TUMATXA ! - EPISODE 21 : Le Labyrinthe d'Adam

 

Le programme (un peu spécial) cette semaine :

- Comme annoncé il y a quelques temps, l'émission accueille cette semaine un invité, en l'occurrence François Mignot, guitariste du groupe Piniol (produit de l'union de deux formations, Poil et Ni...), qui viendra fouler les planches à Ordiarp au Pays Basque dans le cadre du festival Müsikaren Egüna, le 04 juin.

- Au rayon cinoche, on évoque la sortie en DVD d'un film méconnu (et qui gagne pourtant à l'être moins), le sublime "Labyrinthe des rêves" de Sogo Ishii, cinéaste (cyber)punk japonais ici en contre-emploi total.

- Pour la BD, c'est avec une joie non dissimulée que l'on aborde le cas du chef-d'oeuvral "Adam Warlock", fleuron des seventies signé par un Jim Starlin en pleine possession de ses moyens.

- Et en musique cette semaine, ce sera : 
"Axis", extrait de l'album "Borders", signé par les anglais d'Emptyset, "Pogne" dans une version live, morceau issu du répertoire de Piniol, le terrible "Hell Awaits" de Slayer, et on termine avec "The Clarity", monstrueux morceau de Sleep qui augure du meilleur on l'espère pour leur album à venir..! 


"Crucify the so called Lord
He soon shall fall to me
Your souls are damned, your God has fell
To slave for me eternally..." 

 

Tumatxa est l'émission de radio qu'anime le chroniqueur Photonik chaque semaine depuis une dizaine d'années sur la radio bascophone Xiberoko Botza (la voix de la Soule). Il y cause musique, cinéma (beaucoup), littérature, BD ou philo, parfois en solo, souvent avec son acolyte ; l'excellent Thomas.

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par Le Doc

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17 commentaires

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Photonik a écrit:
- Au rayon cinoche, on évoque l'actualité la plu brûlante puisque l'on cause de "Get Out", premier long-métrage de l'excellent comique américain Jordan Peele, et gros succès surprise du moment.


Je crois que je n'avais pas entendu parler de Key & Peele jusqu'à ce que je vois passer l'info sur leur comédie Keanu. Et après il y a bien sûr eu le succès de Get Out (230 millions de dollars de recettes, dont 175 rien qu'aux States, pour un budget de 4,5 millions). Je tenterai quelques-uns de leurs sketches, ce que tu en dis m'a l'air bien fendard.
Après Get Out, Jordan Peele ne poursuivra pas dans la comédie. Il a un autre projet de "thriller social" et il va adapter en série télé le roman Lovecraft Country en collaboration avec J.J. Abrams.

- Pour la littérature, on évoque là aussi une sortie toute récente, avec le livre de Fabrice Gaignault "Bobby Beausoleil et autres anges cruels", bouquin passionnant retraçant la tragique "épopée" du musicien Bobby Beausoleil, une connaissance du tristement célèbre Charles Manson.


J'avais déjà entendu parler de l'histoire de Bobby Beausoleil, sans trop creuser la question. Un sujet fort (ça ne doit pas être facile tout de même de faire la part entre l'artiste et l'homme qui a commis un tel crime) pour une chronique une nouvelle fois très intéressante !

- Au rayon séries télé, on parle d'un petit bijou de série animée comique et dépressive à la fois, l'extraordinaire "BoJack Horseman", signée Raphael Bob-Waksberg.


Au fait, Secretariat est un cheval qui a réellement existé (c'est vrai que les chevaux ont vraiment des noms bizarres) et il est toujours considéré comme l'un des plus grands champions des courses hippiques. Il a même eu droit à un biopic réalisé par Randall Wallace, le scénariste de Braveheart, en 2010.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Slayer Medley", une petite concoction de reprises consacrée au monument du thrash-métal américain par les allumés de Fantômas (l'un des 4523 projets de Mike Patton), "Lost In Dreaming", issu du premier album de Red Temple Spirits, le psychédélique et envoûtant "Lucifer Rising part III", signé Bobby Beausoleil en personne, et on termine avec l'excellent "BoJack's Theme", qui fait office de générique à la série "BoJack Horseman" (comme son nom l'indique), et qui est signé par Patrick Carney (des Black Keys) et son tonton saxophoniste Ralph Carney..!


J'ai été un peu perdu par le premier morceau, par ses nombreuses ruptures de ton, que ce soit dans le rythme ou dans la voix. Il y a des passages que j'ai trouvé très réussis...et d'autres absolument inaudibles. Drôle de mélange... :wink:
Le reste de la playlist était plus à mon goût, particulièrement Lucifer Rising et le générique de Bojack Horseman. C'est toujours une chouette expérience d'écouter des musiques de films ou de séries que l'on a pas encore vu. Ca met déjà dans une certaine ambiance avant de découvrir un jour les images qui les accompagnent...

Avatar de Tori

Je crois que je vais avoir de quoi occuper mon jour férié, puisque je n'ai pas encore eu le temps d'écouter l'émission précédente...

Photonik a écrit:- Au rayon séries télé, on parle d'un petit bijou de série animée comique et dépressive à la fois, l'extraordinaire "BoJack Horseman", signée Raphael Bob-Waksberg.

Ah, tiens, ça tombe bien : cette série m'intriguais, justement... [/quote]

Tori.

Avatar de Photonik

Épisode 22 : Sortez les chevaux cruels

Le programme (formule classique, avant de retrouver une interview la prochaine fois) cette semaine :

- Au rayon cinoche, on évoque l'actualité la plu brûlante puisque l'on cause de "Get Out", premier long-métrage de l'excellent comique américain Jordan Peele, et gros succès surprise du moment.

- Pour la littérature, on évoque là aussi une sortie toute récente, avec le livre de Fabrice Gaignault "Bobby Beausoleil et autres anges cruels", bouquin passionnant retraçant la tragique "épopée" du musicien Bobby Beausoleil, une connaissance du tristement célèbre Charles Manson.

- Au rayon séries télé, on parle d'un petit bijou de série animée comique et dépressive à la fois, l'extraordinaire "BoJack Horseman", signée Raphael Bob-Waksberg.

