existé, en revanche l'est (ou que ce Jésus soit le messie)...

Tori a écrit:Ah, tiens, aucun rapport, mais ce lien pourrait t'intéresser : il s'agit d'archives des films d'animations japonais... Il y a des films de l'entre deux guerres, mais aussi le premier film d'animation du Japon (dans une version restaurée) : Namakuragatana, qui date de 1917...


Fort intéressant. Merci. Je te pique ça.

De rien. Quand je suis tombé sur le site, je me suis dit que ça en intéresserait probablement d'autres que moi.

Tori.

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Le Doc a écrit:Je ne connaissais pas du tout. Ca m'a l'air très intrigant, merci pour le tuyau.
Tiens, je vois que c'est l'un des quelques films de la courte carrière de Luigi Bazzoni. J'en profite donc pour rappeler que Photonik a écrit un billet sur son Journée noire pour un bélier dans les colonnes du Ciné-Club.


Oh oui. C’est clairement un film qui mérite d’être plus reconnu. Content que ma recommandation rencontre un écho en ces pages. A découvrir, vraiment.

Pour “Journée noire pour un bélier”, ça fait longtemps que je me suis promis de le visionner. Tant de films à voir et si peu d’heures dans la journée...

Photonik a écrit:(...)dans l'excellent récent dossier consacré au giallo dans... "Les Cahiers du Cinéma" (eh oui, qui l'aurait cru il y a quelques années seulement...).


Eh oui, ç fait maintenant quelques années que les Cahiers ont fait le travail que Telerama persiste à refuser. Désolé, c’était ma minute de méchanceté gratuite (bien que méritée)....

Photonik a écrit:Tiens, je le connais pas, ce "Brother Sun, Sister Moon", mais a priori ça peut m'intéresser...


Je n’ai pas vu le film, donc je ne sais pas s’il est à recommander ou pas, mais la musique de Ortolani me plaît bien. Et je n’ai rien vu du réalisateur, Franco Zefirrelli. En fait, le principal écho que j’ai de ce dernier vient du personnage d’Uncle Monty dans “Withnail and I” est censé être basé sur lui, donc quelque chose entre le vieux sage et la caricature d’homosexuel.

Mais, de ses films eux-même, j’ai un peu l’image que quelque chose d’assez ampoulé et convenu. Bon, le fait qu’il ait été colistier de Silvio Berlusconi dans son parti politique a peut-être un peu modifié mon impression sur son cinéma. Il est tout à fait possible que je me trompe. À voir.

Photonik a écrit:Ah oui ? Tiens, je demanderai à ma compagne si elle est tombée sur ça ; elle adore Schuiten, dont perso je ne connais pas du tout le travail...


C’est le dernier tome paru dans la série. Il doit avoir 3-4 ans, maintenant. Pour les bds de Schuiten et Peeters, je les trouve merveilleuses mais c’est certainement une œuvre polarisatrice. Disons que c’est de la bd pour étudiant en architecture (ou histoire de l’art, ne soyons pas sectaires). Enfin, lis-en une pour te faire une idée, je pense.

Photonik a écrit:Entre les deux mon coeur balance, mais effectivement peut-être "Futurama" l'emporte-t-il d'une courte tête.


Disons que, en plus des blagues (souvent irrésistibles, en ce qui me concerne), “Futurama” se paie le luxe de créer une véritable empathie pour ses personnages, ce que je ressens juste un peu moins pour la famille Simpson.

Photonik a écrit:Pour Bart, c'est moi qui m'enflamme un peu peut-être, mais la coïncidence me semblerait énorme.


Oh oui, je suis sûr que c’est vrai: la coïncidence est trop grande. Mais, en fait, je crois bien avoir également entendu une interview de Groening expliquant le lien avec le mot “brat”. Enfin, c’est tout à fait possible qu’il y ait plusieurs jeux de mots dans ce nom.

Photonik a écrit:"Euphoria", extrait du dernier album en date, "Pylon", de Killing Joke


Tiens, marrant, je pensais que tu allais parler du projet de Youth avec Paul McCartney.

Photonik a écrit:- Au rayon cinoche, on parle d'un film récent, en l'occurrence "Hacksaw Ridge/Tu ne tueras point", dernier film en date de Mel "Le Zinzin" Gibson.


Alors, juste un petit détail en passant. Le fait qu'il y ait eu un indépendantiste religieux nommé Jésus en Galilée à cette époque est encore discuté de nos jours mais le consensus serait plutôt sur le fait qu'il a bel et bien existé. Après, qu'il soit la personnification du verbe divin….

Par ailleurs, ta critique est tout à fait intéressante et me conforte dans l'idée que l'ami Mel, si on arrive à accepter le sous-texte idéologique (pas le nier, par contre : ça reste le cœur de son cinéma), est probablement un des artistes les plus passionnants de l'industrie hollywoodienne actuelle. Basiquement, c'est un exercice de pensée : étudier, comprendre et voir à sa juste valeur les créations artistiques des idéologies fondamentalement contraires aux miennes (sans forcément chercher des excuses, d'ailleurs). Je pense que c'est une gymnastique mentale de grande valeur. Et je rejoins donc l'avis de Tori : ce genre de distance devient chaque jour plus rare, ce qui me semble être un problème. Bien content que tu t'y adonnes.

De la même manière, j'adore le Conan de John Milius alors que, bon, si on s'interroge deux secondes sur son contenu théorique….

D'ailleurs, ton laïus sur la vision hollywoodienne du film de guerre m'a rappelé une série d'articles sur l’histoire des liens entre Hollywood et le Pentagone dans le fanzine marseillais " Aaarg ! " (qui est une sorte de successeur spirituel à Hara-Kiri). Je recommande également.

Photonik a écrit:"All The Colors Of The Dark", reprise d'un des thèmes les plus fameux du giallo par Grails


Hey, merci pour la référence.

Et très chouette reprise également. Ça faisait des années que je ne l'avais pas écoutée. Ça fait toujours plaisir de revenir aux classiques.

Photonik a écrit:"Hate On" signé par le trio Nevermen


Joli, les chœurs à la Beach Boys dès le début du morceau. J'ai eu un peu des réminiscences de l'album " California " de Mr. Bungle, par moments.

Oh, un nouveau projet de Mike Patton. Quel surprise…

Photonik a écrit:- On termine avec un étrange et drolatique petit roman, "Les hommes salmonelle sur la Planète Porno", signé par celui-ci qui fut qualifié de "Philip K. Dick nippon", autrement dit Yasutaka Tsutsui.


Wow. Ça a l'air passionnant. Très curieux de lire ça, aussi. Je n'ai vu que l'adaptation de "Paprika" qui est un chef d’œuvre absolu, bien sûr.

A ta description, j'ai aussi un peu pensé à un point en particulier de " Transmetropolitan ", l'église transhumaniste de Fred Christ qui passe d'une sorte de lupanar tantrique à une secte corrompue au dernier degré, notamment à un niveau politique. Il me semble y avoir retrouvé une vision sarcastique, mais pas totalement condamnatoire, de la révolution sexuelle.

Photonik a écrit:et on termine avec le fabuleux "Desvelh" des occitans d'Artus..!


Fichtre, c'est extraordinaire aussi. Tu m'étonnes que l'influence de King Crimson est sensible. Et on en revient à cette thématique du Folk Horror.
Et toute référence à Michel Pastoureau rend le disque indispensable.

D'ailleurs, je suis passé voir le bandcamp de leur label. J'ai l'impression qu'il y a des choses à explorer là-dedans.

Au final, encore un épisode très solide, cette semaine.

Tori a écrit:Ah, tiens, aucun rapport, mais ce lien pourrait t'intéresser : il s'agit d'archives des films d'animations japonais... Il y a des films de l'entre deux guerres, mais aussi le premier film d'animation du Japon (dans une version restaurée) : Namakuragatana, qui date de 1917...


Fort intéressant. Merci. Je te pique ça.

Avatar de Photonik

Ah oui, merci pour le lien ; potentiellement très intéressant, ça.

C'est souvent le cas en ce qui concerne des noms d'animaux, mais il y en a d'autres : un exemple classique, c'est le "ma" qui se retrouve dans beaucoup de langues pour désigner la mère (ou le sein maternel, la mamelle), et qui est juste un des premiers sons que les enfants arrivent à produire...

Tori.


On parle bien de la même chose.

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Photonik a écrit:
Tori a écrit:De Tsutsui, je n'ai lu que La traversée du temps (dont le film de Hosoda n'est, d'ailleurs, pas une adaptation, mais une "pseudo-suite")...


Ah oui ? Je n'avais pas percuté là-dessus, n'ayant pas lu le roman.

Le roman, c'est l'histoire de la tante de l'héroïne du film d'animation.

une explication possible, c'est l'idée que les termes très anciens (comme "hartza" effectivement) correspondent certainement, phonétiquement, à l'objet qu'ils décrivent ; j'ai déjà lu des choses à ce sujet. "Hartz" est peut-être une façon de désigner l'ours en "mimant" son grognement par exemple. Il est donc possible que des peuples géographiquement éloignés choisissent des termes voisins pour désigner une même chose.
Je ne sais pas si je suis très clair...

Si, tu es clair (et j'y avais pensé). C'est souvent le cas en ce qui concerne des noms d'animaux, mais il y en a d'autres : un exemple classique, c'est le "ma" qui se retrouve dans beaucoup de langues pour désigner la mère (ou le sein maternel, la mamelle), et qui est juste un des premiers sons que les enfants arrivent à produire...

Ah, tiens, aucun rapport, mais ce lien pourrait t'intéresser : il s'agit d'archives des films d'animations japonais... Il y a des films de l'entre deux guerres, mais aussi le premier film d'animation du Japon (dans une version restaurée) : Namakuragatana, qui date de 1917...

Tori.

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Tori a écrit:
Ce que j'aime, chez toi, c'est que même si tu n'es pas d'accord avec le cinéaste ou son message, tu défends ses films (tout en expliquant bien ce que tu n'aimes pas).


Ah ça me fait plaisir ce que tu dis là ; c'est très précisément ça en effet, au moins dans le cas de ce film de Mel Gibson...

Tori a écrit:À t'entendre, dans cette histoire, Tsutsui applique simplement le slogan "faites l'amour, pas la guerre"... ~___^


Ha ha !! C'est plutôt bien résumé en effet, même si comme je le dis dans l'émission, avec le très sarcastique Yasutaka Tsutsui il est toujours difficile de connaître ses intentions avec certitude...

Tori a écrit:De Tsutsui, je n'ai lu que La traversée du temps (dont le film de Hosoda n'est, d'ailleurs, pas une adaptation, mais une "pseudo-suite")...


Ah oui ? Je n'avais pas percuté là-dessus, n'ayant pas lu le roman.

Tori a écrit:C'est d'ailleurs étonnant que le mot en langue basque ressemble au mot dans les autres langues : les Basques ont dû rencontrer des ours (et donc les nommer) bien avant l'arrivée (l'invasion) des locuteurs de langues indo-européennes...

Tori.


Oui, c'est étonnant en effet. Il est clair que les Basques ont eu à faire à des ours de très longue date ; une explication possible, c'est l'idée que les termes très anciens (comme "hartza" effectivement) correspondent certainement, phonétiquement, à l'objet qu'ils décrivent ; j'ai déjà lu des choses à ce sujet. "Hartz" est peut-être une façon de désigner l'ours en "mimant" son grognement par exemple. Il est donc possible que des peuples géographiquement éloignés choisissent des termes voisins pour désigner une même chose.
Je ne sais pas si je suis très clair...

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Photonik a écrit:Retour à la formule classique, les amis...

Formule qui a fait ses preuves !

- Au rayon cinoche, on parle d'un film récent, en l'occurrence "Hacksaw Ridge/Tu ne tueras point", dernier film en date de Mel "Le Zinzin" Gibson.

Ce que j'aime, chez toi, c'est que même si tu n'es pas d'accord avec le cinéaste ou son message, tu défends ses films (tout en expliquant bien ce que tu n'aimes pas).

- On termine avec un étrange et drolatique petit roman, "Les hommes salmonelle sur la Planète Porno", signé par celui-ci qui fut qualifié de "Philip K. Dick nippon", autrement dit Yasutaka Tsutsui.

À t'entendre, dans cette histoire, Tsutsui applique simplement le slogan "faites l'amour, pas la guerre"... ~___^
De Tsutsui, je n'ai lu que La traversée du temps (dont le film de Hosoda n'est, d'ailleurs, pas une adaptation, mais une "pseudo-suite")... J'ai d'ailleurs deux éditions différentes, mais je crois que seule la couverture diffère (l'édition la plus récente reprend l'affiche du film).

on termine avec le fabuleux "Desvelh" des occitans d'Artus..!

J'ai bien aimé ta petite digression linguistique dans ta présentation du morceau (Artús, Arzh, Hartz, Ors, Ours)...
C'est d'ailleurs étonnant que le mot en langue basque ressemble au mot dans les autres langues : les Basques ont dû rencontrer des ours (et donc les nommer) bien avant l'arrivée (l'invasion) des locuteurs de langues indo-européennes...

Tori.

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Ektah a écrit:Ah non, je n'étais pas au courant. C'est effectivement fort intéressant. Je vais également explorer tout ça (et probablement commander quelques numéros de la revue, au passage). Chouette découverte.


Comme tu as pu le voir, les textes de tous les anciens numéros sont également disponibles sur le site.
J'y ai écrit un texte sur Grant Morrison, un autre sur le giallo, un texte un peu plus court sur la psychogéographie (qui est une sorte de compte-rendu de lecture du livre de Coverley qu'on a déjà cité ici) ; j'y ai également rédigé une retranscription de l'entretien radio avec Pacôme Thiellement, et j'ai également signé deux nouvelles, une histoire de fantômes et un récit SF (celui-là sera dispo sur le site un peu plus tard, au moment de la sortie du prochain numéro).

Ektah a écrit:Bon, après, "Persona" fait partie de ces œuvres fondamentales du cinéma "expérimental". À partir du moment où tu officie dans ce genre, comme Grandrieux, la référence est quasi-inévitable, qu'elle soit marquée et/ou revendiquée (comme Lynch, justement).


Tout à fait. Aux côtés de quelques autres comme "8 1/2" de Fellini et "Hiroshima mon amour", c'est vraiment une oeuvre fondatrice de ce type de cinéma ; difficile de passer à côté...

Ektah a écrit:En fait, j'ai l'impression que les compositeurs de musiques de films de genre italiens fonctionnent comme les réalisateurs qu'ils accompagnent: il est très rare qu'ils se cantonnent à un genre, préférant en général varier les projets. Et, du coup, c'est souvent intéressant de chercher les ressemblances dans des œuvres à priori dissemblables: par exemple, quand il fait des westerns (Les 4 de l'Apocalypse), des drames (Beatrice Cenci) ou de l'heroïc-fantasy (Conquest), Lucio Fulci reste Lucio Fulci.


Tout à fait exact, encore une fois. Peut-être les uns et les autres n'ont-ils pas toujours eu le choix (soumis aux desiderata des producteurs, qui fonctionnaient sur le principe des "filons" du moment), mais il n'empêche que ça donne des filmos passionnantes dans leur éclectisme, Fulci en étant effectivement un excellent exemple.

Ektah a écrit:Et je trouve que c'est également vrai avec des compositeurs comme Riz Ortolani, effectivement. J'écoutais l'autre jour sa musique pour "Brother Sun, Sister Moon", un biopic sur St. François d'Assise. Sa composition n'est pas sans liens avec celle pour "Cannibal Holocaust".


Tiens, je le connais pas, ce "Brother Sun, Sister Moon", mais a priori ça peut m'intéresser...

Ektah a écrit:Alors, le truc avec "Taxandria", c'est que le film a eu une histoire troublée


Oui, j'ai vu ça ; je me suis un peu renseigné dessus depuis que tu l'as cité et il semble effectivement que le réalisateur a été très empêché sur ce coup.

Ektah a écrit:Mais le grand François Schuiten, un des principaux collaborateurs pour l'aspect graphique du film, a ressorti, plus tard, sous forme de nouvelle illustrée, une version plus proche du projet original, sous le nom "Souvenirs de l’Éternel présent", l'incluant au passage dans son cycle des Cités Obscures. C'est mieux mais la différence de format rend l'expérience très différente.


Ah oui ? Tiens, je demanderai à ma compagne si elle est tombée sur ça ; elle adore Schuiten, dont perso je ne connais pas du tout le travail...

Ektah a écrit:Je suis aussi très fan des Simpsons (même si je préfère Futurama)


Entre les deux mon coeur balance, mais effectivement peut-être "Futurama" l'emporte-t-il d'une courte tête.
Et à propos de séries animées comiques, je me suis mis à "BoJack Horseman", et c'est de la très très bonne came, même si je n'ai vu que trois épisodes à ce stade (et j'ai lu que ça devenait encore mieux par la suite).

Ektah a écrit:les arguments que tu avances sont assez indéniables (surtout par rapport à Tahiti Bob) mais j'avais toujours entendu dire que Bart portait son prénom juste parce qu'il ressemble au mot "brat". J'imagine que c'est une double référence.


Pour Tahiti Bob, c'est sûr, je me demande d'ailleurs si Matt Groening ne l'a pas explicitement confirmé lorsqu'il confiait son amour pour les "5000 doigts...". Pour Bart, c'est moi qui m'enflamme un peu peut-être, mais la coïncidence me semblerait énorme.

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Marko a écrit:En plus de Noh-Varr et Loki, Gillen a également intégré dans ses "Young Avengers" le personnage très charismatique qu'est Miss America (et également Prodigy dans un rôle un peu moins conséquent).


Exact. Pour être franc, ce n'est pas tout à fait un oubli de ma part, je voulais surtout me concentrer sur Marvel Boy et Kid Loki (surtout ce dernier, vraiment central dans le travail de Gillen). Je n'ai en plus pas lu la mini ("Vengeance", je crois ?) où elle fait sa première apparition.
Mais moi aussi j'aime bien ce perso, tant sous la plume de Gillen que celle d'Ewing plus récemment...


Marko a écrit:Avec les séries respectives de Gillen et Ewing, on peut dire que le plus fameux "trickster" de Marvel a été plutôt bien servi ces dernières années (il y a aussi le graphic novel moins récent d'Esad Ribic, mais celui-là je ne l'ai pas encore lu).


Oui, Loki a été très bien servi, c'est le moins que l'on puisse dire.
Pour l'album avec Ribic, que j'avais lu à sa sortie (et me rappelle avoir bien aimé), je dois dire que je ne me rappelle plus vraiment le traitement qui était réservé au perso.

Avatar de Marko

En plus de Noh-Varr et Loki, Gillen a également intégré dans ses "Young Avengers" le personnage très charismatique qu'est Miss America (et également Prodigy dans un rôle un peu moins conséquent).
Avec les séries respectives de Gillen et Ewing, on peut dire que le plus fameux "trickster" de Marvel a été plutôt bien servi ces dernières années (il y a aussi le graphic novel moins récent d'Esad Ribic, mais celui-là je ne l'ai pas encore lu).

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Épisode 17 : Les Jeunes Vengeurs ne tueront point sur la Planète Porno !!

Retour à la formule classique, les amis...
Le programme cette semaine :

- Au rayon cinoche, on parle d'un film récent, en l'occurrence "Hacksaw Ridge/Tu ne tueras point", dernier film en date de Mel "Le Zinzin" Gibson.

