• Critique Geoff Johns présente Superman T.1 par

    Geoff Johns l'a souvent mentionné en interview : le "Superman" de Richard Donner est son film préféré. Et lorsque le futur scénariste star de DC Comics a déménagé à Los Angeles juste après ses études, la première personne qu'il contacta pour essayer de percer dans le milieu du cinéma fut donc Richard Donner dont il devint l'assistant (on le retrouve crédité à ce poste dans les génériques de "Complots", "L'Arme Fatale 4" et le director's cut de "Superman").
    À la même période, Johns s'est dirigé vers l'écriture de comics, sa passion depuis l'enfance, mais il n'a jamais oublié ce qu'il devait à son mentor et lorsqu'il est devenu le scénariste de "Action Comics" en 2006 (après la saga événement "Infinite Crisis" dont il est également l'auteur), les deux hommes se sont réunis pour écrire un arc narratif en 5 épisodes intitulé "Last Son" ("Dernier Fils" en V.F.).

    "Dernier Fils" rend évidemment hommage au premier grand film de super-héros de l'histoire du cinéma mais sans que cela soit fait au forceps, tant de nombreux éléments avaient été incorporés à la mythologie de l'Homme d'Acier sur papier au fil des années. Le design de la Forteresse de Solitude; l'hologramme de Jor-El; les fameuses leçons de vie de Perry White, tellement longues que Clark Kent a toujours le temps de s'esquiver quand il y a un travail pour Superman...dès les premières pages, le lecteur, régulier ou pas, est en terrain connu. Et c'est vraiment bien fait, charmant même, sans donner l'impression d'une vague resucée.

    Si on a besoin de Superman, c'est parce qu'un vaisseau spatial s'écrase à Metropolis. L'Homme d'Acier le réceptionne à temps et y découvre un jeune garçon, un kryptonien comme lui. Après quelques démêlés avec le gouvernement et Bizarro (le double imparfait du héros lâché en pleine ville par Lex Luthor), Superman décide de prendre le gamin sous son aile. Lois a dans un premier temps des doutes, mais elle s'attache vite à l'enfant qu'elle prénomme...Christopher (là encore, c'est un très joli clin d'oeil).
    C'est à ce moment que les auteurs nous révèlent les véritables parents de Chris Kent, le général Zod et Ursa, fraîchement échappés de la Zone Fantôme avec leur complice, le colosse Non.

    Il s'agit de la première apparition dans les pages des comics de Ursa et Non, les criminels kryptoniens des deux premiers longs métrages Superman. Quant au général Zod, il est ici réinventé après "Infinite Crisis", faisant du Zod de "Pour Demain", le long arc de Brian Azzarello et Jim Lee paru seulement quelques mois plus tôt, une version alternative du célèbre adversaire de Superman campé à l'écran avec déléctation par Terence Stamp.

    Dès ce moment, les choses s'accélèrent, les rebondissements s'enchaînent (peut-être même un peu trop vite tout de même concernant la prise de contrôle de la Terre par Zod) et l'action ne faiblit plus jusqu'au spectaculaire final. Il y a beaucoup de dynamisme dans les dessins de Adam Kubert, transfuge de Marvel qui livrait là un de ses meilleurs travaux, avec des compositions énergiques, virevoltantes même et de belles idées visuelles comme la représentation de la Zone Fantôme. Mais suite à des ennuis de santé, le dessinateur a pris beaucoup de retard. Pour garder la même unité graphique, DC n'a pas utilisé de remplaçant (ce qui reste une bonne initiative) et l'histoire, débutée dans "Action Comics #844" en décembre 2006, a été terminée en 2008 dans le onzième annual de "Action Comics".
    Ce délai, et l'ajout entre-temps d'épisodes supplémentaires avec Chris Kent pour combler le retard, a occasionné quelques soucis de continuité au sein même du récit, mais malgré ces réserves, cette collaboration entre Geoff Johns et Richard Donner conserve une certaine efficacité.

    8

    Le Doc - 03 septembre 2018

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