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Slayer Medley", une petite concoction de reprises consacrée au monument du thrash-métal américain par les allumés de Fantômas (l'un des 4523 projets de Mike Patton), "Lost In Dreaming", issu du premier album de Red Temple Spirits, le psychédélique et envoûtant "Lucifer Rising part III", signé Bobby Beausoleil en personne, et on termine avec l'excellent "BoJack's Theme", qui fait office de générique à la série "BoJack Horseman" (comme son nom l'indique), et qui est signé par Patrick Carney (des Black Keys) et son tonton saxophoniste Ralph Carney..!


"Angel of Death
Monarch to the Kingdom of the Dead
Infamous butcher,
Angel of Death..!!"


http://xiberokobotza.org/artxiboak/emankizunak/tumatxa.mp3

Avatar de Photonik

Le Doc a écrit:Ca, c'est toujours une chouette initiative. J'aime bien le ton sur lequel tu mènes tes interviews et ça me permet à chaque fois d'en apprendre un peu plus sur une scène musicale que je ne connais pas du tout. Et là, j'ai trouvé le bonhomme sympathique et le morceau très accrocheur...


C'est cool, merci infiniment. C'est un exercice que j'aime beaucoup, même si je ne m'y livre pas si souvent que ça. Et le mec est effectivement très très sympa (on doit boire des coups ensemble, d'ailleurs :wink: ) et leur zique franchement impressionnante dans le genre.

Le Doc a écrit:J'avais acheté il y a quelques temps l'essential Warlock...une sacrée claque de lecture. Et je trouve les dessins de Starlin encore plus beaux en noir et blanc (je ne suis pas toujours fan de la colorisation de l'époque). Super évocation d'une B.D. passionnante à tous les niveaux....



J'avais fini par lire le run de Starlin avec des scans glanés sur le net, quand j'ai compris qu'on pourrait se brosser pour le lire en kiosques dans une revue genre Marvel Classic, mais c'est un tout autre plaisir de lecture avec un album (plutôt bien foutu d'ailleurs, y compris sur le plan des compléments éditoriaux) bien en main...
C'est vrai que c'est très beau, du Starlin en noir et blanc (j'ai vu des planches de "The Metamorphosis Odyssey" en noir et blanc, et ça envoie du bois), mais j'aime bien perso la colorisation de son "Adam Warlock" ; si je ne m'abuse, c'est d'ailleurs Starlin qui s'en chargeait lui-même, fait très rare à l'époque.

Merci encore pour ton assiduité !!

Avatar de Le Doc

Photonik a écrit:
- Comme annoncé il y a quelques temps, l'émission accueille cette semaine un invité, en l'occurrence François Mignot, guitariste du groupe Piniol (produit de l'union de deux formations, Poil et Ni...), qui viendra fouler les planches à Ordiarp au Pays Basque dans le cadre du festival Müsikaren Egüna, le 04 juin.


Ca, c'est toujours une chouette initiative. J'aime bien le ton sur lequel tu mènes tes interviews et ça me permet à chaque fois d'en apprendre un peu plus sur une scène musicale que je ne connais pas du tout. Et là, j'ai trouvé le bonhomme sympathique et le morceau très accrocheur...

- Au rayon cinoche, on évoque la sortie en DVD d'un film méconnu (et qui gagne pourtant à l'être moins), le sublime "Labyrinthe des rêves" de Sogo Ishii, cinéaste (cyber)punk japonais ici en contre-emploi total.


Encore une découverte pour moi...comme c'est souvent le cas quand tu parles d'un film asiatique...

- Pour la BD, c'est avec une joie non dissimulée que l'on aborde le cas du chef-d'oeuvral "Adam Warlock", fleuron des seventies signé par un Jim Starlin en pleine possession de ses moyens.


J'avais acheté il y a quelques temps l'essential Warlock...une sacrée claque de lecture. Et je trouve les dessins de Starlin encore plus beaux en noir et blanc (je ne suis pas toujours fan de la colorisation de l'époque). Super évocation d'une B.D. passionnante à tous les niveaux....

- Et en musique cette semaine, ce sera :
"Axis", extrait de l'album "Borders", signé par les anglais d'Emptyset, "Pogne" dans une version live, morceau issu du répertoire de Piniol, le terrible "Hell Awaits" de Slayer, et on termine avec "The Clarity", monstrueux morceau de Sleep qui augure du meilleur on l'espère pour leur album à venir..!


Pour le premier morceau, tu as bien fait de prévenir... :mrgreen:
Pour le reste, c'est du tout bon !

Avatar de Ektah

Tori a écrit:Pas vraiment des sentai (les sentai sont des escadrons de combat), mais je comprends ce que tu veux dire... Des tokusatsu, en fait ("films/séries à effets spéciaux") : le terme recouvre les sentai (équipes de combattants, comme Bioman), les henshin heroes ou metal heroes (comme Ultraman ou X-Or), les kaiju et d'autres trucs comme Kamen Rider.


Ah oui, tu as raison. Comme je disais, j'ai beau être intéressé par ces formes de culture japonaise, mes connaissances sont limitées sur ce plan (enfin, elles sont surtout très spécialisées, en fait). Tant de choses à explorer...

Tori a écrit:Je t'en prie, j'espère que ça te plaira...


C'est probable. Merci, en tous cas.

Avatar de Tori

Ektah a écrit:En fait, j'ai été frappé, dans les BA en tous cas, par à quel point ces films sont des sentai dont la logique aurait été poussée jusqu'au bout.

Pas vraiment des sentai (les sentai sont des escadrons de combat), mais je comprends ce que tu veux dire... Des tokusatsu, en fait ("films/séries à effets spéciaux") : le terme recouvre les sentai (équipes de combattants, comme Bioman), les henshin heroes ou metal heroes (comme Ultraman ou X-Or), les kaiju et d'autres trucs comme Kamen Rider.

Du coup, je suis sûr que je trouverai cela très fun pendant un moment mais lassant après 2-3 films.

C'est vrai qu'en les regardant à la suite, c'est assez répétitif, mais ça permet de mieux voir des motifs s'en détacher.

Merci pour les conseils, en tous cas.

Je t'en prie, j'espère que ça te plaira...

Tori.

Avatar de Ektah

Tori a écrit:Tout dépend de tes goûts en la matière (et je n'ai pas encore vu les trois derniers de la liste : Deadball, Zombie Ass et Dead Sushi), mais il me semble qu'avec Machine Girl, Tokyo Gore Police, Helldriver et Vampire Girl vs. Frankenstein Girl (qui se prend moins au sérieux que les trois autres, mais se moque des clubs en tout genre qu'il y a dans les établissements scolaires... Ici, il y a un club "wrist cut" !), on a un beau panel... On pourrait y ajouter Robogeisha, dont la bande-annonce est, déjà, tout un programme...