- On poursuit avec une excellentissime sortie BD, à savoir le tome Marvel Deluxe qui regroupe tous les épisodes du titre "Young Avengers", avec Kieron Gillen et Jamie McKelvie aux commandes.

- On termine avec un étrange et drolatique petit roman, "Les hommes salmonelle sur la Planète Porno", signé par celui-ci qui fut qualifié de "Philip K. Dick nippon", autrement dit Yasutaka Tsutsui.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Euphoria", extrait du dernier album en date, "Pylon", de Killing Joke, "All The Colors Of The Dark", reprise d'un des thèmes les plus fameux du giallo par Grails, "Hate On" signé par le trio Nevermen, et on termine avec le fabuleux "Desvelh" des occitans d'Artus..!


"Dark phantoms of the past
Some things are best forgotten
Like Orpheus, don't look back
The best years are waiting for you..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

Avatar de Photonik

Oui, "Le Orme", c'est justement le prochain giallo sur ma pile de films à voir. Déjà parce que j'avais beaucoup aimé le titre cité par le Doc, "Journée noire pour un bélier", mais aussi à cause d'un avis dithyrambique dessus dans l'excellent récent dossier consacré au giallo dans... "Les Cahiers du Cinéma" (eh oui, qui l'aurait cru il y a quelques années seulement...).

Avatar de Le Doc

Ektah a écrit:D'ailleurs, au passage, si vous ne l'avez pas vu, je ne saurais trop vous conseiller de regarder "Le Orme" (titre international: "Footsteps on the moon"), qui est parfois considéré un un giallo, et parfois pas. Enfin, on dira que c'est la réponse italienne à "L'année dernière à Marienbad". C'est un film que je trouve assez passionnant.


Je ne connaissais pas du tout. Ca m'a l'air très intrigant, merci pour le tuyau.
Tiens, je vois que c'est l'un des quelques films de la courte carrière de Luigi Bazzoni. J'en profite donc pour rappeler que Photonik a écrit un billet sur son Journée noire pour un bélier dans les colonnes du Ciné-Club.

Avatar de Ektah

Le Doc a écrit:Chouette chronique (et c'est toujours très intéressant de t'entendre parler du giallo, tu fais bien partager ta passion du genre). C'est l'une des choses que j'aime dans le cinéma d'exploitation italien : il est tellement foisonnant qu'en fouillant bien, on tombe souvent sur des raretés qui méritent qu'on s'y attarde, même dans les périodes les moins réputées.


D'ailleurs, au passage, si vous ne l'avez pas vu, je ne saurais trop vous conseiller de regarder "Le Orme" (titre international: "Footsteps on the moon"), qui est parfois considéré comme un giallo, et parfois pas. Enfin, on dira que c'est la réponse italienne à "L'année dernière à Marienbad". C'est un film que je trouve assez passionnant.

Et, en giallo pur, j'ai revu récemment "Mais... qu'avez vous fait à Solange ?". Je suis, à chaque revisionnage, à chaque fois un peu plus fasciné par ce film. Je crois qu'il est passe de se hisser au niveau des Argento, pour moi.

Le Doc a écrit:Bien entendu, on peut aussi tomber sur des hénaurmes nanars pour le plaisir du bisseux acharné... :wink:


Ouf, j'ai eu peur. J'ai cru un moment que c'était le grand Sergio Corbucci qui avait réalisé ce sous-Caligula. Mais, non, c'est le frangin... Ouf.

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:Absolument, on enregistre et on met en ligne chacune des interventions que l'on organise. Je ne sais plus si je l'ai signalé, mais c'est dans le cadre de la revue souletine "Hau", à laquelle je contribue activement, que l'on organise tout ça. Voilà le lien vers le site de la revue, plus spécifiquement l'onglet rassemblant justement tous les enregistrements (un grand merci à Vivi qui se charge de tout ça !) :
http://hau.eklablog.com/complements-internet-p1114650


Ah non, je n'étais pas au courant. C'est effectivement fort intéressant. Je vais également explorer tout ça (et probablement commander quelques numéros de la revue, au passage). Chouette découverte.

Photonik a écrit:A la réflexion, tu as peut-être raison. J'ai par exemple oublié de signaler que chacun des personnages féminins semble être une déclinaison des autres (ce qui est appuyé par l'onomastique ; les prénoms sont des variantes les uns des autres), donc il y aurait sûrement des parallèles à établir.


Bon, après, "Persona" fait partie de ces œuvres fondamentales du cinéma "expérimental". À partir du moment où tu officie dans ce genre, comme Grandrieux, la référence est quasi-inévitable, qu'elle soit marquée et/ou revendiquée (comme Lynch, justement).

Photonik a écrit:On pourrait aussi citer Riz Ortolani, qui s'il n'était pas spécialisé dans le seul giallo a par exemple signé le score de "La Longue Nuit de l'Exorcisme" de Fulci que j'évoque durant ma chronique.


En fait, j'ai l'impression que les compositeurs de musiques de films de genre italiens fonctionnent comme les réalisateurs qu'ils accompagnent: il est très rare qu'ils se cantonnent à un genre, préférant en général varier les projets. Et, du coup, c'est souvent intéressant de chercher les ressemblances dans des œuvres à priori dissemblables: par exemple, quand il fait des westerns (Les 4 de l'Apocalypse), des drames (Beatrice Cenci) ou de l'heroïc-fantasy (Conquest), Lucio Fulci reste Lucio Fulci. Bon, pas dans ses sexy-comédies, par contre...

Et je trouve que c'est également vrai avec des compositeurs comme Riz Ortolani, effectivement. J'écoutais l'autre jour sa musique pour "Brother Sun, Sister Moon", un biopic sur St. François d'Assise. Sa composition n'est pas sans liens avec celle pour "Cannibal Holocaust".

Photonik a écrit:J'ai vu "Mirromask" une fois, et je suis un peu passé à côté (et pourtant je suis raide dingue des travaux communs de Gaiman et McKean versant papier). J'ai été je crois un peu refroidi par la forme, limitée dans ses ambitions par des moyens que l'on imagine contraints. Il faut que je laisse une deuxième chance au film.


J'aime le film mais, dans une certaine mesure, je suis d'accord avec toi: le film souffre du même mal que les autres créations du Dave McKean réalisateur. Son projet est probablement une transcription directe de son style pictural dans le media cinématographique. Mais il le fait sans trop tenir compte des spécificités du cinéma. Du coup, ça crée en général une imagerie qui aurait été très évocatrice en comics mais qui tombe un peu à plat. Bon, ceci étant dit, j'aime bien ses films quand même.

Photonik a écrit:Quant à "Taxandria", je ne connaissais même pas le nom. En me renseignant un peu, je vois que ça a l'air effectivement d'être un autre joli OVNI filmique. Le pitch fait effectivement beaucoup penser aux "5000 doigts du Dr. T"...


Alors, le truc avec "Taxandria", c'est que le film a eu une histoire troublée avec, si je me souviens bien, un changement de producteur vers la fin de la pré-production, le nouveau ne comprenant absolument rien au projet dans lequel il a été débarqué. Du coup, la distribution en salles a été réduite à son strict minimum (ce qui explique que tu n'en aies pas entendu parler). Et, visiblement, le tournage lui-même a été un peu saboté. Je fais partie des gens qui aime bien le film, mais les problèmes restent quand même visibles. Enfin, dans l'absolu, je te conseille quand même le film, malgré ses problèmes. Sur moi, il a marché.

Mais le grand François Schuiten, un des principaux collaborateurs pour l'aspect graphique du film, a ressorti, plus tard, sous forme de nouvelle illustrée, une version plus proche du projet original, sous le nom "Souvenirs de l’Éternel présent", l'incluant au passage dans son cycle des Cités Obscures. C'est mieux mais la différence de format rend l'expérience très différente.

Photonik a écrit:Pour l'influence de ce dernier titre, je crois que l'héritier le plus visible, même si c'est un peu contre-intuitif, c'est effectivement certains épisodes des "Simpson" centrés autour de Bart...


Je suis aussi très fan des Simpsons (même si je préfère Futurama) mais c'est marrant: les arguments que tu avances sont assez indéniables (surtout par rapport à Tahiti Bob) mais j'avais toujours entendu dire que Bart portait son prénom juste parce qu'il ressemble au mot "brat". J'imagine que c'est une double référence.

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Photonik a écrit:- On termine avec une bizarrerie qui nous renvoie direct à l'âge d'or des studios hollywoodiens, avec l'azimuté "Les 5000 Doigts du Dr. T" de Roy Rowland, épaulé par Stanley Kramer et le fameux Dr. Seuss.


Tiens, celui-là je l'ai vu...une fois, il y a bien longtemps, dans le cinéma de quartier de Dionnet. Autant dire qu'il faudrait que je me rafraîchisse la mémoire...et justement ta chronique m'a donné envie de le revoir !

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Drugs On The Bus", extrait du premier album de Crystal Fairy (avec des bouts des Melvins dedans), "Melody In High Feedback Tones", extrait du "Void Beats/Invocation Trex" de Cavern Of Anti-Matter, "Invisible Hate", titre introductif du "Death Penalty" des heavy-metalleux de Witchfinder General, et on termine avec le paisible "Carondelet", issu de la collaboration entre Jesu et Sun Kil Moon..!


Encore du tout bon ! Ca fait plusieurs émissions d'affilée où tu fais carton plein avec la playlist, dis donc... :wink:

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Photonik a écrit:- On poursuit avec un giallo tout droit issu des seventies, "Terreur sur la lagune" d'Antonio Bido, un film méconnu mais qui a récemment connu les honneurs d'une sortie de luxe en Blu-Ray/DVD chez Le Chat Qui Fume.


Chouette chronique (et c'est toujours très intéressant de t'entendre parler du giallo, tu fais bien partager ta passion du genre). C'est l'une des choses que j'aime dans le cinéma d'exploitation italien : il est tellement foisonnant qu'en fouillant bien, on tombe souvent sur des raretés qui méritent qu'on s'y attarde, même dans les périodes les moins réputées. Bien entendu, on peut aussi tomber sur des hénaurmes nanars pour le plaisir du bisseux acharné... :wink:

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Photonik a écrit:Je vais jouer la franchise : j'aurais voulu le dire, mais son nom ne m'est pas revenu du tout sur le coup. :wink:
Je ne connais pas son oeuvre, en plus.

C'est l'inconvénient du direct : si un nom t'échappe, tu ne peux pas le rechercher...
Mais comme tu insistais sur certains éléments du film (les singes volants et la sorcière qui fond), alors que ces éléments étaient déjà présents dans le roman, je me suis dit qu'il valait mieux le préciser.
Le fait que tu ne connaisse pas son œuvre l'explique, du coup (ça fait partie des toutes premières œuvres que j'ai lues en anglais, avec Alice in Wonderland, Peter Pan et tout Sherlock Holmes).

Tori.

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Ektah a écrit:Dans l'absolu, oui, je serais intéressé pour venir mais mes disponibilités sont totalement dépendantes des concours de fonctionnaire que je suis en train de passer. Selon les résultats, j'aurai ou non le temps. En tous cas, je suis certainement intéressé pour venir et je te remercie pour la proposition. Je te préviendrai le cas échéant.


OK, tu me tiendras au jus. La proposition perdure !


Ektah a écrit:De toute façon, même si je ne viens pas, j'imagine que l’événement sera enregistré.


Absolument, on enregistre et on met en ligne chacune des interventions que l'on organise. Je ne sais plus si je l'ai signalé, mais c'est dans le cadre de la revue souletine "Hau", à laquelle je contribue activement, que l'on organise tout ça. Voilà le lien vers le site de la revue, plus spécifiquement l'onglet rassemblant justement tous les enregistrements (un grand merci à Vivi qui se charge de tout ça !) :
http://hau.eklablog.com/complements-internet-p1114650

Ektah a écrit:Alors, pour ce qui est du lien avec "Persona", j'ai pu me faire une idée fausse à partir de ta description mais il me semblait qu'une des thématiques concernait la recherche d'une vision fantasmée (de soi-même ou d'un autre), ce qui est, à mes yeux, un des thèmes principal du film de Bergman. J'aurai un avis plus sûr après avoir vu "Malgré la nuit".


A la réflexion, tu as peut-être raison. J'ai par exemple oublié de signaler que chacun des personnages féminins semble être une déclinaison des autres (ce qui est appuyé par l'onomastique ; les prénoms sont des variantes les uns des autres), donc il y aurait sûrement des parallèles à établir.

Ektah a écrit:Il n'y aura pas d'interro surprise sur l'influence de l'hantologie dans la pop culture moderne.


Ha ha !! Ce serait un bon sujet de devoir, ceci dit.

Ektah a écrit:Pour ce qui est de Ghost Box (dont je parlais tantôt comme une des influences reconnues de l'esthétique de "Berberian Sound Studio"), disons que c'est le monolithe au centre de la scène hantologique musicale. C'est par eux, comme beaucoup de monde, que j'ai découvert l'existence de ce mouvement et certains des groupes sont excellents. Personnellement, je nommerais Eric Zann (du nom de ce personnage de Lovecraft ayant touché une autre dimension par la musique qu'il compose), Mount Vernon Arts Lab, The Focus Group, Belbury Poly et The Advisory Circle et, s'il ne devait rester qu'un seul disque, ce serait la collaboration entre Broadcast et Focus Group, "Broadcast and The Focus Group Investigate Witch Cults of the Radio Age".
Mais, du coup, ce label souffre du mal qui touche les titans de n'importe quel mouvement artistique: ce sont eux qui fournissent la base mais je continue à trouver les périphéries plus intéressantes, celles-ci étant, en l'occurrence, pour moi, les deux projets "Folklore Tapes" et "Audiological Transmissions", plus les groupes Concretism, Demdike Stare et The Caretaker. Mais, encore une fois, subjectif...


Tout ça est dûment noté...

Ektah a écrit:Du coup, je suis bien content d'évoquer cette BO parce que j'ai le sentiment qu'en terme de musique de films de genre italiens, tout le monde se souvient, à raison, de Ennio Morricone, Goblin et, dans une moindre mesure, Bruno Nicolai. Mais je trouve que c'est un peu injuste envers certains compositeurs comme Stelvio Cipriani (et quelques autres) que je mets, dans un genre un peu différent, plus funky, quasiment au même niveau que ceux-là.


On pourrait aussi citer Riz Ortolani, qui s'il n'était pas spécialisé dans le seul giallo a par exemple signé le score de "La Longue Nuit de l'Exorcisme" de Fulci que j'évoque durant ma chronique.

Ektah a écrit:Non non, je ne confonds pas. Mais, même si je n'ai pas vu "La marque du diable", l'idée que je m'en fais est considérablement plus gore que "Witchfinder General", à deux doigts des video nasties italiennes 80's à la "Anthropophagous" et autres "Blue Holocaust".

"Witchfinder General" n'est pas à ce niveau-là, quand même. Mais il est suffisamment dérangeant et cruel pour avoir décontenancé les spectateurs de l'époque qui, s'attendant à un film gothique à la "Masque de la Mort Rouge" avec Vincent Price, se sont retrouvés devant quelque chose de plus proche du "Masque du Démon", notamment dans son dernier tiers.


Au temps pour moi. Idéalement, il faudrait que je vois les deux, ils sont susceptibles de m'intéresser au même titre...

Ektah a écrit:D'ailleurs, à ce sujet, je suis sûr que beaucoup d'entre vous connaissent "Mirrormask", le long métrange (tiens, la typo était involontaire de ma part mais je vais la laisser, elle me plaît bien) de Neil Gaiman et Dave MacKean qui était prévu à la base comme une sorte de suite à "Labyrinth", ce qui est déjà une idée absolument merveilleuse, mais qui, au final, se rapproche beaucoup plus (à mon sens) du "Magicien d'Oz" (aussi bien ses avatars cinématographiques que littéraires, d'ailleurs) et (peut-être un peu de sur-interprétation de ma part, là) de "Taxandria" et "Les 5000 doigts du Dr. T". D'ailleurs, après avoir écrit cette phrase, j'en suis à me demander s'il n'y a pas un lien également entre ces deux derniers films.


J'ai vu "Mirromask" une fois, et je suis un peu passé à côté (et pourtant je suis raide dingue des travaux communs de Gaiman et McKean versant papier). J'ai été je crois un peu refroidi par la forme, limitée dans ses ambitions par des moyens que l'on imagine contraints. Il faut que je laisse une deuxième chance au film.
Quant à "Taxandria", je ne connaissais même pas le nom. En me renseignant un peu, je vois que ça a l'air effectivement d'être un autre joli OVNI filmique. Le pitch fait effectivement beaucoup penser aux "5000 doigts du Dr. T"...
Pour l'influence de ce dernier titre, je crois que l'héritier le plus visible, même si c'est un peu contre-intuitif, c'est effectivement certains épisodes des "Simpson" centrés autour de Bart...

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Tori a écrit:Cela dit, je suis étonné : tu parles à plusieurs reprises du film Le magicien d'Oz sans préciser (même si beaucoup le savent) qu'il s'agit de l'adaptation du roman de L. Frank Baum.

Tori.


Je vais jouer la franchise : j'aurais voulu le dire, mais son nom ne m'est pas revenu du tout sur le coup. :wink:
Je ne connais pas son oeuvre, en plus.

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Ha ha !! :D
T'inquiète, la suite devrait nettement plus te parler...

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Photonik a écrit:- On commence avec une sortie récente, à savoir le dernier film en date du très "exigeant" Philippe Grandrieux, "Malgré la Nuit".


J'ai pour le moment écouté cette première partie...et ta chronique a bien confirmé ce que je pensais, à savoir que c'est un cinéma qui ne m'intéresse absolument pas... :wink:

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Photonik a écrit:(...) mais pour King Crimson, je dirais que le sens de la mélodie chelou propre à Robert Fripp fait aussi beaucoup pour l'intérêt du groupe, outre cette maëstria rythmique invraisemblable.


Certes. Ce n'est pas pour rien que King Crimson a l'influence qu'il a. Disons que la polyrythmie est un des intérêts parmi d'autres au sein d'un groupe suffisamment riche pour être étudié pendant des décennies.

Photonik a écrit:Hey, je ne sais pas si je te comprends bien sur ce coup, mais ça veut dire que tu serais prêt à venir ? Si tel est le cas, contacte-moi (si tu n'as plus mon adresse mail, consulte mon profil sur le forum ou envoie-moi un MP) : on va s'arranger pour que ça te coûte rien en matière d'hébergement par exemple...


J'ai sans doute parlé un peu vite, en fait. Dans l'absolu, oui, je serais intéressé pour venir mais mes disponibilités sont totalement dépendantes des concours de fonctionnaire que je suis en train de passer. Selon les résultats, j'aurai ou non le temps. En tous cas, je suis certainement intéressé pour venir et je te remercie pour la proposition. Je te préviendrai le cas échéant. Et oui, en tant que bon archiviste, tous mes mails sont classés dans un logiciel. Je n'aurai pas de mal à retrouver ton adresse.

Photonik a écrit:A priori, on va parler Carnaval, Fin des Temps et étatisation de la fête. Alléchant, non ?


Tout à fait. De toutes ses thématiques récurrentes, c'est une des plus intéressantes. Vive Rabelais ! De toute façon, même si je ne viens pas, j'imagine que l’événement sera enregistré.

