• Critique Redneck T.1 par

    "Redneck", c'est une histoire de famille, celle des Bowman. Il y a le père protecteur, l'oncle râleur, la fille rebelle, les frangins un peu lourdingues, le grand-père énervant et éternellement attaché aux vieilles valeurs. Comme beaucoup d'histoires de famille, celle-ci est fermement ancrée à la terre, à l'histoire de la région, aux vieilles rancoeurs, au sang...

    ...mais il ne s'agit pas d'une famille ordinaire. Les Bowman sont des vampires.

    "Redneck" est écrit par le scénariste qui monte, Donny Cates (qu'on retrouve en ce moment sur de nombreux titres Marvel comme "Doctor Strange", "Thanos" et "Venom"). Cates a planté le décor de l'action dans un environnement qu'il connaît bien, le Texas de l'Est. Dans une interview, il l'a décrit ainsi : "Le Texas de l'Ouest est comme un ancien temple perdu. Le Texas de l'Est est vieux comme un chien en train de mourir. Le Texas de l'Ouest est mystérieux comme un trésor enfoui. Le Texas de l'Est est mystérieux comme un trou rempli de serpents".
    Cette description d'une terre rude et impitoyable colle parfaitement à l'atmosphère de sa bande dessinée. Il a vécu là-bas et il y a une véracité qui s'en dégage, même si on parle ici de suceurs de sang. Même la ville de Sulphur Springs (que l'on peut traduire par "sources de soufre") existe en réalité.

    Les Bowman sont implantés sur cette terre depuis presque 200 ans. Et si la chose n'est pas aisée, ils ont décidé de faire profil bas, de ne plus attaquer les humains, une façon de se racheter pour le sang qu'ils ont versé en quelque sorte. Donny Cates anime une galerie de personnages très intéressante, et pour moi l'un des plus attachants est Bartlett, l'oncle qui fait aussi office de narrateur. En fait, Bartlett n'est pas vraiment l'oncle de la famille, mais c'est tout comme vu les liens qu'il partage avec le patriarche J.V.
    Le passé sera révélé progressivement alors que les choses dégénèrent autour des Bowman. Il ne suffit pas de grand chose, une simple étincelle pour faire tout exploser...et parfois, ce feu de haine est allumé au sein même de la famille.

    Bien servie par le trait rugueux de l'argentin Lisando Estherren (le polar "The Last Contract" chez Ankama), très à l'aise dans le genre horrifique, la série "Redneck" démarre sur de très bonnes bases. La caractérisation est soignée, l'ambiance est prenante et l'ensemble monte très efficacement en puissance jusqu'aux derniers chapitres bien tendus où les Bowman, qui voulaient juste vivre peinards (enfin...presque tous), sont assaillis littéralement de toutes parts.

    "Redneck", c'est une histoire de famille. Et comme beaucoup de familles, celle-ci doit surmonter des épreuves. Et leur histoire continue...une histoire de terre, de sang et de fureur, dans un trou rempli de serpents...

    8

    Le Doc - 23 mai 2018

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