(...)

Tori.
PS : Je n'ai pas le son... J'espère que les liens que j'ai mis ne sont pas n'importe quoi... ~___^


Oui, les liens sont bons.

Et, après visionnage, cela ressemble à une bonne sélection.

En fait, j'ai été frappé, dans les BA en tous cas, par à quel point ces films sont des sentai dont la logique aurait été poussée jusqu'au bout. J'imagine que je suis en train d'énoncer une évidence mais c'est une découverte pour moi.

Du coup, je suis sûr que je trouverai cela très fun pendant un moment mais lassant après 2-3 films. Je vais sans doute m'envoyer "Robogeisha", "Helldriver" et "Vampire Girl vs. Frankenstein Girl", du coup.

Merci pour les conseils, en tous cas.

Avatar de Tori

Ektah a écrit:Si je ne devais voir que 3-4 films, tu conseillerais plutôt lesquels ?

Tout dépend de tes goûts en la matière (et je n'ai pas encore vu les trois derniers de la liste : Deadball, Zombie Ass et Dead Sushi), mais il me semble qu'avec Machine Girl, Tokyo Gore Police, Helldriver et Vampire Girl vs. Frankenstein Girl (qui se prend moins au sérieux que les trois autres, mais se moque des clubs en tout genre qu'il y a dans les établissements scolaires... Ici, il y a un club "wrist cut" !), on a un beau panel... On pourrait y ajouter Robogeisha, dont la bande-annonce est, déjà, tout un programme...

Les BA :
The Machine girl :
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=BvtoaOXgPsU[/youtube]
http://www.youtube.com/watch?v=BvtoaOXgPsU

Tokyo gore police :
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=azz-n35cXos[/youtube]
http://www.youtube.com/watch?v=azz-n35cXos

Helldriver :
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=QPCY5YCE6So[/youtube]
http://www.youtube.com/watch?v=QPCY5YCE6So

Vampire girl vs Franenstein girl :
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=5z_QIMb6NGc[/youtube]
http://www.youtube.com/watch?v=5z_QIMb6NGc

RoboGeisha :
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=1yaGofpJRok[/youtube]
http://www.youtube.com/watch?v=1yaGofpJRok

Tori.
PS : Je n'ai pas le son... J'espère que les liens que j'ai mis ne sont pas n'importe quoi... ~___^

Avatar de Ektah

Tori a écrit:Il s'agit, en tout cas, plus de J-gore que de J-horror, finalement (Sauf Tomie, qui joue plus sur l'ambiance que sur le visuel). Pour la majorité d'entre eux, on est dans le grotesque (mais c'est plutôt fun et sans complexe).


Effectivement, vu de l'extérieur, je me fais plutôt l'idée de comédies gore transgressives. C'est bien sympathique, en tous cas.

Si je ne devais voir que 3-4 films, tu conseillerais plutôt lesquels ?

Avatar de Ektah

Photonik a écrit:C'est une thématique qui me taraude en ce moment ; la question des rapports entre résurgence des thématiques paganistes (au sens large) et clivages politiques "traditionnels" est complexe mais passionnante, en effet. Par exemple, je ne sais pas si l'on peut dire que l'écologie est ontologiquement de gauche.

Certains éléments peuvent le laisser penser, mais je remarque que de nombreux penseurs de droite voire d'extrême-droite récupèrent actuellement à leur compte ces thématiques en précisant que la pensée écologique était intrinsèquement un réflexe "conservateur", donc fondamentalement de droite. Je n'arrive pas à leur donner totalement tort, dans l'absolu.


Alors, mon point de vue sur cette question est que tu as raison: à un niveau fondamental, l'écologie n'est pas nécessairement de gauche. Basiquement, elle ne concerne que la conservation des ressources naturelles. Dans le fond, ce n'est même pas une affaire politique, en fait.

Ceci étant dit, dans la situation actuelle, et selon les définitions que la droite et la gauche ont prises, la question centrale de l'écologie dont toutes les autres découlent, est celle de la décroissance, de perdre des habitudes humaines qui ne sont pas viables sur le long (et même le moyen) terme. Et cela me semble fort peu réaliste d'espérer le faire sans heurter l'économie du pays. C'était la thèse de "l'écologie au-delà de la gauche et de la droite" de Corinne Lepage dans le gouvernement Juppé, mais je ne pense pas que ce projet ait eu la moindre chance d'aboutir. L'économie mondiale est trop consubstantielle à la sur-utilisation des ressources naturelles. Donc, à mon avis, l'écologie (telle qu'elle doit être pratiquée à l'heure actuelle si on veut espérer des résultats) se doit de s'opposer au modèle économique courant, ce qui la placerait à gauche. Mais cette allégeance ne dépend que du fait que la droite moderne se définit en très grande partie par la défense des intérêts économiques. Je ne suis pas persuadé, qu'à un niveau fondamental, la droite se définisse ainsi. Mais c'est clairement le modèle actuel. Tant que ce sera le cas, je pense que, oui, l'écologie s'opposera aux valeurs de la droite. À un niveau ontologique, ce n'est pas si clair.

Mais, là, je parle surtout de la droite dite "traditionnelle". L'extrême-droite, elle, de manière assez étrange, notamment par son intérêt pour le localisme, se marie effectivement mieux avec les idées écologistes. En particulier aujourd'hui où Marine Le Pen demande un rapprochement avec les électeurs de la France Insoumise, notamment sur la question de l'hostilité à l'UE. Mais justement, l'Europe est un point de dissension chez les écologistes (et j'inclus les Insoumis dans le lot) entre ceux qui voient l'Europe comme l'outil qu'on peut utiliser pour appliquer des directives décroissantes (sur le modèle du protocole de Kyoto ou de la COP21, par exemple) et ceux qui voient Bruxelles comme une des têtes de l'hydre capitaliste qui est la cause de la destruction des ressources naturelles. Ce sont ces derniers qui peuvent se laisser tenter par un rapprochement avec le FN.

Bon, ceci étant dit, je pense que le fait que le ministère soit passé, il y a quelques jours, de Ségolène Royal à Nicolas Hulot va sans doute changer des choses, y compris dans l'échiquier politique et dans la perception que tout le monde a de cette question. Donc, à voir ce que cela va donner mais je ne serais pas surpris que l'extrême-droite laisse tomber ses prétentions écologistes.