Photonik a écrit:Oh ça serait une sacrée interview potentielle, ça !!! Faudra que je tente le coup...
Tu sais s'il est francophone ?


Il connaît quelques mots mais probablement pas assez pour tenir une discussion, je le crains. Enfin, pour ce que j'en ai vu à l'Étrange Festival, en tous cas...

Photonik a écrit:Je n'y ai pas pensé, perso, devant "Malgré la Nuit". Je ne suis même pas sûr que Bergman soit un cinéaste si important que ça pour Grandrieux, qui me fait plus directement penser à Bresson ou Dreyer, par exemple.


Alors, je ne connais pas suffisamment le cinéma de Bresson pour pouvoir me prononcer mais Dreyer, oui, clairement, on navigue dans les mêmes eaux.

Alors, pour ce qui est du lien avec "Persona", j'ai pu me faire une idée fausse à partir de ta description mais il me semblait qu'une des thématiques concernait la recherche d'une vision fantasmée (de soi-même ou d'un autre), ce qui est, à mes yeux, un des thèmes principal du film de Bergman. J'aurai un avis plus sûr après avoir vu "Malgré la nuit".

Photonik a écrit:Oui, là c'est certain, même si je ne connais pas le texte original de Dante (ressorti et traduit il y a quelques années par Medhi Belhaj Kacem). Tu me donnes en tout cas envie de découvrir ça en tout cas.


Tout à fait. C'est bien à cette traduction que je fais référence. Pour ce que j'en sais, la précédente n'était pas à la hauteur de l’œuvre originale.

Photonik a écrit:Va falloir que je me penche sur ce label (Ghost Box), moi. Mais bon, j'ai pris du retard sur le suivi de tous les excellents liens que tu balances ici, faut que je creuse un peu le tout.


Oh, tu sais, je lance des pistes parce que je pense que ce sont des œuvres qui méritent qu'on s'y intéresse mais ce sont des choix personnels. Que toi ou le reste de l'assistance vous arrêtiez sur une ou des dizaines des créations que je cite n'est pas si important. Les composantes de la culture de chacun sont des choses éminemment subjectives et c'est très bien comme ça. Il n'y aura pas d'interro surprise sur l'influence de l'hantologie dans la pop culture moderne.

Pour ce qui est de Ghost Box (dont je parlais tantôt comme une des influences reconnues de l'esthétique de "Berberian Sound Studio"), disons que c'est le monolithe au centre de la scène hantologique musicale. C'est par eux, comme beaucoup de monde, que j'ai découvert l'existence de ce mouvement et certains des groupes sont excellents. Personnellement, je nommerais Eric Zann (du nom de ce personnage de Lovecraft ayant touché une autre dimension par la musique qu'il compose), Mount Vernon Arts Lab, The Focus Group, Belbury Poly et The Advisory Circle et, s'il ne devait rester qu'un seul disque, ce serait la collaboration entre Broadcast et Focus Group, "Broadcast and The Focus Group Investigate Witch Cults of the Radio Age".
Mais, du coup, ce label souffre du mal qui touche les titans de n'importe quel mouvement artistique: ce sont eux qui fournissent la base mais je continue à trouver les périphéries plus intéressantes, celles-ci étant, en l'occurrence, pour moi, les deux projets "Folklore Tapes" et "Audiological Transmissions", plus les groupes Concretism, Demdike Stare et The Caretaker. Mais, encore une fois, subjectif...

Photonik a écrit:C'est vraiment la preuve que je suis décidément un âne : j'avais mentalement noté (je fais trop confiance à ma mémoire) de dire sans faute un mot sur la BO, fabuleuse en effet. J'ai oublié, évidemment.


Ne te jette pas trop la pierre, quand même. Tu tiens, presque toutes les semaines, une chronique radiophonique de deux heures seul (le plus souvent). Pour quiconque a une idée de la façon dont se passe les émissions de radio, c'est quand même une performance pas négligeable. Alors, que tu oublies un truc ou deux au passage, c'est parfaitement normal.

Du coup, je suis bien content d'évoquer cette BO parce que j'ai le sentiment qu'en terme de musique de films de genre italiens, tout le monde se souvient, à raison, de Ennio Morricone, Goblin et, dans une moindre mesure, Bruno Nicolai. Mais je trouve que c'est un peu injuste envers certains compositeurs comme Stelvio Cipriani (et quelques autres) que je mets, dans un genre un peu différent, plus funky, quasiment au même niveau que ceux-là.

Photonik a écrit:A tout hasard, tu ne confondrais pas avec "La Marque du Diable", à peu près contemporain du "Grand Inquisiteur" ? Il me semble que c'est celui-là qui a une réputation de jusqu'au-boutisme assez scotchant.
Je n'ai vu ni l'un ni l'autre, donc je débloque peut-être, hein.


Non non, je ne confonds pas. Mais, même si je n'ai pas vu "La marque du diable", l'idée que je m'en fais est considérablement plus gore que "Witchfinder General", à deux doigts des video nasties italiennes 80's à la "Anthropophagous" et autres "Blue Holocaust".

"Witchfinder General" n'est pas à ce niveau-là, quand même. Mais il est suffisamment dérangeant et cruel pour avoir décontenancé les spectateurs de l'époque qui, s'attendant à un film gothique à la "Masque de la Mort Rouge" avec Vincent Price, se sont retrouvés devant quelque chose de plus proche du "Masque du Démon", notamment dans son dernier tiers.

Tori a écrit:Oh, tiens, je m'aperçois que j'ai oublié de laisser un commentaire sur ta dernière émission. il faut dire que mes connaissances en cinéma sont assez faibles (et en musique, c'est pire). Cela dit, je suis étonné : tu parles à plusieurs reprises du film Le magicien d'Oz sans préciser (même si beaucoup le savent) qu'il s'agit de l'adaptation du roman de L. Frank Baum. Il y a beaucoup de différences entre les deux (par exemple, les souliers d'argent deviennent de rubis, probablement pour profiter du technicolor), mais les singes volants et la sorcière qui fond étaient déjà dans le roman. Les numéros musicaux n'y étaient pas, en revanche (ni l'idée géniale d'opposer le monde en couleurs d'Oz au noir et blanc du Kansas).


D'ailleurs, à ce sujet, je suis sûr que beaucoup d'entre vous connaissent "Mirrormask", le long métrange (tiens, la typo était involontaire de ma part mais je vais la laisser, elle me plaît bien) de Neil Gaiman et Dave MacKean qui était prévu à la base comme une sorte de suite à "Labyrinth", ce qui est déjà une idée absolument merveilleuse, mais qui, au final, se rapproche beaucoup plus (à mon sens) du "Magicien d'Oz" (aussi bien ses avatars cinématographiques que littéraires, d'ailleurs) et (peut-être un peu de sur-interprétation de ma part, là) de "Taxandria" et "Les 5000 doigts du Dr. T". D'ailleurs, après avoir écrit cette phrase, j'en suis à me demander s'il n'y a pas un lien également entre ces deux derniers films.

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Oh, tiens, je m'aperçois que j'ai oublié de laisser un commentaire sur ta dernière émission. il faut dire que mes connaissances en cinéma sont assez faibles (et en musique, c'est pire). Cela dit, je suis étonné : tu parles à plusieurs reprises du film Le magicien d'Oz sans préciser (même si beaucoup le savent) qu'il s'agit de l'adaptation du roman de L. Frank Baum. Il y a beaucoup de différences entre les deux (par exemple, les souliers d'argent deviennent de rubis, probablement pour profiter du technicolor), mais les singes volants et la sorcière qui fond étaient déjà dans le roman. Les numéros musicaux n'y étaient pas, en revanche (ni l'idée géniale d'opposer le monde en couleurs d'Oz au noir et blanc du Kansas).

Tori.

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Ektah a écrit:Alors, évidemment, je ne me base que sur ta critique mais, en dehors des références tout à fait pertinentes que tu nommais, "Vertigo" en tête, je me demande s'il n'y a pas également une référence forte également au "Persona" de Bergman (film matriciel pour Lynch aussi, évidemment).


Je n'y ai pas pensé, perso, devant "Malgré la Nuit". Je ne suis même pas sûr que Bergman soit un cinéaste si important que ça pour Grandrieux, qui me fait plus directement penser à Bresson ou Dreyer, par exemple.
Mais je peux évidemment me tromper. J'adore "Persona", mais je ne suis pas un fin connaisseur du cinéma de Bergman.

Ektah a écrit:Un autre référence revendiquée (par Nicole Brenez, en tous cas) était Dante Alighieri ("La vie nouvelle" = "Vita nuova", son texte consacré à la mémoire transfigurée d'un amour mort... beau à pleurer, au passage).


Oui, là c'est certain, même si je ne connais pas le texte original de Dante (ressorti et traduit il y a quelques années par Medhi Belhaj Kacem). Tu me donnes en tout cas envie de découvrir ça en tout cas.

Ektah a écrit:Tiens, encore un groupe affilié (de loin, à mon avis) à la forme musicale de l'hantologie: ils ont sorti un single sur le label Ghost Box, qui est un des piliers de cette scène. Bien sympathique, aussi.


Va falloir que je me penche sur ce label, moi. Mais bon, j'ai pris du retard sur le suivi de tous les excellents liens que tu balances ici, faut que je creuse un peu le tout.

Ektah a écrit:Je n'ai pas vu le film donc je ne me prononcerai pas sur la question mais je tiens juste à préciser que je suis assez friand de sa BO par le grand Stelvio Cipriani, quelque part entre funk et pop mélancolique, assez caractéristique de son auteur et de son époque.


C'est vraiment la preuve que je suis décidément un âne : j'avais mentalement noté (je fais trop confiance à ma mémoire) de dire sans faute un mot sur la BO, fabuleuse en effet. J'ai oublié, évidemment.

Ektah a écrit:Tiens, en guise d'aparté, tout en restant (peut-être) dans le domaine du giallo, le teaser du prochain film du couple Cattet/Forzani, auteurs des néo-gialli "L'étrange couleur des larmes de ton corps" et "Amer", a été posté aujourd'hui.


Oui, l'indispensable Doc a posté ça sur le forum aujourd'hui même. On dirait bien que c'est le polar hardcore à l'italienne qui va passer à la moulinette cette fois-ci, ouais...

Ektah a écrit:Ah oui, "Witchfinder General", le film, c'est à voir. Sois prévenu, par contre, que le film est étonnamment cruel et dérangeant pour une œuvre dans la lignée des productions Hammer ou Roger Corman. On est plus proche des tortures façon Mario Bava que des jeunes filles en fleur à la Terrence Fisher.


A tout hasard, tu ne confondrais pas avec "La Marque du Diable", à peu près contemporain du "Grand Inquisiteur" ? Il me semble que c'est celui-là qui a une réputation de jusqu'au-boutisme assez scotchant.
Je n'ai vu ni l'un ni l'autre, donc je débloque peut-être, hein.

Ektah a écrit:Pour ce qui est du groupe, bah, la voix pourrait être plus maîtrisée mais ils compensent, à mon sens, par leur enthousiasme. Et c'est assez intéressant de voir une version un peu plus enjouée du doom à la Black Sab' (en fait, je ne suis pas loin de les voir comme un mix entre les périodes Ozzy et Dio du groupe). Bien sympathique, en tous cas, même si pas franchement incontournable.


Oui, on est d'accord, rien de transcendant, mais un document intéressant pour les amateurs de musique "sombre" (Lee Dorrian les a assez loués pour ça). Le chant est effectivement assez faible, et la parenté avec le Sab' est à chercher autant du côté du canal historique que de la période Dio.

Ektah a écrit:Alors, ce film, je l'ai vu, apprécié et quasiment immédiatement oublié.


Je comprends tout à fait.
C'est une authentique curiosité, à voir au moins une fois pour les amateurs de cinoche barré et "autre", mais un peu plus superficiel que son aura de culte et sa réputation flatteuse ne le laisse penser. Je note en tout cas avec intérêt les autres titres que tu cites...

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Ektah a écrit:Et la polyrythmie, c'est, à mon sens, tout ce qui fait le sel de King Crimson, Soft Machine ou Meshuggah, pour n'en nommer que quelques-uns.


Je dirais que c'est tout à fait le cas pour Meshuggah, et je ne connais pas assez la musique de Soft Machine pour me prononcer, mais pour King Crimson, je dirais que le sens de la mélodie chelou propre à Robert Fripp fait aussi beaucoup pour l'intérêt du groupe, outre cette maëstria rythmique invraisemblable.

Ektah a écrit:Pacôme a tendance à rajouter du gnosticisme un peu partout au petit bonheur la chance, ce qui n'est pas un problème: on a tous des clés de lecture récurrentes (comme moi avec la psychogéographie, quoi).


Oui, j'en avais d'ailleurs fait la remarque au sujet de "Pop Yoga" : comme le livre est une compilation de textes consacrés à des sujets très variés, c'est plus flagrant encore, comme "travers". Mais comme toi, je ne trouve pas que ce soit un problème.

Ektah a écrit:Que ce sens ait été voulu par l'auteur ou pas est secondaire.


Totalement d'accord avec ça.

Ektah a écrit:Mais, dans le cas d'Eraserhead, la lecture gnostique vient effectivement assez facilement. J'imagine qu'il a dû te parler de cette figure mystérieuse qui tire un levier comme une représentation du Démiurge.


Tu tapes dans le mille. :wink:

Ektah a écrit:Oh, bon sang... Ça va encore faire un trou dans mes finances, cette affaire. Mais, du coup, je suis impatient de voir ça.
Et ça fait toujours plaisir de savoir son travail apprécié.


Hey, je ne sais pas si je te comprends bien sur ce oup, mais ça veut dire que tu serais prêt à venir ? Si tel est le cas, contacte-moi (si tu n'as plus mon adresse mail, consulte mon profil sur le forum ou envoie-moi un MP) : on va s'arranger pour que ça te coûte rien en matière d'hébergement par exemple...
On s'est mis d'accord sur le samedi 1er juillet, ça laisse du temps. A priori, on va parler Carnaval, Fin des Temps et étatisation de la fête. Alléchant, non ?

Ektah a écrit:Mais, honnêtement, il (Richard Stanley) est gentil comme une crème. Si tu veux le contacter, pour l'émission ou d'une manière générale, tu peux le faire directement. À priori, il ne va pas t'envoyer te faire voir.


Oh ça serait une sacrée interview potentielle, ça !!! Faudra que je tente le coup...
Tu sais s'il est francophone ?

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Photonik a écrit:- On commence avec une sortie récente, à savoir le dernier film en date du très "exigeant" Philippe Grandrieux, "Malgré la Nuit".


Effectivement, tu as parfaitement raison: même moi qui ait un certain intérêt pour le cinéma de Grandrieux (enfin, je n'ai vu que "Sombre", "La vie nouvelle" et le clip qu'il a fait pour Marilyn Manson), je découvre l'existence de ce film par ton biais.

Alors, évidemment, je ne me base que sur ta critique mais, en dehors des références tout à fait pertinentes que tu nommais, "Vertigo" en tête, je me demande s'il n'y a pas également une référence forte également au "Persona" de Bergman (film matriciel pour Lynch aussi, évidemment). En tous cas, c'est la réflexion que je m'étais faite au visionnage de "La Vie Nouvelle", film qui, comme tu le faisais remarquer, semble effectivement être lié à "Malgré la nuit". Un autre référence revendiquée (par Nicole Brenez, en tous cas) était Dante Alighieri ("La vie nouvelle" = "Vita nuova", son texte consacré à la mémoire transfigurée d'un amour mort... beau à pleurer, au passage). Je me demande si cette référence n'est pas là, également, dans son nouveau film.

Tiens, dans un film traitant de la mémoire dévorante, je me demande, en dehors de la référence claire à "Vertigo" effectivement, s'il n'y a pas un lien avec la madeleine de Proust, également. Enfin, va savoir... Là, c'est peut-être moi qui plane un peu.

Bon, il faut que je trouve quelques heures pour regarder "Un lac" et "La vie nouvelle", moi.

Photonik a écrit:(...) "Melody In High Feedback Tones", extrait du "Void Beats/Invocation Trex" de Cavern Of Anti-Matter (...)


Tiens, encore un groupe affilié (de loin, à mon avis) à la forme musicale de l'hantologie: ils ont sorti un single sur le label Ghost Box, qui est un des piliers de cette scène. Bien sympathique, aussi.

Photonik a écrit:- On poursuit avec un giallo tout droit issu des seventies, "Terreur sur la lagune" d'Antonio Bido, un film méconnu mais qui a récemment connu les honneurs d'une sortie de luxe en Blu-Ray/DVD chez Le Chat Qui Fume.


Je n'ai pas vu le film donc je ne me prononcerai pas sur la question mais je tiens juste à préciser que je suis assez friand de sa BO par le grand Stelvio Cipriani, quelque part entre funk et pop mélancolique, assez caractéristique de son auteur et de son époque. Ce n'est pas le seul giallo à adopter ce genre d'accompagnement (on peut nommer "Femina Ridens", par exemple) mais je suis assez friand de l'effet produit.

Tiens, en guise d'aparté, tout en restant (peut-être) dans le domaine du giallo, le teaser du prochain film du couple Cattet/Forzani, auteurs des néo-gialli "L'étrange couleur des larmes de ton corps" et "Amer", a été posté aujourd'hui:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=_0rQQMkqdoo&feature=youtu.be[/youtube]

À voir. Pas impossible qu'ils se dirigent plus vers le domaine du poliziottesco avec celui-là, un autre des filone du cinéma de genre italien 60's/70's.

Photonik a écrit:(...) "Invisible Hate", titre introductif du "Death Penalty" des heavy-metalleux de Witchfinder General (...)


Ah oui, "Witchfinder General", le film, c'est à voir. Sois prévenu, par contre, que le film est étonnamment cruel et dérangeant pour une œuvre dans la lignée des productions Hammer ou Roger Corman. On est plus proche des tortures façon Mario Bava que des jeunes filles en fleur à la Terrence Fisher. Honnêtement, dans les classiques du Folk Horror, je ne pense pas qu'il se hisse aux sommets de "Blood on Satan's Claw" ou "Wicker Man" mais il reste parfaitement intéressant.

Pour ce qui est du groupe, bah, la voix pourrait être plus maîtrisée mais ils compensent, à mon sens, par leur enthousiasme. Et c'est assez intéressant de voir une version un peu plus enjouée du doom à la Black Sab' (en fait, je ne suis pas loin de les voir comme un mix entre les périodes Ozzy et Dio du groupe). Bien sympathique, en tous cas, même si pas franchement incontournable.

Photonik a écrit:- On termine avec une bizarrerie qui nous renvoie direct à l'âge d'or des studios hollywoodiens, avec l'azimuté "Les 5000 Doigts du Dr. T" de Roy Rowland, épaulé par Stanley Kramer et le fameux Dr. Seuss.


Alors, ce film, je l'ai vu, apprécié et quasiment immédiatement oublié. Au fond, je le considère un peu comme une version un peu moins bien du "Willy Wonka" de 1971, que je trouve parfaitement extraordinaire. C'est un peu injuste, bien sûr, vu que ce dernier n'existerait certainement pas sans l'apport de son aïeul mais j'ai peur que "Les 5000 Doigts du Dr. T" me laisse quand même un peu froid. Enfin, ça reste mieux que la plupart des Tim Burton récents et que toutes les autres adaptations du Dr. Seuss (enfin, celles que je connais, en tous cas). Par contre, de Stanley Kramer, je trouve "Un monde fou, fou, fou, fou" bien plus réussi (en considérablement plus burlesque et moins profond, par contre). J'imagine que mon indifférence pourrait venir d'une mise en scène trop impersonnelle, effectivement.

