Retour vers le passé : Zardoz (1974)

 

REALISATEUR & SCENARISTE

John Boorman

DISTRIBUTION

Sean Connery, Charlotte Rampling, Sara Kestelman, John Alderton…

INFOS

Long métrage irlandais/américain
Genre : science-fiction
Année de production : 1974

L’Arme est le Bien…Le Pénis est le Mal !

 

La classe écossaise !

 

Après le succès de Délivrance (1972), le réalisateur britannique John Boorman s’est cassé les dents sur une tentative d’adaptation (alors réputée impossible) du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien. Jugeant le projet finalement trop onéreux et trop risqué, la 20th Century Fox s’est rétractée mais John Boorman était bien décidé à créer un monde imaginaire pour son film suivant et sa première incursion dans le fantastique. Boorman a alors réussi à convaincre le studio d’investir un million de dollars dans la production de Zardoz.

Rétrospectivement, on peut se demander comment un grand studio américain a pu financer une oeuvre aussi étrange et inclassable que Zardoz. Mais il faut se remettre dans le contexte de l’époque, l’émergence de la contre-culture et du Nouvel Hollywood, et le succès d’expérimentations comme celles de la Universal (voir Silent Running) après le triomphe de Easy Rider. Zardoz est un film étonnant, absurde, capable d’enchaîner scènes longues et terriblement ennuyeuses et passages savoureusement barrés tout en se tenant en équilibre sur le fil du nanar.

 

 

John Boorman imagine un futur (la date est 2293) où la population humaine est divisée en deux catégories. Il y a les Eternels, des humains devenus immortels grâce à leur technologie… Ils vivent dans une communauté qu’ils appellent le “Vortex”, derrière un mur invisible qui garantit leur protection. Mais le perpétuel recommencement de la vie de ces derniers dépositaires du savoir les a rendus apathiques (en bref, ils se font…passez-moi l’expression…royalement chier), l’apparente utopie très flower power du Vortex cachant mal des dérives oppressives.

Ceux qui n’ont pas été “élus” sont les Brutes. Pour les Eternels, ce sont des barbares qui vivent sur les terres extérieures. Pour les contrôler, Arthur Freyn, l’un des Eternels, a armé un groupe d’exterminateurs et se fait passer pour un dieu appelé Zardoz (nom dont la signification est révélée dans un moment déterminant) qui se balade dans une grosse tête volante. Le look des exterminateurs est assez croquignolet et tient pour beaucoup dans la réputation nanardesque que beaucoup accolent au film : des cuissardes et un slibard rouge avec des cartouchières en bandoulière.

Cette représentation primaire de la masculinité est personnifiée par Sean Connery dans le rôle de Zed, prévu à l’origine pour Burt Reynolds, que John Boorman avait déjà dirigé dans Délivrance. Dans la première moitié des années 70, Sean Connery connaissait un petit creux dans sa carrière et avait un peu de mal à retrouver des rôles après son dernier James Bond, Les Diamants sont éternels. Pour Zardoz, l’écossais a accepté de revoir le montant habituel de son contrat à la baisse…et de dire adieu à sa dignité par la même occasion (il se dit que la scène de la robe de mariée ne lui a pas particulièrement plu).

 

 

Zed réussit à infiltrer le Vortex, son aspect brut et agressif contrastant avec cet environnement lisse et uniforme. Le guerrier, qui semble dans un premier temps ne rien comprendre à ce qui se passe (ce qui se traduit notamment par des épisodes bien saugrenus), va petit à petit se révéler plus réfléchi qu’il n’y paraît et va dérégler cet univers froid (et au moins jusqu’au final, la très belle Charlotte Rampling est une véritable Reine des Glaces) qui rejette la différence.

Les thèmes du scénario sont très intéressants, mais c’est leur traitement à la symbolique lourdement appuyée, mêlée à cette direction artistique, cette esthétique tellement typée seventies, qui font de Zardoz une oeuvre pour le moins déconcertante, un OVNI qui part dans tous les sens. Trop long, souvent ridicule, mais qui a aussi ce côté intrigant jusqu’au chaos final. Bref, je le répète : tellement bizarre et inclassable que les commentateurs du film se disputent toujours sur la possible classification de Zardoz au rayon “nanar”.

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par Le Doc

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