Mais, à un niveau fondamental, je crois effectivement que l'ultra-nationalisme peut se marier avec la préservation de la planète. Ça ne m'étonne pas plus que ça que des fanatiques de l'écologie (je parle là des franges les plus sectaires de ces mouvements) puissent envisager un rapprochement de ce type-là. Après, c'est vrai que je pense qu'il n'y pas une seule idée sur cette terre qui ne puisse donner naissance à un radicalisme absolu (quelque soit la valeur du principe en question) et que les fanatismes ont tendance à s'attirer entre eux (enfin, en général, hein: il faut nuancer cette déclaration au cas par cas).

Photonik a écrit:J'ai déjà signalé ma participation à la revue souletine "Hau" : c'est l'un de nos sujets de réflexion. Nous avions notamment invité le philosophe Aurélien Berlan (très actif près de la ZAD de Sivens notamment) pour organiser un débat sur le dépassement de l'alternative réaction/progrès... C'est passionnant, complexe mais nécessaire, je crois ; en ces temps de pseudo-recomposition politique (la bonne blague), voilà je crois le véritable paradigme à redéfinir.


Oui, je suis assez d'accord avec ça. Mais je ne vois pas encore quel pourrait être le nouveau modèle. Mais on en prend le chemin, je l'espère. C'est passionnant, et ce n'est pas trop tôt.

Photonik a écrit:J'ignorais totalement l'existence d'un tel ouvrage ; ça se dégote facilement ? ça m'intéresse au plus haut point, comme tu t'en doutes.


Oui, il vient de sortir (il y a un mois ou deux, je dirais). Et ils ont fait un effort au niveau de la distribution: il est trouvable partout. Il est sur Amazon et eBay et si tu cherches le titre, "Folk Horror: Hours Dreadful and Things Strange", sur un moteur de recherche, il y a un paquet de librairies qui le vendent en ligne.

Photonik a écrit:Je ne connais pas le film de Mocky, mais j'aime beaucoup celui de Kumel, qui se fait pourtant régulièrement tailler ici ou là (trop lent, soporifique, etc...). Kumel a probablement fait mieux avec les "Les Lèvres Rouges" ceci dit (je ne connais que ces deux films-là dans sa filmo).


Je n'ai pas vu le Mocky mais, dans un genre pas si éloigné, il avait aussi fait "Litan: la cité des spectres verts", que j'aime bien, donc j'ai le sentiment que ça pourrait peut-être valoir le coup.

Pour ce qui est de la comparaison avec les "Lèvres Rouges", je suis d'accord avec toi pour dire que c'est le meilleur film des deux mais je trouve justement que son "Malpertuis" est souvent injustement oublié. Après, vu la lenteur, oui, il faut aimer ce genre. Disons que je le conseillerai aux fans de Jean Rollin (qui sont légion sur le net).

Photonik a écrit:Je ne connais pas cette "école", mais à brûle-pourpoint je dirais que Ray a quand même un pied plus franchement arrimé dans l'horreur pure. Il n'écrit pas que ça, mais quand il le fait il produit des choses très fortes en la matière.


Oui, mais justement, cette "école", pour moi, se marie parfaitement avec l'horreur. Et, d'ailleurs, il n'est pas rare que des artistes passent facilement de l'un à l'autre ou même se situent dans l'entre-deux (comme pour les courts-métrages de Raoul Servais, par exemple). Basiquement, c'est un peu dur pour moi de le définir vu que je ne connais pas si bien que ça ce mouvement mais je dirais qu'il se définit comme un glissement entre un réalisme magique (pas très éloigné de celui de Prévert, d'ailleurs), à base de ruelles portuaires, de tavernes délabrées, ou de maisons de passe décadentes, vers un surréalisme (sous l'influence de Matisse, bien sûr) inquiétant, voir horrifique, proche d'une féérie sombre, satanique. Par exemple, dans sa forme la plus horrifique, je peux placer sans problème "Calvaire" dans cette lignée-là. Et donc "Malpertuis" également.

Bon, bien sûr, ce que je viens de décrire peut s'appliquer à des milliers d’œuvres, à travers le monde (en France, Claude Seignolle n'est pas loin): l'horreur, comme tous les genres artistiques, à tendance à tourner sans arrêt autour des mêmes obsessions. Mais il y a, à mon sens, une ambiance qui est propre à ce mouvement belge (j'aurais du mal à la décrire, par contre).

Photonik a écrit:Un bémol néanmoins : le style, très fleuri voire ampoulé (c'est voulu de la part de Ray, notamment l'emploi de termes volontairement désuets). Moi je suis plutôt client, mais je me souviens d'une remarque que tu avais faite sur un extrait de Thomas Ligotti que j'avais lu à l'antenne ; tu trouvais ça un peu "ampoulé". Or, à côté de Jean Ray, Ligotti c'est Christine Angot. :wink:


Bon, à voir... Mais c'est en grande partie une question de contexte: si je lis un roman gothique (ce qui est quand même plus ou moins le cas chez Jean Ray, il me semble, dans une certaine mesure), ma perception sera différente que dans le cas d'un essai nihiliste. En gros, c'est très subjectif, cette affaire. Ce n'est pas forcément la peine de chercher une logique. Et puis, bon, j'ai bien aimé Ligotti, quand même, malgré le style pesant.

Photonik a écrit:Il me semblait nécessaire d'évoquer cet "éparpillement" caractéristique de ses textes (et qui s'explique aussi par l'origine des textes, très diverse), mais j'espère ne pas avoir donner l'impression que c'est un si gros écueil que ça...


Non non, ça va. Ton intérêt était quand même plus que visible. C'est juste une bonne chose de pointer ce qui pourra être un défaut pour certains.

Photonik a écrit:C'est à mon programme, incessamment sous peu. Mais on parlera ici de J-Horror avant ça (indice : ça concerne Junji Ito, justement).


Un épisode sur Noboru Iguchi ou Higuchinsky ?

Photonik a écrit:
Ektah a écrit:Oh tiens, ma sonnerie de portable...


HA HA HA !! Très drôle, ça. :wink:
Un peu salaud, mais objectivement très drôle.


