• Critique Hillbilly T.2 par

    Il y a de nombreuses histoires qui courent à propos de Rondel, le Hillbilly errant.
    En voici plusieurs...

    Comme le répète le talentueux Eric Powell dans l'habituel carnet de croquis commenté de fin de volume, la série "Hillbilly" constitue sa "mythologie de fantasy sudiste". Les créatures qui ont le malheur de croiser le chemin de Rondel et de son Couperet Géant ne sortent pas toutes de l'imagination de l'auteur, elles sont aussi inspirées par les contes folkloriques de son enfance. C'est le cas du Tailypo, le monstre de l'épisode qui ouvre ce deuxième tome. Un épisode composé de deux segments : le premier, écrit et dessiné par Eric Powell, relate la rencontre entre le héros et le Tailypo, un affrontement qui ne restera pas sans suite; le second, écrit par Powell et très joliment dessiné par Steve Mannion (que je découvre ici...et j'ai hâte de lire plus de planches illustrées par ses soins car elles sont vraiment très belles), prend la forme d'un savoureux conte narré par Rondel à deux enfants pour qu'ils s'endorment...très certainement une adaptation à l'univers du Hillbilly de la légende appalachienne du Tailypo.

    La réputation de Rondel se construit à coups de rumeurs, d'histoires partagées et amplifiées...et parfois ces histoires sont racontées par le Hillbilly lui-même. Le long flashback du chapitre 2 nous permet d'en savoir plus sur les circonstances de la rencontre entre Rondel et son amie, l'ourse géante Lucille. Une amitié forgée par le drame et des décisions difficiles...et c'est certainement pour cela qu'elle est aussi forte...

    Le chapitre 3 est quasiment muet. Alors qu'il se rend au village de James Stoneturner, une vieille connaissance, parce qu'il a appris qu'il s'y passe des choses étranges, Rondel est pris dans un blizzard (et cette vision de l'homme qui lutte contre la nature déchaînée fait partie des plus belles pages dessinées par Eric Powell). Un ermite lui vient en aide et lui offre une mixture qui lui redonne des forces...mais pas que. Dans son sommeil, Rondel est assailli par des visions que Powell a décidé de rendre en 3D. Ce qui est assez amusant, c'est que ce segment a été conçu pour être lu avec ou sans lunettes. Sans, l'effet 3D donne une atmosphère particulière à ce passage aussi psychédélique qu'annonciateur de choses très intrigantes pour l'avenir.

    Le dernier épisode est, comme le premier, composé de deux segments. La morale du premier est assez réjouissante, mais les dessins sont moins solides que ceux du reste de l'album. Eric Powell a cette fois-ci laissé les crayons à Simone Di Meo. Le style de l'italien se fond bien dans l'univers créé par Powell, mais visuellement c'est tout de même moins beau et moins riche que les pages qui ont précédées.
    Eric Powell reprend les crayons pour la deuxième moitié qui voit Rondel enquêter sur l'enlèvement de James Stoneturner. Un kidnapping lié aux connaissances de James sur la légende du Hillbilly...et qui prend une tournure assez étonnante. Mais pour avoir un début de réponse, il faudra attendre le prochain tome...

    Car il y a encore de nombreuses histoires qui courent à propos de Rondel, le Hillbilly errant...

    8

    Le Doc - 23 juin 2018

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