• Critique Nous Sommes Ant-Man et La Guêpe T.1 par

    Le rendez-vous est régulier : depuis quelques années, Panini accompagne la sortie de chaque adaptation cinématographique des comic-books Marvel (en l'occurrence, le "Ant-Man et la Guêpe" de Peyton Reed sur les écrans français depuis le 18 juillet) d'une anthologie qui propose un survol de la carrière des héros (ou vilains) concernés, une sélection composée aussi bien de moments incontournables que d'histoires un peu plus anecdotiques.

    Mais ici, il faut bien faire attention : le titre est nouveau, la couverture également...ce qui n'est pas le cas du contenu. "Nous sommes Ant-Man et la Guêpe" est en fait la nouvelle édition de "Je suis Ant-Man", l'anthologie publiée il y a 3 ans au moment de la sortie du premier long métrage consacré à l'Homme-Fourmi. Le sommaire passe en revue tous les porteurs des costumes de Ant-Man et revient, autant en bande dessinée que dans les différents articles, sur les étapes importantes de la vie de couple de Henry "Hank" Pym et Janet Van Dyne.

    Hank Pym est un personnage qui a fait le lien entre deux périodes de l'histoire éditoriale de Marvel. Le personnage est apparu pour la première fois dans une histoire courte publiée dans "Tales to Astonish", une de ces revues anthologiques consacrées alors au suspense, à la science-fiction et à l'horreur. Le futur univers Marvel tel que nous le connaissons était encore à ses balbutiements (le #1 de "Fantastic Four" venait de paraître) et tout était à construire. Stan Lee et Jack Kirby s'inspiraient de la littérature et du cinéma de l'époque et "L'Homme dans la Fourmilière" (TtA #27), qui voit le savant essayer sur lui-même son sérum de croissance (une expérience qui tourne au cauchemar car Pym manque de se faire boulotter par des fourmis) a tout d'une série B des années 50. Le succès de ces très efficaces 7 pages a montré que Pym avait du potentiel et Lee (avec l'aide de son frère Larry Lieber) et Kirby ont fait de lui un super-héros dans TtA #35 à l'automne 1962.

    Son histoire a été développée, drame personnel en prime, et ses premiers ennemis étaient, époque oblige, des espions communistes. L'influence des séries B de S.F. est toujours présente dans TtA #44 ("La Créature de Kosmos !"), qui marque la première apparition de Janet Van Dyne, une jeune femme passionnée qui deviendra sa partenaire dans la lutte contre le mal...et plus tard sa compagne. Roberto Aguirre-Sacasa a revisité ces événements dans un numéro spécial intitulé "Avengers Origins : Ant-Man & The Wasp" inclus en fin de volume. Le scénariste a fait un intéressant travail de réactualisation de ces récits fortement ancrés dans leur époque...je suis juste un peu moins emballé par la partie graphique de Stéphanie Hans, à cause d'effets de colorisation qui assombrissent un peu trop les pages.

    La descente aux enfers de Hank Pym, notamment nourrie par son complexe d'infériorité qui l'a amené à prendre de regrettables décisions, est évoqué tout au long de plusieurs épisodes des "Avengers". Des numéros irréguliers (l'intensité du #213 est desservie par des dessins faiblards) mais qui ne manquent pas de rebondissements (le "twist" final du mariage, dans le #60, est toujours aussi savoureux).

    J'aime beaucoup les numéros 47 et 48 de "Marvel Premiere", réalisés par David Michelinie, John Byrne et Bob Layton, dans lesquels Scott Lang, incarné par Paul Rudd au cinéma, fait ses premiers pas en tant qu'Ant-Man. L'histoire est bien construite...l'action commence in media res avant d'en savoir plus sur le passé du personnage et le drame qui se joue par des flashblacks bien placés. C'est très bien ficelé, avec des enjeux forts, et superbement dessiné.
    Scott Lang est également mis en avant dans un bon épisode d'"Iron Man" période Michelinie et Layton (avec une forte influence du "Voyage Fantastique") et un chapitre moouvementé d'une série très réussie des années 90, "Heroes for Hire" de John Ostrander et Pascual Ferry.

    Et pour conclure, il y a la mini-série "Ant-Man & The Wasp" de Tim Seeley, qui était restée inédite jusque là. La particularité de ce titre est que le Ant-Man en question est Eric O'Grady, un ancien agent du S.H.I.E.L.D. au comportement pas vraiment irréprochable, et la Guêpe est Hank Pym, qui a repris le nom pour rendre hommage à Janet, décédée peu de temps auparavant (elle va mieux depuis,merci). La lecture est divertissante, avec un bon rythme tout au long des 3 chapitres de cette mini-série...même si j'avoue qu'Eric O'Grady n'a jamais eu pour moi le même capital sympathie que ses prédécesseurs (je le trouve même souvent très lourd).




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    Le Doc - 27 juillet 2018

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