• Critique Klaus T.1 par

    "En gros, on peut dire que c'est mon "All-Star Père Noël"".

    C'est ainsi que Grant Morrison a présenté son nouveau projet au moment de l'annonce de "Klaus". En associant ainsi "Klaus" à son magnifique "All-Star Superman", le scénariste écossais a tenu à confirmer que son approche était identique sur ce qui aurait pu n'être qu'un concept "casse-gueule" (et un chouïa ridicule sur le papier) : donner une origine au Père Noël, son "Histoire Secrète" comme beaucoup d'autres super-héros avant lui. Car après tout, le Père Noël garde cette aura auprès des jeunes enfants...et le "Klaus" de Grant Morrison a une vraie carrure de super-héros mâtiné de Conan le Barbare.

    Grant Morrison est remonté aux origines du mythe et a puisé dans le riche folklore pour nourrir son interprétation. Différentes versions qui s'accordent bien avec le genre fantasy car le monde de "Klaus" est celui du médiéval-fantastique. La première page est une parfaite introduction du personnage : dans une immense étendue neigeuse, un homme musclé avance imperturbablement en tirant son traîneau derrière lui. Il a une carrure de bûcheron, une capuche rouge et la neige blanchit sa barbe. Il pénètre dans l'enceinte de Grimsvig, une ville qu'il connaît mais qui a beaucoup changé depuis sa dernière visite. Car Grimsvig est maintenant sous la coupe d'un tyran qui nourrit de noirs desseins...

    Avec son histoire aussi classique qu'efficace de lutte contre un régime répressif, Grant Morrison se fait plus facile d'accès que dans une grande partie de son oeuvre, plus linéaire aussi...et cela fonctionne très bien (et ça me plaît aussi, vu que je ne suis pas toujours fan des travaux plus "alambiqués", pour résumer grossièrement, du chauve écossais). La construction est limpide, avec de nombreux rebondissements et des flashbacks bien amenés. Comme dans les grands contes, il y a une part sombre, mais sans jamais perdre le sens du merveilleux.

    Je ne connaissais le travail de Dan Mora que par ses couvertures, je n'avais pas encore lu une de ses bandes dessinées. Je trouve que ses personnages sont un peu trop anguleux, mais à part cette réserve ses planches, dont il signe à la fois les dessins, l'encrage et la couleur, ont pas mal de qualités. Les décors sont travaillés, les costumes sont soignés, c'est assez riche avec de belles ambiances et trouvailles visuelles, notamment lors des passages un peu plus "psychédéliques".
    Sans trop en dévoiler, il y a parmi mes moments préférés une double page vers la fin de l'album avec une jolie composition, très touchante dans les sentiments exprimés.

    Depuis la publication de cette mini-série en 7 épisodes, Grant Morrison et Dan Mora ont publié un numéro spécial de "Klaus" par an. Il y a eu "Klaus and the Witch of Winter", "Klaus and the Crisis in Xmasville" et la tradition va se perpétuer cette année aux U.S.A. (et peut-être bien l'année prochaine en France pour un second recueil) avec "Klaus and the Crying Snowman" !

    9

    Le Doc - 20 novembre 2018

    1 membre aime | Vous avez aimé cette critique Annuler
Vous avez lu Klaus T.1 ?
Ecrire une critique