Bon, du coup, le sous-texte que tu évoques ne m'était pas totalement passé inaperçu mais, à cause des réserves que j'évoquais plus haut, je ne m'y étais pas tant arrêté que ça. C'est probablement une œuvre qui mérite un nouveau visionnage à l'aune de ton analyse, du coup.

Et puis, bon, Jello Biafra qui présente le film comme étant le plus punk de l'histoire du cinéma, c'est vendeur...

Tori a écrit:C'est assez classique, mais nettement mieux que ce à quoi on pourrait s'attendre pour un film au budget aussi petit (une bonne partie du budget a d'ailleurs sans doute été consacrée aux effets spéciaux du finale). Il y a juste une scène qui fait tache, à cause de son décor qui sonne faux (et quelques ellipses dues au montage qui paraissent étranges). Ah, et c'est la même actrice qui joue les deux rôles féminins principaux... Je ne m'en suis rendu compte qu'en voyant le générique de fin... Une sacrée performance de sa part (alors que le rôle principal masculin n'a pas un très bon jeu d'acteur : il est assez inexpressif). Le rythme est assez lent au début, mais ça va crescendo.


Ok. À voir alors, je pense (mais plus par curiosité qu'autre chose, à priori). Peut-être dans un double programme avec "Street Trash".

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Ektah a écrit:
Tori a écrit:Bon, voici, donc, le texte écrit par Greg Lamberson, réalisateur de Slime City, à l'occasion de la sortie du film chez Shock-o-rama en 2005


C'est passionnant, tout ça. Merci.

Et “Slime City”, le film lui-même, c’est bien ?

C'est assez classique, mais nettement mieux que ce à quoi on pourrait s'attendre pour un film au budget aussi petit (une bonne partie du budget a d'ailleurs sans doute été consacrée aux effets spéciaux du finale). Il y a juste une scène qui fait tache, à cause de son décor qui sonne faux (et quelques ellipses dues au montage qui paraissent étranges). Ah, et c'est la même actrice qui joue les deux rôles féminins principaux... Je ne m'en suis rendu compte qu'en voyant le générique de fin... Une sacrée performance de sa part (alors que le rôle principal masculin n'a pas un très bon jeu d'acteur : il est assez inexpressif). Le rythme est assez lent au début, mais ça va crescendo.

Tori.

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Photonik a écrit:Épisode 16 : Le cinéma dans tous ses états !!


Oh, le beau programme que voilà.

Photonik a écrit:Les mecs de Cheveu s'en expliquent en interview : leurs confrères ne voyaient pas par exemple pourquoi il faudrait arrêter un morceau au bout de 3 ou 4 minutes (c'est le formatage pop/rock qui veut ça), ni pourquoi il faudrait se contenter de rythmes binaires quand leur musique leur permet d'aller tellement plus loin que ça. Du coup, sur le plan polyrythmique, il s'en passe de belles sur le disque...


Marrant. Je m'étais fait la même réflexion récemment en suivant un MOOC (cours universitaire gratuit en ligne) consacré à la musique classique. Mais, bon, ça fait un moment que ce format pop-rock est mis à mal: en fait, si on le réduit à ses principes premiers, je pense qu'on peut dire que c'est la raison d'être du rock progressif. Et bim, la chanson unique de 2 heures répartie sur 2 disques ("Tales from the Topographic Ocean" de Yes). Et la polyrythmie, c'est, à mon sens, tout ce qui fait le sel de King Crimson, Soft Machine ou Meshuggah, pour n'en nommer que quelques-uns.

Curieux d'entendre ton interview, en tous cas. Il faudra que je jette une oreille à ce disque, aussi.

Photonik a écrit:Son livre sur les gnostiques sortira au mois de septembre de cette année ; il a en effet tourné autour de la question, piochant aussi dans des idées développées dans certains textes de "Pop Yoga", portant sur Dick et les Beatles notamment. Et il a pas pu s'empêcher de parler de Lynch, bien sûr (évoquant le caractère éminemment gnostique de "Eraserhead", par exemple).


Pacôme a tendance à rajouter du gnosticisme un peu partout au petit bonheur la chance, ce qui n'est pas un problème: on a tous des clés de lecture récurrentes (comme moi avec la psychogéographie, quoi). Que ce sens ait été voulu par l'auteur ou pas est secondaire. Mais, dans le cas d'Eraserhead, la lecture gnostique vient effectivement assez facilement. J'imagine qu'il a dû te parler de cette figure mystérieuse qui tire un levier comme une représentation du Démiurge.
Et, dans le cas de Dick et des Beatles, c'est même une référence assumée par les artistes.

Photonik a écrit:Ma compagne et moi avons pu passer un long moment avec lui après la conférence, et c'était génial ; vraiment un mec en or. J'en reparlerai plus tard quand ce sera plus ficelé mais on va organiser un truc avec lui (une autre conférence) cet été, au Pays Basque ; il est très emballé et moi aussi.
Et on a parlé de toi et de tes archives !!!!


Oh, bon sang... Ça va encore faire un trou dans mes finances, cette affaire. Mais, du coup, je suis impatient de voir ça.
Et ça fait toujours plaisir de savoir son travail apprécié.

Photonik a écrit:Oui, ils se détestaient mais ils avaient plus de points communs qu'ils n'auraient bien voulu l'admettre, les bougres.


Évidemment, c'est difficile de savoir comment ils étaient personnellement mais, dans l'image mentale que je m'en fais, les deux sont des clones, jusque dans leur tendance à la mégalomanie.

Photonik a écrit:D'ailleurs, la seule application à peu près concrète du concept par Debord et les siens, c'était au moment des mouvements de Mai 68 (durant lesquels la pratique psychogéographique, largement délaissée pendant 10 ans par Debord au profit d'une revitalisation des thèses marxistes, est un peu ressortie du placard).


Et, du coup, leur volonté à coller à 68 sera aussi la cause de leur mise au placard: le semi-échec du mouvement étudiant signera la fin du projet de Debord.

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:En fait, j'irai même jusqu'à dire que l'école britannique a réussi là où Debord a échoué.



Oui et non, je dirais. Je nuancerai en disant qu'ils ont réussi là où Debord n'en en fait pas tout à fait essayé. :wink:


Allons, tu es mauvaise langue: 2 pages dans un numéro de Potlatch... :wink:

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Tiens, sur la recommandation de Richard Stanley


Tu le connais ??? Ou tu corresponds avec lui, peut-être ?
Je sais qu'il est installé dans le Sud, là où tu as tes attaches, c'est bien ça ?


Je n'irai pas jusqu'à dire que je le connais. On se dit bonjour quand on se croise dans la rue, quoi. À la base, je l'ai croisé 2-3 fois à l’Étrange Festival.

On est amis sur Facebook. C'est là qu'il a conseillé Nightsatan.

Mais, honnêtement, il est gentil comme une crème. Si tu veux le contacter, pour l'émission ou d'une manière générale, tu peux le faire directement. À priori, il ne va pas t'envoyer te faire voir.

Aux dernières nouvelles, il est installé à Montségur. D'ailleurs, il me semble qu'il parle de son rapport à l'Occitanie dans cet épisode récent de Tracks.

http://tracks.arte.tv/fr/richard-stanley-hardware-dust-devil

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Ektah a écrit:Marrant. Moi, c'est "Les treize", sa tentative de faire des aventures d'espionnage. (...) C’est franchement mal foutu mais, pourtant, aujourd’hui, c’est celui dont je me souviens. Je crois que j’ai quelque chose pour les monstres de Frankenstein littéraires.



Et tu me donnes franchement envie de le lire, là. :wink:

Ektah a écrit:Et on en revient à cette question de l'alliance entre musique urbaine et rurale (si on considère le Sahara comme "rural").


Je pense qu'on peut, oui. :wink:
Comme je le disais plus haut, ce qui se passe sur le disque est très intéressant : il y a comme un frottement ou une tension entre les habitudes des uns et des autres. Les mecs de Cheveu s'en expliquent en interview : leurs confrères ne voyaient pas par exemple pourquoi il faudrait arrêter un morceau au bout de 3 ou 4 minutes (c'est le formatage pop/rock qui veut ça), ni pourquoi il faudrait se contenter de rythmes binaires quand leur musique leur permet d'aller tellement plus loin que ça. Du coup, sur le plan polyrythmique, il s'en passe de belles sur le disque...
Je les vois au mois de juin, j'en dirais un mot. Et il faut que j'organise cette interview !! Ce sera vraisemblablement pour le mois prochain.

Ektah a écrit:Oui, je m'étais dit, puis avais oublié, que je devais te parler de son passage à Bayonne. Tant mieux si tu l'as noté toi-même. Ça semble être une des prémisses du bouquin sur la gnose qu'il est en train d'écrire. Depuis le temps qu'il (Pacôme Thiellement) tourne autour...



Son livre sur les gnostiques sortira au mois de septembre de cette année ; il a en effet tourné autour de la question, piochant aussi dans des idées développées dans certains textes de "Pop Yoga", portant sur Dick et les Beatles notamment. Et il a pas pu s'empêcher de parler de Lynch, bien sûr (évoquant le caractère éminemment gnostique de "Eraserhead", par exemple).
Ma compagne et moi avons pu passer un long moment avec lui après la conférence, et c'était génial ; vraiment un mec en or. J'en reparlerai plus tard quand ce sera plus ficelé mais on va organiser un truc avec lui (une autre conférence) cet été, au Pays Basque ; il est très emballé et moi aussi.
Et on a parlé de toi et de tes archives !!!!

Ektah a écrit:Pour être honnête, Debord a cela de commun avec Breton qu'on ne peut jamais prendre ses déclarations pour argent comptant.



Oui, ils se détestaient mais ils avaient plus de points communs qu'ils n'auraient bien voulu l'admettre, les bougres.

Ektah a écrit:je suis arrivé à deux conclusions. La première est que ce livre va faire des ravages dans mon compte bancaire.



Ah ça c'est clair, on a envie de tout lire...

Ektah a écrit:La seconde est que ma vision de la psychogéographie comme débutant après les guerres mondiales était probablement incomplète. Comme vous le précisiez, les prémisses sont là chez Machen, Defoe, Blake, De Quincey et les autres.



Oui, et Coverley insiste notamment sur l'importance des écrits de Defoe. Mais d'une certaine manière, dans sa façon d'importer les thématiques liées à la ruralité (ce dont on parlait plus haut), Machen me semble plus important.

Ektah a écrit:Par contre, je persiste à penser que la discipline a muté lors des guerres par le biais des surréalistes et des situs et que ce que nous nommons aujourd'hui psychogéographie (y compris dans sa forme britannique) est née des travaux de la bande à Debord. En fait, cet art du hasard que vous décriviez me semble plus correspondre aux errances surréalistes (dont le principe peut se résumer par un abandon à l’inconscient) qu’à la dérive situationniste. La comparaison que fait Coverley de cette dernière est celle d’une opération de reconnaissance militaire. Ça me semble très vrai. Pas de surprise que ce soit cette version que Grant Morrison a choisi pour les "Invisibles". Il y a pour moi définitivement un objectif dans cette version de la discipline (réapprentissage de la ville par les “forces populaires”) et une méthode (de type scientifique).



Oui, je ne suis pas en désaccord du tout avec ta façon de le présenter là. Debaord insiste bien sur la veine "stratégique" de sa démarche. D'ailleurs, la seule application à peu près concrète du concept par Debord et les siens, c'était au moment des mouvements de Mai 68 (durant lesquels la pratique psychogéographique, largement délaissée pendant 10 ans par Debord au profit d'une revitalisation des thèses marxistes, est un peu ressortie du placard).

Ektah a écrit:D’ailleurs, c’est probablement la cause de l'échec de cet aspect du projet situationniste: il s’agissait d’appliquer une grille très normative à une activité profondément intuitive et “artistique”.


Tu tapes dans le mille, c'est très précisément ça à mon sens aussi.

Ektah a écrit:En fait, j'irai même jusqu'à dire que l'école britannique a réussi là où Debord a échoué.



Oui et non, je dirais. Je nuancerai en disant qu'ils ont réussi là où Debord n'en en fait pas tout à fait essayé. :wink:


Ektah a écrit:C’est un détail mais, si Dino De Laurentiis a accepté de produire “Blue Velvet”, cela vient du fait que c’était un des points centraux du contrat qu’il avait conclu avec Lynch autour de “Dune”. En fait, c’était probablement la raison principale ayant poussé Lynch à accepter cette commande.



Tout à fait, tu as raison de préciser ce point (je le savais en plus, grrrr). Lynch précise ça dans un docu (de la série "The Directors") qui lui était consacré.

Ektah a écrit:Depuis le temps que j’en entends parler, de celle-là, il va vraiment falloir que je m’y mette. Pareil pour “Archer” et “Community”. J’ai entendu du bien de “Bojack Horseman”, aussi. Vous avez un avis ?



Je ne connais pas ce dernier titre, mais je vais checker ça.
Je te conseille vivement les trois autres, masi peut-être "Rick and Morty" en priorité. Je ne saurais dire si c'est le plus drôle, mais c'est en tout cas le plus virtuose.

Ektah a écrit:Tiens, sur la recommandation de Richard Stanley



Tu le connais ??? Ou tu corresponds avec lui, peut-être ?
Je sais qu'il est installé dans le Sud, là où tu as tes attaches, c'est bien ça ?

Ektah a écrit:C’est marrant: je n’avais jamais fait le rapprochement jusqu’ici mais l’écoute de ce morceau m’a immédiatement renvoyé aux morceaux “calmes” de Einstürzende Neubauten, comme "Blume".



Coïncidence : moi aussi, j'y pense. Mais c'est plutôt parce que j'ai découvert l'existence de ces deux groupes au même moment (quand je lisais Elegy ou D-Side, ce genre de trucs...).

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Tori a écrit:Bon, voici, donc, le texte écrit par Greg Lamberson, réalisateur de Slime City, à l'occasion de la sortie du film chez Shock-o-rama en 2005 : (...)


Un texte très intéressant en effet, et même touchant.
Sa teneur me rappelle certains propos d'Abel Ferrara, autre figure importante du New-York "sleazy" des années 70 et 80, qui ne cesse de déplorer l'ultra-gentrification du Manhattan post-Giuliani. Il y avait certainement beaucoup à faire en matière de sécurité, je ne le nie pas, mais on a un peu l'impression que le bébé "contre-culturel" a été jeté avec l'eau du bain "sécuritaire".
En tout cas, j'ai été frappé en me rendant à Times Square il y a quelques années par la différence avec le Times Square (et ses environs) tel qu'on peut le voir dans un "Taxi Driver" par exemple : c'est devenu un panneau publicitaire géant...


Tori a écrit:(truc bizarre, au passage : le DVD n'arbore pas le logo "DVD", et n'indique pas sa zone...) :

Tori.


C'est en fait assez courant chez les tout petits éditeurs, qui se passent parfois de ce genre de précisions.

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Cool, je suis ravi que les playlists des dernières semaines plaisent autant !! Y'a de très chouettes trucs en effet, j'essaie d'élargir un peu le spectre...

Avatar de calvinball

Outch la playlist classe de chez classe.

(et pour le programme aussi hein, triple rasade de cinoche c'est glop)

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Épisode 16 : Le cinéma dans tous ses états !!

Emission un peu spéciale puisqu'intégralement consacrée au cinéma, un peu dans tous ses états puisqu'on va aborder trois films très différents les uns des autres...
Le programme cette semaine :

- On commence avec une sortie récente, à savoir le dernier film en date du très "exigeant" Philippe Grandrieux, "Malgré la Nuit".

- On poursuit avec un giallo tout droit issu des seventies, "Terreur sur la lagune" d'Antonio Bido, un film méconnu mais qui a récemment connu les honneurs d'une sortie de luxe en Blu-Ray/DVD chez Le Chat Qui Fume.

- On termine avec une bizarrerie qui nous renvoie direct à l'âge d'or des studios hollywoodiens, avec l'azimuté "Les 5000 Doigts du Dr. T" de Roy Rowland, épaulé par Stanley Kramer et le fameux Dr. Seuss.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Drugs On The Bus", extrait du premier album de Crystal Fairy (avec des bouts des Melvins dedans), "Melody In High Feedback Tones", extrait du "Void Beats/Invocation Trex" de Cavern Of Anti-Matter, "Invisible Hate", titre introductif du "Death Penalty" des heavy-metalleux de Witchfinder General, et on termine avec le paisible "Carondelet", issu de la collaboration entre Jesu et Sun Kil Moon..!


"There's a water fountain that runs all night,
And sometimes the sound of it drives me fucking crazy I swear.
And there's a mountain of tour dates piling up that I'm really supposed to be paying mind,
But sometimes I don't feel like it so I pick up my guitar and put if off to another time..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Serions-nous hantés par le souvenir d'Agatha Christie ?


Moi oui ; j'ai été traumatisé gamin par la lecture des "Dix Petits Nègres". D'une certaine manière, ça m'accompagne toujours.


Marrant. Moi, c'est "Les treize", sa tentative de faire des aventures d'espionnage. C’est une collection de nouvelles reliées entre elles de manière bancale par l’adjonction d’une société secrète de méchants n’étant pas sans rappeler la bande de Moriarty pour Sherlock Holmes ou le SPECTRE de James Bond. C’est franchement mal foutu mais, pourtant, aujourd’hui, c’est celui dont je me souviens. Je crois que j’ai quelque chose pour les monstres de Frankenstein littéraires.

Photonik a écrit:Le dernier disque, en collaboration avec les Africains du Groupe Doueh, me semble très intéressant sur la base de quelques titres, et il renouvelle considérablement le répertoire du groupe, à la base très électro-pop mâtiné de punk. Là, rythmiquement par exemple, ils ont l'air de tenter des choses qui les sortent de leur zone de confort...


Ah, ça, ça me parle beaucoup... Et on en revient à cette question de l'alliance entre musique urbaine et rurale (si on considère le Sahara comme "rural").

Photonik a écrit:Au sujet de Thiellement, je suis normalement jeudi soir à Bayonne pour suivre une conférence donnée par ses soins sur un sujet bien de son cru : "De la Pop à la gnose" !!


Oui, je m'étais dit, puis avais oublié, que je devais te parler de son passage à Bayonne. Tant mieux si tu l'as noté toi-même. Ça semble être une des prémisses du bouquin sur la gnose qu'il est en train d'écrire. Depuis le temps qu'il tourne autour...

Photonik a écrit:Pour Debord, le fait est qu'il était très soucieux de bien "brûler les ponts", et de ne surtout pas (ou si peu) se placer dans le sillage de qui que ce soit. Il se serait étranglé plutôt que de reconnaître une quelconque dette à l'égard des surréalistes par exemple (alors qu'au fond...). Difficile donc de s'appuyer sur ses propres dires pour remonter le fil.


Pour être honnête, Debord a cela de commun avec Breton qu'on ne peut jamais prendre ses déclarations pour argent comptant.

artemus dada a écrit:
les situationnistes (inventeurs du concept de psychogéographie)


Je sais qu'on trouve souvent cette idée, mais il y a une branche de la psychogéographie plutôt britannique d'ailleurs, qui est d'ailleurs celle qu'utilisent Moore, et Ellis et qui n'a rien à voir avec la "dérive" des Situationnistes, mais plutôt avec ce que fait par exemple Peter Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.


