• Critique L'Homme à la tête de vis et autres histoires déjantées T.1 par

    Au début des années 2000, Mike Mignola s'est accordé une petite récréation hors de l'univers Hellboy avec l'une de ses plus étranges créations : l'Homme à la Tête de Vis. L'idée lui a été inspirée par des jouets, des "action figures" comme on dit en Amérique, ces figurines aux corps souvent modelés de manière identique et que l'on ne différencie que par le travail de peinture. D'où ce concept d'une tête de robot qui peut se visser sur différents corps selon les besoins de la mission. Car Tête de Vis est un agent secret qui travaille pour le gouvernement américain sous les ordres de Abraham Lincoln.

    Petit aparté : si les histoires qui composent cet album sont déconnectées des comics d'Hellboy (mais elles sont tout de même reliées entre elles car on retrouve certains personnages d'un segment à l'autre) , elles existent en fait dans l'univers du grand rouge sous la forme de "récits dans le récit" (où ils portent la signature d'un certain Walter Edmond Heap).

    "L'Homme à la Tête de vis" est resté à l'état de numéro spécial. Il y a tout de même eu un projet de série animée, qui est restée à l'état de pilote car la chaîne SyFy n'a pas commandé de saison complète à l'époque (les anglophones peuvent le trouver facilement sur YouTube). Et finalement ce n'est pas si mal...et Mignola a lui-même avoué qu'il n'avait pas d'autres histoires à raconter sur Tête de Vis.
    Cette aventure bizarre, aux personnages saugrenus (le serviteur Mr Pelvis ! Le fidèle Mr Chien ! L'ennemi juré Empereur Zombie !) et aux répliques savoureuses (ce qui lui a valu de remporter le prix Eisner de la meilleure publication d'humour en 2003), garde son caractère exceptionnel, une croustillante étrangeté qui aurait pu être diluée sur la durée. Mignola joue même d'une façon très amusante sur la conservation du mystère des origines de Tête de Vis dans les dernières pages.

    Ce recueil a été souvent été comparé à un "cabinet des curiosités" (et d'ailleurs, Mignola referme le tome sur une conclusion atmosphérique qu'il a intitulée "Dans la Chapelle des Curiosités"), ce qui est très juste. Les histoires courtes qui suivent, "Le Magicien et le Serpent" (dont l'idée lui a été soufflée par sa fille Katie), "Abe Gung et la tige de haricot", "La Sorcière et son âme" et "Le Prisonnier de Mars", explorent différentes ambiances, de manière inégale mais toujours entre humour, poésie et malice.
    Ma préférence va au "Prisonnier de Mars", qui renoue efficacement avec l'excentricité de "L'Homme à la Tête de Vis" pour décrire une expérience de voyage sur la planète Mars pleine de délires visuels sur lesquels l'auteur revient dans l'habituel carnet de croquis commenté en fin d'album.



    7

    Le Doc - 15 novembre 2018

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