• Critique Black Magick T.1 par

    Rowan Black jongle entre une vie d’enquêtrice à la police criminelle et une autre, plus ésotérique, dédiée à la magie. Ou plutôt au « Magick », à entendre comme la « Force », dans une certaine galaxie lointaine, en bien plus occulte.

    Le pari est audacieux : mélanger polar et sorcellerie aurait pu s’avérer casse-gueule, mais la tambouille est plutôt bien exécutée et semble être dans l’air du temps, pensons à « Bright » (film Netflix navetoïde que j'ai regardé en même temps que j'achevais la lecture de Black Magick). Il semble que le mélange des genres soit porteur et qu’il inspire les scénaristes, pour le meilleur et pour le pire.

    Ici, on est plutôt du côté des meilleurs : après Gotham Central, Greg Rucka n’a plus grand-chose à prouver côté polar, pour moi il en est l’un des mètre étalon. Excellent dans les récits super-héroïques, il l’est aussi lorsqu’il se lance dans du tout nouveau, et Glénat ne s’y est pas trompé en publiant « Lazarus » depuis quelques temps.

    Le récit est déroulé avec une grande maîtrise, l’univers est présenté progressivement et, comme dans « Lazarus », Rucka parvient à distiller de très maigres informations tout au long de l’œuvre, laissant augurer une série écrite à la perfection.
    Évidemment, si Rucka fait office de tête d’affiche sur cette nouvelle sortie Glénat, la dessinatrice australienne Nicola Scott (qui assure l’entièreté de la partie graphique) n’est surtout pas en reste, loin de là ! Tous ceux qui ont eu l’occasion de voir les dessins de Black Magick sauront instantanément de quoi il retourne. Les planches sont peintes tout en nuances de gris, flirtant avec le photoréalisme, mais suffisamment stylisées pour créer un effet de distanciation… C’est d’ailleurs la matrice de l’œuvre : un univers tout à fait réaliste dans lequel vient s’immiscer, petit à petit, le Magick. Nicola Scott utilise de temps en temps de très légères touches de couleurs pour souligner l’utilisation de la sorcellerie. C’est beau, et surtout très intelligent, une vraie réussite, quoi !
    Je connaissais « de loin » son travail, principalement chez DC (Wonder Woman, Earth Two), elle a d’ailleurs travaillé dernièrement avec Rucka sur l’excellent Rebirth de l’Amazone (que j’ai laissé de côté. Je vais m’y remettre de ce pas !)

    Une très belle sortie pour Glénat, que ce « Black Magick », d’ailleurs l’éditeur ne s’y est pas trompé puisqu’il propose une édition collector à 30€. Je n’ai pas eu l’occasion d’y jeter un œil, mais si elle permet d’apprécier encore plus les dessins, pourquoi pas (j’en doute car le format n’est que très peu revue à la hausse).

    8

    bulgroz - 28 février 2018

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