Photonik a écrit:
Et je vais perdre mes galons de psychogéographe mais le bouquin de Coverley est toujours dans ma pile des livres à lire.


Il n'est pas exempt de défauts (il est trop bref pour un sujet aussi considérable, et il adopte une approche strictement chronologique pas forcément adaptée au sujet à mon sens), mais il a le gros avantage de donner des tas de pistes de lecture passionnantes. Par exemple, j'ai découvert le formidable "Paris Insolite" de Jean-Paul Clébert après avoir lu Coverley.


Alors, pour la longueur, j'ai constaté que les Moutons Électriques ont sorti deux autres volumes, "Paris: une physionomie" et "Londres: une physionomie", tous deux des pavés, écrits par Ruaud, qui, même si je peux me faire une fausse idée, me semblent être la continuation du travail effectué dans le livre de Coverley.

D'ailleurs, je suis en train de lire ce dernier, à la suite de nos conversations. À cette lecture, je suis arrivé à deux conclusions. La première est que ce livre va faire des ravages dans mon compte bancaire. La seconde est que ma vision de la psychogéographie comme débutant après les guerres mondiales était probablement incomplète. Comme vous le précisiez, les prémisses sont là chez Machen, Defoe, Blake, De Quincey et les autres. Par contre, je persiste à penser que la discipline a muté lors des guerres par le biais des surréalistes et des situs et que ce que nous nommons aujourd'hui psychogéographie (y compris dans sa forme britannique) est née des travaux de la bande à Debord. En fait, cet art du hasard que vous décriviez me semble plus correspondre aux errances surréalistes (dont le principe peut se résumer par un abandon à l’inconscient) qu’à la dérive situationniste. La comparaison que fait Coverley de cette dernière est celle d’une opération de reconnaissance militaire. Ça me semble très vrai. Pas de surprise que ce soit cette version que Grant Morrison a choisi pour les "Invisibles". Il y a pour moi définitivement un objectif dans cette version de la discipline (réapprentissage de la ville par les “forces populaires”) et une méthode (de type scientifique). D’ailleurs, c’est probablement la cause de l'échec de cet aspect du projet situationniste: il s’agissait d’appliquer une grille très normative à une activité profondément intuitive et “artistique”.

Bon, du coup, je suis tout à fait prêt à reconnaître ma subjectivité mais il me semble que l'aspect méthodique et dirigé de l'étude à la Sinclair, Moore ou Ackroyd se rapproche de celle de Debord. Après, il est tout à fait possible que ce ne soit pas une volonté de leur part. Ça ne serait pas la première fois que des processus séparés arrivent à un résultat similaire. En fait, j'irai même jusqu'à dire que l'école britannique a réussi là où Debord a échoué.

Tori a écrit:Bon, voici, donc, le texte écrit par Greg Lamberson, réalisateur de Slime City, à l'occasion de la sortie du film chez Shock-o-rama en 2005


C'est passionnant, tout ça. Merci.

Et “Slime City”, le film lui-même, c’est bien ?

Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque non pas un mais deux films, avec le documentaire "David Lynch : The Art Life", et le mythique "Eraserhead", premier film de Lynch, la vision du second après celle du premier se révélant riche d'enseignements sur le travail du plus chelou des cinéastes contemporains.


C’est un détail mais, si Dino De Laurentiis a accepté de produire “Blue Velvet”, cela vient du fait que c’était un des points centraux du contrat qu’il avait conclu avec Lynch autour de “Dune”. En fait, c’était probablement la raison principale ayant poussé Lynch à accepter cette commande.

Photonik a écrit:Pour les séries, on s'attaque à "Rick and Morty", série animée signée Dan Harmon et Justin Roiland, à la fois hilarante et virtuose sur le plan narratif.


Depuis le temps que j’en entends parler, de celle-là, il va vraiment falloir que je m’y mette. Pareil pour “Archer” et “Community”. J’ai entendu du bien de “Bojack Horseman”, aussi. Vous avez un avis ?

Photonik a écrit:(...)morceau de GosT issu de l'album "Non Paradisi" (...)


Tiens, sur la recommandation de Richard Stanley, j’ai découvert cet hommage aux films post-apo italiens des années 80, “Nightsatan and the loops of doom” (ce titre....) mené par un artiste synthwave finlandais. Je ne sais pas si je dois présenter ça comme une recommandation ou juste comme quelque chose qui existe. Disons que ce n’est pas ce qu’il y a de plus subtil mais j’ai une certaine sympathie pour le projet, comme une alternative un peu plus perchée et authentique à Kung Fury.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=VqgUWYvT55I[/youtube]

Sinon, je suis aussi en train de regarder les vidéos de Gunship. Dans le coté régressif assumé, c’est bien sympathique aussi (avec des collaborateurs de talent, comme John Carpenter ou Lee Hardcastle).

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=-nC5TBv3sfU[/youtube]

Photonik a écrit:(...)"Zero Zero", titre introductif du "Shadow Weaver" des néerlandais de The Legendary Pink Dots(...)


C’est marrant: je n’avais jamais fait le rapprochement jusqu’ici mais l’écoute de ce morceau m’a immédiatement renvoyé aux morceaux “calmes” de Einstürzende Neubauten, comme "Blume".

Photonik a écrit:(...) et on termine avec l'hallucinatoire "Psychonaut", concocté par les rockers gothiques de Fields Of The Nephilim..!


Ouais, je te rejoins: je pense aussi que ce morceau est le meilleur des Fields. Toujours un plaisir de le réécouter.

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Vu ton pseudo et ton avatar, tu n'as clairement pas le droit de faire l'impasse, là !! :wink:

Il aurait pu si ç'avait été raté...
Bon, voici, donc, le texte écrit par Greg Lamberson, réalisateur de Slime City, à l'occasion de la sortie du film chez Shock-o-rama en 2005 (truc bizarre, au passage : le DVD n'arbore pas le logo "DVD", et n'indique pas sa zone...) :
Greg Lamberson a écrit:  When I moved to New York City in 1982, to study filmmaking at the School of Visual Arts, I was exposed to a cornutopia of exhilarating sleaze. I was raised in Fredonia, an upstate village with no murder rate whatsoever, an NYC was in the grip of crack cocaine and angel dust epidemic. SVA's dormitory consisted of two floors in a YMCA called Sloan House, located on 34th Street and 9th Avenue, across the street from the New Yorker, headquarters of Reverend Sung Yung Moon and his persistent, if clueless followers.
  I let my future collaborator, Peter Clark, at Sloan House. Peter enjoyed shooting pool in the recreation room with decrepit sharks who regaled him with tales of their years spent as pimps, and it wasn't unusual for us to eat breakfast in a diner packed with hookers just coming off the night shift. It was a brief walk from Sloan House to SVA's main building on West 23rd Street, but mor importantly, it was a hop, a skip, and a jump to 42nd Street and Times Square.
  In the 1980's, when the home video market was in its infancy, Manhattan cineastes had access to countless midnight venues like the Bleecker Street Cinemas, the 8th Street Playhouse, St. Mark's Cinemas, and the Waverly Twin. Our instructors necouraged us to see every movie we could, and for many of us living in Sloan House, including Peter and our classmate, Jimmy Muro, that included seeing triple features in the grindhouses on Forty-Deuce: women-in-prison films, Russ Meyer epics, creatively re-titled slasher flicks, and martial arts mayhem, all presented in the urine-soaked ambiance of auditoriums haunted by winos, drug addicts, and other denizens living on the fringe.
  Jimmy had interned as a production assistant on Frank Henenlotter's BASKET CASE, which played at the Waverly on weekends as a midnight show. I'd seen THE ROCKY HORROR PICTURE show, of course, but had no idea that a low budget film like BASKET CASE could inspire such fanatatical loyalty; one character even attended screenings with a large wicker basket, just like the one that housed twisted little Belial in the film. I later worked as a doorman at the RKO National Twin on Broadway and 43rd Street, where THE EVIL DEAD and THE DEADLY SPAWN enjoyed successful runs
  When Peter and I left SVA after one year to concentrate on features, we wanted to follow in the footsteps of Sam Raimi, Ted Bohus, and Frank Henenlotter. We shared a love for horror flicks and science fiction pictures, but horror lent itself more readily to the constraints of low budget filmmaking. With our friend Robert Sabin, who'd starred in our first narrative short film, we sought to make SLIME CITY. But where to begin ?

  Around 1984, we hooked up with John Michaels, the Assistant Director on SPLATTER UNIVERSITY, a 16mm slasher flick released by Troma. Michaels was prepping the horror spoof I WAS A TEENAGE ZOMBIE, and Peter, Robert, and I quit our jobs to work on the film for free and learn the nuts and bolts of microbudget filmmaking. It was one hell of an education, and we vowed to avoid mistakes we witnessed during production.
  When we shot SLIME CITY in 1986, we managed to avoid most of those mistakes, but we made plenty of our own. I won't go into detail here, you have a director/actor commentary track for that, and a featurette, MAKING SLIME. I will say that during SLIME CITY's protracted post-production phase, my crew and I worked on PLUTONIUM BABY –possibly the worst film ever made– and Frank Henenlotter's sublime BRAIN DAMAGE, which also united the crews of BASKET CASE and STREET TRASH. Jimmy Muro and Roy Frumkes, our SVA film production teacher, had shot STREET TRASH only months before Peter and I shot SLIME CITY. We didn't realize it then, but BRAIN DAMAGE was the culmination of everything else we did during that outrageous decade.
  I WAS A TEENAGE ZOMBIE played as a midnight movie in 1987; BRAIN DAMAGE enjoyed a small, national release that same year; and SLIME CITY had its moment on medium-sized screens in 1988. Don't hold me to those dates. SLIME CITY premiered at the Waverly, then settled into a five-week midnight run at the Bleecker Street Cinemas, now home to Kim's Underground (where niche entertainment is still treated with respect, even if the customers aren't). By the time SLIME came out on video in 1989 –following several overseas sales– the decade of celebrated sleaze was already in its death throes. Home video, which had popularized theatrical films like RE-ANIMATOR and EVIL DEAD II, killed the midnight movie; 42nd Street started showing mainstream films; and Sloan House mutated into a pricey condominium.
  When Robert and I filmed (videotaped, actually) NAKED FEAR in 1995, with my long-time Assistant Director, Ed Walloga, 42nd Street had been killed by the likes of Rudy Giuliani and greedy developers. For at least two years, the shuttered grindhouses stood empty, like wartime relics, with bizarre messages posted on their marquees. NAKED FEAR features the Times Square footage that SLIME CITY lacked, with Robert's character spending the length of an entire song passing those dead palaces. The film is affectionately "Dedicated to the Deuce", and the death of the misunderstood killer played by Tommy Sweeney (star of my 1991 film, UNDYING LOVE) symbolizes the end of that era. Really!
  If home video killed the midnight movie, DVD has resurrected its fare with a new mission statement to boldly restore obscure films and present them as they've never been seen before, with pristine images and intriguing bonus features. This new medium has generated strong interest in the gross-out productions of the 80s, which are now enjoying an unlikely renaissance.
  I'm extremely pleased with the efforts of Mike Raso and his Shock-O-Rama gang to bring SLIME CITY to a wider audience. When they re-released it on VHS in 1999, I cut some footage and scenes to make the film shorter. Some of the changes worked, some didn't. I've retained the ones that did, and have gone back to the original cut for those that didn't. If the previous incarnation was the Special Edition, then this is the Ultimate Edition –at least until High Definition takes over.

  In addition, when Peter and I shot the film, we framed many of the shots with extra headspace and legroom, anticipating a 35mm blowup that never came to fruition. For years, that framing has embarrassed me. Now that the film has been letterboxed, it looks the way we'd originally intended. Peter died in 2000, which is why MAKING SLIME is dedicated to him; I think he'd be pleased with this presentation of the film we shot 19 years ago.

I hope you like it, too.

Greg Lamberson,
www.slimeguy.com


J'en ai respecté la casse : les noms de films sont donc écrits en capitales.

Tori.

Avatar de Le Doc

Vu ton pseudo et ton avatar, tu n'as clairement pas le droit de faire l'impasse, là !! :wink:


C'est clair ! :wink:

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Le Doc a écrit:Tu connais bien maintenant mes réserves sur le cinéma de David Lynch, qui se partage pour moi en 2 parties bien distinctives


Oui, nous avions déjà échangé sur le sujet ; la césure que tu évoques est non seulement admise par tous (y compris ses fans un peu gaga, comme moi...) mais elle a en plus sa pertinence "objective".
Le docu livre en tout cas des clés pour comprendre certains pans de sa filmo, surtout "Eraserhead" comme je le dis durant l'émission, mais aussi certaines scènes de films plus tardifs et majeurs de sa filmo, comme "Blue Velvet".

Le Doc a écrit:Et le dessinateur de la série de Chuck Dixon, dont on a eu quelques épisodes dans la collection V.I. de Semic, était Sal Velluto.


Sal Velluto !! Ah ça ne me serait jamais revenu...

Le Doc a écrit:Je n'en ai entendu que du bien de ce dessin animé ("Rick and Morty"). Faudrait que je me chope au moins un épisode un de des quatre...mais comme je suis déjà en retard sur pas mal de séries intéressantes... :wink:


Vu ton pseudo et ton avatar, tu n'as clairement pas le droit de faire l'impasse, là !! :wink:

Le Doc a écrit:Yeah...super playlist


Merci beaucoup !!!

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OK, je poste ça demain, du coup.

Tori.

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En anglais, ça me va très bien..!

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Photonik a écrit:
Tori a écrit:[il s'agit de Slime City, par Greg Lamberson (et le DVD est un "double feature", avec en bonus Naked fear, un autre de ses films), qui comporte un livret dans lequel le réalisateur revient sur le déclin des "midnight movies" (dû à l'explosion du marché de la vidéo), et sur le regain d'intérêt pour ceux-ci (grâce à l'apparition des DVD...). J'essaierai de poster son texte, c'est assez intéressant (même s'il y parle surtout de son expérience personnelle).


Ah ça m'intéresserait que tu postes le texte, ouais.

J'ai commencé à le recopier... Je le laisse en anglais, ou tu préfèrerais que je le traduise ?

Tori.

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Photonik a écrit:
- Pour le cinéma, on évoque non pas un mais deux films, avec le documentaire "David Lynch : The Art Life", et le mythique "Eraserhead", premier film de Lynch, la vision du second après celle du premier se révélant riche d'enseignements sur le travail du plus chelou des cinéastes contemporains.


Tu connais bien maintenant mes réserves sur le cinéma de David Lynch, qui se partage pour moi en 2 parties bien distinctives : je n'ai pas tout vu, mais comme je l'ai déjà écrit, ma préférence va plus à des films comme Elephant Man, Sailor et Lula et Une Histoire Vraie qu'à Mulholland Drive, Lost Highway et Inland Empire (je ne l'ai d'ailleurs pas terminé celui-là, ce qui ne m'arrive pas souvent).
Si je me rappelle bien, le premier Lynch que j'ai vu était Dune. Je l'avais beaucoup aimé plus jeune, mon appréciation a baissé en grandissant, mais comme toi je ne le trouve pas si catastrophique que ça. Il ne manque pas de scènes marquantes et son casting est impressionnant...

Donc même si son cinoche m'a perdu en cours de route, je suis toujours intéressé par une partie de la filmo de David Lynch et je regarderai ce documentaire quand j'en aurai l'occasion...

- Pour la BD, retour sur le parcours de l'un des seconds couteaux les plus attachants des comics, en l'occurrence Moon Knight, le Chevalier de la Lune, repris en main récemment par Jeff Lemire (épaulé aux dessins par Greg Smallwood).


Chouette rétrospective du personnage. Je n'ai pas lu beaucoup de revues Arédit/Artima (j'en ai dans ma collec' mais plus jeune je préférais les revues Lug et leurs sommaires plus stables) mais parmi ceux que j'ai, il y a les premiers Moon Knight de Moench et Sienkiewicz (et j'ai depuis récupéré les débuts du perso en Intégrales V.O.). C'est vraiment une série qui m'a impressionné quand je l'ai lue à la fin des années 80, notamment par son atmosphère beaucoup plus sombre.
Et le dessinateur de la série de Chuck Dixon, dont on a eu quelques épisodes dans la collection V.I. de Semic, était Sal Velluto.

- Pour les séries, on s'attaque à "Rick and Morty", série animée signée Dan Harmon et Justin Roiland, à la fois hilarante et virtuose sur le plan narratif.


Je n'en ai entendu que du bien de ce dessin animé. Faudrait que je me chope au moins un épisode un de des quatre...mais comme je suis déjà en retard sur pas mal de séries intéressantes... :wink:

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Octopus", extrait de "The Madcap Laughs" du regretté Syd Barrett, "Nascency", morceau de GosT issu de l'album "Non Paradisi", "Zero Zero", titre introductif du "Shadow Weaver" des néerlandais de The Legendary Pink Dots, et on termine avec l'hallucinatoire "Psychonaut", concocté par les rockers gothiques de Fields Of The Nephilim..!


Yeah...super playlist, des ambiances très différentes à chaque fois, un éclectisme qui fait du bien aux oreilles (j'aime bien aussi la grandiloquence du début de Nascency...et tu as bien raison : à chaque fois que tu proposes un morceau de ce genre, je me crois dans un film d'horreur des années 80^^)...

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Oui, j'ai appris ça ici-même après avoir enregistré l'émission, le lendemain en fait ; j'imagine effectivement que ça mettrait de fait un petit coup d'arrêt à sa "surproduction" actuelle...

Avatar de Le Doc

Je suis en train d'écouter l'émission (j'en parlerai en détail un peu plus tard), mais là je suis arrivé au moment où tu parles de la production pléthorique de Jeff Lemire. Je ne sais pas quand tu as enregistré l'émission, mais on a appris cette semaine que Jeff Lemire quitte Marvel après la fin de ses nombreuses séries en cours pour se consacrer à ses projets personnels. On devrait peut-être moins le voir un peu partout, je pense... :wink:

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Tori a écrit:[il s'agit de Slime City, par Greg Lamberson (et le DVD est un "double feature", avec en bonus Naked fear, un autre de ses films), qui comporte un livret dans lequel le réalisateur revient sur le déclin des "midnight movies" (dû à l'explosion du marché de la vidéo), et sur le regain d'intérêt pour ceux-ci (grâce à l'apparition des DVD...). J'essaierai de poster son texte, c'est assez intéressant (même s'il y parle surtout de son expérience personnelle).


Ah ça m'intéresserait que tu postes le texte, ouais.

Tori a écrit:Encore une très bonne émission, et une programmation musicale de qualité.

Tori.


Merci pour ton appréciation, et ton assiduité.

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque non pas un mais deux films, avec le documentaire "David Lynch : The Art Life", et le mythique "Eraserhead", premier film de Lynch, la vision du second après celle du premier se révélant riche d'enseignements sur le travail du plus chelou des cinéastes contemporains.

