• Critique BFI - Les Classiques du Cinéma T.13 par

    "L'Eau et le Sang".

    À l'époque de la sortie des "Dents de la Mer", un critique a écrit à propos du long métrage de Steven Spielberg : "Jaws est un film de Roger Corman avec un gros budget". Ce qui est bien évidemment très réducteur, mais il y avait tout de même un peu de vrai là-dedans car c'était un sujet jusque là réservé aux films de série B (voire Z) et pas aux grands studios comme Universal Pictures. Après visionnage, Roger Corman, le pape du bis U.S., aurait d'ailleurs déclaré : "Je ne peux pas rivaliser avec ça. Leur gros poisson est nettement plus impressionnant que mon bonhomme en costume de poisson”.

    Oui, il y a eu un avant et un après "Les Dents de la Mer". En adaptant un roman à succès qu'il trouvait médiocre (et que je n'ai pour ma part jamais lu, le film me suffit amplement), le jeune Steven Spielberg allait, avec cette histoire à la croisée de plusieurs genres emmenée par des personnages inoubliables, révolutionner le cinéma et poser les bases de ce qui allait être appelé le "blockbuster cinématographique".

    Ce treizième volume de la collection "BFI : Les Classiques du Cinéma" est écrit par Antonia Quirke, qui travaille pour BBC Radio 4, BBC Television et l'Institut des Arts Contemporains de Londres. Comme de nombreuses choses ont déjà été dites et écrites sur "Les Dents de la Mer", Antonia Quirke a décidé de ne pas insister sur les conditions de production (elle dissémine tout de même quelques chouettes anecdotes au fil des pages) et de proposer une analyse du film en le disséquant dans l'ordre chronologique. On replonge alors dans l'atmosphère de ces quelques jours (et nuits) de cauchemar à Amity, là où on dit "jardaing", en commençant par la traumatisante scène d'ouverture jusqu'à l'intense duel final.

    Le danger de toute analyse, c'est de "sur-analyser" et je trouve que certains passages de l'étude d'Antonia Quirke n'y échappent pas. Et je ne partage pas non plus son avis sur l'évolution de la carrière de Spielberg après son premier grand succès (ce qui est tout à fait normal). Mais comme à chaque fois avec cette série de petits bouquins, le style est accrocheur (ce qui fait que ces 90 pages se dévorent sans faire trop de pauses), l'iconographie est bien pensée et les interprétations de l'auteur sont souvent intéressantes, même si, je le répète, je ne la suis pas sur certains points.
    Malgré ces petites réserves, un 13ème tome qui confirme la bonne réputation de cette collection...

    7

    Le Doc - 13 novembre 2018

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