• Critique Extremity T.1 par

    Comment réagir lorsque ce qui définit ta vie est brutalement arraché ? Comment faire face à la disparition d'un être cher ? à la perte d'un membre ? Comment ne pas se laisser emporter par la colère, par le tourbillon de la vengeance ? Est-il seulement possible de pardonner pour aller de l'avant ? 

    La maxi-série en 12 épisodes Extremity (publiée par Image Comics de mars 2017 à mars 2018 sous la bannière Skybound) parle de perte, de peurs et de se reconstruire après un trauma dans un univers de "space-fantasy post-apocalyptique". J'ai découvert le travail de Daniel Warren Johnson avec son savoureux web-comic Space Mullet et je trouve qu'il s'améliore à chaque nouvelle série. Le trait est plus assuré, les cases sont très détaillées, les scènes d'action ultra-dynamiques grâce à l'art du mouvement du scénariste/dessinateur. L'univers développé ici est riche et si Daniel Warren Johnson ne cache pas ses nombreuses inspirations, celles-ci n'empêchent nullement Extremity de construire page après page son identité propre.

    Daniel Warren Johnson propulse rapidement le lecteur dans le vif du sujet, dans cette guerre de clans qui pousse chaque camp à commettre les pires actes. L'exposition est claire et efficace et les flashbacks sont bien placés pour en apprendre plus sur les événements qui ont conduit à cette escalade. Le coeur du récit est la cellule familiale formée par l'héroïne, Théa, son frère Rollo et leur père, le Protecteur de leur peuple. Un chef qui ne reculera devant rien pour anéantir ses ennemis, responsable de la mort de sa femme, face à son fils pacifiste et à sa fille qui est tiraillée entre les deux directions. 

    Extremity est une bande dessinée très violente (ce qui n'est guère étonnant vu son titre), les assauts sont gores, le sang et les tripes coulent à flot...mais dans toute cette intensité, elle sait aussi ménager aussi des moments plus émouvants. Théa était la meilleure dessinatrice de son clan, les Roto...jusqu'à ce la reine des Paznina lui arrache son bras droit en guise de représailles. Son état d'esprit s'exprime par ses tentatives maladroites de dessiner de la main gauche. Elle essaye de retrouver son identité artistique, de s'y accrocher et si c'est souvent déchirant, il y a aussi de la beauté dans ces moments intimistes...le calme avant la tempête...

    Au fil des 12 épisodes, Daniel Warren Johnson ne relâche jamais la tension et conduit les personnages vers une conclusion épique, une guerre de machines et de monstres, pleine de bruit et de fureur.




    8

    Le Doc - 10 mars 2019

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