Ah, tiens, ce "double feature" (ou "double programme") et le fait que tu évoques, à propos d'Eraserhead du phénomène des "midnight movies" me fait penser à un DVD que j'ai trouvé la semaine dernière : il s'agit de Slime City, par Greg Lamberson (et le DVD est un "double feature", avec en bonus Naked fear, un autre de ses films), qui comporte un livret dans lequel le réalisateur revient sur le déclin des "midnight movies" (dû à l'explosion du marché de la vidéo), et sur le regain d'intérêt pour ceux-ci (grâce à l'apparition des DVD...). J'essaierai de poster son texte, c'est assez intéressant (même s'il y parle surtout de son expérience personnelle).
Au passage, ce film est un tout petit budget (quinze mille dollars, en 1987)... Et pourtant, à une scène près, il ne s'en sort pas trop mal (bon, le deuxième film, en revanche, le budget devait être encore plus petit : on dirait un truc filmé entre potes au caméscope et sans montage...).

En ce qui concerne Rick et Morty, ça passe sur France 4 et sur Netflix.
Ça devait être sur France 4 que j'avais vu le début.

Encore une très bonne émission, et une programmation musicale de qualité.

Tori.

Avatar de Photonik

Tori a écrit:il y a bien plus de finesse que l'habillage ne pourrait le laisser penser.


Oh que oui. Beaucoup plus.

Avatar de Tori

C'était pour voir si on suit... ~___^
Bon, Lynch, je ne suis pas très amateur (ni très connaisseur, du coup), Moon Knight m'intéresse déjà plus... Quant à Rick & Morty, j'avais vu le début, quand c'était passé il y a déjà quelque temps... Et c'était plutôt une agréable surprise : il y a bien plus de finesse que l'habillage ne pourrait le laisser penser.


Tori.

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C'est bon, c'est réglé !!

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Ah oui, exact, y'a eu un bug, là. Je vais aux nouvelles.

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Ah, visiblement, le nouvel épisode n'a toujours pas été mis en ligne. C'est encore celui d'avant les vacances.

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Épisode 15 : The Rick and Moon Knight Life !!

On est de retour après la petite pause rituelle pour les vacances...
Le programme cette semaine :

- Pour le cinéma, on évoque non pas un mais deux films, avec le documentaire "David Lynch : The Art Life", et le mythique "Eraserhead", premier film de Lynch, la vision du second après celle du premier se révélant riche d'enseignements sur le travail du plus chelou des cinéastes contemporains.

- Pour la BD, retour sur le parcours de l'un des seconds couteaux les plus attachants des comics, en l'occurrence Moon Knight, le Chevalier de la Lune, repris en main récemment par Jeff Lemire (épaulé aux dessins par Greg Smallwood).

- Pour les séries, on s'attaque à "Rick and Morty", série animée signée Dan Harmon et Justin Roiland, à la fois hilarante et virtuose sur le plan narratif.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Octopus", extrait de "The Madcap Laughs" du regretté Syd Barrett, "Nascency", morceau de GosT issu de l'album "Non Paradisi", "Zero Zero", titre introductif du "Shadow Weaver" des néerlandais de The Legendary Pink Dots, et on termine avec l'hallucinatoire "Psychonaut", concocté par les rockers gothiques de Fields Of The Nephilim..!


"Let us gather hallucinations from our private minds
Let us witness the reincarnation of the Sun
Leviathan
May the mountains shake you to the core..."


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:Serions-nous hantés par le souvenir d'Agatha Christie ?


Moi oui ; j'ai été traumatisé gamin par la lecture des "Dix Petits Nègres". D'une certaine manière, ça m'accompagne toujours.

je trouve que le RIO et le style de Canterbury sont des mouvements liés à une certaine scène à un moment donné mais qui, stylistiquement, ne sont pas si dissemblables que ça du prog "classique" à la King Crimson.


Oui, sans être spécialiste, je suis assez d'accord.

Ça fait un moment que j'ai une bonne opinion de Cheveu, en ne connaissant presque rien de leur musique.


Le dernier disque, en collaboration avec les Africains du Groupe Doueh, me semble très intéressant sur la base de quelques titres, et il renouvelle considérablement le répertoire du groupe, à la base très électro-pop mâtiné de punk. Là, rythmiquement par exemple, ils ont l'air de tenter des choses qui les sortent de leur zone de confort...

je crois que ce que j'aime bien chez Palahniuk est l'adéquation entre style et contenu. Il a ce ton un peu artificiel, un peu vulgaire, consumériste, qui correspond à ce qui est raconté. J'aime cette approche. Ryu Murakami a pu faire la même chose sur certains de ses livres aussi, d'ailleurs. C'est moins marqué chez Ellis, à mon avis.


Oh, je dirais qu'Ellis y parvient très bien sur "Glamorama", par exemple, et dans une moindre mesure dans "American Psycho" mais peut-être par d'autres biais.

Mon bon, Don De Lillo les enterre tous. Je pense qu'on peut convenir de cela.


Nous sommes d'accord. C'est pas tout à fait du même ordre, De Lillo. J'ai encore un de ses romans de jeunesse, "Great Jones Street", sur le feu ; va falloir que je m'y colle, tiens.

Photonik a écrit:tout n'est qu'un clou pour qui n'a qu'un marteau à sa disposition.


Très vrai. Sauf erreur de ma part, la citation vient de Paul Watzlawick, un jungien qui fait partie des fondateurs de l'école de Palo Alto (oui, le groupe de musique industrielle du même nom est une référence), qui reconnaissait comme antécédent à leur pensée Edward Sapir, d'où le fait que la citation se retrouve dans "Premier Contact".


Intéressant ça, j'en ignorais la source.

j'irai même jusqu'à considérer que toute l'histoire de la pensée (artistique ou pas) en occident est, depuis la seconde guerre mondiale (au moins), celle d'une quête de sens.



Oui, un sens perdu je dirais.

D'ailleurs (et je suis tout à fait prêt à reconnaître que c'est l'influence de Pacôme qui s'exprime là par mon biais), c'est le même état d'esprit qui pousse Jacques Rivette à explorer le Paris secret (dans "Out 1" et "Céline et Julie vont en bateau", surtout) à la recherche du souvenir du Paris occultiste de "L'histoire des treize" de Balzac. Je ne suis pas loin de considérer ces films comme une forme de psychogéographie.


J'abonde dans ce sens concernant le trop peu cité Jacques Rivette. Pacôme Thiellement proposait d'ailleurs, lors de l'entretien qu'il m'avait accordé l'an dernier, un rapprochement très intéressant à mon sens entre son travail et celui de Thomas Pynchon, "conspirationnel" disait-il ; je crois que c'est très juste.
Au sujet de Thiellement, je suis normalement jeudi soir à Bayonne pour suivre une conférence donnée par ses soins sur un sujet bien de son cru : "De la Pop à la gnose" !!

il y a des artistes qui explorent ce principe des "edgelands" (aussi connus sous le nom de "liminal spaces", chez les plus mystiques), ces zones mal définies aux bordures des villes n'appartenant ni au domaine urbain ni au rural, souvent en autour des autoroutes et périphériques, comme par exemple le fameux "London Orbital" cher à Iain Sinclair ou le cadre de "Paris est un leurre" de Xavier Boissel. Ça me semble aussi être le lieu de la trilogie de béton de Ballard.


C'est très vrai pour Ballard, oui, et au-delà de la trilogie de béton, je dirais. Il le formulait pratiquement en ces termes d'ailleurs ; il considérait les grandes métropoles comme Londres, Paris ou New-York (en tout cas leurs centres) comme des formes obsolètes et peu propices à l'extrapolation dans le cadre de son travail. Par contre, ces zones péri-urbaines que tu décris l'intéressaient au plus haut point ; c'était pour lui le tombeau de tous les affects.

Oh, je suis d'accord pour l'influence de Machen, bien sûr. (...) Et, ce qui est pour moi le sommet de la carrière de Current 93, la trilogie "The inmost light" tire son nom d'une de ses histoires.


Eh bien je l'ignorais mais ça me semble parfaitement cohérent, en effet.

je pense qu'il est très possible que, lors de la création de la psychogéographie situationniste, Debord ait été familier avec les textes de Machen (ou alors les surréalistes l'auront connu puis transmis à leurs descendants... je ne sais pas). Sinon, il aura cru que son idée était originale. Au fond, peu importe. (...) Tout ça pour dire que, certes, les deux branches de la discipline sont dissemblables mais que ça ne change rien au fait qu'elles sont liées.



Pour Debord, le fait est qu'il était très soucieux de bien "brûler les ponts", et de ne surtout pas (ou si peu) se placer dans le sillage de qui que ce soit. Il se serait étranglé plutôt que de reconnaître une quelconque dette à l'égard des surréalistes par exemple (alors qu'au fond...). Difficile donc de s'appuyer sur ses propres dires pour remonter le fil.

Et je vais perdre mes galons de psychogéographe mais le bouquin de Coverley est toujours dans ma pile des livres à lire.


Il n'est pas exempt de défauts (il est trop bref pour un sujet aussi considérable, et il adopte une approche strictement chronologique pas forcément adaptée au sujet à mon sens), mais il a le gros avantage de donner des tas de pistes de lecture passionnantes. Par exemple, j'ai découvert le formidable "Paris Insolite" de Jean-Paul Clébert après avoir lu Coverley.

Pareil pour le “Mother London” de Michael Moorcock, car voilà ce que Iain Sinclair a à dire sur ce texte: https://www.theguardian.com/books/2000/nov/23/londonreviewofbooks


Ah, "Mother London"..! J'ai eu un "faux départ" avec ce livre ; j'en ai lu un bon tiers lors d'un looooong voyage en avion, puis oublié le bouquin dans le dit-avion (couillon de moi). Faudrait que je reprenne tout ça, j'ai racheté le bouquin mais pas repris le fil de ma lecture.
Ce que j'en ai lu m'avait sacrément emballé en tout cas ; Moorcock "prend son temps" comme rarement avec ce roman mais on sent que c'est parce qu'il sait qu'il tient un truc.

Eh bien encore merci pour tous ces échanges passionnants !!! Voilà qui est revigorant. On se retrouve dès demain pour un nouvel épisode...

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artemus dada a écrit:
Ektah a écrit:[..]
Damn! J'aurais bien aimé le faire, celui-là, de lapsus.

[..]


Un lapsus ? Plutôt une manifestation de notre sujet de discussion : l'hantologie.



Serions-nous hantés par le souvenir d'Agatha Christie ? Bah, ça me va. Je suis sûr qu'elle restera très cordiale. Et ça fait plaisir de retrouver les écrivaines de mon enfance.

Photonik a écrit:Il semble d'ailleurs que les rock-critics ou les musiciens eux-mêmes aient cherché à dissocier les deux, au moins à un moment, avec des appellations qui ne recouvrent pas exactement le genre "prog" mais qui gravitent quand même autour, comme le "zeuhl" ou le "rock in opposition".


Bon, par contre, autant je vois pourquoi la classification de la Zeuhl dans le prog pourrait poser problème, autant je trouve que le RIO et le style de Canterbury sont des mouvements liés à une certaine scène à un moment donné mais qui, stylistiquement, ne sont pas si dissemblables que ça du prog "classique" à la King Crimson.

Photonik a écrit:on a causé d'une interview de Cheveu avec un pote qui organise justement des concerts...


Intéressant, ça. Ça fait un moment que j'ai une bonne opinion de Cheveu, en ne connaissant presque rien de leur musique. Content que ton émission serve de passeur.

Photonik a écrit:Si cette hypothèse t'intéresse, la vision de "Premier Contact" (qui la cite explicitement) s'impose presque automatiquement.
Néanmoins, je serais curieux de connaître ton avis sur "Enemy", autre réussite signée Villeneuve, fût-elle mineure.


Bon, ok, je fais remonter ces deux films de quelques crans dans ma liste des films à voir. Je devrais les regarder dans les semaines qui viennent et je reviendrai en parler.

Photonik a écrit:De Lillo, que j'aime beaucoup aussi, me semble un auteur supérieur sur à peu près tous les plans, mais je n'en dirais pas autant d'un Palahniuk, quant à moi ; il est d'ailleurs presque tributaire si j'ose dire du travail d'Ellis, de la façon dont je le vois... L'antériorité n'est pas forcément synonyme de "supériorité" (si tant est que ça veuille dire quelque chose en matière d'expression artistique, hein), mais dans ce cas précis, je dirais que oui.


Oh oui, la qualité et l'antériorité sont deux choses séparées. Mais elles peuvent parfois coïncider. Mais, en fait, je crois que ce que j'aime bien chez Palahniuk est l'adéquation entre style et contenu. Il a ce ton un peu artificiel, un peu vulgaire, consumériste, qui correspond à ce qui est raconté. J'aime cette approche. Ryu Murakami a pu faire la même chose sur certains de ses livres aussi, d'ailleurs. C'est moins marqué chez Ellis, à mon avis.

Mon bon, Don De Lillo les enterre tous. Je pense qu'on peut convenir de cela.

Photonik a écrit:Ha ha !! Alors ça, ça me rappelle une autre citation (dont l'auteur m'échappe, là) qui est elle aussi explicitement nommée dans le "Premier Contact" de Villeneuve, d'ailleurs : tout n'est qu'un clou pour qui n'a qu'un marteau à sa disposition.


Très vrai. Sauf erreur de ma part, la citation vient de Paul Watzlawick, un jungien qui fait partie des fondateurs de l'école de Palo Alto (oui, le groupe de musique industrielle du même nom est une référence), qui reconnaissait comme antécédent à leur pensée Edward Sapir, d'où le fait que la citation se retrouve dans "Premier Contact".

Photonik a écrit:Je pense que cet espèce de faisceau d'indices qui ne cessent de revenir vers ces thématiques s'explique de plusieurs manières, la première étant peut-être l'urgence absolue de reconsidérer ces questions à l'heure d'un urbanisme devenu complètement fou et surtout absurde, totalement dépourvu de sens (depuis disons 70 ans). La question des "genius loci", dans un tel contexte, prend un tournant presque impérieux, qui réinvestit la question de sens justement... C'est très général / générique, ce que je dis là, mais je suis persuadé que tu vois ce que je veux dire.


Oh oui, évidemment. Et j'irai même jusqu'à considérer que toute l'histoire de la pensée (artistique ou pas) en occident est, depuis la seconde guerre mondiale (au moins), celle d'une quête de sens. Et, justement, le fait que le lettrisme puis le situationnisme soient nés au lendemain de la guerre (et du Plan Marshall) est tout à fait significatif, à mes yeux. En particulier, le fait que leur version de la psychogéographie passe par la dérive (sans but préétabli, donc) me semble une belle illustration du fait qu'il s'agit de se réapproprier une ville redevenue inconnue par une sorte de réapprentissage de son identité cachée. D'ailleurs (et je suis tout à fait prêt à reconnaître que c'est l'influence de Pacôme qui s'exprime là par mon biais), c'est le même état d'esprit qui pousse Jacques Rivette à explorer le Paris secret (dans "Out 1" et "Céline et Julie vont en bateau", surtout) à la recherche du souvenir du Paris occultiste de "L'histoire des treize" de Balzac. Je ne suis pas loin de considérer ces films comme une forme de psychogéographie.

Photonik a écrit:Une autre explication serait la chaîne des influences ; et pour tous ces artistes, les marges de la scène anglaise des années 70 a énormément compté. Il faut dire un mot par exemple du rôle immense qu'un Genesis P. Orridge a pu jouer là-dedans, avec cette espèce "d'update de l'occultisme" qu'il se charge de réaliser à l'époque avec quelques autres. Là aussi, la question du rapport ruralité/urbanisme se pose dans toute sa splendeur, avec l'idée que la plupart de ces pionniers de la scène industrielle (LA musique urbaine par excellence) s'en sont mystérieusement allés réinvestir la musique folk.


Current 93 comme évolution naturelle de Psychic TV. Je suis d'accord. On en revient encore une fois à cette idée de transfert urbanité-ruralité. D'ailleurs, il y a des artistes qui explorent ce principe des "edgelands" (aussi connus sous le nom de "liminal spaces", chez les plus mystiques), ces zones mal définies aux bordures des villes n'appartenant ni au domaine urbain ni au rural, souvent en autour des autoroutes et périphériques, comme par exemple le fameux "London Orbital" cher à Iain Sinclair ou le cadre de "Paris est un leurre" de Xavier Boissel. Ça me semble aussi être le lieu de la trilogie de béton de Ballard. Genesis P. Orridge est également chez lui dans ces endroits, tu as raison.

Photonik a écrit:Pour la question de la psychogéographie, et pour rebondir sur ce point précis, je pense comme Artemus que l'oeuvre d'Arthur Machen est un point nodal. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que Machen est un pur rural (gallois, je crois) qui s'est installé en ville, comme s'il avait "importé" en milieu urbain toute une tradition orale qu'il transforme en littérature...


Photonik a écrit:Si je me rappelle bien de ce qu'en dit Merlin Coverley dans son ouvrage introductif/rétrospectif sur la question, Sinclair ne se réclame pas tant que ça de la tradition française, en fait.
Il connaît bien les productions situationnistes bien sûr, il leur emprunte d'ailleurs en premier lieu l'idée de la production de cartes (en plus des "rapports"), mais il en diverge sur un point majeur : les déambulations de Sinclair, même guidées par le hasard, ont un "but" assumé, quand les dérives situationnistes s'en passaient de manière très volontariste...


Oh, je suis d'accord pour l'influence de Machen, bien sûr. Fondamentalement, l'idée de sa littérature est de présenter une zone, souvent une petite ville, en apparence idyllique, dissimulant une menace souterraine (au propre et/ou au figuré). Tiens, c'est marrant: c'est remarquablement similaire à "Twin Peaks".

Et, ce qui est pour moi le sommet de la carrière de Current 93, la trilogie "The inmost light" tire son nom d'une de ses histoires.

De plus, deux des deux groupes phares du label Ghost Box (crédité comme étant la naissance de l'hantologie musicale et la référence majeure de "Berberian Sound Studio"), Belbury Poly et Focus Group se sont tous deux présentés comme des hommages à Machen.

Et la liste continue... La psychogéographie/hantologie doit effectivement beaucoup à cet auteur.

Mais, pour préciser ma pensée à propos de la différence entre les versions britannique et française de cette discipline, je pense qu'il est très possible que, lors de la création de la psychogéographie situationniste, Debord ait été familier avec les textes de Machen (ou alors les surréalistes l'auront connu puis transmis à leurs descendants... je ne sais pas). Sinon, il aura cru que son idée était originale. Au fond, peu importe. Toujours est-il que, après la traversée de la Manche de cette idée, la discipline s'est mise à muter, la principale différence étant effectivement l'intention, présente ou non, derrière l'acte d'exploration/dérive. Et cette mutation est effectivement le fait du souvenir, du spectre en fait, de Machen. Tout ça pour dire que, certes, les deux branches de la discipline sont dissemblables mais que ça ne change rien au fait qu'elles sont liées. Et c'est assez normal que Sinclair déclare son indépendance d'avec les situationnistes, vu que son acte a justement été de s'éloigner de la version française. Mais, du coup, les deux disciplines restent liées à mes yeux.

Pour ce qui est de l’appartenance de Machen à la discipline, on est à nouveau dans un domaine totalement subjectif: c’est la question de l’appartenance ou pas des prédécesseurs à tel ou tel mouvement (Beethoven a posé les bases de la musique romantique mais doit aussi beaucoup à Mozart et Haydn... Est-ce que ça fait de lui un romantique ou un classique ?). Aucune réponse n’est meilleure qu’une autre. Mais, de mon point de vue, comme je le disais tantôt, cette discipline est pour moi une conséquence de la 2nde GM. Du coup, j’aurais plutôt tendance à le voir comme un des prédécesseurs. Mais ma vision n’est certainement pas gravée dans le marbre. Peut-être même que je n’ai pas lu les bons textes, en fait.

