Retour vers le passé : Batman and Robin (1949)

 

REALISATEUR

Spencer Gordon Bennett

SCENARISTES

George H. Plympton, Joseph F. Poland et Royal K. Cole, d’après les personnages créés par Bob Kane et Bil Finger

DISTRIBUTION

Robert Lowery, John Duncan, Jane Adams, Lyle Talbot…

INFOS

Serial américain
Genre : action/aventures
Année de production : 1949

Historiquement, le serial en 15 chapitres Batman and Robin est la première suite de la longue série des adaptations de comic-books à l’écran (une suite qui s’est faite attendre puisqu’elle est sortie 6 ans après le Batman de Lambert Hillyer). Et alors que Kirk Alyn a incarné Superman dans ses deux serialsen 1948 et 1950, les comédiens Lewis Wilson et Douglas Croft n’ont quant à eux pas repris les rôles de Batman et Robin dans cette nouvelle aventure aussi mal fichue que riche en rebondissements.

 

 

Les acteurs ont donc changé : plus expérimenté que Lewis Wilson, Robert Lowery (qui, par une drôle de coïncidence, a joué dans Le Signe de Zorro, un film qui a son importance dans la mythologie batmanienne), est (sans grande conviction) le nouveau Batman et l’inexpressif John Duncan, déjà un peu vieux pour le rôle à 25 ans, succède à Douglas Croft (qui était âgé de 16 ans) et à son impossible coupe de cheveux en Boy Wonder. Le fidèle Alfred est cette fois-ci campé par Eric Wilton, mais contrairement au serial précédent, sa participation est réduite au strict minimum.

Distribution différente, mais les problèmes subsistent : les costumes sont toujours aussi mal ajustés, la cape gêne encore les héros dans toutes leurs bastons et la cagoule du croisé à la cape est absolument ridicule (c’est Batman ou Bat-Mite ?). Exit également la ceinture utilitaire, ce qui donne lieu à de croustillantes erreurs de continuité, une torche à acétylène ou des respirateurs qui apparaissent comme par enchantement pour disparaître dès la scène suivante (quel magicien, ce Batman !).

 

 

Les vilains des bandes dessinées sont une nouvelle fois aux abonnés absents. Batman et Robin (qui passent d’agents du gouvernements à flics à part entière) passent 15 chapitres à déjouer les plans du Wizard, un méchant qui s’est emparé d’une machine qui permet de contrôler n’importe quel véhicule à distance (utile pour créer le chaos, cambrioler des trains ou des fourgons ou commander un taxi). Selon une construction souvent utilisée dans les serials, l’intrigue multiplie les fausses pistes avant la révélation de l’identité du Wizard dans l’ultime chapitre.

Pas de Joker ou de Pingouin donc, mais Batman and Robin marque la première apparition au cinéma de l’intrépide journaliste Vicky Vale (qui sera ensuite incarnée par Kim Basinger dans le premier Batman de Tim Burton) et du commissaire Gordon. James Gordon est interprété par Lyle Talbot, qui est ensuite passé de l’autre côté de la loi puisqu’il sera l’année suivante Lex Luthor dans Atom Man vs Superman, réalisé par le même Spencer Gordon Bennett, vieux routier du bis qui a du réaliser plus de serials que n’importe quel autre metteur en scène dans les années 40/50 (il avait la réputation de tourner vite et sans dépasser le budget, ce qui était essentiel pour ce genre de production).

 

 

Le budget était d’ailleurs tellement serré que les décors sont recyclés selon les scènes (la Batcave et le repaire du Wizard sont rigoureusement identiques, les personnages arpentent les mêmes couloirs dans différents immeubles…). L’histoire se déroule presque exclusivement en plein jour, ce qui nous offre la vision du Bat-Signal qui apparaît sur un ciel ensoleillé (!).

Le scénario est bourré d’incohérences, la plus flagrante intervenant dans l’un des derniers chapitres, où un savant (l’un des “Wizards” potentiels) jusque-là paraplégique se met à marcher sans que le Duo Dynamique ne s’en étonne (Holy Miracle, Batman !). Les trois scénaristes ne devaient pas trop compter sur la mémoire des spectateurs…ou alors ils avaient eux-mêmes oublié ce “détail”. Mais malgré tous ces défauts (et il y en a beaucoup), la mécanique du serial reste plutôt efficace. C’est certes répétitif (Bats se fait même électrocuter trois fois), irrégulier selon les épisodes, mais assez divertissant dans son genre (à condition de faire un peu durer le visionnage), l’action ne manque pas et les cliffhangers et leurs résolutions sont des moments incontournables de ce format particulier.

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par Le Doc

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