• Critique We Stand on Guard T.1 par

    Thèse, antithèse, synthèse. S’il y a bien une structure d'argumentation qui m’a bien marqué lors de ma scolarité, c’est bien celle-ci. Elle permet de brosser l’ensemble d’une thématique, les côtés positifs et négatifs d’un même sujet. En somme, elle est complète et il est bien dommage que Brian k. Vaughan ne l’ait pas en tête.

    Car avec “We stand on guard”, l'auteur aborde le sujet de la guerre à travers un conflit fictif où les Etats Unis ont envahis le Canada.
    Dans ce conflit, nous suivons un petit groupe de résistants canadiens, dans le grand nord, à la lutte pour la liberté de leur pays. Si on ne se focalise que sur cet aspect, Brian K. Vaughan parvient à livrer une belle palette de personnages qui portent tous différentes valeurs à travers cette lutte contre un géant oppresseur. On y découvre les raisons de chacun qui expliquent leur lutte, leur caractère mais aussi l’horreur de la guerre. A ce petit jeu, l’auteur va aussi dénoncer une attitude d’un pays (en l'occurrence des Etats Unis) qui colonise un autre pour le délester de ses richesses (en l'occurrence l’eau), ce qui amène à se poser des questions sur la réelle raison de ce conflit, tout comme nous avions pu se questionner lors de l’intervention en Irak par exemple.
    En somme, Brian K. Vaughan traite le sujet d’une manière vue et revue dans des récits de guerre mais de manière efficace à travers un conflit intrigant et inédit.
    Mais, comme dit au début, “We stand on guard” n’aborde qu’un seul point de vue, celui des canadiens, ce simple fait rend cette vision incomplète, j’ai eu l’impression de ne voir qu’une seule facette d’un grand tout et c’est assez frustrant, surtout au vue des causes réelles de ce conflit qui semble loin d’être si simple…

    Néanmoins, l’oeuvre permet de (re)découvrir un Steve Kroce très en forme qui s’éclate à dessiner tout ce conflit dans la neige et ces méchas démesurés qui font ressentir toute la démesure des Etats Unis. L’artiste nous régale, démontre tout son talent dans sa mise en scène et représentations des sentiments à travers son style léché, montrant qu’il en a toujours sous le pied.

    Malheureusement, “We stand on guard” en reste là avec cette conclusion qui nous laisse un peu sur la faim. Ce conflit est certes brossé via plusieurs profils différents mais toujours du côté des canadiens qui faussent forcément notre vision sur ce conflit. J’aurais aimé découvrir cette antithèse qui aurait pu amener une synthèse tellement plus riche. Cela dit cette thèse reste intéressante et permet de découvrir aussi un conflit original loin d’être sorti de nulle part, mais ça l’auteur vous laisse le découvrir tout seul, et ce n’est pas plus mal !

    6

    Blackiruah - 18 juillet 2018

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