• Critique Superman - Red Son T.1 par

    La mini-série en 3 épisodes "Superman : Red Son" fait partie de la dernière vague d'Elseworlds publiés par DC Comics au début des années 2000. Concept équivalent au "Et si...?" de Marvel, les "Elseworlds" plaçaient les héros dans des situations qui ne tiennent pas compte de la continuité officielle, une émanation des fameuses "Histoires Imaginaires" de l'Âge d'Argent des comics. Et d'ailleurs, "Red Son" a été inspiré à Mark Millar, qui venait à l'époque de débuter son travail sur la ligne "Ultimate" de Marvel, par une de ces "Histoires Imaginaires".

    Dans "Superman #300" (1976), les scénaristes Elliott S. Maggin et Cary Bates et le dessinateur Curt Swan ont imaginé l'arrivée du bébé Kal-El sur Terre en 1976. Sa fusée atterrit dans l'océan et attire l'attention des U.S.A. et de l'armée soviétique. Kal-El finit par être récupéré par un marin américain (et devient Superman en 2001 !)...et le jeune Mark Millar s'est alors demandé ce qui aurait pu arriver si la situation s'était inversée. "Red Son" peut donc être résumé par "Et si Superman avait été élevée en Union Soviétique ?"...et plus précisément dans un Kolkhoze en Ukraine.

    "Là-haut, dans le ciel! C'est un oiseau ! C'est un avion ! C'est Superman !
    Superman : étrange visiteur venu d'un autre monde, qui peut changer le cours des fleuves et tordre l'acier à mains nues. Et qui, en tant que héros des travailleurs, mène un combat sans fin pour Staline, le socialisme et l'expansion internationale du Pacte de Varsovie !"

    L'un des plaisirs de la lecture de "Red Son", c'est l'adaptation des différents concepts et personnages de l'univers de l'Homme d'Acier (et là, je ne parle pas de Joseph Staline) à ce contexte et aux époques traversées par le récit (qui s'étend des années 50 à un futur lointain). Il y a beaucoup d'idées intéressantes dans cette version alternative de l'univers DC et elles ne se limitent pas au simple "fun" de la réactualisation, car les motivations des protagonistes sont bien développées tout comme leurs conséquences sur l'avenir de ce monde. Un avenir qui débouche sur un excellent final, une boucle qui jette un regard différent sur les événements qui ont précédé. Un épilogue qui a d'ailleurs été suggéré à Mark Millar par un certain Grant Morrison...

    Si la lecture est de qualité, il est dommage que la partie graphique ne soit pas régulière tout au long des 3 épisodes. Le dessinateur Dave Johnson a quitté le navire en cours de route et a été remplacé par Killian Plunkett (bon dessinateur au demeurant). Mais le travail de Dave Johnson est le plus solide des deux, notamment lorsqu'il joue avec l'imagerie soviétique, autant dans les pages intérieures que sur les belles couvertures.



    8

    Le Doc - 17 juin 2018

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