Retour vers le passé : Les Trois Mousquetaires (1948)

 

REALISATEUR

George Sidney

SCENARISTE

Robert Ardrey, d’après le roman de Alexandre Dumas

DISTRIBUTION

Gene Kelly, Lana Turner, Vincent Price, Van Heflin, June Allyson, Keenan Wynn…

INFOS

Long métrage américain
Genre : aventures
Titre original : The Three Musketeers
Année de production : 1948

Gene Kelly a un jour déclaré que l’histoire de la danse au cinéma a débuté avec Fred Astaire. L’homme aux pieds d’or a dominé la comédie musicale dans les années 30 avec son élégance, son style aérien et les innovations qu’il a apportées à son art et à sa représentation à l’écran. Mais au début des années 40, sa carrière a commencé à s’essouffler et le public s’est tourné vers la nouvelle star du genre, Gene Kelly et sa danse beaucoup plus énergique et athlétique. Le long métrage Zigfeld Follies (tourné en 1944 et sorti en 1946) a en quelque sorte orchestré le passage de flambeau entre les deux hommes, avant que Fred Astaire se retire brièvement d’Hollywood après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

En 1948, Gene Kelly avait sérieusement envie de tâter de la mise en scène…et c’est d’ailleurs ce qu’il fera après sa rencontre avec Stanley Donen, les deux hommes co-réalisant trois films ensemble entre 1949 et 1955, dont le classique absolu Chantons sous la pluie. En attendant, Gene Kelly a mis son physique au service du film de cape et d’épées, en capitalisant sur son image de swashbuckler avec Le Pirate de Vincente Minelli et Les Trois Mousquetaires de George Sidney.

 

 

À 35 ans, Gene Kelly était déjà trop vieux pour jouer un jeune D’Artagnan, qui est censé avoir 19 ans au début de l’histoire, mais franchement ce n’est absolument pas gênant. Dans la première partie du long métrage de George Sidney (qui avait déjà dirigé l’acteur dans Pilot #5Escale à Hollywood et Ziegfeld Follies), l’enthousiasme de D’Artagnan est communicatif, l’interprétation de Gene Kelly est savoureuse à souhait, avec ce mélange de naïveté, d’humour; ce romantisme échevelé; et ce panache, cette fougue qui apporte un plus aux scènes de batailles superbement chorégraphiées. C’est bondissant à souhait et les acrobaties sont spectaculaires.

La distribution est excellente (à part une petite réserve concernant Porthos et Aramis qui n’ont pas toujours été très bien servis…Gig Young et Robert Coote ne sont pas mauvais, ils sont juste ici un brin anecdotiques) : la femme fatale Lana Turner (le Facteur sonne toujours deux fois) est la vénéneuse Milady de Winter; Van Heflin, figure du western (La Piste de Santa Fe) et du polar (Johnny, roi des gangsters), est un très bon Athos, hanté par un passé qu’il tente sans succès de noyer dans l’alcool; Keenan Wynn est un irrésistible Planchet et le grand Vincent Price (Le Retour de l’Homme InvisibleLaura…) campe un impeccable Richelieu, qui pour une fois n’est pas appelé “cardinal” mais “premier ministre”, histoire de ne pas froisser les groupes religieux.

 

 

 

On retrouve ici les passages bien connus d’une aventure qui a été maintes fois portée à l’écran, avec un changement de ton dans la deuxième moitié du métrage qui devient plus sombre : l’arrivée de D’Artagnan, sa rencontre mouvementée avec Athos, Porthos et Aramis, les duels, l’histoire d’amour avec Constance Bonnacieux, l’affaire des ferrets de la Reine, les intrigues de cour un chouïa alambiquées, les manipulations de Richelieu et Milady , les moments les plus enjoués comme les plus tristes…

Comme je l’ai souligné ci-dessus, on ne compte plus les adaptations du roman d’Alexandre Dumas (que je n’ai jamais lu, d’ailleurs) et c’est George Sidney qui, avant de donner au film de cape et d’épées un autre chef d’oeuvre avec Scaramouche en 1952, en a livré l’une des plus flamboyantes versions.

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par Le Doc

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