Hé hé. En fait, je disais que je disais ça car ma sonnerie de portable est littéralement un extrait de la BO de Hellraiser par Coil. Pas le morceau que tu as passé, un autre, mais j'ai jugé que c'était suffisamment proche.

Ceci étant dit, l’ambiguïté me convient parfaitement car, de manière plutôt sarcastique, certes, je trouve qu'il y a bel et bien un petit coté "sonnerie de téléphone" dans la musique de Coil. Cela ne change rien au fait que c'était de grands artistes, d'ailleurs.

Avatar de Tori

Ektah a écrit:
Tori a écrit: J'avais deux/trois trucs à dire sur la J-horror, mais j'y reviendrai quand j'aurai fini de me refaire le cycle que je suis en train de me faire : je viens de trouver d'occasion le coffret "Sushi Typhoon", et j'en suis à la moitié : j'ai vu sept des quatorze films (Death Trance, Machine Girl, Tokyo Gore Police, RoboGeisha, Samurai Princess, Vampire Girl vs. Frankenstein Girl, Helldriver, Gothic & Lolita Psycho, Karate Robo-Zaborgar, Tomie : Unlimited, Yakuza Weapon, Deadball, Zombie Ass et Dead Sushi) qu'il contient...


Oui, d'ailleurs, je suis curieux d'avoir ton avis sur ces péloches. Je dois avouer à ma grande honte que je n'en ai pas vu un seul, malgré un certain intérêt pour la démarche. À voir bientôt dans le ciné-club, j'imagine...

Je n'ai pas le talent du Doc pour rédiger des articles sur ces films...
Et, dans cette sélection, il y a des films qui font un peu tache (enfin, tache de propre, en l'occurrence, comme Zaborgar).
Il s'agit, en tout cas, plus de J-gore que de J-horror, finalement (Sauf Tomie, qui joue plus sur l'ambiance que sur le visuel). Pour la majorité d'entre eux, on est dans le grotesque (mais c'est plutôt fun et sans complexe).

Tori.

Avatar de Ektah

Tori a écrit: J'avais deux/trois trucs à dire sur la J-horror, mais j'y reviendrai quand j'aurai fini de me refaire le cycle que je suis en train de me faire : je viens de trouver d'occasion le coffret "Sushi Typhoon", et j'en suis à la moitié : j'ai vu sept des quatorze films (Death Trance, Machine Girl, Tokyo Gore Police, RoboGeisha, Samurai Princess, Vampire Girl vs. Frankenstein Girl, Helldriver, Gothic & Lolita Psycho, Karate Robo-Zaborgar, Tomie : Unlimited, Yakuza Weapon, Deadball, Zombie Ass et Dead Sushi) qu'il contient...


Oui, d'ailleurs, je suis curieux d'avoir ton avis sur ces péloches. Je dois avouer à ma grande honte que je n'en ai pas vu un seul, malgré un certain intérêt pour la démarche. À voir bientôt dans le ciné-club, j'imagine...

Avatar de Photonik

Ektah a écrit:De retour. Il est temps de répondre aux messages en attente.



Welcome back !! :wink:

Ektah a écrit:Marrant, ce beat dansant m'a immédiatement fait penser à Michael Jackson, version 8-bit (c'est probablement l'aspect un peu funk dont tu parlais). Une filiation inattendue mais qui est finalement très cohérente avec l'ambiance "VHS poussiéreuse sur les rayonnages d'un vidéo-club de campagne" de la synthwave.



Absolument, il semble qu'il y ait une cohérence entre l'évocation des péloches de genre des eighties et le recours à certaines sonorités typiques de ce temps. A la petite différence près que les productions, sur le strict plan de la qualité du son, sont devenues assez énormes dans l'intervalle...
Franchement, toute cette scène synthwave m'emballe vraiment ; il faudra juste que ceux qui y contribuent veillent à ne pas générer trop vite leurs propres clichés (certains sont déjà au bord de ça, quand même), ce qui est toujours un danger quand une scène adopte des codes visuels et soniques aussi typés.

Ektah a écrit:Bon, je viens de commander le blu-ray (avec des sous-titres anglais). Je le regarde dès que je le reçois et on reparle.


J'ai hâte.

Ektah a écrit:En tous cas, c'est certain que cette question du rapport entre politiques réactionnaires et paganisme est terriblement d'actualité, malheureusement (...).



C'est une thématique qui me taraude en ce moment ; la question des rapports entre résurgence des thématiques paganistes (au sens large) et clivages politiques "traditionnels" est complexe mais passionnante, en effet. Par exemple, je ne sais pas si l'on peut dire que l'écologie est ontologiquement de gauche. Certains éléments peuvent le laisser penser, mais je remarque que de nombreux penseurs de droite voire d'extrême-droite récupèrent actuellement à leur compte ces thématiques en précisant que la pensée écologique était intrinsèquement un réflexe "conservateur", donc fondamentalement de droite. Je n'arrive pas à leur donner totalement tort, dans l'absolu.
J'ai déjà signalé ma participation à la revue souletine "Hau" : c'est l'un de nos sujets de réflexion. Nous avions notamment invité le philosophe Aurélien Berlan (très actif près de la ZAD de Sivens notamment) pour organiser un débat sur le dépassement de l'alternative réaction/progrès... C'est passionnant, complexe mais nécessaire, je crois ; en ces temps de pseudo-recomposition politique (la bonne blague), voilà je crois le véritable paradigme à redéfinir.

Ektah a écrit:Par contre, tu as fait une petite erreur dans le nom de la série de programmes dont "Penda's Fen" est issue. Il s'agit de "Play for today", et non "tonight".



Holà, merci pour le rectificatif. J'étais pourtant sûr de mon coup sur le moment. :wink:

Ektah a écrit:Et il y a eu d'autres épisodes de la série se rapprochant du Folk Horror: "Robin Redbreast", qui a une réputation presque aussi bonne que celle de "Penda's Fen". Plus "Red Shift" et "A photograph" qui, sans atteindre les sommets des deux autres, restent à priori de très bonne tenue.



Hummm, "Robin Redbreast", je vais regarder ça de près...

Ektah a écrit:Au passage, sur la question du Folk Horror, je viens de recevoir le livre "Folk Horror: Hours Dreadful and Things Strange", par Adam Scovell, le rédacteur du blog "Celluloid Wicker Man". Je pense qu'on tient là le livre-somme sur cette question (et notamment les similitudes entre cette culture, la psychogéographie et l'hantologie).