Et je vais perdre mes galons de psychogéographe mais le bouquin de Coverley est toujours dans ma pile des livres à lire.

Photonik a écrit:(pour le lien Machen/Alan Moore, il faut lire la formidable adaptation graphique signée Eddie Campbell d'une performance "psychogéographique" d'Alan Moore, "Serpents et Echelles", qui se penche assez copieusement sur la biographie de l'auteur des "Trois Imposteurs" et du "Grand Dieu Pan")


Oui, j’avais lu, écouté et apprécié ce texte mais c’était avant que je sois familier avec la question que nous discutons. Il serait sans doute temps que je m’y replonge. Pareil pour le “Mother London” de Michael Moorcock, car voilà ce que Iain Sinclair a à dire sur ce texte: https://www.theguardian.com/books/2000/nov/23/londonreviewofbooks

Photonik a écrit:Quant à Iain Sinclair, il est évidemment une figure contemporaine majeure, au centre de tous ces enjeux. Je suis en train de lire son "London Overground" (un des rares ouvrages de sa plume traduits en français), et il y relate justement une série de virées londoniennes réalisées en compagnie du cinéaste Andrew Kötting, qui a effectivement l'air d'être un sacré personnage...


Ah, c’est un des Sinclair que je n’ai pas lu. C’est qu’il est prolifique, le sagouin. Pareil, je vais me pencher sur la question.

Photonik a écrit:Intéressant ça, comme ta façon d'insister sur les liens entre ces thématiques et un "Berberian Sound Studio" par exemple ; tout ça me donne envie de revoir le film à l'aune de ces échanges, d'ailleurs.


Bon, après, comme d’habitude, on parle d’interprétations, là. Deux visions de la même œuvre peuvent être radicalement différentes. Mais c’est le biais que j'ai adopté de mon coté.

De toute façon, “Berberian Sound Studio” est typiquement le genre de film qu’il faut voir à de nombreuses reprises. C’est toujours bon de s’y replonger.

Photonik a écrit:Un exemple qui viendrait illustrer cette idée, ce serait "Ministry of Space", publiée en VF en son temps par Delcourt (un titre dessiné par l'excellent Chris Weston).


artemus dada a écrit:Je profite du creux des vacances (et de l'absence d'émission) pour revenir sur l'un des points qu'on a abordé ici, l'hantologie.

À la sortie des premiers numéros de Doktor Sleepless je n'avais pas été du tout enthousiaste au point d'arrêter de la lire assez rapidement.

Mais comme souvent avec Ellis j''y suis revenu ; et à la relecture du premier numéro j'ai l'impression (rétrospective) que le scénariste britannique y explorait déjà le concept derridien.
Mais plutôt que d'être hanté par le passé comme dans Injection, la série publiée par l'éditeur Avatar pose une "hantise" du futur (ou plutôt la perception de son absence) :
(...)
Et vu que le futur est aussi le sujet d'Injection, je me demande s'il n'y aurait pas un lien - peut-être ténu - entre les deux séries ?


Tiens, c’est marrant, j’ai eu exactement le même parcours de lecture que toi, Artemus Dada, mais “Doktor Sleepless” est clairement en train de grandir dans mon esprit (même si je crois qu’elle n’atteindra jamais les sommets de l’œuvre ellisienne).

Et j’en étais arrivé à la même conclusion que toi, une sorte d’inversement du rétrofuturisme populaire à cette époque-là: le passé du futur à la place du futur du passé, avec, comme personnage central, une sorte de réactualisation du savant fou pulp (en fait, je me disais à la lecture que c’était probablement l’arrière petit-fils du Dr. X des films des années 30, mis en scène par Michael Curtiz).

Je n’ai pas encore lu “Injection” ou “Ministry of Space”. Oui, je sais, c’est probablement mieux que “Doktor Sleepless”.

Pour ce qui est des liens entre les deux, ce n’est qu’une théorie mais Ellis s’est exprimé sur le fait qu’il a perdu (dans un accident informatique, je crois) une grande partie de ce qu’il avait écrit pour la suite de “Doktor Sleepless” et, qu’en conséquence, il y avait peu de chances que la série ait jamais une fin. Du coup, je ne serais pas plus surpris que ça qu’il ait réinjecté (hé hé, jeu de mots...) certaines de ses idées inexploitées dans “Injection”. “Ministry of Space” étant plus ancien que tout ça. Bah, de toutes façon, Ellis est un auteur: il a ses marottes. On pourrait même retrouver cette question du futur ne tenant ses promesses dans “Transmetropolitan” (de manière plus marginale, toutefois).

Photonik a écrit:De manière plus anecdotique, les tags présents sur les cases que tu postes ci-dessus me rappellent un sketch vieux de presque 20 ans de l'équipe du Groland (Moustic, Délépine et compagnie) : à la veille de l'an 2000, la population d'un bled paumé, manifestement mal rencardée, protestait contre les changements que le nouveau millénaire n'allait pas manquer d'apporter, à savoir des combinaisons argentées pour se vêtir, des voitures volantes pour se déplacer ou des gélules lyophilisées pour se nourrir. :wink:


Hé hé. Quand je te disais que, à partir du moment où tu t’intéresses à cette question de l’hantologie, tu voir ses occurrences partout. Mais, oui, tu as raison, c’est un exemple parfaitement pertinent. En plus, cette question ne date pas d’hier: “La journée d'un journaliste américain en 2889“, une des nouvelles posthumes de Jules Verne, prenait déjà, de manière sarcastique et désabusée, le contre-pied de cette idée du progrès (et du reste de l’œuvre de son auteur, au passage). Et on peut parler de “Métropolis” aussi, bien sûr. Le futur n’était pas encore arrivé qu’il nous avait déjà déçu.

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Je ne connais (encore tout du moins) ni l'un ni l'autre des deux titres que tu cites ; néanmoins l'idée de l'absence du futur promis qui vient hanter les consciences me semble effectivement une notion qui a travaillé Warren Ellis.
Un exemple qui viendrait illustrer cette idée, ce serait "Ministry of Space", publiée en VF en son temps par Delcourt (un titre dessiné par l'excellent Chris Weston).
Plus directement encore peut-être que dans le récit à proprement parler, Ellis aborde la question telle que tu la présentes dans la préface de cet album : il se demande en substance ce que sont devenus les promesses implicites des programmes de conquête spatiale (tout en relevant les problèmes de contrôle démocratique sur les sommes investies dans de tels programmes de pointe, surtout en temps de crise).

De manière plus anecdotique, les tags présents sur les cases que tu postes ci-dessus me rappellent un sketch vieux de presque 20 ans de l'équipe du Groland (Moustic, Délépine et compagnie) : à la veille de l'an 2000, la population d'un bled paumé, manifestement mal rencardée, protestait contre les changements que le nouveau millénaire n'allait pas manquer d'apporter, à savoir des combinaisons argentées pour se vêtir, des voitures volantes pour se déplacer ou des gélules lyophilisées pour se nourrir. :wink:

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Je profite du creux des vacances (et de l'absence d'émission) pour revenir sur l'un des points qu'on a abordé ici, l'hantologie.

À la sortie des premiers numéros de Doktor Sleepless je n'avais pas été du tout enthousiaste au point d'arrêter de la lire assez rapidement.

Mais comme souvent avec Ellis j''y suis revenu ; et à la relecture du premier numéro j'ai l'impression (rétrospective) que le scénariste britannique y explorait déjà le concept derridien.
Mais plutôt que d'être hanté par le passé comme dans Injection, la série publiée par l'éditeur Avatar pose une "hantise" du futur (ou plutôt la perception de son absence) :
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Et vu que le futur est aussi le sujet d'Injection, je me demande s'il n'y aurait pas un lien - peut-être ténu - entre les deux séries ?

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Ektah a écrit:Honnêtement, si tu regardes les cartes du Paris psychogéographique de l'Internationale Situationniste, je trouve la différence d'avec la vision de Londres par Sinclair assez subtile.



Si je me rappelle bien de ce qu'en dit Merlin Coverley dans son ouvrage introductif/rétrospectif sur la question, Sinclair ne se réclame pas tant que ça de la tradition française, en fait.
Il connaît bien les productions situationnistes bien sûr, il leur emprunte d'ailleurs en premier lieu l'idée de la production de cartes (en plus des "rapports"), mais il en diverge sur un point majeur : les déambulations de Sinclair, même guidées par le hasard, ont un "but" assumé, quand les dérives situationnistes s'en passaient de manière très volontariste...

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Ektah a écrit:Personnellement, j'ai un peu tendance à me rallier à la thèse d'Aymeric Leroy dans son livre "Rock Progressif", à savoir qu'il existerait deux courants dans ce genre musical, dialoguant parfois entre eux, mais dissemblables dans la forme, avec d'un côté une musique grandiose, parfois boursouflée, volontiers sous l'influence de la musique classique (Yes, ELP, Mike Oldfield, Genesis…), et de l'autre quelque chose de plus sombre, schizophrène, avec une référence jazz (King Crimson, Van Der Graaf Generator, Magma si on considère que c'est du prog…).


Oui, je suis moi aussi sur cette ligne ; cette distinction me paraît faire sens. Il semble d'ailleurs que les rock-critics ou les musiciens eux-mêmes aient cherché à dissocier les deux, au moins à un moment, avec des appellations qui ne recouvrent pas exactement le genre "prog" mais qui gravitent quand même autour, comme le "zeuhl" ou le "rock in opposition". Ce n'est pas la même chose tout à fait encore une fois, mais ça ressemble rétrospectivement à une manière de se détacher du mouvement prog et de ses supposées dérives.

Ektah a écrit:
Personnellement, j'apprécie les deux.


Moi aussi, mais j'avoue avoir du mal à rentrer dans certains délires des formations les plus exubérantes de la branche Genesis, ELP, etc... Un groupe comme Yes par exemple, que j'aime bien, me "perd" quand même régulièrement.


Ektah a écrit:
Et bon, pour le reste de la programmation musicale, c'est nickel, comme d'habitude.


Merci beaucoup !! Je découvre pas mal de trucs en ce moment, et j'essaie d'en faire profiter...
A ce sujet, je pense qu'il y aura au menu de l'émission dans les mois qui viennent quelques interviews de groupes susceptibles de passer chez moi dans pas longtemps (on a causé d'une interview de Cheveu avec un pote qui organise justement des concerts...).


Ektah a écrit:
Mais, du coup, tu m'as bien donné envie d'y jeter un œil, notamment parce que j'ai eu l'occasion d'écrire un peu de matériel pour un jeu de rôles autour de l'hypothèse Sapir-Whorf (...). Depuis, cette théorie linguistique fait partie de mes obsessions mineures.


Si cette hypothèse t'intéresse, la vision de "Premier Contact" (qui la cite explicitement) s'impose presque automatiquement.
Néanmoins, je serais curieux de connaître ton avis sur "Enemy", autre réussite signée Villeneuve, fût-elle mineure.


Ektah a écrit:Comme souvent avec Brett Easton Ellis, je suis un peu dans l'entre-deux.


Comme beaucoup de monde, je crois. Et moi aussi d'une certaine manière.
J'adore ce qu'il fait mais force est de reconnaître qu'il est très irrégulier, au sein de son corpus comme au sein-même de chacune de ses oeuvres...
Mais quand il est très en forme, comme sur "Glamorama" ou le formidable "Lunar Park", il touche à quelque chose d'unique et de très puissant. De Lillo, que j'aime beaucoup aussi, me semble un auteur supérieur sur à peu près tous les plans, mais je n'en dirais pas autant d'un Palahniuk, quant à moi ; il est d'ailleurs presque tributaire si j'ose dire du travail d'Ellis, de la façon dont je le vois... L'antériorité n'est pas forcément synonyme de "supériorité" (si tant est que ça veuille dire quelque chose en matière d'expression artistique, hein), mais dans ce cas précis, je dirais que oui.


Ektah a écrit:Pour être honnête, même si je suis assez intéressé par son art, à l'image de son mentor, Fellini, il se révèle être un des plus grands menteurs de notre époque (ce qui n'est pas peu dire).


Impossible de le nier, ça. D'une certaine manière, c'est un défaut que je lui passe assez facilement ; pour le dire gentiment, c'est comme si Jodo avait tendance à transformer la moindre anecdote supposément réelle en fable, quitte à distordre copieusement les faits... On va dire que ça fait partie du charme du bonhomme.

Ektah a écrit:En fait, je me demande même si ce goût pour l'affabulation ne se trouve pas au cœur de son art.


Voilà, tu mets le doigt dessus ; j'en suis convaincu pour ma part.


Ektah a écrit:Alors, je sais bien que, à partir du moment où on a une idée à l'esprit, on a tendance à en voir des confirmations partout, mais, depuis que je m'intéresse à cette notion, je ne peux pas faire deux pas sans tomber sur une référence à cette idée (ou à son frère siamois, la psychogéographie).


Ha ha !! Alors ça, ça me rappelle une autre citation (dont l'auteur m'échappe, là) qui est elle aussi explicitement nommée dans le "Premier Contact" de Villeneuve, d'ailleurs : tout n'est qu'un clou pour qui n'a qu'un marteau à sa disposition.
Cette boutade mise à part, je me retrouve fréquemment avec le même "problème" (qui n'en est pas vraiment un) que toi, sans avoir autant creusé la question de mon côté.
Je pense que cet espèce de faisceau d'indices qui ne cessent de revenir vers ces thématiques s'explique de plusieurs manières, la première étant peut-être l'urgence absolue de reconsidérer ces questions à l'heure d'un urbanisme devenu complètement fou et surtout absurde, totalement dépourvu de sens (depuis disons 70 ans). La question des "genius loci", dans un tel contexte, prend un tournant presque impérieux, qui réinvestit la question de sens justement... C'est très général / générique, ce que je dis là, mais je suis persuadé que tu vois ce que je veux dire.
Une autre explication serait la chaîne des influences ; et pour tous ces artistes, les marges de la scène anglaise des années 70 a énormément compté. Il faut dire un mot par exemple du rôle immense qu'un Genesis P. Orridge a pu jouer là-dedans, avec cette espèce "d'update de l'occultisme" qu'il se charge de réaliser à l'époque avec quelques autres. Là aussi, la question du rapport ruralité/urbanisme se pose dans toute sa splendeur, avec l'idée que la plupart de ces pionniers de la scène industrielle (LA musique urbaine par excellence) s'en sont mystérieusement allés réinvestir la musique folk.

Pour la question de la psychogéographie, et pour rebondir sur ce point précis, je pense comme Artemus que l'oeuvre d'Arthur Machen est un point nodal. Il ne faut d'ailleurs pas oublier que Machen est un pur rural (gallois, je crois) qui s'est installé en ville, comme s'il avait "importé" en milieu urbain toute une tradition orale qu'il transforme en littérature...
(pour le lien Machen/Alan Moore, il faut lire la formidable adaptation graphique signée Eddie Campbell d'une performance "psychogéographique" d'Alan Moore, "Serpents et Echelles", qui se penche assez copieusement sur la biographie de l'auteur des "Trois Imposteurs" et du "Grand Dieu Pan")

Quant à Iain Sinclair, il est évidemment une figure contemporaine majeure, au centre de tous ces enjeux. Je suis en train de lire son "London Overground" (un des rares ouvrages de sa plume traduits en français), et il y relate justement une série de virées londoniennes réalisées en compagnie du cinéaste Andrew Kötting, qui a effectivement l'air d'être un sacré personnage...



Ektah a écrit:(j'ai déjà vu Oneohtrix Point Never classé dans ce mouvement, d'ailleurs).



Ah oui ? Intéressant ça, comme ta façon d'insister sur les liens entre ces thématiques et un "Berberian Sound Studio" par exemple ; tout ça me donne envie de revoir le film à l'aune de ces échanges, d'ailleurs.

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Ektah a écrit:[..]
Damn! J'aurais bien aimé le faire, celui-là, de lapsus.

[..]


Un lapsus ? Plutôt une manifestation de notre sujet de discussion : l'hantologie.

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artemus dada a écrit:
les situationnistes (inventeurs du concept de psychogéographie)


Je sais qu'on trouve souvent cette idée, mais il y a une branche de la psychogéographie plutôt britannique d'ailleurs, qui est d'ailleurs celle qu'utilisent Moore, et Ellis et qui n'a rien à voir avec la "dérive" des Situationnistes, mais plutôt avec ce que fait par exemple Peter Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.

Dans le cas d'Injection, je pense même qu'il faut aller voir du côté d'Arthur Machen, un précurseur de la discipline qui a - de mon point de vue - plus influencé Sinclair, Ackroyd, Moore et Ellis que les Situationnistes avec leur "dérive".


Oui, tu as raison. En fait, je trouvais déjà mon texte un peu dur à suivre, donc j'avais décidé de sacrifier cette nuance-là. Par contre, je ne suis pas d'accord pour dire que ces deux courants de la psychogéographie n'ont rien à voir. Ils sont, à mon sens, intimement liés. Effectivement, Sinclair et Ackroyd ont réadapté la discipline à leur sensibilité britannique, en y rajoutant la référence à Machen, mais, ce faisant, ils se sont placés dans une évolution de la définition française du mot, pas dans une réinvention. Honnêtement, si tu regardes les cartes du Paris psychogéographique de l'Internationale Situationniste, je trouve la différence d'avec la vision de Londres par Sinclair assez subtile.

Et, d'ailleurs, si, effectivement, Moore et Ellis se placent plutôt dans la définition donnée par Sinclair, je trouve que la vision de Grant Morrison se rapproche beaucoup plus de la vision de Debord (enfin, ce n'est pas dur à voir: il est nommé explicitement dans les "Invisibles").

Et pour ce qui est du lien avec Machen, il est tout à fait pertinent mais je serais surpris que les situs ne le citent pas comme une des influences.

Ceci étant dit, c'est vrai, qu'à l'heure actuelle, il y a une tradition française (Xavier Boissel et Antoine d'Agata, par exemple) et une britannique (tous les gens déjà nommés) et qu'il y a une bonne dose d'animosité entre les deux (pour une raison qui m'échappe). Mais je considère quand même les deux disciplines comme étant très proches.

Photonik a écrit:Peter Ackroyd, non ? Roger s'est quant à lui fait zigouiller dans un des premiers romans d'Agatha Christie. :wink:


Damn! J'aurais bien aimé le faire, celui-là, de lapsus.

artemus dada a écrit:Edit : Et après réflexion je me demande si on ne retrouve pas déjà cette idée d'hantologie du côté de Warren Ellis dans Supreme Blue Rose (Pour en savoir +) mini-série dans laquelle il introduit aussi le « versioning ».


Ah, je ne connaissais pas celui-là. Je vais explorer ça aussi.

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Photonik a écrit:
artemus dada a écrit: plutôt avec ce que fait par exemple Roger Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.



Peter Ackroyd, non ? Roger s'est quant à lui fait zigouiller dans un des premiers romans d'Agatha Christie. :wink:


Oups !!
(Paix à son âme).

Comme on le voit l'hantologie n'est pas à prendre à la légère. :)

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artemus dada a écrit: plutôt avec ce que fait par exemple Roger Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.



