• Critique Justice League Rebirth T.6 par

    Le roi est mort, vive le roi ! Bryan Hitch est parti pour être remplacé par Christopher Priest, le scénariste de Black Panther actuellement réédité par Panini Comics dans la collection Marvel Select. Mais il est aussi pour DC sur le titre Deathstroke, qui fera une apparition dans ce sixième et dernier tome de Justice League Rebirth.

    Nous avons un récit en deux parties avec des titres révélateurs de la déchéance annoncée de l'équipe actuelle : « le procès de la Ligue de justice » ou « Justice perdue ». Mais en fait le tout suit la même intrigue. Effectivement, on voit rapidement nos héros en détresse psychologique suite à une erreur qui coûtera la vie à une nonne. Et comme aujourd'hui, le tout est relayé par les médias en long et en large, et ça se matérialise par des tweets dans les pages, ce qui va permettre à chacun de se remettre en question. En plus, un « fan » va fortement les aider... à sa manière. D'ailleurs, celui-ci reste dans la trame de fond, dommage, car il avait le potentiel pour devenir à des meilleurs ennemis du groupe. Son histoire passe un peu à la trappe comparé aux autres.

    Autre bémol au sujet de Cyborg qui se voit ici encore une fois malmené. On spécifie qu'il pourrait être un bon chef d'équipe, et il le peut, mais une fois à ce poste, il n'y arrive toujours pas. Devait-on encore malmener un personnage qui a déjà du mal à exister aux côtés des plus grands héros de la Terre ? De plus, on rechange encore son costume et son apparence humaine, je me doute que l'on lui veut du bien avec ces décisions, mais je pense que sur le long terme, cela ne peut qu'avoir l'effet inverse, et perdre les lecteurs qui se sont habitués à lui depuis la période Renaissance. Sinon, il y a aussi quelques moments un peu brouillons où j'ai dû revenir en arrière pour mieux saisir, mais sans gravité toutefois.

    Pour les bons moments, on a un Christopher Priest qui arrive à les emmener par un subterfuge scénaristique en Afrique de l'Est, un monde pas si éloigné du sien, et de Black Panther évidemment. J'ai apprécié particulièrement, l'auteur s'y retrouve encore plus, et la présence de Deathstrocke sur lequel il a travaillé renforce le tout. Les avis divergents sur ces conflits d'idéaux et politiques, on doit agir quitte à s'imposer, ou laisser faire les dirigeants du pays en totale autonomie ? Un vrai reflet de notre société actuelle dans sa complexité.

    De plus, ce moment est illustré par Pete Woods que l'on a déjà vu au début de ce run, mais mes yeux ont surtout apprécié les dessins du Français Philippe Briones (Aquaman Rebirth), qui met, à lui tout seul, de la splendeur dans ce récit. Mais notons que les cours extraits des cases de Marco Santucci et d'Ian Churchill m'ont donné envie également d'en voir plus dans l'avenir sur ces artistes au grand talent. Bref, on a beau avoir beaucoup d'intervenants, cela ne m'a pas gêné dans ma lecture, et se sera certainement pareil pour les habitués de comics. Autre chose d'agréable aussi est à signaler au sujet de la galerie de couvertures alternatives qui sont proposées par J.G. Jones : elle est vraiment magnifique avec des pages réalistes pas si éloignés du monde d'Alex Ross.

    Christopher Priest livre un Justice League assez personnalisé et moderne, tant au niveau politique que social, après il n'arrive certes pas à sauver de l'ombre certains personnages comme Cyborg, mais nous avons un bon tome, ce qui est déjà une victoire en soi après la spectaculaire, mais trop léger Justice League de Brian Hitch. A voir dans l'avenir la très attendue New Justice de Scott Snyder si enfin notre groupe de héros retrouve un vrai renouveau... Une histoire à suivre, et on espère pour longtemps.

    8

    Auray - 12 avril 2019

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