• Critique Collection Super Héros T.10 par

    "Joyeux anniversaire, le Kryptonien. Je t'offre l'oubli".

    Je n'aime pas les listes...quand on me demande d'en faire une, j'ai toujours cette impression que j'oublie quelque chose. Pourtant, si je devais établir une liste de mes histoires préférées de Superman, "For the man who has everything" de Alan Moore et Dave Gibbons y figurerait en très bonne place.

    Publié en version originale dans les pages du onzième annual de Superman, "For the Man who has everything" a été traduit en France pour la première fois par Comics USA dans la collection Super-Héros sous le titre "Superman : Bon Anniversaire". Il s'agit de l'un des rares numéros de cette série d'albums que je possède et je l'ai relu régulièrement au fil des années. Cette histoire n'a rien perdu de son efficacité et de sa puissance émotionnelle et constitue pour moi l'un des sommets des titres Superman des années 80.

    Alors qu'il était en train de préparer "Watchmen" avec Alan Moore, le dessinateur Dave Gibbons s'est vu proposer par Julius Schwartz, qui était alors le responsable éditorial des comics du Kryptonien depuis une bonne dizaine d'années, de travailler sur une histoire de Superman et avec le scénariste de son choix. Et comme on ne sépare pas une équipe qui gagne (surtout en ce temps-là), Dave Gibbons a profité de l'occasion pour enrichir sa collaboration fructueuse avec le barbu de Northampton...

    "For the Man who has everything" se déroule donc le jour de l'anniversaire de Superman. Wonder Woman, Batman et Robin (un alias alors porté par Jason Todd) se rendent à la Forteresse de Solitude pour offrir des cadeaux à leur vieil ami. L'ambiance est décontractée et même le Chevalier Noir se fend d'un sourire. Mais cela ne dure pas longtemps. Les héros trouvent un Superman catatonique, une plante extraterrestre collée sur le torse, ses vrilles enroulées autour de son corps. Apparaît alors l'auteur du "cadeau", l'alien Mongul (créé par Len Wein et Jim Starlin). Vaincu à plusieurs reprises par Superman, Mongul a trouvé un moyen particulièrement vicieux pour se venger et reprendre ses plans de conquête sans que le kryptonien soit sur son chemin.

    La plante est la Black Mercy, une espèce aux propriétés télépathiques qui créé une symbiose avec ses victimes en leur offrant une simulation du bonheur...et il est très difficile d'échapper à son emprise. Dans le monde fantasmé de Superman, Krypton n'a pas explosé. Kal-El s'est marié avec son amour de toujours Lyla Lerrol (Alan Moore s'est bien souvenu de ce personnage créé par Jerry Siegel dans le très beau "Superman #141" en 1960) et a deux enfants, Van et Orna. Mais on se rend vite compte que tout n'est pas rose dans la simulation créée par la "Miséricorde Noire" car l'évolution de cette Krypton qui a échappé à la destruction est potentiellement explosive, autant sur les plans sociaux et politiques que sur celui de la vie privée de Kal-El...et le rêve se transforme progressivement en cauchemar...

    Superbement dessiné par Dave Gibbons (atmosphère, décors détaillés, expressivité des personnages qui retranscrit parfaitement l'émotion...bref, c'est un régal), le récit est très bien construit, avec des transitions superbement travaillées (notamment dans le climax) entre ce qui se déroule dans l'esprit de Superman et le combat qui se déchaîne au coeur de la Forteresse de Solitude. Si "For the Man who has everything" est avant tout une histoire de Superman, au coeur de laquelle Alan Moore perce la carapace invulnérable du héros et son habituel optimisme pour mieux approfondir la douleur qu'il porte toujours, Wonder Woman, Batman et Robin ont chacun un rôle important à jouer (et cela doit bien être le meilleur moment de la courte carrière de Jason Todd en Robin).

    Je ne peux pas conclure une chronique de cet album sans mentionner l'histoire de complément, même si elle ne concerne pas l'Homme d'Acier. L'éditeur avait en effet inclut la back-up de "Green Lantern #188", également signée Alan Moore et Dave Gibbons. Le Green Lantern Tomar-Re raconte à la jeune recrue Arisia le jour où l'implacable (autant qu'idiot) Bolphunga a osé défier le Green Lantern Mogo. Un modèle de récit court, six pages absolument savoureuses qui se terminent sur une révélation géniale où le lecteur apprend, comme ce pauvre Bolphunga, pourquoi Mogo n'est pas sortable !



    9

    Le Doc - 08 janvier 2018

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