• Critique Jimmy's Bastards T.1 par

    Pfff, j’ai beau aimé mes chats, parfois ils vont trop loin pour moi… Surtout en été ! il y a peu je voyais ma petite chatte jouer avec un cadavre de souris comme si c’était un ballon de volley, l’air heureuse. Ou pire, elle avait carrément amené une musaraigne dans le salon pour s’amuser à chasser au chaud sauf que … c’était en pleine nuit… et que nous avions une invité qui dormait dans la même pièce… Sympa la chatte, une vraie bâtarde en fait. Mais justement, notre cher Garth Ennis excelle dans la création de ce genre de personnage trash, comme le montre cette dernière parution de Snorgleux comics avec Jimmy’s Bastards.

    Ce dernier est une pastiche exacerbée de James Bond : agent secret extrêmement efficace, n’hésite jamais à utiliser son permis de tuer, a la verve assassine et ne refusera jamais les tentations venues de femme, même quand il s’agit de ses partenaires. Bref, alors qu’il vient de déjouer un nouveau plan machiavélique d’un vilain (pour le moins hilarant), Jimmy Regent va se retrouver être la cible d’une mystérieuse secte, étrangement lié à ce dernier (comme l’indique le titre).

    Franchement, étant un enfant des “nuls” et amateur d’humour noir, Garth Ennis est forcément un incontournable. Avec “Jimmy’s Bastards”, l’auteur s’attaque au poncif de l’agent secret britannique qui va en prendre plein la tronche : non pas pour son talent meurtrier et son charme qui sont incontestables chez l’espion, mais dans sa propension à coucher avec tout ce qui bouge sans penser aux conséquences.
    Et justement, c’est pile poil autour de cette belle connerie que Garth Ennis va construire son récit pour amener une situation complètement hors norme à la hauteur de la bêtise du héros. C’est d’ailleurs ce que j’aime chez ce scénariste, il a la capacité de dénoncer les défauts humains en poussant les conséquences à son paroxysme montrant à quel point faire de tels choix immoraux finissent par se retourner contre soi.
    Au passage, il n’y a pas que Jimmy qui en prendra pour son grade, on y trouve un ancien dictateur africain reconverti en source d’information pour l’agence secrète qui finira par perdre sa “sacoche”, les patrons en prennent également pour leur grade. Mieux vaut ne pas dévier de la perfection morale de l’auteur sinon ce dernier le fera payer d’une bien belle manière.
    Ici, Garth pointe du doigt l’attitude de tremper son biscuit à droite à gauche sans penser aux conséquences, du mal que cela peut engendrer, de la vengeance que cela peut entraîner. Jimmy va le payer très cher et sa réaction montrera qu’il aurait dû penser aux répercussions de ses actes.

    J’ai d’autant plus aimé cette lecture car le message est véhiculé à travers un récit léger avec ces bouffonneries dont Garth Ennis en a le secret. Entre actions, violences et satyres, je me suis vraiment régalé à lire ce premier volume. Le seul défaut réside dans la caractérisation du héros que je trouve vraiment très idiot pour être la crème de la crème des agents secrets.

    Russ Braun fait partie de ces artistes que je mets dans la même catégorie que Steve Dillon excellant dans les expressions exagérées et avec un certain talent pour illustrer la bêtise humaine. Son trait s’avère plus anguleux mais j’ai retrouvé le ton que j’ai tant apprécié sur le run canon du Punisher par l’irlandais : c’est un vrai plaisir visuel qui participe à l’ambiance humoristique du titre.

    Snorgleux comics peut se frotter les mains, ce nouveau titre de Garth Ennis nous rappelle toutes les qualités de l’auteur qui revient ici avec un titre fun caractérisé par une belle puissance morale, le tout accompagné d’un humour noir qui donnera bien du plaisir aux amateurs du genre. Mais gare à vous si vous êtes du genre volatile, car l’auteur ne semble transmettre qu’un seul message : comportez vous comme des adultes et assumez messieurs, dames, assumez ! Et au moins ma chatte est stérilisée, je n’aurais pas ce genre de problème !

    7

    Blackiruah - 28 juin 2018

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