• Critique L'Antre de l'Horreur T.1 par

    Angoulême met toujours en relief des auteurs parfois méconnus dans les trop grandes parutions diverses de chaque année, ou peut aussi très bien récompenser des auteurs pour l'ensemble de leur carrière. Nous sommes ici dans le deuxième cas, puisque Richard Corben a été lauréat en 2018 du Grand Prix.

    Ce petit gars né dans une ferme du Missouri fut très vite épris de science-fiction et d'horreur. Il est vite repéré par Warren Publishing qui lui confie Eerie, Creepy et Vampirella. En France, c'est son concours pour le magazine Métal Hurlant, qui le fait connaître de toute une génération dans les années soixante-dix. Puis, on le verra par exemple sur Hellblazer pour DC Comics, ou sur Punisher : The End, et des mini-séries, comme Banner, et Cage, pour Marvel. Par ailleurs, ces histoires ressortiront bientôt en Marvel Icons. Hellboy est aussi à mettre dans son curriculum vitae récent, et vous remarquerez qu'il est sorti ce mois-ci, dans une intégrale, chez Delcourt.

    Pour ce livre, il y a eu un véritable effort sur le format qui magnifie le dessin par sa grande taille. Nous y lirons également une introduction, quatre pages explicatives, concises, remettant dans le contexte l'oeuvre et son originalité, et à la fin, huit pages de galerie de couvertures ou de croquis puis, les biographie d'Edgar Allan Poe, et H.P. Lovecraft sont à lire... et c'est sans compter les textes originaux de ces derniers !

    Effectivement, la première partie datante de 2006, sont des contes adaptés d'Edgar Allan Poe, avec une relecture pour le format comics effectuée par Richard Dahl, ou Margopoulos. Ils sont plus ancrés dans des thématiques modernes, et on redécouvre des classiques tel « le corbeau ». On s'amuse bien sûr, à comparer le travail original, à sa version moderne, et surtout on finit toujours par admirer le dessin en grand format. Aujourd'hui, il est expliqué qu'il est réalisé par ordinateur, mais tout en s'appuyant sur une expérience d'antan, d'un outil rarement utilisé dans le milieu : un aérographe, soit un pulvérisateur d'encre qui nécessite le port d'un masque.

    La deuxième partie, datant de 2008, traite donc des contes de Lovecraft, qui sont plus traitées, quand à eux, dans le contexte du début du XXème siècle. J'avoue préférer cet auteur, et en conséquence, j'ai apprécié quelques relectures comme « le puits », « le canal » ou « la fenêtre ».

    Panini comics nous délivre un récit, dit classique, pour les amateurs d'horreur, qui vaut également pour son format, qui met réellement en valeur le dessin de Corben, sur des contes revisités de Poe ou de Lovecraft, eux-mêmes incontournables. Ils ont décidément inspiré de nombreux auteurs, tous formats confondus.

    7

    Auray - 28 janvier 2019

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