J'ignorais totalement l'existence d'un tel ouvrage ; ça se dégote facilement ? ça m'intéresse au plus haut point, comme tu t'en doutes.

Ektah a écrit:(en fait, l'idée vient de me germer en tête que je serais probablement la bonne personne pour faire cette traduction... à voir).



Tu sais ce qu'il te reste à faire... :wink:

Ektah a écrit:Je ne connais pas vraiment l’œuvre de Jean Ray. En fait, l'approche que j'en ai passe surtout par les adaptations cinématographiques de ses textes: "La cité de l'indicible peur" de Mocky et "Malpertuis" du pataphysicien belge Harry Kumel (avec Orson Welles dans un rôle surprenant).



Je ne connais pas le film de Mocky, mais j'aime beaucoup celui de Kumel, qui se fait pourtant régulièrement tailler ici ou là (trop lent, soporifique, etc...). Kumel a probablement fait mieux avec les "Les Lèvres Rouges" ceci dit (je ne connais que ces deux films-là dans sa filmo).

Ektah a écrit:J'aurais plutôt tendance à le placer justement dans cette tradition de la fantasmagorie belge, de Michel de Ghelderode à Schuiten/Peeters (pour n'en citer que quelques-uns).



Je ne connais pas cette "école", mais à brûle-pourpoint je dirais que Ray a quand même un pied plus franchement arrimé dans l'horreur pure. Il n'écrit pas que ça, mais quand il le fait il produit des choses très fortes en la matière.

Ektah a écrit:Bon, bien sûr, les filiations ne sont pas exclusives: le fait de se placer dans cette tradition belge ne détruit nullement le lien avec Poe qui est effectivement pertinent.



Elle me semble inévitable, oui, tant pour l'ancrage simultanée dans plusieurs genres "cousins" que pour le style, ciselé mais soucieux d'une certaine unité d'effet, et donc d'une efficacité certaine...

Ektah a écrit:Donc, tout ce que tu dis à son sujet a l'air fort goûtu. Il va falloir que je creuse la question.


Un bémol néanmoins : le style, très fleuri voire ampoulé (c'est voulu de la part de Ray, notamment l'emploi de termes volontairement désuets). Moi je suis plutôt client, mais je me souviens d'une remarque que tu avais faite sur un extrait de Thomas Ligotti que j'avais lu à l'antenne ; tu trouvais ça un peu "ampoulé". Or, à côté de Jean Ray, Ligotti c'est Christine Angot. :wink:

Ektah a écrit:De Guy Astic, j'avais lu les deux livres sur David Lynch, avec grand intérêt. Et j'avais effectivement perçu l'éparpillement dont tu parles mais il se trouve que j'apprécie cette façon d'écrire. Disons, qu'à mon sens, on perd en rigueur d'analyse ce que l'on gagne en puissance d'évocation, ce qui, dans le cas d'artistes aussi subjectifs que Lynch, Barker ou Cronenberg ne me semble pas être une mauvaise façon de procéder.



Oui, je suis en phase avec ta façon de présenter sa démarche, c'est ce que j'ai ressenti à la lecture (durant laquelle on n'a qu'une envie, c'est d'aller se dénicher toute affaire cessante ce qu'on n'a pas encore découvert dans le lot ; c'est signe que son but est atteint). Il me semblait nécessaire d'évoquer cet "éparpillement" caractéristique de ses textes (et qui s'explique aussi par l'origine des textes, très diverse), mais j'espère ne pas avoir donner l'impression que c'est un si gros écueil que ça...

Ektah a écrit:En tous cas, après ta présentation, la pensée qui m'est venue est le fait qu'il ne manque que peu de monde dans cette histoire de l'art horrifique, notamment cinématographique, ce qui est impressionnant à l'échelle de deux ouvrages relativement courts.



Il manque effectivement très peu de "grands" noms. Lovecraft est très peu présent, c'est à relever, mais je ne suis pas sûr qu'Astic en soit si friand, en fait.

Ektah a écrit:À ce sujet, je ne résiste pas à la tentation de vous signaler l'existence de cette vidéo de la rencontre entre Clive Barker, Ramsey Campbell (probablement le meilleur des continuateurs de la mythologie lovecraftienne), Lisa Tuttle (auteur de sf/fantasy/horreur féministe), Pete Atkins (scénariste du sous-estimé Hellraiser 2), Roger Corman et John Carpenter. Ils y discutent de leurs conceptions personnelles de l'horreur. C'est là que j'ai commencé à voir la qualité de l'imaginaire de Barker (et de Corman aussi, au passage):

https://www.youtube.com/watch?v=-tqL2nzrcTg


Ah c'est rigolo ça, je l'ai justement découvertes en parallèle de ma lecture des livres d'Astic, cette vidéo... Très intéressant ; j'ai été surpris par Corman, moi aussi.

Ektah a écrit:- Tiens, c'est marrant, cette histoire de l'écorchement comme forme ultime du strip-tease. Ça me rappelle ce clip de Robbie Williams, "Rock DJ", pour lequel Grant Morrison avait exprimé sa grande admiration en disant (de tête) que Williams avait accompli dans les quatre minutes de vidéo ce qu'il avait tenté de faire pendant toute sa carrière. Bon, il y a probablement une dose de provocation de la part de l'écossais, quand même...


Morrison est très peu objectif sur le cas de Robbie Williams, ils sont très potes en fait (et ont même collaboré le temps de la conception d'un disque de Williams). Morrison a souvent dit que cette relation avec Williams l'intéressait car c'est la seule véritable mégastar qu'il lui arrive de côtoyer...

Ektah a écrit:- Jigoku: Ah oui, je l'ai vu celui-là, à l'étrange festival. Si je me souviens bien, c'est une péloche très recommandable surtout pour son articulation entre un deuxième acte filmé de manière très naturaliste, autour d'une famille traditionnelle japonaise (on n'est quand même pas chez Ozu, mais pas loin...) et un troisième, en enfer donc, totalement baroque, avec un décor volontairement proche d'une scène théâtrale, qui m'a fait penser à certaines adaptations filmiques d'Edogawa Ranpo comme "La bête aveugle". Un film très intéressant.


C'est à mon programme, incessamment sous peu. Mais on parlera ici de J-Horror avant ça (indice : ça concerne Junji Ito, justement).


Ektah a écrit:Oh tiens, ma sonnerie de portable...


