• Critique Batman - White Knight T.1 par

    "Du génie"... si on se réfère au Larousse, c’est l’aptitude naturelle de l'esprit de quelqu'un qui le rend capable de concevoir, de créer des choses, des concepts d'une qualité exceptionnelle. Et ce sont les mots que j’ai pensé une fois ce premier récit de "White Knight" fut fini.


    “Batman - White Knight” est le fruit de ce challenge lancé par DC qui a confié les clés à Sean Murphy pour réaliser une histoire du chevalier noir. Et pour cela, l’auteur a eu toutes les libertés avec le personnage dans un univers non canon où il n’aura aucune limite. Et justement, Sean Murphy aime casser les symboles (comme il a pu le montrer dans “Punk Rock Jesus”)... et c’est la chauve souris qui va en pâtir.


    Le joker semble avoir trouvé un médicament qui le guérisse de sa folie. Mais dans un dernier coup d’éclat en tant que vilain, il démontre l’attitude extrême de Batman capable de faire d’énormes dommages collatéraux pour parvenir à ses fins. Ainsi, le nouveau “chevalier blanc” de Gotham sera Jack Napier, l’ex Joker nouvellement en traitement. Mais est-il fiable, sa lutte est-elle honnête et convaincante ? C’est tout le sujet de chef d’oeuvre qui fait mouche à tous les niveaux.


    L’auteur m’a complètement bluffé car derrière ce volume, Sean Murphy va mettre le doigt où ça fait mal à commencer par Batman.

    Derrière son personnage légèrement extrême (et encore, on a vu pire), l'image du chevalier noir est fortement dégradée à cause de cette attitude pointée du doigt, beaucoup trop rigide et violente qui va fissurer les liens de la bat-family. Car les actions de Jack vont aussi mettre en lumière tout un système autour de ses dégâts qui vont avilir encore un symbole qui est loin d’être parfait.


    Mais Sean Murphy n’en reste pas qu’à cet aspect, il va critiquer un système policier bien trop laxiste, des problèmes sociétaux de Gotham. Mais là où l’auteur m’a impressionné, c’est avec sa vision sur la relation Batman / Joker et un autre personnage (dont je tairai le nom mais qui amène un retournement de situation juste incroyable tout en glissant une critique aux comics modernes). Cette relation s’avèrera profondément respectueuse et juste qui montrera que tous ces personnages sont bien plus complexes qu’ils en ont l’air tout au long de ce récit.


    Et que dire de la prestation graphique ? Elle est sublime, comme toujours avec Sean Murphy. Son style anguleux amène beaucoup de caractère à ses récits. J’aime beaucoup le sens du détail chez cet artiste, que ça soit dans les véhicules ou les décors qui donnent lieu à des planches souvent vertigineuses, le tout accompagné d’un travail de qualité sur les ombrages. Cerise sur le gâteau, Matt Hollingsworth épouse le style du récit à la couleur faisant du tout une jolie pépite visuelle.


    Mention spéciale à l’édition, ce récit initie la collection Black label amenant un ouvrage plus robuste et une couverture vernis qui fait son petit effet et haussant le niveau de qualité de l’éditeur.


    Bref, vous l’aurez compris, “Batman - White knight” a été un vrai bonheur à lire. C’est intelligent, beau à contempler et a le mérite de brosser tous les aspects d’un duo Joker / Batman sans concession dans une situation originale. C’est clairement un must have donc franchement, vous cherchez un cadeau de noël ? Une bonne lecture de Batman ? Voire un récit chorale sur la franchise accessible à tous ? C’est simple achetez “White Knight”… C’est un incontournable !

    10

    Blackiruah - 30 novembre 2018

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