• Critique Cannibal T.1 par

    Comment faire du zombie sans zombie ?



    Brian Buccellato (« Sons of the Devil ») aidé au scénario par Jennifer Young et dessiné par Matias Bergara (« Sons of Anarchy ») nous livre ici un récit de mangeurs de chair fraîche réalisé non pas par des morts-vivants ou des membres de tribus du fin fond de l’Amazonie mais par n'importe quel quidam touché par une étrange épidémie.

    Nous sommes dans les Everglades (sorte de Bayou mais en Floride) où une petite bourgade va basculer dans l'horreur quand le petit Jimmy, adolescent employé du bar le Hog's river, va se faire dévoré par une personne d'allure normale qui va d'abord le sommer de s'enfuir avant de se jeter sur lui mue par une force, une faim, qui, apparemment, le submerge. La population n'en peut plus et n'a pas envie d'attendre que la police appréhende le tueur. Ici, on se fait justice soi-même. Cela fait trop longtemps que l'on parle de ces « bouffeurs de gens » et que rien ne se passe. Mais comment faire quand rien ne distingue ces « infectés » des autres ? Comment vont faire ces rednecks à la gâchette facile, pas très futés mais très énervés, pour distinguer les coupables des innocents. Surtout dans cette région où tous ont des choses à se reprocher et où il serait facile de profiter de la situation pour pouvoir se venger.

    Nous faisons face à une dizaine de personnages pas piqués des hannetons où les histoires de famille se mélange aux histoires de coucheries et de couples et où l'autorité en place va bien avoir du mal à faire son travail et faire en sorte d'arrêter les coupables.

    « Cannibal » ressemble plus à un thriller qu'à un récit horrifique où la temporalité de l'action avec ses flash-backs va nous mener par le bout du nez et faire en sorte que nous soyons perdus et de suspecter tout le monde avec son lot de cliffs bien amenés.

    Avec un dessin en parfaite adéquation avec le propos, aux vues de ces visages bourrus dans une ambiance moite, servie par une coloration ocre bien trouvée. « Cannibal » est une bonne lecture donc, entre un « Southern bastards » pour ces rednecks azimutés et un « the thing » où tout le monde est un infecté potentiel. Vivement la suite...

    8

    magictoad - 19 juillet 2018

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