HA HA HA !! Très drôle, ça. :wink:
Un peu salaud, mais objectivement très drôle.

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Photonik a écrit:Épisode 21 : Le Labyrinthe d'Adam

Zut, j'ai été trop pris : je n'ai pas eu le temps de finir mon cycle avant ton retour !

Le programme est alléchant.

Tori.

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calvinball a écrit:Et je remercie Ektah en passant, ton drive m'a permis de retrouver une vieille émission qui parlait de la série Evangelion ça s'est bien accordé avec ma redécouverte de la série pendant ces vacances. :)


Je t'en prie. :) D'ailleurs, vu que je ne peux pas mettre les sujets abordés dans les noms des fichiers (Mac et Linux seraient capables de les gérer, dans ce cas, mais pas Windows), je les marque dans les tags mais, du coup, ils ne sont pas visibles immédiatement (à part si vous téléchargez tous les épisodes et utilisez une logiciel de gestion de collection). Donc, si jamais vous cherchez une émission en particulier selon la thématique abordée, demandez-moi: ça ne me prend juste quelques secondes pour localiser le bon.

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De retour. Il est temps de répondre aux messages en attente.

Photonik a écrit:"Howling Wave", extrait de l'album "Atom From Heart, signé par les normands de Christine


Marrant, ce beat dansant m'a immédiatement fait penser à Michael Jackson, version 8-bit (c'est probablement l'aspect un peu funk dont tu parlais). Une filiation inattendue mais qui est finalement très cohérente avec l'ambiance "VHS poussiéreuse sur les rayonnages d'un vidéo-club de campagne" de la synthwave.

Photonik a écrit:- Au rayon cinoche, on exhume un chef-d'oeuvre méconnu du cinéma britannique avec le "Penda's Fen" d'Alan Clarke et David Rudkin.


Bon, je viens de commander le blu-ray (avec des sous-titres anglais). Je le regarde dès que je le reçois et on reparle.

En tous cas, c'est certain que cette question du rapport entre politiques réactionnaires et paganisme est terriblement d'actualité, malheureusement. Il y a quelques jours, j'ai eu le douteux honneur de participer, sur les réseaux sociaux, à une petite bataille autour du Musée de la Sorcellerie (un endroit qui semble bien sympathique, à Boscastle, en Cornouailles) annonçant le fait qu'ils ne collaboreraient plus avec une auteure américaine, Carolyn Emerick, après des déclarations négationnistes et suprémacistes blanches. Évidemment, à la suite de cette annonce, une troupe de militants anti-multiculturalistes, notamment trumpistes, leur sont tombés sur le râble tandis que d'autres tentaient une défense ou, au moins, une temporisation. Mais, ce qui est intéressant, c'est que tout ce petit monde, que ce soit du coté d'Emerick ou du musée, se réclamaient de deux choses: l'écologie et l'intérêt pour le paganisme.

Et, d'une manière générale, pour avoir un peu traîné chez les practiciens des religions néo-païennes, cette opposition est là depuis longtemps, entre une vision réactionnaire d'hostilité aux autres cultures et une autre beaucoup plus altruiste, d'inspiration hippie. Je ne parle pas de gauche et de droite car tout le monde se réunissait sur la question de l'écologie qui est traditionnellement marquée à gauche. Et, pour ce que j'en ai vu, d'ailleurs, le paganisme américain est majoritairement d'inspiration hippie (avec une référence récurrente aux amérindiens et à Coyote, la figure du Trickster chez les indiens Navajo... il faut que je regarde "American Gods", moi), tandis que la forme européenne est elle beaucoup plus ambiguë, notamment chez les Asatru (croyants se réclamant des religions nordiques). Enfin, je ne dis pas que tous les païens européens sont des gros fachos et que tous les pagans américains sont des baba-cools qui fument des fleurs. C'est évidemment plus compliqué que ça. Mais ces tendances existent et peuvent être plus ou moins marquées selon les différentes communautés, associations, covens... C'est d'ailleurs cette question qui, à mon sens, sous-tend en partie l'histoire du black metal, notamment norvégien.

Donc, même 50 ans plus tard, cette question posée par "Penda's Fen" reste d'actualité. Pfff... On en reparle lorsque je l'aurai vu.

Et toujours merci pour les salutations, camarade.

Par contre, tu as fait une petite erreur dans le nom de la série de programmes dont "Penda's Fen" est issue. Il s'agit de "Play for today", et non "tonight". Ça a son importance car, comme le titre l'indique, il y avait une volonté, parfois, d'avoir un discours social dans les thématiques présentées. C'est évidemment le cas dans "Penda's Fen". Et d'ailleurs, "Scum", avant de devenir le film connu de Clarke, avait été un épisode de la série sur lequel il avait voulu broder.

Et il y a eu d'autres épisodes de la série se rapprochant du Folk Horror: "Robin Redbreast", qui a une réputation presque aussi bonne que celle de "Penda's Fen". Plus "Red Shift" et "A photograph" qui, sans atteindre les sommets des deux autres, restent à priori de très bonne tenue.

Enfin, tout ça pour confirmer ce que tu disais: "Play for today", s'il n'est pas du tout connu en dehors de son pays, reste, à priori, une des gemmes de la tv britannique. Je n'en ai vu aucun, justement, parce que j'avais l'intention de m'en envoyer plusieurs à la suite (il y en a un bon nombre sur Youtube).

Au passage, sur la question du Folk Horror, je viens de recevoir le livre "Folk Horror: Hours Dreadful and Things Strange", par Adam Scovell, le rédacteur du blog "Celluloid Wicker Man". Je pense qu'on tient là le livre-somme sur cette question (et notamment sur les similitudes entre cette culture, la psychogéographie et l'hantologie). En fait, je ne peux pas m'empêcher de faire le lien entre ce livre et celui sur la psychogéographie de Merlin Coverley. Entre autres, il contient la filmographie et la bibliographie la plus complète que je connaisse sur ce sujet. Pas de traduction française, par contre, pour l'instant (en fait, l'idée vient de me germer en tête que je serais probablement la bonne personne pour faire cette traduction... à voir).

En plus, le livre emprunte la forme, trop peu usitée à mon goût, de l'essai écrit à la première personne...

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Photonik a écrit:- On poursuit avec l'évocation de "La Croisière des Ombres" de Jean Ray, recueil de nouvelles fantastiques, dans tous les sens du terme, du Edgar Alan Poe belge.


