• Critique Je Suis Thanos T.1 par

    Il est le Titan Fou.
    Il est le côté obscur.
    Il est la mort.
    Mais il est aussi plus que cela...

    ...même si au tout début de sa carrière, Thanos était, selon l'aveu de son créateur, un croisement entre Metron et Darkseid des "New Gods" de Jack Kirby.

    Lorsque le jeune Jim Starlin (qui avait alors une vingtaine d'années) se voit confier un épisode de la série "Iron Man" en 1973, il y voit l'opportunité d'introduire ses propres personnages, Thanos et Drax le Destructeur. J'ai toujours trouvé que le 55ème épisode des aventures d'Iron Man était construit de manière assez laborieuse, presque comme si Starlin (avec la collaboration du scénariste régulier du titre, Mike Friedrich, aux dialogues) voulait distiller le plus grand nombre d'informations possibles en quelques pages juste au cas où ce serait sa seule chance de faire ses preuves...quitte à reléguer Iron Man au second rang dans sa propre série. "Prends garde aux Blood Brothers" n'est pas un très bon épisode...et Jim Starlin devait encore évoluer en tant que dessinateur...mais les bases étaient là, même si elles allaient encore nécessiter quelques ajustements.

    Thanos allait ensuite imposer durablement sa présence dans l'univers Marvel et le Titan Fou a tout d'abord trouvé des écrins à sa mesure dans les séries de Captain Marvel et de Adam Warlock, dont quatre épisodes (un pour le premier, trois pour le second) sont présents au sommaire de cette anthologie. Il s'agit de deux monuments (et je pèse mes mots) des années 70 qui méritent une réédition dans des éditions de qualité. Le numéro de "Captain Marvel" est celui qui conclut la saga du Cube Cosmique, puissant artefact dont Thanos s'est emparé dans son insatiable quête du pouvoir. Cet affrontement palpitant est le dernier chapitre, mais il est facile d'accès pour ceux qui n'auraient pas lu ce qui a précédé, car comme souvent à l'époque (et c'est une habitude qui s'est en grande partie perdue avec le temps), l'auteur prend le temps de récapituler les événements avant de se lancer dans l'action.
    C'est quelque chose que Starlin fait aussi dans ses "Warlock", mais sans rendre le procédé répétitif. Il y a beaucoup de choses à dire sur ces épisodes époustouflants (et c'est pour cela qu'une nouvelle édition sera la bienvenue...peut-être bien quand Adam Warlock fera enfin son apparition au cinéma), mais dans le cadre de cet album, ils montrent bien une constante dans le comportement de Thanos, capable d'alliances lorsque cela sert ses plans.

    L'histoire de Thanos a pris provisoirement fin dans deux mythiques "annuals" de "Avengers" et "Marvel Two-In-One". Le personnage est apparu brièvement dans l'émouvant "La Mort de Captain Marvel" en 1982 et puis plus rien...jusqu'en 1990 lorsque Jim Starlin est devenu le scénariste du "Silver Surfer". Avec Ron Lim aux dessins, Starlin a concocté une longue saga qui a débuté par la résurrection de Thanos. Le Titan Fou, agent et amant de la Mort, se met à la recherche des Joyaux de l'Infini pour disposer du pouvoir nécessaire afin de régler le "problème environnemental de l'Univers" pour paraphraser le Surfer. Il s'agit là du récit qui a inspiré Marvel Studios pour "Avengers : Infinity War", le carton du moment, et il est donc naturel de retrouver dans ce volume deux numéros du "Surfer d'Argent" (le premier est une longue discussion toujours aussi glaçante) et le chapitre d'ouverture superbement dessiné par George Perez du "Gant de l'Infini", crossover événement du début des années 90.

    L'anthologie "Je suis Thanos" passe donc en revue des moments incontournables du long parcours de Thanos...mais il y a aussi des choses un peu plus anecdotiques. "Anecdotique" n'est pas forcément synonyme de "sans intérêt" comme le prouve le beau récit de "Spider-Man" par Ann Nocenti et Rick Leonardi. Mais l'épisode de "Warlock and the Infiny Watch", s'il ne manque pas de répliques amusantes, n'est pas le meilleur du titre. L'histoire de complément de l'annual de "Thor" ne vaut que pour les belles planches de Jose Ladrönn...et quant aux médiocres "Avengers Assemble" de Brian Bendis et Mark Bagley, il n'y a rien à sauver (et ce n'est d'ailleurs pas la seule fois que Thanos en prendra plein son menton violet dans un comic-book de Bendis).

    "Je suis Thanos" se referme sur un "annual" datant de 2014. Jim Starlin n'est jamais resté très loin de Thanos et il lui consacre à nouveau tout un cycle depuis plusieurs années. Avec son vieux complice Ron Lim, Starlin dresse une sorte d’“état des lieux” du Titan en faisant le lien entre le passé (à des périodes bien précises, quand il était au plus bas et au plus haut de sa puissance) et ses plans futurs ("The Infinity Revelation" et la rencontre avec Hulk). J’ai aussi apprécié cette représentation physique de l’un des aspects de sa création...à savoir que le pire ennemi de Thanos reste souvent lui-même. Très bien ficelé !

    Il est Thanos...
    ...être unique de par l'univers...

    7

    Le Doc - 01 mai 2018

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