• Critique I Kill Giants T.1 par

    La vie est faite de hauts et de bas. Les comics, les amis, ma femme font bien évidemment partie des hauts, mais il y a quelques années, j’ai eu une période compliquée où ma mère était gravement malade, ne sachant pas trop quoi faire, avec la peur de voir le plus grave arrivé à tout moment. C’est ce genre de moment que je ne souhaite à personne mais qu’on rencontre tôt ou tard dans sa vie que nous vivons tous de manière différente.

    Contrairement à ce que je pensais, “I kill giants” ne raconte pas les aventures folles d’une fille qui chasse des géants, c’est le récit de la petite Barbara, une jeune geek un peu isolée, qui crie haut et fort qu’elle chasse les géants. Mais derrière cette couverture, nous découvrons une jeune fille torturée par une peur qui va l’isoler, et la renfermer dans cette frayeur.

    Nous découvrons donc à travers les yeux de cette dernière comment elle va s’en sortir ainsi que ce qui provoque sa peur. I kill giants fait partie de ces récits déconcertants qui explorent une direction surprenante à savoir la réaction face à la maladie d’un proche. Le choix de Joe Kelly de tout vivre à travers les yeux de Barbara est fascinant. Il permet de flouer le lecteur en découvrant un monde mi réaliste / mi fantastique nous amenant à nous questionner sur les raisons de son effroi. Mais le plus saisissant sera le chemin de l’héroïne pour surpasser cette peur.

    Barbara est une fille loin d’être faible, capable de se défendre contre plus grande et à la réplique assassine. Mais sa faiblesse fait l’effet d’une kryptonite sur elle et provoque des réactions insensées chez elle. Sa rédemption passera par une ouverture de cette dernière vis-a-vis de ses amitiés mais aussi des adultes qui souhaitent l’aider. Le cheminement est touchant et le fait d’avoir vécu une situation plus ou moins similaire m’a réellement touché. Ainsi j’ai été happé dans la découverte du chemin de traverse de l’héroïne et ému par son évolution.

    Car, “I kill giants” met en lumière ce contexte trop peu exploré avec une certaine justesse m’amenant à penser que ce livre serait d’une grande utilité tant il montre les conséquences et les enjeux pour une personne dans une telle détresse, ainsi que différentes pistes pour aider les victimes de cette situation. Tout est magnifique dans ce récit qui finit en plus avec une bonne dose d’action pour livrer au lecteur une symbolique puissante.

    D’ailleurs, le style manga de Ken Niimura peut paraître déstabilisant de prime abord, mais il amène de la simplicité et de la légèreté au récit. Il est aussi plus aisé de rentrer dans ce monde qui oscille entre fantasy et réalité et la force de l’artiste est cette faculté de retranscrire les émotions des personnages si essentielles à ce genre de récit. C’est une grande réussite surtout au vu du finish spectaculaire et émouvant qui rend la lecture particulière.

    Au final, “I kill giants” est une oeuvre puissante qui vous proposera de découvrir le parcours d’une jeune fille pour surmonter une peur terriblement humaine que tout lecteur pourrait rencontrer dans sa vie. C’est une vraie pépite dont Hi comics a eu le flair de rééditer dans une magnifique édition pleine de bonus qui fera belle figure dans toute bibliothèque. Cette oeuvre mérite d’être lu par tous, lecteur de comics ou non, tant le sujet est universel et traité avec justesse. Un must have, assurément.

    9

    Blackiruah - 11 juin 2018

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