Je ne connais pas vraiment l’œuvre de Jean Ray. En fait, l'approche que j'en ai passe surtout par les adaptations cinématographiques de ses textes: "La cité de l'indicible peur" de Mocky et "Malpertuis" du pataphysicien belge Harry Kumel (avec Orson Welles dans un rôle surprenant).

C'est vrai que j'ai souvent entendu la comparaison avec Lovecraft qui me semble un peu excessive. J'aurais plutôt tendance à le placer justement dans cette tradition de la fantasmagorie belge, de Michel de Ghelderode à Schuiten/Peeters (pour n'en citer que quelques-uns). C'est un aspect des cultures de l'imaginaire que je connais mal mais qui me semble fort intéressant et dont Ray est probablement le monument.

Bon, bien sûr, les filiations ne sont pas exclusives: le fait de se placer dans cette tradition belge ne détruit nullement le lien avec Poe qui est effectivement pertinent.

Donc, tout ce que tu dis à son sujet a l'air fort goûtu. Il va falloir que je creuse la question.

Photonik a écrit:- On poursuit avec l'évocation des deux tomes des "Images et mots de l'horreur, un essai en deux temps sur la chose horrifique signé par l'excellent Guy Astic, par ailleurs maître d'oeuvre de l'excellente maison d'édition Rouge Profond.


Amusant. De Guy Astic, j'avais lu les deux livres sur David Lynch, avec grand intérêt. Et j'avais effectivement perçu l'éparpillement dont tu parles mais il se trouve que j'apprécie cette façon d'écrire. Disons, qu'à mon sens, on perd en rigueur d'analyse ce que l'on gagne en puissance d'évocation, ce qui, dans le cas d'artistes aussi subjectifs que Lynch, Barker ou Cronenberg ne me semble pas être une mauvaise façon de procéder. Mais bon, pour être honnête, cette déclaration que je viens de faire en révèle autant sur ses livres de Astic que sur les circonvolutions de ma propre pensée.

En tous cas, après ta présentation, la pensée qui m'est venue est le fait qu'il ne manque que peu de monde dans cette histoire de l'art horrifique, notamment cinématographique, ce qui est impressionnant à l'échelle de deux ouvrages relativement courts.

Bon, quelques réflexions sur les thématiques évoqués dans les livres et dans ta chronique, en vrac justement parce que cela colle au sujet:

- Stephen King: Étonnamment, c'est un artiste que je tiens en haute estime, tout en ayant une connaissance parcellaire de son œuvre. Toutefois, mes textes préférés sont justement ceux qui sortent de l'horreur directe: j'ai reçu une vraie claque de la part du recueil de nouvelles "Différentes saisons" qui est justement une compilation de 4 nouvelles sortant de son genre de prédilection, vaguement reliées par une thématique saisonnière. En particulier, le texte qui a donné naissance au film "Stand by Me" est probablement, pour moi, le texte définitif sur la nostalgie de l'enfance dans une zone rurale (en l'occurrence, le Maine) en partie fantasmée. Et il me semble que cette thématique est une de celles qui traversent les écrits de King. Sa version du Maine m'est devenu une sorte de pays mythique (que, à priori, je ne reconnaîtrais pas si je m'y rendais) et il me semble que cela passe souvent par le biais de l'enfance (enfin, il suffit de lire "Ça", c'est le cœur du livre). C'est là, pour moi, sa grande valeur. C'est là où, effectivement, King est l'un des maîtres de l'horreur liée à un territoire.

- Clive Barker: Alors, à nouveau, c'est un auteur que pour lequel ja'i une certaine admiration tout en ne le connaissant pas bien. À ce sujet, je ne résiste pas à la tentation de vous signaler l'existence de cette vidéo de la rencontre entre Clive Barker, Ramsey Campbell (probablement le meilleur des continuateurs de la mythologie lovecraftienne), Lisa Tuttle (auteur de sf/fantasy/horreur féministe), Pete Atkins (scénariste du sous-estimé Hellraiser 2), Roger Corman et John Carpenter. Ils y discutent de leurs conceptions personnelles de l'horreur. C'est là que j'ai commencé à voir la qualité de l'imaginaire de Barker (et de Corman aussi, au passage):

https://www.youtube.com/watch?v=-tqL2nzrcTg

- Tiens, c'est marrant, cette histoire de l'écorchement comme forme ultime du strip-tease. Ça me rappelle ce clip de Robbie Williams, "Rock DJ", pour lequel Grant Morrison avait exprimé sa grande admiration en disant (de tête) que Williams avait accompli dans les quatre minutes de video ce qu'il avait tenté de faire pendant toute sa carrière. Bon, il y a probablement une dose de provocation de la part de l'écossais, quand même...

- Les Vierges de Satan (The Devil Rides Out): À nouveau un des films considéré comme une des formes classiques du Folk Horror, dont l'adaptation scénaristique est effectivement signée Ray Bradbury mais à partir d'un livre de Dennis Wheatley, qui est, parait-il, un auteur intéressant bien que profondément réactionnaire et impérialiste, y compris selon les critères britanniques du début du XXème siècle. C'est un bon film, en tous cas.

- Marebito: Je confirme, c'est clairement un des sommets de l'horreur à la japonaise récente. Pas loin d'être un film parfait. D'ailleurs, je viens de voir que Takashi Shimizu a également signé une adaptation d'un manga de Junji Ito, "Tomie: Rebirth". Ça vaut peut-être le coup de s'intéresser à ça.

- Jigoku: Ah oui, je l'ai vu celui-là, à l'étrange festival. Si je me souviens bien, c'est une péloche très recommandable surtout pour son articulation entre un deuxième acte filmé de manière très naturaliste, autour d'une famille traditionnelle japonaise (on n'est quand même pas chez Ozu, mais pas loin...) et un troisième, en enfer donc, totalement baroque, avec un décor volontairement proche d'une scène théâtrale, qui m'a fait penser à certaines adaptations filmiques d'Edogawa Ranpo comme "La bête aveugle". Un film très intéressant.

Photonik a écrit:le "Main Title" des "Unreleased Themes for Hellraiser" de Coil


Oh tiens, ma sonnerie de portable... Enfin, tu fais bien, quand même, de saluer la composition de Christopher Young qui est, effectivement, assez extraordinaire dans un style radicalement différent.