Peter Ackroyd, non ? Roger s'est quant à lui fait zigouiller dans un des premiers romans d'Agatha Christie. :wink:

Avatar de artemus dada

les situationnistes (inventeurs du concept de psychogéographie)


Je sais qu'on trouve souvent cette idée, mais il y a une branche de la psychogéographie plutôt britannique d'ailleurs, qui est d'ailleurs celle qu'utilisent Moore, et Ellis et qui n'a rien à voir avec la "dérive" des Situationnistes, mais plutôt avec ce que fait par exemple Peter Ackroyd (Pour en savoir +) dans une grande partie de ses romans.

Dans le cas d'Injection, je pense même qu'il faut aller voir du côté d'Arthur Machen, un précurseur de la discipline qui a - de mon point de vue - plus influencé Sinclair, Ackroyd, Moore et Ellis que les Situationnistes avec leur "dérive".
__________
Edit : Et après réflexion je me demande si on ne retrouve pas déjà cette idée d'hantologie du côté de Warren Ellis dans Supreme Blue Rose (Pour en savoir +) mini-série dans laquelle il introduit aussi le « versioning ».

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Photonik a écrit:- Et en musique cette semaine, ce sera :
"In The Cage", extrait de "The Lamb Lies Down On Broadway" de Genesis, "Witching Hour", morceau trippant d'Electric Dragon issu de l'album "Covenant", "La Muerte es un Nacimiento", extrait de la BO de "El Topo" signée Jodorowsky et John Barham, et on termine avec le surpuissant "Champions Of Disturbance part I and II", nouvel extrait du dernier disque en date de Crippled Black Phoenix..


Alors, concernant ce rejet par les punks du rock progressif, c'est une discussion que j'ai eu mille fois avec un pote à moi musicien de coldwave (c'est le bassiste actuel de Babel 17, pour faire le lien avec ta chronique des origines de "Premier Contact"), sa vision du prog se résumant un peu aux concerts de Emerson, Lake & Palmer à base de capes en velours rouge et de reprise de Moussourgsky au mini-moog. Personnellement, j'aime bien ELP mais il est certain qu'ils ont pu sombrer à de nombreuses reprises dans le côté "synthé à paillettes" qui me semble être au cœur des moqueries punk. Personnellement, j'ai un peu tendance à me rallier à la thèse d'Aymeric Leroy dans son livre "Rock Progressif", à savoir qu'il existerait deux courants dans ce genre musical, dialoguant parfois entre eux, mais dissemblables dans la forme, avec d'un côté une musique grandiose, parfois boursouflée, volontiers sous l'influence de la musique classique (Yes, ELP, Mike Oldfield, Genesis…), et de l'autre quelque chose de plus sombre, schizophrène, avec une référence jazz (King Crimson, Van Der Graaf Generator, Magma si on considère que c'est du prog…). Et, comme tu le disais, John Lydon a reconnu son goût pour les groupes de cette dernière catégorie. Mais, bien sûr, le prog qui, à l'époque, remplissait les stades appartiendrait plutôt à la première. Personnellement, j'apprécie les deux.
Bon, pour en revenir à Genesis, je pense effectivement que "The Lamb Lies Down On Broadway" est, de loin, leur meilleur album.
Pour ce qui est de Raël, le disque est sorti un an après la fondation de la secte. Du coup, ça m'amuserait beaucoup que le personnage ait été nommé ainsi en référence au gourou, mais je n'ai aucune preuve. Remarque, connaissant l'humour de Gabriel, ça me semble tout à fait possible.

Et bon, pour le reste de la programmation musicale, c'est nickel, comme d'habitude.


Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.


Bon, Denis Villeneuve, je n'ai vu aucun de ses films à l'heure actuelle (mais, vu les échos que j'ai de son cinéma, il n'est pas impossible que je m'en envoie quelques-uns à un moment), donc je ne me permettrais pas de former un avis pour l'instant. Mais, du coup, tu m'as bien donné envie d'y jeter un œil, notamment parce que j'ai eu l'occasion d'écrire un peu de matériel pour un jeu de rôles autour de l'hypothèse Sapir-Whorf (c'est terrible: à chaque fois, j'ai l'impression que cette théorie a été écrite par le klingon de "Star Trek: the next generation"). Depuis, cette théorie linguistique fait partie de mes obsessions mineures. Je suis bien curieux de voir le traitement qu'Hollywood peut en faire, surtout entre les mains d'un réal qui n'est, à priori, pas incompétent.

Photonik a écrit:- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.


Comme souvent avec Brett Easton Ellis, je suis un peu dans l'entre-deux. J'ai également adoré "Glamorama" et moins le reste. En terme d'adaptations, je suis d'accord que "Les lois de l'attraction" est excellent (même si je me demande si cela ne provient pas plus de Roger Avary, et de ses acteurs, que de Ellis lui-même) et que le reste est plus oubliable. Et d'une manière générale, sans le détester, Ellis est probablement l'écrivain qui m'intéresse le moins dans sa lignée d'auteurs. A chaque fois, je me dis que c'est bien mais que Don De Lillo ou Chuck Palahniuk sont mieux. En fait, le plus souvent ("Glamorama" étant l'exception), je trouve que les idées sont là mais n'atteignent jamais leur plein potentiel. D'après ta description, il me semble que "The Deleted" reste dans ce travers. Je passerai peut-être jeter un coup d'œil mais ça sera plus par acquis de conscience qu'autre chose.

Le Doc a écrit:Les films de Jodo, je ne les connais que de réputation (tant de choses à voir... :wink: ). Et en BD, je n'ai lu que L'Incal quand j'étais ado. Récemment, j'ai vu le documentaire sur sa version avortée de Dune et c'est tout de même un sacré raconteur...


Pour être honnête, même si je suis assez intéressé par son art, à l'image de son mentor, Fellini, il se révèle être un des plus grands menteurs de notre époque (ce qui n'est pas peu dire). J'aurais un peu tendance à croire naturellement le contraire de chacune de ses affirmations. Je ne suis pas loin de considérer que ce reportage sur son Dune, passionnant au demeurant, est avant tout une fiction. D'ailleurs, sa déclaration comme quoi Sergio Leone ne serait pas une de ses influences sur "El Topo" me conforte un peu dans mon opinion. En fait, je me demande même si ce goût pour l'affabulation ne se trouve pas au cœur de son art.
Et "L'incal" reste, à mon sens, son chef d'œuvre.

Photonik a écrit:Tiens, coïncidence amusante : très récemment sur ce forum, l'excellent Artemus Dada faisait un point sur cette discipline ("hauntology", donc) en parlant de l'approche qu'en avait le scénariste Warren Ellis, sur son titre "Injection" en l'occurrence. Je vais me pencher là-dessus (connais pas le travail de Derrida, par exemple).


Alors, je sais bien que, à partir du moment où on a une idée à l'esprit, on a tendance à en voir des confirmations partout, mais, depuis que je m'intéresse à cette notion, je ne peux pas faire deux pas sans tomber sur une référence à cette idée (ou à son frère siamois, la psychogéographie). Mais, toute subjectivité mise à part, je pense qu'il est assez clair que cette théorie est populaire dans bien des cercles, y compris dans celui de ce groupe informel des scénaristes des îles britanniques à la Ellis, Moore, Morrison… Par exemple, "La ligue des gentlemen extraordinaires" est une œuvre suffisamment riche pour supporter plusieurs grilles de lecture mais cette notion me semble être un des thèmes majeur du story arc "Century". En particulier, je crois que cela se fait par l'influence de l'auteur anglais Iain Sinclair, un des théoriciens principaux de cette discipline, dont le double fictionnel, Norton, semble être un personnage très particulier dans l'univers de la Ligue (basiquement, c'est un perso metatextuel dans un univers qui est déjà metatextuel par lui-même)
De la même manière, je suis à peu près sûr que Warren Ellis a déjà fait référence nommément à Sinclair (dans "Transmetropolitan", peut-être… je ne suis plus tout à fait sûr). Et, effectivement, "Injection" poursuit l'exploration de cette idée.
Et, pour clore la boucle, Sinclair est le sujet d'un documentaire, répondant aux codes du folk horror, nommé "By our selves", par un cinéaste anglais (probablement passionnant, dont je me suis promis d'explorer l’œuvre), Andrew Kötting, dans lequel apparaissent Alan Moore lui-même ainsi que le merveilleux Toby Jones, interprète principal de "Berberian Sound Studio", film que je considère comme étant la première émanation de l'hantologie au cinéma (de l'aveu du réalisateur, dans le commentaire audio, le visuel du film est vu comme un hommage au label "Ghost Box", qui officie justement dans la forme musicale du genre).

Bon, j'ai fait toutes ces explications un peu dures à suivre parce que je crois que ce réseau de références, de liens entre des œuvres et des genres encore très disparates (psychogéographie, hantologie, folk horror…) et trans-médias (musique, cinéma, philo, comics, romans…) représente la naissance d'une scène artistique et/ou philosophique, qui est en gestation depuis les situationnistes (inventeurs du concept de psychogéographie) et Derrida, mais qui, depuis peu (une dizaine d'années, on va dire), commence à se réunir avec comme figure centrale, Iain Sinclair. C'est lui qui fait la liaison entre les prédécesseurs (les situs, donc, mais également JG Ballard, avec lequel il a collaboré sur "London Orbital") et sa descendance (Alan Moore et Warren Ellis, donc, ainsi que "Berberian Sound Studio", pour ne nommer que quelques exemples).

Et je n'ai nommé que quelques artistes parmi des centaines d'autres (j'ai déjà vu Oneohtrix Point Never classé dans ce mouvement, d'ailleurs). C'est dur à suivre, cette affaire.
Par exemple, il y a une série BBC, avec Toby Jones justement, nommée "Detectorists", extrêmement touchante, qui est, à mes yeux, la première sitcom hantologique. Notion très étrange…

Et, pour ce qui est de la philosophie sous-jacente à tout ça, c'est finalement assez simple: Derrida avait nommé l'hantologie en référence à la fameuse phrase de Marx, " Un spectre hante l’Europe : le spectre du communisme". Cette discipline s'occupe, en fait, de la façon dont le passé hante un territoire donné. Je résume, hein: la pensée de Derrida est plus complexe que ça. Mais c'est l'idée de base.
Donc, ce mouvement s'occupe essentiellement de l'attachement à un territoire: un terroir, dans le cas du folk horror, ou quelque chose de plus urbain pour la psychogéographie à la Ballard. Et, dans ce lieu donné, une chose, la plupart du temps ancienne, surgit pour hanter le présent. Cela peut prendre la forme d'un spectre défini (comme une histoire de fantôme classique, basiquement…) ou quelque chose de plus diffus, une idée, un sentiment. Par exemple, cette présence ressentie dans "Berberian Sound Studio" n'est jamais vraiment définie, ni même nommée, mais c'est elle qui fournit son identité au film.

Du coup, avec cette définition, on est quand même très proche du principe de l'horreur de manière générale, mais la différence se situe surtout dans le point de vue qui se focalise beaucoup sur les rapports entre le personnage et son lieu: le studio d'enregistrement de "Berberian", l'immeuble de "High Rise", la forêt de "The Witch"…

Photonik a écrit:
Ektah a écrit: Concernant "I sell the dead", il faut quand même le prendre pour ce qu'il est: une série B assumée (avec un casting intéressant: j'ai une tendresse pour Angus Scrimm et Ron Perlman), faite par des gens qui savent dans quel genre de film ils sont. J'ai la plus grande affection pour ce genre de projet mais c'est certainement un film comportant son lot de défauts. En fait, de toutes les adaptations de l'affaire Burke/Hare que je connaisse ("Cadavres à la pelle" de John Landis, "Le récupérateur de cadavres" de Robert Wise et celui-là), c'est probablement la plus faible. Mais ça vient surtout du fait que cette histoire a été très bien servie par le cinéma.


Etant donné que je n'ai vu aucun de ces films (y compris le Wise, sûrement le plus fameux du lot), j'ai là encore matière à creuser !!


Oui, le Wise est probablement le plus connu et le meilleur mais celui de Landis n'est franchement pas loin derrière, aussi bien en termes de qualité que de reconnaissance. Très recommandable, vraiment.

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Le Doc a écrit:
Les films de Jodo, je ne les connais que de réputation (tant de choses à voir... :wink: ).


Rhooooh, tu n'as jamais vu "El Topo" ?
En bon fan de western italien (tes nombreux posts en la matière en attestent), tu devrais adorer : Jodo a beau récuser cette influence, il est évident que cette veine s'exprime dans ce film, surtout dans sa première moitié (qui constitue un fantasme de fan de westerns, avec cette succession de duels avec des pistoleros plus redoutables les uns que les autres...).

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.


Je connais encore moins que toi le cinéma de Denis Villeneuve puisque je n'ai, pour le moment, toujours pas vu un seul de ses films (faut dire aussi que je regarde de moins en moins de films récents ces derniers temps ^^).
Mais j'y viendrai très certainement un jour, ne serait-ce que pour ce tournant S.F. de sa filmographie...

- Pour la BD, c'est un monument de la contre-culture que nous abordons, puisqu'à l'évocation du premier tome des "Fils d'El Topo" signé Jodorowsky et Ladrönn, nous parlerons du parcours du plus mystique des pistoleros.


Les films de Jodo, je ne les connais que de réputation (tant de choses à voir... :wink: ). Et en BD, je n'ai lu que L'Incal quand j'étais ado. Récemment, j'ai vu le documentaire sur sa version avortée de Dune et c'est tout de même un sacré raconteur...

- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.


Je suis comme Tori, les oeuvres de Bret Easton Ellis ne sont vraiment pas faites pour moi.

-
Et en musique cette semaine, ce sera :
"In The Cage", extrait de "The Lamb Lies Down On Broadway" de Genesis, "Witching Hour", morceau trippant d'Electric Dragon issu de l'album "Covenant", "La Muerte es un Nacimiento", extrait de la BO de "El Topo" signée Jodorowsky et John Barham, et on termine avec le surpuissant "Champions Of Disturbance part I and II", nouvel extrait du dernier disque en date de Crippled Black Phoenix..!


Ca faisait très longtemps que je n'avais pas écouté un titre de cette période de Genesis. Je suis bien d'accord, l'ambiance de ce morceau d'Electric Dragon est très évocatrice. Et Cripple Black Phoenix conclue avec force cette excellente et éclectique playlist.

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Photonik a écrit:[...]
Pour être tout à fait franc, j'aurais adoré y penser tout seul. :wink:

:) :wink:

Merci.

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artemus dada a écrit:Pourtant Villeneuve fait preuve de déjà pas mal de "folie" en grossissant les enjeux et transformant la nouvelle de Ted Chiang (Pour en savoir +), via le travail d'Eric Heissere et la "contrainte" du marché chinois.



Possible, je ne saurais le dire étant donné que je n'ai pas encore lu la nouvelle de Chiang (mais je le ferai), je n'ai pas de point de comparaison.

J'en profite pour te dire que tu m'as bluffé avec ton post où tu rapproches fort judicieusement ce que font Chiang et Villeneuve du travail de William Burroughs, et de sa conception du mot comme entité virale. Sans compter l'évocation du jump-cut et des techniques dérivées, qui résonnent effectivement avec le travail narratif accompli dans "Premier Contact".
Pour être tout à fait franc, j'aurais adoré y penser tout seul. :wink:

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Photonik a écrit:
Tori a écrit:tu as titillé ma curiosité !


Malgré les réserves que j'évoque, "Premier Contact" reste un film à voir, et même un incontournable pour les fans de SF. J'aurais aimé voir cette histoire entre les mains d'un auteur un peu plus "fou" que Villeneuve... Il est quand même un metteur en scène très compétent, hein.[..]


Pourtant Villeneuve fait preuve de déjà pas mal de "folie" en grossissant les enjeux et transformant la nouvelle de Ted Chiang (Pour en savoir +), via le travail d'Eric Heissere et la "contrainte" du marché chinois.

S'il était allé plus loin, pas la peine à ce moment là de choisir cette histoire en particulier, dont l'originalité tient - essentiellement - au vertige (la sidération cognitive) qui se dessine en creux, grâce à la sobriété de sa narration.

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Tori a écrit:tu as titillé ma curiosité !


Malgré les réserves que j'évoque, "Premier Contact" reste un film à voir, et même un incontournable pour les fans de SF. J'aurais aimé voir cette histoire entre les mains d'un auteur un peu plus "fou" que Villeneuve... Il est quand même un metteur en scène très compétent, hein.

Tori a écrit:Là aussi, je vais me pencher dessus... Mais je vais peut-être m'intéresser au film, avant (je ne connais quasi pas le boulot cinématographique de Jodo, alors que j'ai lu pas mal de ses BD (j'ai d'ailleurs découvert assez tard qu'il faisait du cinéma)).


D'abord le film, c'est indispensable, sinon la BD est imbitable ; je n'ai peut-être pas assez insisté sur ce point. De toute façon, "El Topo" devrait constituer pour toi une sacrée expérience, que tu embrayes sur la BD ou pas : c'est vraiment un film passionnant, unique en son genre et complètement allumé.

Tori a écrit:Bon, là, en revanche, je vais faire l'impasse... Décidément, ce n'est pas un auteur pour moi.


Vu les gros défauts dont la série est affublée, je ne conseillerais franchement "The Deleted" qu'aux seuls fans déjà convaincus de Bret Easton Ellis.
C'est vraiment le genre d'auteur à prendre ou à laisser, comme je rabâche souvent. Je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de gens qui "aiment bien" son travail ; on adore ou on déteste.

Tori a écrit:Ça fait bizarre de découvrir un titre de Genesis que je ne connaissais pas, au passage...

Tori.


Je l'ai moi aussi découvert il y a peu, donc, et je dois dire que je suis bien bluffé par cet album, un peu trop "chargé" pour son propre bien (difficile de se l'enquiller d'une traite tant c'est touffu) mais sacrément impressionnant dans son genre.

Et encore merci pour ton assiduité sans faille !! :wink:

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Photonik a écrit:- Pour le cinéma, on évoque la sensation SF du moment, avec le dernier film en date du réalisateur québecois Denis Villeneuve, à savoir "Premier Contact", qui conjugue extra-terrestres et linguistique.

Bon, il faut que je regarde s'il passe à côté de chez moi (j'ai un petit cinéma avec une programmation en retard... Avec un peu de chance, je pourrai le voir sur grand écran) : tu as titillé ma curiosité !

- Pour la BD, c'est un monument de la contre-culture que nous abordons, puisqu'à l'évocation du premier tome des "Fils d'El Topo" signé Jodorowsky et Ladrönn, nous parlerons du parcours du plus mystique des pistoleros.

Là aussi, je vais me pencher dessus... Mais je vais peut-être m'intéresser au film, avant (je ne connais quasi pas le boulot cinématographique de Jodo, alors que j'ai lu pas mal de ses BD (j'ai d'ailleurs découvert assez tard qu'il faisait du cinéma)).

- Pour les séries, on s'attaque à "The Deleted", web-série atypique écrite et réalisée par, excusez du peu, Bret Easton Ellis en personne.

Bon, là, en revanche, je vais faire l'impasse... Décidément, ce n'est pas un auteur pour moi.

- Et en musique cette semaine, ce sera :

Ce sera du tout bon !
Ça fait bizarre de découvrir un titre de Genesis que je ne connaissais pas, au passage...

Tori.