Retour vers le passé : La Soif du Vampire (1971)

 

REALISATEUR

Jimmy Sangster

SCENARISTE

Tudor Gates, d’après les personnages créés par J. Sheridan Le Fanu

DISTRIBUTION

Ralph Bates, Yutte Stensgaard, Michael Johnson, Barbara Jefford, Mike Raven…

INFOS

Long métrage britannique
Genre : horreur
Titre original : Lust for a Vampire
Année de production : 1971

Après l’âge d’or des années 50 et 60, la Hammer Film Production, qui régnait jusque là en maître sur le cinéma de genre britannique, a connu un déclin progressif à partir du début des années 70, ses recettes habituelles se retrouvant en quelque sorte “ringardisées” par le renouveau du cinéma d’horreur américain. Le comte Dracula se retrouvait par exemple dans des situations de plus en plus improbables et Christopher Lee, mécontent des scénarios qu’on lui proposait, n’attendra pas longtemps avant de dire adieu au personnage qui a fait sa gloire.

Cette période marque notamment l’apparition de productions de plus en plus explicites dans la représentation du sexe à l’écran, un mouvement encouragé par les distributeurs américains des films de la Hammer. C’est le cas de la “Trilogie Karnstein”, librement inspirées par la Carmilla de l’auteur irlandais J. Sheridan le Fanu (1872), personnage que l’on peut voir comme le “prototype” des nombreuses vampires lesbiennes qui ont suivi. Les trois longs métrages de cette série ont été tournés quasiment à la suite et sont sortis entre 1970 et 1971 : The Vampire Lovers de Roy Ward Baker, La Soif du Vampire de Jimmy Sangster et Les sévices de Dracula(drôle de titre français car Dracula y est aux abonnés absents) de John Hough.

 

 

Cette trilogie ne se distingue pas par un souci de la continuité : les liens entre les trois volets sont ténus, la vampire Carmilla est à chaque fois incarnée par une actrice différente (la polonaise Ingrid Pitt, la danoise Yutte Stensgaard et l’allemande Katya Wyeth) et Peter Cushing, l’une des stars maison, ne joue pas le même personnage dans The Vampire Lovers et Les Sévices de DraculaLa Soif du Vampire est considéré par beaucoup comme l’un des plus mauvais films de la Hammer (avis que je ne partage pas)…et il a connu beaucoup de problèmes pendant sa production. Ainsi Peter Cushing aurait également pu être de la distribution, dans le rôle d’un professeur obsédé par l’histoire de la famille Karnstein, mais il a demandé à être libéré de son contrat suite à une tragédie personnelle. Il a alors été remplacé par Ralph Bates (Les Horreurs de FrankensteinDr Jekyll & Sister Hyde), qui n’a pas manqué de critiquer le long métrage par la suite.

Pour moi, La Soif du Vampire n’est donc pas un mauvais film…par contre, l’interprétation de Ralph Bates est loin d’être convaincante. L’acteur en fait des tonnes, accentuant les aspects un peu trop ridicules de son personnage alors que j’imagine que Peter Cushing lui aurait conféré plus de dignité. Le premier réalisateur choisi était Terence Fisher, metteur en scène emblématique de la Hammer depuis Frankenstein s’est échappé ! et Le Cauchemar de Dracula. Mais Fisher a été victime d’un accident de voiture juste avant le tournage et il a été remplacé à la dernière minute par Jimmy Sangster.

En tant que scénariste, Jimmy Sangster fut l’un des principaux architectes des succès de la Hammer. Sa carrière de réalisateur fut moins importante puisqu’on ne lui doit que 3 films : Les Horreurs de FrankensteinLa Soif du Vampire et le thriller Sueur Froide dans la nuit (avec Peter Cushing). Sa mise en scène n’a pas la force et la flamboyance de celle d’un Terence Fisher au sommet de sa carrière mais je trouve que Sangster a rendu une copie tout à fait honorable en tenant compte d’une préparation raccourcie.

 

 

La Soif du Vampire, qui voit une Carmilla ressuscitée par les Karnstein intégrer une école pour jeunes femmes (aux poitrines généreuses et aux décolletés plongeants) qui n’ont pas froid aux yeux (et pas qu’aux yeux d’ailleurs…pour le héros Richard Lestrange, l’endroit est un véritable rêve érotique éveillé), n’est pas sans défauts : il y a des maladresses dans le déroulement de l’histoire et certains acteurs secondaires sont mauvais comme des cochons (et pas que Ralph Bates…la palme revient à Mike Raven dans le rôle du comte Karnstein, l’un des pires “sous-Dracula” du genre).

Mais l’atmosphère est soigneusement travaillée, troublante, sensuelle et fatale…et certaines séquences, comme celles où Carmilla (la superbe Yutte Stensgaard) déambule dans la brume nocturne pour se rendre à ses divers rendez-vous mortels, sont visuellement très accrocheuses.
Inégal donc…mais une entrée tout de même intéressante dans la dernière phase des productions de la Hammer…

 

Bonus : Carmilla par Bruce Timm !


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par Le Doc

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